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mercredi 19 mars 2025

Mon homme de Bertrand Blier (1996) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

J'ai beau être en admiration devant l’œuvre du cinéaste français Bertrand Blier et avoir été aussi bouleversé par sa disparition en janvier dernier que par celle du réalisateur américain David Lynch survenue quelques jours avant lui, il est des films qui passent moins bien le cap de l'émerveillement. Ce n'est d'ailleurs qu'en me remémorant la ''répétition générale'' du Bruit des glaçons que je n'avais pas supporté autrement que par petits bouts avant d'adhérer finalement au concept que je me suis promis d'essayer à nouveau de me plonger dans l'univers des personnages de Mon homme. Une œuvre presque entièrement à la gloire des femmes et de SA femme Anouk Grinberg. Celle qui donna à Bertrand Blier un fils à l'époque où ils vécurent ensemble. De leur union naquit Léonard mais aussi trois longs-métrages. Trois œuvres qui laissèrent sur le carreau certains critiques et firent l'admiration des autres. Du moins pour l'excellent Merci la vie qui, s'il n'est pas le meilleur film de son auteur demeure sans doute l'un des plus tentaculaires dans sa mise en scène et son écriture. Là, Anouk Grinberg y incarnait la jeune Joëlle, causant chez les spectateurs des sensations inédites et presque honteuses vu l'âge que semblait vouloir donner à l'une des héroïnes le cinéaste. Sa voix de petite fille, l'actrice la perpétuera deux ans plus tard, en 1993 avec Un, deux, trois, soleil. Œuvre sans doute mineure chez Bertrand Blier mais qu'on lui pardonnera puisque après cela, il reviendra donc avec Mon homme. Recouvrant ainsi la mémoire des plus anciens souvenirs des cinéphiles qui le découvrirent au moment où sortaient successivement en 1974 et 1976 Les valseuses et Calmos (qui se souvient réellement avoir découvert en 1967 le pourtant génial Si j'étais un espion?), Mon homme est comme souvent chez le réalisateur, scénariste et écrivain français l'occasion de plonger ses protagonistes dans un univers teinté de surréalisme. Un concept pas toujours évident à accueillir dans un foyer lorsque l'on n'est pas habitué au style ''Blier''. Regards face caméra qui interrogent le spectateur, le font complice et même voyeur d'une aventure dont le schéma d'hommage à la Femme n'est pas toujours évident. Un film dans la lignée des plus anciens films de leur auteur qui, il est vrai, sent parfois la naphtaline à force de redondance, de gimmicks, de tics répétés à profusion et ne semble s'adresser qu'à un cercle très restreint de fans ! Anouk Grinberg incarne Marie, jeune prostituée autonome qui vit dans au dernier étage d'un appartement qui accueille chez elle Jeannot. Un clochard qu'elle trouve endormi dans l'entrée de son immeuble et auquel elle propose un repas avant de l'inviter à dormir chez elle, bien au chaud devant un radiateur brûlant. Marie aime l'argent et le sexe. Maris aime aussi les gens dans leur globalité. Succédant à une valse de passes qui voient des acteurs aussi divers que Jacques François, Michel Galabru, Jacques Gamblin ou encore Mathieu Kassovitz monter les six étages menant à l'appartement de la jeune femme pour trouver leur plaisir entre ses bras, Gérard Lanvin débarque vêtu d'oripeaux que l'on devine malodorants mais dont les effluves, cependant, ne semble pas incommoder Marie.


Mon homme fait écho au cultissime Tenue de soirée qu'avait déjà réalisé Bertrand Blier une décennie plus tôt, en 1986. Axant ici le récit autour de deux principaux personnages avant qu'un troisième en la personne de Sanguine (excellente Valeria Bruni Tedeschi) ne vienne s'y rattacher, le film explore les différentes possibilités d'un couple tout en penchant comme à son habitude vers la luxure et l'ascendance de l'homme sur la femme. Drôle d'hommage à la gente féminine diront alors certains. Surtout lors de l’hilarante séance de baffes durant laquelle Jeannot explique à Marie qu'il faut savoir esquiver les gifles. Une séquence très amusante qui préfigure la suite du récit où la cloche une fois rasée, parfumée et apprêtée va prendre de l'assurance et devenir le maquereau de Marie sur demande express de celle-ci !!! Amour, passion, violence et avarice se mêlent dans une histoire passionnée et parfois passionnante entre des individus qui tous n'ont pas forcément le même but. Si Anouk Grinberg se met littéralement à nue, sans la moindre pudeur en faisant ainsi preuve d'un véritable courage et d'une détermination certaine pour son compagnon Bertrand Blier, Valeria Bruni Tedeschi est touchante, fragile, amoureuse, sacrifiant jusqu'à sa pudeur et ses principes pour les beaux yeux d'un Gérard Lanvin toujours plus avide d'argent. Résurgence d'un passé de proxénète dont la fin de carrière tragique le condamna à vivre dans la rue ou nouvel et véritable appétit pour l'argent ? En intercalant le récit de séquences d'interrogatoire trop rares puisque jubilatoires, Bertrand Blier semble nous parler au présent mais aussi au passé. Et pas simplement par le truchement de personnages secondaires dont on regrette la courte présence à l'écran (Sabine Azéma, blaffarde en Bérangère rappelle curieusement Jeanne Moreau en Jeanne Pirolle dans les Valseuses tout en inversant leur point de vue respectif) mais parce que certains actes se présentant comme étant actuels semblent être le reflet d'un passé peu glorieux. Sans être un grand Blier, Mon homme reste une œuvre qui parfois marque d'une empreinte indélébile le spectateur. Le cinéaste offrant ainsi quelques séquences dont la beauté est irréfutable. Filmant les corps, leurs entrelacements et la sensualité de l'acte sexuel avec une force émotionnelle rare. Il faut voir en effet Gérard Lanvin chevaucher Anouk Grinberg sur fond de Beatus Vir op. 38 de Henryk Mikolaj Górecki et ainsi nous bouleverser pour enfin se convaincre que Bertrand Blier n'était pas qu'un sale garnement, provocateur et irrévérencieux. Des décennies après le misogyne Calmos, le réalisateur rendait effectivement un bel hommage à toutes celles qui nous accompagnent dans la vie. Certes, à sa manière faussement maladroite, mais qui aujourd'hui, et depuis sa disparition, oserait encore lui en vouloir... ?

 

jeudi 7 septembre 2023

L'homme debout de Florence Vignon (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'homme debout, c'est la rencontre entre Jacques Gamblin, vieux briscard du cinéma hexagonal et de la trentenaire Zira Hanrot. L'homme debout, c'est aussi la rencontre entre Henri Giffard, un soixantenaire qui depuis toujours travaille comme VRP dans le papier-peint et Clémence Alpharo, une ambitieuse jeune femme qui espère obtenir un CDI dans l'entreprise qui embauche le ''retraitable''. Enfin, L'homme debout, c'est le premier long-métrage de Florence Vignon qui en dehors d'un court-métrage il y a presque un quart de siècle a consacré le plus gros de sa carrière à l'écriture de scénarii. Parmi les réalisateurs avec lesquelles elle a collaboré, un certain Stéphane Brizé, notamment auteur des remarquables drames sociaux La loi du marché en 2015 et En guerre trois ans plus tard. Deux œuvres auxquelles Florence Vignon n'a pourtant pas participé malgré le lien évident qui lie ces dernières avec son premier film. On ne s'étonnera donc pas de la retrouver à l'écriture, basant son récit sur un ouvrage de l'écrivain français Thierry Beinstingel. Il demeure une accointance entre le cinéma de Stéphane Brizé et la venue de Florence Vignon dans le monde de la réalisation. Pourtant, le ton est ici beaucoup plus modéré que chez celui que l'on pourrait considérer de ''mentor'' puisqu'en outre, nous pûmes notamment la découvrir dans Le bleu des villes de Stéphane Brizé en 1999, lequel lui offrit alors le premier rôle. Dans L'homme debout s'entrecroisent les univers de deux individus dont les préoccupations semblent prioritairement d'ordre professionnel. Le premier s'accroche à son métier tandis que son employeur Claude Marcineau (l'acteur Cédric Moreau) exerce sur Clémence une pression en la contraignant de tout entreprendre pour pousser Henri à prendre sa retraite. Passionné par Rimbaud, l'homme aime son métier. La jeune femme, elle, essaie surtout d'obtenir un emploi stable. Quitte à exécuter les ordres de son tyrannique employeur. L'univers du papier-peint colle merveilleusement bien au propos. Il demeure en effet dans cette ''spécialité'' un brin désuète, une façon d'aborder le monde du travail sous un angle parfaitement immoral.


''On a un soucis... Giffard s'est réveillé...''

Claude Marcineau


Jusqu'où peut-on aller pour réussir ? C'est l'une des questions que pose le long-métrage de Florence Vignon. Mais la jeune femme ne s'arrête pas là. La réalisatrice cherche à étoffer ses deux principaux personnages. L'on apprend notamment que le ''vieil homme'' est séparé de sa femme et n'a plus aucune nouvelle de leur enfant tandis que Clémence, elle, vit avec le fantôme de son père disparu, un ancien immigré qui a fuit son pays. L'homme debout multiplie les changements de ton. Entre légèreté et gravité, il confronte parfois ses protagonistes à des questions existentielles. Comme lors de l'affrontement entre la jeune femme et sa sœur Luisa (Carima Amarouche). Nous cataloguerons donc le film comme comédie dramatique même si sur ce dernier point l'on est très loin de la torpeur qui nous emportait parfois chez Stéphane Brizé. Le film ne sait en effet pas toujours sur quel pied danser et Florence Vignon paraît parfois hésiter entre pure comédie et drame social. La tambouille fonctionne parfois mais pas dans son ensemble. La courte durée de L'homme debout explique peut-être la difficulté avec laquelle l'on a du mal à vraiment se passionner par nos deux personnages. L'on retrouve malgré tout le stoïcisme légendaire de Jacques Gamblin et une Zira Hanrot parfois émouvante mais dont le personnage est semble-t-il difficile à cerner. Florence Vignon se joue de ses personnages secondaires dont la plupart, et notamment l'employeur, s'avèrent bien trop caricaturaux pour que l'on puisse réellement les prendre au sérieux. Nous remettrons moins en cause l'interprétation de Jacques Gamblin et de Zira Hanrot que la direction d'acteurs et la mise en scène. Non pas que Florence Vignon ait totalement loupé le coche de la comédie dramatique sociale, mais la concurrence est tellement rude que la comparaison donne malheureusement tort à sa mise en scène. Dommage...

 

jeudi 8 mars 2018

Sélection de 4 films à voir, à revoir... ou à éviter.

Pour commencer, MR73 d'Olivier Marchal. Œuvre crépusculaire. La plus noire de son auteur. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Une attitude parfois assommante malgré l'impeccable interprétation de Daniel Auteuil, dont le personnage de flic alcoolique hanté par l'accident qui a cloué à vie son épouse sur un lit d’hôpital, est entouré d'un contingents d'enculés. Des flics eux aussi. Il est étonnant d'ailleurs de constater combien l'affrontement flics-voyous n'aura pas lieu. Les bons et les méchants sont du même milieu, portent tous officiellement une arme de service et une plaque de police. On y arrondit ses fins de mois comme on peut, quitte à dérober sur la scène d'un crime, les bijoux de l'une des victimes d'un tueur en série insaisissable. Une 'mature' découverte attachée sur son lit dans une posture indécente, violée, sodomisée, battue à mort. C'est noir, oui, mais ça n'atteint jamais le degré d'intensité du Série Noire d'Alain Corneau ou du Bad Lieutenant d'Abel Ferrara. Surtout à la seconde projection. Mais MR73, ça n'est pas que l'unique récit de Louis Schneider, flic relié à la vie par sa seule épouse végétant tel un quasi-légume à l'hosto. C'est aussi l'histoire parallèle de Justine Maxence, fille d'un couple qui vingt ans auparavant ont été les victimes d'un double homicide barbare perpétré par un certain Subra. Un nom qui rappellera aux amateurs de criminologie française le fameux 'Trio Infernal' et l'affaire Hattab-Sarraud-Subra qui défraya la chronique en 1984. la jeune femme apprend bientôt que le bourreau de ses parents va sortir sous peu de prison. Le lien entre Louis Schneider et Justine Maxence. C'est cette affaire justement, vieille de plusieurs décennies mais que le cinéaste reléguera en fin de parcours alors même que le flic est déchu de tous ses droits de policier après le destin tragique de l'un des rares collègues qu'il conservait encore comme ami. Un bon polar, sombre, nihiliste. Quelques portraits de flics véreux du meilleur tonneau et surtout, un Daniel Auteuil charismatique. Blafard, suant l'alcool, tenant à peine sur ses deux jambes. Il est loin le 'Bébel' des Sous-Doués Passent le Bac. Le troisième long-métrage d'Olivier Marchal est surtout l'occasion pour l'acteur d'offrir l'une de ses meilleures performances. Pourtant, MR73 ne demeure finalement pas le meilleur film du cinéaste ancien flic. On lui préférera sans doute son dernier bébé, Carbone. Plus nerveux, moins existentialiste. Et finalement, tout aussi sombre et désespéré...❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Tiens, puisque j'ai Daniel Auteuil dans la ligne de mire, revenons justement sur l'un des films avec lesquels il attaqua le début des années quatre-vingt : Les Sous-Doués Passent le Bac. Hé, oh ! Ne rigolez pas. C'est con, stupide, léger (très, et même trop), pas intelligent pour un sou, mais qu'est-ce que c'est bon. Et culte surtout. Car en France, on a pas de pétrole, et quand les idées se font la malle on enchaîne les uns derrière les autres, et ce, en quelques années seulement, des longs-métrages dont on pique la majeure partie des idées aux autres. Sauf que Les Sous-Doués Passent le Bac était là avant les autres. Un an avant Le Maître d’École de Claude Berri (oui, oui) avec l'excellent humoriste (mais assez piètre acteur) Coluche, mais également deux avant le déplorable Les Diplômés du Dernier Rang de Christian Gion, lequel a presque plagié le film de Claude Zidi. Vus les résultats désastreux obtenus par l'établissement scolaire privé LOUIS XIV à Paris, la directrice Lucie Jumaucourt (l'excellente Maria Pacôme) décide de réaménager les cours afin qu'un maximum d'étudiants obtiennent leur baccalauréat en fin d'année. Les Sous-Doués Passent le Bac n'est en général qu'une succession de gags assez lourds, pas très fins dans l'ensemble mais l'imagination débordante dont font preuve les étudiants communique une joie et un plaisir au spectateur qui rit devant tant de pitreries et de bêtises. On n'aura jamais vu une telle concentration de cancres en dehors du quotidien des professeurs actuels. Aux côtés de Daniel Auteuil et Maria Pacôme, on retrouve quelques trognes bien connues comme celles de Hubert Deschamp en professeur de mathématiques, d'anglais et de sciences-physiques, Tonie Marshall en prof d'histoire-géographie, mais aussi Féodor Atkine dans le rôle d'un parent d'élève ou encore Michel Galabru en commissaire de police et Richard Bohringer en pion lors d'une épreuve de mathématiques. Un classique de la comédie franchouillarde que l'on pourra aisément cataloguer de nanar...❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔

Direction le Mexique avec le thriller surnaturel Los Parecidos écrit et réalisé par le cinéaste Isaac Ezban. Cette fois-ci, rien à voir avec les deux films précédents si ce n'est que le réalisateur mexicain tente d'entretenir un certain suspens et que certaines situations prêtent à sourire. L'intrigue de ce long-métrage est si étrange qu'il n'a presque aucun équivalent cinématographique si ce n'est la célèbre série de science-fiction américaine The Twilight Zone. Car en effet, les personnages naviguant dans la salle d'attente d'un dépôt de bus d'où ils sont incapables de s'extraire dès lors qu'ils y mettent un pied se retrouvent dans une situation pour le moins étonnante. D'aucun dira d'extraordinaire même. Réalisé en 2015, le film n'a pas connu chez nous de sortie dans les salles mais l'entreprise américaine NETFLIX le propose depuis le 12 mai 2017 en flux continu sur Internet. Le récit tourne autour d'Ulises et de plusieurs voyageurs enfermés dans le hall d'une station de bus qui vont être les témoins d'événements étranges. Alors qu'une pluie acide redouble d'intensité et que la radio retransmet des informations inquiétantes concernant apparemment d'étranges comportements liés au déluge, à l'intérieur, tout s'emballe lorsqu'un étrange virus semble s'attaquer à tour de rôle aux personnes présentes à mesure que le temps passe. La particularité de ce 'virus' étant de transformer Irene, Martin, Alvaro et les autres non pas en infectés, mais en les transformant en répliques exactes d'Ulises. D'abord soupçonné d'être à l'origine du mal, Ulises est très vite innocenté lorsque les soupçons se portent sur le jeune Ignacio... vraiment très curieux est ce Los Parecidos qui semble sortir de nulle part. Le design général du décor ainsi que l'esthétique apportée à l'image elle-même renvoient l'univers de ses personnages dans les années cinquante-soixante même si cela n'est jamais réellement précisé. Difficile de donner un avis tout à fait objectif devant cet OFNI totalement assumé. Jamais vraiment amusant, jamais totalement angoissant, le film du mexicain a le privilège de posséder une identité propre. Avec un tel scénario, on s’imaginerait presque à rêver de ce qu'auraient pu faire d'une telle histoire, des cinéastes tels que David Lynch ou Alex de la Iglesia. En tout cas, une œuvre intéressante même si elle ne mérite pas encore le statut de film culte...❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔

On termine comme on a commencé; avec un thriller: Le Jour Attendra. Bien que le réalisateur de ce seul long-métrage Edgar Marie ait participer à l'écriture de Les Lyonnais d'Olivier Marchal et de la série Braquo, on ne peut pas dire que ce scénariste et cinéaste français ait fait des étincelles en tournant ce polar interprété par Jacques Gamblin et... Olivier Marchal en 2013. Le film est une mauvaise copie de tout ce qui a déjà été fait avant. Sans une once d'imagination et de talent, Edgar Marie s'imagine tout d'abord marquer les esprits avec une séance d'interrogatoire se voulant sans doute aussi impressionnante que la fameuse scène de la tronçonneuse dans le chef-d’œuvre Scaface de Brian de Palma. Raté. Ensuite, lorsque le français suppose être capable d'imposer aux spectateurs un gunfight au ralenti aussi puissant que ceux de John Woo (A Better Tomorrow, The Killer, Bullet in the Head, Hard-Boiled), là encore, il se trompe. A vrai dire, Le Jour Attendra devrait permettre de promouvoir auprès de ceux qui dénigrent son œuvre en tant que cinéaste, l'Olivier Marchal 'Réalisateur' tant il surpasse en de nombreuses occasions, cet ersatz sans intérêt. L'un des points les plus embarrassant demeure dans la présence de Jacques Gamblin. En effet, qu'a donc été foutre un tel acteur dans ce projet qui n'a d'autre force que de faire involontairement rire devant l'accumulation d'incohérences et de scènes ridicules. Vous l'aurez compris, Le Jour Attendra est très clairement un mauvais film. Mais au vu de la concurrence, l'amateur n'a pas trop de soucis à se faire: le thriller a de beaux jours devant lui...❤❤❤💔💔💔💔💔💔💔

mardi 25 juillet 2017

Père Fils Thérapie ! de Emile Gaudreault (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec Père Fils Thérapie, ça n'est pas la première fois qu'en France un cinéaste adapte une œuvre québécoise. Pour mémoire, Isabelle Duval adaptait en 2013 le film de Ken Scott Starbuck et lui donnait pour l'occasion un nouveau titre, Fonzy. Deux ans plus tard, c'est au tour de Stéphane Meunier de s'essayer à l'exercice du remake en proposant une vision personnelle de La Grande Séduction avec Un Village Presque Parfait. L'année dernière sort sur nos écrans trois jours avant la nouvelle année, Père Fils Thérapie, adaptation française de De Père en Flic de Émile Gaudreault, cette fois-ci signée... Émile Gaudreault !Le cinéaste reprend donc les rennes du projet et le scénario qu'il écrivit à l'origine en compagnie de Ian Lauzon, le québécois le remanie cette fois-ci avec l'aide des français Guy Laurent et de Philippe de Chauveron, lequel est désormais célèbre chez nous pour avoir surtout réalisé Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (la suite étant prévue pour l'année prochaine.
Père Fils Thérapie, c'est tout d'abord un cadre extraordinaire situé dans le par naturel régional du Verdon, et notamment dans les communes de Bauduen, Trigance et Aiguines. Une partie du tournage a été assurée dans les studios « Provence Studios » situés à Martigues. Des décors de rêve pour une comédie légère et plaisante. Le film d' Émile Gaudreault ressemble à ces longs-métrages offrant des cadres estivaux où se retrouvent des vacanciers qui n'ont en commun que le goût de la nature. Sauf qu'ici, il s'agit de thérapie. Seules femmes à bord, Alice Belaïdi (Un Petit Boulot) et Julie Ferrier (Ça se Soigne?) apportent cette petite touche de féminité essentielle à cette œuvre qui tourne autour des conflits opposant des pères à leur fils respectifs.
En toile de fond, une histoire d'enlèvement. Celle d'un flic kidnappé par un dangereux criminel (l'excellent Féodor Atkine). Si les autorités veulent avoir une chance de récupérer leur homme sain et sauf, ils doivent convaincre Charles Perronet, l'avocat du criminel. Perronet entretient des rapports conflictuels avec son fils Fabrice. A tel point que l'épouse de Charles inscrit son époux et leur enfant à une thérapie de groupe axée sur les rapports entre père et fils. Une occasion en or pour la police qui décide d'y envoyer les flics Jacques et Marc Laroche qui eux-mêmes sont père et fils. Afin de se fondre dans le groupe, ils se font passer pour des agents immobiliers. Les deux hommes ont un avantage certain sur leurs collègues : ils ne se supportent pas. Pas besoin alors de faire semblant. Ils n'ont qu'à demeurer le plus naturel possible. En arrière, un binôme constitué de deux policiers, dont Julie Benati, veille à ce que tout se déroule comme convenu.7Lors de la thérapie, chaque membre du groupe va être confronté au mal être que constitue ses rapports, soit avec son père, ou bien avec son fils. Jacques et Marc tentent de se rapprocher de Charles et de Fabrice afin de se lier à eux et pourquoi pas de les convaincre d'aider les autorités à retrouver le policier qui a été enlevé par le client de Charles...

L'idée de départ est assez séduisante avec un Richard Berry que l'on rêve de retrouver aussi hargneux que dans l'épuisant Une Journée de Merde de Miguel Courtois qu'il tourna dix-huit ans plus tôt en 1998, un Jacques Gamblin aussi savoureux dans la comédie que dans le polar, une Alice Belaïdi d'origine algérienne apportant une petite touche d'exotisme, ainsi qu'une Alice Ferrier irrésistible dans le rôle de l'animatrice vouant un véritable culte à son métier. Les seconds rôles prennent une importance presque aussi importante que les principaux interprètes. Waly Dia et Baptiste Lorber campent les fils incompris du duo Berry-Gamblin et le portrait des différents personnages qui accompagnent notre quatuor donne parfois lieu à des situations incroyablement cocasses. Père Fils Thérapie est une sympathique comédie interprétée par de talentueux interprètes capables autant de nous faire rire que de nous émouvoir. Contrat parfaitement rempli...

mercredi 6 avril 2016

A l'Aveugle de Xavier Palud (2010)



Alors qu'elle vient tout juste de rentrer chez elle, Isabelle Royer est tuée par un inconnu. Dès le lendemain, son corps est retrouvé découpé en morceaux et ses proches sont immédiatement interrogés. A commencer tout d'abord par son garde du corps qui affirme que la victime était prête à s'offrir à lui pour ne pas rester seule. La jeune femme était nerveuse, passait des coups de téléphone sans arrêt qui restaient sans réponse. Chaque soir, elle demandait à son garde du corps de fouiller son appartement avant de la quitter. Puis c'est au tour de Gabriel Narvik d'être interrogé. Pourtant aveugle, le commandant Lassalle auquel est confiée l'enquête finit par avoir l'intime conviction que l'homme est responsable de la mort d'Isabelle Royer.

Durant la même semaine, un second meurtre est commis. Cette fois-ci, la victime est un mécène, le milliardaire Sergueï Constantin, qui durant une soirée a invité quelques amis fortunés afin de réunir des fonds au profit d'une association. Lors de la vente d'une Bugati, celle-ci explose avec à son bord son propriétaire. Les explosifs semblent avoir été placés afin que nul autre que lui ne soit tué dans l'explosion. Plus tard, un troisième cadavre est découvert. Et bien que les circonstances soient encore une fois bien différentes, le commandant Lassale est persuadé que les meurtres sont liés et que Narvik en est l'auteur. Reste au policier, soutenu par la jeune et jolie Héloïse, de convaincre les hautes autorités, à commencer par la procureur Rochambeau qui émet des réserves quant à la crédibilités des propos tenus par un homme qui depuis deux ans, demeure anéanti par la mort de sa femme dans un accident de voiture...

A l'Aveugle est un film réalisé par le cinéaste et scénariste français Xavier Palud auquel on doit les films Ils et The Eye, ce dernier étant le remake du film d'épouvante éponyme d'origine hongkongaise. Fin mai 2010, Luc Besson et Orange lancent un site communautaire consacré au cinéma et plus particulièrement au principe du financement participatif, le crowfunding, qui permet aux internautes de financer un projet cinématographique. Bien mal leur en fut pris puisque le film n'attira lors de sa sortie que 230 000. Pas de quoi assurer ne serait-que le remboursement des sommes mises en jeu puisque ceux qui financèrent A l'Aveugle ne récupérèrent que 40% de l'argent qu'ils avaient investie dans le projet.

La faute sans doute à un sujet qui manque d'originalité ou du moins, qui ne tient pas très longtemps la route et ce, malgré la présence des excellents acteurs que sont Jacques Gamblin et Lamberrt Wilson. On retrouve quatre ans après le film d'Olivier Marchal MR 73, ce même type de flic torturé par la mort de sa femme, sauf que cette fois-ci, l'alchimie ne fonctionne pas aussi bien. Le personnage interprété par Gamblin apparaît donc accaparé par ce qui est arrivé à sa femme deux ans plus tôt. Particulièrement convainquant, il parvient à faire ressentir toute la détresse contenue de son personnage tandis que Lambert Wilson campe un tueur froid, éminemment intelligent et surtout déterminé. A l'Aveugle se veut comme l'une de ces œuvres qui cherchent l'inspiration dans le cinéma américain de Michael mann, David Fincher et consorts mais dont la faiblesse du scénario finit pas briser l'intérêt d'une histoire somme toute assez convenue.
Si Xavier palud montre à chaque plan son engouement pour le polar à l'américaine, son histoire est malheureusement cousue de fil blanc et se mord la queue devant l'ineptie et le ridicule de certaines situations. En conservant un peu plus le mystère sur l'identité du tueur, en jouant sur l'apparente incompatibilité entre cécité et actions meurtrières, en approfondissant le duel opposant flic et assassin, et surtout, en évitant de copier ses sources d'inspiration tout en évitant d'en schématiser les codes, le cinéaste aurait sans doute pu faire de son œuvre un produit plus abouti. Reste que produit par l'ogre Luc Besson et le principe du crowfunding, Xavier palud avait peu de chance de produire une œuvre sur laquelle il aurait eu un contrôle total. Une déception...

lundi 21 janvier 2013

Ni A Vendre, Ni A louer de Pascal Rabaté (2011)



"Ce film est vraiment une merde, 28 minutes j'en peux plus, je zappe !!!"
"Nul de chez nul ça m'a fait pensé à un certains film sur un pneu."


Voici le genre de commentaires que certains spectateurs laissent sur le célèbre site Allocine. Des avis négatifs sans arguments, proférés par des personnes qui ne connaissent sans doute du septième art que son aspect le plus attractif, formaté pour attirer des millions de spectateurs en mal d'effets visuels extraordinaire qui en fichent plein la vue et de dialogues familiers et insipides qui parsèment nombre de productions américaines. Ici, nous sommes bien en France, ce pays conspué par une partie de ses habitants, peu reconnaissants envers ce cinéma qui dans la langue de Molière nous a donné tant de chefs-d’œuvre.
Ni A Vendre, Ni A louer peut se voir comme un authentique bijou du septième art comme il peut être considéré comme un ratage complet. Toujours est-il qu'il vaut mieux argumenter de manière objective que d'écrire d'aussi ridicules commentaires, qui n'apportent en plus aucune élément permettant de se faire une idée précise sur l'objet en question.


Pour ma part, j'ai trouvé cette œuvre assez intéressante. Lorgnant du côté du cinéma de Roy Andersson (Chansons Du Deuxième Étage), et même si Ni A Louer, Ni A Vendre ne possède pas l'aspect visuellement magnifique du cinéma du danois, il dégage une vraie poésie à travers des portraits divers. Des personnages qui n'ont rien de véritablement en commun si ce n'est de se retrouver tous dans cette même région de la Bretagne où vont se jouer des tranches de vie courtes et souvent burlesques.


Jacques Gamblin, Maria de Medeiros, François Damiens, François Morel, Dominique Pinon et une foultitudes d'autres acteurs sont conviés à ce fol week-end où tout est permis. De la séance sadomasochiste qui se termine par le vol d'une voiture et l'abandon de "l'esclave" entravé par des menottes aux montants d'un lit, aux deux couples possédant une voiture de marque, de modèle et de couleur identique et qui s'échangent dans le secret épouses et maris, Ni A Louer, Ni A Vendre est absurde. Il n'arrive pas très souvent que l'on se torde de rire devant les abracadabrantes situations créées par le cinéaste-dessinateur Pascal Rabaté mais on sourit en revanche beaucoup. De cette poésie, d'ailleurs, le réalisateur n'en n'est pas avare. Comment par exemple passer à côté de cette partie de Scrabble durant laquelle, l'air de rien, ce couple se remémore en silence mais à travers les mots formés par les pièces du jeu, cet amour qui les a uni et la lassitude qui peut-être est entrée dans leur existence. Beaucoup de finesse et de tendresse se dégagent de cette scène. 
 

Ce qui étonne le plus dans cette comédie exempte de tout dialogues (ceux-ci étant systématiquement remplacés par des onomatopées), c'est la précision avec laquelle chaque scène est tournée. Entre l'interprétation. La mise en place des personnages. Les situations plus incongrues les unes que les autres, filmées dans des lieux aussi grotesques qu'une résidence secondaire de la taille d'une baraque à frites ou dans une supérette dont les rayons sont pratiquement vidés de leurs marchandises par un propriétaire se méfiant des voleurs. Ni A Louer, Ni A Vendre est un émerveillement sans cesse renouvelé. Jusque dans le nom des personnages qui malheureusement, et à cause de l'absence de dialogues, ne nous sont dévoilés que durant le générique de fin. 
 
A part, le film de Pascal Rabaté n'en n'est pas moins un bol d'air frais qu'il fait bon voir surtout en cette période hivernale. A voir et à revoir pour en saisir toutes les subtilités.
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