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mercredi 15 avril 2026

The Gates de Stephen Hall (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le retour parmi les vivants de dangereux criminels ayant été condamnés et exécutés à la chaise électrique n'est pas nouveau dans l'impitoyable univers du cinéma puisque deux films d'horreur au moins ont évoqué ce sujet dans les années quatre-vingt. Et ce, coup sur coup, avec Prison de Renny Harlin en 1988 et Shocker de Wes Craven l'année suivante. L'on pourrait également citer le cinquième épisode de la troisième saison de la série de science-fiction culte X-Files intitulé The List (La liste) et dans lequel Mulder et Scully enquêtaient voilà plus de trente ans sur une série de meurtres commis par l'ancien détenu Napoleon ''Neech'' Manley, exécuté lui aussi à la chaise électrique après avoir promis de revenir d'entre les morts afin de se venger de cinq individus qui le malmenèrent en prison... Habitué des films d'horreur, après avoir réalisé toute une série de courts-métrages ainsi qu'un long en 2018 sous le titre Night Shift, le réalisateur et scénariste américain Stephen Hall est réapparu en 2023 avec The Gates. Un film que l'on pourrait dire ''d'époque'' puisque interprété en costumes et intégrant sa poignée de personnages à la fin du dix-neuvième siècle. Aux alentours des années 1890, le tueur en série William Colcott est arrêté, jugé, enfermé puis condamné à la chaise électrique. Une expérience qui n'a pas vraiment l'air de le ''froisser'' puisqu'il semble au contraire plutôt serein... Et pour cause, celui-ci va revenir hanter la prison en prenant notamment possession de l'épouse du directeur de la prison et en poussant tout d'abord deux prisonniers condamnés à mort au suicide... Sobrement traduit chez nous sous le titre Les portes, le dernier long-métrage de Stephen Hall mêle avec un certain brio film historique, épouvante, horreur et fantastique sous-tendant l'idée selon laquelle deux de ses personnages seraient à l'origine d'une machine capable d'enregistrer les voix de fantômes captées à travers des ondes si minces que celles-ci ne sont pas perceptibles par l'oreille humaine. The Gates évoquant d'ailleurs très rapidement le Phénomène de Voix Électroniques (ou PVE) cher aux nombreux chasseurs de fantômes qui pullulent depuis un certain nombre d'années sur les réseaux sociaux et dont Guss DX (pseudonyme sous lequel se cache Guillaume Durieux) est l'un des plus fameux représentants hexagonaux...


D'un constat simple qui veut qu'une paire d'enquêteurs paranormaux, un médium, plusieurs gardiens de prison, le directeur ainsi qu'un prêtre acceptent de s'enfermer afin d'empêcher une entité maléfique de s'échapper des murs de l'établissement, Stephen Hall transforme un simple film d'épouvante en huis-clos fantastico-horrifique dans lequel s'opposent tout d'abord des points de vue divergents. Car l'arrivée au centre de l'intrigue d'Emma Wicks et de son oncle Frederick Ladbroke signe les soubressauts de nouvelles techniques d'investigation face à une méthode de médiumnité beaucoup plus classique employée par un certain Lucian Abberton (l'acteur Michael Yare). Tandis qu'Emma est incarnée par l'actrice Elena Delia, le rôle de son oncle a été confié à l'acteur John Rhys-Davies, célèbre pour avoir notamment interprété le rôle de Sallah dans la saga Indiana Jones de Steven Spielberg, celui du Nain Gimli dans la franchise Le seigneur des anneaux ou encore le professeur Maximilien Arturo dans la série de science-fiction Sliders... Mixant les films cités au départ de cette critique avec des œuvres aussi diverses que L'exorciste de William Friedkin et la cohorte de film d'horreur très inspirés par ce classique de l'épouvante, The Gates rejoint donc la très longues liste des œuvres convoquant la présence d'un esprit maléfique dans un récit plutôt linéaire et minimaliste. Le cadre et le rythme accentuant le sentiment de sobriété qui se dégage de la mise en scène, de l'interprétation et des effets visuels et spéciaux même si ces derniers accentuent l'aspect horrifique des événements durant la dernière partie de l'aventure. Évoqué sous le prisme d'une entité invisible mais bien présente, l'esprit démoniaque de William Colcott réapparaît sous les traits d'une femme qui va s'en prendre aux protagonistes. Une apparition qui malheureusement frise le ridicule à défaut d'être capable de véhiculer le moindre sentiment d'effroi chez le spectateur. Malgré une reconstitution historique qui se cantonne aux quatre murs de la prison et des costumes qui font illusion, The Gates se regarde comme une petite gourmandise sans prétentions particulières. Une petite production horrifique dont on devine ou l'on imagine que le budget ne fut pas mirobolant. Bref, sympa, sans plus...

 

mercredi 29 janvier 2025

Waxwork d'Anthony Hickox (1988) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Je sens que je ne vais pas me faire que des amis, mais tant pis, je me lance... Ayant très bientôt cinquante-trois ans, je fais donc partie de ces fervents défenseurs du cinéma d'horreur et d'épouvante qui dans les années quatre-vingt n'étaient que des adolescents. Seize ans en 1988 et une solide connaissance envers tout ce qui pouvait toucher au genre, grâce aux nombreuses productions que le cinéma Cosmos de Chelles en Seine-et-Marne eut le privilège de pouvoir projeter dans l'une ou l'autre des deux salles qui en constituaient l'essentiel, mais aussi grâce à des magazines spécialisés tels que Mad Movies, L'écran fantastique ou les moins connus Toxic et Vendredi 13. Une ferveur qu'il me faut aujourd'hui relativiser puisque même si lors de sa sortie sur grand écran le premier des deux Waxwork eut d'après mes souvenirs un impact suffisamment puissant pour que près de quarante ans plus tard me vienne l'idée de m'y replonger, j'avoue aujourd'hui demeurer circonspect devant cette œuvre que pourtant, certains continuent de porter aux nues... Si à l'époque j'avais tout d'abord été intrigué devant l'idée de réunir un petit groupe d'adolescents entre les murs d'un musée de cire avant d'être tout aussi séduit devant celle d'y intégrer une part importante du bestiaire classique du cinéma fantastique, redécouvrir en cette journée précise du 21 janvier 2024 le tout premier long-métrage réalisé par Anthony Hickox en 1988 est aussi plaisant que de revoir l'intégrale de la série Au-delà du réel : l'aventure continue tout en étant persuadé qu'à l'époque aucune autre production de science-fiction ne pouvait se targuer de posséder des effets-spéciaux meilleurs que ceux de cette création télévisuelle. Sachons demeurer honnêtes et reconnaissons que Waxwork, avec tout le respect que l'on doit à ses auteurs, aux techniciens qui participèrent à sa création mais aussi aux fans qui semble-t-il sont nombreux, est de ce point de vue là, une œuvre terriblement datée. Des décors en passant par la photographie tout semble terriblement factice. Ouais, bon, on se doute que tout ne repose que sur des sujets spécifiquement créés à l'origine pour plaire à tous types de publics friands d'histoires fantastiques et horrifiques et que tout se doit de ne refléter qu'un univers fantasmagorique. Mais de là à repousser la facticité des environnements dans des retranchements tels que l'on a souvent l'impression de visiter un magasin La foire fouille décoré à l'occasion de la fête d'Halloween, tout ou presque empêche une pleine et totale immersion.


 Waxwork premier du nom ressemble à une mauvaise pièce de théâtre, interprétée par de mauvais comédiens, tous dirigés par un mauvais metteur en scène. Malgré tout, l'on sauvera une séquence, pas une de plus. Celle mettant en scène l'acteur Zach Galligan qui quatre ans auparavant fut le principal interprète de Gremlins de Joe Dante et dans laquelle le jeune homme est projeté dans un monde en noir et blanc rappelant vaguement l'un des classiques du film de zombies, La nuit des morts-vivants de George Romero. Aux côtés du jeune acteur, une part importante de ses partenaires auront déjà vécu ou s'apprêteront à vivre l'expérience de l'interprétation dans le cinéma d'horreur ou d'épouvante. Deborah Foreman aura interprété le double rôle de Muffy et Buffy dans Week-end de terreur de Fred Walton en 1986, Michelle Johnson celui de Tamara dans Dr. Giggles de Manni Coto en 1992, Clare Carey celui de Bobbie dans le cultissime nanar Uninvited de Greydon Clark la même année que Waxwork ou encore Dana Ashbrook ceux d'un figurant dans Attack of the Killer Tomatoes de John de Bello en 1978 et de Tom Essex dans la piètre suite de Return of the Living-Dead cette fois-ci signée par Ken Wiederhorn. Quant à l'acteur britannique David Warner, nous pûmes notamment le découvrir dans Les chiens de paille de Sam Peckinpah en 1971, Frissons d'outre-tombe deux ans plus tard, La malédiction en 1976 ou le formidable La compagnie des loups de Neil Jordan en 1984. Ce premier Waxwork met en scène moins de créatures que l'on pouvait l'espérer. Un loup-garou amorphe incarné par John Rhys-Davies (Les aventuriers de l'arche perdue et autres aventures d'Indiana Jones réalisées par Steven Spielberg, la trilogie du Seigneur des anneaux réalisée par Peter Jackson dans laquelle l'acteur interprétait le nain Gimli, l'excellente série de science-fiction Sliders - Les Mondes parallèles dans laquelle il incarna entre 1995 et 1997 le Professeur Maximilien Arturo, etc...), des vamps et des vampires, le Marquis de Sade, une momie et quelques morts-vivants, ces derniers demeurant du meilleur effet contrairement aux autres représentants du bestiaire fantastique. Heureusement, le film bénéficie de quelques saillies gore parfois remarquables. Mais en dehors de ça, le film est en réalité une piètre bande horrifico-fantastique entachée par d'énormes lacunes techniques et artistiques dont la dégradation visuelle à travers les décennies n'eut de cesse que de s'accentuer...

 

lundi 14 août 2023

Indiana Jones et le Cadran de la destinée de James Mangold (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après avoir lu et entendu tant d'horreurs concernant le dernier volet de la franchise Indiana Jones, je m'étais promis que j'attendrais son passage à la télévision pour le découvrir. Mais l'insouciance, la tranquillité, la plénitude liées généralement aux vacances aidant, nous nous sommes finalement dirigés ma compagne et moi vers la salle numéro 3 du cinéma CGR d'Albi en ce début de soirée du 2 août 2023 pour y découvrir Indiana Jones et le Cadran de la destinée, le dernier film mettant en scène le plus célèbre des professeurs en archéologie de fiction, Indiana Jones. Dans cette nouvelle et ce qui sera probablement son ultime aventure, nous retrouvons l'acteur Harrison Ford qui à l'aide de CGI retrouve tout d'abord sa ''prime jeunesse'' puisque l'intrigue démarre en 1944 alors que L'Allemagne nazie a envahi la France. C'est à bord d'un train que l'on retrouve Indiana Jones, lequel se retrouve notamment aux prises avec le professeur Jürgen Voller au sujet de la machine d'Anticythère. Nazi auquel notre héros aura à faire face durant la totalité du récit puisque dans la peau de ce dernier, l'acteur danois Mads Mikkelsen cherchera à tout prix à réunir les deux parties d'un seul et même objet : le cadran dont les hypothétiques propriétés ont selon Indiana Jones, rendu fou son ami Basil Shaw (l'acteur Toby Jones), lequel a voué une grande partie de son existence au dit objet. Un personnage qui n'apparaîtra que lors de la première partie et qui servira surtout de prétexte à l'apparition à l'image de l'actrice Phoebe Waller-Bridge dans le rôle de Helena Shaw, sa fille. Pour certains, la jeune femme semble avoir un temps de présence ou une implication beaucoup trop importante, bouffant littéralement ceux de celui qui se doit d'être le héros véritable de ce récit. Soit, Indiana Jones.


Un argument peu crédible si l'on prend en compte le fait qu'en réalité, les deux interprètes se partagent les rôles principaux et que ni l'un ni l'autre ne tire véritablement vers lui la couverture. Au pire l'on pourra, du moins pour un temps, critiquer l'extrême crispation que peu causer le comportement de la jeune femme qui paraît principalement intéressée par l'argent plutôt que par le projet auquel son père consacra une bonne partie de son existence. En intégrant ce personnage féminin, il semblerait à priori que Walt Disney Pictures continue son travail de sape en cherchant à intégrer certaines valeurs propres au wokisme. Le célèbre studio de production cinématographique ayant racheté Lucasfilms en 2012, on pouvait craindre qu'un certain formalisme ne vienne s'interposer entre le parti-pris d'une entreprise qui semble prendre l'eau depuis un certain temps et l'un des personnages de fiction les plus légendaires. Reprenant les personnages créés par Philip Kaufman et George Lucas, ça n'est plus Steven Spielberg qui se retrouve aux commandes du cinquième opus de la franchise mais James Mangold auquel on doit notamment les excellents Copland en 1997, Identity en 2003 ou Logan en 2017. Une valeur qui semble donc relativement sûre pour un résultat qui, s'il n'atteint pas le meilleur de la saga, fait tout de même le boulot ! L'entrée en matière semble être tout d'abord réservée aux fans de la première heure puisque l'on y découvre un Indiana Jones aux grandes heures de son épopée d'aventurier, Harrison Ford y apparaissant rajeunit grâce à la technologie du De-Aging.


Celle-ci permet effectivement de retrouver le personnage sous les traits du Indiana Jones de la première heure. Après une longue course-poursuite à bord et sur le toit d'un train lancé à vive allure, l'intrigue les projette lui et les autres membres de l'aventure en 1969 alors que la mission Apollo 11 vient de connaître un succès retentissant. Toujours empreinte de fantastique, la franchise aborde désormais le thème du voyage dans le temps avec tout ce que le concept contient de fascinant. Un sujet fort passionnant pour une œuvre de plus de cent-cinquante minutes qui tournera majoritairement autour de très longues courses-poursuites. Indiana Jones et le Cadran de la destinée tente de renouer avec le meilleur de la franchise en proposant de riches environnements tout en modernisant le concept à travers les dites courses-poursuites. Une avalanche d'images qui cachent en réalité les faiblesses d'un scénario tournant surtout autour d'un Indiana Jones vieillissant aux prises avec un nazi rêvant de réécrire l'histoire de son pays et ainsi effacer la défaite d'un certain Adolf Hitler. Rendant également hommage à quelques personnages/interprètes iconiques des œuvres passées, les fans retrouveront avec bonheur mais sans doute également un petit pincement au cœur, John Rhys-Davies dans le rôle de Sallah Faisel el-Kahir ainsi que Karen Allen dans celui de Marion Ravenwood. Le spectacle est total. À grands renforts d'images de synthèses pas toujours très convaincantes, le long-métrage propose son cortèges de scènes d'action parfois outrancières qui rappellent plus généralement le Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne de Steven Spielberg que les premières aventures de l'archéologue aventurier. Ponctué de sous-intrigues parfaitement inutiles comme la présence du fiancé d'Helena (Alaa Safi dans le rôle de Rahim) lors d'une course-poursuite en plein cœur de Tanger, Indiana Jones et le Cadran de la destinée se veut trop généreux en terme d'action, cachant ainsi certaines faiblesses. Reste que l'on ne s'y ennui pas. Sans être LA nouvelle référence du film d'aventures, le dernier long-métrage de James Mangold a au moins réussi le pari de n'être pas aussi piteux que Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal que réalisa lui-même Steven Spielberg voilà quinze ans...

 

lundi 31 août 2020

Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg (1989) - ★★★★★★★★★☆



Après le Caire et l'Arche d'Alliance, après l'Inde et son temple maudit abritant la secte des Thugs à la gloire de la déesse Kâlî, Indiana Jones revenait sur les écrans de cinéma en 1989 avec Indiana Jones et la Dernière Croisade. Bien que le second volet sorti cinq ans auparavant sous le titre Indiana Jones et le Temple Maudit ait connu un énorme succès en salle, il faut reconnaître qu'en comparaison avec l'excellent Les Aventuriers de l'Arche Perdue, il demeurait relativement décevant. Mais qu'allait donc entreprendre Steven Spielberg pour retrouver la grâce du premier volet de cette saga d'aventure qui jusqu'à aujourd'hui compte quatre épisodes ? Et bien, tout simplement, revenir aux fondamentaux. Tout d'abord, en abandonnant l'esprit un peu trop cartoonesque du second épisode qui nuisait au personnage d'Indiana Jones. Car en forçant trop le trait de cet archéologue aventurier, le réalisateur américain avait finit par n'en faire qu'une caricature grotesque. Autre aspect fondamental : le retour de quelques-uns des personnages les plus emblématiques du premier épisode ayant sans doute concouru au succès de l’œuvre séminale. À commencer par le Docteur Marcus Brody, toujours interprété par l'acteur britannique Denholm Elliott. On assiste également au retour de Sallah Faisel el-Kahir qu'incarne lui aussi pour la seconde fois l'acteur anglais John Rhys-Davies qui depuis le succès des Aventuriers de l'Arche Perdue n'a pas attendu que Steven Spielberg fasse à nouveau appel à lui pour retourner vivre de folles aventures puisqu'on le reverra notamment dans Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon en 1985 et Le Temple d'Or l'année suivante, les deux longs-métrages ayant été tous deux réalisés par J. Lee Thompson...

Et parce que le contexte dans lequel baignaient les premières aventures d'Indiana Jones était beaucoup plus revigorant que celles, parfois sans doute trop sombres du second épisode, retour à l'Allemagne Nazie. Deux ans après qu'Adolf Hitler ait missionné un contingent de soldats allemands lancés à la recherche de l'Arche d'Alliance avec les conséquences que l'on connaît, le voici désireux d'acquérir (par tous les moyens), le mythique Graal, objet de quête des Chevaliers de la Table Ronde afin d'asseoir sa suprématie mondiale. Mais avant cela, Indiana Jones et la Dernière Croisade nous plonge dans le passé d'Indiana Jones à l'époque où il n'était encore qu'un scout dérobant à des pilleurs de tombes, la croix de Coronado. Le film débute donc en 1912 alors qu'il n'est qu'un jeune adolescent. Indiana Jones et la Dernière Croisade s'ouvre sur une séquence absolument formidable qui laisse présager le meilleur. Une course-poursuite dans l'Utah à bord d'un train convoyant les animaux d'un cirque lors d'une incroyable séquence. Vingt-six ans plus tard, nous retrouvons notre héros à bord d'un navire portugais afin de récupérer la Croix qui lui avait échappée presque trois décennies plus tôt. Là encore, la mise en scène se veut d'une inventivité folle. De retour aux États-Unis à l'université où il enseigne l'archéologie à ses élèves, il fait la connaissance de Walter Donovan qui l'informe au sujet de son père, le Professeur Henry Jones lequel a consacré toute sa vie entière au Graal. En voyage à Venise, il fait la connaissance de l'autrichienne Elsa Schneider, ancienne collaboratrice de son père avec laquelle il va se lancer à sa recherche et tenter ensuite de découvrir où se trouve le Graal...

Si l'on est en terrain conquis, le scénario de Jeffrey Boam ne fait heureusement pas l'économie d'idées nouvelles. En effet, Indiana Jones et la Dernière Croisade a beau voguer dans un contexte similaire aux Aventuriers de l'Arche Perdue, ces troisièmes aventures d'Indiana Jones fait la part belle à des séquences originales qui ne laissent au spectateur, aucun répit. Outre la séquence d'ouverture chorégraphiée de main de maître, Indiana Jones parcourra une somptueuse bibliothèque, des catacombes infestées de milliers de rats, longera une rivière de pétrole, sera poursuivi par bateau sur la lagune de Venise par des gardiens de la confrérie de l'épée cruciforme veillant au secret du Graal, délivrera son père d'un château autrichien dans lequel celui-ci est retenu prisonnier par les Nazis, prendra la fuite à bord d'un ballon-dirigeable, puis à bord d'un avion, parcourra Alexandrette au Hatay en compagnie de son père et enfin, pénétrera le temple qui renferme le Graal. Plutôt que de tourner une partie de son long-métrage en studios, Steven Spielberg se décide enfin à tourner en décors naturels. En effet, la séquence d'ouverture fut réalisée au parc national des Arches dans l'Utah, celle de la bibliothèque à l'Église San Barnaba de Venise. Plus loin, de nombreux passages se situèrent dans le désert de Tabernas en Andalousie, quant à la séquence finale, on peut y reconnaître le magnifique site de Pétra en Jordanie, là où se situe l'extraordinaire et célèbre monument de cette cité antique, Khazneh...

Bourré jusqu'à la lie d'aventures et d'action, Indiana Jones et la Dernière Croisade prône un retour à l'humour parfois foudroyant. Exemple : lorsque Walter Donovan (l'acteur Julian Glover) évoque le fait de mettre la main sur Marcus Brody, Indiana Jones rétorque : '' N'y comptez pas trop. Il a deux jours d'avance sur vous.C'est plus qu'il n'en faut. Brody a des amis dans chaque ville et village d'ici jusqu'au Soudan. Il parle une douzaine de langues, connaît toutes les coutumes locales. Il va se mêler à eux, disparaître, et vous ne le reverrez jamais. Avec un peu de chance, il a déjà retrouvé le Graal''. CUT. Et qu'aperçoit-on juste après ? Un Marcus Brody perdu en pleine ville, ne sachant à qui s'adresser et ne parlant que sa propre langue. Autant dire qu'après le pitch d'Indiana Jones, découvrir Brody dénué de tout repère est irrésistiblement drôle ! Après Karen Allen et Kate Capshaw, c'est désormais l'actrice Alison Doody qui malgré les apparences, n'est pas originaire d'Allemagne mais d'Irlande et qui interprète la ''figure'' féminine de ce troisième opus. Plus froide, elle incarne également un personnage beaucoup plus ambigu que les deux précédentes interprètes. Le jeune et regretté River Phoenix (Explorers de Joe Dante, Stand by Me de Rob Rainer) incarne quant à lui Indiana Jones adolescent. Mais la plus-value de cet Indiana Jones et la Dernière Croisade reste encore sans doute la présence de l'immense acteur britannique Sean Connery dans le rôle du Professeur Henry Jones, le père d'Indy.

Il apporte à ce troisième volet une profondeur supplémentaire qui permet d'en apprendre davantage sur son fils. Et même si Steven Spielberg nous épargne les écueils de souvenirs larmoyants, on ne peut qu'être touchés par la relation qu'entretiennent Indiana Jones et son père. Un Sean Connery dont le statut de star ne l'empêche pas de s'effacer lorsque cela est nécessaire au script. Après un Indiana Jones et le Temple Maudit en demi-teinte, on pouvait craindre que le mythe d'Indiana Jones ne soit définitivement écorné. Mais c'était sans compter sans le scénario de Jeffrey Boam, l'excellence de l'interprétation, des décors absolument fantastiques, une action et une aventure à tambour battant (auxquelles on ajoutera de superbes séquences reposant sur le principe des énigmes) et une remise en question du réalisateur. Maintenant, c'est à chacun de se faire sa propre opinion. Sans nul doute Indiana Jones et la Dernière Croisade est éminemment supérieur au volet précédent. Mais l'est-il aux Aventuriers de l'Arche Perdue ? Personnellement, j'oserai un grand OUI !!!

samedi 29 août 2020

Les Aventuriers de l'Arche Perdue de Steven Spielberg (1981) - ★★★★★★★★☆☆



Pérou, 1936. L'archéologue américain Indiana Jones pénètre un temple à l'intérieur duquel il s'apprête à mettre la main sur une idole en or appartenant au peuple des Chachapoyas. Mais pour pouvoir y accéder, celui-ci doit faire face à divers pièges parmi lesquels des fléchettes empoisonnées sortant des murs lorsque est activé un mécanisme placé au sol. Accompagné de Satipo (l'acteur Alfred Molina), un porteur de bagages, Indiana Jones est trahi lorsque après s'être saisi de la statuette, le temple commence à s'effondrer. Une fois retourné à l'extérieur, il se retrouve nez à nez avec les indiens Hovito qui le menacent à l'aide de lances et de sarbacanes, lesquels sont accompagnés de l'archéologue René Belloq, son éternel concurrent qui lui dérobe alors l'idole. Parvenant à prendre la fuite mais poursuivi par les Hovito, Indiana Jone retourne jusqu'à l'hydravion piloté par son ami Jock Lindsey et les deux hommes repartent pour l'Amérique... Voici donc comment débutent les toutes premières aventures d'Indiana Jone. Un projet à l'initiative duquel se trouve tout d'abord le réalisateur, scénariste et producteur George Lucas qui après le succès de Star Wars s'imagine déjà prendre les commandes d'un nouveau projet inspiré des serials d'aventures dont les origines remontent au début du vingtième siècle et qui consistaient à proposer un type de films reposant sur le principe du roman-feuilleton...

Les Aventuriers de l'Arche Perdue (Raiders of the Los Ark) sera donc le premier volet d'une mythique saga cinématographique dont George Lucas abandonnera cependant la réalisation au profit de Steven Spielberg qui jusque là, aura rencontré un immense succès avec Les Dents de la Mer en 1975 et Rencontre du Troisième Type en 1977 avant de faire un bide avec 1941 deux ans plus tard. C'est pourtant très confiant que George Lucas lui confie les rennes de ce nouveau projet que Steven Spielberg accepte de réaliser si le producteur lui accorde le ''Final Cut''. L'écriture du scénario est confiée les yeux fermés à Lawrence Kasdan qui avait déjà participé à l'écriture de celui de Star Wars, épisode V : L'Empire contre-attaque d'Irvin Kershner l'année passée en 1980 ainsi que celle de La Fièvre au Corps que le scénariste réalisa lui-même. Reprenant un scénario aux commandes duquel on retrouvait George Lucas et Philip Kaufman (réalisateur du paranoïaque L'Invasion des Profanateurs en 1978), Lawrence Kasdan propose une aventure riche en rebondissements qu'adoubent et le producteur, et le futur réalisateur...

Le rôle-titre est proposé à Harrison Ford auquel pensent immédiatement le scénariste et le réalisateur. Étrangement, George Lucas est lui, d'un autre avis. La production envisage alors plutôt Tom Selleck, puis Jeff Bridges et Nick Nolte. Mais si les deux derniers refusent, c'est le contrat qui le lie à la série télévisée culte Magnum qui empêche Tom Selleck d'endosser le costume de l'archéologue. Changement radical d'univers pour Harrison Ford qui après avoir notamment incarné Han Solo dans les deux premiers volets de la saga Star Wars et le Lieutenant David Halloran dans Guerre et Passion de Peter Hyams assume cette fois-ci la responsabilité d'endosser le costume d'un personnage qui sera amené à devenir l'une des légendes du cinéma d'aventure en particulier et du septième art en général. L'un des principaux atouts du personnage façonné tout d'abord par l'écriture de Lawrence Kasdan et peaufiné par l'acteur demeure dans la double facette qui le caractérise. Nous avons effectivement d'un côté un professeur en archéologie plutôt lisse, bien habillé, bégayant et objet de convoitises parmi la grande majorité d'élèves de sexe féminin qui suivent ses cours. De l'autre, on se retrouve avec un aventurier courageux, inventif, instinctif, et beaucoup plus charismatique. Chapeau vissé sur le crâne, blouson de cuir, pantalon de treillis et chemises beiges, il a le visage quelque peu tanné, en sueur, et en partie recouvert d'une barbe de trois jours. Pas vraiment le super-héros ultra clean qu'arbore le cinéma de nos jours...

À la réalisation, Steven Spielberg propose aux spectateurs une aventure épique, moite, dangereuse, romanesque, opposant le héros et ses ennemis à certains éléments fantastiques. Imaginez-donc : rien de moins que la recherche de L'Arche d'Alliance, qui selon la Bible renferme les tables de la loi mieux connue sous le nom des Dix Commandements. Et vue la période durant laquelle se déroule le récit, pourquoi ne pas opposer Indiana Jones aux nazis ? Des nazis qui sur ordre de leur führer Adolf Hitler sont chargés de retrouver et mettre la main sur l'Arche en question. Tout ou partie du concept de Les Aventuriers de l'Arche Perdue repose donc sur cette quête à laquelle vont donc participer Indiana Jones ET Marion Ravenwood, fille de son ancien mentor malheureusement décédé. En possession d'un pendentif permettant de situer très exactement la position de l'Arche dans le Puits des Âmes, la jeune femme tout d'abord très en colère vis à vis d'Indiana Jones participera finalement aux aventures de l'archéologue. Interprétée par l'actrice Karen Allen (Starman de John Carpenter en 1984, Terminus de Pierre-William Glenn en 1987, En Pleine Tempête de Wolfgang Petersen en 2000), l'actrice apporte cette petite touche de féminité et de romantisme nécessaire à une œuvre très majoritairement masculine. L'archéologue français Émile Belloq, l'ennemi juré d'Indiana Jones, est quant à lui interprété par l'acteur Paul Freeman. Ronald Lacey interprète le nazi Arnold Ernst Toht tandis que le futur Maximilien Arturo de la série culte Sliders et le nain Gimli de la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, John Rhys-Davies, interprète le personnage de l'excellent Sallah Faisel el-Kahir...

Entre le Pérou, son ancien temple, sa jungle, ses indigènes, l'université du Connecticut et sa flamboyante ''rusticité'', le Népal et son blanc manteau où notre héros retrouve la belle Marion, le Caire et ses marchés, sa faune, ses ruelles et ses dangers, la séquence située sur un cargo, ou celle se déroulant sur une île de la Mer Égée, Les Aventuriers de l'Arche Perdue offre aux spectateurs une aventures remarquable, qui, si elle s'inspire souvent des serials d'antan, saura elle-même être la source d'inspiration de nombreux longs-métrages à venir. De A la Poursuite du Diamant Vert de Robert Zemeckis, jusqu'aux divers longs-métrages issus de la série de jeux vidéos Tomb Raider dans lesquels est mise en vedette l'aventurière Lara Croft. Comme dans tout bon film d'aventures, les anecdotes ne se comptent ici pas simplement sur les doigts d'une seule main. Sans faire le catalogue de celles qui couvrent l'entièreté du long-métrage, il est certainement intéressant de revenir sur quelques-une d'entre elles. Et parmi les plus intéressantes, celle qui concerne la séquence lors de laquelle Indiana Jones est censé combattre un homme armé d'un sabre lors de son passage au Caire. Après que ce dernier ait montré son aisance dans le maniement du sabre, Indiana Jones se saisit de son pistolet et l'abat d'un seul coup de feu.

Il faut savoir qu'à l'origine, le duel devait proposer un combat épique entre les deux hommes. Seulement, Harrison Ford se sentant mal au moment de tourner la scène, l'acteur demanda à ce qu'elle soit écourtée. En résulte une séquence vraiment amusante. Autre anecdote : lors de la séquence située dans le Puits des Âmes, les fans de la saga Star Wars pourront reconnaître parmi les hiéroglyphes, certains ''dessins'' à l'image des androïdes C3PO et R2D2. Il serait peut-être également intéressant de revenir sur l'une des plus impressionnantes séquences du film qui voit certains nazis mourir dans d'horribles circonstances lorsque le couvercle de l'Arche et retiré. Le premier Poltergeist que Tobe Hooper réalisera en 1982 mais dont certaines séquences furent considérées comme le fruit de l'imagination de Steven Spielberg demeure encore le sujet de polémiques. Si certains s'attardent à s'accorder que la scène durant laquelle un scientifique s'arrache le visage devant un miroir est indubitablement l’œuvre de Tobe Hooper, la séquence durant laquelle des esprits échappés de l'Arche tuent les nazis des Aventuriers de l'Arche Perdue tenterait à prouver que Steven Spielberg pourrait tout à fait être à l’origine de celle de Poltergeist... Mais pour en revenir au film sorti l'année précédente, Les Aventuriers de l'Arche Perdue est une œuvre mythique qui malgré les années n'a rien perdu de son charme, de son inventivité et de son attractivité. Presque quarante ans après, le film de Steven Spielberg demeure l'un des meilleurs de sa catégorie. À la suite du succès phénoménal qu'il rencontra, une séquelle fut évidemment envisagée. Intitulée Indiana Jones et le Temple Maudit (Indiana Jones and the Temple of Doom), elle verra le jour trois ans plus tard, toujours sous la houlette de Steven Spielberg, le scénario étant cette fois-ci l’œuvre de Willard Huyck et Gloria Katz...
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