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jeudi 23 juillet 2026

La course à l'échalote de Claude Zidi (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir collaboré en 1974 sur La moutarde me monte au nez, le trio Claude Zidi, Jane Birkin et Pierre Richard se retrouvent un an plus tard sur le tournage de La course à l'échalote. Et si même leur première collaboration fut un succès, cette énième comédie du réalisateur et scénariste français n'est que trop rarement à la hauteur des attentes des fans de Pierre Richard. Trop farfelue mais aussi et surtout beaucoup moins amusante que le futur Bête, mais discipliné qui cette fois-ci mettra en scène Jacques Villeret en 1979, La course à l'échalote assemble tant de séquences, tant de péripéties qui n'ont ni queue ni tête que le film devient rapidement pesant. Contrairement à Bête, mais discipliné qui justement s'emploiera lui aussi à mettre en scène un bidasse dans un cortège de séquences improbables mais qui pourtant fonctionneront davantage... Le septième long-métrage de Claude Zidi met donc en scène pour la seconde fois le duo Jane Birkin/Pierre Richard. Cette fois-ci, l'actrice franco-britannique incarne Janet, une jeune employée de salon de coiffure qu'épie quotidiennement aux jumelles le fondé de pouvoir de la 20th Century Bank Pierre Vidal (Pierre Richard) auquel le directeur va très bientôt confier la direction pour une semaine pour cause de départ en vacances. Une confiance méritée pour un employé consciencieux qui va pourtant vivre une aventure à laquelle lui et sa petite amie Janet n'étaient pas préparés. En effet, tandis que l'homme d'affaire Bertrand de Rovère (l'acteur Claude Dauphin que l'on a pu notamment découvrir dans L'important c'est d'aimer d'Andrzej Żuławski, Le locataire de Roman Polanski ou encore Le pion de Christian Gion) a déposé quelques jours auparavant une mallette contenant un acte de cession des parts d’une société organisatrice de spectacles en blanc dans son coffre personnel, un hold-up a lieu le dernier jour d’intérim de Pierre Vidal visant directement le document en question. Rapidement soupçonné par le commissaire Brunet (excellent Michel Aumont), Pierre reçoit en outre la visite de Bertrand de Rovère qui désire retirer la mallette. Nous sommes le vendredi en fin de journée et Pierre fait tout pour retarder l'ouverture du coffre lorsque l'heure de fermeture de la banque arrive. Menacé par l'homme d'affaire qui le prévient de représailles si jamais le document a disparu à la réouverture le lundi suivant, Pierre n'a que deux jours pour retrouver les voleurs et pour mettre la main sur la mallette et les documents qu'elle contient...


Il est curieux de constater combien certaines comédies purent nous laisser d'impérissables souvenirs et se transformer au fil des décennies en une accumulation de séquences potaches pas franchement drôles. En bref, tout l'art d'un Claude Zidi qui mettra bien cinq années avant de proposer autre chose que des comédies franchouillardes de qualité plus ou moins médiocre. Car en attendant L'aile ou la cuisse, La zizanie, Les sous-doués (ou comment transformer une comédie scolaire nanardesque en film culte), Inspecteur la Bavure, les deux premiers volets de la saga Les ripoux, La totale ! ou le thriller Profil bas avec Patrick Bruel, il aura fallut ingurgiter d'innombrables gags bas du front même si certains d'entre eux font incontestablement partie du patrimoine français comme les quelques longs-métrages réalisés autour des Charlots comme Les fous du stade et Le grand Bazar (pour ne citer que les deux plus digestes des quatre que Claude Zidi tournera avec la troupe notamment formée autour de Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner). S'agissant de La course à l'échalote, toute la partie se situant à l’intérieur de la banque reste très convenable. L'on peut y apprécier les quelques gaudrioles proposées par un Pierre Richard égal à lui-même (le coup de la cuvette des toilettes). Pour le reste, entre la trop longue et pénible séquence du train et du ferry et le délire à peine descriptible qui la succède jusqu'au terme du récit, on pourra louer l'inventivité sans cesse renouvelée de Claude Zidi et des scénaristes Michel Fabre et Jean-Luc Voulfow et pourtant, c'est avec une certaine lassitude que l'on assiste à un débordement de gags au final fort peu distrayants. Au regard de la filmographie de Pierre Richard dont les propres longs-métrages ou les comédies d'Yves Robert, de Gérard Oury et de Francis Veber ont toujours été le signe d'une comédie française de qualité, Claude Zidi, et notamment à travers La course à l’échalote, témoigne d'une médiocrité relativement embarrassante. Notons enfin que Jane Birkin et Pierre Richard se retrouveront presque vingt ans plus tard sur le tournage de Mariées mais pas trop de Catherine Corsini pour une troisième et dernière collaboration...

 

mercredi 22 juillet 2026

Bête mais discipliné de Claude Zidi (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Je dois dire que je m'attendais à tout sauf à ça ! Avec son titre qui fleure bon la comédie franchouillarde réalisée par un cinéaste capable du meilleur (Les ripoux, L'aile ou la cuisse, Association de malfaiteurs, La totale !, Profil bas) comme du pire (Les bidasses en folie, Les bidasses s'en vont en guerre, Ripoux 3), Bête mais discipliné mérite mieux que la cascade de critiques négatives qu'il se prend en pleine tronche depuis sa sortie en salle en 1979. Comme à son habitude, Claude Zidi signe une comédie survoltée, plus proche du nanar que des classiques du genre que son principal concurrent Gérard Oury réalisait à la même époque. Et pourtant, Bête mais discipliné dissipe un parfum de générosité qui n'appartient justement qu'à cette catégorie de films sans prétentions. Probablement écrit sur un coin de table un soir de beuverie en compagnie du scénariste Michel Fabre, le dixième long-métrage du réalisateur français enchaîne les séquences improbables dans un gloubiboulga qui convoque autant la comédie que l'espionnage ou la science-fiction. Démarrant comme une piètre comédie façon ''bidasses'' présentant un Jacques Villeret/Jacques Cardot en souffre-douleur de trois camarades de chambrée incarnés par Gérard Lanvin, Daniel Auteuil et le moins connu Pascal Benezech, le film vire au grand fourre-tout lorsque à défaut de pouvoir assurer la soirée qu'il a prévu de passer avec la charmante Sylvie Collin (Kelvine Dumour), notre héros, plus timide et maladroit que véritablement bête, est contraint par l'intransigeant agent secret de l'armée française Stévenin (Michel Aumont) de conduire une ambulance à l'arrière de laquelle se trouvent un scientifique (Dimitri Rafalsky dans le rôle du professeur Pavlov) et une mallette renfermant un gaz de son invention aux priorités étonnantes. En effet, celui-ci étant capable d’annihiler toute volonté humaine, il intéresse de très près les autorités qui décident alors de secrètement le transporter à bord de la dite ambulance. Ne l'entendant pas de cette oreille là, Jacques se débrouille pour endormir Stévenin et le professeur Pavlov lors du trajet afin de faire demi-tour et rejoindre sa bien-aimée. Mais à son arrivée, l'amoureux transit découvre que la jeune femme à prévu de passer la soirée avec un autre homme, le champion de tennis Patrice Cochy...


Un personnage incarné par Michel Robbe que les plus anciens connaissent bien puisqu'il fut surtout l'animateur de La roue de la fortune entre janvier et septembre 1987 sur TF1 avant de présenter les émissions La porte magique, En route pour l'aventure ainsi que Mémorama sur feu La Cinq... Une bonne grosse partie se déroule alors à l'hôtel des Thermes où bosse justement Sylvie et où Stévenin va louer une chambre afin d'espionner un couple de personnes âgées qui selon Jacques aurait dérobé la mallette renfermant le précieux gaz ! Commence alors une aventure pleine de péripéties aussi burlesques qu'invraisemblables, Michel Aumont passant le plus clair de son temps à naviguer entre les différents étages à travers les conduits d'aération de l'hôtel. Jacques faisant ensuite connaissance avec le joueur de tennis Patrice Cochy. Lequel reçoit la visite impromptue de sa sœur Ingrid qu'interprète la géniale et exubérante Catherine Lachens. Et le trio rejoignant enfin la charmante Sylvie pour un dîner pittoresque ! Bête mais discipliné part vraiment dans tous les sens et ce, pour le bonheur des amateurs de nanars à la française. Moins ''conne'' qu'elle n'en a l'air, l'écriture du film semble en outre avoir été mûrement réfléchie et s'impose non pas comme une vulgaire franchouillardise à la manière d'un Philippe Clair mais plutôt comme une somme d'idées compilées de manière il est vrai un peu farfelue. Cette fantaisie signée de Claude Zidi, pour le coup, mériterait presque le statut de comédie culte. D'autant plus que bien avant d'avoir signé un remake musclé de La totale ! avec True Lies, le cinéaste américain James Cameron semblait s'être déjà inspiré du cinéma de Claude Zidi pour Terminator. En effet, tandis que tout s'emballe, débarque l'acteur René Van De Val qui cinq ans avant Arnold Schwarzenegger s'affiche à l'écran avec une main en métal et un globe oculaire électronique de couleur rouge ! Bref, voilà une sympathique comédie française de la fin des années soixante-dix, pas piquée des hannetons et qui restera finalement comme l'une des plus délirantes de son époque...

 

samedi 2 novembre 2024

Cycle Les Charlots: les bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi (1974)



A force de passer leur temps au trou, Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy sont encore à l'Armée, scrupuleusement surveillés par le sergent Bellec qui ne cesse de leur infliger des corvées. Sujets d'une très jolie lieutenante et psychologue, ils passent des tests et obtiennent d'elle que leurs supérieurs fassent preuve d'affection en leur donnant des responsabilités. Le sergent Bellec propose alors à la lieutenante de leur confier une tâche à l'antenne de secourisme militaire. Là, les quatre compagnons vont servir de cobayes afin de faire découvrir aux citoyens les méthodes médicales employées par l'Armée.
Maintenant que la lieutenante-psychologue est repartie, Bellec renvoie les Charlots en prison. Le dimanche suivant, le colonel lui demande de leur confier le remplissage du poêle à fioul de sa luxueuse demeure. Mais rien ne va se dérouler comme prévu et pour punir les quatre soldats, Bellec va à nouveau renvoyer Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy en prison. Ceux-ci vont cependant parvenir à s'enfuir grâce à l'aide involontaire d'un camionneur et vont se réfugier dans une ferme prisée par l'Armée et que la plantureuse propriétaire refuse d'abandonner. Mais très vite, le colonel et ses subalternes décident de lancer l'assaut. C'est ainsi que les Charlots choisissent de défendre la ferme et ses occupants face l'armée qui avance sur eux...

Un an seulement après Le Grand Bazar et trois ans après Les Bidasses en Folie, le cinéaste Claude Zidi et les acteurs-chanteurs-humoristes, Jean-Guy Fechner, Gérard Filipelli, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus se retrouvent à nouveau pour cette suite désignée sous le titre Les Bidasses s'en vont en guerre. On retrouve donc le quatuor affublé de treillis et cette fois-ci obligé de passer sous la tondeuse. Coiffés courts, Jean Sarrus porte pour la toute première fois à l'écran une moustache qu'il ne quittera plus. Le film a partiellement été tourné en Côte d'Or et le bâtiment censé représenter une caserne militaire est en fait un établissement scolaire situé dans la ville de Dijon.

Comme pour son prédécesseur, Les Bidasses s'en vont en guerre est une accumulation de gags lourds et parfois foireux mais dans l'ensemble, le film s'en sort relativement bien et demeure supérieur aux Bidasses en Folie. Outre les Charlots et l'irremplaçable Jacques Seiler dans le rôle du sergent Bellec, on peut voir l'actrice Myriam Boyer dans celui de la fille de paulette, la propriétaire de la ferme.
Plus encore que pour le premier opus, cette suite s'en donne à cœur joie dans les scènes cultes inoubliables. Même si elles ne volent pas toujours très haut, on se souvient encore des nombreuses scènes situées en prison, du bivouac des Charlots (avec sur le dos d'immenses sacs à dos), du champ de tir, des tests effectués par la psychologue sexy (l'actrice Heidy Bohlen), de la revue de paquetage, de la longue scène durant laquelle nos quatre amis sont chargés de remplir le poêle à fioul et des dégâts que cela va générer, et bien sur, de la scène confrontant l'Armée, les Charlots et les villageois.

La bande originale est toujours assurée par les Charlots eux-mêmes. On peut entendre une référence au cinéaste Claude Chabrol au moment où une speakerine annonce la diffusion de son film Les Innocents Aux Mains Sales. A savoir que Les Bidasses s'en vont en guerre est en fait le second volet d'une trilogie qui se clôturera huit ans plus tard avec Le retour des Bidasses en Folie cette fois-ci réalisé par Michel Vocoret...


samedi 12 octobre 2024

Cycle Les Charlots: Le Grand Bazar de Claude Zidi (1973)



Jean, Phil, Gérard et Jean-Guy vivent dans la même cité HLM. Vivant de petits boulots après avoir été renvoyé de l'usine de tondeuses pour incompétence, ils passent le plus clair de leur temps libre dans l'épicerie de leur ami Émile. Jean-guy aide ce dernier à bricoler sa dernière acquisition, une moto. Plus tard, Phil distribue des tracts avant d'aller tester l'engin avec, à sa poursuite, une bagnole et deux motos de la police. Jean livre quant à lui des caisses de bouteilles de lait et de vin rouge. Mais un jour, contre toute attente, un Euromarché s'installe juste en face de la boutique d’Émile.c'est le drame car l'homme sait déjà que les jours de son épicerie sont comptés. Ses quatre amis vont cependant tout faire pour l'aider à conserver son bien et surtout, à retrouver une clientèle qui a fuit vers la concurrence...

Un an après le désastreux Les Charlots Font l'Espagne, Claude Zidi redirige pour la troisième fois les Charlots pour ce qui demeure sans conteste leur meilleur film. Si le principe est identique aux films précédents, il y a dans Le Grand Bazar un je ne sais quoi qui en fait un film fort sympathique ou tout du moins, beaucoup attrayant que celui signé l'année passée par Jean Girault. L’œuvre s'étoffe de quelques apparitions forts judicieuses comme celle de Michel Galabru dans le personnage d’Émile, Michel Serrault en directeur de supermarché, Roger Carel en commissaire-priseur, et l’éternel Jacques Seiler, cette fois-ci dans le rôle d'un commerçant floué par l'arrivée du supermarché avant d'être lui-même employé comme vigile par la concurrence.

L'air de rien, le film de Claude Zidi, derrière son allure de petite comédie bouffonne et sans grandes prétentions distille un message amère sur la société de consommation à travers l'apparition de ces chaînes de magasins qui voient disparaître peu à peu les petits commerces.
Les gags s'accumulent à une vitesse folle. Quelques scènes cultes viennent jalonner un scénario des plus simple : à commencer par celle du travail à l'usine, puis celle de la course-poursuite en moto entre Phil et les policiers. Plusieurs passages se déroulant dans le supermarché situé à Athis-Mons dans l'Essonne, et surtout, la scène durant laquelle l'épicerie d’Émile est mise aux enchères.

Les Charlots, grands pontes du "Nanarchisme", signent une fois encore la bande original du film dont le point d'orgue demeure la scène durant laquelle ils tentent en compagnie d’Émile de se faire une nouvelle clientèle. Se mettant en scène, en redécorant l'épicerie afin de la rendre plus attractive, ils entonnent tous les quatre une œuvre de leur composition : "Music-Boutique". Le Grand Bazar est kitsch, les gags sont lourds, et l'humour franchouillard, et pourtant, il y demeure une fraîcheur qui malgré les années lui ont conservé toute sa spontanéité. Et puis, il suffit de voir le succès remporté par des œuvres telles que Babysitting et sa suite pour se convaincre que l’œuvre et le style des Charlots ont fait des émules, bien des années plus tard...

samedi 28 septembre 2024

Cycle Les Charlots: Les Fous du Stade de Claude Zidi (1972)



Alors qu'ils sont en vacances, Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy meurent de faim. Un chien leur a volé leur jambon et leur estomac crie famine. Heureusement pour eux, l'épicier Jules Lafougasse leur apporte une choucroute et leur propose un marché. S'ils acceptent de remplacer son fils blessé à la tête et de préparer l'arrivée de la flamme olympique au village, il leur fera un prix sur les conserves. Sautant sur l'occasion, les Charlots entrent au village armés de dizaines de drapeaux qu'ils fixent en hauteur. Ils installent sur la place un mat, puis partent récupérer une statue censée représenter le symbole des jeux à venir. Gérard s'est amouraché de Délice, la fille de Jules. Mais lorsque le porteur de la flamme arrive et que le village tout entier est en liesse, Délice tombe sous le charme de l'athlète et délaisse Gérard et son père pour accompagner le bel homme vers le stade où vont avoir lieu les épreuves des jeux olympiques.

Après une tentative de suicide ratée, Gérard accepte de suivre ses trois compagnons jusqu'au site olympique afin de ramener Délice à la raison. Mais les quatre hommes ne sont pas seuls et le père de la jeune femme ainsi que son frère ont bien l'intention de la ramener de force au village...

Premier film des Charlots sans Luis Rego, Les Fous du stade et l'un des plus connus et sans doute, l'un des plus réussis dans leur carrière d'acteurs. Suite de gags apparentés à des sketches, le film engrange à une vitesse effrénée les les situations burlesques. Certaines sont devenues de véritables moments cultes. Le repas au bord de la rivière, le transport de la statue, l'épreuve des spaghettis, et surtout l’anthologique partie consacrée aux jeux olympiques qui va couronner nos quatre Charlots durant les diverses épreuves : course sur piste, marathon, saut à la perche, cyclisme, les gags s’enchaînent les uns derrière les autres. Ce n'est pas toujours très fin, c'est même souvent lourd, mais dans l'ensemble, le plaisir est bien là. C'est du Charlots pur jus. Les amateurs ne seront pas déçus, retrouvant les habituelles singeries du quatuor, les autres apprécieront peut-être enfin le style si particulier de ces quatre personnages désormais fort coutumiers des salles de cinéma.

Gérard Rinaldi est l'éternel amoureux tombant cette fois-ci amoureux de la jolie Délice (l'actrice Martine Kelly). C'est à nouveau Claude Zidi qui met en scène Gérard Rinaldi, Jean Sarrus, Gérard Filipelli et Jean-Guy Fechner. On y croise des têtes bien connues comme celle de Paul Préboist en épicier retord, Guy Lux en commentateur sportif, ainsi que le chanteur Antoine et l'accordéoniste Aimable. Jacques Seiler quand à lui interprète le rôle du directeur sportif de l'équipe cycliste , rappelant ainsi son rôle de sergent dans le film précédent des Charlots, Les Bidasses en Folie. D'ailleurs, Les Fous du Stade fera référence à ce dernier lors d'une scène durant laquelle les Charlots sont pris en stop par un militaire auquel il rétorqueront avoir fait leur service ainsi qu'un peu de taule. Produit par le producteur Christian Fechner, ce dernier fait une courte apparition dans le rôle du tireur du marathon.

Meilleur que le précédent, le film a cependant fait moins d'entrées, passant des sept millions des Bidasses... à cinq millions sept cent mille pour les Fous... soit tout de même une perte sèche de plus d'un million d'entrées. Cela n'empêchera tout de même pas Claude Zidi de sortir dans la même année Les Charlots font l'Espagne. 


samedi 21 septembre 2024

Cycle Les Charlots: Les Bidasses en Folie de Claude Zidi (1971)



Gérard, Jean-Guy, Phil, Luis et Jean quittent travail et famille. Le quintette de musiciens rêve de former un groupe de musique pop du nom de The Tourist, mais n'ayant pas les moyens de s'offrir les instruments de musique nécessaires, ils font appel à Crème qui leur loue un piano, une guitare, une basse et une batterie qui leur permettront de participer à un concours régional. Avec l'aide bienveillante de celle-ci, les cinq hommes remportent le premier prix et sont conviés à participer à un concours beaucoup plus important dans les semaines à venir. Malheureusement pour eux, les responsabilités les rattrapent et ils sont convoqués pour faire leur service militaire. Peu enclins à obéir aux ordres du sergent Bellec, les musiciens têtes en l'air vont lui mener la vie dure. Entraînement au maniement des armes, marche forcée de trente kilomètres et corvées de patates ne viendront pas à bout de Gérard et ses compagnons dont le seul objectif est de se rendre à la date prévue au concours de musique...

Si Les Bidasses en Folie est le second film des Charlots, c'est le premier de Claude Zidi en tant que réalisateur. Le cinéaste qui a rencontré les comiques-musiciens a eut raison de miser sur eux puisque le film attire près de sept millions de spectateurs lors de sa sortie. Si l'on est encore loin d'atteindre les sommets dans la carrière de Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus, Luis Rego et Jean-Guy Fechner, la comparaison entre La Grande Java (film durant le tournage duquel les Charlots et Claude Zidi vont faire connaissance) et Les Bidasses en Folie se juge évidemment au niveau de la mise en scène, les gags, eux, demeurant du même acabit même si l'on note de réels progrès.

Christian Fechner, l'un des plus célèbres producteurs français, aujourd'hui décédé et surtout frère du Charlot Jean-Guy Fechner, fait une courte apparition dans le film. Le succès des Bidasses en Folie lui permet de monter sa propre maison de production. Dès l'année suivante il produit les films dans lesquels apparaissent son frère et ses compagnons de route. Les fous du Stade et Les Charlots font l'Espagne en 1972, mais également Le Grand Bazar en 1973 et Les Bidasses s'en vont en Guerre en 1974. c'est avec Les Bidasses en Folie que Luis Rego tire sa révérence et quitte le groupe pour ne pas être assimilé aux Charlots !

On remarquera la présence de deux groupes de rock français dit progressif dont un précurseur, Triangle, et un bien connu du public, Martin Circus. Chaque groupe interprète l'un de ses plus grands succès lors de la fameuse scène qui voit les Charlots remporter le concours. À leurs côtés, la touche féminine est représentée par l'actrice Marion Game qui s'était faite rare depuis une dizaine d'année avant de revenir à la télévision dans la série à succès Scènes de Ménage. Jacques Seiler, le sergent au crâne rasé du film poursuivra sa carrière d'acteur en apparaissant dans une partie des films dans lesquels joueront les Charlots. Enfin, c'est l'acteur et comédien Jacques Dufilho qui interprète le rôle du colonel. Les Bidasses en Folie demeure un divertissement très léger mais qui relève le niveau excessivement bas de son prédécesseur La Grande Java...

mercredi 3 janvier 2024

La totale de Claude Zidi (1991) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 1994, le réalisateur James Cameron signait True Lies. Un film d'action mâtiné de comédie et d'espionnage dans lequel il offrit le rôle principal à l'acteur Arnold Schwarzenegger qu'il avait déjà dirigé dans Terminator en 1984 et dans sa suite sept ans plus tard. Et bien que le réalisateur et scénariste américain ait écrit lui-même le script de son long-métrage, l'idée originale, il la due au cinéaste français Claude Zidi. En effet, l'existence de True Lies aurait sans doute été remise en question si en 1991 n'était pas sorti sur les écrans de cinéma, La totale !. Une comédie d'espionnage cette fois-ci incarnée par Thierry Lhermitte, lequel était déjà apparu dans l'univers de Claude Zidi dans les deux premiers volets de la trilogie Les ripoux en 1984 et 1990 ainsi que dans Les rois du gag en 1985. Deux ans après Ripoux contre ripoux dans lequel l'acteur partageait la vedette aux côtés de Philippe Noiret, Grace de Capitani, Line Renaud, Michel Aumont, Jean Benguigui, Guy Marchand et Jean-Pierre Castaldi, Thierry Lhermitte endosse le costume de François Voisin que les membres de sa famille croient être un employé des télécoms. Le concept semble reposer sur un principe simple : Qu'au sein d'une même famille, tout le monde peut avoir ses petits secrets... Car comme le spectateur le découvrira tout d'abord dès les premières secondes, le héros de ce récit est en fait un espion qui sous couverture travaille pour Braquet (le chanteur, musicien, compositeur et acteur François Hadji-Lazaro disparu cette année), le chef des services secrets. Épaulé par son collègue Albert Grelleau, un inventeur de génie spécialisé dans les nouvelles technologies qu'incarne le fameux Eddy Mitchell, François cache à sa famille la véritable nature de sa fonction. Mais alors que son épouse Hélène (Miou-Miou) rêve d'une existence plus... '''mouvementée'', celui que tout le monde croit effectuer un métier monotone est actuellement chargé d'espionner le trafiquant d'armes Sarkis (l'acteur Jean Benguigui). Un métier à risque donc, auquel vont venir se greffer des événements dont François se serait bien passé. Non content de découvrir que son fils Julien (Sagamore Stévenin) vole de l'argent dans le manteau de son ami Albert, qu'il ne va plus à l'école depuis un mois et qu'il passe tout son temps dans un hangar à chanter du rap, François découvre en outre qu'Hélène, laquelle rêve d'aventure, entretient des rapports avec un certain Simon qui se prétend être un espion au service de la nation.


Incarné par l'humoriste et acteur Michel Boujenah, celui-ci se présente comme un homme à l'existence périlleuse alors même que le récit le décrira comme un individu mythomane jouant un rôle pour attirer des femmes de type ''bourgeoises et propres sur elles'' dans son lit. Comme souvent chez Claude Zidi depuis quelques années, La totale ! se joue des frontières strictes de la comédie pour s'employer à fréquenter des univers à priori incompatibles mais qui permettent d'intéresser le public à des courants qu'il n'aurait peut-être pas envisagé d'observer. Pourtant, tout aussi pris par l'idée d'inscrire son œuvre dans la comédie d'espionnage, Claude Zidi n'oublie pas que l'humour est la forme primaire de son art et nous propose donc une comédie aux dialogues souvent savoureux. Car face au sérieux de Thierry Lhermitte/François Voisin dont le personnage conserve toute la rigueur qu'exige son métier d'espion, le réalisateur gratifie par contre Eddy Mitchell de lignes de dialogue aux petits oignons. La relative rigueur qu'impliquent les différentes filatures est donc contrebalancée par ce personnage cynique qui à l'époque colle souvent à la peau de l'ancien membre du groupe de rock, Les chaussettes noires ! On pense bien sûr à Je vais craquer de François Leterrier dans lequel, en 1980, il interprétait son propre rôle, à Coup de torchon de Bertrand Tavernier l'année suivante où il jouait celui de Nono ou encore du satirique Promotion canapé de Didier Kaminka en 1990 et dans lequel il enfilait le costume d'un délégué de la CGT. Certains, et même beaucoup, préfèrent le remake de James Cameron et ils en ont bien le droit. Comme l'on peut tout à fait lui préférer cette version plus ''légère'' sans être taxé de chauvinisme. S'agissant d'ailleurs des origines réelles ayant inspiré le français ou l'américain, il faut savoir qu'à la base, le script de La totale ! et donc celui de True Lies ressemblerait étonnamment au scénario qu'aurait écrit et proposé en 1981 aux chaînes de télévisions françaises, le scénariste Lucien Lambert. Ce dernier engagera d'ailleurs un procès pour contrefaçon qu'il remportera en cours d'appel au début des années 2000...

 

mardi 2 janvier 2024

L'aile ou la cuisse de Claude Zidi (1976) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Durant sa longue carrière, le réalisateur Claude Zidi aura fait jouer les Charlots, Pierre Richard, Jean-Paul Belmondo, Daniel Auteuil, Gérard Depardieu ou Thierry Lhermitte mais également Louis de Funès et Coluche. Ces derniers n'auront eu l'occasion de tourner ensemble qu'une seule fois, dans L'aile ou la cuisse, en 1976. Deux ans plus tard, Louis de Funès retrouvera Claude Zidi sur le tournage de La zizanie aux côtés d'Annie Girardot tandis que Coluche était déjà apparu lors d'un tout petit rôle dans Le grand bazar en 1973 avant de réapparaître en 1980 et 1983 dans les rôles principaux de Michel Clément dans Inspecteur Labavure aux côtés de Gérard Depardieu et de Michel Bernardin dans Banzaï aux côtés de Valérie Mairesse. Sans compter sa petite participation au Rois du gag deux ans plus tard dans lequel il interprétera le rôle de Georges Khoprseri. L'aile ou la cuisse est dans la carrière de Louis de Funès et de Coluche l'une des comédies les plus réussies et dont l'efficacité se démontre chaque fois qu'elle est diffusée sur le petit écran. À l'époque, l'un et l'autre sont de véritables stars. Le premier est l'acteur comique le plus apprécié dans notre pays tandis que Coluche est l'humoriste le plus populaire. L'aile ou la cuisse, c'est d'abord pour Claude Zidi, un rêve qui s'exauce enfin. Le réalisateur rêvait en effet de tourner avec l'acteur qui depuis déjà pal mal d'années enchaîne les succès. Et parmi ces derniers, la franchise du Gendarme à Saint-Tropez de Jean Girault, les trois volets de Fantomas d'André Hunebelle, ou encore Le corniaud, La grande vadrouille, La folie des grandeurs et Les aventures de Rabbi Jacob tous les quatre signés de Gérard Oury entre 1965 et 1973. Le film met principalement en scène un critique culinaire particulièrement redouté par les restaurateurs qui craignent de retrouver dans son célèbre guide gastronomique des critiques assassines les concernant. Bien qu'il s'agisse là d'une pure comédie, le réalisateur, ses assistants Hélène Bernardin et Jean-Jacques Beineix ainsi que le scénariste Michel Fabre n'en ont pas moins l'intention d'évoquer des sujets qui à l'époque préoccupent déjà une partie des français. Plus anecdotique puisque ne concernant que les professionnels de la restauration, le fameux guide portant le nom de son propriétaire fait évidemment référence au célèbre Guide Michelin, surnommé Guide Rouge, créé au début du siècle dernier par la société de pneumatiques du même nom, lequel dresse une liste des restaurants et des hôtels en donnant une série d'indications sur leurs qualités, distribuant ainsi les fameuses Étoiles Michelin aux plus méritants.


Plus proche du français moyen se pose ici la question de la malbouffe incarnée par l'industriel Jacques Tricatel, homme qui sans vergogne propose une nourriture industrielle à l'attention des restoroutes. Un combat acharné va donc opposer ce dernier à Charles Duchemin jusqu'à vouloir éliminer le principal dénonciateur d'un procédé de transformation ici, forcément, caricatural. Mais L'aile ou la cuisse, c'est aussi et peut-être avant tout, le portrait d'un homme autoritaire convaincu que son propre fils (Coluche dans le rôle de Gérard Duchemin) reprendra la main lorsque lui-même prendra sa retraite. Comédie jouissive percluse de scènes cultes (les diverses séquences de restaurants dont certaines permirent à l'équipe technique et aux interprètes de tourner dans de luxueux établissement, à l'image du Ritz, notamment), le film de Claude Zidi peut se montrer parfois cruel avec ses personnages. Et notamment lors de la scène montrant le père et le fils s'expliquer sur l'avenir de ce dernier dans l'arène d'un cirque. Car le rêve de Gérard n'est pas de reprendre le flambeau des mains de son père mais bien de travailler au sein d'une équipe d'artistes composées de funambules, de jongleurs, de trapézistes ou comme lui, de clowns. Face à Louis de Funès et Coluche, le formidable Julien Guiomar incarne Jacques Tricatel tandis que la fidèle Claude Gensac qui à de nombreuses reprises incarna l'épouse de Louis de Funès dans un certain nombre de longs-métrages interprète ici sa secrétaire Marguerite. Se blessant après avoir fait une chute, celle-ci sera d'ailleurs remplacée par une autre Marguerite cette fois-ci incarnée par l'actrice suédoise Ann Zacharias. Au fil du récit, d'autres interprètes viendront s'y greffer. Comme Raymond Bussières, acteur à la dantesque carrière et que Claude Zidi avait déjà débauché pour Les sous-doués en 1980. Ou comme l'acteur italien Vittorio Caprioli qui en restaurateur revanchard fera payer à Charles Duchemin le prix du ''papier'' qu'il écrivit à propos de son établissement. Quant aux membres du cirque dont fait partie Gérard, ils se constituent des présences d'Alain Chevestrier (dit Bouboule), de Freddy et Bibi Cantarelli, de Gérard Boucaron , mais également des plus connus Martin Lamotte, Gérard Lanvin et Marie-Anne Chazel. Notons qu’apparaît également dans son propre rôle, l'animateur et journaliste Philippe Bouvard tandis que la présence d'un médecin sur le plateau de tournage sera imposé puisque Louis de Funès venait d'être la victime d'un infarctus. L'on retrouve enfin à la bande originale l'éternel compositeur Vladimir Cosma qui signe une nouvelle fois, une remarquable partition. Bref, L'aile ou la cuisse demeure classique de la comédie française...

 

dimanche 16 octobre 2022

Cible émouvante de Claude Zidi (1993) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Thierry Deroc de Plebelecq, Gérard Gallois, Francis Carlier et Daniel Boutineau sont tous les quatre d'anciens camarades et étudiants de l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC). Amis, ils ont réussi dans la vie. Du moins, les trois premiers puisque Daniel ne semble avoir connu que bévues et désillusions. Mais ce soir, les choses vont changer. Alors que ses trois compagnons refusent de participer à un projet d'achat visant la construction d'un parc d'attraction, Daniel a la chance de gagner le jackpot au Loto. Des millions de francs qui vont lui permettre de faire immédiatement affaire avec Bernard Hassler. Un ancien camarade qui comme la bande des quatre a lui aussi étudié à HEC et qui depuis est devenu un puissant homme d'affaire. Mais malheureusement pour lui, Daniel vient d'être la victime d'une blague stupide de la part des trois autres qui se sont débrouillés pour faire un faux tirage du Loto visant à faire croire à leur ami qu'il a gagné la plus grosse somme mise en jeu ! Ayant mis sur la table des négociations avec Bernard Hassler un gros chèque mais aussi et surtout le magasin de sa mère, Daniel est anéanti. C'est ainsi qu'il retrouve ses trois amis après avoir compris qu'ils lui ont fait une mauvaise plaisanterie. Dès lors, Thierry et Gérard vont se démener pour arranger les choses. À commencer par récupérer le contrat que Daniel a signé avec ce requin de Bernard Hassler. Et que ce dernier garde en sécurité chez lui, enfermé dans un coffre... Spécialiste de la comédie hexagonale, le réalisateur français Claude Zidi aura durant sa carrière enchaîné les succès populaires. Parmi ces derniers, L'aile ou la cuisse avec Louis de Funès, Les sous-doués avec (entre autres) Daniel Auteuil, Inspecteur la Bavure avec le duo Gérard Depardieu et Coluche ou en 1984 avec l'immense succès, Les ripoux, interprété par Philippe Noiret et Thierry Lhermitte. Après le peu convainquant Les rois du gag l'année suivante, il réalise en 1987 Association de malfaiteurs et change, avec ce long-métrage, de registre. Sans être d'une indicible noirceur puisque l’œuvre n'est pas dénuée d'un certain humour, ce nouveau film de Claude Zidi est surtout un thriller dans lequel deux hommes d'affaire vont mettre à jours les magouilles d'un troisième. Le Bernard Hassler. en question qu'interprète le toujours épatant Jean-Pierre Bisson. Une pourriture comme le septième art en charrie régulièrement. Un homme aux dents acérées qui ne connaît ni la pitié, ni les remords. D'une assurance et d'un égocentrisme qui confinent au génie, le bonhomme tentera d'ailleurs vainement de séduire l'actrice Claire Nebout (Orages d'été) qui dans le rôle de Claire Decker-Giraudy s'avérera être la fiancée de Thierry !


Ce qui d'emblée séduit dans Association de malfaiteurs, c'est son impeccable casting constitué d'interprètes couramment employés dans les années quatre-vingt. Outre ceux déjà cités ci-dessus l'on retrouve également Christophe Malavoy dans le rôle de Gérard, Véronique Genest dans celui de la commissaire Monique Lemercier (cinq avant d'entamer pour douze années de suite le personnage de Julie Lescaut, autre célèbre commissaire de police), Jean-Claude Leguay dans la peau de ce pauvre Daniel ou encore Roger Dumas dans celle du super-intendant Brunet (son personnage croisera en outre furtivement la route d'un avocat véreux avant d'en devenir un lui même dans la série télévisée Orages d'été (encore elle) deux ans plus tard... Dans mes plus lointains souvenirs, j'en avais conservé un très bon de ce long-métrage il est vrai, loin d'égaler les meilleurs films de Claude Zidi. Il était donc logique qu'un jour je m'y replonge et, sans avoir été déçu de constater qu'à mes yeux il avait perdu de sa superbe, l'effet est quand même moins puissant qu'à l'époque. On se rend compte aujourd'hui de la faiblesse de l'intrigue reposant pourtant sur un événement qui aurait pu être à l'origine d'une machination diabolique. Pourtant, les situations s'enchaînent sans grand bouleversement. Chaque fois que le scénario de Michel Fabre, Didier Kaminka, Simon Michaël et Claude Zidi lui-même entreprend une action, on a le sentiment que le réalisateur ne va pas au bout de ses intentions. Qu'il s'agisse de la ''relation'' entre Hassier et Claire, des documents qu'ont en main un temps Thierry et Gérard, ou de tout autre événement, Claude Zidi semble n'avoir pas les épaules pour les exploiter jusqu'au bout. Mais en fait, tout ceci n'a rien de vraiment grave puisque Association de malfaiteurs est d'abord une œuvre légère comme savait si bien en concocter le réalisateur. Une comédie policière populaire parfaitement interprétée (notons également la présence de l'acteur Hubert Deschamps dans le rôle de l'oncle de Gérard, Tonton Gadin). Association de malfaiteurs demeure de nos jours un excellent divertissement qui a peut-être juste un tout petit peu perdu de son éclat...

 

lundi 1 novembre 2021

Les sous-doués en vacances de Claude Zidi (1982) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

''Mon père disait : Dans la vie, y'a pas de grands, y'a pas de petits. La bonne longueur pour les jambes, c'est quand les pieds touchent bien par terre.'' Fameuse citation de Coluche dont un bout a été honteusement récupérée dans cette suite des aventures de Bébel, Gaëtan, Graffiti, Zard et Togo. Cinq potes qui se sont rencontrés au cours LOUIS XIV afin d'y étudier (mais aussi pour y faire tout à tas de bêtises) et ainsi obtenir leur baccalauréat. Après avoir obtenu leur diplôme, voilà qu'ils ont choisi de prendre des vacances séparées. Et parmi eux, Bébel qui a prévu de partir avec sa ravissante petite amie... qui le plaque au dernier moment ! Dans cette suite qui n'a plus grand chose à voir avec Les sous-doués passent le bac, Claude Zidi met également en scène l'actrice belge Grace de Capitani dans le double rôle des jumelles Claudine et Hélène. Alors que la première doit partir aux Seychelles avec son copain Stéphane (l'acteur Jean-Paul Lilienfeld), Hélène lui ''vole'' son identité et prend sa place. Désormais condamnée à passer les vacances sur Paris, Claudine participe en compagnie de son amie Pétronille (Charlotte de Turckheim) à une expérience visant à tester les performances du Love Computer. Une machine conçue afin de voir si deux personnes sont sentimentalement compatibles. La conception du Love Computer est due à l'un des assistants de Paul Memphis, chanteur de charme qui durant l'expérience jette son dévolu sur la jolie Claudine. Pourtant, les résultats du test sont formels : Bébel est compatible avec la jeune femme. Afin d'attirer Claudine dans ses filets, Paul Memphis l'invite ainsi que Pétronille à venir s'installer dans sa luxueuse demeure située à Saint-Tropez. Les deux jeunes femmes acceptent. Décidé à suivre Claudine, Bébel décide de descendre lui aussi. Dès lors, Paul Memphis va tout mettre en œuvre pour se débarrasser du jeune homme avec l'aide de ses employés...


Si ce résumé a l'air d'en dire long, avant que l'aventure de nos ex-étudiants ne se termine, de l'eau aura coulé sous les ponts. Qui mieux que Guy Marchand pouvait incarner le rôle de Paul Memphis, ce chanteur ringard qui tente de séduire une Grace de Capitani toujours aussi séduisante et dont il s'agissait là du tout premier rôle au cinéma ? Ce beauf au torse poilu, aux cheveux gominés et au tempérament de séducteur. Mais alors attention. Le genre bien lourd. Qui colle, et pour lequel ses centaines de groupies sont folles d'admiration. Le nombre des anciens étudiants du cours LOUIS XIV a fondu comme neige au soleil. Il ne reste plus donc que Bébel, la vedette des sous-doués passent le bac et ses acolytes Gaëtan (Gaëtan Bloom) qui avant se faisait sans cesse voler ses mobylettes, Graffiti (Patrick Laurent) qui lui revendait... après les lui avoir dérobé, Zard (Patrick Zard) et Togo (Honoré N'Zué). Guy Marchand retrouvera Claude Zidi sur le tournage de Ripoux contre ripoux sept ans plus tard aux côtés de Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Jean-Pierre Castaldi ainsi que... Grace de Capitani qui elle interprétait déjà le rôle de Natacha dans le premier volet de la franchise Les ripoux.


Sans être nul, Les sous-doués en vacances s'avère quand même largement inférieur à son prédécesseur qui déjà n'était pas très fin en matière d'humour. Ici, le Love Computer prend la place de La machine à apprendre du premier volet qui donnait lieu à des situations plutôt amusantes. Pour cette séquelle, les gags s'enchaînent avec plus ou moins de bonheur. Entre le running gag de Togo se faisant raccourcir les jambes à plusieurs reprises par un chirurgien interprété par l'acteur Hubert Deschamps qui troque sa blouse de professeur contre celle d'un docteur et une succession de séquences mettant en scène Daniel Auteuil dans des situations embarrassantes. Plus ou moins amusant (c'est selon l'humeur du spectateur), on pourra rire devant un Paul Memphis se pavanant devant la foule agglutinée devant son yacht mais tombant à l'eau ou lorsque sa voiture passe du blanc au noir. La scène du requin est plutôt amusante, comme peut l'être Togo une fois raccourci de plusieurs dizaines de centimètres. Mais tout ceci ne vole pas très haut. Si Les sous-doués en vacances ne mérite pas le statut d’œuvre culte dont bénéficie Les sous-doués passent le bac, les aventures de bébel et de ses compagnons reste cependant agréable à suivre...

 

Les rois du gag de Claude Zidi (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le roi des cons de Claude Confortès avec Francis Perrin ou bien Le roi des morts de Jörg ''Nekromantik'' Buttgereit ? Ne parvenant pas à faire un choix entre comédie lourdingue et ambiance dépressive, j'ai finalement opté pour Les rois du gag de Claude Zidi. Ou comment s'offrir un début de soirée tranquille avec deux rois pour le prix d'un seul film. Plus proche de la comédie bien beauf de Claude Confortès que de la sinistre ambiance appliquée avec méthode par le réalisateur allemand, Les rois du gag met en scène deux des anciens membres de l'équipe du Splendid dans un rôle qui sans doute, ne les éloigne pas vraiment de celui qu'ils tenaient dans la vie réelle puisque parmi les autres membres de la troupe, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte participèrent à l'élaboration de pièces de théâtre et de films devenus cultes (et dont Amours, coquillages et crustacés sera à l'origine du film Les Bronzés de Patrice Leconte) avant que chacun de ses six membres ne partent faire une carrière en solo (Christian Clavier et Marie-Anne Chazel vivront une histoire d'amour longue de trente ans avant de se séparer en 2001). Si Les rois du gag fait d'abord officiellement référence à l'émission très populaire à l'époque de l'humoriste Stéphane Collaro Le Collaro Show, le film semble encore plus proche de celle du comique britannique Alfred Hawthorn Hill plus connu sous le pseudonyme de Benny Hill. Lui aussi très populaire à l'époque de la diffusion de son émission The Benny Hill Show, l'ombre de cette très grande star anglaise plane littéralement au dessus du film de Claude Zidi...


Le film met donc en scène Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte dans les rôles respectifs de Paul Martin et de son beau-frère Françoix Leroux, deux comiques qui interprètent sur scène les sketchs écrits par le premier mais inspirés par les rêves du second. Des gags pas vraiment drôles, voire pathétiques et convenus. Mais le passage de la star Gaëtan (l'acteur Michel Serrault), vedette d'une émission télévisée humoristique ultra populaire va remettre leur carrière sur les rails. En effet, alors que les deux hommes qui étaient jusqu'à maintenant chargés d'écrire ses textes ont été... ''débarqués'' (les acteurs Pierre Doris et Maurice Dubois dans les rôles de Jean et Robert), Gaëtan étant à la recherche de jeunes humoristes, son choix se porte immédiatement sur Paul et François (alors qu'il était venu voir à l'origine sur les conseils d'un ami un certain Georges Khorseri incarné par Coluche). Ne reste plus aux deux hommes qu'à trouver l'inspiration. Un projet délicat qu'ils parviendront plus ou moins à mener à terme... Question lourdeur, Les rois du gag ne s'éloigne pas vraiment du style emprunté par Claude Confortès. Claude Zidi n'est très clairement pas au faîte de sa carrière. Lorsque l'on pense qu'une année seulement avant le tournage des Rois du gag, celui-ci fut l'auteur de l'excellente comédie Les ripoux ou que bien des années avant il réalisa notamment L'aile ou la cuisse, L'animal ou encore Inspecteur la Bavure, on a parfois du mal imaginer que le même réalisateur se cache derrière. Quoique... Claude Zidi fut également l'auteur de quelques pépites franchouillardes particulièrement gratinées (plusieurs longs-métrages auprès des Charlots ou le diptyque des Sous-doués qui malgré le statut de film culte du premier épisode vole assez bas...


Les rois du gag ne reposant que sur une succession de gags (logique), le scénario se résume à pas grand chose. Des scénettes plus ou moins amusantes lorsqu'elles ne sont pas tout simplement pathétiques. À la musique, nous retrouvons l'éternel Vladimir Cosma tandis qu'à l'écriture, Claude Zidi s'est fait aidé par les scénaristes et réalisateurs Michel Fabre et Didier Kaminka. Détail qui remet les pendules à l'heure pour un film dont on peut se demander dans quelle mesure les gags sont volontairement poussifs histoire de coller à l'image de ses trois principaux personnages. Michel Serrault incarne un double-rôle puisque outre celui de Gaëtan, il interprète également celui du réalisateur Robert Wellson. À noter qu'à l'origine et en lieu et place de Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte, les membres des Charlots avait d'abord été évoqués. Mais à la suite d'un conflit qui les opposa au réalisateur, ceux-ci furent remplacés par les deux membres du Splendid. Souvent débiles, il n'est pas interdit de rire devant certains gags. Ceux mettant en scène Gérard Jugnot dans la peau d'un boxeur venu se plaindre des coups qu'il a reçu dans un commissariat ou celui où il incarne un chirurgien alcoolisé demeurant sans doute les plus réussis. Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Macha Méril dans le rôle de Jacqueline, l'épouse de Gaëtan, la superbe Mathilda May dans celui de sa fille pour une inutile amourette entre elle et François, Georges Beller en réalisateur d'émissions de télévision ou Pierre Tchernia en présentateur de la cérémonie des Césars, séquence durant laquelle les acteurs Pierre Richard, Philippe Noiret et Claude Brasseur tiennent durant un très court instant leur propre rôle. Au final, Les rois du gag est indigne des meilleurs films de Claude Zidi et les gags bien loin des répliques mythiques qui sortaient au début de leur carrière de la bouche de Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte. Reste que le film se regarde sans réel déplaisir...

 

vendredi 26 octobre 2018

Les Sous-Doués Passent le Bac de Claude Zidi (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



Bien avant que ne sortent sur les écrans français les deux volets du diptyque formé autour des Profs 1&2 réalisés par l'ancien Robin des Bois Pierre-François Martin-Laval (dit PEF), le cinéma français avait déjà produit un certain nombre de comédies prenant pour cadre l'enseignement. Du très pathétique Les Diplômés du Dernier Rang de Christian Gion sorti en 1982, jusqu'aux cultes P.R.O.F.S de Patrick Schulmann (dont on attend toujours une séquelle qui ne sera malheureusement pas réalisée par le réalisateur du premier, décédé prématurément en 2002 à l'âge de 53 ans) et Les Sous-doués de Claude Zidi. C'est sur ce dernier que j'ai choisi de me pencher aujourd'hui. L'un des rares fleurons d'un genre qui a souvent bien du mal à passer les années. Alors bien sûr, le film de Claude Zidi a pris quelques rides. Mais au regard de celui réalisé deux ans plus tard par Christian Gion, Les Sous-doués parvient à conserver son honorable seconde place dans le domaine (après celui de Patrick Schulmann, bien entendu). Avant de devenir l'un des plus charismatiques acteurs hexagonaux, Daniel Auteuil fut l'interprète d'un flot de comédies pas toujours convaincantes. Pourtant, sa physionomie, à l'époque, le prédispose à ce genre de rôle. Réunis autour de lui, une sacrée bande de cancres qui trouvent davantage de fierté à redoubler leur année tandis que pour la directrice du cours Louis XIV (incarnée par la toujours excellente Maria Pacôme), il s'agit de relever le niveau des enseignements, et par conséquent les notes de ses élèves car avec un taux de 0% de réussite, son école détient le record absolu en terme d'échec.

Parmi les acteurs secondaires notables, on remarquera la présence de Gaëtan Bloom que les amateurs de prestidigitation connaissent forcément. Remarqué dans le films de Claude Zidi pour ses tours de magie, il fut l'élève du célèbre Dominique Webb et ami avec Gérard Majax. Outre Maria Pacôme, dans le rôle des professeurs, nous retrouvons l'acteur Hubert Deschamps, ainsi que l'actrice Tonie Marshall qui depuis une trentaine d'années est passée à la réalisation avec quelques longs-métrages notables (Vénus beauté (institut) en 1998). Féodor Atkine y apparaît dans le rôle d'un parent d'élève et quant à Mohamed Zinet, que l'on a notamment pu voir dans le rôle d'un ouvrier arabe dans le prophétique Dupont Lajoie d'Yves Boisset (prophétique puisqu'à la suite du tournage, l'acteur fut la victime d'une agression raciste), il incarne le rôle de Mustapha, un terroriste dont la mission va faire l'objet d'un quiproquo avec les élèves du cours Louis XIV. Dans le rôle du flic retors en inimitié avec les élèves, l'acteur Michel Galabru. Quant à Richard Bohringer, il apparaît en pion lors de l'épreuve du bac à la fin du film.

Trente-huit ans après sa sortie, Les Sous-doués demeure une excellente comédie dont les innombrables gags fonctionnent encore. Surtout parmi les quarantenaire et les cinquantenaires qui à l'époque étaient en âge de s'identifier à l'un ou l'autre des personnages. Film voué à devenir culte aux côtés de P.R.O.F.S, l’œuvre de Claude Zidi est le porte-drapeau de l'anticonformisme enseignant et éducatif (les parents complices de leurs rejetons lors de l'épreuve du Bac). Qui opposait au film de Patrick Schulman, une vision différente mais pas si éloignée que cela (chez Schulman, les rôles étaient inversés). Mais Les Sous-doués ne serait sans doute pas devenu le film culte qu'il est sans la présence de la machine à apprendre à l'intérieur de laquelle les élèves subissent un véritable interrogatoire (lavage de cerveau?) L'un des symboles immuables d'un petit film qui grâce à son aura apportée par son public, est devenu un classique... justifié, ou pas. Devant le succès du film, Claude Zidi réalisa une suite intitulée Les Sous-doués en Vacances dès l'année suivante en 1981...
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