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jeudi 23 juillet 2026

La course à l'échalote de Claude Zidi (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir collaboré en 1974 sur La moutarde me monte au nez, le trio Claude Zidi, Jane Birkin et Pierre Richard se retrouvent un an plus tard sur le tournage de La course à l'échalote. Et si même leur première collaboration fut un succès, cette énième comédie du réalisateur et scénariste français n'est que trop rarement à la hauteur des attentes des fans de Pierre Richard. Trop farfelue mais aussi et surtout beaucoup moins amusante que le futur Bête, mais discipliné qui cette fois-ci mettra en scène Jacques Villeret en 1979, La course à l'échalote assemble tant de séquences, tant de péripéties qui n'ont ni queue ni tête que le film devient rapidement pesant. Contrairement à Bête, mais discipliné qui justement s'emploiera lui aussi à mettre en scène un bidasse dans un cortège de séquences improbables mais qui pourtant fonctionneront davantage... Le septième long-métrage de Claude Zidi met donc en scène pour la seconde fois le duo Jane Birkin/Pierre Richard. Cette fois-ci, l'actrice franco-britannique incarne Janet, une jeune employée de salon de coiffure qu'épie quotidiennement aux jumelles le fondé de pouvoir de la 20th Century Bank Pierre Vidal (Pierre Richard) auquel le directeur va très bientôt confier la direction pour une semaine pour cause de départ en vacances. Une confiance méritée pour un employé consciencieux qui va pourtant vivre une aventure à laquelle lui et sa petite amie Janet n'étaient pas préparés. En effet, tandis que l'homme d'affaire Bertrand de Rovère (l'acteur Claude Dauphin que l'on a pu notamment découvrir dans L'important c'est d'aimer d'Andrzej Żuławski, Le locataire de Roman Polanski ou encore Le pion de Christian Gion) a déposé quelques jours auparavant une mallette contenant un acte de cession des parts d’une société organisatrice de spectacles en blanc dans son coffre personnel, un hold-up a lieu le dernier jour d’intérim de Pierre Vidal visant directement le document en question. Rapidement soupçonné par le commissaire Brunet (excellent Michel Aumont), Pierre reçoit en outre la visite de Bertrand de Rovère qui désire retirer la mallette. Nous sommes le vendredi en fin de journée et Pierre fait tout pour retarder l'ouverture du coffre lorsque l'heure de fermeture de la banque arrive. Menacé par l'homme d'affaire qui le prévient de représailles si jamais le document a disparu à la réouverture le lundi suivant, Pierre n'a que deux jours pour retrouver les voleurs et pour mettre la main sur la mallette et les documents qu'elle contient...


Il est curieux de constater combien certaines comédies purent nous laisser d'impérissables souvenirs et se transformer au fil des décennies en une accumulation de séquences potaches pas franchement drôles. En bref, tout l'art d'un Claude Zidi qui mettra bien cinq années avant de proposer autre chose que des comédies franchouillardes de qualité plus ou moins médiocre. Car en attendant L'aile ou la cuisse, La zizanie, Les sous-doués (ou comment transformer une comédie scolaire nanardesque en film culte), Inspecteur la Bavure, les deux premiers volets de la saga Les ripoux, La totale ! ou le thriller Profil bas avec Patrick Bruel, il aura fallut ingurgiter d'innombrables gags bas du front même si certains d'entre eux font incontestablement partie du patrimoine français comme les quelques longs-métrages réalisés autour des Charlots comme Les fous du stade et Le grand Bazar (pour ne citer que les deux plus digestes des quatre que Claude Zidi tournera avec la troupe notamment formée autour de Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner). S'agissant de La course à l'échalote, toute la partie se situant à l’intérieur de la banque reste très convenable. L'on peut y apprécier les quelques gaudrioles proposées par un Pierre Richard égal à lui-même (le coup de la cuvette des toilettes). Pour le reste, entre la trop longue et pénible séquence du train et du ferry et le délire à peine descriptible qui la succède jusqu'au terme du récit, on pourra louer l'inventivité sans cesse renouvelée de Claude Zidi et des scénaristes Michel Fabre et Jean-Luc Voulfow et pourtant, c'est avec une certaine lassitude que l'on assiste à un débordement de gags au final fort peu distrayants. Au regard de la filmographie de Pierre Richard dont les propres longs-métrages ou les comédies d'Yves Robert, de Gérard Oury et de Francis Veber ont toujours été le signe d'une comédie française de qualité, Claude Zidi, et notamment à travers La course à l’échalote, témoigne d'une médiocrité relativement embarrassante. Notons enfin que Jane Birkin et Pierre Richard se retrouveront presque vingt ans plus tard sur le tournage de Mariées mais pas trop de Catherine Corsini pour une troisième et dernière collaboration...

 

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