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lundi 23 juin 2025

Avec ou sans enfants d'Elsa Blayau (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice et scénariste française Elsa Blayau signe une comédie qui paraît n'avoir rien de bien original dans son écriture, sa mise en scène et son interprétation. Ce qui de nos jours peut en revanche paraître bien surprenant est cette absence de mixité que la plupart des cinéastes nous imposent désormais en général. Celle qui concerne les origines culturelles, religieuses ou immigratoires des personnages. Ou encore leurs orientations sexuelles assumant la diversité... En ce sens, Avec ou sans enfants ? permet au spectateur de se confronter à un récit d'où ne sourd par de message ou de sous-texte démagogique et franchement, ça fait du bien. De ne pas avoir à soupçonner que derrière la façade un peu trop lissée de la comédie française se cache un discours WOKE, LGBT+, néo-féministe ou anti-raciste va nous faire des vacances ! Cela fait-il pour autant du long-métrage d'Elsa Blayau une œuvre originale ? Non dénuée des gimmicks habituels qui recouvrent la majorité des comédies françaises actuelles ? Bon, on l'aura compris, Avec ou sans enfants n'est donc incarné que par des personnages hétérosexuels. Donc, ici, pas de Transsexuels/Transgenres, d'homosexuels, de lesbiennes ou bisexuels. Pas de non genrés. Et pas de blacks, maghrébins ou de tout autres individus originaires d'Afrique ou même d'Asie. Du pain béni pour celles et ceux qui verront dans ce choix qui n'est d'ailleurs pas forcément assumé par la réalisatrice, une opportunité pour dire que le film est raciste, homophobe et uniquement produit pour les blanc. Vous verrez ce que je vous dis... Commençons par l'affiche... Ouais, je sais, vous vous dites que vous l'avez déjà vue quelque part. Pas faux... Mais pas tout à fait exact non plus ! Si tel est le cas, c'est parce que son concepteur a très exactement repris la typographie, les couleurs et l'arrière-plan de Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron ! Jusqu'à ajouter la même ponctuation !!! À tel point que l'on est ici plus proche du viol que du vol !


Un tel manque d'inspiration se révèle donc inquiétant pour la suite tout en étant d'une ironie crasse puisque si l'on revient sur les différents éléments qui éloignent théoriquement Avec ou sans enfants ? de la plupart des comédies récentes, le film de Philippe de Chauveron jouait au contraire énormément sur les origines raciales de ses personnages. Bref, peut-être devrions-nous nous préparer à passer un pénible expérience... Avec ou sans enfants ? met en scène quatre couples d'amis dont trois ont au fil des années, fait des enfants. Le quatrième, formé par Anaïs et Pio (Adèle Galloy et Syrus Shahidi) décide un jour de se marier et invite donc ses amis de toujours à la cérémonie. Mais à une seule condition : que Benjamin et Julia, Manu et Blanche ainsi que Swann et Sara viennent sans leur progéniture. Ces derniers acceptent mais au moment de prendre l'avion pour rejoindre les futurs mariés en Italie, tous décident d'embarquer avec eux la marmaille ! Dès lors, chacun va mettre du sien pour cacher à Anaïs et Pio la présence des enfants. Ils vont tour à tour les surveiller tandis que les autres vont assister aux festivités précédant le mariage... Comédie relativement classique, Avec ou sans enfants ? n'en est pas moins agréable à regarder. Si les bons mots ne fusent pas toutes les cinq secondes, certaines lignes de dialogue sont plutôt bien trouvées. Le film d'Elsa Blayau possède quelques atouts qui retiendront sans doute les spectateurs pour d'autres raisons que la simple approche humoristique du récit : la (future) mariée est magnifique et nous n'avons pas à trop supporter les braillements des gamins. À contrario, la réalisatrice exploite parfois superficiellement certains personnages. Comme Benjamin et Julia et leur manière d'éduquer leurs enfants et ainsi traiter de l'éventualité d'avorter ou pas de celui que la jeune femme attend prochainement. Bref, c'est léger et ne demande pas un soupçon de réflexion. Tourné en partie dans les Pouilles en Italie, cette comédie n'offre par contre malheureusement pas l'opportunité de profiter de ses majestueux décors en dehors de quelques trop rares occasions...

 

vendredi 26 juillet 2024

Maraé de Jacques Kluger (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Troisième long-métrage réalisé par le français Jacques Kluger après le film d'horreur Play or Die en 2019 et la comédie Les histoires d'Anouk l'année dernière, Maraé s'inscrit dans le genre survival en milieu hostile. Donnant son nom à un lieu sacré d'origine polynésienne, le film se déroule sur une île qui comme le précise l'introduction fut l'un des sites qui entre 1975 et 1996 firent l'objet de près de cent-cinquante essais nucléaires souterrains. L'on s'attend donc sous les oripeaux de ce message faisandé à voir débarquer des être difformes tels que les amateurs de cinéma d'horreur purent notamment les découvrir dans le remake de La colline a des yeux d'Alexandre Aja en 2007. Que nenni puisque pour des raisons qui nous échappent encore mais qui doivent être liées au budget du film, les seules ''créatures'' hantant l'île où se déroulera l'intrigue seront comme vous et moi. À la seule différence où elles semblent être revenues à l'âge de pierre, déguisées comme des sauvages, voire comme les anthropophages qui parsemaient nombre de films gore italiens des années quatre-vingt ! Face à ce groupe formé autour d'un ancien général de l'armée française auto-érigé en dieu, l'on retrouve quatre jeunes femmes adeptes de surf et dont l'une a entendu parler de l'île en question. Un lieu réputé hanté par des démons que si peu de propriétaires de bateaux osent approcher qu'il aura fallut à Sarah (Adèle Galloy) une bonne dose de persévérance ainsi que la somme de cinq-mille euros pour parvenir à convaincre Sam (Laurent Maurel) de les transporter elle et ses trois copines jusqu'à une plage de galets bordant les lieux. De loin, l'île est magnifique. Profitons d'ailleurs de ces quelques plans larges pour boire du regard cet environnement paradisiaque avant que le réalisateur ne se contente par la suite que d'une grande majorité de séquences filmées en plans serrés. Un visuel qui s'avérera très vite désagréable, concentrant le récit autour des regards tout en se désintéressant en grande partie du cadre pourtant très dépaysant. Avant que n'interviennent de manière subite les antagonistes du récit à la tête desquels intervient l'alter ego tout aussi grotesque que le nazi Von Geisler incarné par l'acteur Jean-Pierre Jorris dans le Frontière(s) de Xavier Gens en 2007, il va falloir se coltiner trente minutes de soupe, il est vrai joliment filmée, mais ressemblant à une sorte de réclame à l'attention d'éventuels futurs vacanciers par une agence de voyage hexagonale !


Ce qui aurait dû servir de base pour la caractérisation de Sarah et de ses amies Jennifer (Marie Zubukovec), Alicia (Marilyn Lima) et Hazel (Vaimiti Teiefitu) ne sert finalement pas à grand chose. Car en dehors d'un traumatisme vécu dans le passé par Sarah, laquelle fut victime d'un accident lors d'une séance de surf, nous n'apprendrons rien de bien concret concernant les trois autres. Après cette trop longue mise en bouche débarquent à l'image trois individus que l'on aurait tendance à tout d'abord prendre pour des zombies particulièrement véloces. Esthétiquement proches de ceux du Commando des morts-vivants réalisé par Ken Wiederhorn en 1977 bien que leur tenue soit totalement différentes (les anciens nazis laissant place à une tribu du genre Maoris), ceux-ci sont déjà nettement plus rapides mais affichent des maquillages au rabais... jusqu'à ce que l'on comprenne qu'à défaut d'être d'authentiques zombies ou de véritables démons, ceux-ci font partie du groupe soudé autour de celui que l'on ne connaîtra que sous son grade, le Général (incarné par l'acteur Aurélien Recoing). Difficile d'être tolérant devant cette bande horrifique plus involontairement amusante que marquante pour son côté horrifique. Car en dehors d'une séquence assez tendue se situant dans l'un des abris du village où les deux dernières survivantes vont devoir affronter un colosse venu semer sa petite graine dans les entrailles de l'une et de l'autre, Maraé s'avère malheureusement souvent ridicule. Au point qu'il ne serait pas étonnant de le voir un jour auréolé du statut de nanar à la française. Le problème provenant moins du budget se comptant à hauteur de deux millions d'euros que de la mise en scène, l'on regrette l'apparent amateurisme de Jacques Kluger qui ne fait que reprendre et mélanger des concepts pour son compte pour un résultat relativement navrant. En comparaison, les quatre actrices principales s'en sortent plutôt bien. Contrairement à Aurélien Recoing qui parfois semble buter sur certains mots. Quelques effets sanguinolents viennent timidement pallier à l'absence d'originalité mais ne suffisent pas à transformer ce petit fourre-tout en nouvel Éden du cinéma horrifique français. Dommage...

dimanche 4 septembre 2022

Les gagnants de Azedine Ben et Laurent Junca (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Sorti un mois avant J'adore ce que vous faites de Philippe Guillard, la similitude entre son scénario et celui des gagnants de Azedine Ben et Laurent Junca a de quoi laisser perplexe quant à d'éventuelles fuites. La date de sortie d'un long-métrage n'indiquant pas forcément celle de sa conception, nous laisserons de côté cet étrange épiphénomène qui se produit ponctuellement et qui consiste en la sortie à quelques mois d'intervalle (et au hasard) de deux longs-métrages reposant peu ou prou sur une même idée. Alors que dans la comédie de Philippe Guillard l'acteur Gérard Lanvin (dans son propre rôle) se confrontait à un Artus/Momo particulièrement collant, dans Les gagnants, l'humoriste Tom Leroy (incarné par Joey Starr) est contraint d'accepter un deal avec son agent s'il veut réparer l'erreur qu'il a récemment commise et retrouver ''l'amour'' de ses fans qui depuis, lui en veulent terriblement. En effet, à la sortie de son dernier spectacle, Tom a signé quelques autographes à l'arrière d'une voiture avant de se moquer copieusement de l'engouement de l'un de ses fans. Filmé en direct par sa compagne Tania (l'actrice Adèle Galloy) qui ne s'attendait pas à une telle réaction de la part de l'humoriste, la vidéo devient très rapidement virale. Claude Dumont (Eric Laugérias) et l'un de ses collaborateurs prennent alors rapidement la décision de rattraper l'erreur de leur poulain en proposant un concours aux fans de Tom en permettant à deux d'entre eux de gagner l'opportunité de passer une semaine complète dans la demeure de leur idole...


Dans le registre des comédies françaises réunissant une star (du cinéma, de la télé ou de la chanson) et son (ou ses) fan, la référence demeure peut-être chez nous Mon idole de Guillaume Canet dans lequel l'acteur-réalisateur incarnait Bastien, le chauffeur de salle d'une émission télévisée de variété présentée par l'animateur Philippe Letzger. Lequel invitait le jeune homme à passer le week-end chez lui, permettant ainsi à Bastien de rencontrer en outre son idole, le producteur Jean-Louis Broustal. L'on y retrouvait alors un François Berléand/Jean-Louis Broustal délicieusement cynique et arrogant. Un ton très largement différent de celui des Gagnants donc puisque ici, c'est la légèreté qui prime. Financée à hauteur de quatre millions et sept-cent mille euros, la comédie de Azedine Ben et Laurent Junca s'avère assez navrante. Pour l'un comme pour l'autre, Les gagnants est leur premier film en tant que réalisateurs et scénaristes. Si le second ne semble rien avoir écrit ou réalisé avant cela (le bonhomme ayant à l'avenir comme projet de réaliser une nouvelle comédie sous le titre de Spinelli et fils), Azedine Ben est quant à lui un humoriste qui s'est fait connaître grâce au Jamel Comedy Club. Participant à d'indigentes émissions de télévision telles que Vendredi, tout est permis avec Arthur ou Touche pas à mon poste dont il est un chroniqueur régulier, celui que l'on connaît sous le nom de scène AZ signe donc ici son premier film en tant que réalisateur, scénariste et interprète puisqu'il y joue le rôle de Nabil, l'un des deux ''fans'' supposés de l'humoriste Tom Leroy aux côtés d'Alban Ivanov qui quant à lui incarne le personnage de Nicolas. Joueur de flûte émérite (c'est à peu près ainsi qu'il se décrit) et amoureux fou de tartes tropéziennes, Nicolas va donc passer une semaine (ou presque) aux côtés de Nabil qui lui est un adepte de tuning et obsédé par la question de l'argent. Lors de ce long séjour durant lequel les deux hommes en feront baver à l'humoriste, Nicolas et Nabil feront notamment la connaissance de Julie (Gloria Colston), la fille de Tom Leroy. Une jeune anorexique qui désespère que son père lui consacre davantage de temps...


Tiens, l'anorexie justement. Voilà un thème qui aurait pu enrichir une comédie lambda mais qui n'est survolée que très superficiellement jusqu'à être totalement oubliée au bout de cinq minutes. C'est en général le principal soucis avec Les gagnants. Si les dix ou quinze premières minutes sont relativement sympathiques (LA bonne idée étant d'avoir choisi la star ronchonneuse du rap français Joey Starr pour incarner le rôle de l'humoriste), le film va rapidement se montrer d'une inefficacité crasse en terme d'humour. C'est bien simple, tout ou presque semble provenir de comédies anciennes ou récentes. Des séquences éculées et répétitives qui ne maintiennent qu'un sourire poli, voir gêné devant le projet d'autodestruction dans lequel Alban Ivanov semble avoir choisi de se jeter ! Après l'infâme Le Dernier Mercenaire de David (tâcheron) Charhon, Les Méchants de Mouloud Achour, le nullissime Le Médecin imaginaire d'Ahmed Hamidi ou même Les Folies fermières de Jean-Pierre Améris pourtant adapté d'une histoire authentique, il semblerait que la carrière d'Alban Ivanov soit derrière lui. ET pourtant, certains s’échinent à le mettre en scène dans des comédies ringardes alors même que l'acteur possède un réel potentiel comique. À dire vrai, seul Joey Starr et Adèle Galloy s'en sortent à peu près convenablement. Lui pour ce qu'il sait faire de mieux (tirer la gueule) et elle pour sa sobriété. Concernant Les gagnants, on est dans du classique. De la comédie française formatée visant davantage le jeune public auquel ne sera pas demandé un seul instant de réfléchir. N'étant ni Michel Audiard, Ni Bertrand Blier et encore moins Francis Veber, il ne faudra par conséquent pas attendre de la part des deux réalisateurs/scénaristes, autre chose que des dialogues lourds et convenus. Bienvenu dans le multivers où seules les comédies des bas-fonds ont droit de cité...

 

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