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samedi 5 avril 2025

Un Cadavre au Dessert de Robert Moore (1976)



Un vieil homme excentrique invite les cinq plus grands détectives du monde à un dîner un peu particulier. En effet, Lionel Twain convie Dick et Doras Charleston ainsi que leur terrier. L'inspecteur Sidney Wang et son fils adoptif Willie. Milo Perrier et son assistant Marcel Cassette. Sam Diamond et sa secrétaire Tess Skeffington. Ainsi que Jessica Marbles et sa fidèle infirmière, Mlle Withers. Toutes et tous sont conviés dans une lugubre demeure. Mais très vite les choses se compliquent. Un pont branlant qui menace de s'effondrer au passage des invités et des statues qui tombent sur la tête des invités sous le porche de la porte d'entrée. Un sonnette qui « hurle », un majordome aveugle et une cuisinière sourde et muette. De dizaines de tableaux et de trophées accrochés aux murs. Des yeux vides qui permettent à l'hôte de ces lieux d'épier ses invités.

Lionel Twain a une très étrange proposition à faire à ses invités. Il les invité en effet à participer à un dîner durant lequel un crime sera commis au vu et au su de tous. Celui qui résoudra ce meurtre se verra empocher la somme d'un million de dollars. Les invités n'ont de toute façon pas le choix puisque fenêtres et portes sont fermées et protégées par de solides grilles métalliques...

Réalisé par Robert Moore en 1976, Un Cadavre au Dessert est une comédie policière jubilatoire. Un suspens en forme d'hommage à Agatha Christie qui ne ménage pas les spectateurs en terme de gags puisque les répliques ne cessent de fuser pour notre plus grand bonheur. Truman Capote, Alec Guinness, James Coco, Peter Falk, Eileen Brennan, Elsa Lanchester, David Niven, Maggie Smith et Peter Sellers pour ne citer qu'eux. Un casting flamboyant pour une intrigue passionnante située dans un manoir inquiétant. Des effets réussis (pluie, brouillard), des décors gothiques du plus bel effet et des dialogues extraordinairement bien écrits. Un Cadavre au Dessert se doit d'être vu en version originale évidemment. Mais que les réfractaires ne se fassent pas de soucis. La traduction est parfaite et la finesse de certains jeux de mots est conservée. Macabre et drôle, le film n'est pas avare en répliques cinglantes. Les actrices et acteurs sont tous géniaux. On prend plaisir à les retrouver, et notamment Peter Falk qui interprète cette fois-ci un inspecteur beaucoup plus vindicatif dans ses propos que dans l'excellente série qui l'a rendu célèbre.

On reconnaît à peine Peter Sellers, ici grimé en japonais qui omet les pronoms. Le film comprend des scènes d'anthologie comme celle qui nous convie à assister à un « dialogue » entre le majordome aveugle et la cuisinière sourde et muette. La fin du film se termine par une succession de six « twists » finaux qui succède à une série d'aveux de la part des convives, rappelant ainsi la plupart des œuvres cinématographiques inspirées par l’œuvre d'Agatha Christie. Un Cadavre au Dessert est donc une magistrale comédie macabre qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie...


dimanche 28 juillet 2024

Les infaillibles de Frédéric Forestier (2024) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Inès Reg, c'est quoi ? Après qu'une discussion endiablée ait été engagée entre mes cortex gauche, temporal et pariétal, laquelle a abouti à un match nul, je suis allé voir ce qu'avait pu faire dans sa courte carrière la jeune femme pour mériter d'être sur l'affiche de la dernière comédie réalisée par Frédéric Forestier. Une punition, diront certain, au regard d'une cinématographie qui ne brilla pas jusqu'à maintenant pour ses qualités artistiques ! Il paraît qu'Inès Reg est devenue populaire après la diffusion sur Tik Tok d'une vidéo qui serait devenue virale. J'espère m'être trompé en cliquant sur le mauvais lien parmi ceux qui me furent proposés car si vraiment l'engouement d'un certain public s'est construit autour de celle qui fut intitulée ''Des paillettes dans ma vie'', je crois bien que la France est foutue. Du moins, sa culture... Ensuite, et au regard du résultat qu'affiche à l'écran Les infaillibles, lire ici ou là que la jeune ''humoriste'' se sent plus à l'aise dans la comédie que dans la tragédie, c'est dire si le fossé qui l'aurait séparée d'une artiste de talent évoluant dans l'art dramatique aurait été pour elle parfaitement infranchissable. Quoique dans le domaine de la tragédie, après avoir découvert tout récemment que la demoiselle s'était épanchée sur le conflit l'opposant à la chanteuse québécoise Natasha St-Pier lors des enregistrements de l’émission ''Danse avec les stars'' en affirmant que la seule et unique victime, c'était elle, Inès Reg peut s'enorgueillir d'avoir un certain talent dans le domaine... de la ''comédie'', justement ! D'emblée, Les infaillibles pue ! Le titre évoque cette vague infâme de comédies françaises dont les pires représentants sont sans doute sortis ces dix dernières années. Parmi lesquels l'on retrouve Le dernier Mercenaire de David Charhon, Les Municipaux, Trop c'est Trop d'Eric Carrière et Francis Ginibre, Les SEGPAS de Ali Boughéraba et Hakim Boughéraba, Sentinelle de Hugo Benamozig et David Caviglioli, 38°5 quai des orfèvres de Benjamin Leher ou encore l'immonde Brutus vs César de Kheiron...


Mais ne nous arrêtons pas à ces quelques clichés qui voudraient que quelques jeunes ayant débuté sur les réseaux sociaux n'ont pas leur place sur les écrans de cinéma. Après avoir signé, au hasard, Le boulet en 2002, Les parrains en 2004, Astérix aux Jeux Olympiques en 2008 ou Chasse gardée il y a trois ans, Frédéric Forestier semble avoir choisi d'adopter le concept de certaines comédies assez bas du front voyant surgir dans la capitale des personnalités qui au demeurant auraient tout fait pour ne pas y être mutées. Paris n'étant d'ailleurs pas la seule ville de France que certains redoutent comme pu le démontrer en son temps Dany Boon avec Bienvenue chez les Ch'tis dans lequel le personnage incarné par Kad Merad, en homme du sud, était muté dans le Nord-Pas-De-Calais. Loin de moi l'idée de comparer l'un des plus gros succès du cinéma français avec le dernier long-métrage de Frédéric Forestier qui, quoi qu'on en dise, n'est pas non plus le pire cinéaste de l’hexagone ! Le problème provient surtout ici justement de la présence d'Inès Reg dans le rôle principal de la fliquette, Alia Samani. Prouvant qu'une seule année au Cours Florent au lieu des trois ans de formation exigés ne suffit pas à transformer un individu en acteur ou comédien de talent ! Pour une fois, commençons par la fin. J'ai faillit verser ma petite larme. Ces retrouvailles ou plutôt, cette rencontre entre l'héroïne et ce père qu'elle n'a jamais connu. Ouais, j'ai faillit couiner comme un chiard qui vient de sortir des entrailles de sa mère. Si seulement Inès Reg avait eu à ce moment très précis ne serait-ce qu'une once de talent, j'aurais sans doute mouillé une paire de Kleenex...


La meuf qui durant les quatre-vingt dix minutes qui viennent de passer n'a pas cessé de sortir une grossièreté toutes les deux phrases remporte lors de cette seule séquence de fin la palme de la pire interprétation dans la catégorie émotion. J'ai eu beau ressortir mes petites fiches, celles que je noircissais à l'époque où je ne tapais pas encore sur le clavier de mon ordinateur, et je vous jure qu'en comparant le jeu de l'actrice (un bien grand mot pour une si petite interprète) à celui de toutes celles qui sont passées devant mon regard ces quarante dernières années que je n'avais jamais eu l'occasion d'assister à un tel naufrage. D'ailleurs, dans les bons moments comme dans les galères, son personnage ne semble être doté que d'une seule et même expression. L’œil rond, le sourcil froncé et un léger sourire méprisant pour ses collègues au coin des lèvres ! À côté d'elle, son benêt de partenaire à l'air d'une lumière... Question charisme, Kévin Debonne semble avoir oublié son apparat de séducteur et de dur à cuir au vestiaire et comme lui rétorque si justement l'un de ses collègues lors de l'unique séquence où mes lèvres n'ont pu retenir un sourire : ''On dirait un pauvre sosie complémentent raté de Belmondo...''. Les infaillibles est un Buddy movie dans lequel une marseillaise vulgaire et un parisien un peu niais font équipe afin de faire tomber une équipe de braqueurs qui s'apprête à exécuter leur plus gros coup. Le duo Inès Reg/Kévin Debonne fonctionne mal. On ne croit pas à la complicité des deux interprètes qui logiquement aurait dû éclater au grand jour sachant qu'ils vécurent ensemble pendant six ans. La propension qu'a le scénario à rendre le rôle qu'incarne la jeune femme totalement détestable est assez effarante. Et ça n'est certainement pas les quelques séquences qui tentent d'apporter un peu de profondeur au récit qui arrangeront les choses. Comme on dit souvent, c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures. Ainsi, Philippe Résimont, Lionnel Astier et Moussa Maaskri sont ceux qui s'en sortent encore le mieux. Quant à ceux qui incarnent les collègues de nos deux (z)héros, si c'est ainsi que le réalisateur se représente les forces de l'ordre, avec leur ''parler'' de quartier, les français ont vraiment du soucis à se faire...

 

samedi 8 juin 2024

GIALLO - Mélodie Meurtrière (Giallo Napoletano) de Sergio Corbucci (1978) - ★★★★★★★☆☆☆

 


Il y a une semaine, nous débutions le cycle consacré au Giallo avec une œuvre signée de Sergio Martino. Nous la concluons désormais avec un long-métrage réalisé par Sergio... Corbucci... Notez que vous pouvez également cliquer sur la vignette se rapportant au genre dans la colonne de gauche. Vous y trouverez plus de quarante articles consacrés au Giallo. Bonne lecture à toutes et tous...

 

Tout ou presque est dans le titre... français. Traduction fidèle non pas de celui qui ornait les affiches italiennes mais plutôt du contenu de ce qui fut l'un des nombreux longs-métrages du très productif Sergio Corbucci, l'un des grands maîtres du western spaghetti dans les années soixante. Mélodie Meurtrière. Ce systématisme avec lequel s'emploie un mystérieux criminel à tuer des hommes en les jetant par la fenêtre. Un mode de fonctionnement assez particulier que l'on ne rencontre pas tous les jours dans le genre Giallo auquel le titre italien, lui, semble vouloir nous dire qu'il appartient : Giallo Napoletano qui se traduit littéralement par Jaune napolitain. Facile donc de se référer à un genre qui vit plus ou moins briller tant de cinéastes originaires de la Botte. Mais, faut-il le rappeler, le terme en lui-même signifie avant tout une couleur et non en genre. Et comme le jaune invoqué ne nous saute pas frontalement aux yeux et que Rosso (Rouge) aurait dû logiquement prendre sa place dans le titre original, il semblerait donc bien qu'il s'agisse là d'une volonté de la part du réalisateur italien d'intégrer ce concept même à une œuvre mélangeant humour et policier. La vedette de Giallo Napoletano y est le formidable acteur Marcello Mastroianni dont on ne présente plus la longue carrière auprès de nombreux et talentueux cinéastes parmi lesquels Dino Risi, Luigi Comencini, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini, Marco Ferreri ou Ettore Scola (sans parler de sa carrière à l'internationale). Il y tient le rôle de Raffaele Capece fils d'un joueur de casino invétéré croulant sous des dettes que le fils essaie d'éponger en jouant de la mandoline contre de menus pourboires...


Témoin bien malgré lui d'un meurtre transformé en suicide (un homme tombe d'un balcon, le premier d'une longue série), Raffaele va devoir justifier de sa présence sur les lieux et de son innocence en permanence. Face au commissaire Voghera mais aussi face aux truands Gregorio Sella (Franco Javarone) et Albino (Natale Tulli) qui le croient impliqué dans cette sale affaire qui va s'avérer mélanger meurtres et chantage. D'emblée, et d'une manière aussi futée que minimaliste employant la technique du ''split-screen'' (ici traitée dans sa plus simple expression), Sergio Corbucci annonce la couleur en exposant lors du générique, le mélange des genres auquel il va faire appel pour nous conter cette curieuse affaire criminelle. Une double image exposant d'un côté l'immense cinéaste britannique Alfred Hitchcock très justement connu sous le surnom de ''Maître du suspense'' et de l'autre, l'acteur comique d'origine napolitaine Antonio Griffo Focas Flavio Angelo Ducas Comneno Porfirogenito Gagliardi De Curtis di Bisanzio plus connu sous le sobriquet de Totò. Une manière pour Sergio Corbucci d'exprimer le choix d'intégrer l'humour au mystère et les bons mots aux meurtres. Le récit se déroule comme on s'en doute dans la ville de Naples où la criminalité gangrène certains quartiers et où la police, parfois, rechigne à agir. La mélodie du titre français, c'est celle qu'entonne pour la première fois le personnage interprété par un Marcello Mastroianni totalement ahuri et que l'on entendra à de nombreuses occasions. Une sérénade qui étrangement semble avoir le pouvoir d'engendrer des meurtres...


Mais tout ceci va très rapidement s'expliquer puisqu'il va s'agir ici de chantage, de truands et d'un commissaire qui arrive toujours avec un train de retard (l'efficacité napolitaine?). Intervient alors le grand chef-d'orchestre Victor Navarro qu'interprète notre immense Michel Piccoli national. Plus impliqué qu'il n'y paraît, victime lui-même de ce chantage dans lequel vont intervenir diverses ''éléments'' comme un enregistrement sur support magnétique ainsi que deux femmes superbes : d'abord sa compagne Elizabeth qu'interprète l'actrice italienne originaire de l’Érythrée Zeudi Araya, mais peut-être plus encore la sublime Ornella Mutti qui elle, interprète le rôle de Lucia Navarro, infirmière, épouse de Walter Navarro qui a mystérieusement disparu, et donc belle-fille du célèbre chef-d'orchestre. Giallo Napoletano est une savoureuse comédie policière dans laquelle l'expression stoïque de Marcello Mastroianni (de surcroît,affublé d'une jambe boiteuse, conséquence de la poliomyélite) et l'envoûtant regard d'Ornella Muti font des merveilles. L'intrigue n'en est cependant pas moins parfois relativement biscornue. Tout n'est pas très clair même si à la fin on se rassure lorsque nous sont enfin offertes les clés de cette drôle d'affaire criminelle à laquelle viendra se joindre le thème de la machination...
 
 

 

mardi 26 décembre 2023

Un stupéfiant Noël d'Arthur Sanigou (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆



 

Commençons par un peu de médecine, voulez-vous ? Assister au spectacle affligeant de la nouvelle comédie française Made in Amazon Prime, c'est un peu comme de mourir d'hypothermie. Notre corps combat le froid autant qu'il le peut mais notre système de défense interne ayant ses limites, il arrive un moment où notre température corporelle descend en dessous des trente-cinq degrés. Imaginez-donc qu'au delà de seulement deux degrés en deçà de la normale, notre production de protéines s'en trouve fortement perturbée... Alors, lorsque notre température descend sous les vingt degrés, pensez aux désastreuses conséquences que cela peut avoir sur notre organisme. Un cœur qui ralentit, le bon fonctionnement des muscles de nos poumons qui s'affaiblit, des membres qui s'engourdissent et des frissons qui en général apportent un regain de chaleur mais qui en cas d'hypothermie s'espacent. Et je ne vous parle même pas des engelures, symptômes beaucoup moins graves si on les compare au décès qui se profile dangereusement. OUI, Un stupéfiant Noël, c'est un peu le même sensation que de mourir dans une certaine confusion mentale, sans plus vraiment en avoir réellement conscience, les membres ''ankylosés''. Un peu de science, maintenant, à ne surtout pas reproduire chez soit malgré tout... Pauvres bêtes. Car une fois encore, le premier long-métrage d'Arthur Sanigou fait sans doute le même effet qu'une grenouille que l'on plonge dans une casserole d'eau froide et qui ne se rend pas compte que petit à petit, le bain dans lequel elle baigne monte en température jusqu'à atteindre l'ébullition, causant ainsi inévitablement sa perte... Que de morts par le froid ou par grandes chaleurs mais que l'on se rassure, à la fin de la projection d'Un stupéfiant Noël, on ne risque pas de finir entre six planches. La comparaison avec l'alpiniste qui va finir en glaçon pour cocktail géant et le batracien cuit dans une eau à la température d'un geyser islandais n'est pas tout à fait innocente puisque la comédie en question est typiquement le genre de production que l'on regarde avec un certain effarement avant de nous rendre compte en fin de projection que l'on aura finalement beaucoup ri !


Le concept est simple : S'inspirer des Soap Opera américains de fin d'année typés ''Fêtes de Noël' pour les retourner comme des gants et n'en extraire que l'aspect le plus mièvre. Saupoudré d'une bonne grosse rasade de gags bien lourds, Un stupéfiant Noël a pourtant ceci de particulier qu'il s'en dégage un parfum qui convient tout à fait en cette période de fêtes. Contrairement à ces dizaines de purges qui inondent nos salles obscures depuis de trop nombreuses années. Quelques exemples ? All Inclusive de Fabien Onteniente, BDE de Michael Youn, Alad'2 de Lionel Steketee, Brutus VS César de Kheiron, Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval, Les Blagues de Toto (et sa suite) de Pascal Bourdiaux, le dernier Astérix signé de Guillaume Canet (dont je terrai le titre) et bien entendu, mon chouchou. Celui que je n'oublie jamais de placer dans ce type de classement : Le Brillantissime de Michèle Laroque et auquel j'ajouterai celui que je ne peux décemment passer sous silence : le ''réalisateur'' David Charhon, notamment auteur des immondes Naufragés en 2016 (quand je pense que j'ai payé nos places de cinéma pour aller voir cette merde sur grand écran) et du tout aussi putride Le dernier mercenaire il y a deux ans. Allez, un petit dernier pour la route avant de passer aux choses sérieuses : le Sentinelle de Hugo Benamozig et David Caviglioli avec Jonathan ''j'ai qu'un seul répertoire à mon actif'' Cohen ! Sur le principe, Un stupéfiant Noël n'invente rien. Qu'il s'agisse de l'humour pour décérébrés qu'il nous arrive pourtant parfois de célébrer (comme pour La tour Montparnasse infernale de Charles Nemes, par exemple), du jeu outrancièrement caricatural ou même du concept d'échange des corps, tout passe ici à la moulinette du bon gros nanar franchouillard. À la seule différence que tout ici est assumé de la première ligne de dialogue jusqu'à la toute dernière seconde de tournage. Eric Judor, tout d'abord, lequel n'a à l'origine, pas beaucoup d'efforts à fournir pour que le rire s'échappe involontairement d'entre nos lèvres.


Une moumoute et une fausse moustache et le tour est joué. Dans le rôle de l'époux et du père de famille ringard et aux abois d'une série télévisée américaine qui voit à peine qu'un latino est en train de séduire sa femme lors des répétitions d'un futur concours de patins à glace, l'acteur accentue plus que jamais le rôle de bêta que lui ont souvent octroyé les cinéastes. Face à lui, un tout ''jeune'' interprète en la personne de Ragnar Le Breton. Célèbre spécialiste français de MMA, humoriste et donc acteur qui ici interprète le rôle de Greg, un flic apparemment plus préoccupé par sa carrière que par sa femme et leur fille qu'il délaisse quelque peu. Tandis qu'un assistant (Philippe Lacheau) du Père Noël fait une erreur de manipulation, la vie des deux hommes est chamboulée. En effet, le premier se retrouve dans la peau du second et vice versa ! Imaginez alors le désarroi pour les deux protagonistes mais le plaisir pour les spectateurs de les découvrir dans des situations qu'ils n'ont pas l'habitude de gérer. Surtout celle de Richard Silestone, personnage se glissant bien malgré lui dans la peau d'un policier infiltré dans un réseau de drogue. Le récit mêle deux intrigues aussi crétines l'une que l'autre. D'un côté, Richard Silestone va devoir faire tomber la patronne de ce même réseau de drogue visant à vendre des stupéfiant aux enfants tandis que Greg sera chargé de remporter avec Ellen (Lison Daniel) l'épouse de Richard, un concours de patinage artistique s'ils veulent empocher les cinquante mille euros qui leur permettra de garder leur maison que convoite le promoteur immobilier véreux Dix Nicecocks qu'interprète Alex Lutz. Bref, sous couvert d'un pitch qui semble avoir du sens, le spectacle que nous inflige Un stupéfiant Noël est vraiment ubuesque ! Et ça marche, c'est bien ça le pire. Film policier et comédie infantilisante se télescopent dans cette comédie qui tombe pile poil au moment des fêtes de fin d'année. C'est d'ailleurs un sacrilège que de l'avoir déjà mise à disposition des abonnés d'Amazon Prime car si vous vous retrouver seul le soir du réveillon de Noël ou qu'entre amis ou membres d'une même famille vous sentez que la soirée va tourner au vinaigre, le film sera un bon moyen de vous changer les idées même si au bout d'un certain temps la lourdeur du concept finira peut-être par vous lasser...

dimanche 24 décembre 2023

Beomjoidosi (The Outlaws) de Yunsung Kang (2017) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Alors que l'on attend la sortie prochaine des troisièmes aventures de l'inspecteur Ma Seok-Do, remontons jusqu'en 2017, année lors de laquelle nous découvrions pour la première fois ce flic aux méthodes peu conventionnelles. Voire parfois, singulières. Un type costaud, apprécié de ses collègues mais qui a pour habitude d'employer la manière forte face à de dangereux criminels lorsque cela s'impose. Alors que dans le premier volet de ce qui cette année est devenu une trilogie avec Beomjoidosi 3, les secondes aventures de Ma Seok-Do, rôle pour lequel rempilait déjà le très sympathique acteur sud-coréen Ma Dong-seok (Le Bon, la Brute et le Cinglé de Kim Jee-woon en 2008, Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho en 2016), nous étaient proposées quelques fort réjouissantes séquences de combats, dans ce Beomjoidosi premier du nom intitulé The Outlaws sur sur le marché international se montre relativement avare en la matière. Avant que le réalisateur Lee Sang-yong ne prenne la relève pour les second et troisième volets de la franchise l'on doit donc à Yunsung Kang la réalisation de ce premier épisode et premier film pour le réalisateur qui depuis n'a tourné que la comédie d'action policière Long libeu mokpo king yeongung en 2019 et la série Big Bet l'année dernière. Les deux autres longs-métrages seront quant à eux réalisés par son compatriote Lee Sang-Yong. Concernant Beomjoidosi, son récit s'inscrit à l'époque même où les autorités prirent la décision de nettoyer les quartiers du Chinatown de Séoul où vivent regroupés les individus d'origine sino-coréenne et dont une partie s'adonne à la criminalité. Le film repose donc sur des faits authentiques survenus dans les années 2000 afin de mettre un terme au banditisme qui gangrène la ville et en profite pour évoquer les problèmes liés à l'intégration des étrangers d'origine chinoise. Réalisateur mais également scénariste, Yunsung Kang développe un récit relativement tentaculaire dans lequel apparaissent divers structures criminelles. Certains boss collaborant avec les autorités policières. De cet agencement dont jusqu'à maintenant semblait émerger une certaine cohésion et un certain calme va surgir le chaos. Personnifié par le Mal absolu que va revêtir le personnage de Jang Chen, un individu originaire de Chine ultra-violent qu'incarne le très charismatique acteur et chanteur Yoon Kye-Sang. Un individu que le mensonge et SURTOUT, le vol de biens personnels rend fou.


Destinant les jours et les semaines à venir à prendre le contrôle du quartier quitte à se frotter aux patrons de la pègre locale, Jang Chen va systématiquement éliminer avec l'aide de ses deux complices Wi Seong-Rak (l'acteur Jin Seon-kyu, ici, méconnaissable avec son crâne rasé) et Park Byeong-Dik (Hong Ki-joon), tous ceux qui tenteront de faire barrage face à ses ambitions démesurées. Des gangs, oui, mais aussi Ma Seok-Do et ses collègues qui pour que l'enquête sur la série de meurtres qui vient d'avoir lieu en ville ne tombe pas entre les mains de la section des homicides de Séoul promettent d'arrêter et de faire enfermer dans les dix jours, vingt-cinq criminels dont Jang Chen, lui-même. Pour cette première aventure dans l'univers de Beomjoidosi, Yunsung Kang nous offre du grand spectacle, entre comédie policière et action. Mais l'humour ne doit surtout pas faire oublier que le film se montre très souvent d'une cruauté et même parfois d'une noirceur rares. En effet, l'un des antagonistes personnifiés par l'acteur Yoon Kye-sang va se montrer d'une violence crue parfois inimaginable. Tuant et faisant démembrer par ses hommes tous ceux qui ne remboursent pas leurs dettes ou refusent de se plier à ses exigences. Le parfait bad guy auquel va se frotter le courageux Ma Seok-Do et ses coups de poings légendaires. Le film s'inscrit dans un contexte social réaliste, se basant notamment sur l'Incident de Heuksapa qui plus de dix ans en arrière avait été le théâtre d'affrontements entre deux gangs. Celui de Heuksapa justement, et celui d'un gang local de Séoul situé à Garibong-dong. Si l'accumulation de personnages secondaires peu au début rebuter, pas de doute à avoir : la mise en scène de Yunsung Kang est millimétrée et l'on ne se perd pas dans les méandres d'affaires crimino-policières où tout le monde cherche à se faire une place. Pince sans rire, l'acteur Ma Seok-Do joue de son impressionnante carrure tout en jetant ici et là des répliques drôles qui souvent font mouche. Ce sympathique personnage faussement bourru réapparaîtra cinq ans plus tard dans l'excellent The Roundup (Beomjoidosi 2) dans lequel il aura fort à faire puisqu'il devra y affronter un tueur en série psychopathe qui tue systématiquement des touristes coréens sur le sol vietnamien...

 

dimanche 1 octobre 2023

L'arme fatale 2 de Richard Donner (1989) - ★★★★★★★☆☆☆




Deux ans après leur première apparition sur grand écran, deux des plus célèbres flics du cinéma d'action refont leur apparition en 1989 dans L'arme fatale 2. Toujours réalisée par Richard Donner, cette suite met donc en scène le très agité et peu conventionnel Martin Riggs (l'acteur Mel Gibson) et le bon père de famille et très protocolaire Roger Murtaugh (Danny Glover). Martin est toujours hanté par la mort de son épouse décédée dans un grave accident de la route tandis que Roger pense déjà à prendre sa retraite. L'arme fatale 2 met également en scène un nouveau personnage qui deviendra récurrent puisqu'il apparaîtra également dans les épisodes 3 et 4 sous le nom de Leo Getz, un escroc qui vient de se retourner contre son employeur et a accepté de témoigner contre lui lors d'un futur procès. Martin Riggs et Roger Murtaugh sont donc chargés de le protéger jusque là. C'est l'acteur Joe Pesci qui interprète ce petit personnage aussi difficile à maintenir en place qu'une anguille et dont la particularité est de terminer chacune de ses phrases par ''Okay, okay, okay'' ! Dans ces secondes aventures de cette légendaire série de longs-métrages de type Buddy Movie, les caractères des personnages incarnés par Mel Gibson et Danny Glover s'affrontent une nouvelle fois pour le bonheur des spectateurs qui assistent à l'une des meilleures comédies policières de la fin des années quatre-vingt. Entre répliques qui font mouche, fusillades et confrontations avec l'ennemi, L'arme fatale 2 offre un véritable florilège de scènes d'action et quelques moments plus intimistes comme la relation naissante entre Martin Riggs et Rika Van Den Haas, l'avocate de l'antagoniste du récit. Ce personnage féminin particulièrement séduisant est interprété par la chanteuse Patsy Kensit qui avant de prendre un virage à trois-cent soixante degrés en se tournant vers le cinéma était la chanteuse du groupe pop Eight Wonder qui connut notamment un immense succès en Europe avec des titres tels que I'm not Scared ou Cross my Heart en 1988. Si un stylo en or réveillera les vieux démons de Riggs, la jeune femme, elle, parviendra à les rendormir... du moins, pour un temps !


Face à nos deux flics et leur témoin, une bande lourdement armée dirigée par un certain Arjen Rudd (l'acteur Joss Ackland), ministre du Consulat de l'Afrique du Sud intouchable pour lequel Leo Getz blanchissait jusque là de très fortes sommes d'argent. Bénéficiant d'un budget plutôt confortable pour l'époque quoique loin d'être mirobolant, le nouveau long-métrage de Richard Donner passe donc des quinze millions du premier à vingt-cinq pour cette suite qui jouit de nombreux effets pyrotechniques. Cette suite est en effet le terrain de jeux d'hommes dont l'impunité les pousse à massacrer du flic à tours de bras. À intervalles réguliers, le récit central est entrecoupé de séquences plutôt drôles comme lorsque les collègues de Riggs parie sur l'éventualité pour lui d'ôter une camisole de force en moins de cinq minutes ou lorsque Murtaugh a le plaisir de découvrir en compagnie des siens et de son meilleur ami la publicité à laquelle vient de participer sa fille Rianne (l'actrice Traci Wolfe). Sans compter la fameuse scène des toilettes ou les diverses interventions de Leo Getz ! De plus, Riggs s'amuse en comparant les méchants du film à une bande de nazis dont il surnomme le chef Aryan et son bras droit Adolf  (Derrick O'Connor dans le rôle de Pieter Vorstedt) ! Sous ses allures de comédie policière, L'arme fatale n'est en pas moins doté de quelques rares séquences réellement tragiques comme la découverte du cadavre immergé de Rika lors du dernier tiers du récit. Cette première suite d'une franchise qui compte pour l'instant quatre volets (et dont nous attendons le cinquième qui doit être réalisé par Mel Gibson lui-même) sera également l'occasion pour Martin Riggs de régler ses comptes avec celui qui fut responsable de la mort de sa femme. Le film est à l'échelle mondiale un authentique succès qui dépasse de loin celui du premier volet sorti deux ans auparavant. L'arme fatale rapporta cent-vingt millions de dollars tandis que la suite, elle, en rapportera deux-cent vingt-sept ! Il faudra patienter trois années supplémentaires avant que nos deux célèbre flics de Los Angeles ne réapparaissent sur grand écran dans L'arme fatale 3, toujours réalisé par Richard Donner...

mercredi 13 septembre 2023

Sentinelle de Hugo Benamozig et David Caviglioli (2023) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a des mystères insondables qui ne s'expliquent que par une forte fièvre due au paludisme ou par une ironie si profondément enfouie en soit que l'on pourrait la croire être le fruit d'un propos au premier degré. D'où la question : doit-on remercier notre vénérable Otto pour sa critique de Sentinelle ou mérite-t-il l'échafaud en nous ayant fait croire que le dernier long-métrage de Hugo Benamozig et David Caviglioli était ''La meilleure comédie française depuis un bail'' ? En même temps, les fidèles adorateurs du géniteur des remarquables anthologies Videothon n'ont aucune bonne raison de lui reprocher d'avoir aimé le film puisqu'il n'est en rien responsable du naufrage que représente le cinéma comique français de ces deux dernières décennies. Jonathan Cohen tient le rôle principal de Sentinelle. Un type plus préoccupé par sa carrière de chanteur que par son emploi de flic. Un type sympa que ce Jonathan Cohen... Plutôt amusant au demeurant... Du moins, jusqu'à un certain point. Car à trop vouloir tirer sur l’élastique, celui-ci pète pour vous revenir en plein visage. En effet, y'en a marre de voir l'acteur répéter sans cesse et sans la moindre variante le même personnage. Au point qu'il finit par réussir à dégoûter les plus courageux d'entre nous. Le contraste entre l'objet que nous avons entre les mains et le ressenti d'une partie de la presse dont certains critiques du Figaro, du Parisien, de Elle ou des Inrockuptibles qui entreprirent de mettre d'excellentes notes au long-métrage me font me demander dans quelles mesures il s'agissait là du même film. Car à moins d'être totalement décérébré, de n'avoir en matière de comédie que des goûts de chioXXX, d'avoir misé des milliers de dollars dans cette affaire ou d'être un proche des auteurs ou de leur interprète principal, il n'y a très honnêtement pas là, de quoi frémir de plaisir devant ce qui demeure, selon moi (désolé Otto), l'une des pires choses à avoir vu le jour non pas sur grand écran mais directement sur la plate-forme Amazon Prime ! Sentinelle est d'une lourdeur abyssale.


Une décalcomanie de Brice de Nice qui pourtant semblait à son époque avoir volontairement choisi de faire dans le beauf. Pire que le cinéma de Michèle Laroque (la réalisatrice, pas la comédienne) mais bien au niveau du désastreux Brutus VS César de Kheiron, le long-métrage de Hugo Benamozig et David Caviglioli se veut un savant mélange de comédie et de film policier. Une très pâle parodie de références américaines au cœur desquelles les cinéphages puiseront leurs propres modèles. Plus grave : Sentinelle a tendance à démontrer sinon les faibles capacités d'évolution en matière d'interprétation de la part de son acteur principal, du moins sont incapacité à faire autre chose que ce pour quoi il est devenu célèbre. Jonathan Cohen a beau faire le pitre en usant de gimmicks usés jusqu'à la corde, il ne fait plus rire personne en dehors de ses fans hardcore (s'il en reste encore). Bien que n'étant pas non plus extraordinaire quoique tout à fait envisageable lors d'une soirée sans projet particulier, Terrible Jungle, le premier long-métrage de Hugo Benamozig et David Caviglioli était plutôt sympa. Mais le retour du duo à la mise en scène est malheureusement totalement raté. On ne parle bien évidemment pas des seconds rôles qui dans Sentinelle sont complètement éclipsés à cause de la trop grande monopolisation de Jonathan Cohen, lequel envahi totalement l'espace vital de ses partenaires. Celui de Raphaël Quenard, d'Emmanuelle Bercot, de Gustave Kervern ou même celui de Ramzy Bedia qui, la même année que Astérix et Obélix : L'Empire du milieu de Guillaume Canet (autre purge de haute volée), se voit une fois encore affublé d'une perruque ! Seule bonne nouvelle pour les producteurs, le film n'a coûté que cinq millions d'euros environ. Il est à supposer que le film attirera suffisamment de monde devant son petit écran pour rembourser ceux qui le financèrent. Pour celles et ceux qui auraient malgré tout l'intention de voir Sentinelle, prévoyez tout de même une boite entière de Primperan en cas de nausées... !

 

samedi 20 août 2022

See No Evil, Hear No Evil de Arthur Hiller (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si la chose ne transparaît pas forcément à l'écran, il faut savoir que l'excellent duo formé par les acteurs Gene Wilder et Richard Pryor ne reflétait absolument pas leur vie intime respective (les deux hommes ne se fréquentant effectivement pas en dehors des jours de tournage). En effet, alors que Gene Wilder avait pour habitude de travailler avec rigueur, Richard Pryor avait quant à lui pour coutume d'arriver en retard sur les plateaux de tournage. Une habitude qui n'allait pas sans une importante consommation de drogues et d'alcool. Des penchants qui privèrent les deux hommes de travailler sur ce qui allait devenir en 1983, l'une des plus remarquables et des plus drôles des comédies américaines traduite chez nous sous le titre Un fauteuil pour deux de John Landis. Remplacés par l'excellent duo Eddie Murphy et Dan Akroyd, on n'ose imaginer à quoi aurait ressemblé le film s'il avait été interprété par le duo formé par Gene Wilder et Richard Pryor, lequel n'est au fond pas si éloigné que celui que formèrent donc pour un court moment les deux autres vedettes de cinéma. Bêtement traduit sous le titre Pas nous, pas nous, le vingt-sixième long-métrage cinématographique du réalisateur Arthur Hiller See No Evil, Hear No Evil sera l'avant-dernière collaboration entre Gene Wilder et Richard Pryor après Transamerica Express (également signé d'Arthur Hiller en 1976), Faut s'faire la malle de Sidney Poitier en 1980 et avant Another You qui lui, sera réalisé en 1991 par Maurice Phillips. Rien d'étonnant à ce que See No Evil, Hear No Evil soit une comédie, nous retrouvons donc les deux acteurs au centre d'un récit burlesque dans lequel un aveugle (Richard Pryor dans le rôle de Wally Karue) et un sourd (Gene Wilder dans celui de Dave Lyons) s'avèrent être les témoins uniques d'un assassinat ! Ces deux hommes, qui ne se connaissent pas, tentent tout d'abord de cacher qu'ils sont l'un et l'autre atteints d'un handicap. Ce qui nous vaut parfois quelques situation particulièrement absurdes mais drôlatiques. Comme celle mettant en scène l'aveugle aidant un autre aveugle à traverser la rue ! Ou celles lors desquelles l'attention du sourd est détournée (il est en effet capable de lire sur les lèvres).


Arthur Hiller met bien évidemment ses deux interprètes dans des situations qui se joueront de leurs inaptitude à voir ou à entendre. Richard Pryor se retrouvera notamment au volant d'une voiture et Gene Wilder devra taper du pied au sol ou tenir la main de son comparse s'il veut que celui-ci parvienne à le suivre dans la rue. D'abord connu pour avoir réalisé en 1970 la romance dramatique Love Story avec Ali McGraw et Ryan O'Nea, ce film qui rencontra le succès et qui remporta un certain nombre de récompenses dans les festivals n'empêcha pas son auteur d'investir avant et après les domaines du film de guerre (Tobrouk, commando pour l'enfer), de l'horreur (Morsures) ou de la comédie, genre qu'il aborda à de multiples reprises (Ras les profs ! en 1984 avec Nick Nolte). Duo savoureux et antinomique (comme dans la vie, le personnage incarné par Gene Wilder apparaît moins loufoque que celui interprété par Richard Pryor). Nous sommes au États-Unis et comme le veut la ''tradition'', nous sommes face à une comédie jouant davantage sur les mimiques de ses deux principaux interprètes que sur la subtilités des dialogues. See No Evil, Hear No Evil joue sur deux tableaux. L'humour, bien sûr, mais également le policier puisque soupçonnés de meurtre, ils seront traqués par la police. Mais aussi et surtout par un duo de criminels interprétés par Joan Sevenrance (dans le rôle de Eve) et... Kevin Spacey, oui, l'un des charismatiques personnages du film culte de Bryan Singer Usual Suspects, du bouleversant La vie de David Gale d'Alan Parker ou l'auteur lui-même de l'excellent thriller Albino Alligator en 1996. Arthur lui offre un petit rôle, celui du bras droit d'Eve, Kirgo ! Même si See No Evil, Hear No Evil n'est certes pas remarquablement fin (ils s'y sont tout de même mis à six pour écrire ou adapter le scénario), il n'est pas rare que l'on rigole ou que l'on sourit lors de courtes séquences ubuesques (Richard Pryor se faisant notamment passer pour le gynécologue suédois Johansson !). Mais la multiplicité des scénaristes a pour conséquence, un imprévu : le film d'Arthur Hiller ressemble parfois à un patchwork de séquences humoristiques lui donnant les allures d'une compilation de sketchs dont seraient les héros presque exclusifs, Gene Wilder et Richard Pryor. See No Evil, Hear No Evil est notamment l'occasion de quelques balades en voiture ou à pied dans le New York des années soixante-dix... Richard Pryor et Gene Wilder rejoueront une dernière fois ensemble et iront longtemps après rejoindre les étoiles du cinéma à dix ans d'intervalle. Le premier en 2006 et le second en 2016...

 

dimanche 12 juin 2022

Mais qui a re-tué Pamela Rose ? de Kad Merad et Olivier Baroux (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À l'origine, il faut remonter jusque dans les années quatre-vingt dix lors desquelles, le duo d'humoristes Kad Merad et Olivier Baroux animaient l'émission Rock'n'roll circus sur Oui FM ! Entre 1992 et 1997, il mettent effectivement en scène des sketchs et parmi ceux-ci, une série intitulée Mais qui a tué Paméla Rose ? dont le titre faisait très clairement référence à la série américaine créée par le réalisateur David Lynch, Twin Peaks. Une série humoristique radiophonique qui se transforme ensuite en une série télévisée elle aussi bourrée d'humour lorsque le duo intègre l'équipe de La Grosse émission diffusée sur Comédie !. Deux ans après leur passage sur la chaîne créée à l'origine en 1997 par l'ancien Nuls Dominique Farrugia, Kad Merad et Olivier Baroux se retrouvent au cinéma grâce à l'adaptation de leurs sketchs sur grand écran. C'est le réalisateur Eric Lartigau qui réalise la version cinématographique simplement intitulée Mais qui a tué Pamela Rose, lequel en profite ainsi pour débuter sa carrière au cinéma (on le verra d'ailleurs trois ans plus tard derrière la caméra de Un ticket dans l'espace dans lequel il retrouvera les deux humoristes ainsi que Guillame Canet, André Dussollier, Thierry Frémont ou les deux anciens Robins des Bois, Marina Foïs et Pierre-François Martin-Laval. Quant à Mais qui a tué Pamela Rose, il sera pour Olivier Baroux l'occasion de jouer pour la première fois au cinéma tandis que son comparse avait déjà figuré pour de petits rôles dans une poignée de longs-métrages (Le pharmacien de Garde de Jean Veber ou La beuze de François Desagnat et Thomas Sorriaux). Alors qu'il a déjà réalisé quatre films dont le premier volet de la saga Les Tuche ou l'excellent L'italien (dont il offrit le premier rôle à son binôme humoristique), Olivier Baroux réalise lui-même en 2015 une suite inattendue de l'adaptation de leur série de sketchs sous le titre (absurde mais bien dans le ton de l'humour du duo) Mais qui a re-tué Pamela Rose ?. Si cette fois-ci Eric Lartigau ne fait plus partie de l'aventure, Olivier Baroux ne sera pas seul à la mise en scène puisque Kad Merad qui jusque là n'avait réalisé qu'un seul long-métrage (Monsieur Papa en 2011) sera à ses côtés afin d'assurer une partie de la réalisation. ..


Réalisé presque dix ans après les premières aventures du duo d'agents du FBI Richard Bullit et Douglas Ripper qui en 2003 furent conviés à enquêter sur la mort d'une jeune femme survenue dans la petite localité de Bornsville, les deux hommes ne se sont plus revus depuis très longtemps. Trahit par Ripper qui lui a volé sa petite amie (Laurence Arné dans le rôle de la blonde botoxée, Linda), Bullit vit désormais dans un quartier tranquille, entouré de voisins charmants tandis que Ripper, bedonnant et déprimé depuis qu'à son tour il se soit fait volé le cœur de celle qu'il aime par son supérieur hiérarchique (Laurent Lafitte, égal à lui-même, dans le rôle de David Perkins) continue d'exercer son métier d'agent du FBI. Oui mais voilà, le corps de Pamela Rose ayant disparu après avoir été exhumé, les deux hommes vont se réunir à nouveau afin de se lancer dans une nouvelle enquête. Première constatation : il ne reste plus grand monde du casting d'origine. À dire vrai, si l'on ne tient pas compte du fait que Laurent Lafitte était au générique du premier dans le rôle d'un ambulancier et Lionel Abelanski dans celui d'un lieutenant seuls Kad Merad et Olivier Baroux reprennent du service. Exit donc Gérard Darmon, Jean-Paul Rouve, Bénédicte Loyen, François Cluzet, Alain Chabat qui faisait une très sympathique apparition dans le rôle d'un chanteur de country ou encore Marina Foïs en cliente de pharmacie et Virginie Ledoyen en femme de ménage espagnole. Dans cette séquelle, nous retrouvons donc Audrey Fleurot dans le rôle de la présidente des États-Unis of America, Laurent Lafitte, comme précisé plus haut, Guy Lecluyse dans celui de Steven Kowachek ou Omar Sy dans la peau du garde du corps William Mosby. Sans compter tous les petits rôles composés par François Morel, Alain Doutey, Patrick Bosso ou bien encore le chef-cuisinier Guy Savoy qui interprète son propre rôle...


Olivier Baroux et Kad Merad demeurent une fois de plus à l'écriture, toujours accompagnés par le scénariste Julien Rappeneau. Si le premier long-métrage réunissant les personnages de Bullit et Ripper avait été exclusivement tourné dans l'hexagone, une partie du second fut par contre réalisée sur le territoire américain et plus précisément à Washington où se situe la Maison Blanche. Les deux acteurs/réalisateurs expliqueront d'ailleurs la présence de faux raccords par la volonté de vouloir exploiter au maximum les prises de vue exécutées devant le célèbre monument. On retrouve bien entendu l'humour typique du duo même si en comparaison cette séquelle est un peu plus faible que le premier volet en terme de comique. Mais qui a re-tué Pamela Rose ? mêle une fois de plus comédie et policier et les gags naviguent entre absurde et grotesque. Que le film n'ait pas la portée des sketchs d'antan ne fait aucun doute mais il n'en bénéficie pas moins de quelques séquences plutôt amusantes comme l'interrogatoire mené par un Bullit en mode ''pervers'' auprès d'une jeune femme dans une église, le coup de la porte qui claque, le combat de catch ou la visite de l'avion présidentiel Air Force One. Malheureusement, le long-métrage a du mal à tenir sur la longueur et souffre de la présence de séquences inutiles dont l'humour tombe à plat. Mais pour une alternative française à l'esprit des ZAZ, Mais qui a re-tué Pamela Rose ? ne s'en sort pas trop mal. Et puis, c'est à cette époque là, toujours un plaisir que de voir se recomposer le fameux duo Kad et O. À noter que les aventures de deux des agents du FBI les plus maladroits ne se sont pas terminées avec la sortie de ce film puisque fin 2020, Kad Merad et Olivier Baroux ont créé un concept de film audio basé sur leur célèbre duo. La chose se nomme Bullit et Riper et a été diffusée pour la première fois sur Canal+ le 25 décembre de cette même année...

 

samedi 16 novembre 2019

La Grosse Caisse d'Alex Joffé (1965) - ★★★★★★★☆☆☆



Après Les Hussards en 1955, Fortunat en 1960, Le Tracassin ou Les Plaisirs de la Ville en 1961, Les Culottes Rouge en 1962 et avant Les Cracks en 1968, année de son dernier long-métrage, le réalisateur français Alex Joffé offrait à l'acteur Bourvil son quatrième et avant dernier-rôle dans l'un de ses longs-métrages. Situant son action dans le métro parisien du milieu des années soixante, La Grosse Caisse est une comédie policière extrêmement plaisante à suivre grâce notamment à l'interprétation de son principal interprète ainsi que de l'antagoniste incarné par l'acteur Paul Meurisse. Loin du sinistre Michel Delassalle du chef-d’œuvre d'Henri-Georges Clouzot Les Diaboliques, ce dernier interprète le personnage de Paul Filippi. Un truand séduisant qui après avoir bénéficié d'un non lieu dans une nouvelle affaire d'escroquerie approche le poinçonneur de RATP Louis Bourdin. Deux individus sans rapports aucun, mais qui vont faire un bout de chemin ensemble après que le second ait contacté le premier pour lui proposer une affaire particulièrement juteuse (le hold-up des six-cent millions d'anciens francs embarqués à bord de la rame des finances passant chaque soir vers minuit).

La Grosse Caisse, c'est l'alternative choisie par un honnête poinçonneur, amoureux de sa jolie collègue de travail Angélique (la charmante Françoise Deldick), auteur d'un manuscrit dans lequel il détaille le hold-up de la rame des finances. Un ouvrage dont il confie la lecture à la belle Angélique qui s'empresse de lui confier après avoir passé la nuit à lire le manuscrit, tout le bien qu'elle en pense. La grosse tête et les chevilles qui enfle, Louis se voit déjà publié par un éditeur de renom. Mais alors que le manuscrit lui revient en retour après l'avoir envoyé à différentes maisons d'édition, il décide de prendre sa revanche en prouvant que contrairement aux affirmations de ces dernières qui évoquent l’invraisemblance du récit, le hold-up est possible. C'est donc ainsi que Louis cherche à confier son projet à un criminel d'envergure. Après une tentative qui s'est soldée par un méchant coup de pied aux fesses, il tombe sur un article dans un quotidien dans lequel le rédacteur évoque le non-lieu dont a bénéficié le truand Paul Pilippi. Louis décide donc de faire appel à ce dernier...

C'est un réel plaisir que de retrouver pour la quatrième fois l'acteur Bourvil dans un long-métrage signé d'Alex Joffé. Œuvre en noir et blanc, La Grosse Caisse fait la part belle au métro parisien puisqu'une grande majorité des scènes sont tournées dans quelques-unes des stations du Métropolitain traversées par des rames Sprague-Thomson qui furent les premières à être entièrement conçues en métal. On notera quelques passages situés dans la station Arsenal qui à l'époque avait déjà été abandonnée depuis plus de vingt-cinq ans et qui sert depuis à la formation des agents du département de maintenance des équipements. Elle sert dans La Grosse Caisse de point névralgique au braquage de la rame des finances, décorée de vieux modèles de voitures exposées sur les quais de la station.

Bourvil et Paul Meurisse campent un tandem d'antagonistes savoureux. D'un côté, on retrouve un Bourvil tantôt amoureux, tantôt prétentieux (l'hypothétique édition de son roman lui donnant des ailes), parfois trouillard mais en général, surtout drôle et attachant. De l'autre, un Paul Meurisse suave, classe et posé. Un gangster à l'ancienne, respectueux de certaines traditions (son personnage reconnaîtra notamment s'être servi du poinçonneur afin que ce dernier échappe à la prison). Le plaisir est donc réel, teinté de séquences parfois très amusantes, tel le passage dans le bar-restaurant durant lequel Louis tente de faire lire à un type qui vient tout juste de sortir de prison sa proposition écrite de hold-up. Outre les deux principaux interprètes, on retrouve également à l'écran tout un panel de seconds rôles savoureux eux aussi : Roger Carel interprète le chef de station Monsieur Souverstre, Daniel Ceccaldi le collègue de Louis Bourdin, Pignol. Quant à Tsilla Cheldon, on la retrouve neuf ans avant son rôle de dame pipi des toilettes de la gare de l'est dans la comédie de Jacques Besnard C'est pas parce qu'on a rien à Dire qu'il faut Fermer sa Gueule, mais dans le rôle d'une marchande de journaux. Une très sympathique comédie...

samedi 7 septembre 2019

Red Heat de Walter Hill (1988) - ★★★★★★★☆☆☆



Réalisé en 1988 par le cinéaste américain Walter Hill auquel on doit un sacré paquet d'excellents films d'action et de comédies (The Warriors en 1979, Southern Comfort en 1981, 48 Hours en 1982, Comment Claquer un Million de Dollars par Jour en 1985 ou encore Extreme Prejudice en 1987 en ce qui concerne la première moitié de sa carrière de cinéaste), Red Heat (Double Détente) constitue un aboutissement pour le réalisateur et l'un des deux principaux interprètes qui rêvaient en effet de tourner un film ensemble. C'est donc dans la peau d'un flic de la milice russe, le Capitaine Ivan Danko que l'on retrouve l'une des grandes stars du film d'action de l'époque, l'acteur austro-américain d'origine autrichienne Arnold Schwarznegger auquel est affublé le sergent Arthur Ridzik qu'incarne l'acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain James Belushi.

Sévèrement burné, Red Heat oppose deux flics aux méthodes, aux cultures et à la morale diamétralement opposées à un trafiquant de drogue échappé de son pays d'origine, l'URSS, lui-même incarné par l'acteur américain Victor Ed O'Ross. Une ''gueule'' que celle de cet interprète qui jouera face à Mel Gibson dans L'Arme fatale, interprétera un flic ''investi'' par une forme extraterrestre dans le génial Hidden de Jack Sholder ou poursuivra dès 1993 sa carrière d'acteur sur le petit écran avec les séries policières Arabesque et Walker, Texas Ranger ou le téléfilm : FBI : Enquête Interdite. L'un des principaux atouts de Red Heat, outre l'action effrénée et les excellents seconds rôles incarnés par de vraies gueules de cinéma (Peter Boyle, Laurence Fishburn, Richard Bright, etc...) et la touche féminine apportée par l'actrice Gina Gershon demeure dans le contraste du duo formé par Arnold Schwarznegger et James Belushi qui, passant d'un binôme aux méthodes divergentes finiront par se supporter et même s'apprécier afin de mener à bien une mission pour le moins généreuses en gunfight et en cadavres.

Produit par la défunte société de production cinématographique américaine Carolco Pictures qui fut à l'origine des mythiques Rambo de Ted Kotcheff en 1982, Angel heart d'Alan parker en 1987, de L'Échelle de Jacob d'Adrian Lyne en 1990 ou encore de Basic Instinct de Paul Verhoeven en 1992, Red Heat est un excellent film d'action dans lequel James Belushi tient le rôle du flic instable et sur la sellette et Arnold Schwarznegger celui du policier russe droit comme la justice et froid comme l'hiver qui dans le pays d'origine de son personnage couvre deux tiers du territoire durant six mois de l'année. Le duo fonctionne à la perfection, jouant sur l'antinomie apparente de ses deux principaux personnages qui au fond, œuvrent dans le même sens tout en ayant chacun de leur côté, des méthodes pas toujours légales pour faire plier les malfrats. L'important pour Walter Hill comme il lui est arrivé de le préciser, n'était pas uniquement de pouvoir enfin engager l'ancien ''Monsieur Muscle'', mais de prouver qu'il était autre chose qu'une simple machine détruisant tout sur son passage... Moins drôle que certains duo cinématographiques et moyennement reçu par la critique américaine, Red Heat demeure cependant un excellent divertissement...
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