Avant-propos...
Tout juste avant
d'évoquer le dernier long-métrage de Brad Anderson Worldbreaker,
j'aimerais insister sur le fait qu'en fidèle cinéphage
s'auto-définissant prétentieusement par le passé comme cinéphile,
j'ai toujours aimé le cinéma de l'auteur des géniaux Happy
Accidents
en 1999, Session 9
en 2001 et bien sûr de son très, très, très fameux The
Machinist
en 2004. Point d'orgue d'une carrière alors à son apogée me
semble-t-il pour un Brad Anderson qui malheureusement ne retrouvera
jamais vraiment cet état de grâce. Pas même avec les pourtant très
réussis Transsiberian
en 2009, The Call
en 2013, Hysteria en
2014, La fracture
en 2019 ou encore Blood
trois
ans plus tard. Une filmographie non dénuée de défauts, bien
évidemment, matérialisés à deux occasions. En 2010 tout d'abord,
avec le décevant L'empire des ombres,
puis en 2024, avec son avant-dernier projet intitulé The
Silent Hour...
Le futur auteur de Twilight of the Dead
qu'aurait dû réaliser George Romero de son vivant signe cette année
son retour après moins d'une année d'absence. Une courte échelle
de temps qui espérons-le aura suffit pour développer un script et
produire une mise en scène à la hauteur de ses plus brillants faits
d'arme...
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Worldbreaker
est donc le dernier long-métrage de l'américain Brad Anderson. Une
œuvre pratiquement passée sous silence puisque à moins d'avoir
échappé à une éventuelle vague promotionnelle, celui-ci ne semble
même pas avoir bénéficié d'un très important bouche à oreille.
S'agissant du dernier film de Brad Anderson, la présence au casting
de l'actrice serbo-russe naturalisée américaine Milla Jovovich a de
quoi nous rendre inquiets. Voire, prudents. Telle une ancienne
actrice porno reconvertie dans le cinéma traditionnel dont on
prévoit par avance qu'elle se mettra à poil à deux ou trois
occasions et quelles que soient les circonstances, l'ancienne vedette
du Cinquième élément
de Luc Besson et de la franchise Resident Evil
est
l'assurance d'une expérience faisandée au point d'approcher la
glorieuse étiquette d'icône du nanar des années 2000-2020 !
En effet, Milla Jovovich contamine tout ce qu'elle touche. Empoisonne
n'importe quel concept comme si tout ceux qui l'ont employée
jusqu'à aujourd'hui étaient incapables d'envisager de la faire
tourner dans autre chose que des films d'action et de science-fiction
bourrins. Et même si au fond Worldbreaker
nous épargne très souvent tout un tintamarre nocturne fait
d'explosions et de meurtres sanguinolents traduits par l'affrontement
entre une poignée de survivants et des créatures tantôt extraites
de fissures terrestres tantôt hybrides après que des hommes aient
été mordus par celle-ci, les quelques séquences mouvementées qui
tentent d'opérer une action sur l'envie de dormir du spectateur
confirment que l'on est bien devant une œuvre partiellement
interprétée par Milla Jovovich et moins devant celle d'un cinéaste
qui brilla de mille feux par le passé... Aujourd'hui, tout a changé
et vivant sur le continent dans l'attente qu'une nouvelle fissure
libère d'horribles créatures, un père (Luke Evans) et sa fille
Willa (Billie Boullet) tentent de survivre jusqu'au moment où ils
sont contraints de se réfugier sur une île déserte. Pendant ce
temps là, la mère de l'adolescente incarnée par Milla Jovovich
choisit de demeurer sur le front afin de combattre l'ennemi...
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Nous
serions tentés de dire ''tant mieux'' puisque les rares séquences
d'abrutissement intellectuel se déroulent justement lors des rares
interventions de l'actrice. Car en dehors de ces quelques passages
éminemment bourrins, Worldbreaker
se révèle plutôt sobre. D'abord, en matière de scénario, lequel
se résume à un père qui enseigne à sa fille comment survivre dans
un monde hostile régulièrement attaqué par deux types de créatures
appelées ''casseurs'' et ''hybrides'' (ces dernières étant des
victimes humaines mordues et transformées en ridicules araignées
humanoïdes!), ensuite, à travers l'incarnation sans éclat
particulier MAIS non dénuée d'une certaine émotion des deux
principaux interprètes. Et c'est bien ce que l'on retiendra du
long-métrage de Brad Anderson. Ce rapport d'un père à sa fille et
vice versa déversant son lot de séquences émouvantes dans un
contexte de film d'action franchement pas très fin (les créatures,
les quelques séquences d'action). Sans parler de ce message
néo-féministe dépassant de loin tout ce que l'on peut entendre de
plus stupide en matière de patriarcat, signifiant ainsi que le
cerveau masculin est simple, que l'homme est mauvais et que par
évidence, ces deux tares expliquent qu'il soit le seul à devoir se
transformer en hideuse créature hybride à la suite d'une morsure !
On a connu Brad Anderson plus fin, plus inspiré ! Réduisant
l'apparition des ''arachnides'' au strict minimum sans doute pour
raison financière, Worldbreaker
demeurera au final comme la plus faible contribution de son auteur au
cinéma même si, je le répète, les séquences intimistes entre le
père et sa fille restent plutôt touchantes. Bref, une déception...
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