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jeudi 16 avril 2026

Transmutation (Demonwarp) d'Emmett Alston (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Amateurs de scénarii perchés, bienvenue à vous. Acteur prolifique durant plus de quatre décennies, George Kennedy est surtout resté célèbre en incarnant le rôle du Capitaine Ed Hocken dans la trilogie The Nacked Gun sortie chez nous sous le titre Y a-t-il un flic... (pour sauver la reine en 1988, le président en 1991 et Hollywood en 1994) mais également celui de Joe Patroni dans les cinq volets de la saga Airport entre 1970 et 1979 ! Étant passé en outre par à peu près tous les genres, on a pu notamment le découvrir dans un certain nombre de films d'horreur, d'épouvante et de fantastique parmi lesquels, Le Bateau de la mort d'Alvin Rakoff, Creepshow 2 de Michael Gornick, M.N.I. mutants non identifiés de Thierry Notz ou bien le nanar culte Le Clandestin de Greydon Clark, lequel donna également naissance à l'excellente petite production de science-fiction horrifique Terreur Extraterrestre en 1980. S'agissant de Transmutation d'Emmett Alston (auteur en outre de American Ninja en 1985 ou de Force of the Ninja en 1993), le long-métrage se rapproche d'ailleurs qualitativement de ce dernier et moins des deux précédents tant ce film qui mêle à peu près tout ce que l'on est en droit d'attendre en terme d'horreur et de fantastique. Voire même de science-fiction. Un peu comme si l'on avait demandé à Christophe Izard, l'inventeur de la recette du Gloubi-boulga, d'écrire un scénario à partir de toutes les idées les plus folles qu'il aurait eu en tête à ce moment là ! Tout commence par la chute de ce qui semble être une météorite en pleine campagne.Un ''bolide'' qui ressemble d'ailleurs davantage à un gros œuf qu'à un caillou venu des tréfonds de l'univers. S'ensuit l'attaque dans une vieille bicoque d'un homme d'âge mûr (George Kennedy dans le rôle de Bill Crafton) et de sa fille Julie (Jill Marin), laquelle est assassinée par une grosse bête poilue aux allures de Bigfoot tandis que son paternel s'évanouit avant d'avoir pu venir à son secours ! Quelques jours passent et débarquent alors cinq jeunes adultes du type de ceux que l'on voit généralement se faire zigouiller dans les slashers. Ils vont s'installer chez le père de l'un d'entre eux. Le propriétaire de la demeure, celle-là même que Bill Crafton avait loué avant d'être attaqué par l'infâme créature, n'a plus donné signe de vie depuis quelques temps. C'est donc non seulement dans l'intention de passer quelques jours en bonne compagnie (Michelle Bauer et Shannon Kennedy Sullivan, la propre fille de George Kennedy, incarnant respectivement les deux seules femmes du groupe, Betsy et Tara) mais aussi pour l'un des garçons, l'occasion d'investiguer sur la disparition de son père que le groupe se réunit en ces lieux malgré la peu flatteuse réputation que connaît la région...


Faux slasher mais vrai nanar, le tueur n'y est pas un alter ego des célèbres Jason Voorhees et Michael Myers mais bien ce qui semble être un grand singe. Lequel va de nouveau débarquer dans la maison de Clem (le propriétaire incarné par Joe Praml) pour s'en prendre au groupe et faire deux victimes parmi les garçons (et tant qu'à faire, les plus cons des trois). Tentant de survivre aux assauts répétés de la bête, les deux filles ainsi que Jack (David Michael O'Neill), le fils du propriétaire (vous suivez?), vont rapidement quitter la maison pour s'enfoncer dans la campagne environnante et faire plusieurs rencontres jusqu'à découvrir une grotte dans laquelle s'est retranchée le... ''primate''... ! Si Transmutation (connu sur le territoire américain sous le titre Demonwarp) démarre assez bien, le reste du long-métrage est d'une toute autre teneur. Répétitif à souhait mais doté de quelques effets gore prosthétiques plus ou moins aboutis, le film est souvent très lent et donc relativement ennuyeux. Du moins, jusqu'à son dernier acte. Celui-là même qui situe son action à l'intérieur de la grotte. Là, Emmet Alston et les scénaristes Jim Bertges et Bruce Akiyama s'en donnent à cœur joie. Sur la base d'une histoire créée par John Carl Buechler (oui, oui, on parle bien là du réalisateur de Troll en 1986, de Cellar Dweller en 1987, de Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi en 1988 ou de Ghoulies III en 1991), Transmutation part totalement en vrille. À commencer par cette ''comète'' qui comme nous le découvrons alors est en réalité un vaisseau spatial venu s'écraser à la surface de notre planète. Tandis que l'on découvre rapidement que le ''singe'' qui attaquait jusque là toute personne croisant sa route n'est en réalité que le père de Jack génétiquement retourné à l'état sauvage, un groupe de... ''zombies'' contrôlés par une force maléfique (en fait, l'extraterrestre échoué à bord du dit vaisseau) répare l'engin pour un départ prévu prochainement. Bon, on ne va pas détailler ce qui suit lors de cette dernière partie totalement barge et nanardesque mais elle vaut à elle seule son pesant d'or. Pas étonnant alors que Transmutation soit considéré par certain comme un authentique film culte malgré ses nombreux défauts. À voir pour se faire une idée très précise du bousin... !

 

lundi 26 novembre 2018

Bloody Birthday d'Ed Hunt (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour le amateurs de petites productions horrifiques, Bloody Birthday de Ed Hunt sortit chez nous sous le titre français Les Tueurs de l’éclipse fait partie de ces long-métrages qui trônaient bien en vue dans les vidéoclubs d'antan. Trente-sept ans après, le film a perdu un peu de son aura, demeurant anecdotique comme une grande majorité de longs-métrages souffrant d'un scénario et d'un financement trop légers. L’œuvre de Ed Hunt nous présente trois enfants nés le même jour, le 9 juin 1970 (après recherches, deux éclipses eurent effectivement lieu cette année là, mais pas à cette date). Une fille et deux garçons nés de mères différentes. Dix ans plus tard, nous les retrouvons, unis, mains dans la mains, mais avec une prédisposition pour le mal qui les fera commettre toute une série d'homicides. À commencer par un couple d'adolescents forniquant dans un cimetière. Puis c'est au tour du père de la gamine diabolique, Debbie, le shérif de Meadwvale de perdre la vie, frappé à mort par le trio. Témoin de l'événement, le jeune voisin de Debbie, Timmy, devient la bête noir des trois enfants qui ne pensent désormais plus qu'à s'en débarrasser tandis que la grande sœur de celui-ci refuse de l'écouter lorsqu'il affirme plus tard avoir été enfermé par dans un vieux réfrigérateur placé dans une décharge par Curtis Taylor, l'un des trois enfants-tueurs. Tandis que la vie continue pour les habitants de Meadwvale, les meurtres s'accumulent sans que la police ne puisse rien y faire.

C'est le cas de le dire. Car les autorités censées se charger de l'affaire ne sont visibles à l'écran que dans de très rares cas, le cinéaste préférant occulter sa présence en éliminant le plus rapidement possible son plus fiable représentant. Vaguement inspiré par le film Village of the Damned que le cinéaste Wolf Rilla réalisa en 1960, Bloody Birthday accentue le principe et le radicalise en proposant toute une série de meurtres dont certains, ingénieux, sortent de l'esprit du personnage incarné par le jeune Billy Jane, chef d'un trio de jeunes tueurs dont on ne connaîtra jamais la vérité sur les raisons de leurs agissements même si le fait qu'ils soient nés tous les trois un jour d'éclipse semble être une raison suffisante pour Ed Hunt. Particulièrement bien choisis, le trio complété par les jeunes interprètes Andy Freeman et surtout la blonde et angélique Elizabeth Hoy à laquelle nous donnerions le bon Dieu sans confession campent plutôt efficacement ces trois têtes blondes (enfin, pour deux d'entre eux) dans un film au scénario aussi plat qu'un pneu dégonflé un jour de très grande chaleur.

L'un des atouts de Bloody Birthday est le cynisme avec lequel le réalisateur imagine toute une série d'homicides perpétrés par ses jeunes acteurs, lesquels sont opposés à un KC Martel (dans le rôle de Timmy) semblable au Mike du cultissime Phantasm du cinéaste américain Don Coscarelli. Certaines situations paraissent peu crédibles. Comme celle, par exemple, montrant la veuve d'un shérif mort tout récemment et récupérant beaucoup trop rapidement de la tragédie qui les a touchées elle et sa fille. Invraisemblable demeure également le comportement de la police qui n'agit pas un seul instant sur le terrain malgré la violence et le nombre des meurtres. Bloody Birthday ressemble dans son mode de fonctionnement à un slasher dont les trois meurtriers perpétreraient leurs méfaits à visage découvert. Le scénario, beaucoup trop convenu, finit de ruiner le propos d'un film dont le principal intérêt était justement de faire de ses tueurs, des enfants au dessus de tout soupçon. Pas le meilleur film de son auteur, mais pas le pire de celui qui signa en 1977 le navet Starship Invasion et plus tard en 1988, The Brain...A noter les présences au générique des acteurs José Ferrer et de Michael Dudikoff...
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