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samedi 23 mars 2024

Bruce Campbell - My Name is Bruce de Bruce Campbell (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour terminer ce minuscule tour d'horizon de l'acteur Bruce Campbell, nous allons aborder le troisième long-métrage qu'il réalisa en 2007, soit deux ans après Man with the Screaming Brain et Make Love ! The Bruce Campbell Way. Dans My Name is Bruce, l'acteur, réalisateur et scénariste fait non seulement la part belle aux divers personnages qu'il incarna au cinéma mais également à sa propre personnalité en tant que célébrité du septième art même si comme nous allons très rapidement le constater, l'image qu'il va donner de lui-même durant une grande partie du récit ne sera pas des plus reluisante. Tout démarre lorsque quatre adolescents se retrouvent dans un cimetière chinois pour s'y faire des papouilles. Là-bas, le fils de la serveuse Kelly Graham, Jeff (l'acteur Taylor Sharpe), fait l'erreur d'emporter avec lui un symbole qui depuis de nombreuses années permettait de retenir prisonnier un démon. En effet, une légende veut qu'il y a très longtemps, une centaine d'ouvriers chinois furent ensevelis vivants à la suite d'un éboulement. Le Dieu Guan Di désormais libéré, les habitants de Gold Lick sont en danger. Se remémorant les actes héroïques perpétrés par les personnages incarnés au cinéma par Bruce Campbell, le fils de Kelly décide de kidnapper l'acteur afin qu'il les aide à défier le démon. D'abord réticent mais attiré par la beauté de la jeune serveuse, Bruce accepte finalement d'aider les habitants de Gold Lick, tout en supposant qu'il ne s'agit que d'une simple légende. Lourdement armés, les villageois et Bruce se rendent alors jusqu'au cimetière afin de le défier mais lorsque ce dernier réalise que Guan Di existe réellement, il décide de prendre la fuite, laissant ainsi les habitants à leur triste sort... Dans My Name is Bruce, Bruce Campbell s'autoparodie. Mais il ne fait pas que moquer les personnages de Ash ou de ceux de plusieurs autres longs-métrages dans lesquels il apparaît mais confond au contraire la fiction et la réalité. Présenté tout d'abord comme étant le héros de la série Evil Dead à travers le regard de son fan le plus fervent, Bruce Campbell se caricature en tant qu'interprète et la différenciation entre l'homme de cinéma et les différentes incarnations affichées tout au long de sa carrière s'enchevêtrent.


À l'image de Man With the Screaming Brain qu'il réalisa donc en 2005, My Name is Bruce est une pitrerie humorstico-fantastique en forme de mise en abyme du cinéma dans laquelle il rend un vibrant hommage au cinéma Z. Œuvre dans laquelle il situe sa carrière à mi-chemin entre des longs-métrages depuis devenus cultes et d'autres dont la popularité ne s'étend parfois pas au delà du cercle de fans dont il a su s'entourer. Situant son action dans un patelin reculé et peuplé de culs-terreux, Bruce va y faire la connaissance d'une charmante jeune femme qui indirectement le contraindra à faire fi de sa lâcheté pour sauver les habitants d'une terrible malédiction qui depuis l'erreur causée par Jeff n'a de cesse de peser sur eux. Comédie d'horreur burlesque, My Name is Bruce fait la part belle à des répliques souvent bas du front et constitue finalement le résumé d'une carrière bien remplie au service de l'humour et de l'horreur. Les références au cinéma propre à Bruce Willis sont nombreuses quoique parfois imaginaires. Face aux habitants de Gold Lick et face à Bruce Campbell, la créature zédifiante est d'une étonnante laideur. Et l'on ne parle pas spécifiquement de l'incarnation du Mal mais bien de son apparence qui une fois encore semble s'inspirer du cinéma d'horreur à petit budget. En réalisant My Name is Bruce, Bruce Campbell fait tout le contraire de ce que l'on pourrait attendre d'un artiste qui jusque là s'était majoritairement ''fourvoyé'' dans un secteur du cinéma de genre pas toujours reluisant. Aux commandes du long-métrage et dans des secteurs aussi variés que la réalisation, la production et l'interprétation, il confie l'écriture de son troisième film cinéma à l'auteur de comics et scénariste américain Mark Verheiden, lequel fut notamment l'un des auteurs originaux de The Mask de Chuck Russell en 1994 ou de plusieurs épisodes de séries télévisées telles que Smallville, Battlestar Galactica, Falling Skies ou encore Ash Vs Evil Dead, l'adaptation télévisuelle de la franchise culte de Sam Raimi, Evil Dead. Sympathique comédie horrifique au petit budget de un million et cinq-cent mille dollars, ce que l'on pourrait principalement reprocher à My Name is Bruce est son manque flagrant d'imagination. Reste que l'on ne s'ennuie pas et que de découvrir un Bruce Campbell se pastichant demeure un vrai plaisir de fan...

vendredi 22 mars 2024

Bruce Campbell - Man with the Screaming Brain de Bruce Campbell (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

S'il est surtout connu pour avoir été le personnage central de la franchise Evil Dead de Sam Raimi (avec lequel il collabore très régulièrement) et de plusieurs œuvres réalisées par de grand cinéastes (Maniac Cop de William Lustig, Le grand saut des frères Coen, Los Angeles 2013 de John Carpenter, Bubba Ho-Tep de Don Coscarelli, etc...), Bruce Campbell ne s'est pas exclusivement tourné vers l'interprétation mais a mis lui-même en scène un certain nombre de courts et de longs-métrages. Parmi les trois formats longs qu'il a réalisé à partir de l'année 2005, le premier d'entre eux s'intitule Man with the Screaming Brain. Une comédie fantastique et horrifique situant son action en Bulgarie et dans laquelle il tient l'un des principaux rôles aux côtés de Stacy Keach, acteur surtout connu pour avoir incarné le détective privé Mike Hammer dans la série éponyme entre 1984 et sa reprise jusqu'en 1998. Celui-ci interprète ici le savant Ivan Ivanovich Ivanov assisté de Pavel qu'incarne de son côté Ted Raimi, frère du réalisateur Sam Raimi. Originaire de Sofia en Bulgarie, l'acteur Vladimir Kolev campe quant à lui le rôle du chauffeur de taxi Yegor, lequel va rapidement louer ses services au couple formé de William Cole (Bruce Campbell) et de son épouse Jackie (l'actrice australienne Antoinette Byron) venus en Bulgarie afin de permettre au directeur d'une entreprise pharmaceutique de financer un projet de construction de métro souterrain. Complétant un casting géographiquement hétéroclite, l'actrice canadienne Tamara Gorski interprète le rôle de Tatoya, jolie brune originaire d'un quartier gitan de Bulgarie dont la seule philosophie semble être de mettre le grappin sur de fortunés touristes afin de les dilapider. Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, Bruce Campbell se disperse quelque peu. Une profusion de situations qui durant une bonne partie du récit ''l'empêchent'' d'aller droit à l'essentiel. Car le sujet central de cette histoire qui fait la part belle à toute une série de situations plus rocambolesques les unes que les autres semble bien pour l'acteur, réalisateur, scénariste et producteur, d'apporter sa vision toute personnelle du mythe de Frankenstein.


Mais réduire Man with the Screaming Brain à cette simple éventualité serait faire fi d'une source d'inspiration obscure et sans doute non officielle remontant aux années soixante-dix. En 1972, Lee Frost réalisa le cultissime The Thing with two Heads avec Ray Milland dans le rôle d'un médecin raciste dont la tête se retrouvait transplantée sur le corps d'un noir !!! Dans le cas de Man with the Screaming Brain, Bruce Campbell et le scénariste David Goodman réduisent le concept à la simple idée de la transplantation de l'hémisphère droit du chauffeur de taxi Yegor dans le crâne de William Cole dont cette même partie du cerveau vient d'être très gravement endommagée lors de son agression par la véritable veuve noire qu'est Tatoya. Le premier long-métrage de Bruce Campbell possède tous les oripeaux ou presque du nanar. À commencer par un budget plutôt faiblard qui les contraindra, lui et son équipe, à tourner le film en Bulgarie et en employant quelques figurants du cru. Man with the Screaming Brain ayant été envisagé sous l'angle de la parodie, chaque séquence est l'occasion de voir Bruce Campbell ou Ted Raimi cabotiner. Les deux personnages qu'ils incarnent prouvant que quel que soit le milieu social dans lequel on baigne, que l'on soit le grand patron d'une entreprise pharmaceutique ou simple assistant d'un savant fou, rien ne peut parfois les différencier intellectuellement l'un de l'autre. D'une patience remarquable, Bruce Campbell patientera deux décennies pour mettre enfin en scène ce projet de film. Et si Man with the Screaming Brain aurait sans doute mérité un rythme un peu plus enlevé, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. D'où l'intérêt de multiplier les interactions entre les différents personnages. Un savant fou, son assistant, un industriel imbu de lui-même et une épouse bientôt transformée en automate, un chauffeur de taxi et une tueuse en série, bref de quoi remplir le cahier des charges de cette sympathique comédie fantastique. Notons pour finir la superbe affiche du film qui rend hommage au cinéma horrifique américain des années cinquante..

 

jeudi 21 mars 2024

Bruce Campbell - Sundown: The Vampire in Retreat d'Anthony Hickox (1989) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour le second long-métrage du cycle consacré à l'acteur américain Bruce Campbell, j'ai choisi d'évoquer le sympathique Sundown: The Vampire in Retreat d'Anthony Hickox dont la carrière débuta un an seulement auparavant, en 1988, lorsque sortit sur les écrans de cinéma le premier volet de la courte franchise Waxwork dont il écrivit le script et qu'il mit en scène lui-même. Pour son second long-métrage, Anthony Hickox aborde son film sous différents angles en produisant une œuvre hybride. C'est ainsi que Sundown: The Vampire in Retreat sortit chez nous sous le titre Sundown, la guerre des vampires se présente tel un western moderne auquel auraient été greffés des genres aussi divers que la comédie, le fantastique, l'horreur et l'épouvante. Un mélange qui plutôt que de s'avérer indigeste se montre en réalité très homogène. Il y aurait beaucoup de choses à dire concernant cette sympathique bobine de type série B sortie en 1989 mais qui, me semble-t-il, n'est pas très connue dans notre pays. Une bonne raison, donc, pour revenir dessus. À commencer par le casting. Constitué d'une très belle brochette d'interprètes, le long-métrage met principalement en scène David Carradine que l'on a tout d'abord connu chez nous à travers la série américaine Kung Fu produite entre 1972 et 1975. À ses côtés, et parmi les plus connus, évoquons tout d'abord par galanterie, la présence de l'actrice Morgan Brittany dans le rôle de Sarah, l'épouse de David Harrisson (l'acteur Jim Metzer), concepteur d'un sang synthétique dont la venue est très attendue dans la petite ville de Purgatory. Deborah Foreman campe quant à elle la sexy Sandy, employée du restaurant de la ville. Du côté des interprètes masculins, nous retrouvons dans le tout petit rôle de l'épicier Otto, l'acteur Dabbs Greer qui fut surtout connu pour son interprétation du révérend Alden dans la série culte, La petite maison dans la prairie ! John Ireland incarne quant à lui le rôle de Jefferson, le grand méchant de l'histoire, M. Emmet Walsh celui du redneck prénommé Mort et, bien entendu, l'on retrouve Bruce Campbell dans le rôle du dernier descendant de Van Helsing, le célèbre chasseur de vampires.


À son sujet, l'affiche trompe d'ailleurs le public puisque l''interprète de Ash dans la franchise Evil Dead de Sam Raimi est loin de compter ici parmi les principaux interprètes. Et même s'il apparaît à diverses occasions, son rôle s'avère mineur au regard d'autres personnages. Arrière-petit fils de Van Helsing, l'individu qu'il interprète à l'écran est loin d'avoir le charisme de son lointain ancêtre. Gauche et timide, ça n'est certes pas sur lui qu'il faudra compter pour débarrasser Purgatory des méchants vampires qui la gangrènent. Je dis méchants par oppositions aux gentils car eux aussi pullulent en ville. Une bourgade qui a effectivement la particularité d'abriter une communauté de suceurs de sang (synthétique) dont certains remettent en cause la validité de cette nourriture de base de tout vampire désormais produite par un laboratoire. Film prônant l'intégration non plus des noirs, des asiatiques, des mexicains, ou des arabes mais bien des humains au sens général du terme dans une communauté exclusivement constituée de vampires, Sundown: The Vampire in Retreat est donc bien un film fantastique même si les décors, certaines situations (comme le duel final entre le Baron Mardulak et Jefferson) et la bande-musicale renvoient sans cesse au western. Concernant le public hexagonal à proprement parler, nous reconnaîtrons notamment dans les doublages de Bruce Campbell et de David Harrisson, les voix de Guy Chapellier et d'Edgar Givry. Le film d'Anthony Hickox offre quelques très rares plans gore comme une très belle décapitation située au début du récit dans la station-service de Purgatory et pas mal de fusillades, surtout lors de la seconde moitié opposant les deux clans de vampires. D'une durée avoisinant une heure et quarante-cinq minutes, un grand nombre de séquence de Sundown: The Vampire in Retreat furent tournées au cœur du magnifique Parc national des Arches situé dans l'Utah, à l’ouest des États-Unis. Bref, Anthony Hickox signe un second film très divertissant, plus amusant que réellement terrifiant. De quoi passer un excellent moment...

 

mercredi 20 mars 2024

Bruce Campbell - Alien Apocalypse de Josh Becker (2005) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour débuter ce très court cycle consacré au génial Bruce ''Ash'' Campbell, on démarre avec du très, très lourd, non pas en passant par la case ''cinéma'' mais par celle, beaucoup moins ambitieuse, du petit écran. Réalisé trois ans avant que le plus illustre chasseur de démons du septième art ne combatte une race d'extraterrestres belliqueux dans Terminal Invasion de Sean S. Cunningham, Alien Apocalypse opposait déjà Bruce Campbell dans la peau d'un astronaute de retour sur notre planète, à des créatures ayant réduit l'espèce humaine en esclavage. Tourné en Bulgarie en moins de trois semaines et financé approximativement à hauteur d'un million et demi de dollars, ce téléfilm signé du réalisateur et scénariste Josh Becker est, comme on le devine rapidement, assez peu enclin à pouvoir rivaliser avec les grosses productions du même genre. Œuvre de science-fiction écrite conjointement par le réalisateur et par le producteur Robert G. Tapert (en outre cofondateur de la société Renaissance Pictures en compagnie de Sam Evil Dead Raimi), Alien Apocalypse n'est pas la première collaboration entre Josh Becker et Bruce Campbell puisque avant cela, il tournèrent ensemble plusieurs courts-métrages ainsi que le thriller Lunatics : A Love Story en 1991 et la comédie romantico-dramatique Running Time en 1997 ! On ne va pas essayer de prétendre que Alien Apocalypse est un immense chef-d'oeuvre de science-fiction ni faire croire qu'il peut rivaliser avec les classiques du genre. Néanmoins, le plaisir de suivre les aventures du Docteur Ivan Hood (Bruce Campbell), de Kelly (Renée O'Connor) ou d'Alex (Remington Franklin) est bien présent. Après une entrée en matière bucolique lors de laquelle une voix nous présente une planète Terre paradisiaque, l'on découvre que celle-ci a depuis les quarante dernières années été colonisée par une civilisation extraterrestre particulièrement hostile dont les représentants sont connus sous le nom de termites. Mais pas de ceux qui se nourrissent de la cellulose de certains bois, non. Ici, les créatures dont les dimensions plus qu'honorables sont similaires à celles de tout être humain normalement constitué sont vraiment hideuses. Muselés, enchaînés aux pieds et les uns aux autres, les hommes sont désormais asservis. Mais alors que tout semble perdu dans ce contexte qui ne s'éloigne finalement pas trop de celui de La planète des singes (ambitions revues à la baisse, cela va sans dire), il serait possible, voire probable que la solution contre la tyrannie dont font preuve nos lointains et ''insectoïdes'' visiteurs vienne du ciel...


S'écrasant au sol, une capsule spatiale libère deux hommes et deux femmes. Un équipage d'astronautes à la tête duquel nous retrouvons donc notre très cher Bruce Campbell, toujours prêt à lancer quelques ''Punchlines'' plus ou moins inspirées. L'aventure de nos quatre protagonistes débute assez mal puisque l'un d'entre eux est tué de plusieurs balles dans le buffet par un groupe d'hommes vétus de haillons au service des envahisseurs. C'est tout d'abord dans le détail que l'on se rend compte des conséquences d'un budget étriqué: ici, les figurants portent de longues moumoutes qui ne trompent personne sur leurs origines factices. D'emblée, Alien Apocalypse a l'air de s'inspirer des Mockbusters italiens des années quatre-vingt avec son décor désertique ressemblant davantage à une mine de calcaire désaffectée et son arrière-plan d'immeubles détruits très certainement introduits sur fond vert ! Ramenés jusqu'au site de détention qui servira principalement de lieu à l'intrigue par des collaborateurs humains dignes des kapos des camps de concentration des années 40, les nouveaux prisonniers y découvrent ceux qui les dirigent. Des créatures douées de la parole qui s'expriment dans un français (ou anglais, selon la version que vous avez choisi de regarder) vocodeurisé. On ne va pas passer par quatre chemins: le très lourd promis au début de l'article va devoir se faire tout petit face au constat qui se veut plus qu'affligeant. On aura beau avoir eu beaucoup de plaisir à retrouver l'ami Bruce Campbell, tout ceci n'est quand même pas terrible. On sent la patte visuelle de celui qui quelques années en arrière réalisa neuf épisodes de la série Xena, la guerrière. Avec un tel budget, forcément, tout ou presque sent le toc, jusque dans l'ADN de ces extraterrestres revêtant des apparats en images de synthèse relativement piteux tout comme les quelques décapitations dont seront victimes certains représentants de l'espèce humaine (le met préféré des Termites!). Comme évoqué plus haut, Alien Apocalypse est surtout un gros repompage de La planète des singes du romancier français Pierre Boulle et de l'adaptation cinématographique de Franklin Schaffner, en 1968. En beaucoup, beaucoup, beaucoup moins convainquant comme on peut l'imaginer. Reste une note d'humour très appuyée qui permet de faire passer l'ensemble. Un tout petit film de science-fiction horrifique très rapidement oubliable...

 

jeudi 17 novembre 2022

Evil Dead... Dans le titre...

 


 

Evil Dead... dans le titre ! Cela veut dire que l'on va évoquer quelques longs-métrages dont les titres font directement référence au film culte de Sam Raimi. Nous ne parlerons ni de celui-ci, ni de Evil Dead II : Dead by Dawn qui sortit sur les écrans en 1987 mais du documentaire Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II qui fut réalisé en 2011 par Michael Felsher, de Evil Dead III : Army of Darkness que Sam Raimi réalisa en 1992 et des deux premiers volets de la trilogie japonaise Evil Dead Trap qui malgré leur titre n'ont en réalité aucun rapport avec les bobines du réalisateur américain... Comme dans tout bon documentaire axé sur le tournage de n'importe quel long-métrage, Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II se penche sur les différentes étapes nécessitant la création d'une destinée à devenir comme ici, une œuvre culte. Sous forme de chapitres, le documentaire de Michael Felsher commence par nous présenter les différents intervenants. Comme l'acteur Bruce Campbell, vedette indissociable du projet, ses différents partenaires à l'écran (dont Ted Raimi, le frère du réalisateur Sam Raimi) ainsi que leurs personnages respectifs. D'autres membres de l'équipe de tournage interviennent également. Et ce, lors du chapitre consacré aux effets-spéciaux. Une partie du documentaire qui nous permet de découvrir des individus sympathiques, bourrés d'imagination et formant une cohésion parfaite. Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II est l'occasion d'en apprendre beaucoup et de découvrir des facettes demeurées inédites jusque là. Sam Raimi lui-même demeure finalement celui qui reste le plus rare à l'image. En dehors de quelques interventions filmées à l'époque, ce sont surtout les membres de l'équipe technique et les interprètes qui apporteront leur lot d'anecdotes (l'on apprend notamment que le projet fut lancé contre l'opinion initiale de son réalisateur alors que son précédent film, le pourtant génial Mort sur le grill scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen, fut un bide au cinéma). Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II est un documentaire précieux, rendant concrète la visite du plateau de tournage d'un authentique mythe du cinéma gore et fantastique. Est-il nécessaire de préciser que le documentaire est indispensable pour tous les amoureux de cinéma fantastique en général et de Sam Raimi en particulier... ?


1992 est l'année de sortie de Evil Dead III : L'armée des tenèbres. Et comme son nom l'indique, il s'agit du troisième volet de la franchise Evil Dead prenant comme lieu d'action non plus la célèbre cabane qui fut le théâtre des monstruosités commises dans les deux premiers opus mais le royaume du roi Arthur (l'acteur Marcus Gilbert) en l'an 1300. Alors que ce dernier pressent que son ennemi juré le duc de Schale Henry le Rouge (Richard Grove) est à l'origine de la présence en leur temps de Ash (le héros des deux premiers longs-métrages de la franchise toujours interprété par Bruce Campbell), ce dernier va devoir collaborer avec le roi, son armée et un alchimiste (Ian Abercrombie) s'il veut pouvoir retourner dans le présent. Contraint, pour cela, de devoir mettre la main sur le Necronomicon, Ash se lance dans de dangereuses péripéties. Mais alors que l'alchimiste lui avait ordonné de réciter la formule Klaatu barada nikto avant de se saisir de l'ouvrage maléfique, Ash se trompe et réveille les forces du Mal. Son double maléfique et l'armée des ténèbres essentiellement constituées de squelettes plus ou moins décharnés vont sortir de terre et se diriger tout droit vers le royaume d'Arthur afin de se réapproprier le Necronomicon... Dans le ton du précédent Evil Dead II : Dead by Dawn, le réalisateur Sam Raimi propose ici une œuvre mêlant fantastique, horreur et comédie. Visuellement, et malgré un budget de onze millions de dollars nettement plus important que pour les premier et second long-métrage de la franchise (350 000 dollars pour le premier, 3 000 000 pour le deuxième), Sam Raimi ne semble pas avoir pu réaliser le film tel qu'il l'avait foncièrement envisagé. Si la mise en scène, l'interprétation et le scénario qu'il a lui-même écrit en compagnie du fidèle réalisateur, acteur et scénariste Scott Spiegel permettent à ce Evil Dead III : L'armée des ténèbres d'être en tous points fidèle à l'esprit de la saga, on imagine sans mal quel aurait été le film s'il avait pu bénéficier d'un budget nettement supérieur aux onze millions de billets verts engagés dans la production. On retrouve en effet le même délire graphique avec ses effets-spéciaux en Stop-Motion, ses démons survoltés et son humour cartoonesque dans lequel Bruce Campbell se fourvoie sans retenue. Avec Evil Dead III : L'armée des ténèbres, Sam Raimi signe un Retour du Roi avant l'heure avec des moyens éminemment moins importants. Ici, les figurants (majoritairement constitués d'images de synthèse) sont certes moins nombreux que ne le seront ceux de l'adaptation du chef-d’œuvre de Tolkien par Peter Jackson dans les années 2000 Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi mais tous y mettent un tel cœur à l'ouvrage que le résultat est au moins à la hauteur des deux précédents films de la franchise. Bricolé, aussi délirant qu'un dessin animé réalisé dans l'esprit de Tex Avery, le troisième long-métrage de la franchise mérite comme ses prédécesseurs le terme de film culte ! Alors qu'un reboot de l'original vit le jour en 2003 sous la houlette de Fede Álvarez, et qu'une série intitulée Ash vs. Evil Dead est visible depuis 2015, on attend toujours que sorte sur les écrans le cinquième opus de la franchise sous le titre Evil Dead Rise. Une sortie en France est prévue sur notre territoire pour le 19 avril prochain...


Maintenant, évoquons deux longs-métrages d'origine japonaise qui n'ont de rapport avec la franchise de Sam Raimi que le nom. Evil Dead Trap I et II. Le premier est l’œuvre de Toshiharu Ikeda et date de 1988 tandis que le second fut réalisé par Izô Hashimoto quatre ans plus tard. Au vu du synopsis de Evil Dead Trap premier du nom, on a d'emblée l'impression que le film est plus proche d'un Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato), voire d'un Tesis (Alejandro Amenábar) que du film culte du réalisateur italien. Et pour cause : le film se concentre non plus sur une bande magnétique, un ouvrage, une cabane dans les bois et des démons s'en prenant à une poignée de jeunes gens mais sur une présentatrice de télévision qui après avoir reçu une curieuse cassette vidéo sur laquelle semble avoir été enregistré un Snuff Movie décide d'enquêter sur les origines de l'enregistrement. Pas folle la guêpe puisque la miss se rend sur les lieux où semblent avoir été tournées les images en compagnie de son équipe constituée de quatre employés. Qui dès leur arrivée vont se séparer en deux groupes de deux et un groupe de... un ! (Tiens, tiens, ça me rappelle un sketch de Bigard sur les films d'horreur!!!). Une ancienne base militaire désaffectée où rôde un tueur mystérieux. Rien ne semblant devoir ressembler davantage à un film japonais qu'un autre film japonais, Evil Dead Trap est typique de cette vague de longs-métrages horrifiques dont l'un des portes-drapeaux est Shin'ya Tsukamoto. L’œuvre de Toshiharu Ikeda lui ressemble d'ailleurs parfois, lorsque la caméra devient folle et que l'image s'accélère à la manière du cultissime Tetsuo. À dire vrai, le titre paraît parfois n'être pas le seul point commun avec l’œuvre de Sam Raimi. Quelques passages paraissent effectivement avoir été inspirés par les deux premiers Evil Dead. À vouloir entrapercevoir des références cinématographiques, pourquoi ne pas y ajouter également quelques éléments diffusés de manière éparses et s'imprégnant quant à eux des univers chers au réalisateur italien Dario Argento. Oui, oui, le maître du giallo. Malheureusement, Toshiharu Ikeda n'a pas le génie du transalpin et les compositions de Tomohiko Kira n'ont pas la teneur de celles des Goblin ! L'un des principaux atouts de Evil Dead Trap, ce sont ses meurtres. Originaux et parfois très graphiques. D'autres argueront que l'étrangeté qui parcourt de long en large la pellicule est aussi l'un des points forts du film. À contrario, reconnaissons tout de même que le film s'étire sur une trop longue durée et que l'on s'y emmerde très souvent ! Des tunnels de dialogues et des tunnels... tout court. Un environnement aussi labyrinthique que le scénario et l'indescriptible récit. Un slasher/Giallo japonais dont on ressort essoré de n'avoir pas vraiment saisi l'intérêt. Si certains plans valent le coup d’œil, le bodycount est décevant et le rythme soporifique. Résultat, on se refera volontiers la filmographie de Shin'ya Tsukamoto plutôt que ce curieux objet filmique !


Autant dire que c'est avec prudence que l'on se jettera sur Evil Dead Trap II même si cette fois-ci Toshiharu Ikeda n'est plus de la partie et qu'il laisse Izô Hashimoto prendre le relais. Pour cette suite qui n'en n'est pas vraiment une puisque l'on ne retrouve ni l'intrigue ni les personnages du long-métrage sorti quatre ans auparavant, Izô Hashimoto signe une séquelle qui contrairement à certains avis mitigés me semble bien supérieure au premier Evil Dead Trap. Mais les films n'entretenant que comme uniques rapports leur titre et une passion immodérée pour les séquences gore, nous nous dispenserons d’émettre un quelconque avis comparatif. Moins foutraque et donc plus cohérent dans le déroulement du récit, Evil Dead Trap II met en scène Aki (l'actrice Shoko Nakajima ), jeune femme ronde apparemment atteinte psychologiquement par un traumatisme qui l'empêche de vivre pleinement son existence. Et ce, malgré l'amitié que lui voue Emi (Rie Kondoh), sa seule amie et l'attirance dont elle sera bientôt l'objet de la part de Kurahashi (Shirô Sano). Au delà de cette étrange relation ressemblant peu ou prou à un triangle amoureux, des meurtres abominables sont commis dans la région. En effet, un tueur s'en prend aux jeunes femmes qu'il tue et dont il prélève l'utérus. Les bases du scénario étant ainsi posées, Evil Dead Trap II semble apparemment moins délirant que son prédécesseur et pourtant, ses personnages naviguent dans un univers fantasmagorique. La matière est ici beaucoup plus consistante et compacte que dans le premier Evil Dead Trap dans lequel les interprètes semblaient être un peu trop en roue libre. Durant une grande partie, Aki apparaît comme une alternative féminine et japonaise au Frank Zito du film culte de William Lustig, Maniac (1980). Du moins, jusqu'à ce que nous soit révélée la vérité. Visuellement, ce second volet de la franchise n'a rien à envier au long-métrage de Toshiharu Ikeda. Cette suite bénéficie même de séquences absolument remarquables comme ce duel opposant les deux héroïnes au beau milieu de drapés immaculés qui au fil des coups de lames dans les chairs vont passer du blanc au rouge sang ! Shoko Nakajima interprète une Aki presque mutique, prostrée, malaisée et marginale. Outre ce portrait frappant d'une jeune femme qui à la suite d'un avortement semble avoir perdu toute illusion, le film regorge de séquences chocs dont la plupart s'avèrent radicales et vont crescendo dans leur traitement de la violence. Un cadavre découvert éventré sur une berge, un meurtre commis sous la pluie au sortir d'une boite de nuit, le résultat d'un carnage visible dans une salle de bain et l'affrontement sans fin entre les deux ''ex amies''... De quoi permettre aux amateurs de gore de se faire la main sur ce petit bijou méconnu. À noter qu'il existe un troisième volet intitulé Evil Dead Trap 3: Broken Love Killer signant le retour à la réalisation de Toshiharu Ikeda dont on peut cependant douter de la filiation réelle (le titre original n'est plus dans la continuité des deux premiers volets mais s'intitule Chigireta ai no satsujin tandis qu'il a été traduit à l'internationale sous le titre The Brutal Insanity of Love)...

jeudi 9 juin 2022

Intruder de Scott Spiegel (1989)



Le Ranch Market vient de fermer ses portes lorsque l'ancien petit ami de Jennifer, Craig, tout droit sorti de prison met les pieds dans le petit supermarché de quartier. Bien décidé à renouer avec son ex petite amie, le jeune voyou condamné pour meurtre se met tous les employé du magasin à dos et se fait jeter dehors. Après avoir promis de revenir, Craig s'en va, et comme si cela ne suffisait pas, le patron du Ranch Market annonce à tout le monde qu'il a vendu son bien et que tout le monde devra se trouver un emploi ailleurs.
Pour corser le tout, un maniaque choisit justement ce supermarché et cette nuit pour roder autour et dans le magasin afin de décimer tous ses occupants. Alors que chacun vaque à ses occupations en faisant l'inventaire, une première victime tombe. Puis une seconde. C'est l'hécatombe et les survivants sont persuadés que le coupable n'est autre que Craig, revenu se venger...

Ami des cinéastes Quentin Tarantino et Sam Raimi, le réalisateur et scénariste Scott Spiegel signe en 1989 son tout premier film. Intruder est un tout petit slasher dans lequel les amateurs du genre horrifique auront le plaisir de retrouver Sam raimi lui-même, ainsi que son frère Ted et l'acteur Bruce Campbell, héros des mythiques Evil Dead I, II et III. Les effets-spéciaux ont quant à eux été confiés à une équipe de quatre homme dont le maquilleur Greg Nicotero qui débuta véritablement sa carrière avec Le Jour des Morts-Vivants de George Romero en 1986. il travaillera notamment pour Sam raimi, Brian Yuzna, Don Coscarelli, Wes Craven Quentin Tarantino, John Carpenter ou même David Lynch.

Bien que le film soit assez gratiné en matière de scènes d'horreur, il faut reconnaître qu'elles tardent à arriver, comme c'est le cas dans la majorité des slashers tournés dans les années quatre-vingt. Il faut en effet attendre plus d'une demi-heure avant que le premier meurtre n'intervienne, et encore, film hors champ. De quoi se poser des questions d'autant plus que si certaines scènes contenteront les amateurs de scènes gores (la tête écrasée à l'aide d'une presse hydraulique ou celle coupée en deux à l'aide d'une scie circulaire), les effets sanglants sont plutôt chiche en matière d'hémoglobine.

Concernant l'interprétation, on peut être l'un des plus grands cinéastes du genre et passer à côté de son personnage. Bruce Campbell est si peu employé qu'on ne le remarque même pas, quand à Sam Raimi, à ce propos, son personnage demeure aussi insignifiant que tous les autres. Le cinéaste passe d'un acteur à l'autre, sans faire montre de la moindre imagination. Transposez Cristal lake dans un supermarché de banlieue, et vous aurez compris que Intruder ne se démarque jamais de la grande majorité des slashers. On pourra tout de même louer l'effort fourni par cette petite équipe jouant volontiers dans un film d'horreur à petit budget même si les meilleurs du genre ne risquent pas de trembler devant cette bande vidéo plutôt longue à démarrer.

Un conseil pour celles et ceux qui ne les auraient pas encore découvert : ruez-vous sur les deux meilleures bandes du genre : Non, pas Halloween ou Vendredi 13, mais The Burning de Tony Maylam et The Prowler de Joseph Zito, indéniablemen

lundi 16 mai 2022

Evil Dead de Sam Raimi (1981) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'était il y a plus de quarante ans et les heureux spectateurs d'une salle de cinéma de Détroit allaient découvrir pour la toute première fois l'un de ces films entrés dans la légende du cinéma d'horreur. Evil Dead, le bien nommé. Œuvre culte par excellence, le film est le tout premier long-métrage d'un jeune cinéaste qui jusque là n'a réalisé que de courts récits dont l'un apparaîtra comme un brouillon de son premier méfait sur grand écran. Winthin the Woods qui fut réalisé en 1978 repose sur un concept similaire à Evil Dead. On y retrouve d'ailleurs (plus ou moins) quatre des cinq personnages qui seront présents trois ans plus tard dans le long-métrage sauf que deux des interprètes auront été depuis remplacés. Si dans les deux cas nous retrouvons Bruce Campbell et Ellen Sandweiss, ils incarneront des personnages différents. On passera donc du couple Bruce/Ellen au duo Ashley/Cheryl. Mary Valenti et Scott Spiegel seront quant à eux remplacés par Richard DeManincor et Theresa Tilly dans les rôles respectifs de Scott et Shelley, lesquels étaient déjà présent dans le court-métrage. Viendra également s'ajouter au menu le personnage de Linda qu'interprétera l'actrice Betsy Baker. Le film nous présente donc cinq amis à bord d'une voiture et à destination d'une vielle cabane en bois isolée dans la forêt. Un concept qui dans le futur fera de très, très, très nombreux émules parmi les réalisateurs. Après avoir évité de justesse l'accident de route, les voilà qui arrivent sur les lieux qui serviront de principal décor à l'intrigue. Une minuscule bâtisse, des plus sommaire et dotée d'une cave renfermant ce qui deviendra bientôt l'élément déclencheur de leurs pires cauchemars...


D'emblée, le personnage de Linda se détache très nettement de ses quatre compagnons. Sam Raimi lui offre le don d'écriture automatique (ou plutôt, de dessin automatique). Un détail moins anodin qu'il n'en a l'air puisqu'il permettra à la jeune femme de rapidement percevoir le mal qui se tapi en ces lieux. Reposant sur un budget de trois-cent cinquante mille dollars, Evil Dead se montre tout d'abord tel qu'il est : un film fauché, bricolé et parfois même bancal. Mais là où d'importantes failles de mise en scène, d'interprétation ou de technicité auraient pu se loger et avoir des conséquences désastreuses sur le projet, Sami Raimi parvient à renverser la vapeur de ce qui aurait pu n'être qu'une petite série d'horreur flirtant avec le Z pour transformer l'ensemble en un véritable monument de l'horreur non dénué d'un certain humour noir. Lors d'un dîner réunissant les quatre amis, une trappe donnant sur une cave s'ouvre comme par enchantement. À l'intérieur, Scott et Ash y découvrent une bande magnétique sur laquelle est enregistré un curieux message. Celui d'un explorateur qui indique l'existence d'un ouvrage occulte sur lequel sont inscrits des incantations dont la lecture permet l'éveil de démons. Et justement, le dit ouvrage se trouve justement posé à quelques centimètres du magnétophone. Les garçons ne peuvent s'empêcher de faire défiler la bande-magnétique sur laquelle l'explorateur récite quelques phrases du livre en question. Il n'en faut pas plus pour réveiller les forces du Mal qui bientôt vont se déchaîner sur les trois filles ainsi que sur les deux garçons...


Pas plus d'un quart-d'heure plus tard environ, le long-métrage prend un virage à trois-cent soixante degrés en convoquant brouillard et esprits maléfiques. Des phénomènes qui ne se contenteront pas de s'attaquer à nos vacanciers se croyant bien à l'abri de leur cabane mais s'en prenant également à quiconque osera foutre les pieds dehors. Comme le constatera malheureusement Linda, violée par la végétation alentour. La force de Sam Raimi, c'est son imagination et la conception d'effets-spéciaux bricolés dont on ne revendiquera cependant pas une quelconque inefficacité. Sur fond de musique parfois incantatoire et de voix d'outre-tombe, Evil Dead file à cent à l'heure. Pas le temps pour le spectateur de respirer ni pour les personnages de reprendre leur souffle. Moins long que celui de Bad Taste de Peter Jackson qui s'étala sur des années, le tournage de Evil Dead aura malgré tout duré douze longs mois. Toujours pour des questions budgétaires, le tournage sera en effet régulièrement interrompu. Sans ses nombreux effets gore, le film n'aurait sans doute pas eu la même portée. Des séquences très sanglantes parmi lesquelles un crayon enfoncé dans une cheville, le démembrement de l'une des filles à l'aide d'une hache, la décapitation de l'autre par l'emploi d'une pelle, ainsi qu'une succession de scènes lors desquelles des corps se décomposent à vue d’œil. Des séquences particulièrement ingénieuses dans leur conception. Lors de son passage à Cannes, le film fait sensation et s'avère notamment très apprécié d'un certain... Stephen King. Non seulement le long-métrage devient mythique, mais son acteur principal Bruce Campbell deviendra une icône du cinéma d'épouvante et d'horreur...


De ce succès inattendu naîtra une carrière florissante pour Sam Raimi avec pas moins de dix-sept longs-métrages (dont l'un est en pré-production et un autre déjà annoncé). Les gens ne le savent peut-être pas mais la monteuse Edna Ruth Paul sera épaulée par un certain Joel Coen. Oui, le frère d'Ethan Coen avec lequel les deux hommes n'ont jamais cessé de réaliser une carrière de cinéastes brillants. Concernant les deux frangins, on les verra quatre ans plus tard dans le double rôle des journalistes dans le démentiel Crimewave (Mort sur le grill), le second long-métrage de leur pote Sam Raimi, film dont ils auront en outre signé le scénario. Quant à Evil Dead, deux suites signées de son auteur verront le jour en 1987 et qu'en 1992 ainsi qu'une série télévisée intitulée Ash vs Evil Dead dont Sam Raimi signera le premier épisode. En 2013, le réalisateur urugayen Fede Alvarez réalisera quant à lui un très efficace remake du premier volet de la franchise. Plus sombre et bien plus gore. Depuis, on attend toujours fébrilement que Sam Raimi revienne à ses premières amours avec l'arlésienne Evil Dead 4...

 

samedi 4 décembre 2021

Black Friday de Casey Tebo (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dawn of the Dead de George Romero, The Mist de Frank Darabont, Intruder de Scott Spiegel... Trois exemples de longs-métrages qui ont tous en commun de se dérouler dans un magasin. Avec leur thématique et leurs qualités propres. En 2021, Black Friday vient rejoindre la grande famille de ces films qui mettent clients et employés face à des événements de nature à faire peur. Lieu de refuge pour les uns puisque dehors zombies ou créatures invisibles enveloppées d'une épaisse brume menaçaient quiconque osaient les défier tandis que dans le troisième cas, un psychopathe s'employait à éliminer l'équipe de nuit d'une épicerie, il est cette fois-ci question d'un mélange des genres. Entre films de zombies/infectés et créatures extraterrestres. Le réalisateur Casey Tebo semble connaître ses classiques sur le bout des doigts puisque après ce qui semble être son second véritable long-métrage après Happy Birthday en 2016 et toute une série de courts, de documentaires, de concerts filmés et d'épisodes de séries télévisées, le voici donc prêt à s'attaquer à quelques grands classiques du cinéma d'horreur et de science-fiction pour obtenir au final... un résultat qui n'atteint malheureusement pas toutes nos espérances. Il faut tout d'abord savoir que le film se déroule lors du fameux événement qui se déroule d'abord chaque année aux États-Unis et au Canada le vendredi suivant la fête de Thanksgiving et lors duquel les magasins proposent d'importantes remises sur leurs produits. Dans le cas présent, il s'agit d'un magasin de jouets dont l'enseigne porte le nom de ''We ♥ Toys''. Comme l'évoque le gérant Jonathan Wexler (le génial Bruce ''Evil Dead'' Campbell), les grands patrons de la franchise attendent ce jour là de leurs employés qu'il atteignent des recettes à six chiffres...


Mais un événement va rapidement venir contrecarrer le travail de cette petite dizaines d'hommes et de femmes plus ou moins motivés (de l'employée du mois au quinquagénaire en passant par le bras droit travesti ou le petit nouveau) contraints de venir travailler ce jour-là et de subir le flot incessant de clients qui s'apprêtent à se ruer sur les bonnes affaires. En effet, les médias informent la population de l'arrivée sur le sol de notre planète de météorites organiques dont l'une, bien entendu, va venir s'écraser au beau milieu du magasin. Au moindre contact, c'est l'infection, suivie d'une mutation. La contagion peut alors commencer et les employés de ''We ♥ Toys'' vont alors devoir se défendre face à des clients transformés en mutants désireux de s'en prendre à quiconque se trouve sur leur chemin. Casey Tebo peut remercier d'avance toutes celles et ceux qui lui ont servi de source d'inspiration. À commencer par le réalisateur Ridley Scott, le designer et illustrateur suisse Hans Ruedi Giger et le film Alien puisque son film emprunte tout d'abord à cet immense classique de l'horreur et de la science-fiction, son ''œuf''. Une sorte d'embryon qui alors ne cache absolument pas ses origines. Puis viennent ensuite à l'esprit toute une série de films d'horreur mettant en scène des zombies et autres infectés qu'il serait trop long d'énumérer. Mais celui auquel le réalisateur semble avoir davantage emprunté certaines idées, c'est John Carpenter et son fabuleux The Thing. En effet, les victimes de l'étrange contamination dans Black Friday semblent en partie mues par l'inconsciente volonté de se transformer en créature toujours plus repoussantes...


Sans toutefois n'avoir ne serait-ce que le dixième de l'imagination de Rob Bottin qui à l'époque réalisa parmi les effets-spéciaux les plus incroyables jamais vus sur un écran. Pas d'effets numériques. Rien que du latex et de l'animatronique donnant véritablement vie à des créatures hideuses et franchement effrayantes. Quasiment quarante ans après, le maquilleur américain Robert Kurtzman (de la société d'effets-spéciaux KNB EFX Group qu'il fonda en 1988 en compagnie de Greg Nicotero et Howard Berger) réalise donc toute une série de maquillages que les amateurs de ''l'ancien monde'' auront le plaisir de découvrir conçus comme par le passé. Un joli travail, très inspiré donc par celui de Rob Bottin (voir l'immense créature qui surgit par exemple des entrailles du magasin à la fin du film), seul véritable élément du film qui vaille la peine que l'on arrête toute activité durant un peu moins d'une heure et trente minutes. Car en effet,en dehors de quelques séquences gore plutôt sympathiques, Black Friday est dans le genre horrifique et humoristique, relativement plat. On ne rit jamais et l'effroi semble s'être fait la malle bien avant le début du tournage. Le compositeur Patrick Stump a beau apporter sa contribution avec une bande musicale énergique, le film n'en est pas moins relativement mou du genou. En dehors de quelques saillies lors desquelles le rythme s'accélère, le soufflé retombe assez rapidement. Trop bavard, on appréciera un certain second degré mâtiné d'ironie (exemples :on ne dit plus Black Friday mais Green Friday parce que Black, ça faisait trop raciste. Ou bien l'employé noir, homosexuel et travesti qui n'échappera pas au carnage) lors duquel la culture Woke prend un coup de pied au cul pour notre plus grand bonheur ! Malheureusement, à par cela, rien de notable. Même pas la présence de Bruce Campbell auquel le film offre des lignes de dialogue aussi insipides que celles des autres interprètes. Un film qui se regarde sans réel déplaisir mais avec tout de même un léger soupçon d'ennui...

 

lundi 27 septembre 2021

Bubba Ho-Tep de Don Coscarelli (2002) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Cela fait maintenant un peu plus de quarante-quatre ans que l'on persiste à nous a faire croire que le chanteur américain Elvis Presley est mort alors qu'il vit toujours, certes loin de ses fans et loin de ses carrières de chanteur et d'acteur. Loin de la lumière ou du sombre Andreas Cornelis van Kuijk également, son manager plus connu sous le sobriquet de ''Colonel Parker''. En réalité, le King vit désormais depuis une quinzaine d'années dans l'un de ces trous perdus des États-Unis d'Amérique. Et plus précisément dans un hospice du Texas. S'il a pris des rides, il a gardé avec lui ses célèbres costumes clinquants, ses bagouses, ses favoris ainsi que ses fameuses lunettes Neostyle. L'ancien Roi du Rock and Roll côtoie désormais John Fitzgerald Jack Kennedy, un afro-américain persuadé d'être l'ancien président des États-Unis officiellement assassiné le 22 novembre 1963 ! Tous deux vont se lier afin de combattre Bubba Ho-Tep, une vieille momie égyptienne qui s'en prend aux pensionnaires de l'hospice et leur vole leur âme. Voilà donc à quoi ressemble le synopsis du neuvième des dix longs-métrages qu'a pour l'instant réalisé le scénariste et réalisateur américain Don Coscarelli. L'auteur culte d'une œuvre tout aussi culte que lui : Phantasm en 1979 et ses célèbres sphères volantes perceuses de crânes, ses nains en robe de bure et son effrayant Tall Man incarné par Angus Scrimm. L'arrivée en 2002 d'un nouveau projet intitulé Bubba Ho-Tep du nom de l'ouvrage écrit par le romancier Joe R. Lansdale en 1994 fait taire ceux qui s'étaient mis en tête que Don Coscarelli n'était l'auteur que d'un seul film (il signa également les volets II, III et IV de la franchise Phantasm) tout en oubliant certains de ses projets antérieurs.


''Je bandais comme un bouc dans un champ de poivrier... Ça m'était plus arrivé depuis deux élections présidentielles... ''

ELVIS PRESLEY.


En effet, Don Coscarelli débuta sa carrière au milieu des années soixante-dix avec le drame Jim, the World's Greatest et la comédie dramatique Kenny & Company avant de signer en 1982 l’œuvre d'heroic fantasy Dar l'invincible et en 1988 Survival Quest, mélange de thriller et d'aventures forestier. Mais si l'on a surtout retenu de sa carrière Phantasm et ses séquelles, Don Coscarelli n'en a pas pour autant abandonné l'idée de défricher d'autres univers. Comme celui dans lequel baignent les personnages de Bubba Ho-Tep justement. Son Elvis Presley a quelque peu perdu de sa superbe mais s'il ne chante plus, le spectateur aura tout loisir de l'entendre monologuer sur le piètre état de sa queue, sur la vieillesse, sa carrière et la vie en général tout en nous contant la ''véritable'' histoire de sa disparition quatre décennies auparavant. Avec Bubba Ho-Tep, Don Coscarelli signe une comédie loufoque à petit budget faisant sans doute néanmoins partie des plus drôles jaùais réalisées ces vingt dernière années. Un million de dollars. Voilà ce qu'à coûté ce long-métrage principalement interprété par l'excellent Bruce Campbell, surtout connu pour avoir incarné le héros Ash dans la franchise Evil Dead de Sam Raimi. À ses côtés, l'acteur afro-américain Ossie Davis incarne quant à lui l'ami sénile qui se prend pour JFK. Entre fantastique et comédie, Bubba Ho-Tep confronte deux super-héros parmi les plus inattendus qu'ait pondu le septième art à une créature diabolique. L'un se déplace en déambulateur et l'autre en fauteuil roulant. Et pourquoi pas dirait un certain Charles Xavier, lui même cloué dans une chaise roulante, fondateur de l'institut portant son nom et abritant des mutants dotés de super-pouvoir (la franchise X-Men) ?


''C'est de là qu'ils ont extrait un bout de mon cerveau. Depuis, ils le gardent à Washington dans une saleté de bocal''

JOHN FITZGERALD ''JACK'' KENNEDY


Malgré un budget plus que restreint qui transpire à travers le minimalisme de la mise en scène, des effets-spéciaux (raisonnables mais souvent rudimentaires) ainsi peut-être que l'absence de toute chanson du King (sans doute pour des raisons de droits d'auteurs), Bubba Ho-Tep est un bonheur de tous les instants excellemment écrit. Cru, drôle, sa créature semble moins sortir d'une quelconque malédiction égyptienne que du House 2 : the Second Story que réalisa en 1987 Ethan Wiley mais au fond, quelle importance ? Généreux, décalé, le spectateur ne peut être que conquis, d'autant plus que Don Coscarelli y convie sous la forme d'un hommage l'un de ses acteurs fétiches en la personne de Reggie Bannister. Oui, oui, l'un des héros de la mythique saga Phantasm. Si Bubba Ho-Tep est culte et se suffit largement à lui-même, on se désespère de ne pas voir venir sa séquelle et pour cause : depuis huit ans que Bubba Nosferatu aurait dû voir le jour, le projet a purement et simplement été annulé. Une demi déception lorsque l'on sait que l'acteur Ron Perlman, au demeurant excellent, devait remplacer Bruce Campbell dans le rôle principal... ! Le neuvième long-métrage de Don Coscarelli est donc un indispensable pour tous les fans de ce réalisateur dont le mérite est d'avoir souvent créé ses propres concepts...

 

mardi 1 janvier 2019

Maniac Cop 2 de William Lustig (1990)



Deux ans après une première mouture d'assez bonne allure, William Lustig propose à l'acteur Robert Z'Dar de remettre l'uniforme du maniac cop. Après avoir survécu au lynchage dont il a été la cible, à la chasse orchestrée contre lui la police de New-York et à la noyade lors d'un final explosif, il ne reste pas grand chose d'humain dans le visage de Matt Cordell. Toujours aussi impressionnante, sa silhouette rode toujours autour de ceux qui sont responsables de son incarcération. Bruce Campbell campe toujours le rôle de Jack Forrest et Laurene Landon celui de Theresa Mallory. Mais très vite, ces deux personnages vont disparaître au bénéfice de ceux campés par Robert Davi (Le Contrat), dont la gueule l'a souvent relégué dans des rôles de méchants, ainsi que Claudia Christian. Un flic et une psy contre un flic psychopathe et son nouvel "ange-gardien ", un tueur en série qui s'en prend exclusivement à la gente féminine.

Une idée totalement farfelue sortie de l'esprit parfois un peu trop fertile du scénariste, réalisateur et producteur Larry Cohen (Le Monstre est Vivant et ses suites). Maniac Cop 2 affiche une heure trente au compteur mais on peut lui retirer au moins cinq minutes qui ne font que reprendre quelques scènes clés du premier volet (le lynchage en prison et la course-poursuite finale qui clôt Maniac Cop premier du nom). Le film de William Lustig ressemble beaucoup à ces slashers qui pullulaient déjà à l'époque. Son tueur possède des similitudes avec le Jason Voorhees de Vendredi 13. Et ce, plus encore depuis qu'il est sorti des eaux. Dans cette suite, Matt Cordell a l'air encore plus primaire que dans le premier volet. Si à l'époque il ne parlait déjà pas beaucoup (et même pas du tout), dans cette suite, face à ce dingue qui lui sert de compagnon durant une bonne moitié du film, son mutisme lui donne des allures de grosse brute épaisse au Q.I de gallinacé.

On aurait aimé un véritable affrontement entre le flic psychopathe et un Robert Davi au physique, lui aussi, très impressionnant. Le film est plutôt moyen. En tout cas, bien moins intéressant que le premier. On retrouve une fois de plus Jay Chattaway aux commande de la partition musicale. Une fois encore, le cinéaste William Lustig s'amuse à faire une minuscule apparition dans son propre film comme c'est à chaque fois le cas (dans Maniac et Maniac Cop, il est gérant d’hôtels minables et dans cette seconde mouture, il quitte furtivement un ascenseur). On appréciera également le passage du cinéaste Sam Raimi (Evil Dead 1,2,3)...
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