Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


jeudi 17 novembre 2022

Evil Dead... Dans le titre...

 


 

Evil Dead... dans le titre ! Cela veut dire que l'on va évoquer quelques longs-métrages dont les titres font directement référence au film culte de Sam Raimi. Nous ne parlerons ni de celui-ci, ni de Evil Dead II : Dead by Dawn qui sortit sur les écrans en 1987 mais du documentaire Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II qui fut réalisé en 2011 par Michael Felsher, de Evil Dead III : Army of Darkness que Sam Raimi réalisa en 1992 et des deux premiers volets de la trilogie japonaise Evil Dead Trap qui malgré leur titre n'ont en réalité aucun rapport avec les bobines du réalisateur américain... Comme dans tout bon documentaire axé sur le tournage de n'importe quel long-métrage, Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II se penche sur les différentes étapes nécessitant la création d'une destinée à devenir comme ici, une œuvre culte. Sous forme de chapitres, le documentaire de Michael Felsher commence par nous présenter les différents intervenants. Comme l'acteur Bruce Campbell, vedette indissociable du projet, ses différents partenaires à l'écran (dont Ted Raimi, le frère du réalisateur Sam Raimi) ainsi que leurs personnages respectifs. D'autres membres de l'équipe de tournage interviennent également. Et ce, lors du chapitre consacré aux effets-spéciaux. Une partie du documentaire qui nous permet de découvrir des individus sympathiques, bourrés d'imagination et formant une cohésion parfaite. Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II est l'occasion d'en apprendre beaucoup et de découvrir des facettes demeurées inédites jusque là. Sam Raimi lui-même demeure finalement celui qui reste le plus rare à l'image. En dehors de quelques interventions filmées à l'époque, ce sont surtout les membres de l'équipe technique et les interprètes qui apporteront leur lot d'anecdotes (l'on apprend notamment que le projet fut lancé contre l'opinion initiale de son réalisateur alors que son précédent film, le pourtant génial Mort sur le grill scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen, fut un bide au cinéma). Swallowed Souls : The Making of Evil Dead II est un documentaire précieux, rendant concrète la visite du plateau de tournage d'un authentique mythe du cinéma gore et fantastique. Est-il nécessaire de préciser que le documentaire est indispensable pour tous les amoureux de cinéma fantastique en général et de Sam Raimi en particulier... ?


1992 est l'année de sortie de Evil Dead III : L'armée des tenèbres. Et comme son nom l'indique, il s'agit du troisième volet de la franchise Evil Dead prenant comme lieu d'action non plus la célèbre cabane qui fut le théâtre des monstruosités commises dans les deux premiers opus mais le royaume du roi Arthur (l'acteur Marcus Gilbert) en l'an 1300. Alors que ce dernier pressent que son ennemi juré le duc de Schale Henry le Rouge (Richard Grove) est à l'origine de la présence en leur temps de Ash (le héros des deux premiers longs-métrages de la franchise toujours interprété par Bruce Campbell), ce dernier va devoir collaborer avec le roi, son armée et un alchimiste (Ian Abercrombie) s'il veut pouvoir retourner dans le présent. Contraint, pour cela, de devoir mettre la main sur le Necronomicon, Ash se lance dans de dangereuses péripéties. Mais alors que l'alchimiste lui avait ordonné de réciter la formule Klaatu barada nikto avant de se saisir de l'ouvrage maléfique, Ash se trompe et réveille les forces du Mal. Son double maléfique et l'armée des ténèbres essentiellement constituées de squelettes plus ou moins décharnés vont sortir de terre et se diriger tout droit vers le royaume d'Arthur afin de se réapproprier le Necronomicon... Dans le ton du précédent Evil Dead II : Dead by Dawn, le réalisateur Sam Raimi propose ici une œuvre mêlant fantastique, horreur et comédie. Visuellement, et malgré un budget de onze millions de dollars nettement plus important que pour les premier et second long-métrage de la franchise (350 000 dollars pour le premier, 3 000 000 pour le deuxième), Sam Raimi ne semble pas avoir pu réaliser le film tel qu'il l'avait foncièrement envisagé. Si la mise en scène, l'interprétation et le scénario qu'il a lui-même écrit en compagnie du fidèle réalisateur, acteur et scénariste Scott Spiegel permettent à ce Evil Dead III : L'armée des ténèbres d'être en tous points fidèle à l'esprit de la saga, on imagine sans mal quel aurait été le film s'il avait pu bénéficier d'un budget nettement supérieur aux onze millions de billets verts engagés dans la production. On retrouve en effet le même délire graphique avec ses effets-spéciaux en Stop-Motion, ses démons survoltés et son humour cartoonesque dans lequel Bruce Campbell se fourvoie sans retenue. Avec Evil Dead III : L'armée des ténèbres, Sam Raimi signe un Retour du Roi avant l'heure avec des moyens éminemment moins importants. Ici, les figurants (majoritairement constitués d'images de synthèse) sont certes moins nombreux que ne le seront ceux de l'adaptation du chef-d’œuvre de Tolkien par Peter Jackson dans les années 2000 Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi mais tous y mettent un tel cœur à l'ouvrage que le résultat est au moins à la hauteur des deux précédents films de la franchise. Bricolé, aussi délirant qu'un dessin animé réalisé dans l'esprit de Tex Avery, le troisième long-métrage de la franchise mérite comme ses prédécesseurs le terme de film culte ! Alors qu'un reboot de l'original vit le jour en 2003 sous la houlette de Fede Álvarez, et qu'une série intitulée Ash vs. Evil Dead est visible depuis 2015, on attend toujours que sorte sur les écrans le cinquième opus de la franchise sous le titre Evil Dead Rise. Une sortie en France est prévue sur notre territoire pour le 19 avril prochain...


Maintenant, évoquons deux longs-métrages d'origine japonaise qui n'ont de rapport avec la franchise de Sam Raimi que le nom. Evil Dead Trap I et II. Le premier est l’œuvre de Toshiharu Ikeda et date de 1988 tandis que le second fut réalisé par Izô Hashimoto quatre ans plus tard. Au vu du synopsis de Evil Dead Trap premier du nom, on a d'emblée l'impression que le film est plus proche d'un Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato), voire d'un Tesis (Alejandro Amenábar) que du film culte du réalisateur italien. Et pour cause : le film se concentre non plus sur une bande magnétique, un ouvrage, une cabane dans les bois et des démons s'en prenant à une poignée de jeunes gens mais sur une présentatrice de télévision qui après avoir reçu une curieuse cassette vidéo sur laquelle semble avoir été enregistré un Snuff Movie décide d'enquêter sur les origines de l'enregistrement. Pas folle la guêpe puisque la miss se rend sur les lieux où semblent avoir été tournées les images en compagnie de son équipe constituée de quatre employés. Qui dès leur arrivée vont se séparer en deux groupes de deux et un groupe de... un ! (Tiens, tiens, ça me rappelle un sketch de Bigard sur les films d'horreur!!!). Une ancienne base militaire désaffectée où rôde un tueur mystérieux. Rien ne semblant devoir ressembler davantage à un film japonais qu'un autre film japonais, Evil Dead Trap est typique de cette vague de longs-métrages horrifiques dont l'un des portes-drapeaux est Shin'ya Tsukamoto. L’œuvre de Toshiharu Ikeda lui ressemble d'ailleurs parfois, lorsque la caméra devient folle et que l'image s'accélère à la manière du cultissime Tetsuo. À dire vrai, le titre paraît parfois n'être pas le seul point commun avec l’œuvre de Sam Raimi. Quelques passages paraissent effectivement avoir été inspirés par les deux premiers Evil Dead. À vouloir entrapercevoir des références cinématographiques, pourquoi ne pas y ajouter également quelques éléments diffusés de manière éparses et s'imprégnant quant à eux des univers chers au réalisateur italien Dario Argento. Oui, oui, le maître du giallo. Malheureusement, Toshiharu Ikeda n'a pas le génie du transalpin et les compositions de Tomohiko Kira n'ont pas la teneur de celles des Goblin ! L'un des principaux atouts de Evil Dead Trap, ce sont ses meurtres. Originaux et parfois très graphiques. D'autres argueront que l'étrangeté qui parcourt de long en large la pellicule est aussi l'un des points forts du film. À contrario, reconnaissons tout de même que le film s'étire sur une trop longue durée et que l'on s'y emmerde très souvent ! Des tunnels de dialogues et des tunnels... tout court. Un environnement aussi labyrinthique que le scénario et l'indescriptible récit. Un slasher/Giallo japonais dont on ressort essoré de n'avoir pas vraiment saisi l'intérêt. Si certains plans valent le coup d’œil, le bodycount est décevant et le rythme soporifique. Résultat, on se refera volontiers la filmographie de Shin'ya Tsukamoto plutôt que ce curieux objet filmique !


Autant dire que c'est avec prudence que l'on se jettera sur Evil Dead Trap II même si cette fois-ci Toshiharu Ikeda n'est plus de la partie et qu'il laisse Izô Hashimoto prendre le relais. Pour cette suite qui n'en n'est pas vraiment une puisque l'on ne retrouve ni l'intrigue ni les personnages du long-métrage sorti quatre ans auparavant, Izô Hashimoto signe une séquelle qui contrairement à certains avis mitigés me semble bien supérieure au premier Evil Dead Trap. Mais les films n'entretenant que comme uniques rapports leur titre et une passion immodérée pour les séquences gore, nous nous dispenserons d’émettre un quelconque avis comparatif. Moins foutraque et donc plus cohérent dans le déroulement du récit, Evil Dead Trap II met en scène Aki (l'actrice Shoko Nakajima ), jeune femme ronde apparemment atteinte psychologiquement par un traumatisme qui l'empêche de vivre pleinement son existence. Et ce, malgré l'amitié que lui voue Emi (Rie Kondoh), sa seule amie et l'attirance dont elle sera bientôt l'objet de la part de Kurahashi (Shirô Sano). Au delà de cette étrange relation ressemblant peu ou prou à un triangle amoureux, des meurtres abominables sont commis dans la région. En effet, un tueur s'en prend aux jeunes femmes qu'il tue et dont il prélève l'utérus. Les bases du scénario étant ainsi posées, Evil Dead Trap II semble apparemment moins délirant que son prédécesseur et pourtant, ses personnages naviguent dans un univers fantasmagorique. La matière est ici beaucoup plus consistante et compacte que dans le premier Evil Dead Trap dans lequel les interprètes semblaient être un peu trop en roue libre. Durant une grande partie, Aki apparaît comme une alternative féminine et japonaise au Frank Zito du film culte de William Lustig, Maniac (1980). Du moins, jusqu'à ce que nous soit révélée la vérité. Visuellement, ce second volet de la franchise n'a rien à envier au long-métrage de Toshiharu Ikeda. Cette suite bénéficie même de séquences absolument remarquables comme ce duel opposant les deux héroïnes au beau milieu de drapés immaculés qui au fil des coups de lames dans les chairs vont passer du blanc au rouge sang ! Shoko Nakajima interprète une Aki presque mutique, prostrée, malaisée et marginale. Outre ce portrait frappant d'une jeune femme qui à la suite d'un avortement semble avoir perdu toute illusion, le film regorge de séquences chocs dont la plupart s'avèrent radicales et vont crescendo dans leur traitement de la violence. Un cadavre découvert éventré sur une berge, un meurtre commis sous la pluie au sortir d'une boite de nuit, le résultat d'un carnage visible dans une salle de bain et l'affrontement sans fin entre les deux ''ex amies''... De quoi permettre aux amateurs de gore de se faire la main sur ce petit bijou méconnu. À noter qu'il existe un troisième volet intitulé Evil Dead Trap 3: Broken Love Killer signant le retour à la réalisation de Toshiharu Ikeda dont on peut cependant douter de la filiation réelle (le titre original n'est plus dans la continuité des deux premiers volets mais s'intitule Chigireta ai no satsujin tandis qu'il a été traduit à l'internationale sous le titre The Brutal Insanity of Love)...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...