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jeudi 9 avril 2026

Worldbreaker de Brad Anderson (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avant-propos...

Tout juste avant d'évoquer le dernier long-métrage de Brad Anderson Worldbreaker, j'aimerais insister sur le fait qu'en fidèle cinéphage s'auto-définissant prétentieusement par le passé comme cinéphile, j'ai toujours aimé le cinéma de l'auteur des géniaux Happy Accidents en 1999, Session 9 en 2001 et bien sûr de son très, très, très fameux The Machinist en 2004. Point d'orgue d'une carrière alors à son apogée me semble-t-il pour un Brad Anderson qui malheureusement ne retrouvera jamais vraiment cet état de grâce. Pas même avec les pourtant très réussis Transsiberian en 2009, The Call en 2013, Hysteria en 2014, La fracture en 2019 ou encore Blood trois ans plus tard. Une filmographie non dénuée de défauts, bien évidemment, matérialisés à deux occasions. En 2010 tout d'abord, avec le décevant L'empire des ombres, puis en 2024, avec son avant-dernier projet intitulé The Silent Hour... Le futur auteur de Twilight of the Dead qu'aurait dû réaliser George Romero de son vivant signe cette année son retour après moins d'une année d'absence. Une courte échelle de temps qui espérons-le aura suffit pour développer un script et produire une mise en scène à la hauteur de ses plus brillants faits d'arme...


Worldbreaker est donc le dernier long-métrage de l'américain Brad Anderson. Une œuvre pratiquement passée sous silence puisque à moins d'avoir échappé à une éventuelle vague promotionnelle, celui-ci ne semble même pas avoir bénéficié d'un très important bouche à oreille. S'agissant du dernier film de Brad Anderson, la présence au casting de l'actrice serbo-russe naturalisée américaine Milla Jovovich a de quoi nous rendre inquiets. Voire, prudents. Telle une ancienne actrice porno reconvertie dans le cinéma traditionnel dont on prévoit par avance qu'elle se mettra à poil à deux ou trois occasions et quelles que soient les circonstances, l'ancienne vedette du Cinquième élément de Luc Besson et de la franchise Resident Evil est l'assurance d'une expérience faisandée au point d'approcher la glorieuse étiquette d'icône du nanar des années 2000-2020 ! En effet, Milla Jovovich contamine tout ce qu'elle touche. Empoisonne n'importe quel concept comme si tout ceux qui l'ont employée jusqu'à aujourd'hui étaient incapables d'envisager de la faire tourner dans autre chose que des films d'action et de science-fiction bourrins. Et même si au fond Worldbreaker nous épargne très souvent tout un tintamarre nocturne fait d'explosions et de meurtres sanguinolents traduits par l'affrontement entre une poignée de survivants et des créatures tantôt extraites de fissures terrestres tantôt hybrides après que des hommes aient été mordus par celle-ci, les quelques séquences mouvementées qui tentent d'opérer une action sur l'envie de dormir du spectateur confirment que l'on est bien devant une œuvre partiellement interprétée par Milla Jovovich et moins devant celle d'un cinéaste qui brilla de mille feux par le passé... Aujourd'hui, tout a changé et vivant sur le continent dans l'attente qu'une nouvelle fissure libère d'horribles créatures, un père (Luke Evans) et sa fille Willa (Billie Boullet) tentent de survivre jusqu'au moment où ils sont contraints de se réfugier sur une île déserte. Pendant ce temps là, la mère de l'adolescente incarnée par Milla Jovovich choisit de demeurer sur le front afin de combattre l'ennemi...


Nous serions tentés de dire ''tant mieux'' puisque les rares séquences d'abrutissement intellectuel se déroulent justement lors des rares interventions de l'actrice. Car en dehors de ces quelques passages éminemment bourrins, Worldbreaker se révèle plutôt sobre. D'abord, en matière de scénario, lequel se résume à un père qui enseigne à sa fille comment survivre dans un monde hostile régulièrement attaqué par deux types de créatures appelées ''casseurs'' et ''hybrides'' (ces dernières étant des victimes humaines mordues et transformées en ridicules araignées humanoïdes!), ensuite, à travers l'incarnation sans éclat particulier MAIS non dénuée d'une certaine émotion des deux principaux interprètes. Et c'est bien ce que l'on retiendra du long-métrage de Brad Anderson. Ce rapport d'un père à sa fille et vice versa déversant son lot de séquences émouvantes dans un contexte de film d'action franchement pas très fin (les créatures, les quelques séquences d'action). Sans parler de ce message néo-féministe dépassant de loin tout ce que l'on peut entendre de plus stupide en matière de patriarcat, signifiant ainsi que le cerveau masculin est simple, que l'homme est mauvais et que par évidence, ces deux tares expliquent qu'il soit le seul à devoir se transformer en hideuse créature hybride à la suite d'une morsure ! On a connu Brad Anderson plus fin, plus inspiré ! Réduisant l'apparition des ''arachnides'' au strict minimum sans doute pour raison financière, Worldbreaker demeurera au final comme la plus faible contribution de son auteur au cinéma même si, je le répète, les séquences intimistes entre le père et sa fille restent plutôt touchantes. Bref, une déception...

 

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