Le retour parmi les
vivants de dangereux criminels ayant été condamnés et exécutés à
la chaise électrique n'est pas nouveau dans l'impitoyable univers du
cinéma puisque deux films d'horreur au moins ont évoqué ce sujet
dans les années quatre-vingt. Et ce, coup sur coup, avec Prison
de Renny Harlin en 1988 et Shocker
de Wes Craven l'année suivante. L'on pourrait
également citer le cinquième épisode de la troisième saison de la
série de science-fiction culte X-Files
intitulé The List (La
liste)
et dans lequel Mulder et Scully enquêtaient voilà plus de trente
ans sur une série de meurtres commis par l'ancien détenu Napoleon
''Neech'' Manley, exécuté lui aussi à la chaise électrique après
avoir promis de revenir d'entre les morts afin de se venger de cinq
individus qui le malmenèrent en prison... Habitué des films
d'horreur, après avoir réalisé toute une série de courts-métrages
ainsi qu'un long en 2018 sous le titre Night
Shift,
le réalisateur et scénariste américain Stephen Hall est réapparu
en 2023 avec The Gates.
Un film que l'on pourrait dire ''d'époque'' puisque interprété en
costumes et intégrant sa poignée de personnages à la fin du
dix-neuvième siècle. Aux alentours des années 1890, le tueur en
série William Colcott est arrêté, jugé, enfermé puis condamné à
la chaise électrique. Une expérience qui n'a pas vraiment l'air de
le ''froisser'' puisqu'il semble au contraire plutôt serein... Et
pour cause, celui-ci va revenir hanter la prison en prenant notamment
possession de l'épouse du directeur de la prison et en poussant tout
d'abord deux prisonniers condamnés à mort au suicide... Sobrement
traduit chez nous sous le titre Les portes,
le dernier long-métrage de Stephen Hall mêle avec un certain brio
film historique, épouvante, horreur et fantastique sous-tendant
l'idée selon laquelle deux de ses personnages seraient à l'origine
d'une machine capable d'enregistrer les voix de fantômes captées à
travers des ondes si minces que celles-ci ne sont pas perceptibles
par l'oreille humaine. The Gates
évoquant d'ailleurs très rapidement le Phénomène de Voix
Électroniques (ou PVE)
cher aux nombreux chasseurs de fantômes qui pullulent depuis un
certain nombre d'années sur les réseaux sociaux et dont Guss
DX
(pseudonyme sous lequel se cache Guillaume Durieux) est l'un des plus
fameux représentants hexagonaux...
D'un
constat simple qui veut qu'une paire d'enquêteurs paranormaux, un
médium, plusieurs gardiens de prison, le directeur ainsi qu'un
prêtre acceptent de s'enfermer afin d'empêcher une entité
maléfique de s'échapper des murs de l'établissement, Stephen Hall
transforme un simple film d'épouvante en huis-clos
fantastico-horrifique dans lequel s'opposent tout d'abord des points
de vue divergents. Car l'arrivée au centre de l'intrigue d'Emma
Wicks et de son oncle Frederick Ladbroke signe les soubressauts de
nouvelles techniques d'investigation face à une méthode de
médiumnité beaucoup plus classique employée par un certain Lucian
Abberton (l'acteur Michael Yare). Tandis qu'Emma est incarnée par
l'actrice Elena Delia, le rôle de son oncle a été confié à
l'acteur John Rhys-Davies, célèbre pour avoir notamment interprété
le rôle de Sallah dans la saga Indiana Jones
de Steven Spielberg, celui du Nain Gimli dans la franchise Le
seigneur des anneaux
ou encore le professeur Maximilien Arturo dans la série de
science-fiction Sliders...
Mixant les films cités au départ de cette critique avec des œuvres
aussi diverses que L'exorciste de
William Friedkin et la cohorte de film d'horreur très inspirés par
ce classique de l'épouvante, The Gates
rejoint donc la très longues liste des œuvres convoquant la
présence d'un esprit maléfique dans un récit plutôt linéaire et
minimaliste. Le cadre et le rythme accentuant le sentiment de
sobriété qui se dégage de la mise en scène, de l'interprétation
et des effets visuels et spéciaux même si ces derniers accentuent
l'aspect horrifique des événements durant la dernière partie de
l'aventure. Évoqué sous le prisme d'une entité invisible mais bien
présente, l'esprit démoniaque de William Colcott réapparaît sous
les traits d'une femme qui va s'en prendre aux protagonistes. Une
apparition qui malheureusement frise le ridicule à défaut d'être
capable de véhiculer le moindre sentiment d'effroi chez le
spectateur. Malgré une reconstitution historique qui se cantonne aux
quatre murs de la prison et des costumes qui font illusion, The
Gates
se regarde comme une petite gourmandise sans prétentions
particulières. Une petite production horrifique dont on devine ou
l'on imagine que le budget ne fut pas mirobolant. Bref, sympa, sans
plus...
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