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mercredi 6 mai 2026

The Crawlers aka Contamination.7 aka Troll 3 : Contamination de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti (1990)) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

 

Parfois honteusement titré Troll 3 : Contamination (mais qui donc de parfaitement sain d'esprit voudrait surfer sur le Troll de John Carl Buechler ou sur Troll 2 de Claudio Fragasso ?), The Crawlers de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti (tous deux respectivement cachés sous les pseudonymes de David Hills et Martin Newlin) sent d'emblée le nanar italien à plein nez. Comme tenterait à le prouver la société de production cinématographique fondée par Joe D'Amato en 1980, la Filmirage. Laquelle abritera dès lors nombre des productions réalisées par l'auteur d'Anthropophagus et d'Ator l'invincible ainsi que celles de plusieurs de ses compatriotes italiens, tels Umberto Lenzi, George Eastman, Claudio Fragasso ou encore Lucio Fulci. Firme à laquelle rendront d'ailleurs hommage dans notre pays David Didelot et ses collaborateurs à travers les quelque cent quatre-vingt huit pages de l'avant dernier numéro du cultissime fanzine Vidéotopsie paru en décembre 2017. L'écologie se retrouvant régulièrement au centre de diverses intrigues au cinéma, dans les années quatre-vingt, la mode était aux containers de déchets radioactifs, généralement abandonnés dans la nature. Deux ans avant que la catastrophe de Tchernobyl ne survienne au niveau du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire V. I. Lénine à Pripiat, Douglas Cheek réalise le sinistre C.H.U.D dans lequel des clochards vivant dans les égouts de New York où sont entreposés des fûts de déchets radioactifs se transforment en mutants avant de s'attaquer aux habitants de la ville. La même année, les fondateurs de la société de production et de distribution de films américaine Troma Entertainment Michael Herz et Lloyd Kaufman démarrent le projet Tromaville et lancent toute une série de longs-métrage dont les plus célèbres d'entre tous demeurent les franchises The Toxic Avenger et Class of Nuke'Em High. Dans la première, le souffre douleur d'une université tombe dans un container radioactif et sous l'effet de la radiation se transforme bientôt en super-héros difforme sauvant la veuve et l'orphelin. Dans la seconde, une usine de produits chimiques est directement implantée en plein cœur de Tromaville, au grand dam des étudiants de l'université et des habitants de la cité. Dans une même veine, nous pourrions citer également Redneck Zombies de Pericles Lewnes, autre production Troma Entertainment dans laquelle, cette fois-ci en 1989, des individus se transforment en zombies après être entrés en contact avec un bidon de ces mêmes déchets radioactifs abandonné dans une forêt !


Quelques rares exemples de longs-métrages pas vraiment sérieux sur la forme et parfois, excessivement gore. Doté d'un budget que l'on devine aussi riquiqui que ceux alloués aux productions de Michael Herz et Lloyd Kaufman, The Crawlers, également connu sous le titre Contamination.7, prend pour cadre une petite bourgade de l'Amérique profonde. Ici, pas de rednecks mais un propriétaire de centrale nucléaire et un shérif corrompus jusqu'à la moelle. Les héros ? Un groupe de jeunes gens parmi lesquels, une jeune femme revenant dans sa ville natale des années après s'être installée dans une grande ville. Celle-ci réapparaît comme par hasard au moment où d'horribles événements vont se produire. En effet, alors que le propriétaire de l'usine produisant des déchets radioactifs s'en débarrasse en les faisant jeter dans la forêt alentour, la nature commence à se comporter de manière tout à fait inattendue. Effectivement, comme mues par une force invisible, les racines des arbres sortent de terre et avancent vers les habitations où elles s'attaquent à leurs propriétaires. C'est aidée de ses amis et de sa famille que Josie (l'actrice Wanja Mary Sellers) va tenter d'alerter les autorités, à défaut de quoi, le groupe tentera lui-même d'endiguer la lente mais irrémédiable progression meurtrière des végétaux... Aussi absurde que puisse être le sujet, The Crawlers fonctionne malgré tout et ce, sans être trop ridicule. La chose n'étant pas vraiment inédite, Sam Raimi avait déjà visuellement mis en pratique l'assaut et le viol d'une jeune femme par les branches d'un arbre dans le film d'horreur culte Evil Dead en 1981 ! Ici, rien d'aussi remarquablement créatif. L'on est plus proche d'une petite production à la manière de Kingdom of the Spiders de John « Bud » Cardos. Les araignées étant donc ici remplacées par des racines. Relativement répétitif, le long-métrage de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti réserve cependant deux ou trois plans gore plutôt sympathiques et efficaces. En revanche, l'on n'adouberons absolument pas l'infâme partition musicale composée par Carlo Maria Cordio qui dans le genre ''soupe'' est moins proche d'un velouté que de ces vieilles préparations à base de légume majoritairement constituées d'eau que nos vieux nous infligeaient voilà un demi siècle ! Au final, The Crawlers se regarde sans déplaisir. Comme un téléfilm du dimanche soir sur M6. Une curiosité qui n'a rien de mémorable mais qui aura le mérite de remplir un début de soirée morose...

 

mardi 18 avril 2023

Ator l'invincible – l'épée du Saint-Graal de Joe D'Amato (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆


 

 

Il était vraiment temps d'en finir avec la mythologie entourant le personnage d'Ator l'invincible. Car même si Joe D'Amato s'est réapproprié sa création après le désastreux Ator, le guerrier de fer que réalisa son compatriote Alfonso Brescia en 1987, il est clair qu'avec Ator l'invincible – l'épée du Saint-Graal on atteint le fond ! Miles O'Keeffe ne faisant plus partie de l'aventure, le rôle-titre est désormais confié à l'acteur Eric Allan Kramer. Deux ans auparavant, celui-ci incarna le personnage de Thor dans le téléfilm Le Retour de l'incroyable Hulk de Nicholas Corea. Passant ainsi du super-héros au valeureux chevalier, Ator apparaît désormais sous des atours négligés. Vêtu d'une tunique brune et d'un bandeau lui encerclant le crâne, il semble qu'après sa retraite de trois années le héros se soit lancé dans un régime à base de charcuterie, de frites et de beignets. Bien qu'imposant, Eric Allan Kramer n'a pas l'allure de son prédécesseur et conserve même cette absence de charisme qui manquait déjà à Miles O'Keeffe...


Et même si à l'époque le faciès de ce dernier laissait peu de place à l'hypothèse selon laquelle il aurait pu rejoindre les grands penseurs de son époque, la relève est assurée par un interprète en totale opposition avec l'image actuelle du prompt chevalier dont la mission première et de venir en aide à la veuve et à l'orphelin. On pourrait envisager la tournure que prennent d'emblée les événements par rapport au fait que le personnage d'Ator ait changé de visage. Ce que semble pourtant contredire le premier acte dans lequel nous retrouvons bien le fameux héros, mais sous les traits de Eric Allan Kramer. Celui-ci meurt mais revient sous ceux de son propre fils qui lui-même est interprété par l'acteur américain. Défait par le méchant de service Thor, son fils, Ator (!?!), alors âgé d'un an prend la fuite dans les bras de sa mère Sunn (Dina Morrone) qui se réfugie auprès du gnome Grindel. Une créature particulièrement laide (dans tous les sens du terme et surtout, artistiquement parlant), veule et qui ne dépareillerait pas, au hasard, avec les Gobelins/trolls du ''sublime'' nanar réalisé par Claudio Fragasso en 1990, Troll 2. Alors âgé de vingt-huit ans au moment du tournage, censé incarner un Ator de seulement dix-huit ans mais paraissant en faire au moins quinze de plus, voilà qu'Eric Allan Kramer apparaît physiquement peu crédible. Joe D'Amato retrouve le compositeur Carlo Maria Cordio dont la partition se montre cette fois-ci nettement moins grandiloquente.


Ator ou à travers (de porc)


Ator, éternel pourfendeur du Mal sous toutes ses formes est donc de retour pour la quatrième et dernière fois. Certains, comme Joe D'Amato estimant même qu'il s'agissait là du troisième opus et non du quatrième puisque le film sorti notamment sous le titre Ator III : the Hobgoblin, faisant ainsi l'impasse sur le volet signé par Alfonso Brescia en 1987. Pourtant, Joe D'Amato aurait tout aussi bien pu réserver ses critiques à sa propre séquelle qui s'avère d'une rare médiocrité. Le héros n'a jamais paru aussi ridicule que sous les traits d'Eric Allan Kramer, le désordre qui règne au sein même du scénario laisse pantois d'admiration. Quant aux différents affrontements et aux méchants, leur innocuité laisse parfois présumer que le film a d'abord été pensé comme une version allégée du mythe à l'attention de nos chères têtes blondes. Au point que le film vire à la comédie comme lors de ces quelques séquences montrant un Ator ridiculisé durant certains de ses affrontements, loin de l'image idyllique du héros auquel rien de mal ne peut arriver. Et que dire des décors fadasses que parcourent de long en large Ator, Dejanira et un nouveau compagnon à l'apparition providentielle ? Parmi les interprètes accompagnant l'acteur américain, Margaret Lenzey incarne le personnage de Dejanira, la compagne d'Ator, Donal O'Brien celui du méchant Gunther, tandis que Joe D'Amato offre une petite apparition à Laura Gemser et, à contrario, le triple rôle de Thorn, Grindel et Hagen à l'ancien joueur de bobsleigh Domenico Semeraro. Allez, et pour terminer. Notons le doublage en français proprement hallucinant du gnome Hagen et que je vous laisse tout plaisir de découvrir par vous-même : à s'étouffer de rire...

dimanche 16 avril 2023

Ator 2 - L'invincibile Orion de Joe D'Amato (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Deux ans après Ator l'invincible, le réalisateur italien Joe D'Amato remettait le couvert avec Ator 2 - L'invincibile Orion. Toujours sous le pseudonyme de David Hills, il signait les retrouvailles du public avec ce héros d'un univers médiéval-fantastique imaginaire peuplé de brigands et de jolies poupées. Après avoir exterminé le Grand prêtre Dakkar et ses chevaliers noirs, après avoir tué le Dieu-Araignée, après avoir parcouru de nombreuses zones de dangers et après avoir éliminé Griba qui en réalité avait l'intention de prendre le pouvoir en lieu et place de Dakkar, Ator a perdu celle qu'il aimait, sa sœur et épouse Sunya. Depuis, le valeureux héros s'est réfugié en Orient et a suivi les cours d'arts martiaux que lui a enseigné le fidèle Thong (l'acteur Kiro Wehara). Dans cette seconde aventure d'Ator (toujours incarné par Miles O'Keeffe), le héros bodybuildé va affronter un nouveau grand méchant en la personne de Zor, frère d'un guerrier qu'il a tué afin de prendre le pouvoir à sa place. Désirant conquérir le monde, Zor (David Cain Haughton) compte bien mettre la main sur un objet détenu par un certain Akronas (Charles Borromel). Mais avant que le vieil homme ne soit fait prisonnier par Zor et ses hommes afin d'être interrogé au sujet du dit objet, Akronas demande à sa fille Mila de partir à la recherche d'Ator de l'autre côté de la planète afin qu'il leur vienne en aide...


Une idée séduisante, d'autant plus que l'actrice Lisa Foster qui incarne la jeune femme est nettement plus sexy et attirante que toutes celles qui furent présentes au générique du premier volet de cette tétralogie alors en devenir. Ator l'invincible était relativement médiocre tout en portant les fruits de ce qui allait sans doute devenir l'un des plus risibles des nanars de l'histoire du cinéma. Car puisant plus en profondeur que son prédécesseur tout ce qui fait le sel de ce sous-genre souvent pathétique mais ô combien indispensable, Ator 2 - L'invincibile Orion est son digne descendant et le surpasse même aisément. Ponctué d'invraisemblances si grandes que l'on reste bouche bée devant tant d'incohérence, le spectateur se questionnera au sujet de cette traversée d'à peine quelques minutes de la part de Mila, cette beauté traversant une forêt une flèche plantée dans la poitrine et se retrouvant subitement sur le territoire où vit Ator. Ellipse, total dédain ou manque de moyens financiers, toujours est-il que rien ne semble déranger Joe D'Amato lorsqu'il s'agit d'évoquer le voyage on ne peut plus sommaire de la jeune femme en terre hostile. On comprendra donc que Mila aura a traverser des milliers de kilomètres à pieds, sans prendre le moindre bateau, à gravir des montagnes et tout cela, en l'espace d'un peu moins de cinq minutes et, toujours avec cette flèche enfoncée dans la poitrine !


Un peu comme cela était le cas dans le précédent volet, Ator va avoir fort à faire lors de ses nouvelles pérégrinations effectuées aux côté de Mila et de Thong. Rencontre dans des grottes avec des combattants invisibles puis avec des sauvages de type ''néandertaliens'' anthropophages s'apprêtant à sacrifier la jeune femme, affrontement avec des samouraïs (les derniers soldats encore vivants du frère de Zor avant que celui-ci ne fasse décimer son armée par ses propres hommes), piège tendu par les habitants du village natal d'Ator et, au final, rencontre au sommet entre notre héros et celui qu'il est venu défaire de son emprise sur le peuple et qui retient le père de Mila. Ator 2 - L'invincibile Orion sonne comme une redite du premier long-métrage tout en ayant l'avantage d'être parfois si ridicule que cette suite se pose en inénarrable nanar. Si Kiro Wehara use du sabre en vrai spécialiste, Miles O'Keeffe est toujours aussi peu crédible lors de l'emploi d'armes blanches. Vu que Joe D'Amato s'est notamment fait une spécialité dans l'érotisme et la pornographie, on aurait sans doute aimé voir notre héros et la belle Mila s'accoupler histoire de profiter des jolies courbes de l'actrice. Mais bon, le film cultive un tel art de l'improbable que les amateurs de nanars s'en contenteront. Un festival d’invraisemblances dont la toute première scène peut être considérée d'anthologique : inclure des hommes préhistoriques dans un univers médiéval-fantastique, il fallait oser. Notons que si dans le premier volet le compositeur italien Carlo Maria Cordio avait écrit une partition plutôt épique, la relève s'avère assez disgracieusement relevée dans cette suite puisque Carlo Rustichelli signe de son côté une bande musicale électronique plutôt indigeste. Il faudra ensuite attendre quatre ans avant que ne sorte sur les écrans Ator - le guerrier de fer, lequel sera cette fois-ci réalisé par Alfonso Brescia...

 

samedi 15 avril 2023

Ator l'invincible de Joe D'Amato (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆


''Written and directed by David Hills''... Pour celles et ceux qui ne le savent peut-être pas encore, derrière ce nom se cache le réalisateur et scénariste (entre autres choses) Aristide Massaccesi, plus connu à travers le monde sous le pseudonyme de Joe D'Amato. Nous sommes donc là face à une œuvre d'origine italienne et non pas américaine ou anglo-saxonne comme aurait pu le laisser envisager le nom qui apparaît sur l'affiche, au générique ou sur n'importe quel autre support audiovisuel. Auteur de nombreux films (environ deux-cent en vingt-sept ans de carrière, une véritable prouesse !), le bonhomme s'est souvent penché sur deux genres se situant aux deux extrémités d'un certain cinéma de l'outrance. La pornographie et l'horreur. Amalgamant d'ailleurs parfois l'un et l'autre (Porno Holocaust), on lui doit notamment quelques œuvres (abusivement) controversées comme son Anthropophagus et ses séquences gore objectivement ratées ou le glauquissime Buio Omega et son taxidermiste, un film d'horreur affreusement morbide sur fond de nécrophilie ! À dire vrai, Joe D'Amato n'a pas fait que l'étalage de cul et de sang et a touché à tous les genres. Du western spaghetti à la comédie, en passant par le giallo, le Decamerotico, le film de guerre, le policier ou comme ici, le film d'aventures médiévales fantastiques. En avril 1982 sortait sur les écrans de cinéma européens Conan le barbare de John Milius. Personnage charismatique d'une série d'ouvrages littéraires que l'auteur Robert E. Howard avait créé à partir de 1932, soit un demi-siècle avant qu'Arnold Schwarzenegger ne l'incarne sur grand écran. Joe D'Amato ne tardera pas à s'inspirer de ce légendaire personnage en créant la même année, Ator...


On devine assez facilement que le budget du premier volet d'une saga qui en comptera quatre ne sera pas celui dont bénéficia quelques mois en arrière Conan le barbare (vingt millions de dollars). En lieu et place de l'acteur autrichien l'on retrouve dans le rôle-titre l'ancien conseiller psychologique Miles O'Keeffe. Doté d'une longue chevelure blonde et de traits beaucoup moins durs que ceux d'Arnold Schwarzenegger, l'américain a débuté à la télé avant d'incarner au cinéma Tarzan, autre célèbre personnage de fiction dans le film de John Derek, Tarzan, l'homme singe. Des quatre longs-métrages mettant en scène Ator, Miles O'Keeffe assurera son interprétation dans les trois premiers. Notons d'ailleurs que seuls les deux premiers ainsi que le quatrième seront réalisés par Joe D'Amato puisque le troisième sera l’œuvre d'Alfonso Brescia. Pompant pas mal le long-métrage de John Milius, Ator l'invincible démarre à peu de chose près sur le massacre d'un village mis à feu et à sang par le méchant de service, Le Grand Prêtre de l'Araignée qu'interprète l'ancien catcheur et acteur péruvien Dakar. Un interprète à la carrière étonnante puisqu'il on le vit aussi bien chez Umberto Lenzi (Sandokan, le tigre de Bornéo),chez Federico Fellini (Satyricon) que chez Ruggero Deodato (SOS Concorde) ou Lucio Fulci (L'enfer des zombies). Le personnage d'Ator est accompagné durant son aventure par l'amazone Roon (l'actrice Sabrina Siani) dont il rencontrera le peuple durant son voyage devant le mener jusqu'à celle qu'il aime et qu'il venait juste d'épouser lorsque Le Grand Prêtre de l'Araignée l'a faite enlever durant les festivités à la suite desquelles eurent lieu le massacre des villageois et le meurtre de ses parents. Sunya, jeune et jolie brune, demi-sœur d'Ator, ce qui ne les empêche pas d'avoir envie de se marier...


Notons également la présence de Griba, personnage fort sympathique interprété par l'acteur Edmund Purdom et qui apprendra à Ator les rudiments du combat à l'épée. Si Ator ne le sait pas encore, il est le fils de Toren, personnage légendaire et dont il porte la marque dans le cou. Enrôlé dans des aventures diverses et variées, notre héros va donc croiser des amazones, rencontrer au cœur d'une caverne une étrange sorcière (sirène?) créant des illusions (Laura Gemser dans le rôle d'Indun), tenter d'échapper à une horde de fantômes de soldats, devoir récupérer le bouclier du Mordur caché dans une grotte et conservé par des guerriers aveugles mais à l'odorat très puissant et enfin, affronter le prêtre afin de faire libérer sa nouvelle épouse. Sans oublier le navrant duel l'opposant à une immense araignée, séquence faisant évidemment référence au combat qui opposa Conan au Dieu Serpent ! Bien entendu, comparé à Conan le barbare, Ator l'invincible fait pâle figure. Miles O'Keeffe est loin d'avoir le charisme d'Arnold Schwarzenegger et la reconstitution de l'époque où est censée se dérouler l'action est à peine crédible. Seules les peaux de bêtes et les ustensiles maintiennent un semblant de crédibilité. Pourtant entraîné au combat avant de débuter le tournage, l'acteur principal fait montre de capacités relativement faibles. En effet, les divers affrontements montrent une évidente crainte d'être blessé de la part des interprètes, ce qui donne lieu à des coups d'épée très visiblement retenus et à des gestes très précautionneux. Les combats sont donc très mous et manquent de vigueur et de réalisme. Visuellement, rien de spectaculaire n'est à mettre au compte de ce qui reste un nanar au scénario pourtant ambitieux. Pas même cette fausse toile d'araignée fabriquée à l'aide de cordes du plus risible effet !



dimanche 31 mars 2019

Rosso Sangue de Joe d'Amato (1981) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Il y a des films que l'on devrait s'interdire de regarder passé un certain âge. Pas ceux que l'on découvrait des décennies plus tôt et qu'une certaine nostalgie nous pousse à redécouvrir bien des années plus tard mais ceux dont on a entendu parler mais sans jamais avoir pu mettre la main dessus. Suite du cultissime mais néanmoins totalement foireux Anthropophagous, Rosso Sangue est de ces films qui cultivent leur légende grâce à un petit cercle d'amateurs de séries B, voire Z. Derrière le pseudonyme de Peter Newton ne se cache non pas un obscure cinéaste anglo-saxon mais Joe d'Amato, un cinéaste italien connu pour avoir tourné d'innombrables films érotico-pornographiques et quelques bandes horrifiques crapoteuses dont le le célèbre, et sans doute son meilleur, Buio Omega en 1979.
Deux ans plus tard Joe d'Amato signait donc le retour de son célèbre cannibale originaire d'une île grecque. Un colosse incarné par l'acteur italien George Eastman (de son vrai nom Luigi Montefiori) dont la particularité était de dévorer ses propres entrailles à la fin de Anthropophagous, l'une des rares scènes à être véritablement réussie (l'avortement « forcé » de l'une de ses victimes possédant une outrageuse réputation bien que totalement ratée).

Exit l'île grecque. Désormais, après avoir fuit un laboratoire dans lequel un prêtre (!!!) menait des expériences sur lui, notre psychopathe de près de deux mètres débarque dans une petite localité des États-Unis avec cet éternel besoin de trucider son prochain. Gravement blessé alors qu'il tentait d'escalader la grille d'une propriété, il est transféré à l'hôpital où il est opéré d'urgence, ses intestins débordant de son ventre (ce qui devient une habitude chez lui). Le chirurgien responsable de l'opération s'étonne de voir à quel point son patient se remet de ses blessures. Mais bientôt, alors qu'il se réveille de son anesthésie, le cannibale s'en prend au personnel de l’hôpital et réussit à s'échapper. Poursuivit par le prêtre, le colosse est bien décidé à retourner dans la demeure qu'il avait tenté d'investir en début de film...

C'est là que Rosso Sangue prend une tournure différente. Après un meurtre sordide (l'un des personnages féminins a le visage littéralement plongé à l'intérieur d'un four, gaz allumé), le tueur s'en prend à une gamine atteinte d'une grave maladie et qui à ce titre, s'en sort plutôt bien. Une dernière partie en forme de huis-clos opposant la gamine à notre psychopathe (dont l'appétit pour la chair humaine semble avoir disparu), devenu aveugle après que la jeune fille lui ait planté un compas dans les yeux... Sans aucun doute la séquence la plus intéressante de Rosso Sangue puisque tout ce qui lui précède est d'un ennui généralement abyssal. Si ce n'étaient les quelques meurtres plutôt sanglants et imaginés par un Joe d'Amato particulièrement pervers, cette vrai/fausse suite de Anthropophagous serait carrément bonne à jeter aux ordures. A dire vrai, il n'y a pas grand chose de positif à en tirer car même les scènes d'horreur ne permettent aux spectateurs que d'assister à une profusion de sang sans qu'aucun contact direct avec la chair ne soit véritablement visible à l'écran (en dehors d'une scène durant laquelle le visage d'une infirmière est transpercé de part en part à l'aide d'une perceuse chirurgicale...). Pas franchement terrible mais toujours mieux que l'infâme Anthropophagous. A réserver aux amateurs de séries Z tout de même...

mercredi 6 juin 2018

Blue Holocaust de Joe D'Amato (1979) - ★★★★★★★☆☆☆



Petit message à l'attention de celles et ceux qui aimeraient savoir comment survivre à la disparition d'un être cher. En l'occurrence, d'un(e) amant(e), d'un(e) fiancé(e), ou d'un(e) époux(se). Dur de refaire sa vie. Seul(e). Abandonné(e). Le corps de l'être aimé enterré, ou brûlé, réduit en cendres, et dispersé. Buo Omega de Joe D'Amato, connu pour avoir tourné un nombre impressionnant de films (dont une majorité de pornos) avant de claquer la porte au nez de sa propre existence le 23 janvier 1999, défie le spectateur rompu à l'exercice du malaise sur pellicule, de tenir sur la longueur d'un long-métrage qui n'a pratiquement aucun équivalent en terme d'effroi et de dégoût. Des sentiments qui se révèlent à mesure que le récit tournant autour du héros Frank Wyler, incarné par Kieran Canter, mais également à travers celui d'iris, campé par l'actrice italienne Franca Stoppi (laquelle n'a pas dû jouer dans plus d'une dizaine de longs-métrages), se dessine. Alors même qu'à l'écran, et précisément dans le film qui nous intéresse ici, elle personnifie à elle seule le malaise que le spectateur finira inexorablement par ressentir devant ses faits et gestes, accompagnant ceux d'un Frank désemparé depuis la mort d'Anna, sa compagne, Joe D'Amato pourvoie son œuvre d'une telle somme d'actes horrifiques, qu'aucune échappatoire, aucun repos n'est possible. Accompagné par la musique du génial groupe italien Goblin (auteur notamment des bandes originales de Zombie de George Romero, de Contamination de Luigi Cozzi, ou encore de Phenomena de Dario Argento), Buo Omega, curieusement traduit sous le titre Blue Holocaust alors que l’œuvre est surtout teintée d'un rouge passablement vicié, est nihiliste, et d'un sadisme outrancier. Les sentiments eux-mêmes sont bafoués par l'étrange relation qu'entretiennent Frank et Iris, cette dernière enfin débarrassée de son encombrante rivale, la jeune et jolie Anna.
Dans sa catégorie, Blue Holocaust est un chef-d’œuvre. Mais encore faut-il être capable de nuancer ses innombrables défauts, marque de fabrique d'un cinéma horrifique italien pré-eighties, et de n'y voir que la quintessence d'un cinéma bis n'ayant cette fois-ci, pas pour principe de divertir mais de repousser au plus loin, les limites de l'horreur malsaine.

Amateurs d'histoires d'amour mêlant nécrophilie et cannibalisme, bonjour! Oubliez l'abominable Anthropophagous, qui de manière incompréhensible revêt encore pour beaucoup une aura de film culte alors que l'objet n'est qu'un navet pas même capable de se hisser au niveau du simple nanar. Si certains citeront quelques passages afin de justifier leur propos, exposant des thèses inadéquates, le vrai bon, grand, film d'horreur de Joe D'Amato ne se situe non pas sur une petite île grecque mais bien dans la demeure d'un taxidermiste qui fou de douleur après la mort de sa fiancée, décide de ne pas en rester là, et dérobe son corps, l'embaume, et la conserve chez lui avec la complicité d'iris, étrange gouvernant qui pour apaiser les pleurs de Frank, n'hésite pas à lui donner le sein. Ce sont de tels petits détails qui mis bout à bout laissent envisager une œuvre hautement malsaine, où la déviance sexuelle n'est que l'une des facettes d'une lutte permanente pour que perdure la cohésion entre deux individus liés par un même secret.

Franca Stoppi campe l'un des personnages les plus authentiquement glauques de l'histoire du cinéma. Iris a le vice dans la peau. Le regard puant d'un charognard pourrissant sous le soleil du désert, la gouvernante se révèle incroyablement perverse, et son corps, un temple où la débauche règne en maîtresse. Qu'il s'agisse de faire disparaître un cadavre gênant dans de l'acide (voir la scène ultra glauque se déroulant dans la salle de bain), ou de manger de la viande hachée menue après avoir jeté dans un trou les restes de ce même cadavre, Franca Stoppi fait froid dans le dos et inhibe toute forme d'attirance envers ce spécimen de la gente féminine totalement barré. Graphiquement, Blue Holocaust est relativement bien pourvu en scènes d'horreur. Mais alors que dans bon nombre de longs-métrage, le sang y éclate de sa couleur carmin, celui de Blue Holocaust y est corrompu.
Bien qu'ayant perpétré des actes innommables, on peut comprendre le comportement de Frank. Chose que l'on ne conçoit pas chez sa gouvernante et nouvelle amante. Le film de Joe D'Amato souffre de quelques défauts inhérents au genre et sans doute, par manque de temps ou de moyens. Quelques détails minimisent la force de certains passages, comme cette pseudo-américaine incarnée par l'italienne Lucia D'Ella dont on ne croit pas un seul instant à ses origines en raison d'un accent déplorable. Presque quarante ans après sa sortie (à l'époque il fut interdit aux moins de dix-huit ans, c'est dire si le film est violent) Blue Holocaust a su conserver sa nauséeuse ambiance, preuve que Joe D'Amato était capable de rivaliser avec les vrais spécialistes du cinéma d'horreur. Un véritable choc à regarder l'estomac vide...

jeudi 19 juin 2014

Anthropophagous de Joe d'Amato (1980)



Un groupe de touristes échoue sur une île apparemment déserte. En la parcourant de long en large, ils vont y faire une découverte intéressante : Une chambre secrète. Se croyant seuls, ils vont un à un être décimés par u n tueur fou qui en plus de les tuer pratique le cannibalisme...

Voilà pour le pitch de ce film signé par le pornographe italien Joe D'Amato. Une œuvre bien connue des amateurs de films d'horreur et qui joui d'une excellente réputation, surtout auprès de ceux qui ne l'ont jamais vu. Et pour cause, quelques scènes gratinées sont censées soulever l'estomac des spectateurs comme le fameux plan durant lequel l'anthropophage fou pratique un avortement forcé sur une jeune femme enceinte avant de dévorer le fœtus. Comme cette autre scène également, à la fin du film, et dans laquelle, éventré par un pieu enfoncé dans l'estomac par l'un des deux seuls survivants, le cannibale bouffe ses propres entrailles. On n'en n'attendait pas moins du très provocateur Joe D'Amato.

Seulement voilà. Ceux qui n'ont toujours pas vu le film doivent savoir une chose : Anthropophagous est un navet. Pas seulement un nanar. Mai un vrai navet. Cette petite différence qui fait que l'on ne prend même pas le plus infime plaisir à suivre les aventures de cette bande de jeunes adultes dont on se fiche par dessus tout de ce qui peut bien leur arriver.

L'intrigue a autant d'intérêt qu'un film huit millimètres tourné pendant les vacances par des inconnus. On s'ennuie, non, on s'EMMERDE à un point que l'on perd tout contrôle et que nos yeux se ferment sans même que l'on puisse agir sur leur fonctionnement. Si seulement les effets-spéciaux rattrapaient la calamiteuses mise en scène et l'abominable interprétation, on pourrait se dire que l'on n'a pas tout à fait eut tort de le regarder, malheureusement Anthropophagous possède des effets-spéciaux au rabais. Le fœtus qui choque tant de monde (on se demande bien pourquoi) n'est qu'un vulgaire lapin acheté à la boucherie du coin, tout comme les viscères du cannibale que l'on voit (avec dégoût) tenter d'engloutir pour le bien de l'histoire.

Finalement, Joe D'Amato a bien fait d'abandonner le cinéma d'horreur pour se consacrer au porno. Pourtant, lorsque l'on regarde en arrière, on se dit qu'avec un peu plus de moyens et un peu plus d'imagination et d'effort de sa part, il aurait pu nous pondre quelques petites perles du genre. Et pour s'en convaincre, s'il le fallait, (re)jetez un œil sur on Blue Holocaust qui demeure encore aujourd'hui l'un des films d'épouvante les plu glauques de l'histoire du cinéma. Un cinéma sérieux, dérangeant, et beaucoup plus maitrisé que cet Anthropophagous qu'il faudra bien un jour bannir de ces listes de films cultes montées par des jeunes puceaux du cinéma qui n'en n'ont certainement pas encore assez vu pour se forger un avis objectif sur telle ou telle œuvre. Poubelle !
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