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dimanche 4 septembre 2022

Les gagnants de Azedine Ben et Laurent Junca (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Sorti un mois avant J'adore ce que vous faites de Philippe Guillard, la similitude entre son scénario et celui des gagnants de Azedine Ben et Laurent Junca a de quoi laisser perplexe quant à d'éventuelles fuites. La date de sortie d'un long-métrage n'indiquant pas forcément celle de sa conception, nous laisserons de côté cet étrange épiphénomène qui se produit ponctuellement et qui consiste en la sortie à quelques mois d'intervalle (et au hasard) de deux longs-métrages reposant peu ou prou sur une même idée. Alors que dans la comédie de Philippe Guillard l'acteur Gérard Lanvin (dans son propre rôle) se confrontait à un Artus/Momo particulièrement collant, dans Les gagnants, l'humoriste Tom Leroy (incarné par Joey Starr) est contraint d'accepter un deal avec son agent s'il veut réparer l'erreur qu'il a récemment commise et retrouver ''l'amour'' de ses fans qui depuis, lui en veulent terriblement. En effet, à la sortie de son dernier spectacle, Tom a signé quelques autographes à l'arrière d'une voiture avant de se moquer copieusement de l'engouement de l'un de ses fans. Filmé en direct par sa compagne Tania (l'actrice Adèle Galloy) qui ne s'attendait pas à une telle réaction de la part de l'humoriste, la vidéo devient très rapidement virale. Claude Dumont (Eric Laugérias) et l'un de ses collaborateurs prennent alors rapidement la décision de rattraper l'erreur de leur poulain en proposant un concours aux fans de Tom en permettant à deux d'entre eux de gagner l'opportunité de passer une semaine complète dans la demeure de leur idole...


Dans le registre des comédies françaises réunissant une star (du cinéma, de la télé ou de la chanson) et son (ou ses) fan, la référence demeure peut-être chez nous Mon idole de Guillaume Canet dans lequel l'acteur-réalisateur incarnait Bastien, le chauffeur de salle d'une émission télévisée de variété présentée par l'animateur Philippe Letzger. Lequel invitait le jeune homme à passer le week-end chez lui, permettant ainsi à Bastien de rencontrer en outre son idole, le producteur Jean-Louis Broustal. L'on y retrouvait alors un François Berléand/Jean-Louis Broustal délicieusement cynique et arrogant. Un ton très largement différent de celui des Gagnants donc puisque ici, c'est la légèreté qui prime. Financée à hauteur de quatre millions et sept-cent mille euros, la comédie de Azedine Ben et Laurent Junca s'avère assez navrante. Pour l'un comme pour l'autre, Les gagnants est leur premier film en tant que réalisateurs et scénaristes. Si le second ne semble rien avoir écrit ou réalisé avant cela (le bonhomme ayant à l'avenir comme projet de réaliser une nouvelle comédie sous le titre de Spinelli et fils), Azedine Ben est quant à lui un humoriste qui s'est fait connaître grâce au Jamel Comedy Club. Participant à d'indigentes émissions de télévision telles que Vendredi, tout est permis avec Arthur ou Touche pas à mon poste dont il est un chroniqueur régulier, celui que l'on connaît sous le nom de scène AZ signe donc ici son premier film en tant que réalisateur, scénariste et interprète puisqu'il y joue le rôle de Nabil, l'un des deux ''fans'' supposés de l'humoriste Tom Leroy aux côtés d'Alban Ivanov qui quant à lui incarne le personnage de Nicolas. Joueur de flûte émérite (c'est à peu près ainsi qu'il se décrit) et amoureux fou de tartes tropéziennes, Nicolas va donc passer une semaine (ou presque) aux côtés de Nabil qui lui est un adepte de tuning et obsédé par la question de l'argent. Lors de ce long séjour durant lequel les deux hommes en feront baver à l'humoriste, Nicolas et Nabil feront notamment la connaissance de Julie (Gloria Colston), la fille de Tom Leroy. Une jeune anorexique qui désespère que son père lui consacre davantage de temps...


Tiens, l'anorexie justement. Voilà un thème qui aurait pu enrichir une comédie lambda mais qui n'est survolée que très superficiellement jusqu'à être totalement oubliée au bout de cinq minutes. C'est en général le principal soucis avec Les gagnants. Si les dix ou quinze premières minutes sont relativement sympathiques (LA bonne idée étant d'avoir choisi la star ronchonneuse du rap français Joey Starr pour incarner le rôle de l'humoriste), le film va rapidement se montrer d'une inefficacité crasse en terme d'humour. C'est bien simple, tout ou presque semble provenir de comédies anciennes ou récentes. Des séquences éculées et répétitives qui ne maintiennent qu'un sourire poli, voir gêné devant le projet d'autodestruction dans lequel Alban Ivanov semble avoir choisi de se jeter ! Après l'infâme Le Dernier Mercenaire de David (tâcheron) Charhon, Les Méchants de Mouloud Achour, le nullissime Le Médecin imaginaire d'Ahmed Hamidi ou même Les Folies fermières de Jean-Pierre Améris pourtant adapté d'une histoire authentique, il semblerait que la carrière d'Alban Ivanov soit derrière lui. ET pourtant, certains s’échinent à le mettre en scène dans des comédies ringardes alors même que l'acteur possède un réel potentiel comique. À dire vrai, seul Joey Starr et Adèle Galloy s'en sortent à peu près convenablement. Lui pour ce qu'il sait faire de mieux (tirer la gueule) et elle pour sa sobriété. Concernant Les gagnants, on est dans du classique. De la comédie française formatée visant davantage le jeune public auquel ne sera pas demandé un seul instant de réfléchir. N'étant ni Michel Audiard, Ni Bertrand Blier et encore moins Francis Veber, il ne faudra par conséquent pas attendre de la part des deux réalisateurs/scénaristes, autre chose que des dialogues lourds et convenus. Bienvenu dans le multivers où seules les comédies des bas-fonds ont droit de cité...

 

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