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mercredi 19 octobre 2022

Mastemah de Didier D. Daarwin (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Ça passe ou ça casse... Ç'aurait pu être les paroles d'une chanson mais c'est surtout ainsi que se positionne d'emblée le scénario du premier long-métrage du réalisateur français Didier D. Daarwin. Casse-gueule, c'est en long, en large et en travers que le bonhomme a échoué dans tous les objectifs qu'il visait. Avec une telle idée derrière la tête, Mastemah avait autant de chance de devenir l’œuvre mythique rêvée du cinéma fantastique hexagonal que le plus ridicule des longs-métrages horrifiques à avoir été signés sur notre territoire. Pas de chance pour lui, le film de Didier D. Daarwin coche la seconde case et a donc tout faux. Du moindre mot jusqu'à la plus infime ponctuation, dialogues, mise en scène et interprétation tombent irrémédiablement dans la gueule béante du grotesque ! Le réalisateur et ses deux scénaristes Thierry Aflalou et Johanne Rigoulot ont tant et si bien l'air de prendre plaisir à pratiquer l'onanisme qu'ils semblent demeurer aveugles devant l'éclatante indigence du synopsis. Un scénario que Didier D. Daarwin s'empresse cependant de transposer à l'écran sans même imaginer par avance le résultat final. Aux commandes du projet, il conduit l'actrice Camille Razat ainsi qu'Olivier Barthélémy à bord d'une voiture sans ceinture et fonce directement droit dans le mur. Le récit est chaotique, un peu trop gourmand en effets et plonge le spectateur en pleine confusion. À trop vouloir en donner à ces derniers pour leur argent, le long-métrage fait autant d'effet sur le cerveau qu'une overdose de foie gras ou de chocolat sur l'organisme ! La présence à l'image de Féodor Atkine dans le rôle du père Sylvain ne rachète malheureusement pas les défauts rédhibitoires dont est perclus Mastemah...


Un long-métrage sur l'hypnose, les croyances religieuses, le Mal ou la schizophrénie. Didier D. Daarwin persiste à vouloir noircir le tableau comme un artiste atteint de démence peignant ses toiles au charbon noir ! Malheureusement, toute cette lourdeur appesantit si bien le propos que l'on finit par très rapidement s'ennuyer et se détacher des personnages. La louable intention du réalisateur à vouloir créer un climat morbide et anxiogène permanent est louable mais au final assez peu effective. L'ambiance transforme la curiosité en calvaire et les quelques détails qui pouvaient encore retenir l'attention s'évanouissent rapidement. Il manque à Mastermah un surcroît de caractérisation quant au contraire, Didier D. Daarwin s'empresse de présenter le personnage de Théo (Olivier Barthélémy) comme un individu hautement inquiétant. Mais l'un des aspects les plus détestables du long-métrage demeure sans doute dans ces visuels saturés de couleurs primaires filmés comme de vieux clips vidéos ringards ou comme des courts-métrages américains underground sans le sou. L'évocation du Diable, du Malin, de Satan, n'a jamais eu l'air aussi ridicule sur grand écran. Un objet d'autosatisfaction rutilant de noirceur où le grotesque le dispute à la franche et involontaire rigolade. Celle des spectateurs qui verront en Mastemah l'occasion de cracher une nouvelle fois sur le cinéma (fantastique) français...

 

vendredi 26 octobre 2018

Les Sous-Doués Passent le Bac de Claude Zidi (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



Bien avant que ne sortent sur les écrans français les deux volets du diptyque formé autour des Profs 1&2 réalisés par l'ancien Robin des Bois Pierre-François Martin-Laval (dit PEF), le cinéma français avait déjà produit un certain nombre de comédies prenant pour cadre l'enseignement. Du très pathétique Les Diplômés du Dernier Rang de Christian Gion sorti en 1982, jusqu'aux cultes P.R.O.F.S de Patrick Schulmann (dont on attend toujours une séquelle qui ne sera malheureusement pas réalisée par le réalisateur du premier, décédé prématurément en 2002 à l'âge de 53 ans) et Les Sous-doués de Claude Zidi. C'est sur ce dernier que j'ai choisi de me pencher aujourd'hui. L'un des rares fleurons d'un genre qui a souvent bien du mal à passer les années. Alors bien sûr, le film de Claude Zidi a pris quelques rides. Mais au regard de celui réalisé deux ans plus tard par Christian Gion, Les Sous-doués parvient à conserver son honorable seconde place dans le domaine (après celui de Patrick Schulmann, bien entendu). Avant de devenir l'un des plus charismatiques acteurs hexagonaux, Daniel Auteuil fut l'interprète d'un flot de comédies pas toujours convaincantes. Pourtant, sa physionomie, à l'époque, le prédispose à ce genre de rôle. Réunis autour de lui, une sacrée bande de cancres qui trouvent davantage de fierté à redoubler leur année tandis que pour la directrice du cours Louis XIV (incarnée par la toujours excellente Maria Pacôme), il s'agit de relever le niveau des enseignements, et par conséquent les notes de ses élèves car avec un taux de 0% de réussite, son école détient le record absolu en terme d'échec.

Parmi les acteurs secondaires notables, on remarquera la présence de Gaëtan Bloom que les amateurs de prestidigitation connaissent forcément. Remarqué dans le films de Claude Zidi pour ses tours de magie, il fut l'élève du célèbre Dominique Webb et ami avec Gérard Majax. Outre Maria Pacôme, dans le rôle des professeurs, nous retrouvons l'acteur Hubert Deschamps, ainsi que l'actrice Tonie Marshall qui depuis une trentaine d'années est passée à la réalisation avec quelques longs-métrages notables (Vénus beauté (institut) en 1998). Féodor Atkine y apparaît dans le rôle d'un parent d'élève et quant à Mohamed Zinet, que l'on a notamment pu voir dans le rôle d'un ouvrier arabe dans le prophétique Dupont Lajoie d'Yves Boisset (prophétique puisqu'à la suite du tournage, l'acteur fut la victime d'une agression raciste), il incarne le rôle de Mustapha, un terroriste dont la mission va faire l'objet d'un quiproquo avec les élèves du cours Louis XIV. Dans le rôle du flic retors en inimitié avec les élèves, l'acteur Michel Galabru. Quant à Richard Bohringer, il apparaît en pion lors de l'épreuve du bac à la fin du film.

Trente-huit ans après sa sortie, Les Sous-doués demeure une excellente comédie dont les innombrables gags fonctionnent encore. Surtout parmi les quarantenaire et les cinquantenaires qui à l'époque étaient en âge de s'identifier à l'un ou l'autre des personnages. Film voué à devenir culte aux côtés de P.R.O.F.S, l’œuvre de Claude Zidi est le porte-drapeau de l'anticonformisme enseignant et éducatif (les parents complices de leurs rejetons lors de l'épreuve du Bac). Qui opposait au film de Patrick Schulman, une vision différente mais pas si éloignée que cela (chez Schulman, les rôles étaient inversés). Mais Les Sous-doués ne serait sans doute pas devenu le film culte qu'il est sans la présence de la machine à apprendre à l'intérieur de laquelle les élèves subissent un véritable interrogatoire (lavage de cerveau?) L'un des symboles immuables d'un petit film qui grâce à son aura apportée par son public, est devenu un classique... justifié, ou pas. Devant le succès du film, Claude Zidi réalisa une suite intitulée Les Sous-doués en Vacances dès l'année suivante en 1981...

vendredi 15 juin 2018

Ville à Vendre de Jean-Pierre Mocky (1991)



A moussin, petite ville minière, c'est la fête. Tous les habitants sont réunis autour des administrés. Et notamment la pharmacienne Delphine Martinet qui promet de faire des révélations importantes lors d'un communiqué. Mais avant d'avoir pu s'adresser à ses concitoyens, elle est victime d'un malaise. Le Docteur Picoud propose au maire Rousselot de ramener Delphine chez elle. Mais alors qu'ils se trouvent à bord de la voiture du médecin, ils sont victimes d'un accident lors duquel la vieille femme meurt.

Un accident qui apparaît étrange aux yeux d'Orphée, un ancien informaticien qui a fermé sa société et a plié bagages pour prendre la route. Le Capitaine de gendarmerie Montier est chargé d'enquêter sur la mort suspecte de Delphine mais devant la vacuité du personnage, Orphée décide de mener sa propre enquête, accompagné par Elvire, une proche amie de la victime. C'est alors qu'en décidant d'exhumer le corps de Delphine enterrée tout récemment, les deux « enquêteurs » constatent que le cercueil est vide. De plus, de coups de téléphones étranges sont passés par une personnes qui affirme être Delphine.

De nouveaux meurtres vont bientôt secouer la ville de Moussin...

En 1991, Jean-Pierre Mocky réalise pas moins de quatre films dont cette Ville à Vendre très curieuse. A vouloir en faire tant, le cinéaste en a oublié l'essentiel : soigner son œuvre. Car même si la distribution est de haute volée (Tom Novembre, Michel Serrault, Richard Bohringer, Féodor Atkine, Daniel Prevost, Michel Constantin, Darry Cowl, Bernadette Lafont, Dominique Lavanant, Philippe Léotard, Jacqueline Maillan, Valérie Mairesse, Eddy Mitchell) la direction et la mise en cène font peur à voir.

Ou bien s'agit-il simplement d'un problème d’accoutumance envers le cinéma de ce cinéaste français à part. Des moyens trop peu importants et un casting d'actrices et d'acteurs secondaires qui frise l'embauche à la foire du trône. Jean-Pierre Mocky a en effet l'habitude de débaucher des personnages au physique assez particulier. Histoire de donner leur chance à des individus qui n'auraient sinon sans doute aucune chance de se voir immortaliser sur pellicule ailleurs.

L'ambiance du film elle-même est des plus étranges. Ville imaginaire plantée dans un cadre sinistre et prête à s'écrouler sous sa propre masse, elle abrite une population massive de chômeurs qui s'accommode sans soucis des indemnités qu'elle touche.

Malgré les défauts du film, qui sont nombreux (interprétation limite, mise en scène faiblarde et scénario alambiqué), il faut avouer qu'à mesure que l'histoire déroule son fil, on finit par s'habituer au style particulier de Jean-Pierre Mocky. On finit même par oublier les défauts récurrents de son œuvre. Et ce, grâce sans doute aux acteurs qui font tout pour que tienne la route cette histoire dont la vérité éclatera évidemment à la toute fin. Jean-Peirre Mocky à fait mieux dans sa carrière. Il a fait pire aussi. C'est pourquoi Ville à Vendre mérite tout de même que l'on s'y attarde, ne serait-ce que pour l'incongruité de son histoire et le cynisme permanent dans lequel le film baigne...




mercredi 7 mars 2018

Money de Gela Babluani (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Quand on vous dit que l'argent ne fait pas le bonheur... certains auraient dû en prendre de la graine et envisager ce proverbe comme unique alternative. Money prouve que le pognon n'y contribue même pas. Ou du moins, à l'issue d'un long chemin de croix qui vous abandonnera à votre sort. Seul, sans amis, sans famille, contraint à l'exile. Au lieu d'aller cambrioler une mallette remplie d'argent sale appartenant à un notable, Danis et ses amis Eric et Alexandra auraient mieux fait de regarder Série Noire d'Alain Corneau, l'un des monuments en matière de polar français, en tout cas, depuis sa sortie en 1979, jamais égalé. Money est peut-être l'un des meilleurs descendants du cauchemar paroxystique pour lequel l'immense Patrick Dewaere livra une performance inoubliable. La relève est dorénavant assurée grâce à George Babluani et Vincent Rottiers qui campent ces deux jeunes imbéciles qui croyaient sans doute faire leur bonheur en volant l'argent douteux d'un notable (excellent Louis-Do de Lencquesaing). Money est un thriller aussi noir qu'une nuit sans Lune, aussi violent qu'un raz de marée, et aussi redoutable qu'un uppercut.

Pourtant, le principe est des plus simple : trois jeunes havrais sans avenir certain évoquent l'idée de pénétrer la luxueuse demeure d'un secrétaire d'État à la morale plus que douteuse afin de lui dérober une très grosse somme d'argent. Alors que le long-métrage démarre par un flagrant délit concernant une cargaison de deux tonnes de drogue, il ne s'agit en fait que d'un événement assez rapidement relayé aux oubliettes puisque l'intrigue, se resserrera autour du trio formé par Danis, et les frère et sœur Eric et Alexandra. Le braquage, comme on peut s'en douter, prendra un virage inattendu pour nos trois cambrioleurs inexpérimentés. Le film de Gela Babluani s'inscrit dans une échelle de temps n'excédant pas la dizaine d'heures qui séparent le crépuscule d'une journée de l'aube suivante. Plus la nuit avance, et plus l'avenir proche de nos trois jeunes adultes est incertain. Entre huis-clos et chasse à l'homme au cœur d'une nuit opaque, Money déroule l’implacable scénario que le cinéaste a lui-même écrit.

Il aura fallut cinq semaines à Gela Babluani pour tourner l'un des polars les plus efficaces du moment. La preuve que le cinéma français, en la matière, n'a pas à rougir face à la concurrence américaine, scandinave, japonaise ou sud-coréenne. Aussi discrète soit-elle, la musique du compositeur et pianiste français Jean-Michel Bernard s'intègre parfaitement et participe au climat délétère qui imprime le long-métrage. Le montage, sans être abusivement nerveux, façonne quant à lui un rythme suffisamment enlevé pour que les scènes, les événements, s'enchaînent sans que le spectateur n'ait à aucun moment à souffrir de la moindre lassitude. Les amateurs de thriller reconnaîtront au passage la présence de deux des interprètes de l'efficace Taken que Pierre Morel réalisa il y a de cela dix ans tout rond : le français Olivier Rabourdin qui une fois de plus incarne un personnage aux contours assez troubles, ainsi que l'excellent acteur albanais Arben Bajraktaraj. On notera également la présence des toujours aussi épatants Féodor Atkine et Benoît Magimel. Money demeure donc une totale réussite qui mérite que l'on s'y penche, que l'on soit amateur du genre ou pas.
Allez, juste pour évoquer le(s) « petit(s) truc(s) » qui pourrai(en)t empêcher le film de devenir un classique du polar à la française, je reprocherai juste aux interprètes de réciter leur texte en chuchotant comme s'ils craignaient que les voisins ne les entendent. En intérieur, cela peut se comprendre, mais dehors, à l'écart de tout, cela reste épuisant de devoir tendre l'oreille en permanence pour comprendre ce que chuchotent les personnages. De plus vous pourrez constater la laideur de l'affiche... A part ces menus détails, rien à redire, louez Money, achetez-le, mais surtout, ne le volez pas. Vous risqueriez de connaître un sort similaire à celui de nos trois jeunes héros...

lundi 27 novembre 2017

Grand Froid de Gérard Pautonnier (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après deux court-métrages datant respectivement de 2004 (Chippendale Barbecue) et 2015 (L'étourdissement), le cinéaste français Gérard Pautonnier signe en 2017 son premier long-métrage. Une comédie noire. Ubuesque, et (presque) digne des meilleurs productions scandinaves si une légère baisse de fatigue ne s'était pas faite ressentir dans la dernière demi-heure. Le titre choisit par le cinéaste, Grand Froid, peut être à loisir mis en relation avec l'ambiance du film (plutôt austère). Le cadre (le décor enneigé d'une petite ville imaginaire (?) située au milieu de nulle part), ou le type d'humour employé ici, largement plus sombre que la plupart des comédies françaises qui nous sont habituellement proposées. Sur un scénario de Gérard Pautonnier et de l'écrivain Joël Egloff, Grand Froid déroule un intrigue absurde. Le sujet s'y prêtant particulièrement bien, on y découvre Edmond Zweck, propriétaire de pompes funèbres à l'agonie, lequel emploie à son compte Georges, qui travaille dans ce domaine depuis quarante ans, ainsi que le jeune Eddy qui débute dans le métier.
Alors que la neige a recouvert de son blanc manteau cette petite bourgade où il ne se passe rien, Edmond annonce à Georges qu'il ne pourra pas le payer ce mois-ci. Pourtant, et alors qu'ils sont aux aboies, un coup de téléphone va leur redonner espoir : Un homme vient de mourir et son frère ainsi que son épouse ont choisi les pompes funèbres d'Edmond afin d'assurer le transport du défunt jusqu'à sa dernière demeure. Mais dans ce décor de fin d'année, rien ne va se dérouler comme prévu...

Au sommet de l'impressionnant casting, Jean-Pierre Bacri, cet immense artiste à la carrière exemplaire. Dramaturge, comédien de théâtre, scénariste, acteur de cinéma, il nous revient en 2017 en pleine forme. Du moins tel est le cas de l'interprète car le personnage qu'il est censé interpréter apparaît fatigué. En fin de route. Affublé d'un postiche et le teint blafard, Bacri nous apparaît à l'écran semblable à un vampire. A ses côtés, l'acteur français Arthur Dupont qui à trente-deux ans a déjà plus de vingt-cinq films à son palmarès et une vingtaine de participations à diverses séries et téléfilms. Autour de ces deux excellents interprètes orbitent Olivier Gourmet (dans le rôle d'Edmond), Marie Berto (dans celui de la veuve), mais également les incontournables Philippe Duquesne, Sam karmann en prêtre, ou encore le génial Féodor Atkine dans un rôle pour le moins, étonnant !

L'ombre du cinéma scandinave plane sur Grand Froid. Le cadre y aidant aisément, ainsi que l'humour pince sans rire employé par Gérard Pautonnier. Le cinéaste semble également convoquer les Frères Coen, et notamment leur superbe Fargo, lequel imprègne l’œuvre du français de cette même étrange aura. Un cadre presque surréaliste, dans lequel les personnages semblent en suspension, du moins, dépassés par les événements auxquels ils sont confrontés. On ne rit jamais vraiment aux éclats. Mais le sourire est de mise, d'autant plus que bon nombre de situations totalement absurdes bénéficient de l'excellente interprétation de ses différents protagonistes.
Malheureusement, on ressent comme une cassure à l'arrivée de la seconde moitié du long-métrage à peine entamée. Gérard Pautonnier tente vainement de maintenir le rythme, mais malgré sa courte durée (1h26m), Grand Froid finit par devenir ennuyeux au point que l'on se désespère qu'il arrive à terme. C'est d'autant plus dommage que le scénario était particulièrement prometteur. Reste que Grand Froid demeure une tentative honnête et un premier long-métrage courageux. Malgré ses défauts, il aura certainement éveillé la curiosité des cinéphiles qui attendront désormais Gérard Pautonnier au tournant...

mardi 25 juillet 2017

Père Fils Thérapie ! de Emile Gaudreault (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec Père Fils Thérapie, ça n'est pas la première fois qu'en France un cinéaste adapte une œuvre québécoise. Pour mémoire, Isabelle Duval adaptait en 2013 le film de Ken Scott Starbuck et lui donnait pour l'occasion un nouveau titre, Fonzy. Deux ans plus tard, c'est au tour de Stéphane Meunier de s'essayer à l'exercice du remake en proposant une vision personnelle de La Grande Séduction avec Un Village Presque Parfait. L'année dernière sort sur nos écrans trois jours avant la nouvelle année, Père Fils Thérapie, adaptation française de De Père en Flic de Émile Gaudreault, cette fois-ci signée... Émile Gaudreault !Le cinéaste reprend donc les rennes du projet et le scénario qu'il écrivit à l'origine en compagnie de Ian Lauzon, le québécois le remanie cette fois-ci avec l'aide des français Guy Laurent et de Philippe de Chauveron, lequel est désormais célèbre chez nous pour avoir surtout réalisé Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (la suite étant prévue pour l'année prochaine.
Père Fils Thérapie, c'est tout d'abord un cadre extraordinaire situé dans le par naturel régional du Verdon, et notamment dans les communes de Bauduen, Trigance et Aiguines. Une partie du tournage a été assurée dans les studios « Provence Studios » situés à Martigues. Des décors de rêve pour une comédie légère et plaisante. Le film d' Émile Gaudreault ressemble à ces longs-métrages offrant des cadres estivaux où se retrouvent des vacanciers qui n'ont en commun que le goût de la nature. Sauf qu'ici, il s'agit de thérapie. Seules femmes à bord, Alice Belaïdi (Un Petit Boulot) et Julie Ferrier (Ça se Soigne?) apportent cette petite touche de féminité essentielle à cette œuvre qui tourne autour des conflits opposant des pères à leur fils respectifs.
En toile de fond, une histoire d'enlèvement. Celle d'un flic kidnappé par un dangereux criminel (l'excellent Féodor Atkine). Si les autorités veulent avoir une chance de récupérer leur homme sain et sauf, ils doivent convaincre Charles Perronet, l'avocat du criminel. Perronet entretient des rapports conflictuels avec son fils Fabrice. A tel point que l'épouse de Charles inscrit son époux et leur enfant à une thérapie de groupe axée sur les rapports entre père et fils. Une occasion en or pour la police qui décide d'y envoyer les flics Jacques et Marc Laroche qui eux-mêmes sont père et fils. Afin de se fondre dans le groupe, ils se font passer pour des agents immobiliers. Les deux hommes ont un avantage certain sur leurs collègues : ils ne se supportent pas. Pas besoin alors de faire semblant. Ils n'ont qu'à demeurer le plus naturel possible. En arrière, un binôme constitué de deux policiers, dont Julie Benati, veille à ce que tout se déroule comme convenu.7Lors de la thérapie, chaque membre du groupe va être confronté au mal être que constitue ses rapports, soit avec son père, ou bien avec son fils. Jacques et Marc tentent de se rapprocher de Charles et de Fabrice afin de se lier à eux et pourquoi pas de les convaincre d'aider les autorités à retrouver le policier qui a été enlevé par le client de Charles...

L'idée de départ est assez séduisante avec un Richard Berry que l'on rêve de retrouver aussi hargneux que dans l'épuisant Une Journée de Merde de Miguel Courtois qu'il tourna dix-huit ans plus tôt en 1998, un Jacques Gamblin aussi savoureux dans la comédie que dans le polar, une Alice Belaïdi d'origine algérienne apportant une petite touche d'exotisme, ainsi qu'une Alice Ferrier irrésistible dans le rôle de l'animatrice vouant un véritable culte à son métier. Les seconds rôles prennent une importance presque aussi importante que les principaux interprètes. Waly Dia et Baptiste Lorber campent les fils incompris du duo Berry-Gamblin et le portrait des différents personnages qui accompagnent notre quatuor donne parfois lieu à des situations incroyablement cocasses. Père Fils Thérapie est une sympathique comédie interprétée par de talentueux interprètes capables autant de nous faire rire que de nous émouvoir. Contrat parfaitement rempli...
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