Nous
poursuivons ce qui à l'origine ne devait normalement pas être un
cycle consacré à Christophe Lambert mais qui semble finalement en
prendre la direction. Pour la raison un peu spéciale qui veut que je
sois un peu gêné par l'incroyable acharnement du public envers cet
acteur qui n'est quand même pas mauvais au point d'être rangé dans
le même registre que Steven Seagal ou Jean-Claude Vandamme.
Je ne vais
sans doute pas me faire davantage d'amis en parlant aujourd'hui de
Fortress. œuvre australo-américaine signée par
Stuart Gordon, le papa du cultissime Re-Animator. Ce
qui n'étonne pas vraiment quand on découvre les quelques effets
gore qui parsèment ce petit film de science-fiction.
Le cinéaste
installe son intrigue dans un futur proche. Les ressources se font si
rares qu'un seul enfant par foyer est désormais autorisé. Karen B.
et John Henry Brennick ont perdu le leur mais en attendent un second.
Lors d'un passage à la frontière, ils sont démasqués. Karen
parvient à prendre la fuite mais John, lui, est arrêté puis emmené
dans une prison de la société MENTEL. Le voici désormais incarcéré
dans la Forteresse. Une prison souterraine située en plein désert
et d'où personne n'est jamais parvenu à s'enfuir.
Mais bien
sûr, vous l'aurez compris, Christophe est arrivé, sans s'presser.
Fortress cultive l'art de piocher dans les classiques.
Vous y trouverez des méchants, très méchants, et des gentils,
vachement sympathiques. D'un côté, Vernon Wells (Commando),
Tom Towles (Henry, Portrait d'un Tueur en Série) et
Kurtwood Smith (Robocop, le seul, le vrai l'unique
signé Paul Verhoeven). Et de l'autre, outre notre Cri-Cri d'amour,
Lincoln Kilpatrick (Prison. Comme
quoi on ne change pas une recette qui marche), Clifton Collins Jr.
(Star Trek), sans oublier l’immanquable,
l'indispensable et l’inénarrable Jeffrey Combs et son éternel
regard halluciné. Le cinéaste et l'acteur se retrouveront sur cinq
plateaux de tournages différents, comptant les différentes suites
de Re-Animator, ainsi, que le surestimé From
Beyond.
Je fais du
remplissage, certes, mais que puis-je dire sur ce Fortress
sinon qu'il n'a jamais marqué, et ne marquera sans doute pas
davantage le futur du septième art. On commence à saisir le sens du
terme mauvais acteur lorsque l'on découvre ChristopheR
Lambert dans ce film. C'est vrai qu'il n'est pas très bon. Faut dire
qu'après une course-poursuite, une séparation d'avec son épouse et
une incarcération, il aurait été de bon ton de laisser son
personnage respirer. Les méchants sont vraiment caricaturaux. Tawles
et Wells sont deux fieffés bourrins. Le Q.I additionné de leurs
deux personnages, ne doit pas dépasser celui d'un nasique perché
sur une branche et balançant son tarin au dessus du vide. Fortress
est un savant mélange de science-fiction mâtinée de tout un
tas de genres qui s'entrechoquent et qui au final donnent un résultat
au dessus de tous soupçons. La quête de fuite du personnage
principal ne suffisant pas, on rameute sa femme histoire de lui
mettre un supplément de désir de vengeance dans la tête. Le
directeur est aussi dingue que la moitié des prisonniers, du moins,
aussi sadique, et cache un secret épouvantable qui augmente encore
l'aspect « je mets sur pellicule tout ce que j'ai dans la
tête, je secoue, et je sers » ruinant toute crédibilité.
En même temps, c'est de la S.F. Quoique, Fortress ressemble en
réalité à une œuvre fantastique.
Oubliez La
Ligne Verte et Les Evadés. Ici, les cellules
puent la testostérone génétiquement modifiée. Adieu poésie !
Fortress est
viscéralement primaire et cache malheureusement mal ses véritables
intentions. Résultat : le film est bof ! Bof !





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