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dimanche 4 janvier 2026

L'union sacrée d'Alexandre Arcady (1989) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

''Cette histoire est une fiction. La réalité est tout aussi cruelle''


En Europe et de manière plus générale dans tout l'Occident, le terrorisme islamiste est devenu l'une des principales causes de préoccupation de la part des peuples et des politiques. Rien qu'en France et entre 2000 et 2025 l'on dénombre entre trois-cent cinquante et quatre-cent attentats motivés par l’extrémisme islamiste. Et c'est sans compter sur les tentatives avortées déjouées par différents services au titre desquels l'on peut notamment citer la DGSI, la DGSE, l'Armée ou la Police Nationale... Parmi les œuvres de fiction inspirées ou non de faits réels ayant traité plus ou moins directement du sujet, l'on peut citer L’Assaut de Julien Leclercq en 2010 sur la Prise d’otages du vol Air France Alger-Paris en 1994, Made in France de Nicolas Boukhrief en 2015 sur l'Infiltration d’une cellule djihadiste en région parisienne, Nos patriotes de Gabriel Le Bomin en 2017 sur la Radicalisation en prison et sur les dérives idéologiques ou plus récemment, Vous n’aurez pas ma haine de Kilian Riedhof et Revoir Paris d'Alice Winocour tous deux réalisés en 2022 et plus ou moins inspirés des attaques terroristes survenues sur notre territoire le 13 novembre 2015. Maintenant, s'agissant de la relation entre peuple arabe, juif et autres communautés, plusieurs longs-métrages français ont traité du sujet à divers degrés de sérieux, de réalisme ou de fantaisie. Parmi eux, l'un des plus notables demeure bien évidemment la comédie culte de Gérard Oury, Les aventures de Rabbi Jacob en 1973. Plus récemment, Philippe de Chauveron a réalisé entre 2014 et 2021 les trois volets de la série de films Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? Juif, Maghrébin, français dit ''de souche'' et asiatique y sont ainsi représentés de façon relativement légère. Maintenant, remontons jusqu'en 1989 avec L'union sacrée d'Alexandre Arcady, cinéaste dont les principales préoccupations sont généralement portées sur le communautarisme, l'immigration, les liens familiaux ou la criminalité. Des thèmes que l'on retrouve en grande partie dans ce polar qui réunit un fameux casting mettant tout d'abord en avant Patrick Bruel et Richard Berry. Originaire d'Algérie, le premier quitte son pays de naissance pour rejoindre la France durant son enfance. Quant au second, il naît à Paris au tout début des années cinquante. Patrick Bruel incarne Simon Atlan, un policier de la brigade des stupéfiants d'origine juive, père d'un jeune garçon et séparé de son ex-épouse Lisa Vernier (l'actrice Corinne Dacla). Quant à Richard Berry, il interprète le rôle de Karim Hamida, un flic de la DGSE infiltré parmi les membres de la brigade des stupéfiants dirigée par le commissaire Joulin (Bruno Cremer) sur commande de son supérieur, le colonel Revers (Claude Brasseur).


'' - Ils sont Nombreux ? (Simon Atlan) - '' Une poignée. Mais si on ne les arrête pas, ils seront partout !'' (Karim Hamida)


Le duo Bruel/Berry fait figure de personnages centraux d'un Buddy Movie dans lequel deux hommes qui ne partagent ni la foi religieuse, ni les origines et ni les méthodes de travail vont devoir bosser ensemble. Si Simon se montre ''instable'', Karim est nettement plus ''réfléchi''. Les deux hommes vont devoir démanteler un réseau de cocaïne non coupée qui fait des ravages parmi les étudiants qui meurent en général d'avoir consommé la drogue pure ! Si les rapports entre les deux hommes sont d'abord compliqués, ils vont laisser leurs différences de côté pour mener à bien leur mission et ainsi faire tomber un certain Ali Radjani (excellent Saïd Amadis), un diplomate du Moyen-Orient impliqué dans un réseau d'islamistes radicalisés directement responsables de la diffusion de la cocaïne dans les lycées français... Tout en retrouvant plusieurs de ses acteurs fétiches, Alexandre Arcady se rapproche déjà à l'époque de sujets qui continuent aujourd'hui à alimenter les médias et la peur des citoyens. Reposant sur un script du réalisateur lui-même et des scénaristes Daniel Saint-Hamont et Pierre Aknine, L'union sacrée s'inspire en outre de divers événements. À commencer par l'affaire Wahid Gordji. Un diplomate iranien soupçonné quelques années auparavant d'avoir supervisé des réseaux islamistes dans l'hexagone avant d'être discrètement extradé dans son pays d'origine. Le long-métrage illustre sur le ton du polar le lien entre trafic de drogue et terrorisme. Toujours attaché à la famille, Alexandre ne manque pas d'évoquer les liens qui unissent Simon à son fils, son ex-femme, son oncle ou encore sa mère Blanche qui à l'écran est interprétée par Marthe Villallonga qui dix ans après avoir incarné le rôle de Marguerite Narboni dans Le coup de sirocco déjà signé Alexandre Arcady joue pour la seconde fois celui de la mère du héros interprété ici par Patrick Bruel. Plus de trente-cinq ans après sa sortie en salle, L'union sacrée reste une œuvre divertissante, réaliste, quelque peu visionnaire et donc tout à fait d'actualité...

 

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