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jeudi 17 septembre 2026

Disforia de Christopher Cartagena González (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Franchement ? Je ne suis pas peu fier de ne pas avoir partagé le même engouement que la plupart de celles et ceux qui ont découvert Disforia du réalisateur, scénariste et producteur originaire d'Elche en Espagne, Christopher Cartagena González. Par trop effrayé à l'idée de ressembler à ces vagues de mollusques qui se ruent sys-té-ma-ti-que-ment devant les salles de cinéma dès qu'un film de super-héros, de zombies, de fantômes ou comme ici de cinéma de science-fiction dystopique, je ne me voyais pas assumer, le regard empli de tristesse et de honte, le fait d'être contrevenu à certains de mes principes. Lesquels, je l'avoue, se font pourtant régulièrement et tragiquement la malle... Cela fait des mois, si ce n'est des années que je hurle sur tous les toits que l'avenir de l'horreur au cinéma et sur le petit écran est moins organique que psychologique. Et voilà que débarque donc l'inattendu Disforia sur lequel reposait tous les espoirs d'un féru ET de science-fiction dystopique ET d'horreur ''pissecologique'' comme j'aime à le susurrer à l'oreille de ma modeste petite personne ! Cependant, cette psychologie, que l'on espère évoquée avec profondeur et sensibilité n'est qu'un objet de marketing surfait et surtout, relativement mensonger. Comme si l'aspartame avait le goût et la forme d'un morceau de sucre sans en être vraiment ! Tout le monde devrait logiquement s'accorder sur le fait qu'il n'y a rien de véritablement original dans la description d'un couple et de leur jeune fille désirant s'éloigner des grandes villes devenues de véritables souricières depuis que le monde s'est transformé en ce qu'il s'apprête probablement à devenir dans celui que nous connaissons. Pour son premier long-métrage, Christopher Cartagena González s'attaque à l'effondrement de notre société consécutive à une crise économique majeure. Esther (Fariba Sheikhan), Tomás (Eloy Azorin) et leur fille Say (Noah Casas) partent se réfugier dans leur maison de campagne, loin du bruit, de la fureur et de la violence citadine. Une demeure qu'ils ont prévu de vendre afin de quitter l'Espagne pour se rendre en France. Si l'idée d'un récit se déroulant en partie dans notre pays est plutôt séduisante sur le papier, à l'écran, ne croyez sans doute pas retrouver les vertes prairies de l'Hexagone puisque aucun des trois protagonistes n'aura le temps de passer la frontière pour y trouver refuge ! En effet, la petite famille reçoit la visite de Vera (Claudia Salas) avec laquelle Tomás a communiqué à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. Venue théoriquement acheter la demeure, la jeune femme fomente en réalité des projets beaucoup plus sombres que le simple achat d'une maison de campagne...


Découpé en deux parties, Disforia confronte le spectateur en servant un premier acte servant de révélateur aux maux intérieurs qui touchent le couple. Isolés dans leur habitation, le film est tout d'abord un huis-clos dans lequel sont évoqués le suicide, l'instinct maternel et donc l'isolement, rendant l'ensemble, il est vrai, quelque peu inconfortable. Un long moment passé en compagnie d'un couple dont on ne saisit pas toujours ce qui différencie le réel du mensonge. Horreur psychologique ? Oui, certes, mais parfois d'un chiant qui confine définitivement à l'ennui. Jusqu'à ce que débarque comme un cheval au galop ruant dans les brancards, Vera, jeune adepte des réseaux sociaux, tendance ''Dark Web''. Un sujet plutôt rares mais ici parfois central et surtout évoqué à la manière d'un script écrit par la main d'un auteur qui ne connait visiblement pas grand chose en matière de psychologie. Ouais, parce que Disforia, outre le fait que le long-métrage de Christopher Cartagena González se complaise à fourvoyer l'intimité de ses héros à travers une dystopie qui vire au Home Invasion, se joue de toute sobriété pour n'être rien de plus, rien de moins qu'une œuvre bâtarde où l'envahisseuse délivre ''son message'' en un minuscule coup de cuillère à pot ! Question psychologie, on repassera. Aucune tension, aucun suspens concernant ce nouveau personnage qui en l'espace de quelques dizaine de secondes montre son vrai visage. Il faut dire qu'avec ses quatre-vingt minutes, son auteur n'a pas le temps de tergiverser et plonge ses protagonistes dans un bain de violence que ces derniers redoutaient si jamais ils avaient pris la décision de demeurer en ville. Sans aucune finesse et sur un ton d'un classicisme à peine perturbé par le concept de violence filmée en direct à l'attention d'abominables followers en attente des exactions commises par Vera, Disforia s'avère être en fait d'une triste banalité... que l'on conseillera donc à celles et ceux qui demeurent néophytes en matière d'horreur psychologique, de science-fiction dystopique ou de Home Invasion et surtout pas à celles et ceux qui en ont un peu marre qu'on les prenne pour des vaches à lait en leur servant sans cesse la même recette...

 

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