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dimanche 30 octobre 2022

Irréductible de Jérôme Commandeur (2022) - ★★★★★★★☆☆☆




La semaine du 29 juin, pendant que je trimais à ''l'usine à trier les factures et autres courriers plus ou moins prioritaires'' à l'attention de mes concitoyens, ma compagne se payait une tranche de rire en salle obscure. Sans moi !!! Et pour une fois qu'une comédie française avait l'air franchement drôle, il a fallut que mon métier nous sépare. Heureusement, il est des méthodes qui n'ont rien de miraculeux mais qui demandent cependant un effort financier pour pouvoir longtemps après profiter du spectacle sans bouger de chez soi. Renoncer à quelques deniers paraît de moins en moins compliqué. Les services de VOD, Streaming et autres joyeusetés se multipliant au grès des envies. À la question ''trouvez-vous Jérôme Commandeur drôle et sympathique ?'', j'imagine que ceux qui répondront par la négative ne se bousculeront pas au portillon. Car quoi que l'on pense de ses spectacles ou des rôles qu'il a interprété jusqu'ici sur grand et petit écran, cet humoriste, acteur ET réalisateur possède un sacré capital sympathie. Six ans après avoir réalisé le plaisant Ma famille t'adore déjà ! en collaboration avec Alan Corno, Jérôme Commandeur est revenu cette année avec Irréductible. Long-métrage qui sous son nom de bande-dessinée adaptée au cinéma (ce qu'il n'est évidemment pas) est en fait le remake hexagonal de la comédie italienne Quo Vado ? réalisée en 2016 par Gennaro Nunziante. Une œuvre que l'humoriste, acteur et réalisateur s'approprie ici entièrement puisque Irréductible bénéficie de la touche ''Jérôme Commandeur''. Tout ce qui caractérise ce personnage haut en couleur qui débuta sa carrière sur scène en 1997 s'exprime effectivement dans cette comédie légère et situant son action entre l’Équateur, le Pôle Nord, la Suède et... la banlieue parisienne (bien que tourné dans l'hexagone ainsi qu'à La Réunion)...


Vincent Peltier a la Fonction Publique dans la peau. Comme son père avant lui. Ses beaux-parents y sont très attachés. Au cas échéant, Vincent aurait pu être cireur de pompes vu avec quelle application il cire celles de sa belle-mère qu'interprète l'actrice Eva Darlan. L'aventure de ce fonctionnaire traqué par l’inspectrice du ministère de la Fonction Publique Isabelle Bailliencourt qui tente de lui faire signer sa démission contre un chèque de quelques dizaines de milliers d'euros débute en pleine cambrousse. À bord d'un taxi conduit par le toujours désopilant Estéban, Vincent est kidnappé par une dangereuse tribu dont le chef du village, Coca (l'acteur au regard hypnotisant Jean-Louis Loca) exige du jeune homme qu'il lui raconte sa vie afin de savoir s'il mérite ou non d'être épargné ou brûlé vif dans un bûcher. Commence alors un retour en arrière, de la petite enfance de Vincent jusqu'à ses tribulations à travers le globe ! Sous ses allures de comédie légère, Irréductible n'en est pas moins riche en événements conduits par toute une tripotées de seconds rôles parmi lesquels nous retrouvons Lætitia Dosch dans la peau de la suédoise Eva, Christian Clavier dans le rôle du responsable du syndicat des cheminots Michel Gougnat, Gérard Darmon dans le costume étriqué du ministre de la Fonction Publique Roselyn Bacheron (inutile de préciser d'où provient la référence) ainsi que quelques personnages généreusement offerts à Valérie Lemercier, Malik Bentahla, Gérard Depardieu (pour une séquence émouvante où il évoquera comme personne son amour de la France) ou encore l'éternel Michel Crémadès...


Si le principe peut sembler parfois rédhibitoire, ici, le fait que Jérôme Commandeur fasse du Jérôme Commandeur est un atout que ne dénigreront que ceux qui n'apprécient pas particulièrement son style. Pour les autres, le pari est gagné. Lui que l'on retrouvera quelques mois plus tard dans l'excellente suite de Barbecue intitulée Plancha (Non, non, ça n'est pas une plaisanterie) réussi le pari de signer le remake d'une comédie italienne en lui donnant un ton qui lui est propre. Celui qu'imprime en général l'acteur et humoriste où qu'il intervienne. Si Irréductible ne révolutionne évidemment pas le genre, il s'y passe tant de choses que même les plus réfractaires à l'humour de la star trouveront de quoi se sustenter. N'écoutez par les ignares qui osent le comparer aux Chevaliers du Fiel (et leur infâme doublé Les Municipaux, ces héros/Les Municipaux, trop c'est trop). Car si le second long-métrage de Jérôme Commandeur en tant que réalisateur et principal interprète n'est pas toujours irrésistiblement drôle, au regard de la production annuelle française en matière de comédies françaises, il est encore parmi ceux qui s'en sont très honnêtement sortis cette année 2022...


mercredi 4 mars 2020

Cycle Les Inconnus: L'Extraterrestre de Didier Bourdon (2000) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


Les Inconnus ont beau avoir un fort capital sympathie, il n'en demeure pas moins qu'une mauvaise comédie reste une mauvaise comédie. Et si L'Extraterrestre n'est pas aussi catastrophique que certaines critiques de l'époque laissèrent entendre, on ne peut pas dire que ce tout premier long-métrage réalisé par Didier Bourdon en solo soit une référence en la matière. Sur un scénario écrit en collaboration avec Valentine Albin, l'acteur, scénariste et réalisateur, ancien transfuge du Petit Théâtre de Bouvard aux côtés de Bernard Campan, Pascal Légitimus, Smaïn et Seymour Brussel avec lesquels il forma la première mouture des Inconnus, réalise une comédie lorgnant du côté de la science-fiction. En effet, L'Extraterrestre met en scène Zerf, un être venu d'ailleurs, et plus précisément de la planète Kryptalon, échoué sur Terre lors d'une mission de reconnaissance. Poursuivi par deux spécimens d'androïdes de la planète Praton, ennemis jurés des habitants de Kryptalon, Zerf risque à tout instant d'être retrouvé et tué par Yeb et Xab. C'est lors de sa fuite dans la région de Salers dans le Cantal que Zerf croise la route d'Agathe et de Clément. C'est à bord de la voiture de la jeune femme en route pour la maison de sa mère pour y passer quelques jours de vacances que Zerf embarque. Le comportement et l'accoutrement de l'extraterrestre contraignent Agathe à faire croire à son entourage qu'il s'agit d'un réfugié bosniaque. Contre toute attente, la jeune femme et l'extraterrestre vont finir par s'attacher l'un à l'autre, poussant alors Agathe à aider Zerf à trouver les minéraux qui lui permettront de repartir chez lui...

Difficile d'imaginer que dans la chronologie des faits, L'Extraterreste ait été réalisé à la suite des Trois Frères et du Pari tant cette première réalisation de Didier Bourdon en solo semble régressive en matière de qualité humoristique, de mise en scène et d'interprétation. En effet, après avoir beaucoup ri successivement en 1995 et 1997, en ce début de l'année 2000 débarquait donc cette comédie de science-fiction, il faut le reconnaître, assez pathétique, reflet d'un terrible manque de d'inspiration pour Didier Bourdon. Plus qu'un véritable film, L'Extraterrestre enchaîne les situations et accumule des séquences d'une pauvreté humoristique parfois très gênante. L'acteur/réalisateur aurait affirmé à l'époque vouloir rendre hommage aux séries Z que son film aurait alors été infiniment plus crédible en ce sens. Il est même conseillé au public de le regarder avec cet état d'esprit que partagent les amoureux des nanars sinon l'expérience risque d'être douloureuse. Surtout s'ils s'attendent à retrouver le même niveau de qualité qu'à l'époque où sortirent sur les écrans français Les Trois Frères et Le Pari.

On évitera d 'évoquer l'absence de scènes cultes, les rires se faisant d'une discrétion toute religieuse. Inutile d'espérer assister à un florilège d'effets-spéciaux puisque cet aspect du long-métrage n'est bien évidemment pas la principale préoccupation de Didier Bourdon. Le réalisateur offre à la charmante Pascale Arbillot le rôle d'Agathe et celui de l'androïde Yeb à son compagnon Bernard Campan. Toujours sous contrat avec Paul Lederman qui possède les droits de trois longs-métrages éventuels avec les Inconnus sous la forme du trio, Didier Bourdon et Bernard Campan tournent une fois encore après Le Pari un long-métrage sans leur ami Pascal Légitimus. Accoutré au même titre que l'acteur Olivier Rabourdin comme un ersatz d'androïde échappé d'un mauvais film de science-fiction post-apocalyptique italien des années quatre-vingt, Bernard Campan fait ce qu'il peut mais le résultat est désastreux. Puéril et visiblement à l'attention du jeune public, les adultes demeureront de marbre devant cet Extraterreste qui se veut parfois touchant sans l'être véritablement. Reste la présence du fidèle Henri Courseaux, celle d'Antoine du Merle (le fils de Didier dans Les Trois Frères) ou plus étonnant, celle d'Olivier Marchal qui en début de film annonce sa séparation d'avec Agathe. Une bien triste comédie...

vendredi 3 janvier 2020

Le Meilleur reste à Venir de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière (2019) - ★★★★★★★★★☆





Il faut se mettre dans la peau du spectateur qui comme ma compagne et moi vient de terminer la séance consacrée à la comédie Docteur ? de Tristan Séguéla pour se retrouver devant le nouveau film de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière qui signèrent sept en plus tôt le formidable Le Prénom. D'un côté, le rêve de voir se croiser dans le nouveau long-métrage les deux grands interprètes français que sont Fabrice Luchini et Patrick Bruel, de l'autre la crainte de n'être sans doute pas aussi réceptifs devant un sujet plus sérieux même si l'on envisage tout de même que les deux réalisateurs ont probablement consacré à Le Meilleur reste à Venir une part non négligeable à l'humour. Ce qui dans les faits semble être le cas. Pourtant, ça n'est très certainement pas cet humour beaucoup moins ''populaire'' que celui déployé par Tristan Séguéla qui fait du nouveau long-métrage de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière un très grand film qu'il est urgent, lui aussi, de découvrir au cinéma avant qu'il ne soit retiré de l'affiche...

Tout d'abord, bonne nouvelle : en ce réveillon du nouvel an, et alors qu'il est un peu plus de 22h20, le public est nombreux, massé devant l'écran qui bientôt va projeter le film dans lequel Patrick Bruel et Fabrice Luchini vont partager la vedette dans les rôles respectifs des deux amis d'enfance César Montesiho et Arthur Dreyfus. Preuve que le cinéma français se porte bien. Si la salle n'est pas comble, une grande partie des places est déjà prise. Confortablement installés dans nos sièges, seuls au monde puisque personnage n'a osé s'asseoir devant nous, les lumières s'éteignent et le film commence. Comme je le craignais, et même si dans la salle et qu'à côté de moi, les rires du public et ceux d'Anna résonnent, lorsque Le Meilleur reste à Venir démarre et se poursuit durant une bonne demi-heure, j'ai beaucoup de mal à me faire à cet humour qui ne parvient pas à me faire oublier celui de Docteur ? Et peut-être encore moins l'exceptionnelle écriture du Prénom. Pourtant, peu à peu, la magie finit par opérer...

L'alchimie qui opère entre la mise en scène et le scénario de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière et l'interprétation de Fabrice Luchini et Patrick Bruel d'un côté, mais également celles de Pascale Arbillot et Zineb Triki de l'autre est absolument remarquable. Rien d'improbable dans ce récit pourtant parfois ubuesque où le quiproquo se mêle à un sens du tragique qui vous cloue sur votre fauteuil. On rit, certes... Mais surtout, l'émotion que dégage ce récit de la mort programmée de l'un des héros dans un contexte où le personnage de César pense que son ami va bientôt mourir d'un cancer alors que le malade c'est lui, s'avère parfois étouffant tant les deux réalisateurs ont su appuyer très exactement là où ça fait mal. Tout en laissant leur œuvre baigner dans un environnement où l'absurde l'emporte fort heureusement à quelques occasions. Confiant le poids de l'interprétation à Luchini, Bruel, Arbillot ; Triki, et même, ne l'oublions pas Jean-Marie Winling (qui incarne le père de César, Bernard), les deux réalisateurs signent une comédie dramatique absolument formidable, bouleversante, drôle, magnifiquement interprétée, sur l'amitié, le pardon et qui signe le retour du duo Fabrice Luchini-Patrick Bruel trente-quatre ans après le cultissime P.R.O.F.S de Patrick Schulmann.

dimanche 3 novembre 2019

Mon Chien Stupide d'Yvan Attal (2019) - ★★★★★★★★☆☆



Trois ans après avoir abordé la question juive à travers son identité, l'antisémitisme et la paranoïa du personnage qu'il interpréta lui-même dans Ils sont Partout, l'acteur, scénariste et réalisateur Yvan Attal revient en 2019 avec son dernier long-métrage Mon Chien Stupide. Un titre qui sous son apparence de comédie légère se révèle beaucoup plus profond qu'il n'en a l'air. Mais alors qu'Yvan Attal adapte désormais le roman My Dog Stupid du romancier américain John Fante et non plus un scénario de son cru, Mon Chien Stupide prend des airs d'auto-psychanalyse. Le personnage principal incarné par l'acteur-réalisateur se retrouvant face à une crise de la cinquantaine, Yvan Attal y déploie toute une armada de principes faisant de Henri Mohen, écrivain qui depuis plus de vingt ans n'a rien écrit de bon, un individu accablé et contraint de mettre un nom sur son mal-être. C'est alors qu'arrive dans sa vie un énorme chien, sale, obsédé sexuel et pas très malin auquel Henri donne le nom de Stupide. Alors que toute la famille (son épouse et trois de leurs quatre enfants) n'en veulent pas chez eux, Henri choisit de le garder auprès de lui. La présence de Stupide va être révélatrice des dysfonctionnements qui régissent la famille Mohen dans laquelle va bientôt donner un grand coup de balai Henri...

Comme cela avait déjà pu être le cas avec Ils sont Partout qui oscillait entre le raté, le moyen et l'excellent, Mon Chien Stupide laisse tout d'abord une impression mitigée. Démarrant sous les allures d'une comédie aussi balourde que le chien qui s'invite dans la famille Mohen, le film d'Yvan Attal prend un virage à cent-quatre vingt degré au moment même où ma compagne et moi allions peut-être abandonné tout espoir envers une comédie française s'appauvrissant d'année en année (la veille, nous avions été littéralement anéantis par la médiocrité de l'infâme Les Municipaux, Trop c'est Trop des Chevaliers du Fiel). Pourtant, la dernière réalisation d'Yvan Attal finit par prend une tournure tout à fait inattendue. Car si Henri, son épouse Cécile (Charlotte Gainbourg) et leur quatre enfants Pauline (Adèle Wismes), Gaspard Panayotis Pascot), Raphaël (Ben Attal), et Noé (Pablo Venzal) ont dans un premier temps beaucoup de mal à faire rire les spectateurs en dehors d'un couple de femmes situé sur des longueurs d'ondes bien différentes des nôtres, le charme va finalement peu à peu opérer dès lors que le héros verra son entourage disparaître pour le laisser seul à la maison. L'occasion pour lui d'une introspection. C'est lors de cette étape fondamentale qui, on l'espère, lui permettra de se reconstruire, que Mon Chien Stupide prend tout son sens. De la comédie légère et pas vraiment amusante que l'on redoutait d'ingurgiter jusqu'au générique de fin, l’œuvre d'Yvan Attal se mue en une comédie tantôt acide, tantôt douce-amer.

Sur un scénario écrit à quatre mains par Yaël Langmann et Yvan Attal lui-même, Mon Chien Stupide révèle alors une puissance émotionnelle à laquelle nous n'étions sans doute pas préparés. Un changement de ton en douceur qui culmine durant la dernière partie révélant une très belle écriture. Si les différents protagonistes échangent entre eux des dialogues aussi savoureusement écrits qu'au résultat demeurant bizarrement stériles durant la première demi-heure, ceux que le spectateur gardera en mémoire sont ceux qu'il prononce en voix-off. Profonds, touchants et sincères, c'est à travers eux que l'acteur-réalisateur parvient à faire passer une émotion qui ne faiblit jamais. On ne sourit plus (en dehors du couple cité plus haut qui décidément, vit sur une autre planète ). Bien au contraire, on est ému, la gorge serrée, l’œil qui brille, totalement embarqués, chamboulés. On n'ose plus le moindre commentaire. Happés par les mots et les maux d'un Yvan Attal en état de grâce et des seconds rôles au diapason (excellent Éric Ruf dans le rôle du Professeur Mazard). Yvan Attal sauve à travers Mon Chien Stupide, une comédie française en perdition, vérolée par d'innombrables bouses. Une belle rencontre à faire en salle obscure. Ruez-vous au cinéma...

mercredi 17 juillet 2019

Guy d'Alex Lutz (2018) - ★★★★★★★★★☆




Comédien, acteur de cinéma et de télévision, scénariste ou encore doubleur, il ne manquait plus à Alex Lutz que d'endosser la casquette de réalisateur pour demeurer un artiste complet. C'était déjà chose faite en 2015 avec son premier long-métrage Le Talent de mes Amis en 2015 mais c'est l'année dernière qu'il venait confirmer tout le bien que l'on pouvait penser de lui avec Guy, un documenteur (ou faux documentaire) sur la vie d'un chanteur septuagénaire imaginaire sorti de l'esprit tricéphale d'Alex Lutz, Thibault Segouin et Anaïs Deban. L'histoire de Guy Jamet, chanteur de variété populaire qui connut un certain succès du début de sa carrière dans les années 60 jusqu'à la fin du siècle dernier et qui, aidé d'une double compilation regroupant ses plus grands succès, tente de revenir sur le devant de la scène. Suivi par la caméra de Gauthier, un jeune journaliste dont la mère était une grande fan de Guy Jamet, le chanteur nous fait vivre son quotidien, des loges jusqu'aux concerts et des restaurants où toute son équipe de techniciens et musiciens se retrouvent après chaque représentation jusque dans son intimité qu'il partage avec sa compagne Sophie Ravel (excellente Pascale Arbillot)...

Alex Lutz réalise avec Guy, l'un des meilleurs représentants de sa catégorie : le documenteur. Le principe est simple puisqu'il s'agit ici de plonger le spectateur dans un univers factice se rapprochant le plus possible du documentaire. L'acteur, scénariste et réalisateur y parvient aisément à l'aide d'importants moyens. Si le film se concentre sur le présent, le travail effectué sur les ''fausses'' archives crées à l'occasion est relativement bluffant. En effet, on retrouve Guy à différentes époques de sa vie et donc, à des âges plus ou moins avancés. À ce titre, on retiendra le travail remarquable effectué sur le visage d'Alex Lutz par les maquilleurs français Laeticia Quillery et Geoffroy Felley qui surpassent tout ce qui a pu être conçu sur grand écran depuis les origines du vieillissement au cinéma (Dick Smith aurait été fier du duo). Afin de crédibiliser et de pousser le réalisme du propos à son paroxysme, d'importants moyens ont été apportés afin de créer un univers cohérent qui s'étend bien au delà de la dizaine de chansons conçues à l'occasion par Vincent Blanchard et Romain Greffe et qui, dans la majeure partie des cas, n'ont pas à rougir face aux standards de la chanson française. Preuve qu'aucun compartiment n'a été laissé au hasard et qu'Alex Lutz a tenu à ce que chaque artisan de Guy puisse bénéficier des meilleures conditions de travail afin d'obtenir les meilleurs résultats.

À l'occasion de son second long-métrage, Alex Lutz fait appel à Pascal Le Gellec pour les décors, Amandine Gros pour les costumes ou encore Mathieu Le Bothlan pour la photographie. En résultent des séquences qui replongent les spectateurs dans des époques diverses, images à l'appui, en retrouvant l'esthétique précise des périodes qu'elles évoquent. Alex Lutz est bluffant. Non seulement il réalise l’œuvre parfaite, à tel point qu'on oublierait presque qu'il s'agit d'une fiction, mais de plus, il incarne à la perfection ce vieil homme, cet artiste sur le retour dont on partage l'incroyable aventure et son histoire personnelle. Drôle et parfois émouvant, Guy est une prise de risque permanente. La moindre fausse note et la crédibilité aurait pu voler en éclat. C'est d'ailleurs sans doute pour cette raison que l'acteur-réalisateur a fait le choix d'interpréter lui-même sur scène les chansons sans faire usage du play-back (un procédé qu'Alex Lutz aura pourtant le génie d'utiliser lors de certaines séquences de flash-back).

Guy est l'occasion de retrouver une brochette d'interprètes on ne peut plus hétéroclite : on retrouve en effet notamment à l'affiche l'actrice Nicole Calfan, la chanteuse Dani, les actrices Élodie Bouchez et Julie Arnold, l'humoriste et chroniqueuse Nicole Ferroni, et dans leur propre rôle, Michel Drucker et Julien Clerc. Les plus observateur noteront également la présence de David Salles dans la peau d'un clochard très convainquant. Guy est une excellente surprise. Nostalgique d'une époque révolue, le spectateur sent bien qu'Alex Lutz est attaché à son sujet et signe une œuvre parfaitement accomplie. À voir absolument...

samedi 16 mars 2019

Une Pure Affaire de Alexandre Coffre (2011) - ★★★★★☆☆☆☆☆



David et Christine Pelame sont mari et femme depuis plus de vingt ans. Ils ont deux enfants, et depuis maintenant une quinzaine d'années ils s'ennuient. Un soir, alors qu'il promène leur chien, David trouve un sac renfermant un sachet de cocaïne ainsi qu'un téléphone au répertoire rempli de noms. Christine a perdu son emploi mais n'a pas encore osé le dire à son mari. David quand à lui est un avocat à la stature si petite qu'il ne risque pas de faire de l'ombre à son principal concurrent Brice Teller qui bride un poste important au sein du cabinet dirigé par Philippe Dalambert.

Depuis quinze ans donc, les Pelame stagnent dans une existence qui ne leur apporte plus rien de bien réjouissant. C'est alors que David découvre que Christine est désormais sans emploi que l'idée de revendre à leur compte la drogue qu'il a trouvé lui vient à l'esprit. Révélant ses projets à Christine tout d'abord réticente, le couple se met à vendre des sachets de drogue que Christine prépare au préalable aux clients qui téléphonent à David sur le téléphone trouvé près du sac contenant la drogue.

L'argent commence alors à couler à flot pour les Pelame. Christine offre un cabriolet à David et eur fils est fier de présenter à son meilleur ami un tout nouveau skate. Ils améliorent leur quotidien jusqu'au jour où, alors que la famille fête l'anniversaire de Christine en présence de son père Michel, les ennuis commencent. S'invitant à leur table, un étranger réclame son dû. Celui qui se fait appeler "Patron" est en effet le propriétaire de la drogue et il a bien l'intention de récupérer sa part du gâteau...


Acteur dans une trentaine de productions, François Damiens est avant tout célèbre pour être l'auteur d'une série de caméras cachées pas toujours drôles mais son capital sympathie en fait un personnage attachant. Son interprétation, ainsi que celle qui l'accompagne comme épouse fictive (Pascale Arbillot), est juste sans toutefois marquer durablement les esprits. La faute sans doute à un scénario qui parfois abuse de situations peu crédibles. Il y a quelques bonnes petites idées qui au premier abord paraissent anodines, voire totalement inutiles comme celle du tentant de séduire l'épouse du héros sans y parvenir. On oublie cette scène assez vite mais elle nous revient de plein fouet, renforçant l'aspect comique de la scène durant laquelle David monnaie la survie de l'horripilant Brice Teller (Laurent Lafitte récemment vu aux côtés de Omar Sy dans le film De L'Autre Côté Du Périph'). On retrouve avec amusement Didier Flamand dans le rôle du beau-père Michel ainsi que Nicolas Marié dans celui de Philippe Dalambert.


Ce qui au départ paraît comme une histoire (pas si) anodine se transforme en un ouragan de situations dans lesquelles s’empêtrent nos dealers amateurs. Exemples studieux pour des enfants aisés, ils deviennent par la suite la risée de ces mêmes rejetons qui s'inspirent de leur méfaits criminels pour briser les carcans et s'adonner eux-mêmes à certains vices.

Léger (on ne cherche pas ici à approfondir la psychologie des personnages), peu réaliste (la manière un peu trop facile qu'ont David et Christine de se plonger dans un univers que l'on sait tout de même particulièrement délicat) et excitant (l'éventualité de voir la corde au cou, cet odieux personnage qu'est Laurent Lafitte!), Une Pure Affaire se regarde avec légèreté (grâce à des acteurs et actrices attachants) mais terminera sans doute son existence sur une étagère poussiéreuse, l'envie de le regarder une seconde fois risquant de se faire tardive.

mercredi 16 mai 2018

Pension Complète de Florent Emilio-Siri (2015) - ★★★★★☆☆☆☆☆



A ce jour, Pension Complète est le dernier long-métrage de Florent Emilio-Siri, auteur entre autre du biopic Cloclo consacré au chanteur français Claude François en 2012. Pour son dernier film, il engage le duo de Camping, le succès inespéré (incompréhensible?) de Fabien Onteniente. Franck Dubosc croise donc à nouveau la route de Gérard Lanvin. Le premier incarne François, propriétaire et grand chef cuisinier d'un hôtel-restaurant réputé situé en bord de mer. Son épouse Charlotte accompagne son époux dans sa carrière de restaurateur mais aimerait qu'il lui accorde davantage de temps. Le restaurant, c'est le bébé de François. C'est au moment où tout s'emballe entre les époux que débarque Alex, l'ancien compagnon de la jeune femme, disparu depuis onze ans et laissé pour mort. Alors que les rapports entre Charlotte et François se compliquent, l'arrivée d'Alex va accélérer les événements. D'autant plus que ce dernier a l'intention de reprendre les rennes du restaurant qui selon son avocat lui appartient toujours, ainsi que de reprendre à ses côtés Charlotte qu'il aime toujours autant que par le passé, tandis que François, lui, espère obtenir sa première étoile au Guide Michelin...

Une heure et vingt et une minutes. Si l'on ôte en plus les quarante secondes de générique de début et les cinq minutes et dix seconde de celui qui vient clore le film, Pension Complète ne dure en réalité pas beaucoup plus d'une heure et quinze minutes. Ce qui devait faire tout de même chère la place au moment de sa sortie. Il y a des films qui durent deux heures (et même plus) et qui en paraissent parfois moitié moins et d'autres qui n'excèdent pas les quatre-vingt dix minutes mais qui paraissent durer une éternité. Les soixante-quinze minutes du long-métrage de Florent Emilio-Siri semblent finalement largement suffisantes. De quoi maintenir le public assis jusqu'au bout sans qu'il ne ressente l'envie pressente de quitter la projection. Car comme une grande majorité des comédies françaises des années 2000 (on pourra même remonter jusqu'aux années quatre-vingt dix pourquoi pas), Pension Complète est assez triste et monotone. Pas un seul dialogue inspiré de l’œuvre de Gilles Grangier (le classique de la comédie française La Cuisine au Beurre avec Bourvil et Fernandel) ne retiendra l'attention. Pourtant scénarisé à six mains par Matt Alexander, Cécile Sellam et Mathieu Oullion, la comédie de Florent Emilio-Siri est très largement en dessous de son modèle.

C'est d'autant plus dommage que l'on y découvre un Franck Dubosc qui sort enfin un peu de son image de ringard pour interpréter un grand chef cuisinier entièrement voué à son métier et rêvant d'obtenir sa première étoile au guide Michelin. Face à lui, le toujours indomptable Gérard Lanvin qui dans la peau de l'ancien amant vient mettre son grain de sel dans les affaires du chef-cuisinier et de son couple. Si l'on s'amuse quelque peu du duel comique qui oppose les deux principaux acteurs, Pension Complète se révèle malheureusement très faible. Surtout lorsque certains rouages qui auraient normalement dû apporter un peu de piment à l'affaire sont éludés un peu trop facilement. On pense notamment à l'impuissance de François, à la grossesse de Charlotte, ou encore aux conséquences découlant de l'adultère auquel se sont adonné Alex et Charlotte. Je veux bien que ces aspects du récits soient potentiellement réduits à leur portion congrue (Pension Complète n'est de fait, qu'une toute petite comédie), mais ces très intéressants enjeux qui auraient donné du corps au scénario demeurent finalement très (trop?) secondaires. Voire inutiles. En plus, le film est perclus d’invraisemblances. Au final, le film de Florent Emilio-Siri est relativement négligeable vu le nombre de comédies qui sortent sur les écrans chaque année. Nous retiendrons tout de même la présence de la charmante Pascale Arbillot dans le rôle de Charlotte, et celle d'Audrey Dana dans la délirante incarnation de sa sœur, Pascale. Une petite comédie insignifiante...

mardi 2 janvier 2018

Un réveillon au ciné: Garde Alternée d'Alexandra Leclère & Momo de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle (2017)



Tradition villefalsienne oblige, le réveillon du 31 décembre 2017 ne s'est pas déroulé sous un déluge de cotillons. Pas une perruque de Michel Polnareff en vue, pas de feux d'artifice les douze coups de minuit sonnant, et aucune gueule de bois à prévoir pour le lendemain. Non, chez nous, l'événement se fête chaque année dans les salles obscures. Deux films. Deux comédies. Interprétées par deux monuments du genre que sont Didier Bourdon, l'un des trois membres des Inconnus, et Chirstian Clavier, l'en des fondateurs de la mythique équipe du Splendid. Garde Alternée et Momo. Si l'un et l'autre des synopsis sentaient la viande faisandée, les réactions du public ne se sont pourtant pas faites attendre. Dans l'un comme dans l'autre, ce ne fut que profusion de rires. De la grande salle numéro une du cinéma Mega CGR de Narbonne à la numéro quatre, pas plus grande qu'un réduit, mais au combien chaleureuse, les deux publics ont semble-t-il apprécié le spectacle. Mais Garde Alternée et Momo méritent-ils l'engouement dont ils ont bénéficié ?
Entre cette histoire d'adultère, puis de vengeance orchestrée par l'épouse trompée, et celle de ce couple sans enfants recevant la visite d'un fils inattendu, la cinéaste Alexandra Leclère, puis le duo Sébastien Thiery et Vincent Lobelle nous auront-ils convaincu ? Pas sûr.

Si les rires entendus lors de la première séance furent à mon goût tout à fait justifiés, c'est avant tout parce que les interprètes de Garde Alternée et ses nombreuses et rocambolesques situations firent preuve d'une grande originalité. Et puis, il y a derrière les personnages du couple formé par Sandrine et Jean ainsi que celui de la maîtresse Virginie, deux actrices et un acteur que l'on apprécie forcément. Valérie Bonneton, Didier Bourdon et Isabelle Carré. La première, barrée, inventive, dont l'expressivité est toujours aussi présente organise un show exceptionnel. Face à une Isabelle carré nature. Toujours aussi délicieusement belle. La maîtresse que tout les hommes aimeraient entretenir et que toutes les femmes voudraient détester. Au milieu de ces deux femmes, un Didier Bourdon parfois effarant de crédulité. Abasourdi par ce qui arrive à son personnage. Plus le récit déploie son intrigue, plus le spectacle s'emballe, et plus ses interprètes se livrent. Jusqu'à se mettre littéralement à nu. La recette permettant de raviver la flamme contiendrait-elle dans cette heure et demi de pur bonheur ? Garde Alternée n'a certes pas la verve d'un Prénom ou d'un Dîner de Cons. L'écriture n'y est pas aussi fine. Pas aussi profonde. Mais nombre de situations font leur effet. On rit beaucoup. Les zygomatiques sont très souvent sollicités. A noter la présence du toujours excellent Michel Vuillermoz dans le rôle du libraire homosexuel Félix, d'Hélène Vincent dans celui de la mère de Sandrine et de Jackie Berroyer dans celui du père ou encore de Laurent Stocker dans la peau de Michel, le meilleur ami de Jean. Un excellent divertissement à l'attention de toute la famille.

Concernant Momo, la chose est un peu plus délicate. Certains vous diront que l'on ne joue pas avec le handicap. Je vous répondrais que d'une certaine manière, l'humour peut au contraire nous aider à l'accepter. Momo, qui dans la langue de Patrick, l'enfant abandonné par ses parents à sa naissance parce qu'il est sourd, veut dire maman. Le scénario écrit à quatre mains par Sébastien Thiéry (également réalisateur du film auprès de Vincent Lobelle) et Pascale Arbillot tourne donc autour de ce personnage débarqué dont ne sait où. Pas vraiment habillé à la mode et affublé d'une diction difficile à saisir, Patrick est muet et reprend contact avec ses parents André et Laurence Prioux (respectivement Christian Clavier et Catherine Frot) qu'il n'a jamais connu. Pris pour un débile à cause de sa façon de parler, il s'incruste chez ce couple aisé qui prend d'abord peur face à ce très étrange personnage, capable d'entrer dans des états de fureur inquiétante. Marié à Sarah (l'actrice Pascale Arbillot, co-scénariste du film), il sait se faire attachant. Surtout auprès de sa mère Laurence qui n'a malheureusement jamais eu d'enfants. Si la mère et le fils se rapprochent peu à peu, la chose demeure délicate entre Patrick et André qui voit l'irruption de cet individu d'un mauvais œil.
Là encore, le public a beaucoup rit. D'abord confronté à la voix particulière du personnage interprété par Sébastien Thiéry, on peut comprendre que cela fasse rire. Nous-mêmes avons à une ou deux occasions. Mais entendre derrière moi certains spectateurs rire chaque fois que Patrick ouvrait la bouche finit par devenir gênant. Comme si le film n'était prétexte pour certains qu'à s'esclaffer, se moquer du handicap de l'un de ses principaux personnages. Momo ne prêtant pas forcément à sourire, certaines scène demeurent même relativement triste. Le personnage de Catherine Frot plombe l'ambiance. Et si le couple qu'elle forme auprès de Christian Clavier est intéressant, les moments qui se voulaient d'intense émotion retombent comme un soufflet raté. Pourtant, on n'en voudra pas à l'actrice-scénariste Pascale Arbillot et l'acteur-réalisateur Sébastien Thiéry d'avoir voulu réaliser une comédie prônant quelque peu le droit à la différence. Le message est touchant quoique maladroitement mis en scène. Il manque à Momo une vraie profondeur. Christian Clavier n'étant pas Louis de Funès, les rôles que lui confient depuis un certain nombre d'années les réalisateurs n'ont font pas pour autant un acteur irrésistiblement drôle. Au final, a part quelques petits gags amusant (le berger allemand allemand, l'anecdote concernant la rencontre entre Patrick et Sarah), Momo se révèle plutôt plat et malheureusement dans la mouvance comique actuelle en France. Pas ou peu de véritable écriture pour un résultat moyennement convainquant...

dimanche 12 novembre 2017

Grégoire Moulin contre l'Humanité de Artus de Penguern (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



Allez, on respire un grand coup et on se prépare pour les aventures de Grégoire Moulin. Né un vendredi 13, dans la clinique Franz Kafka, là où quelques heures après sa naissance, ses parents se sont entre-tués pour un simple désaccord : Papa voulait faire de son fils un footballeur tandis que maman espérait le voir devenir chirurgien. Depuis, Grégoire n'a pas vraiment été gâté par la vie. Élevé en Bretagne par sa grand-mère et par un oncle alcoolique, il décide un jour de monter à Paris. Seul. Là-bas, il trouve un emploi dans une compagnie d'assurance dont les bureaux donnent juste en face d'un cours de danse. C'est là qu'exerce ses talents la belle Odile Bonheur sous le charme de laquelle Grégoire tombe immédiatement. C'est le coup de foudre. Chaque midi, il déjeune dans le même restaurant qu'Odile, à quelques mètres de sa table, mais n'ose pas l'aborder. Les jours passent. Une semaine, puis deux, et enfin, Grégoire trouve la force de surmonter sa peur. Mais alors qu'il s'approche de la table d'Odile, la jeune femme se lève et part aux toilettes. Grégoire en profite pour lui subtiliser son portefeuille. De retour au travail, il récupère les coordonnées téléphoniques d'Odile dans les affaires qu'il lui a volé et lui passe un coup de fil en lui faisant croire qu'il a trouvé parterre, son portefeuille. Ils conviennent alors d'un rendez-vous en fin de journée afin de lui rendre ses affaires. Mais rien ne va se dérouler comme prévu et Grégoire va vivre la soirée la plus longue et incroyable de son existence...

Grégoire Moulin, c'est l'acteur et réalisateur Artus de Penguern qui à l'occasion de Grégoire Moulin contre l'Humanité réalisait en 2001 son tout premier long-métrage. Plus connu comme acteur que comme cinéaste (sa carrière d'interprète, Artus de Penguern va la démarrer au tout début des années quatre-vingt), il se met donc lui-même en scène dans une comédie fonçant à toute allure. L'affiche elle-même donne une idée assez précise du contenu. Le personnage que crée pour l'occasion Artus de Penguern est la preuve vivante que l'on peut aller très loin par amour. Se mettre dans des situations périlleuses, et braver mille dangers. Mais comme ici, il s'agit ni plus ni moins que d'une comédie, Grégoire Moulin contre l'Humanité est donc l'occasion de rire et de sourire devant une série vertigineuse de situations rocambolesques d'Artus de Penguern lui-même ainsi que de celui de Jérôme L'Hotsky.

Le personnage principal tombe amoureux d'Odile, donc, que la charmante Pascale Arbillot L'Extraterrestre, Espace Détente, Une Pure Affaire, etc...) interprète avec justesse. Un joli professeur de danse classique, un peu gauche et qui n'y voit pas à plus d'un mètre sans ses lunettes. Artus de Penguern dresse une galerie de portraits incroyables partageant pour beaucoup, une même passion : le football. De quoi accentuer tous les stéréotypes qui y sont rattachés car qu'il s'agisse de flics, de voyous ou des supporters concentrés en un amas ds testostérones dans le restaurant où doivent se rejoindre nos deux principaux interprètes, tous révèlent leur côté primaire. Autour de Artus de Penguern et de Pascale Arbillot orbitent les excellents Antoine Duléry (en collègue de travail, supporter de l'équipe de foot parisienne l'O.P), Didier Bénureau en médecin bisexuel traquant Grégoire pendant une bonne partie du film.
Clovis Cornillac en fiancé nerveux quitté par sa petite amie Hélène (Élisabeth Vitali), ou encore le génial Serge Riaboukine en chauffeur de taxi. Minuscule exemples d'une liste de personnages hauts en couleur longue comme le bras. Des flics, des supporters, des garçons-bouchers, un patron de bar (le Penalty), plusieurs collègues de travail, des dizaines de participants à une soirée costumée (où l'on y retrouve un Charles de Gaulle s'en prendre vivement à Adolf Hitler)... enfin, bref, on ne s'ennuie pas un seul instant. C'est con mais, tellement bon. Seize ans auparavant, le cinéaste Martin Scorsese nous proposait son vertigineux et kafkaien After Hours, en 2001, Artus de Penguern nous en proposait une involontaire relecture avec Grégoire Moulin contre l'Humanité. De la belle ouvrage...
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