''Cette histoire est une fiction. La réalité est tout aussi cruelle''
En Europe et de manière plus
générale dans tout l'Occident, le terrorisme islamiste est devenu
l'une des principales causes de préoccupation de la part des peuples
et des politiques. Rien qu'en France et entre 2000 et 2025 l'on
dénombre entre trois-cent cinquante et quatre-cent attentats motivés
par l’extrémisme islamiste. Et c'est sans compter sur les
tentatives avortées déjouées par différents services au titre
desquels l'on peut notamment citer la DGSI,
la DGSE, l'Armée ou
la Police Nationale... Parmi les œuvres de fiction inspirées ou non
de faits réels ayant traité plus ou moins directement du sujet,
l'on peut citer L’Assaut de
Julien Leclercq en 2010 sur la Prise d’otages du vol Air France
Alger-Paris en 1994, Made in France de
Nicolas Boukhrief en 2015 sur l'Infiltration d’une cellule
djihadiste en région parisienne, Nos patriotes de
Gabriel Le Bomin en 2017 sur la Radicalisation en prison et sur les
dérives idéologiques ou plus récemment, Vous n’aurez
pas ma haine de Kilian
Riedhof et Revoir Paris
d'Alice Winocour tous deux réalisés en 2022 et plus ou moins
inspirés des attaques terroristes survenues sur notre territoire le
13 novembre 2015. Maintenant, s'agissant de la relation entre peuple
arabe, juif et autres communautés, plusieurs longs-métrages
français ont traité du sujet à divers degrés de sérieux, de
réalisme ou de fantaisie. Parmi eux, l'un des plus notables demeure
bien évidemment la comédie culte de Gérard Oury, Les
aventures de Rabbi Jacob
en 1973. Plus récemment, Philippe de Chauveron a réalisé entre
2014 et 2021 les trois volets de la série de films Qu'est-ce
qu'on a fait au Bon Dieu ?
Juif, Maghrébin, français dit ''de souche'' et asiatique y sont
ainsi représentés de façon relativement légère. Maintenant,
remontons jusqu'en 1989 avec L'union sacrée
d'Alexandre
Arcady, cinéaste dont les principales préoccupations sont
généralement portées sur le communautarisme, l'immigration, les
liens familiaux ou la criminalité. Des thèmes que l'on retrouve en
grande partie dans ce polar qui réunit un fameux casting mettant
tout d'abord en avant Patrick Bruel et Richard Berry. Originaire
d'Algérie, le premier quitte son pays de naissance pour rejoindre la
France durant son enfance. Quant au second, il naît à Paris au tout
début des années cinquante. Patrick Bruel incarne Simon Atlan, un
policier de la brigade des stupéfiants d'origine juive, père d'un
jeune garçon et séparé de son ex-épouse Lisa Vernier (l'actrice
Corinne Dacla). Quant à Richard Berry, il interprète le rôle de
Karim Hamida, un flic de la DGSE
infiltré parmi les membres de la brigade des stupéfiants dirigée
par le commissaire Joulin (Bruno Cremer) sur commande de son
supérieur, le colonel Revers (Claude Brasseur).
'' - Ils sont Nombreux ? (Simon Atlan) - '' Une poignée. Mais si on ne les arrête pas, ils seront partout !'' (Karim Hamida)
Le
duo Bruel/Berry fait figure de personnages centraux d'un Buddy
Movie
dans lequel deux hommes qui ne partagent ni la foi religieuse, ni les
origines et ni les méthodes de travail vont devoir bosser ensemble.
Si Simon se montre ''instable'', Karim est nettement plus
''réfléchi''. Les deux hommes vont devoir démanteler un réseau de
cocaïne non coupée qui fait des ravages parmi les étudiants qui
meurent en général d'avoir consommé la drogue pure ! Si les
rapports entre les deux hommes sont d'abord compliqués, ils vont
laisser leurs différences de côté pour mener à bien leur mission
et ainsi faire tomber un certain Ali Radjani (excellent Saïd
Amadis), un diplomate du Moyen-Orient impliqué dans un réseau
d'islamistes radicalisés directement responsables de la diffusion de
la cocaïne dans les lycées français... Tout en retrouvant
plusieurs de ses acteurs fétiches, Alexandre Arcady se rapproche
déjà à l'époque de sujets qui continuent aujourd'hui à alimenter
les médias et la peur des citoyens. Reposant sur un script du
réalisateur lui-même et des scénaristes Daniel Saint-Hamont et
Pierre Aknine, L'union sacrée
s'inspire en outre de divers événements. À commencer par l'affaire
Wahid Gordji. Un diplomate iranien soupçonné quelques années
auparavant d'avoir supervisé des réseaux islamistes dans l'hexagone
avant d'être discrètement extradé dans son pays d'origine. Le
long-métrage illustre sur le ton du polar le lien entre trafic de
drogue et terrorisme. Toujours attaché à la famille, Alexandre ne
manque pas d'évoquer les liens qui unissent Simon à son fils, son
ex-femme, son oncle ou encore sa mère Blanche qui à l'écran est
interprétée par Marthe Villallonga qui dix ans après avoir incarné
le rôle de Marguerite Narboni dans Le coup de
sirocco
déjà signé Alexandre Arcady joue pour la seconde fois celui de la
mère du héros interprété ici par Patrick Bruel. Plus de
trente-cinq ans après sa sortie en salle, L'union
sacrée
reste une œuvre divertissante, réaliste, quelque peu visionnaire et
donc tout à fait d'actualité...



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