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mercredi 19 mars 2025

Challenger de Varante Soudjian (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis qu'il s'est lancé dans la réalisation de longs-métrages après avoir mis en scène plusieurs courts et épisodes de séries télévisées, le franco-arménien Varante Soudjian à réalisé quatre films. Quatre comédies auxquelles le réalisateur a offert à chaque fois l'un des principaux rôles à l'humoriste et comédien français d'origine russe, Alban Ivanov. Des œuvres pas inintéressantes au vu du marasme qui touche le cinéma français dès lors que ses auteurs investissent les salles sur le ton de l'humour. Pas ou peu de comédies qui valent vraiment le détour et dont Varante Soudjian s'affranchit parfois des règlements. Avec Challenger, le voilà qui signe sans doute son meilleur film car quoi qu'en disent celles et ceux qui pensent que son dernier effort n'est qu'un ersatz raté de Rocky, le long-métrage vaut bien mieux que les quelques critiques négatives qu'il a dû subir ! La comparaison entre la dernière comédie du cinéaste hexagonal avec le premier volet de la franchise outre-atlantique réalisé en 1976 par John G. Avildsen avec Sylvester Stallone en vedette semble par contre inévitable. Mêmes origines modestes de part et d'autre des héros des deux œuvres. Même soif de réussite malgré une ''carrière'' dans la boxe qui n'est vraiment pas au beau fixe. Mais ce qui tend à réunir Challenger et Rocky dans un même élan est ce qui va suivre. Permettre d'un côté à un jeune boxeur français de s'élever au delà de son simple statut d'encaisseur quand de l'autre côté de l'Atlantique, le boxeur Apollo Creed (Carl Weather) offrira à un outsider (Sylvester Stallone dans le rôle de Rocky Balboa) la possibilité de se faire connaître. Tout diffère ensuite dans l'approche de l'un et de l'autre. Rocky demeurera dans les clous du drame social tandis que Challenger permettra à son auteur de creuser un peu plus loin dans le genre qui le fit connaître, la comédie ! C'est ainsi qu'Alban Ivanov apparaît dans le rôle de Luka Sanchez dont la principale ''qualité'' est de savoir encaisser les coups. Sa manageuse Stéphanie (Audrey Pirault) ne lui a jusqu'à maintenant permis de ne combattre que lors de matchs perdus d'avance. Mais lorsque l'opportunité d'affronter le très prometteur Freddy (Alexandre Antonio) lui est acquise, rien ne va se passer comme prévu. Alors qu'il s'apprête une fois encore à servir de punching-ball face à celui qui doit bientôt combattre le champion d'Europe de boxe Joshua Camara (Jonas Dinal), très énervé par les provocations incessantes de Freddy lors du combat qui l'oppose à Luka, ce dernier s'énerve et le met K.O d'un uppercut !


Ce boxeur que personne ne connaît encore devient la coqueluche du public dès lors que la vidéo du match est diffusée sur les réseaux. Tandis que l'avenir de Freddy semble compromis après qu'il ait été contrôlé positif aux stupéfiants, piégé par une station de télévision, Lukas se voit désormais contraint d'affronter Joshua Camara, qui en plus de trente combats n'en a jamais perdu aucun... Pour le personnage incarné par Alban Ivanov, il ne s'agira pas d'un combat pour le titre européen mais simplement de tenir trois round. Ce qui, déjà, semble être irréalisable face à un champion qui a toujours mis ses adversaires à terre bien avant la fin des combats. Dans le rôle de Stéphanie, Audrey Pirault trouve là un moyen de faire beaucoup d'argent pour elle et son poulain. Accepter le combat, profiter des sponsors et de la publicité et s'échapper avec Lukas avant le combat. Un concept de base sommaire auquel Varante Soudjian ajoute l'intéressant ''héritage'' personnel et affectif de l'outsider dont le père, lui aussi boxeur, dû abandonner un combat face à l'ancien champion Reda Roussel (Moussa Maaskri). Vivant reclus dans la nature, ce dernier va devenir le nouvel entraîneur de Lukas afin de le préparer au combat qui l'attend face au champion d'Europe. La rencontre entre les deux hommes semble tout d'abord évoquer celle de Jean-Claude Van Damme et Dennis Chan dans les rôles respectifs de Kurt Sloane et Xian Chow dans Kickboxer Mark DiSalle et David Worth mais ce que l'on s'attend être la version parodique de l'entraînement du jeune karatéka américain entraîné par le spécialiste du Muay-thaï restera lettre morte. Bien que Challenger soit une pure comédie sportive, le réalisateur franco-arménien diffuse avec un certain cynisme différents messages. Comme l'éventualité des combats truqués ou le jeu des influenceurs dont la sensibilité s'évalue au nombre de followers plus qu'au contact des vedettes (le mépris dont est victime Lukas invité en boite de nuit pour sa seule image est parfois franchement gênant). En ce sens, Challenger réussit le pari de mêler des éléments empruntés à la fameuse saga Rocky à un contexte social et culturel très contemporain. Et tout ça sur le ton de l'humour.Bref, Varante Soudjian signe là une comédie française très drôle, parfois touchante, autour du duo formé par Alban Ivanov et Audrey Pirault. Sans oublier l'excellent trio de bras cassés Freddy, Jacquet et surtout Moreno incarnés par Alexandre Antonio, Soso Maness et le toujours aussi inénarrable David Salles...

 

dimanche 28 juillet 2024

Les infaillibles de Frédéric Forestier (2024) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Inès Reg, c'est quoi ? Après qu'une discussion endiablée ait été engagée entre mes cortex gauche, temporal et pariétal, laquelle a abouti à un match nul, je suis allé voir ce qu'avait pu faire dans sa courte carrière la jeune femme pour mériter d'être sur l'affiche de la dernière comédie réalisée par Frédéric Forestier. Une punition, diront certain, au regard d'une cinématographie qui ne brilla pas jusqu'à maintenant pour ses qualités artistiques ! Il paraît qu'Inès Reg est devenue populaire après la diffusion sur Tik Tok d'une vidéo qui serait devenue virale. J'espère m'être trompé en cliquant sur le mauvais lien parmi ceux qui me furent proposés car si vraiment l'engouement d'un certain public s'est construit autour de celle qui fut intitulée ''Des paillettes dans ma vie'', je crois bien que la France est foutue. Du moins, sa culture... Ensuite, et au regard du résultat qu'affiche à l'écran Les infaillibles, lire ici ou là que la jeune ''humoriste'' se sent plus à l'aise dans la comédie que dans la tragédie, c'est dire si le fossé qui l'aurait séparée d'une artiste de talent évoluant dans l'art dramatique aurait été pour elle parfaitement infranchissable. Quoique dans le domaine de la tragédie, après avoir découvert tout récemment que la demoiselle s'était épanchée sur le conflit l'opposant à la chanteuse québécoise Natasha St-Pier lors des enregistrements de l’émission ''Danse avec les stars'' en affirmant que la seule et unique victime, c'était elle, Inès Reg peut s'enorgueillir d'avoir un certain talent dans le domaine... de la ''comédie'', justement ! D'emblée, Les infaillibles pue ! Le titre évoque cette vague infâme de comédies françaises dont les pires représentants sont sans doute sortis ces dix dernières années. Parmi lesquels l'on retrouve Le dernier Mercenaire de David Charhon, Les Municipaux, Trop c'est Trop d'Eric Carrière et Francis Ginibre, Les SEGPAS de Ali Boughéraba et Hakim Boughéraba, Sentinelle de Hugo Benamozig et David Caviglioli, 38°5 quai des orfèvres de Benjamin Leher ou encore l'immonde Brutus vs César de Kheiron...


Mais ne nous arrêtons pas à ces quelques clichés qui voudraient que quelques jeunes ayant débuté sur les réseaux sociaux n'ont pas leur place sur les écrans de cinéma. Après avoir signé, au hasard, Le boulet en 2002, Les parrains en 2004, Astérix aux Jeux Olympiques en 2008 ou Chasse gardée il y a trois ans, Frédéric Forestier semble avoir choisi d'adopter le concept de certaines comédies assez bas du front voyant surgir dans la capitale des personnalités qui au demeurant auraient tout fait pour ne pas y être mutées. Paris n'étant d'ailleurs pas la seule ville de France que certains redoutent comme pu le démontrer en son temps Dany Boon avec Bienvenue chez les Ch'tis dans lequel le personnage incarné par Kad Merad, en homme du sud, était muté dans le Nord-Pas-De-Calais. Loin de moi l'idée de comparer l'un des plus gros succès du cinéma français avec le dernier long-métrage de Frédéric Forestier qui, quoi qu'on en dise, n'est pas non plus le pire cinéaste de l’hexagone ! Le problème provient surtout ici justement de la présence d'Inès Reg dans le rôle principal de la fliquette, Alia Samani. Prouvant qu'une seule année au Cours Florent au lieu des trois ans de formation exigés ne suffit pas à transformer un individu en acteur ou comédien de talent ! Pour une fois, commençons par la fin. J'ai faillit verser ma petite larme. Ces retrouvailles ou plutôt, cette rencontre entre l'héroïne et ce père qu'elle n'a jamais connu. Ouais, j'ai faillit couiner comme un chiard qui vient de sortir des entrailles de sa mère. Si seulement Inès Reg avait eu à ce moment très précis ne serait-ce qu'une once de talent, j'aurais sans doute mouillé une paire de Kleenex...


La meuf qui durant les quatre-vingt dix minutes qui viennent de passer n'a pas cessé de sortir une grossièreté toutes les deux phrases remporte lors de cette seule séquence de fin la palme de la pire interprétation dans la catégorie émotion. J'ai eu beau ressortir mes petites fiches, celles que je noircissais à l'époque où je ne tapais pas encore sur le clavier de mon ordinateur, et je vous jure qu'en comparant le jeu de l'actrice (un bien grand mot pour une si petite interprète) à celui de toutes celles qui sont passées devant mon regard ces quarante dernières années que je n'avais jamais eu l'occasion d'assister à un tel naufrage. D'ailleurs, dans les bons moments comme dans les galères, son personnage ne semble être doté que d'une seule et même expression. L’œil rond, le sourcil froncé et un léger sourire méprisant pour ses collègues au coin des lèvres ! À côté d'elle, son benêt de partenaire à l'air d'une lumière... Question charisme, Kévin Debonne semble avoir oublié son apparat de séducteur et de dur à cuir au vestiaire et comme lui rétorque si justement l'un de ses collègues lors de l'unique séquence où mes lèvres n'ont pu retenir un sourire : ''On dirait un pauvre sosie complémentent raté de Belmondo...''. Les infaillibles est un Buddy movie dans lequel une marseillaise vulgaire et un parisien un peu niais font équipe afin de faire tomber une équipe de braqueurs qui s'apprête à exécuter leur plus gros coup. Le duo Inès Reg/Kévin Debonne fonctionne mal. On ne croit pas à la complicité des deux interprètes qui logiquement aurait dû éclater au grand jour sachant qu'ils vécurent ensemble pendant six ans. La propension qu'a le scénario à rendre le rôle qu'incarne la jeune femme totalement détestable est assez effarante. Et ça n'est certainement pas les quelques séquences qui tentent d'apporter un peu de profondeur au récit qui arrangeront les choses. Comme on dit souvent, c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures. Ainsi, Philippe Résimont, Lionnel Astier et Moussa Maaskri sont ceux qui s'en sortent encore le mieux. Quant à ceux qui incarnent les collègues de nos deux (z)héros, si c'est ainsi que le réalisateur se représente les forces de l'ordre, avec leur ''parler'' de quartier, les français ont vraiment du soucis à se faire...

 

samedi 21 mai 2022

Les folies fermières de Jean-Pierre Améris (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

À l'origine du dernier long-métrage de Jean-Pierre Améris (Les émotifs anonymes en 2010, Profession du père l'année dernière), l'histoire étonnante de David Caumette, un éleveur de bovins situé à Garrigues dans le Tarn. Pour sauver son exploitation, l'homme crée en 2015 Les Folies Fermières lors desquelles sont proposés des menus composés à partir de produits du terroir. Ajouté à la découverte des produits locaux, un spectacle met en scène des sosies, des chanteuses, des danseuses ainsi que des magiciens. Grâce à cette étonnante reconversion, David Caumette obtient une licence d'entrepreneur du spectacle. Unique lieu à proposer ce type de spectacle dans l'hexagone, cette formidable aventure devient le sujet d'un reportage diffusé en 2018 sur France 3. Et ce jour là, se trouve justement assis devant son poste de télévision, le réalisateur Jean-Pierre Améris qui plus tard prendra la décision de mettre en scène cette histoire hors du commun. Et cela tombe très bien puisque depuis quelques années, le monde rural et ses agriculteurs sont régulièrement le centre d'intérêt des cinéastes qui ne cessent alors de s'engager dans les campagnes françaises pour y tourner leur propre vision du milieu rural. Le thème remonte cependant en des temps ancestraux. On remontera chez nous jusqu'au cinéma de Marcel Pagnol, en passant par les merveilleuses adaptation de Jean de Florette et Manon des sources signées de Claude Berri en 1986 et jusqu'à la flopée de longs-métrages qui furent tournés ces dernières années et parmi lesquelles, on oubliera par contre très rapidement le catastrophique Roxane, premier long-métrage réalisé par Mélanie Auffret en 2019 et principalement interprété par Guillaume de Tonquédec. Une comédie elle-même inspirée d'une histoire vraie, mais malheureusement, complètement ratée !


Les folies fermières, c'est d'abord une inquiétude. Celle d'y voir trôner sur son affiche un visage et un nom bien connus des amateurs de comédies et de one-man-show. Ceux d'Alban Ivanov dont on pouvait se demander ces derniers temps ce qui avait pu pousser certains à le glorifier tant ses dernières apparitions s'avéraient désastreuses. On pense évidemment en priorité au Dernier Mercenaire de David Charhon ou au Médecin imaginaire d'Hamed Hamidi, deux des pires comédies françaises à avoir vu le jour en 2021 et 2022. Par opposition au désastre supposément annoncé par sa présence au casting, celle de Jean-Pierre Améris à la réalisation temporise cependant l'effet douche froide d'une telle annonce. Pourtant, Les folies fermières sonne comme une remise à niveau concernant son principal interprète qui, heureusement, cesse d'en faire des tonnes pour incarner le rôle de David, celui-là même qui renvoie directement au personnage bien réel de David Caumette. Le sujet peut paraître quant à lui particulièrement douteux. Surtout lorsque l'on ne sait pas qu'il s'inspire de faits authentiques.


C'est vrai quoi, si l'originalité est au rendez-vous, le concept semble à priori quelque peu Cheap. Pour ne pas dire ringard. Et pourtant, si le miracle n'a pas vraiment lieu, que le film n'est jamais vraiment à hurler de rire (ce qui peut sembler navrant pour ce type de long-métrage), on ne s'ennuie jamais tout à fait. Même si certaines séquences paraîtront forcément éculées. Et même si d'autres ne parviendront pas à charrier leur lot d'émotion (la scène lors de laquelle la condition d'ancienne strip-teaseuse de Bonnie incarnée par Sabrina Ouazani est très mal amenée), Les folies fermières est une agréable comédie. Qui manque toutefois de cette folie et de cette poésie qui se mariaient à si bien dans l'excellent Les émotifs anonymes douze ans en arrière. Moins ridicule qu'elle ne le paraît de prime abord, cette rencontre entre cabaret parisien et monde rural offre également l'opportunité d'y retrouver Michèle Bernier, Moussa Maaskri, Bérengère Krief ou Guy Marchand ainsi que des interprètes moins connus mais tout aussi attachants tels qu'Ariana Rivoire (dont la surdité sert de base à son personnage) ou Philippe Benhamou dans ce qui demeure à ce jour, son seul rôle au cinéma. Les folies fermières est donc une sympathique comédie française. Mais de là à débourser une dizaine d'euros pour aller la découvrir sur grand écran, la question de cette éventualité s'impose tout de même...

 

jeudi 8 mars 2018

Carbone d'Olivier Marchal (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Après le précédent article consacré à l'excellent polar français de Gela Babluani, Money, le suivant est consacré au dernier long-métrage de l'acteur et réalisateur Olivier Marchal qui jusqu'à maintenant avait réalisé quatre films d'excellente facture dont le très sombre et pessimiste MR 73 avec Daniel Auteuil en 2008 et Les Lyonnais en 2011. Cette fois-ci, aux commandes d'un scénario écrit à quatre mains en compagnie d'Emmanuel Naccache, le cinéaste s'inspire d'une idée d'Ali Hajdi, elle-même inspirée d'un fait-divers ayant eu lieu entre septembre 2008 et juin 2009, lequel pris pour cadre la signature du protocole de Kyoto à l'issu duquel, l'Union Européenne s'engagea à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un groupe d'escrocs profita alors de cette législation pour monter un réseau d'arnaques de grande ampleur. Longtemps après la French Connexion naissait la Carbone Connexion.

Sobrement intitulé Carbone, le dernier né d'Olivier Marchal est un thriller redoutablement efficace, qui ne fait ni dans la dentelle, ni dans l’œuvre familiale. Ici, tout y transpire la noirceur. L'intrigue tourne tout d'abord autour du personnage incarné par l'excellent Benoît Magimel, déjà présent dans le précédent film chroniqué en ces pages. Antoine Roca, ce PDG d'une entreprise au bord de la faillite, contraint de déposer le bilan. Marié à Dana et beau-fils d'Aron Goldstein, riche et impitoyable homme d'affaire qui le méprise, Antoine doit se refaire s'il veut pouvoir sauver la trentaine d'employés que la fermeture de son usine va mettre sur le carreau. C'est ainsi que son ami et avocat Laurent Melki le met sur une piste qui pourrait lui permettre de se faire beaucoup d'argent : tenter une fraude à la TVA sur les quotas de carbone de grande ampleur. Pour cela, il fait appel à ses deux meilleurs amis, les frères Eric et Simon, les fils de Dolly Wizman, il est aiguillé vers Kamel Dafri, un très dangereux trafiquant de drogue qui accepte de lui prêter cinq millions d'euros, en contrepartie desquels, Antoine et les deux frères devront lui reverser le double dès qu'ils auront réussi leur coût. Mais en choisissant de faire appel à « l'arabe », ils vont plonger tous les trois dans un tourbillon de mort qui fera également des dégâts collatéraux.

Une véritable gifle. Voilà ce qui ressort du dernier long-métrage d'Olivier Marchal. Pas aussi noir que MR 73 mais sans conteste, aussi désespéré, Carbone ne souffre que d'un seul gros défaut qui, fort heureusement, se fera assez vite oublier dès lors que la Broyeuse sera entrée en action. Ce problème qui aurait pu faire chavirer le navire, c'est justement ce coup inspiré de la Carbone Connexion. Les personnages mettent en effet en place tout un réseau bien huilé consistant à profiter de la législation citée plus haut afin de détourner des fonds très importants. Le problème, c'est qu'Olivier Marchal y va un peu trop rapidement, rendant du coup cette phase du récit peu crédible. Un peu trop facile en réalité. Mais dès que la réussite des trois amis intéresse le très gourmand Kamel Dafri (impressionnant Moussa Maaskri), tout est oublié et l'on assiste impuissant à la chute d'Antoine, d'Eric, de Simon et de leurs familles respectives. Gérard Depardieu incarne le monstrueux Aron Goldstein et prouve une fois encore qu'il est non seulement capable d'interpréter des types vraiment affreux, mais qu'il a encore beaucoup de choses à offrir au public.

Le casting est en la matière, tout à fait remarquable. Grâce à la mise en scène concise d'Olivier Marchal et au montage de Julien Perrin et Raphaele Urtin, Laura Smet, Idir Chender, Gringe, la chanteuse Dani et même Michael Youn (qui décidément prouve de plus en plus sa valeur d'interprète) incarnent des personnages déchirés et passionnants. Une fois encore, le paysage cinématographique français peut s’enorgueillir d'avoir en sa possession un véritable joyau du thriller français. Benoït Magimel y est aussi sombre que lumineux. A voir sans modération...

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