Amateurs de scénarii perchés, bienvenue à vous. Acteur prolifique
durant plus de quatre décennies, George Kennedy est surtout resté
célèbre en incarnant le rôle du Capitaine Ed Hocken dans la
trilogie The Nacked Gun
sortie chez nous sous le titre Y a-t-il un
flic... (pour
sauver la reine
en 1988, le président
en 1991 et Hollywood
en 1994) mais également celui de Joe Patroni dans les cinq volets de
la saga Airport
entre 1970 et 1979 ! Étant passé en outre par à peu près
tous les genres, on a pu notamment le découvrir dans un certain
nombre de films d'horreur, d'épouvante et de fantastique parmi
lesquels, Le Bateau de la mort
d'Alvin Rakoff, Creepshow 2
de Michael Gornick, M.N.I. mutants non identifiés
de Thierry Notz ou bien le nanar culte Le
Clandestin
de Greydon Clark, lequel donna également naissance à l'excellente
petite production de science-fiction horrifique Terreur
Extraterrestre en
1980. S'agissant de Transmutation d'Emmett
Alston (auteur
en outre de American Ninja en
1985 ou de Force of the Ninja
en 1993), le long-métrage se rapproche d'ailleurs qualitativement de
ce dernier et moins des deux précédents tant ce film qui mêle à
peu près tout ce que l'on est en droit d'attendre en terme d'horreur
et de fantastique. Voire même de science-fiction. Un peu comme si
l'on avait demandé à Christophe Izard, l'inventeur de la recette du
Gloubi-boulga, d'écrire un scénario à partir de toutes les idées
les plus folles qu'il aurait eu en tête à ce moment là ! Tout
commence par la chute de ce qui semble être une météorite en
pleine campagne.Un ''bolide'' qui ressemble d'ailleurs davantage à
un gros œuf qu'à un caillou venu des tréfonds de l'univers.
S'ensuit l'attaque dans une vieille bicoque d'un homme d'âge mûr
(George Kennedy dans le rôle de Bill Crafton) et de sa fille Julie
(Jill Marin), laquelle est assassinée par une grosse bête poilue
aux allures de Bigfoot tandis que son paternel s'évanouit avant
d'avoir pu venir à son secours ! Quelques jours passent et
débarquent alors cinq jeunes adultes du type de ceux que l'on voit
généralement se faire zigouiller dans les slashers. Ils vont
s'installer chez le père de l'un d'entre eux. Le propriétaire de la
demeure, celle-là même que Bill Crafton avait loué avant d'être
attaqué par l'infâme créature, n'a plus donné signe de vie depuis
quelques temps. C'est donc non seulement dans l'intention de passer
quelques jours en bonne compagnie (Michelle Bauer et Shannon Kennedy
Sullivan, la propre fille de George Kennedy, incarnant respectivement
les deux seules femmes du groupe, Betsy et Tara) mais aussi pour l'un
des garçons, l'occasion d'investiguer sur la disparition de son père
que le groupe se réunit en ces lieux malgré la peu flatteuse
réputation que connaît la région...
Faux
slasher mais vrai nanar, le tueur n'y est pas un alter ego des
célèbres Jason Voorhees et Michael Myers mais bien ce qui semble
être un grand singe. Lequel va de nouveau débarquer dans la maison
de Clem (le propriétaire incarné par Joe Praml) pour s'en prendre
au groupe et faire deux victimes parmi les garçons (et tant qu'à
faire, les plus cons des trois). Tentant de survivre aux assauts
répétés de la bête, les deux filles ainsi que Jack (David Michael
O'Neill), le fils du propriétaire (vous suivez?), vont rapidement
quitter la maison pour s'enfoncer dans la campagne environnante et
faire plusieurs rencontres jusqu'à découvrir une grotte dans
laquelle s'est retranchée le... ''primate''... ! Si
Transmutation (connu
sur le territoire américain sous le titre Demonwarp)
démarre assez bien, le reste du long-métrage est d'une toute autre
teneur. Répétitif à souhait mais doté de quelques effets gore
prosthétiques plus ou moins aboutis, le film est souvent très lent
et donc relativement ennuyeux. Du moins, jusqu'à son dernier acte.
Celui-là même qui situe son action à l'intérieur de la grotte.
Là, Emmet Alston et les scénaristes Jim Bertges et Bruce Akiyama
s'en donnent à cœur joie. Sur la base d'une histoire créée par
John Carl Buechler (oui, oui, on parle bien là du réalisateur de
Troll
en 1986, de Cellar Dweller
en 1987, de Vendredi 13, chapitre VII : Un
nouveau défi en
1988 ou de Ghoulies III
en 1991), Transmutation
part totalement en vrille. À commencer par cette ''comète'' qui
comme nous le découvrons alors est en réalité un vaisseau spatial
venu s'écraser à la surface de notre planète. Tandis que l'on
découvre rapidement que le ''singe'' qui attaquait jusque là toute
personne croisant sa route n'est en réalité que le père de Jack
génétiquement retourné à l'état sauvage, un groupe de...
''zombies'' contrôlés par une force maléfique (en fait,
l'extraterrestre échoué à bord du dit vaisseau) répare l'engin
pour un départ prévu prochainement. Bon, on ne va pas détailler ce
qui suit lors de cette dernière partie totalement barge et
nanardesque mais elle vaut à elle seule son pesant d'or. Pas
étonnant alors que Transmutation soit
considéré par certain comme un authentique film culte malgré ses
nombreux défauts. À voir pour se faire une idée très précise du
bousin... !
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