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dimanche 10 septembre 2023

Pour l'honneur de Philippe Guillard (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Allez, on va très rapidement mettre de côté l'actualité pour se concentrer uniquement sur la fiction. Parce que oui, Pour l'honneur peut être envisagé de deux façons : soit l'on compare son contenu avec ce que révèlent au quotidien les médias et cette gentillette comédie se transforme alors en une vision totalement utopique du phénomène des migrants, soit l'on choisi de mettre des œillères sur ce type d’événement pour mieux apprécier cette histoire où les habitants d'un petit village de province amateurs de rugby et demandeurs d'asile vont tenter de faire bon ménage. Ancien Rugbyman, le réalisateur français Philippe Guillard s'était égaré dans d'autres domaines que l'ovalie avant de revenir cette année à ses premières amours. Il y a treize ans sortait sur les écrans le très sympathique Le Fils à Jo avec Gérard Lanvin. Trois comédies (de moyenne facture) plus tard, Philippe Guillard évoque à nouveau sa passion pour le ballon rond en inscrivant son dernier long-métrage au cœur de l'actualité : L'immigration dans les campagnes françaises ! Entre idéalisme et clichés à foison, Pour l'honneur a le cul entre deux chaises. Autant dire que cette comédie très légère portant sur un sujet pourtant relativement grave fera grincer des dents une partie du public tout en conquérant le cœur des autres. Évidemment, il existe un fossé entre ce que nous racontent le réalisateur et son scénariste Eric Fourniols et la réalité. Tandis que l'on se demande pourquoi les hommes ont laissé derrière eux leurs épouses, leurs mères ou leurs filles, ici la question ne se pose pas puisque parmi les neufs migrants qui débarquent à Tourtour-les-Bains, il y a des hommes, des femmes et des enfants. Un détail qui a son importance et qui montre d'emblée le point de vue des auteurs du long-métrage. Certains évoqueront sans doute la ''démagogie'' ou une certaine forme de ''culture du poncif''.


Philippe Guillard semble oublier qu'avant de juger les ''anti-migrants'', de les traiter de racistes et d'en faire des individus comme les fantasment les fidèles de l'ultra-gauche, il faudrait tout d'abord détailler point par point cette méfiance qui veut que l'on se montre soupçonneux devant un ou plusieurs individus dont la culture et le mode de vie nous sont totalement étrangers. Concernant celles et ceux qui ne veulent pas de ces migrants chez eux, leur caractérisation donne lieu à un bond en arrière de plusieurs décennies, à l'époque où un certain Jean-Marie Le Pen présidait le Front National ! Cette vieille France nationaliste aigrie et croupissante. Il y a donc dans Pour l'honneur, d'un côté les méchants, veules, et les gentils, accueillants... parmi lesquels nous compterons donc nos neuf migrants, modèles parfaits dont on ne doute pas un seul instant de leur future intégration. Il est alors facile de s'y attacher, d'oublier la réalité, et même d'accepter sans se poser les bonnes questions de les intégrer, pourquoi pas, définitivement dans le paysage français. Sauf que tout n'est pas si simple et que rien ne se réglera aussi facilement que dans l’œuvre de Philippe Guillard. C'est pourquoi l'on se concentrera avant toute chose sur la personnalité de ceux qui gravitent autour des sympathiques De Gaulle (personnage très amusant incarné par Claude Musungayi), Salifou, Jawad, Nawal, Shabana ou Ibrahim. À commencer par Marco Bianchoni (Olivier Marchal) et son épouse Anabella (Olivia Bonamy), couple au grand cœur très heureux d'accueillir dans leur village de Tourtour-les-Bains ces neuf hommes, femmes et enfants dont la vie dans leur pays d'origine est devenue intenable.


Derrière l'absurdité de certaines situations majoritairement provoquées par la présence à l'image de l'acteur et humoriste Mathieu Madénian et la naïveté apparente avec laquelle le réalisateur étudie une proposition dont on ne sait si elle peut être concrètement viable, il faut savoir que le récit n'est en fait pas tout à fait utopique puisqu'il s'inspire d'une authentique histoire qui s'est produite à Riace, un petit village de Calabre qui en 1998 a vu débarquer trois-cent migrants. Si les habitants se sont d'abord montrés méfiants vis à vis de ces étrangers, leur arrivée a au contraire permis au village de renaître de ses cendres bien des années après qu'une partie de ses habitants l'aient désertée ! Cette incroyable histoire mérite d'ailleurs que l'on s'y penche plus en profondeur et au delà de ce simple article consacré à Pour l'honneur. Concernant le film lui-même, on se prend à sourire devant certaines situations d'ailleurs propres à l'intervention des demandeurs d'asile plus qu'à travers cette guerre que se mènent les habitants de Tourtour-les-Bains avec ceux de Trocpont-sur-Vézère. Un sujet somme toute très banal que l'on a déjà vue à maintes reprises sur grand écran. Mais ne rêvons pas car devant ce spectacle naïvement idyllique qui se voudrait être représentatif de ces mouvements de foules prévus sur le territoire hexagonal, entre la réalité et la fiction existe un fossé probablement infranchissable. Au final, Pour l'honneur mêle humanisme, bons sentiments et passion du rugby pour un résultat manquant de punch et d'originalité. Se regarde avec plaisir mais s'oublie rapidement...

 

samedi 4 avril 2020

Papi Sitter de Philippe Guillard (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Neuf ans après l'excellent Le Fils à Jo et cinq après l'attachant On Voulait tout Casser, le réalisateur français Philippe Guillard revient avec un troisième long-métrage au sujet éculé. Un buddy Movie où s'affrontent deux grands-pères réunis sous le même toit durant un mois. D'un côté, André Morales auquel est confiée la délicate tâche de faire réviser son bac à sa petite-fille Camille. Un ancien capitaine de gendarme à la retraite carrément ''coincé''. De l'autre, Teddy Bardolino dont l'arrivée n'était pas prévue. Un gérant de boite de nuit ''nature'' et quelque peu grossier. La relation entre les deux hommes ne va pas être de tout repos. Ayant une conception de la vie totalement différente, André et Teddy vont avoir beaucoup de mal à se supporter. Alors qu'ils passent leur temps à se quereller, Camille va en profiter pour ne plus aller en cours et profiter de son temps libre pour rejoindre Paco, un jeune surfer dont elle vient de tomber amoureuse...

Malgré le capital sympathie qui entoure Gérard Lanvin et Olivier Marchal qui interprètent le rôle des papys en question, Papi Sitter ne convainc pas tout à fait. Comme il en existe déjà des dizaines, voire même des centaines, la comédie de Philippe Guillard ne fait jamais vraiment preuve d'imagination. C'est donc sans doute en terrain conquis que le réalisateur doit sûrement croire avoir tapé dans le mille alors que son film ne sent souvent que le réchauffé. Pourtant, le pouvoir d'attraction de son duo d'acteurs vieillissant fonctionne parfois à plein régime grâce à des dialogues parfois relevés. Et si l'on ne se roule jamais parterre de rire, Papi Sitter n'est en aucun cas déplaisant à regarder. Tout juste faudra-t-il accepter la minceur d'un récit qui ne repose en grande partie que sur cet antinomique duo que le scénario écrit par Philippe Guillard s'évertue à bourrer de clichés. Entre l'ancien gendarme incapable de se remettre en question et le gérant de boite de nuit parfois irresponsable, forcément, on ne peut s'attendre à rien d'autre qu'à des affrontements...

Papi Sitter est malheureusement l'un des nombreux exemples de ce cinéma comique français qui depuis de trop nombreuses années se laisse aller pour n'être plus qu'un cinéma pépère sans prise de risque. Si le duo entre Gérard Lanvin et Olivier Marchal reste amusant, on se fiche assez rapidement de l'idylle entre Camille (l'actrice Camille Aguilar) et le jeune surfer Paco interprété par Paco Fuster. Ce dernier ayant apparemment beaucoup de mal à incarner son personnage et Philippe Guillard ayant insuffisamment accordé de temps à la relation que Camille et lui entretiennent, tout ce qui découle des mensonges et de la passion de l'adolescente laisse indifférent. On regretterait presque le départ de Karine (Anne Girouard) et Franck (Jean-François Cayrey), les parents de Camille, au fort potentiel comique. Cependant, le réalisateur parvient à éviter à son œuvre de tourner à l'aigre. Mieux, Papi Sitter s'avère de temps en temps relativement frais alors que l'on pouvait craindre qu'il sente le rance. À noter la présence de la trop rare Philippine Leroy-Beaulieu qui interprète ici le rôle de Viviane...

mercredi 4 mars 2020

Cycle Les Inconnus: L'Extraterrestre de Didier Bourdon (2000) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


Les Inconnus ont beau avoir un fort capital sympathie, il n'en demeure pas moins qu'une mauvaise comédie reste une mauvaise comédie. Et si L'Extraterrestre n'est pas aussi catastrophique que certaines critiques de l'époque laissèrent entendre, on ne peut pas dire que ce tout premier long-métrage réalisé par Didier Bourdon en solo soit une référence en la matière. Sur un scénario écrit en collaboration avec Valentine Albin, l'acteur, scénariste et réalisateur, ancien transfuge du Petit Théâtre de Bouvard aux côtés de Bernard Campan, Pascal Légitimus, Smaïn et Seymour Brussel avec lesquels il forma la première mouture des Inconnus, réalise une comédie lorgnant du côté de la science-fiction. En effet, L'Extraterrestre met en scène Zerf, un être venu d'ailleurs, et plus précisément de la planète Kryptalon, échoué sur Terre lors d'une mission de reconnaissance. Poursuivi par deux spécimens d'androïdes de la planète Praton, ennemis jurés des habitants de Kryptalon, Zerf risque à tout instant d'être retrouvé et tué par Yeb et Xab. C'est lors de sa fuite dans la région de Salers dans le Cantal que Zerf croise la route d'Agathe et de Clément. C'est à bord de la voiture de la jeune femme en route pour la maison de sa mère pour y passer quelques jours de vacances que Zerf embarque. Le comportement et l'accoutrement de l'extraterrestre contraignent Agathe à faire croire à son entourage qu'il s'agit d'un réfugié bosniaque. Contre toute attente, la jeune femme et l'extraterrestre vont finir par s'attacher l'un à l'autre, poussant alors Agathe à aider Zerf à trouver les minéraux qui lui permettront de repartir chez lui...

Difficile d'imaginer que dans la chronologie des faits, L'Extraterreste ait été réalisé à la suite des Trois Frères et du Pari tant cette première réalisation de Didier Bourdon en solo semble régressive en matière de qualité humoristique, de mise en scène et d'interprétation. En effet, après avoir beaucoup ri successivement en 1995 et 1997, en ce début de l'année 2000 débarquait donc cette comédie de science-fiction, il faut le reconnaître, assez pathétique, reflet d'un terrible manque de d'inspiration pour Didier Bourdon. Plus qu'un véritable film, L'Extraterrestre enchaîne les situations et accumule des séquences d'une pauvreté humoristique parfois très gênante. L'acteur/réalisateur aurait affirmé à l'époque vouloir rendre hommage aux séries Z que son film aurait alors été infiniment plus crédible en ce sens. Il est même conseillé au public de le regarder avec cet état d'esprit que partagent les amoureux des nanars sinon l'expérience risque d'être douloureuse. Surtout s'ils s'attendent à retrouver le même niveau de qualité qu'à l'époque où sortirent sur les écrans français Les Trois Frères et Le Pari.

On évitera d 'évoquer l'absence de scènes cultes, les rires se faisant d'une discrétion toute religieuse. Inutile d'espérer assister à un florilège d'effets-spéciaux puisque cet aspect du long-métrage n'est bien évidemment pas la principale préoccupation de Didier Bourdon. Le réalisateur offre à la charmante Pascale Arbillot le rôle d'Agathe et celui de l'androïde Yeb à son compagnon Bernard Campan. Toujours sous contrat avec Paul Lederman qui possède les droits de trois longs-métrages éventuels avec les Inconnus sous la forme du trio, Didier Bourdon et Bernard Campan tournent une fois encore après Le Pari un long-métrage sans leur ami Pascal Légitimus. Accoutré au même titre que l'acteur Olivier Rabourdin comme un ersatz d'androïde échappé d'un mauvais film de science-fiction post-apocalyptique italien des années quatre-vingt, Bernard Campan fait ce qu'il peut mais le résultat est désastreux. Puéril et visiblement à l'attention du jeune public, les adultes demeureront de marbre devant cet Extraterreste qui se veut parfois touchant sans l'être véritablement. Reste la présence du fidèle Henri Courseaux, celle d'Antoine du Merle (le fils de Didier dans Les Trois Frères) ou plus étonnant, celle d'Olivier Marchal qui en début de film annonce sa séparation d'avec Agathe. Une bien triste comédie...

mercredi 6 novembre 2019

Ibiza d'Arnaud Lemort (2018) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Plus présent que jamais sur grand écran depuis quelques années, l'acteur Christian Clavier a tourné à quatre occasions l'année passée. Dans la suite poussive de Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron, dans l'adaptation foireuse des Aventures de Spirou et Fantasio d'Alexandre Coffre, ou dans le très gênant Convoi Exceptionnel de Bertrand Blier, pire long-métrage de ce cinéaste qui fut capable du meilleur avant de doucement, mais sûrement, creuser le trou dans lequel l'a définitivement envoyé son dernier méfait. Concernant Christian Clavier, il ne restait plus qu'à espérer que Ibiza d'Arnaud Lemort relève un peu le niveau d'une comédie française décidément en plein désarroi. Combien de navets pour une pépite ? Des dizaines, chaque année, à ne tenter rien d'autre que le minimum syndical en terme de gags. À tel point que le spectateur finit par s'attendre à découvrir le dernier encéphalogramme plat d'une comédie française en souffrance.

Malheureusement, ça n'est pas grâce au dernier long-métrage de l'auteur du pourtant sympathique Dépression et des Potes sorti sept ans auparavant en 2011 qu'il faudra compter pour redorer le blason d'un genre tombé en désuétude. Moqué par une partie des français qui ont tendance à dénigrer l’œuvre toute entière produite dans l'hexagone, réduisant ainsi le cinéma français à ces seules abjections. D'une certaine manière, tant mieux. Pour ceux qui continuent à aller dans les salles rigoler sans trop savoir pourquoi. Par habitude. Par dépit. Ou simplement dans l'espoir qu'un jour, enfin, ils trouvent matière à rire pour de bonnes raisons et non plus comme des pantins dans le cerveau desquels aurait été implantée une puce les forçant à rire pour de mauvaises raisons.

Ibiza, comme l'indique son nom, se déroule sur cette île espagnole des Baléares entourée par la Méditerranée. C'est là que vont se retrouver Philippe, sa nouvelle compagne Carole et les deux enfants de celle-ci. Passant pour un has-been, Philippe espère que ces quelques vacances au soleil dans cette ville hautement festive lui permettront de se rapprocher des enfants de Carole. Pour l'histoire, n'allez surtout pas chercher plus loin. Car Ibiza est, du moins dans d'immenses proportions, la comédie telle que l'envisagent désormais la majeure partie des cinéastes : plate, sans reliefs, immature et indigeste. Pourtant, quelques sourires nerveux pourront échapper au spectateur. Surtout lors du seul sursaut dont bénéficie un scénario creux mais revigoré le temps d'une poignée de minutes, miracle inattendu mais malheureusement trop tardif (la séquence se déroulant dans la luxueuse demeure de Fleur et Michel, les parents de Tara).

Christian Clavier, donc, mais aussi Mathilde Seigner dans le rôle de Carole, JoeyStarr dans celui de Frankie, Olivier Marchal incarnant Pascalou ou encore Frédérique Bel et Louis-Do Lencquesaing interprétant respectivement Fleur et Michel. Un casting hétéroclite qui ne fait malheureusement pas florès puisque la courte durée du film et le trop grand nombre de ''pistes'' ne permettent pas à Arnaud Lemort d'approfondir chacune d'entre elles. De toute manière, au vu des rares occasions de rires qui nous sont offertes, c'est un mal pour un bien. Comme nombre de comédies françaises, Ibiza se regardera tranquillement, sans hoquets nerveux, ni risques d'AVC. Beaucoup trop léger pour mériter notre attention...

vendredi 9 mars 2018

Gangsters de Olivier Marchal (2001) - ★★★★★★★☆☆☆



Je ne sais combien de longs-métrages tournant autour des gardes à vue ont été tournés de part le monde, mais je suis certain d'une chose : l'un des meilleurs représentants demeure chez nous le Garde à Vue que le cinéaste français Claude Miller réalisa en 1981, admirablement interprété par Lino Ventura, Michel Serrault, et accessoirement Guy Marchand. A savoir qu'un remake intitulé Suspicion a été réalisé en 2000 par le cinéaste américain Stephen Hopkins. Le scénariste et réalisateur italien Giuseppe Tornatore s'essaya à l'exercice treize ans plus tard en 1994 en dirigeant Roman Polanski et Gérard Depardieu dans le très curieux Un Pure Formalité, mais c'est en 2001, et avec son premier long-métrage que l'acteur et cinéaste Olivier Marchal a débarqué en force avec Gangsters. Une première œuvre pour un résultat fort satisfaisant qui malgré son intrigue centrée autour de la garde à vue d'un homme et de sa compagne après qu'un massacre ait eu lieu dans une boite de nuit laisse déjà entrevoir le style d'un cinéaste qui ne cessera de peaufiner son œuvre jusqu'au dernier, et excellent, Carbone.

Pour sa première incartade dans l'univers du thriller, Olivier Marchal plonge Franck Chlevski, un petit truand de longue date et sa compagne Nina Delgado, prostituée, au cœur d'une affaire qui intéresse vivement les membres d'un commissariat situé dans le dix-huitième arrondissement de la capitale française. Le principe est clair. D'un côté, Franck et Nina, accusés d'avoir participé au massacre et d'avoir dérobé quatre-vingt millions d'euros de diamants, de l'autre, les commandants Eddy Dahan, Marc Jansen, accompagnés de plusieurs inspecteurs et chargés de faire la lumière sur cette affaire qui a causé la mort de sept personnes dont le truand 'Petit Claude'.. Durs à cuirs, Franck et Nina restent muets quant à leur participation éventuelle au massacre et au vol des diamants. Usant de méthode radicalement différentes, de celle qu'utilise son principal concurrent Dahan, Jansen, après avoir interrogé le deux suspects décide de passer à l'étape suivante et se montre de moins en moins compréhensif envers le couple qu'il commence à maltraité en compagnie de l'inspecteur 'Rocky'. De plus, Franck soupçonne que parmi les flics du commissariat, certains pourraient avoir un rapport direct avec les événements pour lesquels lui et Nina sont accusé...

Pour un premier film, Olivier réussit à tenir le public en haleine. Un huis-clos très efficace qui prend pour cadre un commissariat avec tout ce que cela peut supposer, surtout lorsque la nuit tombe et que certains flics se sentent d'humeur violente. Entre l'intégrité de certains et les ripoux qui gangrènent la profession, difficile au premier abord de savoir qui respecte l'ordre, et qui, malgré son engagement, a choisi de franchir la frontière entre intégrité et criminalité. Surtout que qu'Olivier Marchal s'offre un casting incroyable. De vraies belles gueules de cinéma aux interprétations interchangeables : outre le couple formé par Richard Anconina et Anne Parillaud, Gangsters nous présente des flics aussi flippants que les criminels qu'ils sont chargés de traquer : la froideur de François Levantal, le regard glaçant de Gérald Laroche, le chien fou Francis Renaud, et dans une moindre mesure, l'apathique (et néanmoins excellent) Guy Lecluse. A voir leur personnage respectif s'acharner sur Franck et Nina, le spectateur finit par se demander ce qui peut bien les séparer au fond, d'un truand comme celui qu'interprète l'épatant Jean-Louis Tribes.

On pourra en revanche regretter certains des quelques flash-back qui émaillent le récit et qui révèlent en partie la 'position' de Franck et Nina dans toute cette histoire. Une manière fort peu convenable d'aborder une facette de l'intrigue et qui amenuise l'impact du twist final. Mais à part ça, Gangsters est vraiment un très bon polar français et une belle entrée en matière pour Olivier Marchal...

jeudi 8 mars 2018

Sélection de 4 films à voir, à revoir... ou à éviter.

Pour commencer, MR73 d'Olivier Marchal. Œuvre crépusculaire. La plus noire de son auteur. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Une attitude parfois assommante malgré l'impeccable interprétation de Daniel Auteuil, dont le personnage de flic alcoolique hanté par l'accident qui a cloué à vie son épouse sur un lit d’hôpital, est entouré d'un contingents d'enculés. Des flics eux aussi. Il est étonnant d'ailleurs de constater combien l'affrontement flics-voyous n'aura pas lieu. Les bons et les méchants sont du même milieu, portent tous officiellement une arme de service et une plaque de police. On y arrondit ses fins de mois comme on peut, quitte à dérober sur la scène d'un crime, les bijoux de l'une des victimes d'un tueur en série insaisissable. Une 'mature' découverte attachée sur son lit dans une posture indécente, violée, sodomisée, battue à mort. C'est noir, oui, mais ça n'atteint jamais le degré d'intensité du Série Noire d'Alain Corneau ou du Bad Lieutenant d'Abel Ferrara. Surtout à la seconde projection. Mais MR73, ça n'est pas que l'unique récit de Louis Schneider, flic relié à la vie par sa seule épouse végétant tel un quasi-légume à l'hosto. C'est aussi l'histoire parallèle de Justine Maxence, fille d'un couple qui vingt ans auparavant ont été les victimes d'un double homicide barbare perpétré par un certain Subra. Un nom qui rappellera aux amateurs de criminologie française le fameux 'Trio Infernal' et l'affaire Hattab-Sarraud-Subra qui défraya la chronique en 1984. la jeune femme apprend bientôt que le bourreau de ses parents va sortir sous peu de prison. Le lien entre Louis Schneider et Justine Maxence. C'est cette affaire justement, vieille de plusieurs décennies mais que le cinéaste reléguera en fin de parcours alors même que le flic est déchu de tous ses droits de policier après le destin tragique de l'un des rares collègues qu'il conservait encore comme ami. Un bon polar, sombre, nihiliste. Quelques portraits de flics véreux du meilleur tonneau et surtout, un Daniel Auteuil charismatique. Blafard, suant l'alcool, tenant à peine sur ses deux jambes. Il est loin le 'Bébel' des Sous-Doués Passent le Bac. Le troisième long-métrage d'Olivier Marchal est surtout l'occasion pour l'acteur d'offrir l'une de ses meilleures performances. Pourtant, MR73 ne demeure finalement pas le meilleur film du cinéaste ancien flic. On lui préférera sans doute son dernier bébé, Carbone. Plus nerveux, moins existentialiste. Et finalement, tout aussi sombre et désespéré...❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Tiens, puisque j'ai Daniel Auteuil dans la ligne de mire, revenons justement sur l'un des films avec lesquels il attaqua le début des années quatre-vingt : Les Sous-Doués Passent le Bac. Hé, oh ! Ne rigolez pas. C'est con, stupide, léger (très, et même trop), pas intelligent pour un sou, mais qu'est-ce que c'est bon. Et culte surtout. Car en France, on a pas de pétrole, et quand les idées se font la malle on enchaîne les uns derrière les autres, et ce, en quelques années seulement, des longs-métrages dont on pique la majeure partie des idées aux autres. Sauf que Les Sous-Doués Passent le Bac était là avant les autres. Un an avant Le Maître d’École de Claude Berri (oui, oui) avec l'excellent humoriste (mais assez piètre acteur) Coluche, mais également deux avant le déplorable Les Diplômés du Dernier Rang de Christian Gion, lequel a presque plagié le film de Claude Zidi. Vus les résultats désastreux obtenus par l'établissement scolaire privé LOUIS XIV à Paris, la directrice Lucie Jumaucourt (l'excellente Maria Pacôme) décide de réaménager les cours afin qu'un maximum d'étudiants obtiennent leur baccalauréat en fin d'année. Les Sous-Doués Passent le Bac n'est en général qu'une succession de gags assez lourds, pas très fins dans l'ensemble mais l'imagination débordante dont font preuve les étudiants communique une joie et un plaisir au spectateur qui rit devant tant de pitreries et de bêtises. On n'aura jamais vu une telle concentration de cancres en dehors du quotidien des professeurs actuels. Aux côtés de Daniel Auteuil et Maria Pacôme, on retrouve quelques trognes bien connues comme celles de Hubert Deschamp en professeur de mathématiques, d'anglais et de sciences-physiques, Tonie Marshall en prof d'histoire-géographie, mais aussi Féodor Atkine dans le rôle d'un parent d'élève ou encore Michel Galabru en commissaire de police et Richard Bohringer en pion lors d'une épreuve de mathématiques. Un classique de la comédie franchouillarde que l'on pourra aisément cataloguer de nanar...❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔

Direction le Mexique avec le thriller surnaturel Los Parecidos écrit et réalisé par le cinéaste Isaac Ezban. Cette fois-ci, rien à voir avec les deux films précédents si ce n'est que le réalisateur mexicain tente d'entretenir un certain suspens et que certaines situations prêtent à sourire. L'intrigue de ce long-métrage est si étrange qu'il n'a presque aucun équivalent cinématographique si ce n'est la célèbre série de science-fiction américaine The Twilight Zone. Car en effet, les personnages naviguant dans la salle d'attente d'un dépôt de bus d'où ils sont incapables de s'extraire dès lors qu'ils y mettent un pied se retrouvent dans une situation pour le moins étonnante. D'aucun dira d'extraordinaire même. Réalisé en 2015, le film n'a pas connu chez nous de sortie dans les salles mais l'entreprise américaine NETFLIX le propose depuis le 12 mai 2017 en flux continu sur Internet. Le récit tourne autour d'Ulises et de plusieurs voyageurs enfermés dans le hall d'une station de bus qui vont être les témoins d'événements étranges. Alors qu'une pluie acide redouble d'intensité et que la radio retransmet des informations inquiétantes concernant apparemment d'étranges comportements liés au déluge, à l'intérieur, tout s'emballe lorsqu'un étrange virus semble s'attaquer à tour de rôle aux personnes présentes à mesure que le temps passe. La particularité de ce 'virus' étant de transformer Irene, Martin, Alvaro et les autres non pas en infectés, mais en les transformant en répliques exactes d'Ulises. D'abord soupçonné d'être à l'origine du mal, Ulises est très vite innocenté lorsque les soupçons se portent sur le jeune Ignacio... vraiment très curieux est ce Los Parecidos qui semble sortir de nulle part. Le design général du décor ainsi que l'esthétique apportée à l'image elle-même renvoient l'univers de ses personnages dans les années cinquante-soixante même si cela n'est jamais réellement précisé. Difficile de donner un avis tout à fait objectif devant cet OFNI totalement assumé. Jamais vraiment amusant, jamais totalement angoissant, le film du mexicain a le privilège de posséder une identité propre. Avec un tel scénario, on s’imaginerait presque à rêver de ce qu'auraient pu faire d'une telle histoire, des cinéastes tels que David Lynch ou Alex de la Iglesia. En tout cas, une œuvre intéressante même si elle ne mérite pas encore le statut de film culte...❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔

On termine comme on a commencé; avec un thriller: Le Jour Attendra. Bien que le réalisateur de ce seul long-métrage Edgar Marie ait participer à l'écriture de Les Lyonnais d'Olivier Marchal et de la série Braquo, on ne peut pas dire que ce scénariste et cinéaste français ait fait des étincelles en tournant ce polar interprété par Jacques Gamblin et... Olivier Marchal en 2013. Le film est une mauvaise copie de tout ce qui a déjà été fait avant. Sans une once d'imagination et de talent, Edgar Marie s'imagine tout d'abord marquer les esprits avec une séance d'interrogatoire se voulant sans doute aussi impressionnante que la fameuse scène de la tronçonneuse dans le chef-d’œuvre Scaface de Brian de Palma. Raté. Ensuite, lorsque le français suppose être capable d'imposer aux spectateurs un gunfight au ralenti aussi puissant que ceux de John Woo (A Better Tomorrow, The Killer, Bullet in the Head, Hard-Boiled), là encore, il se trompe. A vrai dire, Le Jour Attendra devrait permettre de promouvoir auprès de ceux qui dénigrent son œuvre en tant que cinéaste, l'Olivier Marchal 'Réalisateur' tant il surpasse en de nombreuses occasions, cet ersatz sans intérêt. L'un des points les plus embarrassant demeure dans la présence de Jacques Gamblin. En effet, qu'a donc été foutre un tel acteur dans ce projet qui n'a d'autre force que de faire involontairement rire devant l'accumulation d'incohérences et de scènes ridicules. Vous l'aurez compris, Le Jour Attendra est très clairement un mauvais film. Mais au vu de la concurrence, l'amateur n'a pas trop de soucis à se faire: le thriller a de beaux jours devant lui...❤❤❤💔💔💔💔💔💔💔

Carbone d'Olivier Marchal (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Après le précédent article consacré à l'excellent polar français de Gela Babluani, Money, le suivant est consacré au dernier long-métrage de l'acteur et réalisateur Olivier Marchal qui jusqu'à maintenant avait réalisé quatre films d'excellente facture dont le très sombre et pessimiste MR 73 avec Daniel Auteuil en 2008 et Les Lyonnais en 2011. Cette fois-ci, aux commandes d'un scénario écrit à quatre mains en compagnie d'Emmanuel Naccache, le cinéaste s'inspire d'une idée d'Ali Hajdi, elle-même inspirée d'un fait-divers ayant eu lieu entre septembre 2008 et juin 2009, lequel pris pour cadre la signature du protocole de Kyoto à l'issu duquel, l'Union Européenne s'engagea à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un groupe d'escrocs profita alors de cette législation pour monter un réseau d'arnaques de grande ampleur. Longtemps après la French Connexion naissait la Carbone Connexion.

Sobrement intitulé Carbone, le dernier né d'Olivier Marchal est un thriller redoutablement efficace, qui ne fait ni dans la dentelle, ni dans l’œuvre familiale. Ici, tout y transpire la noirceur. L'intrigue tourne tout d'abord autour du personnage incarné par l'excellent Benoît Magimel, déjà présent dans le précédent film chroniqué en ces pages. Antoine Roca, ce PDG d'une entreprise au bord de la faillite, contraint de déposer le bilan. Marié à Dana et beau-fils d'Aron Goldstein, riche et impitoyable homme d'affaire qui le méprise, Antoine doit se refaire s'il veut pouvoir sauver la trentaine d'employés que la fermeture de son usine va mettre sur le carreau. C'est ainsi que son ami et avocat Laurent Melki le met sur une piste qui pourrait lui permettre de se faire beaucoup d'argent : tenter une fraude à la TVA sur les quotas de carbone de grande ampleur. Pour cela, il fait appel à ses deux meilleurs amis, les frères Eric et Simon, les fils de Dolly Wizman, il est aiguillé vers Kamel Dafri, un très dangereux trafiquant de drogue qui accepte de lui prêter cinq millions d'euros, en contrepartie desquels, Antoine et les deux frères devront lui reverser le double dès qu'ils auront réussi leur coût. Mais en choisissant de faire appel à « l'arabe », ils vont plonger tous les trois dans un tourbillon de mort qui fera également des dégâts collatéraux.

Une véritable gifle. Voilà ce qui ressort du dernier long-métrage d'Olivier Marchal. Pas aussi noir que MR 73 mais sans conteste, aussi désespéré, Carbone ne souffre que d'un seul gros défaut qui, fort heureusement, se fera assez vite oublier dès lors que la Broyeuse sera entrée en action. Ce problème qui aurait pu faire chavirer le navire, c'est justement ce coup inspiré de la Carbone Connexion. Les personnages mettent en effet en place tout un réseau bien huilé consistant à profiter de la législation citée plus haut afin de détourner des fonds très importants. Le problème, c'est qu'Olivier Marchal y va un peu trop rapidement, rendant du coup cette phase du récit peu crédible. Un peu trop facile en réalité. Mais dès que la réussite des trois amis intéresse le très gourmand Kamel Dafri (impressionnant Moussa Maaskri), tout est oublié et l'on assiste impuissant à la chute d'Antoine, d'Eric, de Simon et de leurs familles respectives. Gérard Depardieu incarne le monstrueux Aron Goldstein et prouve une fois encore qu'il est non seulement capable d'interpréter des types vraiment affreux, mais qu'il a encore beaucoup de choses à offrir au public.

Le casting est en la matière, tout à fait remarquable. Grâce à la mise en scène concise d'Olivier Marchal et au montage de Julien Perrin et Raphaele Urtin, Laura Smet, Idir Chender, Gringe, la chanteuse Dani et même Michael Youn (qui décidément prouve de plus en plus sa valeur d'interprète) incarnent des personnages déchirés et passionnants. Une fois encore, le paysage cinématographique français peut s’enorgueillir d'avoir en sa possession un véritable joyau du thriller français. Benoït Magimel y est aussi sombre que lumineux. A voir sans modération...

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