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jeudi 3 septembre 2026

Dolly de Rod Blackhurst (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 




 

Après avoir entendu de la bouche d'un proche que Dolly de Rod Blackhurst pouvait être vu comme un hommage aux survivals des années soixante-dix et notamment au plus grand d'entre tous, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, je réalisais quelle fut mon erreur en pensant qu'il pouvait s'agir d'un énième long-métrage mettant en scène une poupée diabolique ! En effet, l'affiche est trompeuse et ce que l'on pourrait prendre pour une énième variation du thème ayant mis en scène par le passé des jouets possédés comme dans Annabelle, Dolls ou The Boy ressemble effectivement davantage aux quelques classiques de l'épouvante qui lancèrent la mode des familles de dégénérés anthropophages... Dolly est donc le nom du personnage qui trône en bonne place sur l'affiche du dernier long-métrage du producteur, réalisateur, scénariste et directeur de la photographie américain qui comme ses prédécesseurs se penche sur un cas clinique particulièrement marqué par une enfance traumatique. Ici, pas les membres d'une famille au chômage contrainte de s'en prendre à des touristes de passage pour les mettre à leur menu mais une femme en manque évident d'affection qui vient d'enterrer le corps sans tête de sa très chère maman.Vivant dans une maison isolée dans la forêt, cette imposante ''créature'' que l'on n'aimerait sans doute pas avoir comme compagne ou comme simple amie est interprétée à l'écran par la catcheuse professionnelle américaine Max Lindsey plus connue sous le nom de Max The Impaler (ou Max l'empaleuse). Une carrure impressionnante qui n'est bien évidemment pas sans rappeler le Leatherface ou ''Tronche de cuir'' du chef-d’œuvre que Tobe Hooper mis en scène en 1974. Même appétence pour le meurtre et même esprit dérangé. Tout comme celui qui porta à son époque des masques constitués de peau humaine, Dolly ne s'exprime qu'à travers d'incompréhensibles borborygmes. Si l'un des plus célèbres boogeymen inspiré des méfaits commis par l'authentique psychopathe Edward Gein usait généralement d'une masse ou d'une tronçonneuse, Dolly a pour habitude d'utiliser une pelle. Le visage caché derrière un masque en porcelaine qui renvoie directement aux centaines de poupées qui ornent les arbres de la forêt et les différentes pièces de l'étrange demeure qui l'abrite, il semble que Dolly ait un sérieux problème avec son cher papa comme le pointeront plus tard un certains nombre d'éléments...


Le film de Rod Blackhurst joue ensuite sur la passion bien innocence des petites filles pour les poupées à travers un personnage déviant. On pourrait accorder à Dolly le droit de s'amuser avec elles, d'en disséminer un peu partout autour de la propriété familiale ou d'avoir transformé la cave en sanctuaire tout à la gloire de sa chère maman disparue si cette monstruosité comme le septième art est ponctuellement capable d'en accoucher n'avait pas également pour habitude de s'en prendre aux touristes de passage. ici, le couple formé par Macy (Fabianne Therese) et son compagnon Chase (Seann William Scott). Si ce dernier est le père d'une charmante petite fille, Macy, elle, ne semble pas encore prête à assumer son rôle de future belle-mère. Toujours est-il que Chase décide d'emmener en randonnée forestière sa petite amie dans un lieu qu'il avait l'habitude de parcourir étant enfant. Dès leur arrivée, le couple découvre ainsi des poupées accrochées aux arbres ou reposant directement sur le sol. Alors que Chas s'apprête à demander la main de Macy, une étrange musique se met à raisonner dans la forêt et le jeune homme décide tout d'abord de découvrir son origine... Et c'est là que les choses vont se gâter. Alors oui, Dolly est bien un hommage au Massacre à la tronçonneuse. Ambiance morbide à laquelle le cinéaste ajoute quelques filtres discrets qui tentent de retranscrire l'atmosphère poisseuse d'antan. Agrémenté d'une bande musicale étrange signée du compositeur Nick Bohun, le film a cependant beaucoup de mal à soutenir la comparaison avec l’œuvre de Tobe Hooper. En cause, tout d'abord, l'attitude du couple qui fasse au danger reste bloqué sur place et ce, même lorsque Dolly est divertie par des bruits ou des mouvements extérieurs. À trop vouloir faire de son personnage un alter ego féminin de Leatherface, Rod Blackhurst en oublierait presque la tension de l’œuvre séminale du genre qui à l'époque avait eu de quoi secouer par son réalisme glauque et documentaire. Dolly est malheureusement un peu trop mou et répétitif. La cause revenant à un script écrit en collaboration avec le scénariste Brandon Weavil qui n'avance jamais vraiment. Ou en tout cas, pas avant les deux premiers tiers du long-métrage. Fort heureusement, quelques séquences gore viennent agrémenter le sujet, entre mâchoire arrachée, jambe brisée ou tête éclatée à l'aide de la pelle en question. Mais ce qui demeure une certitude est qu'en comparaison avec le film auquel Rod Blackhurst tente de rendre hommage, Dolly paraît bien innocent. Bref, un sympathique divertissement qui ne passera sans doute malheureusement pas le cap de la seconde projection...

 

mardi 17 mars 2026

The Bayou de Taneli Mustonen et Brad Watson (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Ça débute comme un film sur le narco-trafic, se poursuit comme un ersatz de la série Lost avant de lorgner du côté du Survival à tendance '' Agression Animale''. Autant le dire tout de suite, c' est de la merde. Et donc, totalement indispensable. Parce mauvais ou pas, n'importe quel film mérite en réalité d'être découvert. Si mauvais soit-il. Si indigents soient la mise en scène ou l'interprétation. Aucune grande star au générique mais un petit groupe d'acteurs qui nous feraient presque regretter le temps où des requins avaient la capacité de voler dans le ciel dans l'objectif de s'en prendre notamment à l'un des protagonistes de la série culte américaine, Beverly Hills 90210. D'ailleurs, si vous avez le courage de lire ce post jusqu'au bout, je vous réserve une petite surprise qui n'a rien à voir avec le 1er Avril qui se profile lointainement à l'horizon. Bon, pour être tout à fait franc, j'ai bien cru que nous tenions avec The Bayou, la perle rare. Un début prometteur. Ô pas cette séquence d'ouverture présentant des trafiquants de drogue ou celle exhibant de jeunes adultes typiques du cinéma visant le jeune public pré et post-adolescent mais bien la suivante. Un décor et une ambiance présentant un cadre proche des plus grands Survival du vingtième siècle. Genre Massacre à la tronçonneuse ou Délivrance. Mais bon, faut pas rêver puisque tout tourne en eau de boudin dès qu'un groupe de passagers d'un avion de tourisme se retrouve échoué dans le bayou du titre. Lequel n'est accessoirement pas celui que l'on pouvait espérer puisque le long-métrage de Taneli Mustonen et Brad Watson a sans doute pour des raisons financières été majoritairement tourné aux Philippines ! Marquée par la mort de son frère lors du braquage d'une épicerie, la jeune diplômée en médecine Kyle (Athena Strates) part en avion en compagnie de plusieurs amis afin de disperser ses cendres. Mais en plein vol, une avarie contraint le pilote à atterrir en urgence. L'avion s'écrase alors en plein bayou, là où des dizaines d'alligators affamés attendent la moindre opportunité pour s'attaquer aux survivants du crash... Simple, efficace, le script d'Ashley Holberry et de Gavin Cosmo Mehrtens ne cherche pas à noyer le spectateur dans une pseudo-analyse comportementale des personnages même si certains d'entre eux se détachent sensiblement du groupe...


The Bayou n'étant évidemment pas d'une grande originalité ni d'une subtilité exemplaire, l'on a droit au connard en costard, chemise ouvert et téléphone portable rivé à l'oreille. Faisant fi des recommandations des autres passagers qui lui conseillent d'éteindre son appareil... En bref, le Gros Con dans toute sa splendeur. Lequel est dans le genre, très rapidement rejoint par l'une des ''amies'' de l'héroïne. Une certaine Malika qu'interprète l'actrice Elisha Applebaum et que l'on espère voir crever à petit feu, goulûment avalée par l'un des sauriens qui rôdent dans des paysages qui à défaut d'être représentatifs de l'image que l'on se fait des bayous de la Louisiane possèdent le charme typique des luxuriantes forêts philippines. Un point positif à mettre au crédit d'un film très basique dans son déroulement. Crispant non pas en raison des risques perpétuels qu'encourent les personnages à s'aventurer à l'extérieur de la cabane où ils se sont précédemment réfugiés mais bien à cause de deux ou trois parasites de l'espèce humaine dont la vie, dans ce genre de récit, ne tient fort heureusement qu'à un fil ! Le genre étant ce qu'il est, plusieurs influences sautent aux yeux. Et notamment l'excellent Rogue que l'australien Greg McLean réalisa voilà près de vingt ans en arrière et qui pour le coup était vraiment angoissant ! Si j'abuse évidemment en affirmant que The Bayou est une merde puisqu'il vaut bien toute une palanquée d'autres films portant sur le même sujet, son absence d'innovations, de caractérisation et la pauvreté du script liée à une mise en scène et une interprétation académiques en font une œuvre tout à fait dispensable. Concernant la surprise que je vous réservais, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, après une absence de sept années, la franchise Sharknado va bientôt ressurgir sur nos écrans à travers une préquelle intitulée Sharknado Origins qui comme son titre l'indique devrait revenir sur les origines du mal... Notons que le film n'en étant qu'à sa phase de pré-production, prévoir une date précise de sortie serait risqué. En attendant d'en savoir davantage, il vous est clairement conseillé de revoir les anciens opus plutôt que ce The Bayou qui demeure selon moi, sans intérêt...

 

mercredi 21 janvier 2026

Gaitor Bait de Beverly et Ferd Sebastian (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Gator Bait ou Les marais de la haine de Beverly et Ferd Sebastian est une œuvre méconnue qui appartient au genre Hicksploitation. Un courant du cinéma d'exploitation qui connut son heure de gloire dans les années soixante-dix avec Deliverance de John Boorman, The Texas Chain Saw Massacre de Tobe Hooper, Two Thousand Maniacs! de Herschell Gordon Lewis, Walking Tall de Phil Karlson ou encore The Hills Have Eyes de Wes Craven. Films situant généralement leur action dans les endroits les plus reculés de l'Amérique profonde s'agissant du cinéma outre-atlantique, ils mettent couramment en scène ce que l'on nomme là-bas, des Rednecks. Terme que l'on peut traduire chez nous sous celui de Culs-Terreux, de Bouseux, de Ploucs, de Villageois arriérés ou de nombreux autres substantifs tout aussi péjoratifs... Gator Bait n'échappe évidemment pas à cette appellation puisque les personnages dans leur grande majorité représentent le summum en la matière. Au nombre de neuf si l'on compte celui qui meurt très rapidement d'un accident de fusil, tous ou presque semblent être atteints de tares intellectuelles. Au mieux l'on écartera de la fange le shérif Joe Bob Thomas (interprété par Bill Thurman) et son fils et adjoint Billy Boy (Clyde Ventura) même si très vite il devient évident que l'héroïne du récit ne pourra pas compter sur leur aide durant la chasse dont elle deviendra la proie. Elle-même issue d'une famille dont le père et la mère sont absents (le premier n'est que très rarement évoqué tandis que l'on apprend que la seconde est décédée), Désirée Thibodeau (Claudia Jennings) pratique le braconnage dans les marais afin de subvenir aux besoins en nourriture de son frère muet Big T. (Tracy Sebastian) et de sa sœur Julie (Janit Baldwin) avec lesquels elle vit au cœur des marais. Alors qu'elle s'apprête à capturer illégalement un crocodile retenu dans l'un des pièges qu'elle a tendu au milieu des eaux, Désirée est aperçue par Billy Boy et son ami Ben Bracken (l'acteur Ben Sebastian). Parvenant à fuir en canot, la jeune femme est poursuivie puis est rattrapée par les deux hommes. Afin de leur échapper, elle leur jette un sac rempli de serpents venimeux qu'elle a chassé plus tôt. Effrayé, l'adjoint du shérif tire en direction des serpents qui se trouvent à bord de son bateau mais tue accidentellement son ami Ben...


Alors que Désirée a pris la fuite, désemparé, Billy Boy décide de rentrer en ville jusqu'au bureau du shérif et de faire croire à son père que c'est elle qui a tué son ami d'une balle dans la tête. Contraint de prévenir les membres de la famille Bracken constituée du père T.J. Bracken (Sam Gilman), de Pete Bracken (Don Baldwin, lequel n'a aucun rapport avec la célèbre famille d'acteurs du même nom) et de Leroy (Douglas Dirkson, étonnant sosie de l'acteur français Jean-François Balmer qui consacrera le plus gros de sa carrière à des séries télévisées américaines), le shérif et son fils/adjoint acceptent malgré eux d'aider le clan Bracken à retrouver Désirée afin de lui faire payer la mort de Ben... Avec un budget estimé à cent-cinquante mille dollars, Gator Bait est un petit film de Hicksploitation/Survival qui profite de ses faibles moyens financiers pour renforcer l'aspect dégénéré des personnages et celui, crapoteux, de l'univers dans lequel ils évoluent. Une sacrée galerie de personnages tous plus dérangés les uns que les autres. Surtout du côté des Bracken et des deux fils, véritables obsédés sexuels. Si Leroy a de bonnes raisons de vouloir mettre la main sur Désirée depuis qu'elle lui a littéralement coupé les couilles lors d'un viol, Pete n'est pas en reste en terme de corruption puisqu'on le verra notamment tenter de violer sa propre sœur Laura Lee (l'actrice Kacie Kippenbrock) vers le début du récit ! Sous ses allures de petite production fauchée manquant drastiquement de moyens techniques, Gator Bait demeure cependant l'un des films de Hicksploitation parmi les plus représentatifs du genre. Son grain dégueulasse, sa morale viciée par la testostérone et la corruption, son interprétation pas toujours très juste, son décor humide et infesté de bestioles en tous genres (crocodiles, serpents, tatous, etc...), ses ploucs en salopettes crasseuses ou encore sa bande musicale, entre folk sudiste et country principalement constituée de banjo, de guitare et d'harmonica, le long-métrage de Beverly et Ferd Sebastian est une invitation assez saisissante dans l'univers plutôt oppressant des rednecks parmi les plus tordus de la planète ''Cinéma''. Notons qu'une ''suite'' fut à nouveau signée en 1988 par Beverly et Ferd Sebastion sous le titre Gator Bait II: Cajun Justice et traduite chez nous sous celui de La Vengeance de la femme au serpent...

 

mardi 20 janvier 2026

Trapped : Le Village de la mort de William Fruet (1982) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'Amérique profonde et rurale fut pendant longtemps le terreau fertile de nombre de productions outre-atlantiques poisseuses et dérangeantes dont deux des portes-étendards demeurent encore actuellement Deliverance de John Boorman et The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper. Ce dernier ayant réalisé par la suite Eaten Alive et son propriétaire de motel fou jetant ses victimes dans les eaux entourant son établissement où baigne un crocodile. Quant à lui, Wes Craven décrivit à travers The Hills Have Eyes le calvaire d'une famille d'américains moyens confrontés à une tribu consanguine dégénérée, retournée à l'état sauvage en s'attaquant aux voyageurs de passage et en pratiquant le cannibalisme. Dans un même esprit que ce dernier et celui de John Boorman, l'on peut notamment citer Just Before Dawn de Jeff Lieberman, Straw Dogs de Sam Peckinpah ou bien Death Weekend de William Fruet... L'on pourrait en réalité citer des dizaines d'autres longs-métrages mettant en scène des vacanciers et autres voyageurs égarés dans des contrées hostiles habitées par des culs-terreux dégénérés mais de ce dernier et dans le genre Survival, l'on retiendra sans doute surtout Trapped qu'il réalisa en 1982. Bien loin d'atteindre les qualités du formidable Southern Comfort de Walter Hill auquel il ressemble sur certains points, le long-métrage de William Fruet n'en est pas moins une expérience plutôt intéressante. Mettant en scène quatre jeunes gens venus se ressourcer durant le week-end dans une région des États-Unis reculée, ils vont être les témoins du meurtre d'un homme qui eut la mauvaise idée de coucher avec la femme du chef d'un petit village placé au sommet d'une colline. Humilié, séquestré, battu puis recouvert de plumes et de goudron, l'homme parviendra à prendre la fuite avant d'être rattrapé au beau milieu de la forêt environnante. Moqué une fois encore par une dizaine de culs-terreux tous à la solde d'un certain Henry Chatwill (l'acteur Henry Silva), ce dernier finit par l'abattre d'un coup de bâton en plein crâne et ce, devant les yeux épouvantés de Roger, Diana, Caroline et Lee qu'interprètent respectivement Nicholas Campbell, Gina Dick, Joy Thompson et Ralph Benmergui. Quatre jeunes étudiants venus se détendre pour quelques jours et qui ne vont avoir de cesse que de fuir le danger. Représenté par Henry Chatwill dont la sœur Miriam (Barbara Gordon) réprouve certaines méthodes, le village est sous ses ordres. Craintifs, les habitants de ce trou perdu acceptent alors sans broncher de suivre Henry dans sa traque des quatre jeunes gens afin de les faire disparaître maintenant qu'il sait qu'ils sont mes témoins gênants de l'assassinat dont il s'est rendu coupable...


Sorti chez nous sous le titre, Trapped : Le Village de la mort, le long-métrage de William Fruet porte très bien son nom et encore mieux la marque du Survival en milieu rural dans lequel la civilisation moderne n'a pas de prise. Et même si certains autochtones s'opposent aux méthodes employées par leur chef sur les bases de règles selon lui édictées par Dieu à l'image de sa propre sœur Miriam, peu ont véritablement le courage de l'affronter. Et pas même le shérif (l'acteur John Rutter) qui s'avère être le demi-frère de Henry et qui par conséquent prévient ce dernier et lui conseille de cacher le corps de la victime avant qu'il ne se lance véritablement dans l'enquête. Sauvage et particulièrement violent, Trapped : Le Village de la mort décrit une communauté emplie de culs-terreux pas très finauds, aux dents gâtées, sales et aux coutumes de vie arriérées. Et parmi eux, la jeune et très sexy Amy, compagne de Henry. D'apparence normale en comparaison des autres villageois, son interprète, Danone Camden, notamment vue dans une centaine d'épisodes de la mythique série télévisée Dallas ou dans Matt Houston et Shérif, fais-moi peur ! excite de part son attitude et ses tenues très légères les hommes de cette petite communauté vivant recluse et édictant ses propres lois. Face au comportement des villageois, William Fruet et le scénariste John Beaird opposent quatre jeunes gens de la ville dont l'un d'entre eux, Roger Michaels, jeune homme pragmatique et leader du groupe, confiant en la justice mais contraint d'abandonner ses convictions, finit par voir sa conscience se heurter à son instinct de survie. Généralement associé aux rôles de méchants, Henry Silva campe un autre type de leader, charismatique, dépassant d'une tête tous les autres protagonistes. Trapped : Le Village de la mort décrit l'inéluctable effondrement de la civilisation à travers les habitants de cette Amérique profonde et dégénérée face à laquelle de jeunes citadins sont contraints d'opérer des compromis s'ils veulent survivre. À ce titre, le long-métrage de William Fruet est dans la longue lignée de Survival opposant la civilisation à une forme de régression sociologique, morale et éducative rencontrée généralement dans ce genre de productions typiques des années 70/80...

 

lundi 29 décembre 2025

Within the Pines de Paul Evans Thomas (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Des discours interminables sans doute écrits sur un coin de table et alignant parfois près de six-mille signes. Le tout vantant une œuvre qui ne mérite pourtant pas tant d'éloges mais qui forcément attise la curiosité. Un concept fort, tourné dans une forêt isolée du sud de l’Australie. Pas de décors artificiels, que du réel, du concret, et un acteur qui ressemble à l'américain Kurt Russel sans en avoir pourtant le charisme. Un décor vaste pour un casting quasiment réduit au minimum. Le héros, Sam Evans, est incarné par l'acteur originaire d'Adelaide, Brendan Cooney. Et sa fonction de preneur de son projette instantanément le spectateur quarante-quatre ans en arrière lorsque Brian De Palma réalisa son magnifique Blow Out dans lequel l'ingénieur du son Jack Terry (John Travolta) était témoin d'un ''accident'' alors qu'il enregistrait de nuit les sons de la nature... Connaissant la méthodologie de l'immense ''rejeton'' d'Alfred Hitchcock, il était osé pour le réalisateur et scénariste Paul Evans Thomas lui aussi originaire d'Australie-Méridionale de marcher sur les plates-bandes de l'auteur de plus d'un chef-d’œuvre du thriller et du suspens américain. Et pourtant, à travers ce premier long-métrage qui n'excède pas les soixante-treize minutes, le cinéaste suit bien les traces du classique de Brian De Palma tout en l'adjoignant à un courant horrifique connu sous le nom de Survival. Un sous-genre qui a permis aux amateurs d'aventures et de frissons de vivre tant et tant d'expérience immersives (à commencer par l'excellent Délivrance de John Boorman en 1972) mais qui trouve ici l'un de ses avatars parmi les moins productifs en matière d'écriture et de mise en scène. Ne distillant que de très rares paroles, les quelques personnages sont donc voués à ouvrir les lèvres pour ne débiter que de rares lignes de dialogue dont la vacuité est telle que leur auteur aurait mieux fait de tourner un film totalement muet plutôt que de faire entendre au public des phrases sans intérêt ! Alors, le concept est-il réellement fort ? Oui. Du moins, sur le papier. Car à moins que le spectateur ait oublié de se munir de l'un des éléments essentiels au confort de la projection sans que celui-ci ait été annoté dans la ''notice'' préventive du long-métrage de Paul Evans Thomas, ce thriller en milieu forestier à l'exact opposé de l'exotisme de certains représentants du Survival ne cache aucune des cases de l'expérience sensitive...


Presque entièrement conçu autour du son, l'élément en question est donc bien ce casque qui mérite d'accompagner le spectateur lors de la projection. Du moins, en théorie. Car même en ayant commis la spéculative erreur de se lancer dans l'aventure du héros sans s'être muni de l'objet en question, il n'est pas difficile de deviner qu'en terme de Sound Design, l'expérience s'avère plus que décevante. Paul Evans Thomas semble effectivement s'être davantage préoccupé de ce que pouvait entendre son personnage que les sons que pouvait percevoir le public. Ces sons justement, ceux qui furent censés nous plonger directement au cœur du concept ne fonctionnent donc absolument pas. Reste donc à se rabattre sur le récit. Mais là encore, c'est la déconvenue. En dehors d'un héros au charisme comparable à un encéphalogramme plat bizarrement perdu dans une forêt dont on devine qu'il n'a pourtant pas parcouru des dizaines de kilomètres, le film tente une approche maintes fois remaniée sur grand écran s'agissant d'intégrer un psychopathe séquestrant une jeune femme dans une miteuse caravane plantée au beau milieu d'une forêt de pins ! Je veux bien que l'on apprécie le spectacle, surtout outre-atlantique où l'américain moyen préférera toujours choisir le trio Cheeseburger/Donuts/Soda plutôt qu'un met raffiné. Mais là, nous sommes franchement en dessous de tout. Mou, chiant, répétitif, sans ambition, déjà vu, mal joué et piètrement mis en scène, Within the Pines est sans doute l'un des pires représentants de sa catégorie. Et même lorsque l'affrontement final survient entre notre preneur de sons et le taré qui vit reclus dans sa caravane, le combat entre les deux hommes et risible tant il paraît pathétique car sans vigueur. Bref, vous pouvez aisément passer votre chemin...

 

jeudi 13 novembre 2025

Orang Ikan de Mike Wiluan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Orang Ikan avait tout pour plaire aux fans de fantastique, de science-fiction et d'épouvante. Trois films en un. Un triple hommage au cinéma de genre. Le premier d'entre eux, celui qui en tout cas saute aux yeux dès la lecture visuelle de l'affiche est celui auquel semble se référer la créature qui de dos ne laisse aucun doute quant à sa relation avec un vieux mythe du cinéma fantastique américain datant du milieu du vingtième siècle. Une ''bestiole'' qui évoque Creature from the Black Lagoon que réalisa le cinéaste américain Jack Arnold en 1954. L'une comme l'autre semblent partager les mêmes gènes. Ou du moins leur apparence et les modes d'existence soutiennent la comparaison. Deux hommes-poissons hostiles et apparemment très attachés à la préservation de leur territoire. Le second hommage intervient quant à lui autour des deux principaux protagonistes du récit. Tandis que nous sommes en 1942 en plein conflit mondial, enchaînés l'un à l'autre et échoués sur une île après que le navire où ils étaient retenus prisonniers ait été bombardé par des avions ennemis, Saito (Dean Fujioka) et Bronson (Callum Woodhouse) vont être contraints de collaborer. Il y a cependant un hic ! Le premier étant japonais et le second britannique, la communication entre ces deux hommes qui s'avèrent tout d'abord hostiles l'un envers l'autre va être compliquée. C'est ainsi que l'on songe au film de science-fiction Enemy Mine que réalisa le réalisateur, scénariste et producteur germano-américain Wolfgang Petersen en 1985 et dans lequel un terrien et le représentant d'une espèce extraterrestre reptilienne connue sous le nom de Drac se retrouvaient à la surface d'une planète hostile et étaient contraints de collaborer afin d'y survivre... Là encore, Orang Ikan ne semble pas faire le moindre cas de cette troublante similitude qui existe entre le classique de science-fiction et son œuvre qui, en outre et pour en rajouter une couche encore plus probante, pompe joyeusement l'excellent Predator que signa John McTiernan en 1987. La relation entre les deux films est on ne peut plus flagrante et nier ce fait serait mentir, ou pire, prendre le public pour un imbécile, et pour un inculte ne connaissant pas ses classiques sur le bout des doigts ! Mais au fond, de ces trois excellents modèles dont s'est emparé le singapourien Mike Wiluan, qu'en reste-t-il réellement ? Et bien, pas grand chose à vrai dire. Et c'est d'autant plus dommage qu'à grands renforts d'explosions et d'effets visuels plutôt remarquables, le premier acte promettait une aventure ambitieuse sur une île aussi belle que dangereuse.


Mais au fil du récit l'on se rend compte qu'entre les prétentions du cinéaste et ses capacités réelles à mettre en scène son propre script et à le faire tenir debout jusqu'à sa conclusion, il existe un fossé infranchissable. Basé sur un mythe qui remonte aux années quarante du siècle dernier, le long-métrage se penche sur le folklore des Îles Moluques situées à l'Est de l'Indonésie basé sur l'observation de créatures cryptides qui auraient été aperçue à plusieurs reprises en 1943 par des soldats basés sur une île de l'archipel de Kei affirma. Définies comme étant d'apparence humanoïde et bien que le responsable de la patrouille de l'île, le sergent Taro Horiba, confirma leur existence, aucune preuve photographique ne vint étayer la réalité de ces créatures aquatiques capables de se déplacer sur la terre ferme. Cependant, les habitants de l'île continuèrent à croire en leur existence et les nommèrent Orang Ikan... Le film de Mike Wiluan, bien qu'étant donc un hommage plus ou moins officiel des trois longs-métrages cités plus haut, est en fait plutôt un bon gros nanar pourtant non dénué de qualités artistiques. Filmé dans des décors paradisiaques et donc splendides, le film est en revanche ''abîmé'' par une avalanche d'invraisemblances et de défauts directement liés à l'attitude de la créature. Laquelle a beau se prendre notamment une balle en pleine tête (laquelle entre par l'arrière du crâne avant de ressortir par l'orbite droite) ou la lame d'un sabre en plein dans le dos, ce qui ne l'empêche pas de se relever à chaque fois... Résistant à des assauts dont la logique voudrait qu'elle y perde la vie, notre Orang Ikan s'avère donc exceptionnellement endurant ! Absurde ! Si les effets-spéciaux numériques du début et les quelques effets gore sont plutôt réussis, on n'en dira pas autant de la créature dont on devine d'emblée qu'un acteur se cache sous son costume ! Dévoilant une gueule béante et affreusement dentée, l'Orang Ikan prête plus à sourire qu'à faire frémir. C'est bien simple : pour en revenir à Predator, l'on a parfois l'impression qu'elle a été conçue par la même équipe qui se chargea du costume dans lequel se fondit Jean-Claude Van Damme qui, rappelons-le, devait à l'origine interpréter le fameux alien du chef-d’œuvre de John McTiernan... Bref, entre les incohérences, l'attitude des deux personnages et notamment de Saito qui met des plombes à aider son compagnon alors que celui-ci est attaqué par la créature, le ridicule costume de cette dernière et un script qui n'offre rien de véritablement original, Orang Ikan s'avère malheureusement assez médiocre...


 

jeudi 7 novembre 2024

Soudain seuls de Thomas Bidegain (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir tourné son premier long-métrage Les cowboys en 2015 et avoir participé au film à sketchs Selfie quatre ans plus tard à travers le segment Vlog, le réalisateur et scénariste français Thomas Bidegain est revenu cette année avec une œuvre d'un tout autre genre. Le type de long-métrage particulièrement tendu et qui plus encore que sur la mise en scène repose sur l'interprétation de ses deux seuls acteurs, Mélanie Thierry et Gilles Lellouche. Si de prime abord le genre Survival est majoritairement inspiré par un certain nombre d'œuvres horrifiques produites outre-atlantique, en Australie, ou sur d'autres recoins de la planète méconnus, dans un désert où la présence humaine est prétendument absente ou dans n'importe quelle forêt abritant une quelconque menace, il faut en fait voir beaucoup plus loin que le Délivrance de John Boorman, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, La colline a des yeux de Wes Craven ou la franchise Wrong Turn réalisée par divers cinéastes. Qu'il s'agisse de drame, de science-fiction, d'épouvante ou d'aventure, tous les héros sont généralement logés à la même ancienne et sont donc contraints de survivre face à des menaces d'ordre naturel, climatique, matériel ou physiologique (manque d'eau et de nourriture). En ce sens, Soudains seuls est le premier (ou l'un des premiers) exemple de film français sortant de carcan étriqué de l'horreur pour oser s'aventurer dans cet enfer blanc que peuvent très rapidement devenir les côtes antarctiques. Bien que Laura (Mélanie Thierry) ne soit pas très chaude à l'idée de faire un détour avant que son couple ne se rende en Amérique du sud, la jeune femme accepte malgré tout d'accompagner Ben (Gilles Lellouche) jusqu'à une usine baleinière désaffectée et dans un état déplorable. A bord de leur voilier, ils se dirigent donc vers une île magnifique et sauvage, balayée par le vent et où nulle trace de vie n'est présente sur place en dehors d'un groupe important de manchots. Jusqu'ici, tout va bien. Laura et Ben accostent puis partent se promener dans les hauteurs de l’île. Mais très vite, un orage gronde au loin, des nuages sombres et menaçants se rapprochent alors très rapidement du couple qui décide finalement de rebrousser chemin. Malheureusement, Laura et Ben constatent à leur retour sur la berge que le voilier a disparu. Condamné à demeurer sur l'île jusqu'à l'hypothétique arrivée des secours, le couple va devoir survivre en s'adaptant à ce milieu particulièrement hostile..


On l'aura compris, c'est à un tout autre type d'horreur ou plutôt d'effroi que nous convie Soudains seuls. Inspiré du roman éponyme de la navigatrice Isabelle Autissier publié en 2015 et donc adapté près d'une décennie plus tard pour le grand écran, le long-métrage de Thomas Bidegain est une œuvre absolument remarquable et terriblement efficace qui ne souffre jamais de sa durée approchant les cent-dix minutes. La mise en scène pointilleuse du réalisateur mais aussi et surtout la performance du duo d'interprètes transforme cette aventure humaine hors du commun en un périple cauchemardesque auquel va s'ajouter la houleuse relation entre un homme et une femme dont les rapports laissent d'emblée envisager qu'ils sont en ''fin de cycle''. Il faut savoir qu'à l'origine et en lieu et place de Mélanie Thierry et Gilles Lellouche, Vanessa Krby et Jake Gyllenhaal furent les premiers acteurs à être pressentis pour les rôles de Laura et Ben pour une œuvre qui à l'origine devait s'appeler Suddenly. Mais l'attitude déplorable de ce dernier fit capoter le projet qui fut malgré tout relancé un an plus tard pour prendre la forme telle que nous la connaissons désormais. Tourné entre le Finistère et l'Islande, Soudain seuls, c'est tout d'abord des décors à couper le souffle. Des roches tantôt noires comme le charbon, tantôt comparables à l'écorce de l'eucalyptus deglupta. Des icebergs également, de couleur blanche ou parfois d'un bleu remarquable. Et puis, un décor planté sur place, amalgame de métaux rouillés qui va servir de toit au couple. Entre drame intimiste voyant une femme et son compagnon se déchirer avant de se rabibocher et survival dont le rendu est exceptionnel, Soudains seuls repose notamment sur le délitement physiologique et intellectuel du couple. Les visages et les corps s’abîment, entre le froid qui s'attaque à l'épiderme et le péril qui dégrade les sentiments. Un moment de grâce porté par deux excellents acteurs et par un cinéaste de talent qui retranscrivent tous les trois le cauchemar vécu par les deux seuls personnages que l'on rencontrera durant l'aventure. Bref, Soudain seuls est une aventure de l'extrême fort convaincante et qui mettrait presque finalement au pilori Seul au monde de Robert Zemeckis qui, en fin de compte, paraît fort ''gentil'' en comparaison...

 

samedi 31 août 2024

Butchers Book Two: Raghorn d'Adrian Langley (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Considérant que le titre, le nom de réalisateur et le sujet pourraient faire penser que Butchers Book Two: Raghorn serait la séquelle de Butchers réalisé quatre ans auparavant par Adrian Langley, il demeure dans cette fausse suite des différences qui en font davantage une sorte de reboot dans lequel le duo de tueurs cannibales incarnés à l'époque par Simon Philips et Michael Swatton ne sont plus tout à fait les mêmes. Car si l'on retrouve Michael Swatton au générique et que Simon Philips est désormais remplacé par l'acteur Nick Biskupek, les frères Watson du premier sont ici remplacés au profit de Clyde et Crusher. Deux frangins dont les parents, semble-t-il, pratiquèrent l'union entre membres d'une même famille à juger par les tares physiques de l'un et les graves problèmes de psychopathie du second. Bref, deux individus totalement irrécupérables pour la société et auxquels vont être confrontés un trio de kidnappeurs ainsi que leur victime. Situant son action en plein cœur d'une forêt où se sont installés nos deux dégénérés du bulbe dont l'un est un molosse de deux mètres à l'impressionnante force physique mais dont les fils du cerveau n'entrent que très rarement en contact. Michael Swatton a donc dû subir un traitement au latex avant de devenir l'alter ego maléfique d'un certain Toxic Avenger ! À ses côtés, un Nick Biskupek en redneck plus vrai que nature. Le portrait d'un plouc de l'Amérique profonde parmi les plus convaincants qui soient... Le genre de type qui, une fois sa proie tombée entre ses griffes, ne laisse aucun espoir à cette dernière. Dénué d'empathie, sadique au dernier degré, Clyde s'avère au final nettement plus flippant que son frangin qui pourtant s'inscrit dans la longue tradition des Boogeymen défigurés propres au cinéma d'horreur et d'épouvante. Le genre de faciès qui connaît un important succès lors de la fête d'Halloween ou qui aurait connu la célébrité au temps des exhibitions de monstres humains à l'époque du cirque Barnum...


Face à ces deux cas désespérés sur lesquels la médecine moderne ne voudrait même pas tenter la moindre chirurgie esthétique ou cérébrale, trois criminels (le quatrième ayant été assassiné avant de rencontrer nos deux bouseux) presque dignes de Krug et Junior Stillo, Sadie et Weasel de La dernière maison sur la gauche que réalisa Wes Craven en 1972. Trois individus qui comptent bien empocher une très importante somme d'argent de la part des richissimes parents de Ash qu'ils viennent d'enlever. Mais comme dans tout bon ou mauvais Survival qui veut que ses futures victimes se trouvent là où elles n'auraient pas dû être, ces derniers vont tout faire pour survivre au cauchemar qui s'annonce. Alors que l'on pouvait reprocher à Butchers d'être terriblement avare en matière d'hémoglobine, Adrian Langley semble avec Butchers Book Two: Raghorn vouloir quelque peu rectifier le tir. En effet, les effusions de sang y demeurent nettement plus explicites. Entre têtes écrasées, coups de fusils bien placés et une scène dont tous les spectateurs de sexe masculin se souviendront certainement très longtemps, cette fausse séquelle en donne très largement pour leur argent aux amateurs de gore. Toujours est-il qu'en étant bien plus démonstratif en la matière que son aîné, Butchers Book Two: Raghorn ne regorge malgré tout pas de séquences de ce type. Il est même plus courant d'assister à de longues plages de dialogues de la part de Clyde auprès de ses victimes. Quant à la jeune femme victime du kidnapping, elle est interprétée par l'acteur androgyne Corgand Svendsen. Un personnage qui reste donc physiquement ambigu, lequel peut parfois engendrer un certain malaise. Dans ce film d'horreur où Ash s'avère finalement le seul personnage peu ou prou ''attachant'', personne n'est véritablement épargné. Pas même le shérif Hill (Mark Templin) dont l'attitude quelque peu douteuse en fin de projection laisse planer le doute sur ses véritables motivations avant que les spectateurs ne se rendent compte de l'invraisemblance de son comportement. Sans être un classique, loin d'être aussi remarquable que les tenanciers du genre (Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, La colline a des yeux de Wes Craven ou les premiers volets de la franchise Wrong Turn), Butchers Book Two: Raghorn demeure d'honnête facture. Avec, en bonus, une scène d’émasculation qui s'avérera particulièrement éprouvante...

 

jeudi 1 août 2024

Cuando Los Ángeles Duermen de Gonzalo Bendala (2018) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y a des jours, et même des nuits, où rien ne se passe comme on le voudrait. Une journée de travail classique qui se poursuit avec un accrochage en voiture. Le responsable ne se donne même pas la peine de s'arrêter pour faire un constat. Cette curieuse attitude aurait sans doute dû alerter Germán (l'acteur Julián Villagrán), personnage central du dernier long-métrage du réalisateur espagnol Gonzalo Bendala, Cuando Los Ángeles Duermen, quant à la tournure que prendrait ce jour particulier où il aurait dû pouvoir rentrer plus tôt chez lui afin de fêter l'anniversaire de sa fille Estela (Sira Alonso) en compagnie de son épouse Sandra (Marian Álvarez) et de plusieurs proches. Le scénario se penche ensuite sur le personnage de Silvia (Ester Expósito), véritable tête à claques tellement crispante que le spectateur en viendra à s'arracher les cheveux devant l'attitude absolument détestable de cette adolescente âgée de dix-sept ans. Après avoir envoyé paître sa mère et son beau-père, la jeune femme part rejoindre sa meilleure amie ainsi que deux individus de sexe masculin, le tarin ''encocaïné''. La soirée se déroule mal et les deux amies décident de se séparer de leur compagnons de soirée. Marchant sur une route de campagne, tandis que Silvia fait une pause pipi, Gloria (Asia Ortega) est renversée par une voiture... conduite par Germán, lequel s'est endormi au volant. Commence alors pour l'homme d'affaire et Silvia, une véritable nuit de cauchemar. Assez peu crédible mais s'employant à reprendre certains codes comme ceux du survival, Cuando Los Ángeles Duermen a le défaut de s’appesantir sur la durée alors qu'il aurait mérité un montage beaucoup plus serré qui lui aurait permis d'être nettement plus nerveux et d'éviter ainsi toute redondance. Car le problème provient effectivement de cette répétitivité qui saute aux yeux et qui marque une certaine carence en matière d'écriture. Car dès lors que les enjeux sont mis en place, le récit ne tournera plus quasiment qu'autour des deux principaux interprètes, l'un pourchassant l'autre.


Le premier tentant de convaincre la seconde de sa bonne foi. Germán passant aux yeux de Silvia pour un assassin alors même qu'il n'est coupable ''que'' d'homicide involontaire (Gloria étant depuis passée de vie à trépas). .Le film se déroule donc en majorité de nuit et afin d'étoffer le récit pour ne pas strictement se concentrer sur nos deux héros en les enfermant dans une boucle sans fin (chose qui s''avérera pourtant être le cas durant une très grande partie du long-métrage), Gonzalo Bendala fait réapparaître un duo de flics qui plus tôt étaient déjà apparus lors d'un contrôle routier dont la cible était Germán. Quant aux deux garçons qui accompagnaient en début de soirée Slivia et Gloria, eux aussi réapparaîtront à plusieurs occasions, finissant même par être finalement poursuivis par les agents de police en question. Tout ce petit monde se croise sans vraiment trop se concentrer sur ce qui se déroule autour de lui. Comme condamnés à repasser dans la même zone géographique, Cuando Los Ángeles Duermen n'a malgré tout rien à voir avec l'excellent Identity de James Mangold. Ici, la probabilité que les deux policiers, Germán et Silvia ainsi que les deux jeunes garçons puissent se croiser à autant de reprises est du domaine de l'impossible. Une improbabilité qui confine à l'humour involontaire face à de telles invraisemblances. La particularité de Cuando Los Ángeles Duermen est cette manière si particulière d'aborder le genre Survival alors même que le poursuivant ne cherche absolument pas à faire disparaître de la surface de la terre la jeune Silvia mais à la convaincre de sa bonne foi. Là où le long-métrage de Gonzalo Bendala peut être intéressant est également dans cette longue progression qui poussera Germán à changer d'attitude vis à vis d'une Silvia totalement hermétique au discours du père de famille. Peu crédible mais généreux en terme de sensations, Cuando Los Ángeles Duermen est loin d'être un film qualitativement exceptionnel. Une œuvre qui se regarde plus qu'elle ne se déguste comme un met d'exception. Sympa, sans plus...

 

vendredi 26 juillet 2024

Maraé de Jacques Kluger (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Troisième long-métrage réalisé par le français Jacques Kluger après le film d'horreur Play or Die en 2019 et la comédie Les histoires d'Anouk l'année dernière, Maraé s'inscrit dans le genre survival en milieu hostile. Donnant son nom à un lieu sacré d'origine polynésienne, le film se déroule sur une île qui comme le précise l'introduction fut l'un des sites qui entre 1975 et 1996 firent l'objet de près de cent-cinquante essais nucléaires souterrains. L'on s'attend donc sous les oripeaux de ce message faisandé à voir débarquer des être difformes tels que les amateurs de cinéma d'horreur purent notamment les découvrir dans le remake de La colline a des yeux d'Alexandre Aja en 2007. Que nenni puisque pour des raisons qui nous échappent encore mais qui doivent être liées au budget du film, les seules ''créatures'' hantant l'île où se déroulera l'intrigue seront comme vous et moi. À la seule différence où elles semblent être revenues à l'âge de pierre, déguisées comme des sauvages, voire comme les anthropophages qui parsemaient nombre de films gore italiens des années quatre-vingt ! Face à ce groupe formé autour d'un ancien général de l'armée française auto-érigé en dieu, l'on retrouve quatre jeunes femmes adeptes de surf et dont l'une a entendu parler de l'île en question. Un lieu réputé hanté par des démons que si peu de propriétaires de bateaux osent approcher qu'il aura fallut à Sarah (Adèle Galloy) une bonne dose de persévérance ainsi que la somme de cinq-mille euros pour parvenir à convaincre Sam (Laurent Maurel) de les transporter elle et ses trois copines jusqu'à une plage de galets bordant les lieux. De loin, l'île est magnifique. Profitons d'ailleurs de ces quelques plans larges pour boire du regard cet environnement paradisiaque avant que le réalisateur ne se contente par la suite que d'une grande majorité de séquences filmées en plans serrés. Un visuel qui s'avérera très vite désagréable, concentrant le récit autour des regards tout en se désintéressant en grande partie du cadre pourtant très dépaysant. Avant que n'interviennent de manière subite les antagonistes du récit à la tête desquels intervient l'alter ego tout aussi grotesque que le nazi Von Geisler incarné par l'acteur Jean-Pierre Jorris dans le Frontière(s) de Xavier Gens en 2007, il va falloir se coltiner trente minutes de soupe, il est vrai joliment filmée, mais ressemblant à une sorte de réclame à l'attention d'éventuels futurs vacanciers par une agence de voyage hexagonale !


Ce qui aurait dû servir de base pour la caractérisation de Sarah et de ses amies Jennifer (Marie Zubukovec), Alicia (Marilyn Lima) et Hazel (Vaimiti Teiefitu) ne sert finalement pas à grand chose. Car en dehors d'un traumatisme vécu dans le passé par Sarah, laquelle fut victime d'un accident lors d'une séance de surf, nous n'apprendrons rien de bien concret concernant les trois autres. Après cette trop longue mise en bouche débarquent à l'image trois individus que l'on aurait tendance à tout d'abord prendre pour des zombies particulièrement véloces. Esthétiquement proches de ceux du Commando des morts-vivants réalisé par Ken Wiederhorn en 1977 bien que leur tenue soit totalement différentes (les anciens nazis laissant place à une tribu du genre Maoris), ceux-ci sont déjà nettement plus rapides mais affichent des maquillages au rabais... jusqu'à ce que l'on comprenne qu'à défaut d'être d'authentiques zombies ou de véritables démons, ceux-ci font partie du groupe soudé autour de celui que l'on ne connaîtra que sous son grade, le Général (incarné par l'acteur Aurélien Recoing). Difficile d'être tolérant devant cette bande horrifique plus involontairement amusante que marquante pour son côté horrifique. Car en dehors d'une séquence assez tendue se situant dans l'un des abris du village où les deux dernières survivantes vont devoir affronter un colosse venu semer sa petite graine dans les entrailles de l'une et de l'autre, Maraé s'avère malheureusement souvent ridicule. Au point qu'il ne serait pas étonnant de le voir un jour auréolé du statut de nanar à la française. Le problème provenant moins du budget se comptant à hauteur de deux millions d'euros que de la mise en scène, l'on regrette l'apparent amateurisme de Jacques Kluger qui ne fait que reprendre et mélanger des concepts pour son compte pour un résultat relativement navrant. En comparaison, les quatre actrices principales s'en sortent plutôt bien. Contrairement à Aurélien Recoing qui parfois semble buter sur certains mots. Quelques effets sanguinolents viennent timidement pallier à l'absence d'originalité mais ne suffisent pas à transformer ce petit fourre-tout en nouvel Éden du cinéma horrifique français. Dommage...

vendredi 29 décembre 2023

Butchers d'Adrian Langley (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Massacre à la tronçonneuse, La colline a des yeux, Wolf Creek, Détour mortel ou plus près de nous, Frontière(s). Quelques exemples de longs-métrages horrifiques mettant en scène des individus isolés ou des familles de dégénérés vivant généralement dans des lieux reculés ou en tout cas, généralement éloignés de toute civilisation. Un terreau particulièrement fertile, souvent inspiré de faits-divers effroyables parfaitement authentiques. Et parmi ces derniers, l'un des plus célèbres ayant eu lieu dans les années cinquante. Un certain Edward Theodore Gein plus connu sous le diminutif de Ed Gein commit deux assassinats avant que la police ne découvre chez lui un spectacle que même le scénariste le plus inspiré n'aurait pu imaginer à l'époque. Une maison transformée en véritable musée des horreurs : des crânes humains changés en bols, des abats-jours et des fauteuils en peau humaine, un lit dont les pieds étaient surmontés de crânes, une boite renfermant des sexes féminins desséchés, un corps suspendu à des crochets et éviscéré comme un gibier, une boite renfermant une tête et d'autres qui furent réduites, des nez, des mamelons et même un ''costume'' fait entièrement de peau humaine. Les autorités découvriront qu'en plus d'avoir tué deux femmes de la région à quelques années d'intervalle, Ed Gein déterra en outre une trentaine de cadavres dans divers cimetières de la région pour les ramener chez lui et ''faire joujou'' avec. Le cas de ce fameux tueur nécrophile soupçonné de surcroît d'avoir été l'auteur d'actes de cannibalisme inspira donc le chef-d’œuvre de Tobe Hooper et même le Psychose d'Alfred Hitchcock. Un dingue qui sans aucun doute en inspira d'autres et parmi lesquels, probablement, le Butchers d'Adrian Langley, œuvre qui ne fut pas sa première réalisation puisque avant cela il mis en scène une foule de courts-métrages ainsi que quelques longs-métrages parmi lesquels A Violent State en 2011 et Crook deux ans plus tard. Butchers s'inscrit donc dans cette grande tradition de films prenant pour scène de jeunes adultes aux prises avec des rednecks physiquement impropres et psychologiquement perturbés. Ici, deux frangins dont l'un semble être encore plus atteint que son frère. Owen et Oswald Watson vivent dans une vieille ferme, loin de tout et surtout des regards extérieurs. Le premier est visiblement celui qui dirige les opérations visant à capturer, torturer et humilier toutes celles et ceux qui osent pénétrer leur territoire. Avec un malin plaisir, Owen s'amuse à terroriser ses potentielles victimes.


Le film s'ouvre sur la capture d'une jeune femme et la mort de son compagnon. L'action se situe ensuite plusieurs mois après. L'on constate que la pauvre est toujours en vie mais porte désormais en elle, le fruit impure d'une union avec Oswald. C'est à ce moment très précis que passent dans la région quatre jeunes gens parmi lesquels Jenna Simpson (l'actrice Julie Mainville), sa meilleure amie Taylor Smythe (Anne-Carolyne Binette) ainsi que Mike Crenshaw (James Gerald Hicks), le petit ami adultère de l'une d'entre elles (l'homme couche en effet avec la seconde). Leur voiture tombe en panne et évidemment, ceux-ci croiseront la route de nos doux dingues. Lors du massacre à venir, l'usage de hachoirs sera la norme exclusive de nos deux compères. Adrian Langley nous refait donc le coup de Massacre à la tronçonneuse auquel il semble vouloir coller au plus près. Mais comme si cela pouvait à nouveau encore servir de preuve, Butchers est l'un de ces nombreux films d'horreur du genre survival à démontrer combien le classique de 1974 est indéboulonnable de sa première place de chef-d’œuvre. Dans la thématique des tueurs fous ou des familles de dégénérés, le long-métrage d'Adrian Langley arrive parmi les derniers au classement tant le réalisateur s'empêtre dans une redite à géométrie variable qui tente à sombrer dans l'indigent plus que dans la réussite. Au Owen soliloquant incarné par Simon Phillips, son frangin beuglant comme une vache qui met bas interprété par Michael Swatton et son dépanneur de véhicules aussi chtarbé que ces deux là (Nick Allan dans le rôle de Willard), le réalisateur et scénariste ajoute une ''créature'' prénommée Oxford (Jonathan Largy) qui ressemble davantage à un homme zombifié qu'à un bouseux décérébré des campagnes canadiennes. À force d'entendre le personnage d'Owen passer son temps à foutre la trouille aux deux copines, le film n'en est que plus bavard et donc relativement ennuyeux. Un film d'horreur gâté par un trop plein de dialogues quand le spectateur n'attend qu'une seule chose : que le massacre commence. Heureusement, le dernier tiers du film améliore les conditions du récit et l'on a droit à quelques séquences plutôt sympathiques même si en terme d'horreur, on aurait par exemple aimé voir les hachoirs entrer au contact es chairs plutôt que de voir les séquences filmées hors champ. Bref, si vous connaissez déjà les classiques du genre sur le bout des doigts, ce Butchers risque de faire pâle figure à leurs côtés...

 

jeudi 14 décembre 2023

Schlitter de Pierre Mouchet (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Schlitter... Avec un titre pareil, on pourrait croire à un Biopic consacré à l'un des plus grands dictateurs qu'ait connu l'Occident lors du siècle dernier et dont l'auteur se serait mélangé les pinceaux au moment de lui choisir un nom. Mais que celles et ceux dont l'histoire frise les moustaches se rassurent. Ici, pas de dégénérés en uniformes nazis, pas de petit bonhomme a l'air enragé doté d'une ''Moustache en brosse à dents''. Ni davantage d'apôtres prêts à s’entre-tuer pour une seule minute d'attention de leur ''Gourou''. Contrairement à ce que laisse penser le terme schlitter, il ne s'agit pas d'un terme barbare à consonance germanique mais d'un verbe transitif se rapportant à la schlitte, ce curieux traîneau servant à transporter du bois. Et pour ceux qui auraient encore un doute, un simple regard vers l'affiche du premier long-métrage à destination du petit écran signé de Pierre Mouchet suffit à confirmer la chose. Un type, le visage abîmé, souffrant le martyr semble-t-il, a dans le dos l'une des schlittes en question. Sous un titre de couleur d'un rouge sang délavé, une accroche : ''Impossible d'échapper au passé'' affirme-t-elle. D'accord, j'adhère au concept. Voyons désormais ce qu'il en retourne... En dehors du fait que le film de Pierre Mouchet nous permet d'ajouter un mot à notre riche vocabulaire de cinéphages (ouais, c'est ça, vous connaissiez tous l'existence de la Schlitte...) et à une période où la pire horreur pour un natalophobe serait de croiser n'importe quel signe en rapport avec les fêtes de fin d'année, Pierre Mouchet commémore cette millénaire tradition à sa manière. Qu'y-a-t-il de plus anxiogène que de se confronter une fois arrivé le temps de recevoir (ou pas) son comptant de cadeaux que de s'entendre infligé un ''J'espère que tu as été bien sage cette année...'' Ben non, merde, j'ai renversé un chien en janvier, volé trente euros dans le sac d'une vieille dame à sa sortie de la banque en juin, ait demandé à une jolie poupée si je pouvais l'embrasser dans le cou seulement après l'avoir fait, ai pissé une bonne soixantaine de fois sur le pourtour de la lunette des toilettes sans jamais nettoyer en un peu moins de douze mois. Alors ? J'ai droit à quoi ? ET merde ! Un abonnement d'un an à Télérama !!! Mais je m'égare... D'origine belge et non française ni canadienne comme le nom de l'auteur pouvait pourtant le laisser envisager, Schlitter est un film d'horreur très court, mais qui contrairement aux autres ne se prédispose pas à exploiter le filon du Père Noël comme cela est généralement le cas chaque fin d'année. Pas de nains ni de rennes mais un traîneau, c'est déjà pas si mal... Bon, c'est belge mais le film est tout de même interprété par des acteurs bien de chez nous. Si le plat pays est l'un des spécialistes en matière de comédies noires, il semble être également prompt à mettre en scène des téléfilms horrifiques qui dépassent de très loin le cadre habituel. Et notamment avec ce Schlitter qui brasse pas mal d'idées empruntées ailleurs.

Fumer tue...


Quel imbécile... Si seulement Lucas avait accepté de donner à son père la cigarette qu'il lui réclamait, jamais ce dernier n'aurait renversé Mathias, son jeune et meilleur ami. Le récit débute par un flash-back. Rien de véritablement innovant. D'autant plus que le réalisateur et le scénariste Nicolas Robin reprennent pour cette toute première partie le concept de Que la bête meure de Claude Chabrol ou de Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils de Pierre Aknine. Bref, celui consistant à faire de l'un des protagonistes un ''meurtrier'' de la route. Celui de Schlitter est d'ailleurs plus proche de Paul Decourt qu'incarnait Jean Yanne en 1969 que de Philippe Tessier qu'allait interpréter Jean-Paul Rouve presque un demi-siècle plus tard. Schlitter, c'est comme on le devine très rapidement, une histoire de vengeance. Celle d'un père pour son fils renversé par une voiture et dont le coupable ne fut jamais arrêté. Sauf que tout comme le spectateur, le père endeuillé sait qui a tué et est bien décidé à faire payer LES coupables. Et là, le téléfilm vire à un mélange entre slasher, torture-porn et survival. Entré à la Comédie Française en 2007, l'acteur Gilles David incarne le père de Lucas. Tourné en pleine campagne, le téléfilm prend des allures de ''Calvaire'' au sens propre tout comme au sens cinématographique (référence au film culte éponyme du belge Fabrice du Welz) ! Se permettant même quelques rares effusions de gore bienvenues. Schlitter offre quelques sympathiques twists et une ambiance digne des genres auxquels il se frotte. L’œuvre met en scène un trio de jeunes et sympathiques interprètes moyennement caricaturés mais s'éloignant par contre drastiquement du portrait lénifiant que fait l'Amérique de sa jeunesse. Ici, nos jeunes héros ont tout de même l'air beaucoup moins cons qu'outre-Atlantique, ce qui rendra plus rude leur expérience pour le spectateur. Louka Meliava et ses faux-airs de David Hallyday, Lena Laprès et ses yeux en amandes ou le plus connu des trois, Côme Levin interprète ce trio de jeunes adultes venus assister aux funérailles des parents de l'un d'entre eux. Les péripéties de Schlitter sont nombreuses. Classiques, certes, mais n'économisant pas ses effets. Et vu son statut de téléfilm, qui en voudrait à son auteur et à ses interprètes... ?

 

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