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dimanche 27 septembre 2026

Nikita de Luc Besson (1990) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Camée, paumée, Nikita participe au braquage d'une pharmacie en compagnie de trois complices. Son petit ami Rico (Marc Duret), Antoine (Patrick Fontana), le fils du propriétaire surnommé Coyotte, ainsi que Zap (Alain Lathière). Mais les choses tournent mal et les trois garçons sont descendus par la police dépéchée sur les lieux. Quant à Nikita, armée d'un flingue, elle assassine froidement trois flics avant d'être arrêtée puis condamnée à perpétuité. Une fois sous les verrous, un homme lui injecte en intraveineuse un produit qu'il la plonge dans le sommeil. Officiellement, Nikita s'est suicidée et ses obsèques ont lieu en son absence. Car en effet, la jeune femme est toujours vivante et se retrouve désormais enfermée dans l'une des chambres d'un complexe appartenant au Gouvernement français. Un centre d'entraînement des services secrets dont un agent prénommé Bob (incarné par l'excellentissime Tchéky Karyo) est chargé de former la nouvelle ''pensionnaire''. Deux ans après le succès de son second long-métrage Le grand bleu considéré alors par beaucoup de spectateurs et de critiques comme un film générationnel, le réalisateur, producteur et scénariste Luc Besson change d'optique en proposant une œuvre beaucoup plus dure, radicale et violente. Il profitera d'ailleurs de son passage dans divers médias pour prévenir que son dernier long-métrage n'a rien à voir avec son précédent. Au delà de la violence récurrente visible lors de certaines séquences, Nikita reste aussi et surtout un très beau portrait de femme. Et bien que son œuvre actuelle soit désormais critiquée dans sa quasi globalité, le cinéaste hexagonal savait à l'époque faire de vrais bons films...


À l'image, donc, de ce thriller parfois implacable mettant en scène la sublime Anne Parillaud dans lequel l'actrice interprète le rôle-titre, Luc Besson lui offre ainsi son premier vrai grand rôle avec à la clé, le César de la meilleure actrice en 1990. Nikita décrit tout d'abord l'éclosion d'une femme-enfant, enfermée jusque là dans sa toxicomanie et ses mauvaises fréquentations. Prise en charge par le très charismatique Bob qu'incarne superbement Tchéky Karyo, la jeune marginale apprend l'informatique, le combat au corps à corps, la façon de bien se comporter en société (auprès de Jeanne Moreau qui incarne le rôle d'Amande) et le maniement des armes, bien qu'en la matière, elle n'ait pas vraiment de leçons à recevoir. Durant de longues années, enfermée dans ce centre, Nikita se transforme peu à peu, laisse de côté son côté rebelle, mûrit et se prépare à une carrière dont elle n'a même pas encore idée. Car si la jeune femme s'est vue proposer l'occasion d'être formée au bénéfice du Gouvernement français, ça n'est pas par simple charité chrétienne mais bien parce que certains ont vu en elle le potentiel suffisant pour en faire une tueuse à gages. Une fois prête, Nikita quitte le centre, s'installe seule dans un appartement, rencontre celui deviendra son petit ami (Jean-Hugues Anglade dans le rôle de Marco) et attend son premier contrat...


Luc Besson dresse donc ici le portrait d'une jeune femme asociale, droguée, violente et réfractaire à toute forme d'autorité qui au contact de Bob va laisser la place à une jeune femme fort séduisante. La première partie du long-métrage se concentre donc sur la formation de Nikita, entre séquences au premier degré et courts passages humoristiques qui feront autant tiquer Bob que les spectateurs (comme le coup de pied entre les jambes du professeur de karaté). Ensuite, la partie la plus importante du récit se concentre sur la vie à l'air libre de Nikita. Une femme presque normale dont l'existence est non seulement chamboulée par l'arrivée de Marco mais aussi par celle, parfois soudaine et inattendue des différents contrats qu'elle sera menée à exécuter. L'occasion pour Luc Besson de montrer sa maestria lorsqu'il s'agit de créer des séquences de tensions comme celle s'agissant de l'exécution d'une femme à travers la vitre d'une salle de bain d'un hôtel vénitien. Le réalisateur joue sur deux contrastes qui s'opposent en permanence. Entre le monde de l'espionnage et des contrats meurtriers et l'existence beaucoup plus ordinaire que tente de vivre Nikita aux côtés de Marco. Luc Besson pose ici la question de la rédemption et de la réincarcération. Nikita est une œuvre brillante, jouissive, émouvante et parfois angoissante, parfaitement incarnée par une Anne Parillaud habitée, sublimée et par un Tchéky Karyo impérial. Notons qu'en forme de cerise sur le gâteau, le script ajoute en fin de partie le personnage de Victor, un nettoyeur incarné par Jean Réno qui réinterprétera quatre ans plus tard le même type d'individu dans l'excellent Léon, toujours mis en scène par Luc Besson. Enfin, Nikita ne serait sans doute pas celui qu'il est sans l'excellente partition du fidèle compositeur Eric Serra qui signe une bande musicale très en accord avec le récit...

 

vendredi 7 mars 2025

Écoute voir de Hugo Santiago (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Réveillé en sursaut à la suite d'un cauchemar qui s'est immédiatement évaporé au point que j'en ai oublié son contenu, je regarde l'heure et il est 7h06. Je ne sais pas si cet horaire qui a tout de véritablement diabolique (7h06=6h66, soit 666) a un lien avec tout ça ou si c'est après avoir découvert Écoute voir de Hugo Santiago au beau milieu de la nuit que le film a tellement marqué mon esprit qu'en a éclot un très mauvais rêve, mais afin d'exorciser cette peur de l'inconnu qui m'a fait m'éveiller alors que je serais bien resté couché quelques heures de plus, me voilà posté devant mon ordinateur a essayer de savoir ce que je vais bien pouvoir écrire... Car s'il est une chose qui reste certaine, c'est que le réalisateur argentin originaire de Buenos Aires Hugo Santiago dont la mort remontera dans quelques jours à sept ans abordait son art d'une manière si particulière que chaque œuvre pouvait marquer n'importe quel esprit peu habitué à ce genre de cinéma. Un cinéaste parait-il très important dans son pays d'origine ainsi que chez nous et pourtant que je ne découvrais que lors de cette nuit particulièrement pluvieuse... Rien ne pouvait me contraindre davantage d'assister à cet étrange spectacle que le terme ''science-fiction'' que je découvrais quelque part au sujet du film. Terme qui sur la toile disparaît par contre de ce que certains tiennent pour des ''références'' en matière de cinéma. De la science-fiction, sans doute, mais pas de celle que l'on a pour habitude de voir sur petit et grand écran. En moins sombre et donc en moins déprimant, nous pourrions presque d'ailleurs raccorder Écoute voir à l'oppressante série en quatre épisode, Noires sont les galaxies même si, il est vrai, ni le film ni cette série ne partagent la moindre de leur thématique respective. Par contre, les titres de l'un et l'autre ne possèdent-ils pas en commun une certaine part de poésie... ? Lorsque l'on découvre que l'acteur Samy Frey participe au projet, on sait déjà à peu près dans quel genre d'univers nous mettons les pieds. En vedette, l'actrice Catherine Deneuve qui à l'époque a déjà une sacrée carrière derrière elle. Héroïne du paranoïaque, mysandre et claustrophobe Répulsion du franco-polonais Roman Polanski, vedette de Belle de jour et de Tristana de l'espagnol Luis Buñuel, invitée sur les plateaux de tournage de François Truffaut, Marco Ferreri, Jean-Paul Rappeneau, Claude Lelouch ou encore Robert Aldrich, la jeune femme y incarne l'un de ses plus étonnants personnages. Un brin décalé au regard de sa filmographie passée et à venir.


Une détective privée fagotée comme Humphrey Bogart dans Le grand sommeil de Howard Hawks ou comme plus tard, Jack Nicholson dans Chinatown de Roman Polanski ! Dotée d'un prénom épicène qui lui permet sans doute de ne pas toucher à la sensibilité de ses futurs clients de sexe masculin, Claude Alphand reçoit la visite d'Arnaud de Maule qu'interprète donc Samy Frey. Propriétaire d'un château délabré, l'homme fait appel aux services de la détective afin d'enquêter sur les allées et venues d'inconnus qui semblent intéressés par l'édifice. Claude découvre très vite qu'il s'agit de membres d'une secte religieuse qui se fait appeler L'église du Renouveau Final. Une secte dont l'un des membres n'est autre que Chloé, charmante jeune femme incarnée quant à elle par la toute frêle mais déjà très sensuelle Anne Parillaud qui n'est alors âgée que de dix-huit ans. Elle y interprète une jeune femme apparemment sous l'emprise de cette secte qui n'hésite pas à droguer ses membres afin de les maintenir sous son emprise. Claude va donc avoir la charge de la faire sortir de cet univers et ainsi la ramener vers son compagnon qui n'est autre que le propriétaire du château, Arnaud. Sur cette base que d'aucun pourrait naturellement considérer d'on ne peut plus ordinaire, Hugo Santiago construit une œuvre alambiquée à laquelle s'ajoute un phénomène étrange. Une ''musique'' qui semble altérer l'espace-temps et dont, pour le moment, on ne connaît pas la source. Véritable objet filmique non identifié, Écoute voir rejoint la liste peu commune des films français mis en scène sous un angle auquel le public est peu habitué. En 1973, Claude Faraldo avait déjà marqué le cinéma français expérimental d'une pierre blanche avec son Themroc tout en onomatopées et voici qu'à l'aube des années quatre-vingt à venir, la fin des seventies prend la forme de ce drôle de film qui s'amuse à jouer avec les codes du polar noir américain en faisant parfois déambuler Catherine Deneuve dans d'étonnants décors (le pigeonnier). Puis en la mettant en scène dans des combats au corps à corps où son personnage fait preuve de dispositions physiques particulières, dont une propension à la manchette qu'elle exécute à de nombreuses reprises. Résumer Écoute voir en quelques lignes est une tâche véritablement difficile. Comme d'évoquer son potentiel artistique et sa valeur en matière de divertissement. Œuvre d'un autre âge que pas même Quentin Dupieux n'aurait sans doute pu concevoir de nos jours, le long-métrage du réalisateur argentin est une authentique curiosité. Pas vraiment plaisant à tenir jusqu'au bout puisque sa lenteur s'étale sur deux bonnes heures mai suffisamment intrigant pour que l'on se laisse d'abord happer par l'ambiance très étrange que revêt le long-métrage de Hugo Santiago...

 

jeudi 2 novembre 2023

Le battant d'Alain Delon (1983) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

La différence entre Jean-Paul Belmondo et Alain Delon est presque aussi fondamentale que celle qui différencie les Rolling Stones et les Beatles. Chaque camp de fans à suffisamment de munitions pour justifier son amour, sa passion ou son rejet pour l'un ou l'autre de ceux que l'on considérait dans les années quatre-vingt comme les deux acteurs français les plus populaires. Mais qui des deux est comparable au groupe de rock originaire de Londres et quel autre est équivalent à celui de Liverpool ? La réponse est bien moins ardue qu'elle n'en a l'air. Jean-Paul Belmondo joua dans la même catégorie que le groupe de Paul McCartney et John Lennon tandis que le rock nettement moins aventureux de Mick Jagger ou de Keith Richards que la pop des ''Quatre garçons dans le vent'' peut être comparé au jeu souvent monolitique d'Alain Delon. Il suffit de comparer ce que l'une et l'autre de nos anciennes stars du cinéma français ont produit il y a quarante ans pour s'en convaincre. Et même, quel meilleur exemple que de confronter Borsalino et sa suite Borsalino and Co. de Jacques Deray pour se rendre compte que l'absence de Jean-Paul Belmondo dans le second est clairement responsable d'une très nette baisse de qualité. Produit, écrit, réalisé et interprété par Alain Delon, Le battant se situe très exactement au centre d'une filmographie qui passe d'un cinéma plutôt ambitieux (celui de Luchino Visconti, de Jean-Pierre Melville, de Pierre-Granier Deferre) à celui beaucoup plus terre à terre, du cinéma d'action de type thriller à la française. Troisième et dernier long-métrage qu'il mettra lui-même en scène, Le battant s'inscrit donc dans la lignée de Pour la peau d'un flic qu'il réalisa deux ans auparavant, de Parole de flic de José Pinheiro ou de Ne réveillez pas un flic qui dort, lesquels peuvent être considérés comme une sorte de trilogie. Des œuvres précédent quelques sympathiques nanars à la française, comme Le passage de René Manzor, Dancing Machine de Gilles Béhat ou le plus culte d'entre tous, Le jour et la nuit de Bernard-henry Levy ! Nous sommes en 1983 et Alain Delon passe la barrière qui sépare le flic du voyou pour incarner Jacques Darnay, un type qui vient tout juste de passer huit années en prison pour un vol de bijoux et le meurtre de leur propriétaire. Très rapidement, l'ancien taulard est suivit par des gangsters qui cherchent à mettre la main sur le butin que Darnay est censé avoir planqué quelque part. En outre, il est dans le viseur du commissaire Rouxel (excellent Pierre Mondy) qui le soupçonne lui aussi d'avoir mis les bijoux à l'abri.



Les gangsters font le vide autour de Darnay. Ils s'en prennent tout d'abord à son ami Pierre Mignot (Michel Beaune) puis à son ancienne compagne Clarisse (Marie-Christine Descouard). Il est temps pour l'homme de mettre un terme à toute cette histoire. Sans argent ou presque, Darnay reprend contact avec son vieil ami Gino Ruggieri (François Périer) qui s'est totalement reconverti et a abandonné le Milieu. Ce dernier le loge, lui avance quarante-mille francs et lui met un flingue entre les main... Le battant est l'occasion pour Alain Delon de réemployer l'actrice Anne Parillaud qu'il révéla véritablement dans Pour la peau d'un flic après que la jeune actrice ait interprété quelques rôles dont celui de Patricia Cook dans le film érotique Patricia, un voyage pour l'amour de Hubert Frank en 1981. Elle interprète la maîtresse de Gino Ruggieri qui très vite, la mettra dans le lit de Darnay. Notons que dans les rôles des gangsters, nous retrouvons notamment Gérard Hérold, Jean-François Garreaud ou encore Richard Anconina qui la même année que son rôle dans Tchao Pantin, incarne ici une petite frappe qui finira une balle dans le genou ! Le battant est typique du jeu ''delonéen'' des années quatre-vingt. Impersonnel, froid, sans émotion. Presque robotique et machinal qui ne s'explique pas seulement au travers des huit années qu'a passé le protagoniste qu'interprète Alain Delon en prison. Ce besoin permanent qu'a l'acteur de s'incarner dans des personnages durs, un brin machos et imperturbables mais aussi et surtout, dénués de toute fantaisie. Moins aventureux que son alter ego Jean-Paul Belmondo, Alain Delon n'échappe par exemple pas à ses ennemis, lui, en passant par les toits de Paris ! Meurtres, trahison, amour, voici les thèmes abordés dans cette œuvre emprunte d'un certain classicisme qui ne perdra pas les fans de l'acteur dans les limbes d'un récit par trop complexe. C'est du tout cuit et ce, dès les premiers instants. En effet, on ne perd pas son temps à se demander qui sont les ennemis de Darnay et la conclusion s'impose comme une évidence. Anne Parillaud est délicieuse et se dévêt une fois de plus après son rôle de Charlotte dans Pour la peau d'un flic . La partition musicale est composée par Christian Dorisse qui par la suite n’œuvrera plus pour le cinéma. L'adaptation sur grand écran du roman éponyme d’André Caroff reste au final un sympathique film pour quiconque supporte l'arrogance naturelle de son principal interprète...

 

vendredi 1 juin 2018

Ces actrices et acteurs qui ont commencé leur carrière dans l'érotisme ou le porno !



Avant de devenir dans les années quatre-vingt parmi les plus populaires des humoristes et des caricaturistes français, Michel Leeb, de son vrai nom Michel Edouard Nicolas Leeb, rendu célèbre grâce à ses imitations des chinois ou des africains, a d'abord débuté sa carrière au cinéma. Et pas dans n'importe quel courant puisqu'il participa effectivement au tournage de Godefinger ou certaines chattes n'aiment pas le mou (vous remarquerez toute la finesse qui englobe le titre) de Jean-Pierre Fougéa, film érotique dont il existerait, paraît-il, une version hard...

La sublime Anne Parillaud qui à quelques occasions a pu émoustiller la libido de la gente masculine dans des longs-métrages qui n'avaient cependant pas pour autre vocation que de présenter un Alain Delon dans son éternel rôle de flic (Pour la Peau d'un Flic et Le Battant que l'acteur-producteur réalisa et interpréta lui-même), a elle aussi tourné dans une œuvre érotique signée Hubert Frank : Patricia, un voyage pour l'amour. Pas de quoi véritablement rougir et plus proche de cinéma de David Hamilton que des films hardcore qui malheureusement aujourd'hui, pullulent à la vue de toutes et tous sur la toile.

S'il n'a pas débuté sa carrière d'acteur dans l'érotisme, notre fameux Fabrice Luchini national a pourtant par la suite fait une apparition dans les quatrième aventures de la célèbre Emmanuelle. En effet, il y joue le rôle d'Oswaldo le magicien. Outre l'actrice Sylvia Kristel, rendue célèbre pour son interprétation du personnage éponyme, on peut remarquer à l'écran de ce film érotique, l'une des grandes et des plus séduisantes actrices porno des années soixante-dix et quatre-vingt, Marilyn Jess de son vrai nom Dominique Troyes.

Bon, elle, est un cas à part. Catherine Ringer ne pouvant être véritablement considérée comme une actrice à part entière (je parle évidemment en terme de circuit traditionnel) puisqu'elle est d'abord connue pour être la chanteuse du célèbre groupe de rock français Les Rita Mitsouko. On l'aura tout de même vue dans son propre rôle en 1987 dans Soigne ta Droite de Jean-Luc Godard, mais sa filmographie est pour l'essentiel, contenue dans le circuit pornographique. Et là, on n'évoque plus simplement l'érotisme, mais bien le hard. Ceux qui regardaient déjà Canal Plus à l'époque se souviennent sans doute qu'en 1986, sur le plateau de Mon Zénith à Moi, Michel Denisot avait accueilli la chanteuse ainsi que l'immense Serge Gainsbourg qui n'était pas réputé pour avoir la langue dans sa poche et avait notamment traîté Catherine Ringer de pute !

Nous parlions justement du photographe et réalisateur David Hamilton dont la réputation est des plus sulfureuse puisqu'accusé d'avoir violé Flavie Flament (l'animatrice oubliée), lequel tourna plusieurs longs-métrages érotiques parmi lesquels, Premiers Désirs dans lequel nous pouvions découvrir la délicieuse Emmanuelle Béart avant que la chirurgie ne gâche son immense beauté. Au titre du cinéaste, spécialisé dans les flous artistiques et l'érotisme chiant, d'autres vedettes du cinéma français firent leur apparition dans plusieurs de ses longs-métrages. Le regretté Bernard Giraudeau dans Bilitis, ou bien encore Élisa Servier, Macha Méril, Fanny Bastien, Catherine Rouvel ou encore Jean Rougerie, tous les cinq aperçus dans Tendres Cousines. Il n'y a là tout de même pas de quoi avoir le palpitant qui s'affole. Bien au contraire, le cinéma de David Hamilton est bien moins scabreux que sa désastreuse réputation...

Pourquoi je n'aime pas particulièrement Arielle Dombasle ? Peut-être parce que l'épouse de Bernard-Henri Levy s'est montrée un peu trop virulente la fois où, invitée de l'émission 40° à l'Ombre (veuillez rectifier si je me trompe), elle a fait part de son mécontentement lors d'une chronique présentée par une jeune animatrice en maillot de bain, laquelle fut renvoyée sur le champ par la chaîne !!! N'oublions-pas tout de même de rappeler que... l'actrice (évitez de pouffer de rire derrière mon dos, je vous prie) fut l'interprète des Fruits de la Passion du cinéaste japonais Shuji Terayama, et dans lequel cette sainte nitouche se faisait prendre par derrière par le cultissime (et déjanté) acteur allemand, Klaus Kinski.

Pour finir, petite émotion personnelle en évoquant la troublante Carole laure, qui outre sa participation à des œuvres signées de Bertrand Blier, Denis Amar, Alain Corneau, John Huston, Jean-Pierre Mocky, ou encore Jean-Charles Tacchella allait apparaître en 1974 dans le très libre et parfois hallucinant Sweet Movie du cinéaste yougoslave Dušan Makavejev. Hallucinant, et assez choquant dans le sens où le cinéaste allait passer un cap dans la sexualité déviante en proposant des thèmes à l'époque, relativement rares, et loin des débordements actuels. Pipi, caca, vomi... heureusement contrebalancés par une Carole Laure nue, se recouvrant de chocolat fondu...

à suivre... ? Peut-être pas, non.

vendredi 9 mars 2018

Gangsters de Olivier Marchal (2001) - ★★★★★★★☆☆☆



Je ne sais combien de longs-métrages tournant autour des gardes à vue ont été tournés de part le monde, mais je suis certain d'une chose : l'un des meilleurs représentants demeure chez nous le Garde à Vue que le cinéaste français Claude Miller réalisa en 1981, admirablement interprété par Lino Ventura, Michel Serrault, et accessoirement Guy Marchand. A savoir qu'un remake intitulé Suspicion a été réalisé en 2000 par le cinéaste américain Stephen Hopkins. Le scénariste et réalisateur italien Giuseppe Tornatore s'essaya à l'exercice treize ans plus tard en 1994 en dirigeant Roman Polanski et Gérard Depardieu dans le très curieux Un Pure Formalité, mais c'est en 2001, et avec son premier long-métrage que l'acteur et cinéaste Olivier Marchal a débarqué en force avec Gangsters. Une première œuvre pour un résultat fort satisfaisant qui malgré son intrigue centrée autour de la garde à vue d'un homme et de sa compagne après qu'un massacre ait eu lieu dans une boite de nuit laisse déjà entrevoir le style d'un cinéaste qui ne cessera de peaufiner son œuvre jusqu'au dernier, et excellent, Carbone.

Pour sa première incartade dans l'univers du thriller, Olivier Marchal plonge Franck Chlevski, un petit truand de longue date et sa compagne Nina Delgado, prostituée, au cœur d'une affaire qui intéresse vivement les membres d'un commissariat situé dans le dix-huitième arrondissement de la capitale française. Le principe est clair. D'un côté, Franck et Nina, accusés d'avoir participé au massacre et d'avoir dérobé quatre-vingt millions d'euros de diamants, de l'autre, les commandants Eddy Dahan, Marc Jansen, accompagnés de plusieurs inspecteurs et chargés de faire la lumière sur cette affaire qui a causé la mort de sept personnes dont le truand 'Petit Claude'.. Durs à cuirs, Franck et Nina restent muets quant à leur participation éventuelle au massacre et au vol des diamants. Usant de méthode radicalement différentes, de celle qu'utilise son principal concurrent Dahan, Jansen, après avoir interrogé le deux suspects décide de passer à l'étape suivante et se montre de moins en moins compréhensif envers le couple qu'il commence à maltraité en compagnie de l'inspecteur 'Rocky'. De plus, Franck soupçonne que parmi les flics du commissariat, certains pourraient avoir un rapport direct avec les événements pour lesquels lui et Nina sont accusé...

Pour un premier film, Olivier réussit à tenir le public en haleine. Un huis-clos très efficace qui prend pour cadre un commissariat avec tout ce que cela peut supposer, surtout lorsque la nuit tombe et que certains flics se sentent d'humeur violente. Entre l'intégrité de certains et les ripoux qui gangrènent la profession, difficile au premier abord de savoir qui respecte l'ordre, et qui, malgré son engagement, a choisi de franchir la frontière entre intégrité et criminalité. Surtout que qu'Olivier Marchal s'offre un casting incroyable. De vraies belles gueules de cinéma aux interprétations interchangeables : outre le couple formé par Richard Anconina et Anne Parillaud, Gangsters nous présente des flics aussi flippants que les criminels qu'ils sont chargés de traquer : la froideur de François Levantal, le regard glaçant de Gérald Laroche, le chien fou Francis Renaud, et dans une moindre mesure, l'apathique (et néanmoins excellent) Guy Lecluse. A voir leur personnage respectif s'acharner sur Franck et Nina, le spectateur finit par se demander ce qui peut bien les séparer au fond, d'un truand comme celui qu'interprète l'épatant Jean-Louis Tribes.

On pourra en revanche regretter certains des quelques flash-back qui émaillent le récit et qui révèlent en partie la 'position' de Franck et Nina dans toute cette histoire. Une manière fort peu convenable d'aborder une facette de l'intrigue et qui amenuise l'impact du twist final. Mais à part ça, Gangsters est vraiment un très bon polar français et une belle entrée en matière pour Olivier Marchal...
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