Parfois honteusement
titré Troll 3 : Contamination
(mais qui donc de parfaitement sain d'esprit voudrait surfer sur le
Troll de
John Carl Buechler ou sur Troll 2 de
Claudio Fragasso ?), The Crawlers
de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti (tous deux respectivement cachés
sous les pseudonymes de David Hills et Martin Newlin) sent d'emblée
le nanar italien à plein nez. Comme tenterait à le prouver la
société de production cinématographique fondée par Joe D'Amato en
1980, la Filmirage.
Laquelle abritera dès lors nombre des productions réalisées par
l'auteur d'Anthropophagus et
d'Ator l'invincible
ainsi que celles de plusieurs de ses compatriotes italiens, tels
Umberto Lenzi, George Eastman, Claudio Fragasso ou encore Lucio
Fulci. Firme à laquelle rendront d'ailleurs hommage dans notre pays
David Didelot et ses collaborateurs à travers les quelque cent
quatre-vingt huit pages de l'avant dernier numéro du cultissime
fanzine Vidéotopsie
paru en décembre 2017. L'écologie se retrouvant régulièrement au
centre de diverses intrigues au cinéma, dans les années
quatre-vingt, la mode était aux containers de déchets radioactifs,
généralement abandonnés dans la nature. Deux ans avant que la
catastrophe de Tchernobyl ne survienne au niveau du réacteur numéro
4 de la centrale nucléaire V. I. Lénine à Pripiat, Douglas Cheek
réalise le sinistre C.H.U.D
dans
lequel des clochards vivant dans les égouts de New York où sont
entreposés des fûts de déchets radioactifs se transforment en
mutants avant de s'attaquer aux habitants de la ville. La même
année, les fondateurs de la société de production et de
distribution de films américaine Troma
Entertainment Michael
Herz et Lloyd Kaufman démarrent le projet Tromaville
et lancent toute une série de longs-métrage dont les plus célèbres
d'entre tous demeurent les franchises The Toxic
Avenger
et Class of Nuke'Em High.
Dans la première, le souffre douleur d'une université tombe dans un
container radioactif et sous l'effet de la radiation se transforme
bientôt en super-héros difforme sauvant la veuve et l'orphelin.
Dans la seconde, une usine de produits chimiques est directement
implantée en plein cœur de Tromaville, au grand dam des étudiants
de l'université et des habitants de la cité. Dans une même veine,
nous pourrions citer également Redneck Zombies
de Pericles Lewnes, autre production Troma
Entertainment
dans laquelle, cette fois-ci en 1989, des individus se transforment
en zombies après être entrés en contact avec un bidon de ces mêmes
déchets radioactifs abandonné dans une forêt !
Quelques
rares exemples de longs-métrages pas vraiment sérieux sur la forme
et parfois, excessivement gore. Doté d'un budget que l'on devine
aussi riquiqui que ceux alloués aux productions de Michael Herz et
Lloyd Kaufman, The Crawlers,
également connu sous le titre Contamination.7,
prend pour cadre une petite bourgade de l'Amérique profonde. Ici,
pas de rednecks mais un propriétaire de centrale nucléaire et un
shérif corrompus jusqu'à la moelle. Les héros ? Un groupe de
jeunes gens parmi lesquels, une jeune femme revenant dans sa ville
natale des années après s'être installée dans une grande ville.
Celle-ci réapparaît comme par hasard au moment où d'horribles
événements vont se produire. En effet, alors que le propriétaire
de l'usine produisant des déchets radioactifs s'en débarrasse en
les faisant jeter dans la forêt alentour, la nature commence à se
comporter de manière tout à fait inattendue. Effectivement, comme
mues par une force invisible, les racines des arbres sortent de terre
et avancent vers les habitations où elles s'attaquent à leurs
propriétaires. C'est aidée de ses amis et de sa famille que Josie
(l'actrice Wanja Mary Sellers) va tenter d'alerter les autorités, à
défaut de quoi, le groupe tentera lui-même d'endiguer la lente mais
irrémédiable progression meurtrière des végétaux... Aussi
absurde que puisse être le sujet, The Crawlers
fonctionne
malgré tout et ce, sans être trop ridicule. La chose n'étant pas
vraiment inédite, Sam Raimi avait déjà visuellement mis en
pratique l'assaut et le viol d'une jeune femme par les branches d'un
arbre dans le film d'horreur culte Evil Dead
en
1981 ! Ici, rien d'aussi remarquablement créatif. L'on est plus
proche d'une petite production à la manière de
Kingdom of the Spiders de
John « Bud » Cardos. Les araignées étant donc ici remplacées par
des racines. Relativement répétitif, le long-métrage de Joe
D'Amato et Fabrizio Laurenti réserve cependant deux ou trois plans
gore plutôt sympathiques et efficaces. En revanche, l'on
n'adouberons absolument pas l'infâme partition musicale composée
par Carlo Maria Cordio qui dans le genre ''soupe'' est moins proche
d'un velouté que de ces vieilles préparations à base de légume
majoritairement constituées d'eau que nos vieux nous infligeaient
voilà un demi siècle ! Au final, The
Crawlers se
regarde sans déplaisir. Comme un téléfilm du dimanche soir sur M6.
Une curiosité qui n'a rien de mémorable mais qui aura le mérite de
remplir un début de soirée morose...

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