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mercredi 16 janvier 2019

Les Dents de la Nuit de Vincent Lobelle et Stephen Cafiero (2008) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Hélène de Fougerolles en blonde ultra stéréotypée, Sam Karmann en dentiste ringard aux dents blanchies à la chaux, Antoine Duléry en premier flic de France menotté à un lit, Tchéky Karyo en gourou vampire, et Stéphane Freiss en loup-garou marquant son territoire autour d'un lit à baldaquin. Du beau monde pour un scénario qui sent vraiment pas bon. Des seconds rôles autour de Patrick Mille dans la peau de l'imprononçable Sam Poulinsakatanivinski, Julie Fournier dans celui de Prune, et Frédérique Bel incarnant une prof de fitness. Tout ce joli monde est convié à une fiesta dans un immense château que n'aurait sans doute pas renié un certain comte Dracula. Au rez de chaussée, des dizaines d'invités. Jeunes, beaux, dansant sur une musique techno commerciale, buvant jusqu'à plus soif, et transpirant au beau milieu d'une scène plongée sous la lumière des spots. L'étage est quant à lui réservé aux invités VIP. Pour y accéder, il faut montrer patte blanche, ou plutôt arborer un curieux symbole accroché à la veste.

Ce dont ne se doutent pas Sam, Prune, Alice, Jessica, le dentiste Krinine et, oups ! j'allais oublier, Edouard le pot de colle incarné par Vincent Desagnat, c'est qu'ils s'apprêtent tous à vivre les derniers moments de leur existence. Du moins la soirée est-elle prévue ainsi par le duc de Journiac qui à travers cette Nuit Médicis a prévu de fournir à ses adeptes aux dents longues, de quoi étancher leur soif. Les Dent de la Nuit, au titre aussi évocateur que stupide, tente de renouer avec le succès de l'excellent film du cinéaste d'origine mexicaine Robert Rodriguez, Une Nuit en Enfer. On l'aura compris, le sujet du premier long-métrage en collaboration de Stephen Cafiero et Vincent Lobelle plonge nos héros insouciants dans un piège tendu par une horde de vampires assoiffés. Une comédie fantastique comme la France est malheureusement capable d'en produire. Car en comparaison avec l'oeuvre de Robert Rodriguez, Les Dent de la Nuit se révèle insignifiant.

Par contre, si l'on parvient à faire abstraction du classique signé douze ans auparavant, l'énergie déployée par Stephen Cafiero et Vincent Lobelle et par leurs interprètes permet au long-métrage d'être suffisamment rythmé pour que le spectateur passe outre l'immense bêtise et la médiocrité de la plupart des gags. Il faut pour cela se réserver un peu moins d'une heure trente et se vider la tête (comprendre, ranger ses neurones au placard) parce qu'en matière d'humour, on a vu beaucoup plus fin. C'est lourd(ingue), mais voir Stéphane Freiss pisser autour d'un lit avant de s'y jeter pour tenter de mordre une Hélène de Fougerolles qui mélange en permanence les propos des autres est assez amusant. Tcheky Karyo en maître de cérémonie vampire est plutôt convaincant et charismatique et Vincent Desagnat campe à merveille son éternel rôle de second, voire, troisième couteau. Coté humour, ça n'est pas la franche rigolade. Mieux vaut se pencher sur l'aspect fantastique qui s'en sort bien mieux même si la recherche permanente de gags plombe cette caractéristique là du long-métrage. Les Dent de la Nuit ressemble à un film tourné entre potes, sans véritable écriture, chacun étant prédisposé à apporter une touche personnelle plus ou moins bien gérée. Une comédie fantastique en roue libre. Pas le chef d’œuvre du siècle (on en est très, très, très loin), mais suffisamment ludique pour ne pas avoir laisser trop l'impression au spectateur d'avoir perdu son temps... Les Dent de la Nuit mérite tout juste la moyenne.

mardi 13 février 2018

Ça Reste entre Nous de Martin Lamotte (1997) - ★★★★★★★☆☆☆




Martin Lamotte restera pour beaucoup l'un des membres de la célèbre équipe du Splendid fondée en 1974 par Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Bruno Moynot et Claire Magnin. A tort car en réalité, et même s'il a participé à un nombre de long-métrages conséquent de la troupe, le scénariste, acteur et réalisateur français n'a fait que les accompagner. Au même titre d'ailleurs que Dominique Lavanant et Anémone. Il y a maintenant vingt ans sortait sur les écrans de cinéma français ce qui allait demeurer jusqu'à aujourd'hui comme l'unique long-métrage de Martin Lamotte au poste de réalisateur, laissant l'écriture du scénario à Carole Brenner et Jean-Carol Larrivé alors même qu'il avait lui-même participé à celle de quelques classiques de la comédie française tels que Les Babas Cool, Papy Fait de la Résistance ou Twist Again à Moscou. On notera en premier l'absence totale du moindre membre de la troupe du Splendid, chacun ayant fait son bonhomme de chemin, tandis que Martin Lamotte s'entourait pour l'occasion d'artistes pas moins reconnus puisqu'au casting, nous découvrions Catherine Frot, Fanny Cottençon, Carole Brenner (l'une des scénariste du film, donc), Isabelle Nanty, Zabou Breitman, et même Michèle Bernier (fille du célèbre Professeur Choron que l'on ne présente plus aux plus anciens) ou encore Séverine Ferrer, l'ancienne animatrice de l'émission Fan de sur M6, pour les partenaires féminines. Une belle brochettes d'actrices accompagnant ces messieurs que sont Sam karmann, Stéphane Freiss, Antoine Duléry, François Morel, et même Martin Lamotte pour un rôle moins important, poste de réalisateur oblige.  


Ça Reste entre Nous (c'est le titre du film), demeure dans la même catégorie qu'un Cuisine et Dépendances réalisé par Philippe Muyl (sur le plateau duquel on retrouvait déjà Sam Karmann et Zabou Breitman) ou Un Air de Famille de Cédric Klapisch, réalisé un an seulement avant l’œuvre qui nous intéresse ici. Toutes proportions gardées bien évidemment car si la comédie de Martin Lamotte fonctionne plutôt bien, en terme d'écriture, on est loin d'atteindre les deux pépites citées ci-dessus.  

L'histoire est des plus simple puisque le récit oppose le personnage de Patrick, incarné par Sam Karmann, à une existence des plus compliquée : l'homme est en effet contraint de mener une double vie avec son épouse et sa maîtresse, la seconde vivant dans la réplique exacte de la demeure familiale. Mais alors que jusqu'à maintenant, Patrick semblait avoir trouvé un certain équilibre, l'arrivée plus qu'imminente de son anniversaire de mariage avec Hélène (Catherine Frot) va tout compliquer. Car en parallèle à la fête organisée le soir même par son épouse et par un certain nombre d'invités, il a promis à sa maîtresse Elisabeth de l'accompagner à une fête organisée en l'honneur du mariage du fils de son voisin Antoine Pichot ( regretté Philippe Brunot mort en 2012). Patrick va donc devoir composer entre les deux événements sans pour autant éveiller les soupçons de l'une ou de l'autre des deux femmes qu'il aime. Sauf que... sauf que la soirée ne va pas se dérouler comme prévu. Et pas seulement à cause du pétrin dans lequel vit l'époux, le père et l'amant, mais bien à cause de la présence d'invités qui vont, chacun à leur manière, semer une joyeuse pagaille.  

Entre l'époux adultère, la femme trompée, l'amante impatiente, une Martine-Isabelle Nanty au bras d'un professeur de yoga déséquilibré (François Morel), une alcoolique (fanny Cottençon) désabusée par un compagnon volage et insupportablement narcissique (Stéphane Freiss), un Antoine Duléry un brin ringard accompagné d'une gamine trop jeune pour lui vouer un amour et une fidélité indéfectible (Séverine Ferrer), une Zabou Breitman atteinte de conjonctivite, épouse d'un gynécologue obstétricien occupé à mettre au monde des triplés, un voisin collant (Philippe Brunot) et quelques gamins à mettre entre les pattes de tout ce beau monde, Martin Lamotte a bien du travail. Et le bonhomme s'en sort plutôt bien et même, avec les honneurs puisqu'on ne voit pas passer le temps. Parfaitement millimétré, Ça Reste entre Nous respire la bonne humeur et les situations concasses sont nombreuses. Le cinéaste nous réserve même un twist final aussi inattendu que bienvenu. Bref, Ça Reste entre Nous n'est certainement pas un chef-d’œuvre mais il mérite d'être vu...

lundi 27 novembre 2017

Grand Froid de Gérard Pautonnier (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après deux court-métrages datant respectivement de 2004 (Chippendale Barbecue) et 2015 (L'étourdissement), le cinéaste français Gérard Pautonnier signe en 2017 son premier long-métrage. Une comédie noire. Ubuesque, et (presque) digne des meilleurs productions scandinaves si une légère baisse de fatigue ne s'était pas faite ressentir dans la dernière demi-heure. Le titre choisit par le cinéaste, Grand Froid, peut être à loisir mis en relation avec l'ambiance du film (plutôt austère). Le cadre (le décor enneigé d'une petite ville imaginaire (?) située au milieu de nulle part), ou le type d'humour employé ici, largement plus sombre que la plupart des comédies françaises qui nous sont habituellement proposées. Sur un scénario de Gérard Pautonnier et de l'écrivain Joël Egloff, Grand Froid déroule un intrigue absurde. Le sujet s'y prêtant particulièrement bien, on y découvre Edmond Zweck, propriétaire de pompes funèbres à l'agonie, lequel emploie à son compte Georges, qui travaille dans ce domaine depuis quarante ans, ainsi que le jeune Eddy qui débute dans le métier.
Alors que la neige a recouvert de son blanc manteau cette petite bourgade où il ne se passe rien, Edmond annonce à Georges qu'il ne pourra pas le payer ce mois-ci. Pourtant, et alors qu'ils sont aux aboies, un coup de téléphone va leur redonner espoir : Un homme vient de mourir et son frère ainsi que son épouse ont choisi les pompes funèbres d'Edmond afin d'assurer le transport du défunt jusqu'à sa dernière demeure. Mais dans ce décor de fin d'année, rien ne va se dérouler comme prévu...

Au sommet de l'impressionnant casting, Jean-Pierre Bacri, cet immense artiste à la carrière exemplaire. Dramaturge, comédien de théâtre, scénariste, acteur de cinéma, il nous revient en 2017 en pleine forme. Du moins tel est le cas de l'interprète car le personnage qu'il est censé interpréter apparaît fatigué. En fin de route. Affublé d'un postiche et le teint blafard, Bacri nous apparaît à l'écran semblable à un vampire. A ses côtés, l'acteur français Arthur Dupont qui à trente-deux ans a déjà plus de vingt-cinq films à son palmarès et une vingtaine de participations à diverses séries et téléfilms. Autour de ces deux excellents interprètes orbitent Olivier Gourmet (dans le rôle d'Edmond), Marie Berto (dans celui de la veuve), mais également les incontournables Philippe Duquesne, Sam karmann en prêtre, ou encore le génial Féodor Atkine dans un rôle pour le moins, étonnant !

L'ombre du cinéma scandinave plane sur Grand Froid. Le cadre y aidant aisément, ainsi que l'humour pince sans rire employé par Gérard Pautonnier. Le cinéaste semble également convoquer les Frères Coen, et notamment leur superbe Fargo, lequel imprègne l’œuvre du français de cette même étrange aura. Un cadre presque surréaliste, dans lequel les personnages semblent en suspension, du moins, dépassés par les événements auxquels ils sont confrontés. On ne rit jamais vraiment aux éclats. Mais le sourire est de mise, d'autant plus que bon nombre de situations totalement absurdes bénéficient de l'excellente interprétation de ses différents protagonistes.
Malheureusement, on ressent comme une cassure à l'arrivée de la seconde moitié du long-métrage à peine entamée. Gérard Pautonnier tente vainement de maintenir le rythme, mais malgré sa courte durée (1h26m), Grand Froid finit par devenir ennuyeux au point que l'on se désespère qu'il arrive à terme. C'est d'autant plus dommage que le scénario était particulièrement prometteur. Reste que Grand Froid demeure une tentative honnête et un premier long-métrage courageux. Malgré ses défauts, il aura certainement éveillé la curiosité des cinéphiles qui attendront désormais Gérard Pautonnier au tournant...

dimanche 10 septembre 2017

La Cité De La Peur de Alain Berberian (1994)



Red Is Dead, un petit film d'horreur minable est projeté dans une salle de cinéma lors du tout premier jour du festival de Cannes. A la recherche de critiques élogieuses, l'attachée de presse Odile de Ray est bien obligée d'accepter l'inévitable : Red Is Dead est un très mauvais film. Le projectionniste du filmest tué dans la salle de projection par un homme en possession des mêmes armes que le tueur du film, un marteau et une faucille. Odile Deray voit dans ce meurtre, une source de profit pour le film et la jeune femme décide de faire venir au festival de Cannes l’interprète principal, Simon Jérémi. Et puisqu'il faut assurer la sécurité du comédien, elle décide d'embaucher le garde du corps Serge Karamazov.

Lors du deuxième jour du festival, un nouveau projectionniste est retrouvé mort dans la salle de projection. Le commissaire Bialès est en charge de l'affaire et étudie les éléments laissés par le tueur. Deux lettres : Un O et un D.
Le troisième jour, une conférence de presse est donnée, suite à une nouvelle projection de Red Is Dead. Serge Karamazov demeure aux cotés du projectionniste, mais alors que le garde du corps quitte la salle en raison d'un sérieux problème digestif, le tueur en profite pour se faufiler dans la salle et tuer l'homme qui est aux commandes de la projection du film...

A la réalisation de La Cité De La Peur, Claude Berri fut le premier à être pressenti mais devant son refus, c'est Alain Berberian qui prit les commandes du film. Il faut dire que Berri demeura frileux devant un synopsis qu'il jugea grotesque. Berberian, qui réalisa de nombreuses fausses pubs et parodies pour le compte du groupe Les Nuls s'en sort très honorablement avec ce film qui demeure aujourd'hui comme l'une des grandes réussites du cinéma comique français.

En effet, si l'humour et l'interprétation apparaissent tout d'abord assez faibles au regard des grands classiques interprétés par des acteurs de la trempe de Pierre Richard et Louis de Funès, c'est justement son aspect léger et potache qui fonctionne et rappelle aux fans des Nuls les grands moments télévisuels du groupe. On notera la courte (et posthume) apparition de l'excellent Bruno Carette, quatrième membre de la troupe, mort à trente-deux ans d'une leucoencéphalopathie multifocale progressive.

Outre l'apparition de stars du petit et grand écran (Rosanna Arquette, Pierre Lescure, Patrice Laffont et James Cameron pour ne citer qu'eux), le film s'offre de savoureux moments, parodiant sans gène quelques classiques du septième art tels que Terminator, Basic Instinct ou encore Pretty Woman.

Beaucoup d'inventivité au niveau des gags est à noter, la séquence de la poursuite en pleine croisette entre le tueur et le garde du corps demeurant comme l'une des plus belles réussite. La Cité De La Peur, est une comédie, oui, mais aussi et surtout un vibrant (et décalé) hommage au cinéma. Depuis, le film a servi de référence à divers moments dans au moins trois versions françaises de jeux vidéos, ce qui laisse transparaître un héritage qui ne cesse d'inspirer les auteurs de tous bords. Un excellent film devenu un classique depuis sa sortie et les quelques rediffusions télévisées...

jeudi 22 juin 2017

Casablanca Driver de Maurice Barthélemy (2004) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour savoir apprécier Casablanca Driver, sans doute faut-il être rompu à l'art de la troupe formée autour de Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs, Pascal Vincent, Élise Larnicol, Jean-Paul Rouve, ainsi que Maurice Barthélemy dont il s'agit ici du premier long-métrage en tant que réalisateur. Les Robins des Bois, cette troupe à l'humour volontairement ringard et beaucoup moins facile d'accès que celui des Inconnus ou des Nuls pour ne citer que ceux qui me viennent en premier à l'esprit. Un peu à la manière de Laurent Baffie (Les Clés de Bagnole) ou, ai-je raison d'oser, Bertand Blier (Les Acteurs), Maurice Barthélemy forme un impressionnant casting autour du personnage principal qu'il incarne lui-même et dont il nous raconte l'existence de son arrivée parmi le couple Driver formé par Chantal Lauby et Sam Karmann jusqu'au combat de boxe qui l'opposera au boxeur Jimmy La Renta (incarné par l'entraineur et coach sportif Whitfield One). L'une des particularité de Casablanca Driver est de nous présenter le plus mauvais boxeur de tous les temps. L'homme aux douze combats et aux douze défaites. Un sujet dont l'intérêt est donc au départ discutable. Toute la science du Robin des Bois va donc être mise à contribution. A commencer par l'humour si particulier du bonhomme et de ceux qui le suivent maintenant depuis maintenant plus de vingt ans. Casablanca Driver, s'il veut pouvoir retenir son public se doit d'enchaîner les vannes aussi consciencieusement que le firent les membres de l'excellente et cultissime équipe du Splendid dans les années soixante-dix, quatre-vingt.
Une véritable gageure que parvient à obtenir le film avec plus ou moins de succès. Si dans un premier temps, Casablanca Driver semble arriver très vite en bout de course, un événement totalement surréaliste vient redonner l'énergie dont il avait besoin pour aller jusqu'au bout. Malgré un humour qui ne conviendra pas à tout le monde, il faut avouer qu'il arrive à d'avoir des coups de génie. Rien que le passage durant lequel Casablanca est victime d'une tentative de meurtre à l'aide d'un vélo d'appartement ou celui durant lequel on assiste à son interview télévisée par l'animateur Christian Morin justifient la vision du film.

De plus, ce faux biopic est parfaitement reconstitué. Entre images d'archives tronquées (de nombreux stock-shots viennent émailler le récit) et mises en situation sublimées par des décors renvoyant aux années soixante, soixante-dix et quatre-vingt, on peut reconnaître à Casablanca Driver la valeur d'un travail parfaitement accompli. Reste donc toujours cet humour étrange, pas toujours drôle, que certains jugeront probablement et objectivement de pathétique aura autant d'intérêt pour ceux qui en sont coutumiers qu'il rebutera les anti-Robins des Bois.Casablanca Driver peut donc compter sur un impressionnant casting formé autour de Maurice Barthélemy. Outre Christian Morin et les anciens membres des Robins des Bois, le film peut notamment compter sur la présence d'Isabelle Nanty dans le rôle de l'épouse du héros (un bel hommage lorsque l'on sait que les Robins des Bois se rencontrèrent au cours de théâtre de l'actrice en 1989), sur celle de Dieudonné qui dans le rôle de l'entraîneur Bob Wise excelle, ou encore sur la présence de Patrick Chesnais dans celui du journaliste Coll Murray.
On croise également la route d'Alain Chabat dans le rôle d'un psychiatre, d'Elie Semoun dans celui de Monsieur X, de Tom Novembre dans un rôle bien particulier, de Lionel Abelanski lui également dans le rôle d'un journaliste, Dominique Farrugia en bookmaker ou encore l'ancien footballeur Dominique Rocheteau et le chanteur Plastic Bertrand dans leur propre rôle. Quand à Max Schurch, l'agent de La Renta, c'est l'acteur américain Thomas M. Pollard qui l'interprète, celui ayant fait une apparition dans l'excellente comédie Les Frères Pétard de Hervé Palud dix-huit ans plus tôt dans le rôle de Sammy le dealer.

Au final, Casablanca Driver est une comédie sympathique, généreuse, pas toujours très finaude mais qui a le mérite de ne jamais être avare en terme de situations comiques. Maurice Barthélémy réalisera par la suite Papa en 2005, Low Cost en 2011 ou encore Pas très normales activités en 2012...

lundi 18 mars 2013

Cuisine Et Dépendances de Philippe Muyl (1992)


Martine et Jacques invitent leur vieil ami Philippe à venir diner chez eux un samedi soir. Cet écrivain-journaliste à succès vit depuis dix ans avec Charlotte, également une amie de Martine et de Jacques, mais aussi de Georges qui vit depuis un certain chez ces derniers. C'est après avoir rencontré Philippe dans une galerie marchande d'un grand magasin que Martine a eut l'idée de l'inviter diner, eux qui ne se sont pas revus depuis dix ans. Fred, le frère de Martine est lui aussi convié, en compagnie de son amie Marylin.

Malheureusement, tout commence mal. Les invités arrivent avec deux heures de retard, arguant qu'un embouteillage les a empêché d'arriver à l'heure. Georges s'est gavé de pistaches en attendant l'apparition de Charlotte et Philippe, et reste imperturbablement ancré entre la cuisine et le balcon qui donne sur l'immeuble d'en face. Il fume cigarette sur cigarette pendant que Jacques tente désespérément de le convaincre de revenir dans le salon. Martine est surexcitée et ne sait plus où donner de la tête. Charlotte croise Georges dans la cuisine après que celui-ci l'ai copieusement ignorée à son arrivée. Fred est un joueur de poker invétéré qui joue des sommes d'argent folles mais qu'il n'a pas sur lui. Alors, pour rembourser ses dettes, il emprunte chaque fois à sa sœur et son beau-frère au point de leur devoir aujourd'hui 70 000 francs. Marylin est une jeune femme facile qu'il a croisé quatre jours plus tôt dans une boite de nuit. D'après Fred, ils sont devenus inséparables.

Martine et Jacques espèrent que la soirée sera parfaite. Georges s'en fiche et s'enfonce dans un pessimisme désespérant. Fred a le couteau sous la gorge et compte sur la générosité et la compréhension de Jacques pour se faire prêter à nouveau de l''argent. Charlotte, dévouée corps et âme à la carrière de Philippe suit patiemment la superficielle conversation de Martine, et assiste aux lamentations de Georges. Philippe ne décolle pas du salon et se laisse charmer par les formes séduisantes de Marylin...

Cuisine Et Dépendances est l'adaptation de la pièce éponyme écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, et mise en scène par Stephane Meldegg. Signé Philippe Muyl, le film s'articule autour d'une scène pratiquement unique puisque les dépendances du titre ne sont pratiquement pas exploitées. Ce qui n'empêche pas l'œuvre d'être une merveille d'un point de vue de l'interprétation et de l'écriture. La cuisine est donc le théâtre de conversations souvent houleuses entre conjoints et amis. Entre Georges (Jean-Pierre Bacri), écrivain raté qui envahit l'existence de sa sœur Martine (Zabou Breitman) qui, elle, rêve de le voir faire ses valises une bonne fois pour toute. Fred (Jean-Pierre Darroussin), frère immature qui perd son temps entre les de jeunes femmes inconsistantes et les parties de poker. Et Charlotte (Agnès Jaoui) qui sacrifie son existence au profit de celle, professionnelle, de Philippe avec lequel elle a choisi dix ans plus tôt de faire sa vie, laissant Georges sur le carreau. Quand à Jacques (Sam Karmann), il tente avec plus ou moins de bonheur de tempérer les humeurs de son épouse et les tracas de Fred. Une attitude qui cache peut-être davantage de lâcheté qu'un vrai désir d'aider son prochain. Bref, tout ce petit monde dévoile une facette monotone de son existence.
Sans même avoir jamais été mis en présence des personnages de Philippe et de Marylin, les seuls dialogues entre les autre protagonistes nous donnent une image assez précise de la personnalité de ces deux individues occultés visuellement dans le film. Pas à un seul moment nous n'aurons le plaisir (ou le malheur) de les rencontrer. Le personnage de Georges, outre le fait que l'idée de revoir un ancien ami devenu célèbre le révulse, montre très vite une propension au pessimisme. Quand au rejet qu'il cultive envers Philippe, il cache, bien au delà du dégout que lui inspire le succès de cet homme qu'il n'a pas revu depuis des années, une rancœur liée au choix de Charlotte de vivre avec ce dernier plutôt qu'avec Georges.

Sous le vernis des apparences, Martine et Jacques ont bien du mal à cacher la tristesse de leur quotidien. La première avide d'une vie sociale espère sans doute qu'au delà d'une simple soirée de retrouvailles percera l'espoir d'une existence nouvelle. Quand au second, le voilà amorphe devant les situations les plus délicates, au point de ne pas sembler parvenir à combattre ce qui certainement mettra en péril l'avenir de son couple.

Entre agacement (Zabou en maitresse de maison hystérique) et jubilation (Jean-Pierre Bacri en colocataire au tempérament noir et qui dénigre toute chance de parvenir au bonheur), Cuisine Et Dépendance est un catalogue rempli de scènes et de répliques savoureuses servies par des acteurs de talents mis en scène de manière sobre et aux mouvements de caméras savamment orchestrés.
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