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vendredi 1 mai 2026

Jeonjijeok Dokja Sijeom (Omniscient Reader: The Prophecy) de Byung-woo Kim (2026)

 


 

Kim Dok-ja (Ahn Hyo-seop) est employé dans l'entreprise Minosoft en tant que stagiaire lorsque son contrat arrive à terme. Lecteur assidu du roman en ligne Three Ways to Survive the Apocalypse (Trois façons de survivre à l'apocalypse), il est surtout le dernier à avoir tenu jusqu'à ce que l'histoire arrive à son terme. En effet, la popularité du roman ayant dégringolé, son auteur a décidé d'y mettre un terme. Mécontent du résultat final de l'ouvrage, Kim Dok-ja décide de se plaindre directement en envoyant un message à son auteur. En réponse, TLS123 (c'est le nom de l'écrivain) propose au jeune homme d'inventer lui-même une nouvelle fin au roman d'origine dans lequel, Yoo Joong-hyuk (Lee Min-ho) demeurait le seul survivant parmi les héros. Tandis que Kim Dok-ja retrouve dans le métro son ancienne collègue de travail Yoo Sang-ah (Chae Soo-bin) elle aussi arrivée au terme de son contrat, un dokkaebi (créature légendaire issue du folklore coréen) annonce aux voyageurs qu'à dix-neuf heures l'humanité va devoir affronter divers scénarii imposés par des... Constellations. Des entités qui vivent dans le ''Star Stream'' et qui observent les humains à distance tout en influençant le cours des événements. Bon, je devine que certains font déjà la gueule et se demandent quel est tout ce charabia que j'emploie depuis le début de cet article... Dokkaebi ? Constellations ? Star Stream ? Et c'est sans compter sur le nom généralement imprononçable des différents protagonistes qui demandent parfois du temps pour être clairement intégrés au sein du récit. Une histoire qui dans le cas de Jeonjijeok Dokja Sijeom (Omniscient Reader: The Prophecy) prend son temps puisque le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste sud-coréen flirte avec les deux heures ! Je vous avouerai que ce genre de production n'est pas du tout ma came et qu'elle semble de toute manière promise à une carrière qui ne reposera que sur l'attention des fans de ce genre de films typiquement asiatiques. Il y a pourtant certains éléments auxquels pourront se raccrocher les néophytes qui comme moi refusent de boire à la source de ce genre de scripts tellement surréalistes qu'ils en deviennent totalement imbuvables...



L'ironie étant que dans mon cas, le surréalisme en question est une donnée que j'envisage généralement de manière plutôt optimiste. Mais ici, malheureusement, il demeure peu d'éléments qui permettent véritablement de raccorder la fiction à la réalité... Du côté des toutes petites références qui permettront aux réfractaires de croire ne serait-ce qu'un instant en l'illusion, le script de Kim Byung-woo et de Lee Jeong-min (lequel repose sur le roman en ligne éponyme de Sing Shong) aborde le début du récit et quelques passages à venir sous le même angle que la série sud-coréenne à succès Ojing-eo Geim de Hwang Dong-hyuk connue chez nous sous le titre Squid Game. De quoi offrir à une partie des spectateurs l'espoir d'une œuvre dont certaines mécaniques furent déjà employées dans cette excellente série diffusée entre 2021 et 2025. Les autres, eux, que l'on considérera appartenir en majorité à une tranche d'âge variant entre seize et trente-cinq ans et dont l'hygiène de vie compose très certainement entre la lecture d'ouvrages de ce type et les jeux vidéos... Non pas que Jeonjijeok Dokja Sijeom soit exclusivement réservé aux fans de Manga, de Manhwa (son équivalent sud-coréen), de Kaijū eiga ou de jeux vidéos façon Japanese Role-Playing Game, Action-RPG dont les combats ne seraient pas spécifiquement basés sur l'ATB (Active Time Battle), mais tant de furie, de débauche de CGI de médiocre qualité (certains décors ainsi que les différentes créatures sont franchement laids), de combat qui ressemblent à des cinématiques de jeux vidéos m'ont totalement sorti du récit ! C'est d'autant plus dommage que Byung-woo Kim fut l'auteur l'année dernière du sympathique Daehongsu (Submersion), un mélange entre science-fiction, action et catastrophe suffisamment original pour sortir du cadre classique. Sans doute pas le film de la décennie ni même de l'année mais riche en rebondissements. Ici, on passe à tout autre chose. Il devient donc très difficile d'évaluer un film tel que Jeonjijeok Dokja Sijeom lorsque l'on n'est absolument pas un spécialiste du genre...

 

mardi 18 avril 2023

Ator l'invincible – l'épée du Saint-Graal de Joe D'Amato (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆


 

 

Il était vraiment temps d'en finir avec la mythologie entourant le personnage d'Ator l'invincible. Car même si Joe D'Amato s'est réapproprié sa création après le désastreux Ator, le guerrier de fer que réalisa son compatriote Alfonso Brescia en 1987, il est clair qu'avec Ator l'invincible – l'épée du Saint-Graal on atteint le fond ! Miles O'Keeffe ne faisant plus partie de l'aventure, le rôle-titre est désormais confié à l'acteur Eric Allan Kramer. Deux ans auparavant, celui-ci incarna le personnage de Thor dans le téléfilm Le Retour de l'incroyable Hulk de Nicholas Corea. Passant ainsi du super-héros au valeureux chevalier, Ator apparaît désormais sous des atours négligés. Vêtu d'une tunique brune et d'un bandeau lui encerclant le crâne, il semble qu'après sa retraite de trois années le héros se soit lancé dans un régime à base de charcuterie, de frites et de beignets. Bien qu'imposant, Eric Allan Kramer n'a pas l'allure de son prédécesseur et conserve même cette absence de charisme qui manquait déjà à Miles O'Keeffe...


Et même si à l'époque le faciès de ce dernier laissait peu de place à l'hypothèse selon laquelle il aurait pu rejoindre les grands penseurs de son époque, la relève est assurée par un interprète en totale opposition avec l'image actuelle du prompt chevalier dont la mission première et de venir en aide à la veuve et à l'orphelin. On pourrait envisager la tournure que prennent d'emblée les événements par rapport au fait que le personnage d'Ator ait changé de visage. Ce que semble pourtant contredire le premier acte dans lequel nous retrouvons bien le fameux héros, mais sous les traits de Eric Allan Kramer. Celui-ci meurt mais revient sous ceux de son propre fils qui lui-même est interprété par l'acteur américain. Défait par le méchant de service Thor, son fils, Ator (!?!), alors âgé d'un an prend la fuite dans les bras de sa mère Sunn (Dina Morrone) qui se réfugie auprès du gnome Grindel. Une créature particulièrement laide (dans tous les sens du terme et surtout, artistiquement parlant), veule et qui ne dépareillerait pas, au hasard, avec les Gobelins/trolls du ''sublime'' nanar réalisé par Claudio Fragasso en 1990, Troll 2. Alors âgé de vingt-huit ans au moment du tournage, censé incarner un Ator de seulement dix-huit ans mais paraissant en faire au moins quinze de plus, voilà qu'Eric Allan Kramer apparaît physiquement peu crédible. Joe D'Amato retrouve le compositeur Carlo Maria Cordio dont la partition se montre cette fois-ci nettement moins grandiloquente.


Ator ou à travers (de porc)


Ator, éternel pourfendeur du Mal sous toutes ses formes est donc de retour pour la quatrième et dernière fois. Certains, comme Joe D'Amato estimant même qu'il s'agissait là du troisième opus et non du quatrième puisque le film sorti notamment sous le titre Ator III : the Hobgoblin, faisant ainsi l'impasse sur le volet signé par Alfonso Brescia en 1987. Pourtant, Joe D'Amato aurait tout aussi bien pu réserver ses critiques à sa propre séquelle qui s'avère d'une rare médiocrité. Le héros n'a jamais paru aussi ridicule que sous les traits d'Eric Allan Kramer, le désordre qui règne au sein même du scénario laisse pantois d'admiration. Quant aux différents affrontements et aux méchants, leur innocuité laisse parfois présumer que le film a d'abord été pensé comme une version allégée du mythe à l'attention de nos chères têtes blondes. Au point que le film vire à la comédie comme lors de ces quelques séquences montrant un Ator ridiculisé durant certains de ses affrontements, loin de l'image idyllique du héros auquel rien de mal ne peut arriver. Et que dire des décors fadasses que parcourent de long en large Ator, Dejanira et un nouveau compagnon à l'apparition providentielle ? Parmi les interprètes accompagnant l'acteur américain, Margaret Lenzey incarne le personnage de Dejanira, la compagne d'Ator, Donal O'Brien celui du méchant Gunther, tandis que Joe D'Amato offre une petite apparition à Laura Gemser et, à contrario, le triple rôle de Thorn, Grindel et Hagen à l'ancien joueur de bobsleigh Domenico Semeraro. Allez, et pour terminer. Notons le doublage en français proprement hallucinant du gnome Hagen et que je vous laisse tout plaisir de découvrir par vous-même : à s'étouffer de rire...

lundi 17 avril 2023

Ator, le Guerrier de fer d'Alfonso Brescia (1987) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

L'intérêt avec les nanars, c'est que l'on n'est jamais au bout de nos surprises. Après Ator le Conquérant et Ator 2 - L'invincibile Orion et avant L'Épée du Saint-Graal tout trois réalisés par Joe D'Amato, Alfonso Brescia s'est emparé du personnage en 1987 et à choisi de transformer l'univers médiéval-fantastique d'Ator en délire visuel psychédélique. Non seulement le réalisateur et scénariste italien semble avoir fumé la moquette, mais la tapisserie, le rembourrage des coussins, les doubles-rideaux, les draps et les couvertures également. Non mais franchement... Le nanar en général et la franchise Ator gravissait en cette année 1987 un échelon supplémentaire dans l'ignominie. Voyez la gueule de cette sorcière pratiquant comme le reste du casting un anglais approximatif, débarquant dans le palais d'un roi lors de la célébration des dix-huit ans de sa fille, la princesse Janna, coupe de cheveux fauve au vent, se déplaçant sur des rails. On s'attendrait presque à voir débarquer à sa suite les membres du groupe de new wave Dead or Alive pour y interpréter leur plus grand succès sorti deux ans auparavant, My Heart Goes Bang ! On frise le ridicule, voire l'infamie dans ce qui ressemble pour l'instant à un long clip à l'attention de la communauté LGBTQQIP2SAA ! Ça commence par une focale qui déforme tout, des faux décors vaguement médiévaux aux personnages eux-mêmes. Entre la constipation dont on pouvait ressentir certains symptômes devant les deux premiers volets de la franchise et la dysenterie que cause cet OFNI totalement perché, le choix est vite fait : RENDEZ-NOUS JOE D'AMATO TOUT DE SUITE !!! Le film mélange avec un sens de l'anarchie hors du commun des objets vestimentaires qui étaient davantage de coutume dans les années quatre-vingt que durant ce récit censé se dérouler des siècles en arrière. Alfonso Brescia pratique ensuite une refonte physique totale du personnage d'Ator puisque si Miles O'Keeffe est effectivement toujours présent dans le rôle-titre, on le reconnaît tout d'abord à peine. Terminée la longue chevelure blonde. Désormais doté d'une tresse et de cheveux plaqués, sa nouvelle coiffure l'amincit. Plus svelte et d'apparence moins gauche, c'est la dernière fois que Miles O'Keeffe apparaîtra dans le rôle d'Ator puisque après lui, ce sera au tour de l'acteur, réalisateur et scénariste américain Eric Allan Kramer d'endosser le rôle...


Après, il ne s'agit que d'un éternel recommencement. Le concept du personnage étant ce qu'il est, une fois encore il sera fait appel à Ator afin de venir en aide à des personnages sous l'emprise, ici, d'une sorcière prenant les traits de l'actrice française d'origine hongroise Elisabeth Kaza. Elle y incarne donc Phedra, une sorcière maléfique outrageusement caricaturale qui semble tout droit sortie d'une pièce de théâtre horrifique. Surjouant de manière systématique, devant ce portrait haut en couleurs et ô combien pittoresque, le spectateur aura souvent l'occasion de pouffer de rire. La mise en scène, les décors (en dehors d'un magnifique village de pêcheurs) et les effets-spéciaux se situant à équidistance du jeu outrancier de l'actrice et de ses partenaires à l'écran. Le terme ''kitch'' prend ici tout son sens. Des maquillages recouvrant les paupières ou les joues de la princesse au masque de fer en forme de crâne humain qu'arbore l'un des disciples de Phedra, Ator, le Guerrier de fer est un véritable festival de mauvais goût que se disputent la totalité des aspects techniques et artistiques du long-métrage. Pire, alors que tous nos espoirs pouvaient encore reposer sur le retour du compositeur Carlo Maria Cordio qui fut en charge de la bande musicale du premier volet, voilà qu'il abandonne l'approche épique d'Ator le Conquérant pour une partition parfois pire encore que celle que composa son successeur Carlo Rustichelli pour Ator 2 - L'invincibile Orion. Répudié par Joe D'Amato qui ''s'empressera'' de reprendre les rennes trois ans plus tard, ce troisième volet fait preuve d'un tel étalage d'incompétences que ça frise le génie. Et pourtant, une petite voix ne peut s'empêcher de guider le spectateur vers un tout autre type de vérité. Car Alfonso Brescia est-il peut-être parvenu très exactement là où il voulait emmener son public : dans un délire nonsensesque, absurde, délirant, surréaliste, sous opiacés, faussement premier degré, parcouru de fulgurances ringardes, monté à la truelle, joué avec les pieds, mis en scène comme on lance les dés à un quelconque jeu de hasard. Bref, si l'italien à fantasmé de tourner LE nanar du vingtième siècle, il ne fut pas loin d'atteindre son objectif. Culte !



 

dimanche 16 avril 2023

Ator 2 - L'invincibile Orion de Joe D'Amato (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Deux ans après Ator l'invincible, le réalisateur italien Joe D'Amato remettait le couvert avec Ator 2 - L'invincibile Orion. Toujours sous le pseudonyme de David Hills, il signait les retrouvailles du public avec ce héros d'un univers médiéval-fantastique imaginaire peuplé de brigands et de jolies poupées. Après avoir exterminé le Grand prêtre Dakkar et ses chevaliers noirs, après avoir tué le Dieu-Araignée, après avoir parcouru de nombreuses zones de dangers et après avoir éliminé Griba qui en réalité avait l'intention de prendre le pouvoir en lieu et place de Dakkar, Ator a perdu celle qu'il aimait, sa sœur et épouse Sunya. Depuis, le valeureux héros s'est réfugié en Orient et a suivi les cours d'arts martiaux que lui a enseigné le fidèle Thong (l'acteur Kiro Wehara). Dans cette seconde aventure d'Ator (toujours incarné par Miles O'Keeffe), le héros bodybuildé va affronter un nouveau grand méchant en la personne de Zor, frère d'un guerrier qu'il a tué afin de prendre le pouvoir à sa place. Désirant conquérir le monde, Zor (David Cain Haughton) compte bien mettre la main sur un objet détenu par un certain Akronas (Charles Borromel). Mais avant que le vieil homme ne soit fait prisonnier par Zor et ses hommes afin d'être interrogé au sujet du dit objet, Akronas demande à sa fille Mila de partir à la recherche d'Ator de l'autre côté de la planète afin qu'il leur vienne en aide...


Une idée séduisante, d'autant plus que l'actrice Lisa Foster qui incarne la jeune femme est nettement plus sexy et attirante que toutes celles qui furent présentes au générique du premier volet de cette tétralogie alors en devenir. Ator l'invincible était relativement médiocre tout en portant les fruits de ce qui allait sans doute devenir l'un des plus risibles des nanars de l'histoire du cinéma. Car puisant plus en profondeur que son prédécesseur tout ce qui fait le sel de ce sous-genre souvent pathétique mais ô combien indispensable, Ator 2 - L'invincibile Orion est son digne descendant et le surpasse même aisément. Ponctué d'invraisemblances si grandes que l'on reste bouche bée devant tant d'incohérence, le spectateur se questionnera au sujet de cette traversée d'à peine quelques minutes de la part de Mila, cette beauté traversant une forêt une flèche plantée dans la poitrine et se retrouvant subitement sur le territoire où vit Ator. Ellipse, total dédain ou manque de moyens financiers, toujours est-il que rien ne semble déranger Joe D'Amato lorsqu'il s'agit d'évoquer le voyage on ne peut plus sommaire de la jeune femme en terre hostile. On comprendra donc que Mila aura a traverser des milliers de kilomètres à pieds, sans prendre le moindre bateau, à gravir des montagnes et tout cela, en l'espace d'un peu moins de cinq minutes et, toujours avec cette flèche enfoncée dans la poitrine !


Un peu comme cela était le cas dans le précédent volet, Ator va avoir fort à faire lors de ses nouvelles pérégrinations effectuées aux côté de Mila et de Thong. Rencontre dans des grottes avec des combattants invisibles puis avec des sauvages de type ''néandertaliens'' anthropophages s'apprêtant à sacrifier la jeune femme, affrontement avec des samouraïs (les derniers soldats encore vivants du frère de Zor avant que celui-ci ne fasse décimer son armée par ses propres hommes), piège tendu par les habitants du village natal d'Ator et, au final, rencontre au sommet entre notre héros et celui qu'il est venu défaire de son emprise sur le peuple et qui retient le père de Mila. Ator 2 - L'invincibile Orion sonne comme une redite du premier long-métrage tout en ayant l'avantage d'être parfois si ridicule que cette suite se pose en inénarrable nanar. Si Kiro Wehara use du sabre en vrai spécialiste, Miles O'Keeffe est toujours aussi peu crédible lors de l'emploi d'armes blanches. Vu que Joe D'Amato s'est notamment fait une spécialité dans l'érotisme et la pornographie, on aurait sans doute aimé voir notre héros et la belle Mila s'accoupler histoire de profiter des jolies courbes de l'actrice. Mais bon, le film cultive un tel art de l'improbable que les amateurs de nanars s'en contenteront. Un festival d’invraisemblances dont la toute première scène peut être considérée d'anthologique : inclure des hommes préhistoriques dans un univers médiéval-fantastique, il fallait oser. Notons que si dans le premier volet le compositeur italien Carlo Maria Cordio avait écrit une partition plutôt épique, la relève s'avère assez disgracieusement relevée dans cette suite puisque Carlo Rustichelli signe de son côté une bande musicale électronique plutôt indigeste. Il faudra ensuite attendre quatre ans avant que ne sorte sur les écrans Ator - le guerrier de fer, lequel sera cette fois-ci réalisé par Alfonso Brescia...

 

jeudi 2 avril 2020

La Conquista de la Tierra Perdida de Lucio Fulci (1983) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Il faut le savoir, mais si Lucio Fulci est connu pour avoir été l'un des maîtres incontestés du film d’horreur transalpin dans les années soixante-dix et quatre-vingt, il a avant cela touché à d'autres genres cinématographique. Passant de nombreuses comédies (son premier long-métrage I Ladri en 1959, I Due della Legione en 1962, voire la comédie musicale avec I Ragazzi del Juke Box en 1959 ou Urlatori alla Sbarra en 1960 et même la comédie sexy La Pretora en 1976) au western (Le Temps du Massacre en 1966, Les 4 de l’apocalypse en 1975, Sella d’Argento en 1978), au thriller (Perversion Story en 1969), au drame historique (Liens d’Amour et de Sang 1969, jolie traduction française de Beatrice Cenci), au giallo (Le Venin de la Peur en 1971, La Longue Nuit de l’Exorcisme en 1972), à l'aventure (Croc-Blanc en 1973 et sa suite l'année suivante)... Dès 1979, Lucio Fulci se lance dans une série de longs-métrages qui feront sa renommée auprès des amateurs de films d'épouvante, d'horreur, fantastiques et gore. Après Lo Squartatore di New York, la qualité de ses œuvres commence doucement à péricliter. S'il continue à réaliser quelques pellicules horrifiques (Aenigma en 1987, Zombi 3 en 1988 ou Demonia en 1990), il se penche à nouveau sur d'autres genres. La science-fiction post-apocalyptique avec I guerrieri dell'anno 2072, le thriller érotique avec Il Miele del Diavolo en 1986, et dans le cas qui nous intéresse ici, l'Heroic Fantasy avec La Conquista de la Tierra Perdida, titre espagnol beaucoup plus enthousiasmant que la réductrice traduction française, Conquest...

Coproduction mexico-italo-espagnole sortie sur les écrans italiens en juin 1983, en Espagne deux mois après et au Mexique deux ans plus tard, La Conquista de la Tierra Perdida est d'une certaine manière, un test de résistance pour quiconque voudrait entrer dans le cercle (pas si fermé que cela) des amateurs de nanars. Esthétiquement, le film opte pour un visuel tel que la prise de stupéfiants au préalable risque d'avoir différentes conséquences. Soit le mélange d'herbe couplé à la photographie d'Alejando Ulloa annulera tout effet recherché en matière d'euphorisant, soit c'est l'overdose (c'est à se demander si le bonhomme n'était pas sous l'emprise de tel ou tel opiacé!). Contre-jours, brume permanente, surexposition, fondus entre deux images, La Conquista de la Tierra Perdida est un festival qui vous enverra illico consulter votre opticien préféré. On s'y abîme les yeux comme rarement au cinéma. Une souffrance qui s'avère cependant essentielle pour une œuvre contrainte de planquer la pauvreté des décors et des costumes derrière un amoncellement d'effets visuel souvent insupportables...

L'existence de La Conquista de la Tierra Perdida étant sans doute due au succès mondiale de Conan le Barbare de John Milius sorti un an auparavant, Lucio Fulci s'est comme d'autres homologues italiens engouffré dans la brèche pour pondre un ersatz particulièrement navrant mais peut-être en réalité, plus proche de La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud qui lui, sorti en salle deux ans plus tôt. Avouant lui-même que les producteurs voulaient absolument produire un film avec l'une des grandes stars du cinéma mexicain Jorge Rivero, le cinéaste italien réalise un film préhistorique sans dinosaures mais avec une palanquée de créatures toutes plus ridicules les unes que les autres : voyez par vous-même : des hommes-loups, d'autres ''armurés'' de casques en métal (un anachronisme si l'on tient compte du fait que l'âge de fer remonte à un peu plus d'un millénaire seulement avant la naissance de Jésus), des zombies (la ''fulci's touch'') et des humanoïdes dont on cherche encore la provenance (des hommes.... glaise?). La Conquista de la Tierra Perdida nous conte le récit d'une amitié entre deux valeureux héros. Mace (Jorge Rivero) et Ilias (Andrea Occhipinti, ce dernier étant en la possession d'un arc magique dont veut s'emparer la sorcière Ocron (l'actrice Sabrina Sellers).

Visuellement moche, mollement interprété, mis en scène sans conviction et plombé par une esthétique fort désagréable et des décors sans intérêts. La musique électronique (!!!) de Claudio Simonetti, membre du groupe de rock progressif italien Goblin auteur des magnifiques scores de Profondo Rosso et Suspira (tout deux réalisés par Dario Argento), de Zombie (George Romero) ou de Contamination (Luigi Cozzi) signe dans le cas présent une soupe indigeste qui a de plus, le malheur de ne pas coller avec le thème du film. Et c'est sans évoquer les effets-spéciaux, tous plus risibles les uns que les autres. Entre une poignée de volatiles presque aussi foireux que ceux du diptyque Birdemic de James Nguyen et des tirs de flèches directement gravées à même la pellicule, on retiendra cependant les quelques saillies gore dont à le secret le réalisateur italien. Dans le genre nanar, La Conquista de la Tierra Perdida demeure un monument, mais reste dans la filmographie de Lucio Fulci, l'un de ses plus mauvais films...

En bonus, un titre de Goblin extrait de la bande-son de Contamination 
 

mercredi 20 novembre 2019

The Hunt for Gollum de Chris Bouchard (2009) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Lorsqu'un ouvrage aussi célèbre que Le Seigneur des Anneaux de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien génère une adaptation cinématographique aussi remarquable (mais non dénuée de défauts) que celle de Peter Jackson sous la forme d'une trilogie, la communauté de fans ne peut que s'éveiller et vouloir apporter sa pierre à l'édifice. C'est ainsi donc que sont venus au monde plusieurs tentatives plus ou moins convaincantes dont ce non-officiel court-métrage réalisé par le britannique Chris Bouchard, lequel proposait donc en 2009 au Festival International du film de Science Fiction et de Fantastique de Londres puis en ligne sur Internet, ce The Hunt for Gollum qui n'a pas trop à rougir en comparaison de l’œuvre de Peter Jackson. Basé bien évidemment sur l’œuvre de l'écrivain britannique, Le seigneur des Anneaux, ce court-métrage d'une quarantaine de minutes est l'adaptation d'un scénario écrit par le réalisateur lui-même aux côtés de Sabina Sattar, Julianne Honey-Mennal et Stuart Price. Co-produit par une poignée de généreux donateurs, le budget de The Hunt for Gollum s'élève cependant à la ridicule somme de trois milles livres...

C'est donc avec des fonds réduits à leur maximum que Chris Bouchard a dû composer en usant de quelques subterfuges lui permettant d'économiser sur les effets-spéciaux, un ingrédient pourtant forcément indispensable à l'univers de J. R. R. Tolkien. Pourtant, si l'on est loin d'atteindre les qualités esthétiques de l'adaptation de Peter Jackson, The Hunt for Gollum s'offre comme une friandise non négligeable rallongeant de manière éphémère l'incroyable œuvre originelle. Bien que Chris Bouchard ait obtenu l'autorisation de la part de Middle-earth Enterprises qui possède notamment les droits sur Le Seigneur des Anneaux et sur tous les produits dérivés, le réalisateur, scénariste et producteur fut cependant contraint d'éviter de faire des bénéfices grâce à son court-métrage. Il s'agit donc d'un pur fan-film sans autre objectif que d'honorer l'ouvrage d'un homme à partir d'une relecture personnelle.

Si l'on compare The Hunt for Gollum au Seigneur des Anneaux de Peter Jackson et plus précisément à La Communauté de L'Anneau, le premier segment de la trilogie, et ce d'un point de vue strictement scénaristique, le court-métrage de Chris Bouchard démarre tout juste entre la séquence durant laquelle la communauté des Hobbits a fêté le 110ème anniversaire de Bilbo et le départ de Frodon Sacquet pour Fondcombe. Ces deux personnages ne faisant pas partie de l'aventure de The Hunt for Gollum, on y croise un Aragorn incarné par Adrian Webster dont l'apparence est d'ailleurs plus proche de celle de l'acteur Elijah Wood que de celle de Viggo Mortensen. Le choix est d'autant plus étonnant puisque cherchant des interprètes ressemblant le plus possible aux acteurs ayant joué dans l’œuvre de Peter Jackson, il aurait peut-être été plus judicieux de faire incarner Aragorn par celui-là même qui interprète le rôdeur du Nord Arithir, l'acteur Arin Alldridge. Quant à Gandalf le Gris, il est interprété par Patrick O'Connor dont la ressemblance avec Ian McKellen est parfois étonnante.

Bien que les moyens soient réduits, le tournage a eu lieu dans le nord du Pays de Galles, dans la forêt d'Epping et à Hampstead Heath, une ancienne lande de Londres. Ce qui donne lieu à quelques magnifiques décors, la colorimétrie ainsi que quelques effets visuels permettant d'ajouter à la magie des lieux. Le maquillage des quelques dizaines d'Orques qui traversent l'image est plutôt convainquant. Quant à Gollum, généralement filmé de loin et en images de synthèse, son manque de proximité permet d'évacuer les quelques défauts numériques que pourraient engendrer le manque de budget. Forcément moins épique et impressionnant que l’œuvre de Peter Jackson, The Hunt for Gollum est un fan-film honorable, mais certes un peu lent. Il s'avère donc difficile de se passionner pour cette chasse peu vigoureuse et pourtant ambitieuse sur le papier. À réserver toutefois aux fans purs et durs de J. R. R. Tolkien...

vendredi 20 octobre 2017

La Tour Sombre de Nikolaj Arcel (2017) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆



« L'homme en noir fuyait à travers le désert et le pistolero le poursuivait... ». Ainsi s'ouvrait le tentaculaire ouvrage de Stephen King, La Tour Sombre. Les fans de cette œuvre époustouflante le comprendront assez rapidement : son adaptation au cinéma par le cinéaste danois Nikolaj Arcel aura pris de très larges libertés avec le récit original. Le réalisateur, aidé des scénaristes Anders-Thomas Jensen, Akiva Goldsman et Jeff Pinkner prend le roman à son compte et le transforme en un objet qui paraîtra bien évidemment aux yeux des fans du romancier comme une trahison. Si certains estimeront qu'il s'agit là d'un détail, le fait que le personnage de Roland Deschain, le pistolero en question, passe du blanc au noir est cependant très significatif.
On ne va y aller par quatre chemins : les fans de La Tour Sombre, le cycle de romans, se répéteront inlassablement que « non ! Il ne s'agit pas de l'adaptation de leur œuvre préférée du King. ». Tout au plus la vulgarisation d'un univers tellement vaste et complexe que pour parvenir à ses fins et produire un long-métrage ne durant pas plus d'une heure, et vingt et quelques autres minutes (surtout si on lui ôte celles du générique de fin), le cinéaste danois a dû faire de très nombreuses coupes franches. Comme dès le départ, cette ouverture qui à l'origine nous contait la longue traversée du désert du héros Roland Deschain. En tant que tel, La Tour Sombre, le film, est alors une daube incommensurable. Une honteuse adaptation qui ne soustrait de l’œuvre littéraire que ce qui l'arrange. Une insulte pour les millions de fans de l'auteur de Carrie, Simetierre, et Christine. Mais par pour le King qui, apparemment, a encensé l’œuvre de Nikolaj Arcel tandis qu'il avait émis à l'époque de sa sortie, une certaine réticence envers l'adaptation de l'excellent Shining par le cinéaste britannique Stanley Kubrick. Stephen King serait-il meilleur auteur que critique ? Oui, très certainement.
Western, heroic Fantasy, science-fiction, action, tout ceci sous perfusion de musique épique. Un long-métrage à l'attention des familles. Qui dénué de toute la profondeur du récit original laisse pantois. Pas d'admiration, non. Un film qui n'est même pas digne de figurer parmi les meilleurs blockbusters de la décennie. C'est dire si l'ouvrage et poussif, brouillon, expéditif.

Durant un instant, pourtant, on se prend à rêver : A imaginer que le cinéaste n'a ouvert qu'une nouvelle des nombreuses portes menant vers l'univers de La Tour Sombre. Une préquelle annonçant alors l'arrivée prochaine d'une trilogie ? D'une tétralogie. D'une quintologie ? Car comment expliquer alors l'absence de certains des plus importants personnages de cette immense épopée ? Où donc est passé l’héroïnomane Eddie Dean ? Pourquoi son épouse, Susannah, la schizophrène afro-américaine amputée des deux jambes, est-elle absente ? Comment expliquer la disparition du bafou-bafouilleux, Ote, l'animal de compagnie de Jake Chambers, seul rescapé avec Roland Deschains du nettoyage aux grandes eaux dont a été victime le long-métrage ?

Certains auront beau dire qu'au delà de la déception, le film demeure tout à fait regardable, je leur répondrai que oui, c'est certain, mais qu'il lui manque tout le sel, toute la sève qui faisaient du roman original un voyage extraordinaire. Des personnages attachants dont on se fiche désormais de savoir quel sort leur sera attribué. Pire : le film est tellement mauvais qu'il ôtera sans doute à certains des nons-initiés, la volonté de se plonger dans l'ouvrage de Stephen King. Si l'on approfondit la chose, avec ce petit brin de paranoïa que l'on pourrait éventuellement développer devant un tel désastre, on pourrait aller jusqu'à émettre l'hypothèse que La Tour Sombre, le film n'est qu'une immense affiche publicitaire vivante consacrant avec mauvais goût, l’œuvre de toute une vie d'un écrivain terriblement productif.

Lorsque l'on retourne en arrière, que l'on suit la genèse du long-métrage, on se dit qu'il n'aurait pu en être autrement. Le projet courrait depuis maintenant dix ans. Tant de studios de production et de cinéastes se sont succédé que le résultat ne pouvait ressembler au final qu'à une œuvre bâtarde. Un budget de soixante millions de dollars pour un bénéfice de cinquante sur le sol américain. En comptant les recettes mondiales, le film n'a finalement remporté que le double de la mise de départ. Et même un peu moins d'ailleurs. Un sort accordé au film bien mérité. Le plus troublant dans toute cette histoire sont les enjeux qui furent placés au cœur du projet. Un projet de longue haleine donc, mais un résultat plus que médiocre. Si La Tour Sombre demeure bouleversant, ça n'est sans doute pas pour ses qualités narratives ou esthétiques mais bien pour l'immense et amère déception qu'il aura généré dans l'esprit des fans du monde entier. Triste dénouement...

samedi 5 novembre 2016

TROMA : A Nymphoid Barbarian in Dinosaur Hell de Brett Piper (1990)



La Terre n'est plus qu'une ruine, elle, sa faune et sa flore ayant été réduits à néant depuis qu'une guerre nucléaire l'ait détruite. L'homme a pratiquement disparu de sa surface et les quelques survivants sont retournés à l'état sauvage. La faune quant à elle a été victime de curieuses mutations génétiques et il ne subsiste désormais plus que d'immenses et dangereux dinosaures. Dans ce monde où la civilisation s'est presque totalement éteinte survit Lea, jeune et jolie jeune femme que d'innombrables dangers guettent. Assaillie par trois survivants de l'apocalypse, elle est sauvée in-extremis par Marn, un bel étalon qui l'aide à échapper aux trois assaillants. Mais alors qu'ils font route ensemble, ils sont à nouveau les proies de créatures étranges. Des reptiles commandés par une brute sauvage connue sous le nom de Clon et qui veut faire de Lea son esclave sexuelle. Lors du combat qui oppose Marn aux reptiles, le jeune homme est laissé pour mort et Lea emportée par Clon et sa tribu reptilienne.
Lorsque Marn se réveille, il fait la connaissance d'un vieux sage qui lui confie une arme à feu. Dès lors, Marn se lance à la poursuite de Clon et de ses reptiles afin de libérer Lea de l'emprise du monstre. Mais n'étant pas très malins, les reptiles laissent s'échapper la jeune femme qui trouve plus tard refuge auprès d'un étranger masqué, fort et musclé qui va la prendre sous sa coupe. Du moins jusqu'à ce que Clon tombe sur eux. S'engage alors un duel entre ce dernier et l'étranger...

A Nymphoid Barbarian in Dinosaur Hell... Avec un titre pareil, cette minuscule production avait de quoi exciter l'imagination des amateurs de la célèbre Troma. Quelle désillusion... Si l'on retrouve bien l'esprit de la firme dans les premières minutes, avec ses références à Tromaville, sa centrale nucléaire, et ses autochtones tous aussi barrés les uns que les autres, le fait que l'histoire se déroule bien après une catastrophe nucléaire change radicalement la donne. Plus de punks éructant des insanités, plus de rues jonchées de déchets radioactifs, mais quelques sauvages vêtus de peaux de bêtes et la nature, entre désert et forêts. Durant trente bonnes minutes, A Nymphoid Barbarian in Dinosaur Hell se révèle réellement éprouvant à suivre. Le film de Brett Piper interprété par les inconnus Paul Guzzi, Linda Corwin, Alex Pirnie et Mark Deshaies est insupportable d'ennui.
Le cinéaste a beau croire dur comme fer que son œuvre restera dans l'histoire du septième art, les combats sont d'une affligeante mollesse et les dialogues insipides. D'ailleurs, le film ne doit pas dépasser la centaine de lignes de dialogues, le reste du temps, l'expression verbale de ses habitants n'étant constituée que de borborygmes insupportables eux aussi.

Les effets-spéciaux, fort heureusement, et si l'on tient compte du fait qu'il s'agit d'une petite production, sauvent A Nymphoid Barbarian in Dinosaur Hell du naufrage. Très fortement inspirés par la technique de Dynamation chère au célèbre concepteur d'effets-spéciaux londonien Ray Harryhausen, les dinosaures du titres sont donc animés image par image et intégrés dans les décors réels. On a vu mieux, oui, mais on a vu pire également.
Par contre, on attend toujours la barbare nymphomane du titre car si elle se bat avec autant d'entrain que les créatures humanoïdes qu'elle croise sur son chemin, Lea (Linda Corwin) est plutôt frileuse quant il s'agit d'accéder aux faveurs de ces mâles en rut. Peut-être s'offrira-t-elle alors hors champ pour son beau héros Marn (Paul Guzzi) car devant la caméra, le film de Brett Piper est, en matière d'érotisme, totalement stérile.

Ne fuyez tout de même pas trop vite car malgré les défauts qu'accumule A Nymphoid Barbarian in Dinosaur Hell, les plus courageux (s'entend ceux qui iront jusqu'au bout) auront l'étonnante surprise de constater que le film finit pourtant par avoir une curieuse emprise sur eux. L'histoire est creuse, l'interprétation amorphe, les combats pitoyables et les décors répétitifs et pourtant, malgré l'absence totale de sensualité de l'héroïne et la vacuité du scénario (je passe la deuxième couche), on finit par avoir envie d'en connaître le dénouement. Le charme Troma, quoi... !

jeudi 27 décembre 2012

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu de Peter Jackson (2012)

 
Presque dix ans après sa trilogie consacrée au Seigneur Des Anneaux, Peter Jackson explore à nouveau le vaste univers de J. R. R. Tolkien en revenant sur son roman Le Hobbit, dont la sortie remonte à l'année 1937, soit dix-sept ans avant celle de son œuvre la plus célèbre.

D'abord prévu pour être un diptyque, Le Hobbit sera finalement lui aussi une trilogie constituée des épisodes Un Voyage Inattendu (celui qui nous intéresse ici), La Désolation De Smaug et enfin Histoire D'un Aller Et Retour. Bien moins long que le roman Le Seigneur Des Anneaux(d'un avis extérieur au mien puisque je n'ai jamais eu le plaisir de m'y plonger), il peut apparaître étonnant que celui consacré à un récit remontant soixante années avant les événements survenus dans le Mordor ait besoin de s'étendre sur une durée qui avoisinera sans doute six ou sept heures de projection. D'où la question de savoir si ce premier volet provoquera la même sensation de mollesse que celle parcourant quelques étapes importantes de l'aventure du héros Frodon. La réponse est non. Exit les ingénieux feux d'artifice du magicien Gandalf. Si l'introduction de l’œuvre passe par un évident retour en arrière (ou avant?), histoire de rappeler aux spectateurs les prémices de La Communauté Des Anneaux et la courte apparition de Bilbon Sacquet dans celui-ci, Le Hobbit aménage des scènes où l'humour est suffisamment présent pour divertir les spectateurs lors de la mise en place des personnages ( la savoureuse apparition des treize nains qui l'un après l'autre viennent déranger la paisible existence de Bilbon en "saccageant" son douillet petit habitat.)

On retrouve avec un plaisir non dissimulé les figures importantes du Seigneur Des Anneaux telles que les elfes Elrond (Hugo Weaving) et Galadriel (Cate Blanchett), les magiciens Gandalf (Ian McKellen) et Saroumane (Christopher Lee), ainsi que pour une courte apparition, Frodon (Elijah Wood qui interprète l'inquiétant Frank Zito dans le remake du cultissime Maniac de Wiliam Lustig).

Alors, le film est-il aussi délicieusement bon qu'on l'espère depuis la vision de la première trilogie signée Peter Jackson ? Ou bien le film est-il une déception ? D'après certains critiques (sur lesquels on ferait mieux, parfois, de faire l'impasse, surtout avant d'être allés voir l’œuvre en question), "Jackson ne fait qu'enchaîner des scènes platement illustratives comme on débiterait du boudin" (Cahiers Du Cinéma). Platement illustrative ? A prendre au sens propre, le travail tenterait à prouver le contraire tant l'impact visuel est saisissant, même en 2D (un choix qui détermine avant tout le niveau de confort désiré). On comprendra que le critique qui a pondu cette ânerie déteste le boudin, ce qui n'a pas vraiment d'importance puisque moi-même, je l'adore. "Un torrent d'images hyper graphiques au milieu duquel coule un tout petit film, ridicule, corseté dans son académisme" (Les Inrocks). Évidemment, il reste difficile de défendre un scénario écrit à huit mains (Peter Jackson, Guillermo Del Toro, Philippa Boyens et Ffrances Walsh) et qui frise le minimalisme.

Profitant des dernières technologies en matière d'effets-spéciaux numérique, Peter Jackson semble s'être amusé comme un gamin

(Bilbon le Hobbit est convoqué par Gandalf à participer à une aventure, entouré d'une troupe de nains, rares survivants d'un combat dont est sorti vainqueur un immense dragon nommé Smaug. Ceux-ci, menés par leur courageux chef Thorin Écu-de-Chêne, devront parcourir des contrées hostiles afin de se réapproprier leur domaine, désormais aux mains d'un Smaug gardien du royaume d'Erebor et endormi sous un amas d'or.

Vu ainsi, que peut-on attendre d'un tel scénario sinon un voyage fantastique au visuel extraordinaire et à la bande-son héroïque ? Profitant des dernières technologies en matière d'effets-spéciaux numérique, Peter Jackson semble s'être amusé comme un gamin. Si une grande partie des scènes se révèlent invraisemblables il ne faut pas oublier que l'on est ici dans un univers d'Heroic-Fantasy. Autant dire que l'on a droit de croire à tout et n'importe quoi. Sauf qu'à une ou deux reprises, on peut, il est vrai, se regarder entre spectateurs et se dire : "Heu, ça va p't'tre un peu loin, non ? ". 

Le bestiaire semble avoir été victime d'un effet diamétralement opposé à celui qu'à connu le héros de L'Homme Qui Rétrécit. Les chutes sont nombreuses, vertigineuses, mais sans le moindre impacts sur les organismes. On finit par croire que nos héros sont insensibles à la moindre agression. Ceci est amusant mais peut avoir sur le long terme des répercussions sur ce délicieux sentiment de peur que l'on ressent lorsque des Trolls (ici affublés de la parole), une armée entière de gobelins ou d'inquiétants orcs font leur apparition. Scénario faiblard, ok. Inutile de revenir dessus. Effets-spéciaux gargantuesques, c'est vrai. Et l'interprétation ? Sans avoir les moyens de prouver leur talent d'acteurs (surtout doublés en français), les interprètes font leur travail proprement. Ils parviennent d'ailleurs à distiller sur certains plans une véritable émotion, de celle qui, je trouve, manquait au Seigneur Des Anneaux.

Quelques plans inutiles qui n'entachent pourtant jamais l'intérêt du film

2H45. Une durée qui aurait pu user la patience des moins aguerris. Mais heureusement, Peter Jackson en bon artisan parvient à maintenir une attention constante, et ce grâce notamment à une musique superbe signée Howard Shore. Malgré tout, le film aurait mérité d'être expurgé d'une dizaine de minutes. C'est vrai quoi ! Si la scène des géants de pierre (sûrement pensée pour la 3D comme me l'a si finement suggéré ma compagne) est plutôt sympa (bien qu'assez brouillonne d'un point de vue visuel), on ne saura jamais pour quelle raison précise ces être immenses faits de roche noire se réveillent afin de se livrer à un duel dont les premières victimes sont nos héros, alors bousculés. Quand au jeu entre Golum et Bilbon (un prétexte pour nous montrer la rencontre décisive entre les deux personnages), il n'a visiblement d'autre intérêt que de rallonger le film. Ou bien, le grand héros du film est moins intelligent qu'il n'y paraît. Comprenant qu'il détient un objet dont l'étrange créature tient plus que tout autre chose, il lui suffisait de jouer la carte du chantage pour la pousser à lui révéler la sortie (qu'il finira par ailleurs à trouver sans l'aide de Golum). Ces détails paraissent malgré tout comme stériles devant l'ampleur du projet qui selon moi se solde par un résultat plus que convainquant. Vivement la suite...
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