mardi 2 janvier 2018

Un réveillon au ciné: Garde Alternée d'Alexandra Leclère & Momo de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle (2017)



Tradition villefalsienne oblige, le réveillon du 31 décembre 2017 ne s'est pas déroulé sous un déluge de cotillons. Pas une perruque de Michel Polnareff en vue, pas de feux d'artifice les douze coups de minuit sonnant, et aucune gueule de bois à prévoir pour le lendemain. Non, chez nous, l'événement se fête chaque année dans les salles obscures. Deux films. Deux comédies. Interprétées par deux monuments du genre que sont Didier Bourdon, l'un des trois membres des Inconnus, et Chirstian Clavier, l'en des fondateurs de la mythique équipe du Splendid. Garde Alternée et Momo. Si l'un et l'autre des synopsis sentaient la viande faisandée, les réactions du public ne se sont pourtant pas faites attendre. Dans l'un comme dans l'autre, ce ne fut que profusion de rires. De la grande salle numéro une du cinéma Mega CGR de Narbonne à la numéro quatre, pas plus grande qu'un réduit, mais au combien chaleureuse, les deux publics ont semble-t-il apprécié le spectacle. Mais Garde Alternée et Momo méritent-ils l'engouement dont ils ont bénéficié ?
Entre cette histoire d'adultère, puis de vengeance orchestrée par l'épouse trompée, et celle de ce couple sans enfants recevant la visite d'un fils inattendu, la cinéaste Alexandra Leclère, puis le duo Sébastien Thiery et Vincent Lobelle nous auront-ils convaincu ? Pas sûr.

Si les rires entendus lors de la première séance furent à mon goût tout à fait justifiés, c'est avant tout parce que les interprètes de Garde Alternée et ses nombreuses et rocambolesques situations firent preuve d'une grande originalité. Et puis, il y a derrière les personnages du couple formé par Sandrine et Jean ainsi que celui de la maîtresse Virginie, deux actrices et un acteur que l'on apprécie forcément. Valérie Bonneton, Didier Bourdon et Isabelle Carré. La première, barrée, inventive, dont l'expressivité est toujours aussi présente organise un show exceptionnel. Face à une Isabelle carré nature. Toujours aussi délicieusement belle. La maîtresse que tout les hommes aimeraient entretenir et que toutes les femmes voudraient détester. Au milieu de ces deux femmes, un Didier Bourdon parfois effarant de crédulité. Abasourdi par ce qui arrive à son personnage. Plus le récit déploie son intrigue, plus le spectacle s'emballe, et plus ses interprètes se livrent. Jusqu'à se mettre littéralement à nu. La recette permettant de raviver la flamme contiendrait-elle dans cette heure et demi de pur bonheur ? Garde Alternée n'a certes pas la verve d'un Prénom ou d'un Dîner de Cons. L'écriture n'y est pas aussi fine. Pas aussi profonde. Mais nombre de situations font leur effet. On rit beaucoup. Les zygomatiques sont très souvent sollicités. A noter la présence du toujours excellent Michel Vuillermoz dans le rôle du libraire homosexuel Félix, d'Hélène Vincent dans celui de la mère de Sandrine et de Jackie Berroyer dans celui du père ou encore de Laurent Stocker dans la peau de Michel, le meilleur ami de Jean. Un excellent divertissement à l'attention de toute la famille.

Concernant Momo, la chose est un peu plus délicate. Certains vous diront que l'on ne joue pas avec le handicap. Je vous répondrais que d'une certaine manière, l'humour peut au contraire nous aider à l'accepter. Momo, qui dans la langue de Patrick, l'enfant abandonné par ses parents à sa naissance parce qu'il est sourd, veut dire maman. Le scénario écrit à quatre mains par Sébastien Thiéry (également réalisateur du film auprès de Vincent Lobelle) et Pascale Arbillot tourne donc autour de ce personnage débarqué dont ne sait où. Pas vraiment habillé à la mode et affublé d'une diction difficile à saisir, Patrick est muet et reprend contact avec ses parents André et Laurence Prioux (respectivement Christian Clavier et Catherine Frot) qu'il n'a jamais connu. Pris pour un débile à cause de sa façon de parler, il s'incruste chez ce couple aisé qui prend d'abord peur face à ce très étrange personnage, capable d'entrer dans des états de fureur inquiétante. Marié à Sarah (l'actrice Pascale Arbillot, co-scénariste du film), il sait se faire attachant. Surtout auprès de sa mère Laurence qui n'a malheureusement jamais eu d'enfants. Si la mère et le fils se rapprochent peu à peu, la chose demeure délicate entre Patrick et André qui voit l'irruption de cet individu d'un mauvais œil.
Là encore, le public a beaucoup rit. D'abord confronté à la voix particulière du personnage interprété par Sébastien Thiéry, on peut comprendre que cela fasse rire. Nous-mêmes avons à une ou deux occasions. Mais entendre derrière moi certains spectateurs rire chaque fois que Patrick ouvrait la bouche finit par devenir gênant. Comme si le film n'était prétexte pour certains qu'à s'esclaffer, se moquer du handicap de l'un de ses principaux personnages. Momo ne prêtant pas forcément à sourire, certaines scène demeurent même relativement triste. Le personnage de Catherine Frot plombe l'ambiance. Et si le couple qu'elle forme auprès de Christian Clavier est intéressant, les moments qui se voulaient d'intense émotion retombent comme un soufflet raté. Pourtant, on n'en voudra pas à l'actrice-scénariste Pascale Arbillot et l'acteur-réalisateur Sébastien Thiéry d'avoir voulu réaliser une comédie prônant quelque peu le droit à la différence. Le message est touchant quoique maladroitement mis en scène. Il manque à Momo une vraie profondeur. Christian Clavier n'étant pas Louis de Funès, les rôles que lui confient depuis un certain nombre d'années les réalisateurs n'ont font pas pour autant un acteur irrésistiblement drôle. Au final, a part quelques petits gags amusant (le berger allemand allemand, l'anecdote concernant la rencontre entre Patrick et Sarah), Momo se révèle plutôt plat et malheureusement dans la mouvance comique actuelle en France. Pas ou peu de véritable écriture pour un résultat moyennement convainquant...

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