Au sortir de la
projection de Adulthood
d'Alex Winter (à ne pas confondre avec le drame éponyme de Noël
Clarke sorti en 2008), une évidence s'impose : celle selon
laquelle les frères Joel et Ethan Coen n'ont pas fini d'inspirer
d'autres auteurs qu'eux. Tout comme le tout aussi récent Marty
Supreme
de Joshua Safdie, le dernier long-métrage du britannico-américain
empiète sur des terres aussi fertiles qu'hypothétiquement
incompatibles qui convaincront pourtant autant les amateurs de
comédies noires que de thrillers. Le film démarrant alors sur un
ton humoristique relativement burlesque avant de glisser lentement
mais assurément vers le polar sombre, désespéré, tout en
conservant cependant cette petite touche très second degré qui
empêche les personnages et par contraction, les spectateurs, de
tomber dans le désespoir le plus absolu ! Tout démarre par un
drame plutôt banal. Tandis que sa fille s'affaire dans la cuisine,
une vieille dame chute sur le sol de son salon. Verdict :
accident vasculaire cérébral ! De retour de Los Angeles, son
fils Noah Robles (Josh Gad) s'installe dans la demeure familiale
tandis qu'avec sa sœur Megan (Kaya Scodelario) , tous deux décident
de s'occuper de leur mère alitée dans une chambre d'hôpital.
Depuis des mois, l'infirmière Grace Briscoe (Billie Lourd) s'occupe
de la vieille femme au mépris, selon elle, des enfants de la
patiente. Visitant la cave inondée de leur mère, Noah et Megan
mettent à jour par accident la présence d'un cadavre vieux d'une
trentaine d'années. Supposant rapidement que les auteurs du crime ne
peuvent être que leurs parents, le frère et la sœur n'ont que deux
options. Soit avertir la police, soit faire disparaître le corps en
l'enfouissant au fond d'un marais où selon Noah, personne ne se rend
jamais. Choisissant cette dernière option, ils transportent le corps
qui dès le lendemain est pourtant retrouvé par la police. En
gardant le silence, l'on suppose que nos deux protagonistes auraient
pu s'épargner tout ce qui va suivre mais c'était sans compter sur
la présence de l'infirmière justement. Qui sous couvert de ne pas
supporter l'attitude de Noah et Megan vis à vis de leur propre mère
décide au sens propre comme au figuré de leur faire payer leur
''complaisance''...
En
fumeur de joint et en joueur de jeux vidéos compulsif, le personnage
incarné par Josh Gad rappelle sensiblement Nick Frost qui bien avant
lui interprétait Ed, adulte immature confronté aux côtés de son
ami Shaun (Simon Pegg) à une vague de zombies en Angleterre dans le
film culte, Shaun of the Dead.
Même appétence pour les drogues, même attitude adolescente et
irresponsable. Bref, un personnage qui vis à vis des événements
qui vont se produire dans l'existence de sa sœur et lui pue
l'antinomie à plein nez ! On le sait, lorsqu'un individu, de
sexe masculin ou non, menace un protagoniste de révéler à la
police un meurtre auquel ce dernier est indirectement lié si
celui-ci refuse de lui verser une forte somme d'argent, rien ne
prouve qu'ensuite il n'en réclamera pas davantage. C'est là
qu'intervient Bodie Geller (Anthony Carrigan), le cousin des frère
et sœur Robles. Un type instable, dont le regard et l'attitude
peuvent impressionner. Chargé de faire forte impression auprès de
Grace Briscoe afin qu'elle abandonne toute idée de faire chanter
Noah et Megan, les choses vont au contraire empirer... Si Adulthood
est comparable au cinéma des Frères Coen, c'est parce qu'il oscille
justement en permanence entre comédie, drame et thriller.
Constituant un enchaînement d'événements auxquels Noah et sa sœur
ne peuvent échapper, tout en demeurant en filigrane du récit,
l'humour s'efface pour laisser une plus grande place au thriller.
Avec son lot de meurtres pas toujours assumés par l'un ou l'autre de
nos deux héros. S'opère alors un étrange bouleversement au sein de
ce ''couple'' tout d'abord mal accordé au sujet de ce qu'il faudrait
faire pour avoir la paix une fois pour toute. Changeant ainsi
d'attitude et de morale jusqu'à devenir plus ou moins détestables !
Si la thématique de Adulthood
n'est pas forcément très originale, son traitement est tel que l'on
passe un très agréable moment devant ce tourbillon de meurtres, de
chantages d'où ne sourd qu'un point relativement négatif : la
piètre enquête policière menée par la lieutenante Zell (Camille
James). Personnage au fond très secondaire et dont la présence
n'apporte pas grand chose d'essentiel au récit. Au delà de cette
petite coquille, le long-métrage d'Alex Winter est une très bonne
surprise...
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