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vendredi 2 août 2019

Créatures célestes (Heavenly Creatures) de Peter Jackson (1994) - ★★★★★★★★☆☆



Quatrième long-métrage du cinéaste néo-zélandais Peter Jackson, Créatures célestes (Heavenly Creatures) est peut-être également l'un de ses plus émouvants et les plus sensibles. Basé sur un fait-divers authentique survenu à Christchurch en Nouvelle-Zélande le 22 juin 1954, c'est dans la capitale du Canterbury qu'eut lieu l'assassinat planifié de Honora Parker, épouse et mère de deux enfants dont Pauline qui, aidée de sa meilleure et unique amie Juliet Hulme décida d'ôter la vie de sa mère. Plutôt que de transposer ce terrible fait-divers du point de vue de l'enquête et des médias de l'époque, Peter Jackson a préféré s'inspirer du journal intime tenu par la jeune Pauline Parker (interprétée à l'écran par l'actrice néo-zélandaise Melanie Lynskey) durant les deux dernières années précédent le drame. Si le cinéaste se refuse à avouer avoir pris parti pour les deux adolescentes meurtrières, il est difficile d'imaginer au vu du résultat qu'il n'ait pas été quelque peu influencé par leur expérience. C'est ainsi donc que le spectateur percevra Pauline et Juliet non pas comme de simples meurtrières mais plutôt comme deux jeunes filles victimes de leur passion mutuelle et de l'incompréhension de leurs parents respectifs.

La rencontre de Pauline Parker et de Juliet Hulme est déterminante. De caractères opposés mais chacune à leur manière, rêveuses révoltées contre l'institution, Peter Jackson met en parallèle et avec beaucoup de sensibilité les difficultés qu'elles vont rencontrer avec leurs familles respectives. Des parents qui ne comprennent ni n'acceptent la relation que nouent les deux jeunes filles. À la frontière d'une homosexualité qui est encore à l'époque, très loin d'être acceptée dans la communauté. En composant avec les écrits de Pauline Parker, Peter Jackson se frotte à l'univers fantasmagorique que les deux adolescentes ont créé de toutes pièces. Ce quatrième monde qui à l'origine est le fruit de l'imagination de Juliet. Un paradis, ''en mieux'', sans chrétiens. Et puis surtout, le monde imaginaire de Borovnia. Coloré, verdoyant, où vivent les personnages de pâte à modeler confectionnés par les deux amies elles-mêmes. C'est là qu'elles se réfugient, s'inventent un imaginaire, mais perdent également pied avec la réalité.

Le conte de fée se transforme alors peu à peu en cauchemar. Beau et cruel à la fois, Créatures célestes mêle réel et fantastique. C'est à travers les écrits de Pauline Parker, et donc à travers sa voix unique que Peter Jackson nous conte ce terrifiant fait-divers, multipliant les séquences oniriques sans qu'elles n’entachent cependant à aucun moment le déroulement de l'intrigue principale. Dans le rôle de Pauline Parker, on retrouve donc Melanie Lynskey, ainsi que la britannique Kate Winslet dans celui de Juliet Hulme dont il s'agissait là du tout premier rôle sur grand écran. Produit par la propre maison de production de Peter Jackson, WingNut Films, Créatures célestes n'a coûté que cinq millions de dollars environ, ce qui n'empêche pas le film d'arborer d'excellents effets-spéciaux analogiques. Les jury de nombreux festivals où le film fut nominé n'étant pas restés insensibles au sujet ni sans doute à la performance de ses deux principales interprètes, le film est notamment reparti avec le grand prix du Festival du Film Fantastique de Gérarmer en 1995, ainsi que le Lion d'Argent pour le meilleur réalisateur à la Mostra de Venise l'année précédente. Si Créatures célestes n'est certes pas le plus abouti des films de son auteur, il s'avère par contre en tout point original et remarquable... Un joyau...

Fantômes contre Fantômes de Peter Jackson (1996) - ★★★★★★★☆☆☆



Suivre les péripéties des personnages de Fantômes contre Fantômes, le sixième long-métrage du cinéaste néo-zélandais, auteur génial de Bad Taste en 1987, Braindead en 1992, ou des tentaculaires trilogies du Seigneur des Anneaux (2001-2003) et du Hobbit (2012-2014), PRESQUE coup sur coup après l'outrageusement mauvais Malevolent du cinéaste islandais Ólafur Jóhannesson (dont le sujet est à peu de chose près identique mais traité sur un ton plus sombre) et le prodigieux King Kong de 2005 (de Peter Jackson, donc) a de quoi remettre les pieds de n'importe quel cinéphile sur terre. Du moins en apparence puisqu'en comparaison de Malevolent, et sur un ton beaucoup plus... aérien, Fantômes contre Fantômes, ou The Frighteners pour ce qui est du titre original, lui est infiniment supérieur. Ce qui, en revanche, pourrait déranger les spectateurs les plus exigeants, serait de devoir accepter d'assister un spectacle haut en péripéties mais en terme d'effets-spéciaux, déjà beaucoup moins impressionnant. Il faudra donc se remettre dans le contexte de l'époque et se rendre compte qu'en cette année 1996, ceux-ci n'étaient déjà foncièrement pas mauvais. Produit par Jamie Selkirk et Peter Jackson, le nom du producteur exécutif est intéressant à souligner puisqu'il s'agit pas moins de l'un des producteurs et réalisateurs en vogue dans les années quatre-vingt : Robert Zemeckis. L'auteur des cultissimes À la Poursuite du Diamant Vert en 1984, Qui veut la peau de Roger Rabbit en 1988, ou de Forrest Gump en 1994 et Seul au Monde en 2000. Mais aussi et surtout de la trilogie Retour vers le futur (1985-1990), interprétée par Christopher Lloyd, Lea Thompson et un certain... Michael J. Fox...

Ce même Michael J. Fox qui incarne dans Fantômes contre Fantômes le rôle principal de Frank Bannister, ce chasseur de fantômes qui fomente, aidé par deux spectres, des impostures afin de gagner de l'argent. L'intérêt de Fantômes contre Fantômes n'étant certainement pas de nier l'existence d'esprits frappeurs, de fantômes, de spectres ou d'ectoplasmes, le récit s'articule surtout autour du combat que va mener ce petit chasseur de fantômes (doublé par la même voix que celle de la trilogie Retour vers le Futur, celle de l'acteur français Luq Hamet) contre le spectre de Johnny Charles Bartlett, un tueur en série (qui avait pour habitude de graver un chiffre sur le front de ses victimes) qui fut arrêté, condamné à mort, puis exécuté sur la chaise électrique. De nos jours, des hommes et des femmes sont découvert, morts dans des circonstances très particulières puisqu'apparemment victimes de crises cardiaques foudroyante, leur autopsie révèle qu'ils pourraient être mort de causes différentes. Après avoir une nouvelle fois ''débarrassé'' une demeure de sa présence fantomatique, Frank Bannister s'intéresse de très près au cas de Lucy Lynskey. Le jeune homme, capable de voir lui-même des fantômes depuis qu'il a été profondément marqué par la mort de sa femme lors d'un accident de voiture dont il était le chauffeur, découvre notamment que les meurtres qui ont lieu en ce moment en ville pourraient avoir un lien avec le décès de son épouse...

Ni tout à fait sérieux, ni tout à fait stupide, Fantômes contre Fantômes est un mélange subtile entre fantastique, comédie et policier. Michael J. Fox, très à l'aise dans le personnage de Frank Bannister est accompagné de l'actrice new yorkaise Trini Alvarado, qui incarne le Dr. Lucy Lynskey, mais également de Chi McBride et Jim Fyfe qui incarnent tous les deux les savoureux ectoplasmes Cyrus et Stuart. On retrouve à l'écran l'acteur Peter Dobson dans le rôle de Ray Lynskey, l'époux de Lucy, de John Astin, dans celui du juge, de Jeffrey Combs, le médecin fou du film culte de Stuart Gordon, Re-Animator (1985) dans la peau d'un agent du FBI particulièrement sensible aux voix féminines (fallait la trouver cette idée !!!), de Dee Wallace-Stone, inoubliable interprète de La Colline a des Yeux de Wes Craven en 1977, de Hurlements de Joe Dante en 1981, ou de Cujo de Lewis Teague en 1983. Enfin, nous noterons la présence de l'acteur Jake Busey dans le sinistre rôle du tueur en série Johnny Charles Bartlett. Un soupçon de Ghost (Jerry Zucker, 1990), une grosse rasade d'effets-spéciaux, beaucoup d'humour et d'action, le sixième long-métrage de Peter Jackson est une franche réussite qui mérite de figurer au palmarès des meilleures comédies fantastiques des années 80-90...

jeudi 1 août 2019

King Kong de Peter Jackson (2005) - ★★★★★★★★★☆



King Kong, roi de la jungle... urbaine, déchu de son piédestal, au sommet de l'Empire State Building... On connaît tous le sort tragique du plus grand, du plus noble et du plus élégant des primates et pourtant, même après cette énième version du mythe, l'effroyable dernier acte est toujours bouleversant. Comme si l'âme sensible qui nous traverse parfois était incapable d'accepter de voir quelle par d'inhumanité peut se cacher chez certains de nos semblables. Mais avant cette insoutenable tragédie finale, Peter Jackson a rendu le plus merveilleux, le plus brillant et le plus spectaculaire résultat d'un travail rendant hommage au roi des Titans. Trois heures et vingt minutes d'un spectacle aussi merveilleux qu'intense. Dont les effets-spéciaux s'intègrent à un récit et une interprétation sans failles. Mais revenons au début, lorsque tout commence deux-cent minutes plut tôt et que le dixième long-métrage du cinéaste néo-zélandais s'ouvre sur ''I'm Sitting on Top of the World'' de Al Jolson...

Deux ans après avoir signé le troisième volet de l'incroyable adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux et sept avant celle du Hobbit, Peter Jackson accepte de réaliser le remake du King Kong de Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack ayant lui-même déjà inspiré une second version en 1976 et réalisée cette fois-ci par le cinéaste John Guillermin. Le poids de l'héritage est important, mais après avoir rassuré les fans de J.R.R. Tolkien en réalisant une trilogie du Seigneur des Anneaux en tous points remarquable, son King Kong à venir a l'air d'une sinécure. Pourtant, l'auteur du cultissime Bad Taste au tout début de sa carrière de cinéaste n'a pourtant pas choisi de se reposer sur ses lauriers comme le prouvera ce long-métrage fleuve de presque trois heure trente dans sa version ''Director's Cut''.

Si le King Kong de Peter Jackson est effectivement une franche réussite, terme éminemment réducteur si l'on tient compte du fait qu'il s'agit sans doute de l'un des meilleurs blockbusters sortis sur les écrans cette année là aux côtés du Batmans Begins de Christopher Nolan, il n'est cependant pas tout à fait exempt de défauts. Un terme à mettre au singulier puisqu'après un premier acte durant lequel le cinéaste expose en quelque sorte les inintéressants états d'âme du personnage de Carl Denham incarné par l'acteur Jack Black (Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry), et la bluette entre les génialissimes Naomi Watts (qui incarne l'héroïne Ann Darrow) et Adrien Brody (qui campe Jack Driscoll), le film ne prends son rythme de croisière (sans mauvais jeu de mots) qu'au bout de trois-quart d'heure seulement. Si le temps paraît long durant ces quarante-cinq première minutes, ces dernières sauront très vite se faire oublier par la suite car le spectacle que va nous offrir Peter Jackson et toute son équipe technique va dépasser de très loin tout ce que l'on aurait pu imaginer, ou du moins espérer. En effet, dès lors que la ''Skull Island'' (territoire où vit le singe géant) se profile dans le sillage du navire du capitaine Englehorn (excellent Thomas Kretschmann), le récit ne connaîtra plus aucune baisse de régime :

Le second acte s'ouvre sur la rencontre des protagonistes avec une peuplade de sauvages vivant sur l’Île du Crâne (des indigènes au moins aussi impressionnants que ceux du formidable Apocalypto de Mel Gibson). S'ensuit un périple au cœur d'une nature luxuriante à la recherche d'Ann Darrow, d'abord offerte en sacrifice par les habitants de l'île puis kidnappée par le grand singe qui s'enfonce alors en plein cœur d'une forêt particulièrement hostile. Acte le plus important en terme de mise en scène, d'interprétation et d'effets-spéciaux, il couvre plus de la moitié du long-métrage et propose un spectacle grandiose aux effets-spéciaux extraordinaires. On y découvre la présence d'innombrables espèces animales ayant toutes connu une croissance démesurée. Du simple moustique, en passant par les cafards, les poissons, divers insectes, et des vers pour une séquence qui reste gravée dans les esprits. Qu'elles rampent, qu'elles volent ou qu'elles nagent dans les eaux putrides de l'île au Crâne, les créatures que sont amenés à croiser les protagonistes sont toutes dangereuses. Au titre du bestiaire, le spectateur assistera à la rencontre avec un troupeau de brontosaures, d'un tricératops, et d'un trio de tyrannosaures particulièrement affamés. En terme de rythme et d'ambiance, Steven Spielbeg peut aller se rhabiller. Et même si Peter Jackson opte pour des séquences d'action vertigineuses MAIS souvent dénuées de tout réalisme (en dehors de l’improbabilité de croiser des dinosaures de nos jours), il est impossible de demeurer indifférent devant ce spectacle ininterrompu aux extraordinaires effets-spéciaux conçus par les compagnies de Peter Jackson, Weta Workshop et Weta Digital. Un travail remarquable effectué sur les décors (faune et flore étant intégralement issus de l'imagination de leurs concepteurs) ainsi que sur la numérisation de King Kong lui-même réalisée à partir de l'interprétation d'Andy Serkis, lequel avait auparavant prêté ses traits au personnage de Gollum dans la trilogie du Seigneur des Anneaux ainsi que pour celle, plus tard, de La Planète des Singes dans laquelle il interpréterait le singe César.

Le troisième acte, lui, se situe dans le Broadway des années 1930 reconstitué avec un soucis du détail démesuré. Costumes, décors, accessoires, moyens de locomotion. C'est bien simple, on s'y croirait. Les immeubles furent quant à eux conçus à l'aide de diverses techniques d'effets-spéciaux. Si chacun d'entre eux ne mesurait que l'équivalent de deux étages construits avec les matériaux d'usage courant dans le cinéma, les étages supérieurs furent conçus en images de synthèse. L'histoire se répétant, c'est après que King Kong ait été arraché de sa terre d'origine pour être exhibé par un Carl Denham ayant perdu tout son bon sens au titre de la reconnaissance, de la gloire et du billet vert que l'on retrouve le grand singe lors d'un dernier acte propageant le désordre dans un Broadway cataclysmique et un final devenu culte et répété depuis le début du siècle dernier par le chef-d’œuvre de Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack.

Au delà des effets-spéciaux, de l'interprétation générale et de l’époustouflante mise en scène de l'un des plus fascinants artisans du septième art, l'un des aspects les plus remarquables entrepris sur le tournage de King King se situe au niveau de la caractérisation du grand singe entièrement réalisé en images de synthèse. Jamais l'on n'aura vu jusque là une créature non humaine exprimer avec autant d'humanité ses sentiment. Qu'il s'agisse de son attachement nouveau pour la digne descendante de Jessica Lange (King Kong 1976) ou de montrer avec force détails sa gestuelle ou plus simplement les traits de son visage, le King Kong de Peter Jackson est attachant, bouleversant, et au final... terriblement humain. Parfois taquin, orgueilleux, bougon... les différentes séquences qui l'unissent au personnage interprété par Naomi Watts tiennent du miracle et ne font que redouter la sentence finale... Peter Jackson signait en cette année 2005, un très grand blockbusters, grouillant d'effets-spéciaux qui pour le bien de ses fidèles adorateurs, ne parasitent jamais l'intrigue. Un très grand film qui aurait pu atteindre le statut de chef-d’œuvre si le premier acte n'apparaissait pas tant inutile...

samedi 22 septembre 2018

Good Taste made Bad Taste de Tony Hiles (1988)



A sa sortie, Bad taste est immédiatement devenu culte alors que les parents de son auteur lui avait conseillé de ne pas trop attendre de son passage à Cannes. Très jeune, Peter Jackson se passionne pour le cinéma, et notamment pour la caméra 8mm de ses parents qu'il s'appropriera le temps de pouvoir s'offrir la sienne. Une caméra d'occasion permettant d'obtenir des résultats professionnels. Avant cela, le jeune Peter n'avait pu tourner que de petits courts-métrages non sonorisés. Onze, jusqu'à l'obtention d'une Bolex. Dès lors, il se lance dans la conception d'un court-métrage de dix minutes qui deviendra par la suite son tout premier long connu dans le monde entier sous le titre Bad Taste. Un tournage qui durera quatre ans et qui obligera Peter Jackson et ses amis à faire des sacrifices et surtout, à faire preuve d'une débordante imagination. Comme le reconnaîtront ceux qui participèrent patiemment et courageusement au film, Bad taste est d'abord le film d'un seul homme : Peter Jackson. Car c'est bien grâce à son imagination fertile qu'est arrivé à terme ce projet fou, et sans le sou.

Ceux que l'on a pu découvrir dans le rôle des héros sauvant la petite localité de Kaihoro d'une invasion extraterrestres ne sont aucunement des acteurs, mais des amis bénévoles qui sacrifièrent pratiquement tous leurs week-ends durant quatre années afin que se concrétise le futur film culte de Peter Jackson. Des collègues et amis du futur réalisateur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit : L'employé du ministère de l'intérieur néo-zélandais Craig Smith, le jardinier municipal de Wellington Dean Lawrie, ou encore Pete O'Herne, archiviste au ministère des transports, eux et d'autres encore acceptèrent de jouer le jeu, certains comme le consultant publicitaire Ken Hammon endossant plusieurs rôles dans le film.
Mais ce que permet de constater également l'excellent documentaire d'une durée de vingt-trois minutes réalisé par Tony Hiles, c'est l'ingéniosité dont fit preuve Peter Jackson pour créer l'ensemble des maquillages, des décors et des différents objets présents dans le film. Plastique, carton, aluminium, mais également alginate serviront de support afin de créer différents objets, dont les maquettes de la maison dont ont pris possession les envahisseurs. Une demeure coloniale classée monument historique dont a pu se servir Peter Jackson grâce à l'intervention de son père auprès des gardiens, leur promettant que rien de fâcheux ne lui arriverait...

Good Taste made Bad Taste démontre déjà à l'époque tout le génie et le savoir-faire de ce touche à tout de Peter Jackson qui veut lui-même, s'occuper des différentes étapes et des différents domaines rattachés à la conception d'un long-métrage. Accompagné de nombreuses images d'archives, et d'extraits de films (Bad Taste ainsi que les premiers essais en 8mm), l'acteur (il y incarne un double-rôle) et le réalisateur Peter Jackson témoigne de son expérience avec une réjouissante simplicité. Les fans de Bad Taste se doivent impérativement de découvrir cet excellent documentaire très bien fourni en images d'archives et en entretiens. Un complément idéal à l'un des plus cultes et plus fameux long-métrage gore de l'histoire du cinéma. Un document amené à devenir culte lui aussi...

dimanche 19 novembre 2017

Braindead de Peter Jackson (1992) - ★★★★★★★☆☆☆



Bad Taste en 1987. Meet the Feebles en 1989. Braindead en 1992. la trinité gore du cinéaste néo-zélandais Peter Jackson. Et pour beaucoup de fans, amateurs de films gore, trois œuvres cultes. Braindead, c'est pour beaucoup, et dans le genre, la référence ultime. L'aboutissement du cinéaste alors grand maître du genre. Du gore rigolo, pas sérieux du tout. Qui tâche. Du sang, de la cervelle, des viscères et parfois même, (glurp!) du vomi. Assez dégueu dans la forme. Alors que Peter Jackson réalisait un premier long-métrage sur quatre années avec un budget correspondant à environ 11 000 dollars américains seulement, et un second avec la confortable somme de 750 000 dollars, le budget s'enflammait en cette année 1992 qui vit naître l'ultime film gore du néo-zélandais. Trois millions de dollars environ. Pour un résultat qui ne surpasse pas tant que cela, ses deux premières œuvres. Du moins, d'un point de vue visuel. Braindead paraît très souvent amateur. Ce qui ne nuit évidemment pas au charme qu'il revêt. Un gore potache, décomplexé, dont l'auteur assume pleinement l'absurdité.
Un film très amusant, dégageant une belle énergie, et relativement bien interprétée si l'on tient compte du fait que le principal interprète (l'acteur néo-zélandais Timothy Balme) n'interprétait là que son second rôle au cinéma et qu'y fut imposée par un producteur espagnol,l'actrice elle aussi espagnole, Diana Peñalver. La totalité des personnages étant interprétés par des inconnus, le film pourra paraître incommodant, voire dépaysant pour ceux qui ont besoin de repères. Le gore, pour certains, ça n'est justement que cela : du sang, du sang, et encore du sang. Et beaucoup d'humour. Mais il ne faut pas oublier qu'à côté de ça, d'autres s'y sont essayé avec beaucoup plus de sérieux. Citons le sinistre Death Warmed up sorti en 1985 et réalisé lui aussi par un néo-zélandais, le cinéaste David Blyth. Pas vraiment bon, et plutôt morbide.

Un film culte signifie forcément, des scènes cultes. Et Braindead en est farci. De la scène dans le zoo où la chère (mais étouffante) mère du héros se fait mordre par un singe-rat (!), en passant par le repas entre zombies, et ce, jusqu'au massacre final à la tondeuse à gazon, le film de Peter Jackson, est un feu d'artifice dont la principale couleur est le rouge. Ses interprètes en prennent plein la gueule, se vautrent dans des monceaux d'entrailles, acceptent d'être aspergés par des centaines de litres de sang. Le final, dantesque, sert à coup sûr de référence à l'amateur qui voudrai convaincre n'importe qui que Braindead vaut le détour et demeure l'un des tous meilleurs films gore de l'histoire du genre. Peter Jackson est un créatif. Il invente tout un tas de situations follement originales. L'infirmière dont la tête, quasiment tranchée tombe en arrière dès qu'elle a le malheur de pencher la tête. La mère récalcitrante qui sous l'effet d'un stimulant se transforme en une gigantesque et grotesque créature. Le néo-zélandais a de l'imagination à revendre mais sait également se resservir des vieilles recettes qu'il employa plusieurs années auparavant. L'absorption de Lionel Cosgrove (le héros et fils de la monstrueuses créature sous les traits de laquelle se cache sa maman, Vera Cosgrove) par la créature cité ci-dessus rappelle à peu de chose près la scène durant laquelle Derek (Peter Jackson lui-même) disparaissait à l'intérieur de l'un des envahisseurs de Bad Ttaste avant d'être accouché de manière fort sanglante.

Une fois encore, le film est produit par la société de production cinématographique no-zélandaise créée par... Peter Jackson (encore lui!), WingNut Films. Une société qui malgré l'évolution du cinéaste dans sa carrière de réalisateur existe toujours puisque WingNut Films a notamment produit jusqu'à sa dernière trilogie Le Hobbit. Difficile d'ailleurs d'imaginer que derrière cette dernière puisse se cacher un auteur qui signa des films gore. On sent pourtant déjà la maîtrise de cet auteur à l'imaginaire débridé. Dès Bad Taste, on sentait pointer le génie d'un homme qui n'avait finalement besoin de rien d'autre que de moyens financiers pour mettre en œuvres des projets aussi pharaoniques que les deux trilogies adaptées des écrits du romancier britannique J. R. R. Tolkien. On a donc forcément hâte de le voir réaliser le prochain Tintin dont la production est déjà prévue maintenant, depuis quelques années...

vendredi 26 août 2016

Bad Taste de Peter Jackson (1987)



Kaihoro, petite ville côtière de nouvelle-Zélande. Alors que des extraterrestres ont choisi de s'y installer afin de coloniser la planète et d'en faire un immense garde-manger dans les humains seront les premières victimes, une escouade de quatre hommes formée par Derek, Ozzy, Barry et Franck est envoyée sur place afin d'éradiquer l'envahisseur et d'étudier la disparition des habitants du coin. Ils découvrent que les extraterrestres ont pris l'apparence d'êtres humains et qu'il sont tous vêtus d'une chemise bleue. Lors de leur missions, ils parviennent à capturer « Franck », un envahisseur, que Derek torture avec un malin plaisir. Mais les cris de l'extraterrestre alertant ses congénères, Derek devient la proie de cinq d'entre eux et poursuivi, il termine sa course en s'écrasant au pied d'une falaise.

Mais Derek n'est pas mort. Au contraire, il est plus que jamais désireux de régler leur compte aux envahisseur. Ses trois acolytes parviennent quant à eux jusqu'au quartier général des extraterrestres où est retenu prisonnier un VRP prénommé giles. L'équipe a peu de temps pour nettoyer la place et surtout pour sauver ce dernier car il doit dès le lendemain, servir de déjeuner au envahisseurs...

Si Peter Jackson ne vous dit rien, alors, désolé, mais nous ne pouvons rien pour vous. Si par contre son nom vous parle, c'est certainement parce qu'il est l'auteur de deux fameuses trilogies adaptées des œuvres de J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit. Mais les plus anciens se souviennent sans doute de lui en raison des quelques longs-métrages gore qui ont fait sa renommée dans les années 80-90. Il n'aura effectivement fallut que trois films pour qu'il soit reconnu à l'époque comme l'un des grands spécialistes du genre. Les Feebles, Braindead (considéré à l'époque comme le film le plus gore de l'histoire du cinéma), et surtout Bad Taste, son tout premier film. Un travail de très longue haleine, qui pris des années à Peter Jackson et son équipe pour voir le jour. Un film bourré d'anecdotes et non des moindres, majoritairement tourné le week-end et ce, durant quatre années. Employant leur temps libre à tourner scène après scène, les fonds nécessaires (estimés à 25000 dollars) ne furent pas rassemblés en une fois et il ne fut pas rare que le tournage soit interrompu pendant de longs mois, comme durant cette période d'un an, et dont l'histoire retiendra l'une des plus étonnantes anecdotes de l'histoire du cinéma.

En effet, alors que Peter Jackson endossait le double rôle de Derek et de Franck, lors d'une scène, on voit l'un des personnages planter un couteau dans le pied de l'autre. Soit, Peter Jackson enfoncer le dit couteau dans le pied de... Peter Jackson. Lorsque Derek plante le couteau, le tournage est interrompu durant un an faute de moyens financiers. Lorsque celui-ci reprend, il débute par le hurlement de Franck. Si à l'écran, l'un et l'autre des événements se succèdent tout naturellement, il est amusant d'apprendre qu'il sont en réalité séparés d'une année entière. Bad Taste est un film gore dans la grande tradition du genre : très sanglant, mais également, fort amusant. Le mauvais goût y est roi, à commencer par le majeur pointé vers le ciel de la fameuse affiche de cinéma.nous ne sommes pas prêts d'oublier certaines scènes cultes : Derek s'écrasant sur un rocher, au pied d'une falaise, ayant écrasé au passage quelques mouettes. La scène du vomi ingurgité par les extraterrestres. Ou encore Derek (zombifié?) dévorant la cervelle d'un envahisseur qu'il a trépané quelques instants plus tôt. Et que dire de la scène finale située dans le vaisseau-maison alien, lors de laquelle Derek « vient à la vie » pour la seconde fois de son existence ?

Les effets-spéciaux sont d'assez bonne facture et sont très inspirés des travaux de Tom Savini, le spécialiste du genre. Le récit, bien que parfois totalement absurde, tient la route. Bad Taste demeure trente ans après sa sortie comme l'un des fleurons du genre avec le Street Trash de Jim Muro...


samedi 28 décembre 2013

Le Hobbit: La Désolation de Smaug de Peter Jackson (2013)



Un an et un jour après la sortie du premier volet de la trilogie Le Hobbit, (Un Voyage Inattendu), Les spectateurs ont pu retrouver leur héros Bilbon Sacquet et sa bande de nains repartis à la conquête d'Erebor. Conduits par Thorin Ecu-de-Chêne, ils vont à nouveau fort à faire dans les différentes contrées qu'ils vont avoir à traverser durant leur périple.

Plutôt que de résumer le premier chapitre par un court aperçu, Peter Jackson préfère délaisser les retardataires et plonger directement les spectateurs au cœur d'une action qui précède de douze mois le récit principal. L'on y découvre la rencontre entre le magicien Gandalf le Gris et le nain Thorin, le premier informant le second du danger qui rode autour de lui (sa tête étant mise à prix) et de la nécessité pour lui de mettre la main sur l'Arkenstone, une pierre précieuse au propriétés lumineuses étonnantes. C'est ainsi qu'une année plus tard, Thorin se retrouve à la tête d'une petite « armée » de douze nains ainsi que du hobbit Bilbon Sacquet dont le rôle sera de voler la fameuse pierre enfouie sous l'improbable amas d'or et de pierres précieuses au dessous duquel sommeille l'immense dragon Smaug.

Quel est donc le verdict de cette suite tant attendue par les fans de Tolkien, de Peter Jackson, et même par tous ceux qui sont pourtant indifférents à ces deux emblématiques personnages mais qui restent « scotchés » depuis 2001, année du premier volet de la trilogie consacrée au Seigneur des Anneaux?

Une œuvre majeure pondue par J.R.R.Tolkien et adaptée par le talentueux Peter Jackson

Tout d'abord, si l'on compare les critiques presse des premier et second volets, on note une très légère avance concernant La Désolation de Smaug. Contrairement à Un Voyage Inattendu qui semblait avoir à l'époque de sa sortie, davantage les faveurs du public. Le premier acte a ceci d'avantageux sur le second : Il permettait de redécouvrir par la voie du septième art, un ouvrage cultissime écrit il y a longtemps par un écrivain célèbre pour avoir pondu des œuvres majeures du courant heroic-Fantasy : J. R. R. Tolkien. La magie opérait donc forcément, d'autant plus qu'avec Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson avait déjà à son époque (2001-2003) laissé un sacré bon souvenir aux spectateurs amoureux du genre. En 2012, on rêve déjà du contenu de ce que l'on va voir le 12 décembre au soir. Et l'on n'est pas déçu. De remarquables effets-spéciaux. Des personnages et acteurs attachants. Une histoire féerique, convaincante et surtout, jamais ennuyeuse.

Une année plus tard, après douze mois d'une impatience qui s'est finalement effilochée au fil des mois, on pénètre dans la salle obscure de son cinéma de quartier. Et puisque l'année précédente on a choisi de voir le premier acte de la trilogie en 3D, puisque les effets-spéciaux nous en ont plein la vue, on décide d'aller voir la suite elle aussi en 3D. Un effet visuel qui n'apporte finalement absolument rien ici, et dont l'efficacité est toute relative. L’éternelle contrainte étant de porter d'affreuses lunettes noires qui laissent sur l'arrête du nez une bien vilaine marque et surtout, oui surtout, oblige le spectateur à regarder l'écran la tête bien droite sous peine de voir la base inférieure de l'écran disparaître derrière la partie basse de la monture des lunettes. Tout ceci n'étant évidemment qu'une boutade sans conséquences, l’élément perturbateur du spectacle étant bien certainement l'impression d'assister à une suite qui manque singulièrement de saveur. On pourra alors s'écrier : « une année d'attente pour ça !!! »

Un vide scénaristique sidéral pénètre l’œuvre de Peter Jackson

La Désolation de Smaug n'est au fond pas un mauvais film, mais il arbore les mêmes défauts que subissait Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours onze ans plus tôt. De conséquentes longueurs qui ruinent le film et l'enlisent dans un mortel ennui qui font regretter qu'il ne dure pas une heure de moins. En fait, le véritable défaut de ce second volet n'est pas vraiment celui-ci. C'est plutôt le vide scénaristique sidéral qui pénètre l’œuvre entre la très belle première scène et l'interminable combat entre Bilbon et Smaug, suivi de la fuite en arrière des nains, du hobbit et de ce même dragon. Sans avoir lu le roman qui se rattache à l’œuvre cinématographique, difficile de dire s'il s'agit ici d'une scrupuleuse adaptation de celle de l'écrivain ou s'il s'agit d'un simple remplissage s'évertuant simplement à justifier la décomposition en trois volet de l’œuvre originale, dont le dernier épisode est prévu pour décembre 2014. Peut-être est-ce aussi l'aspect beaucoup plus sombre de l'histoire qui rebute alors que l'humour instantané qui se dégageait dès l'ouverture du Voyage Inattendu créait une imprégnation de la part du spectateur presque immédiate. On retiendra tout de même la qualité des environnements qui transportent littéralement les spectateurs hors de leur quotidien et quelques scènes savoureuses comme celle qui voit les nains traverser une rivière assis dans des tonneaux, poursuivis par une bande d'orques belliqueux, eux-même systématiquement mis à mal par des elfes malintentionnés. 
 
Espérons donc que 2014 sonnera l'apogée d'une carrière exceptionnellement riche (celle du cinéaste Peter Jackson), et d'un engouement retrouvé, celui du spectateur...

jeudi 27 décembre 2012

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu de Peter Jackson (2012)

 
Presque dix ans après sa trilogie consacrée au Seigneur Des Anneaux, Peter Jackson explore à nouveau le vaste univers de J. R. R. Tolkien en revenant sur son roman Le Hobbit, dont la sortie remonte à l'année 1937, soit dix-sept ans avant celle de son œuvre la plus célèbre.

D'abord prévu pour être un diptyque, Le Hobbit sera finalement lui aussi une trilogie constituée des épisodes Un Voyage Inattendu (celui qui nous intéresse ici), La Désolation De Smaug et enfin Histoire D'un Aller Et Retour. Bien moins long que le roman Le Seigneur Des Anneaux(d'un avis extérieur au mien puisque je n'ai jamais eu le plaisir de m'y plonger), il peut apparaître étonnant que celui consacré à un récit remontant soixante années avant les événements survenus dans le Mordor ait besoin de s'étendre sur une durée qui avoisinera sans doute six ou sept heures de projection. D'où la question de savoir si ce premier volet provoquera la même sensation de mollesse que celle parcourant quelques étapes importantes de l'aventure du héros Frodon. La réponse est non. Exit les ingénieux feux d'artifice du magicien Gandalf. Si l'introduction de l’œuvre passe par un évident retour en arrière (ou avant?), histoire de rappeler aux spectateurs les prémices de La Communauté Des Anneaux et la courte apparition de Bilbon Sacquet dans celui-ci, Le Hobbit aménage des scènes où l'humour est suffisamment présent pour divertir les spectateurs lors de la mise en place des personnages ( la savoureuse apparition des treize nains qui l'un après l'autre viennent déranger la paisible existence de Bilbon en "saccageant" son douillet petit habitat.)

On retrouve avec un plaisir non dissimulé les figures importantes du Seigneur Des Anneaux telles que les elfes Elrond (Hugo Weaving) et Galadriel (Cate Blanchett), les magiciens Gandalf (Ian McKellen) et Saroumane (Christopher Lee), ainsi que pour une courte apparition, Frodon (Elijah Wood qui interprète l'inquiétant Frank Zito dans le remake du cultissime Maniac de Wiliam Lustig).

Alors, le film est-il aussi délicieusement bon qu'on l'espère depuis la vision de la première trilogie signée Peter Jackson ? Ou bien le film est-il une déception ? D'après certains critiques (sur lesquels on ferait mieux, parfois, de faire l'impasse, surtout avant d'être allés voir l’œuvre en question), "Jackson ne fait qu'enchaîner des scènes platement illustratives comme on débiterait du boudin" (Cahiers Du Cinéma). Platement illustrative ? A prendre au sens propre, le travail tenterait à prouver le contraire tant l'impact visuel est saisissant, même en 2D (un choix qui détermine avant tout le niveau de confort désiré). On comprendra que le critique qui a pondu cette ânerie déteste le boudin, ce qui n'a pas vraiment d'importance puisque moi-même, je l'adore. "Un torrent d'images hyper graphiques au milieu duquel coule un tout petit film, ridicule, corseté dans son académisme" (Les Inrocks). Évidemment, il reste difficile de défendre un scénario écrit à huit mains (Peter Jackson, Guillermo Del Toro, Philippa Boyens et Ffrances Walsh) et qui frise le minimalisme.

Profitant des dernières technologies en matière d'effets-spéciaux numérique, Peter Jackson semble s'être amusé comme un gamin

(Bilbon le Hobbit est convoqué par Gandalf à participer à une aventure, entouré d'une troupe de nains, rares survivants d'un combat dont est sorti vainqueur un immense dragon nommé Smaug. Ceux-ci, menés par leur courageux chef Thorin Écu-de-Chêne, devront parcourir des contrées hostiles afin de se réapproprier leur domaine, désormais aux mains d'un Smaug gardien du royaume d'Erebor et endormi sous un amas d'or.

Vu ainsi, que peut-on attendre d'un tel scénario sinon un voyage fantastique au visuel extraordinaire et à la bande-son héroïque ? Profitant des dernières technologies en matière d'effets-spéciaux numérique, Peter Jackson semble s'être amusé comme un gamin. Si une grande partie des scènes se révèlent invraisemblables il ne faut pas oublier que l'on est ici dans un univers d'Heroic-Fantasy. Autant dire que l'on a droit de croire à tout et n'importe quoi. Sauf qu'à une ou deux reprises, on peut, il est vrai, se regarder entre spectateurs et se dire : "Heu, ça va p't'tre un peu loin, non ? ". 

Le bestiaire semble avoir été victime d'un effet diamétralement opposé à celui qu'à connu le héros de L'Homme Qui Rétrécit. Les chutes sont nombreuses, vertigineuses, mais sans le moindre impacts sur les organismes. On finit par croire que nos héros sont insensibles à la moindre agression. Ceci est amusant mais peut avoir sur le long terme des répercussions sur ce délicieux sentiment de peur que l'on ressent lorsque des Trolls (ici affublés de la parole), une armée entière de gobelins ou d'inquiétants orcs font leur apparition. Scénario faiblard, ok. Inutile de revenir dessus. Effets-spéciaux gargantuesques, c'est vrai. Et l'interprétation ? Sans avoir les moyens de prouver leur talent d'acteurs (surtout doublés en français), les interprètes font leur travail proprement. Ils parviennent d'ailleurs à distiller sur certains plans une véritable émotion, de celle qui, je trouve, manquait au Seigneur Des Anneaux.

Quelques plans inutiles qui n'entachent pourtant jamais l'intérêt du film

2H45. Une durée qui aurait pu user la patience des moins aguerris. Mais heureusement, Peter Jackson en bon artisan parvient à maintenir une attention constante, et ce grâce notamment à une musique superbe signée Howard Shore. Malgré tout, le film aurait mérité d'être expurgé d'une dizaine de minutes. C'est vrai quoi ! Si la scène des géants de pierre (sûrement pensée pour la 3D comme me l'a si finement suggéré ma compagne) est plutôt sympa (bien qu'assez brouillonne d'un point de vue visuel), on ne saura jamais pour quelle raison précise ces être immenses faits de roche noire se réveillent afin de se livrer à un duel dont les premières victimes sont nos héros, alors bousculés. Quand au jeu entre Golum et Bilbon (un prétexte pour nous montrer la rencontre décisive entre les deux personnages), il n'a visiblement d'autre intérêt que de rallonger le film. Ou bien, le grand héros du film est moins intelligent qu'il n'y paraît. Comprenant qu'il détient un objet dont l'étrange créature tient plus que tout autre chose, il lui suffisait de jouer la carte du chantage pour la pousser à lui révéler la sortie (qu'il finira par ailleurs à trouver sans l'aide de Golum). Ces détails paraissent malgré tout comme stériles devant l'ampleur du projet qui selon moi se solde par un résultat plus que convainquant. Vivement la suite...
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