Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Rupert Everett. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rupert Everett. Afficher tous les articles

dimanche 18 août 2024

She Will de Charlotte Colbert (2022) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a encore deux heures, le concept d'Elevated Horror était un schéma de cinéma qui m'était relativement flou. Pour ne pas dire totalement étranger. Et après une projection longue de quatre-vingt quinze minutes, j'étais près à le bannir de mon vocabulaire et de mes futures nuits cinéphagiques tant She Will de Charlotte Colbert m'apparut d'une inconsistance crasse. S'intégrant dans le courant actuellement bien rôdé du cinéma d'horreur post-Metoo dont font désormais parti Men d'Alex Garland, Invisible Man de Leigh Whannell, deux œuvres au demeurant tout à fait satisfaisantes, ainsi que, paraît-il, Promising Young Woman d'Emerald Fennell sur lequel se sont penchés tant de critiques virulents qu'il faudra bien qu'un jour j'y jette un œil, She Will est une immense déception... Bannir ? L'Elevated Horror ? Peut-être pas finalement puisque après quelques recherches, je découvrais que parmi une liste de films longue comme la Loire s'inscrivaient notamment des œuvres telles que The Witch de Robert Eggers, Possessor de Brandon Cronenberg, Midsommar d'Ari Aster, Eraserhead de David Lynch ou encore Under the Skin de Jonathan Glazer. Bref, que des petites merveilles (si l'on ne tient évidemment pas compte de la merde que réalisa l'amateur d'onanisme David Lowery en 2017, A Ghost Story) dont ne fait par contre absolument pas partie She Will. Je veux bien pardonner ce faux pas d'une réalisatrice qui là se lance dans son premier long-métrage (après trois courts, format qu'elle aurait également dû consacrer à sa dernière création) mais mon dieu que She Will peut être insignifiant. Qu'il s'agisse du sujet du patriarcat évoqué avec la finesse d'un hippopotame passant entre les rayons d'une cristallerie ou de celui du traumatisme vécu par l'héroïne qui pour le coup est remarquablement incarnée par Alice Krige, le premier long-métrage de Charlotte Colbert est raté ! Produit par le réalisateur italien Dario Argento qui s'y connaît pourtant tout particulièrement en sorcellerie puisqu'il fut lui-même auteur d'une trilogie formée autour de Suspiria en 1977, Inferno en 1980 et tardivement conclue avec La Terza Madre en 2007 !


N'étant plus tout à fait une valeur sûre du cinéma d'horreur et d'épouvante bien que son dernier film Occhiali Neri ne soit pas le plus mauvais qu'il ait mis en scène voilà deux ans, il lui arriva de produire quelques très bonnes pellicules par le passé comme le Dawn of the Dead de l'américain George Romero. Mais c'était il y a bien longtemps et aujourd'hui l'on n'est jamais certain que Dario Argento puisse encore nous faire rêver. En tant qu'auteur ainsi qu'en tant que producteur puisque She Will est une proposition de cinéma horrifique auteurisant des plus dispensable. Disposant d'un cadre exceptionnel (celui de l’Écosse) et de techniciens de talent (décors et photographies sont absolument remarquables), le scénario de Charlotte Colbert et Kitty Percy est un panier percé qui a laissé s'échapper son contenu au fil du récit. Alors oui, She Will est parfois magnifique. Des extérieurs jusqu'à certaines séquences nocturnes véritablement flamboyantes (le sabbat autour du feu) accompagnées par l'envoûtante partition du compositeur britannique Clint Mansell, d'un point de vue artistique, esthétique, rien à dire, c'est presque un sans fautes. Mais pour le reste, le film de la réalisatrice n'est qu'un pompeux exercice de style auquel d'autres se sont adonnés avec autrement plus de talent. Une coquille vide, voilà ce qu'est She Will, une œuvre abusivement adoubée par celles et ceux qui ne souffrent certainement plus de ce cinéma adolescent et bis qu'avaient toujours représenté les œuvres horrifiques et qui aujourd’hui et plus que jamais veut entrer dans la cour des grands. Mais pour cela, encore faut-il avoir les épaules larges et le dos solide pour supporter un tel challenge. Les prétentions et les ambitions de Charlotte Colbert collent malheureusement assez mal au conflit qui oppose l'écriture à l'esthétique. On pourra toujours arguer que dans le domaine de l'Elevated Horror She Will est mille fois plus ''vivant'' que la merde intégrale, hautaine et arrogante de David Lowery. Mais cela ne suffit pas pour en faire un bon film. En général, lorsque durant la projection l'on se demande quand va vraiment démarrer l'intrigue et qu'en consultant notre montre (ou notre smartphone) l'on s'aperçoit que le film a déjà commencé depuis une heure, ça sent pas très bon. Et dans le cas de She Will, cela sent même très mauvais...

 

samedi 11 mars 2023

Dellamorte Dellamore de Michele Soavi (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Hommage à ce grand monsieur qu'était François Hadji-Lazaro, fondateur des groupes de rock alternatif français Pigalle et Les garçons bouchers qui s'est éteint le 25 février dernier. Mais plutôt que de revenir sur sa fructueuse carrière de chanteur et de multi-instrumentiste complétée par une poignée d'albums solos, cet article est l'occasion de revenir non pas sur le chanteur et musicien qu'il était mais sur l'acteur qu'il fut également, devenant ainsi en 1994 l'un des interprètes principaux de Dellamorte Dellamore, œuvre signée du réalisateur italien Michele Soavi qui en 1987 signa pas moins que l'un des chefs-d’œuvre du cinéma horrifique transalpin avec Deliria (ou Bloody Bird à l'internationale). Dans la séquence d'introduction, le gardien de cimetière Francesco Dellamorte (l'acteur britannique Rupert Everett) reçoit la visite d'un homme au teint blafard et au regard exorbité. Ni une, ni deux, il se saisit de son arme et tire une balle dans la tête de l'individu qui s'effondre au sol. Une courte scène d'ouverture qui fait très clairement référence à un autre réalisateur italien, sans doute le plus grand auteur de la Botte dans le domaine de l'horreur putride et gore, Lucio Fulci. Le son que produit le tir et l'aspect du zombie semblant sortir tout droit de l'une des œuvres crépusculaires que le cinéaste auteur de L'enfer des Zombies, de L'au-delà, de Frayeurs ou de La maison près du cimetière consacra aux morts-vivants durant sa carrière... L'on distingue alors le détachement du personnage de Francesco qui afin d'opérer cette sommaire exécution à laissé l'homme qu'il avait au bout du fil avant de le reprendre ensuite tout en allumant en toute quiétude une cigarette. Ce qui apparaît comme un détail apporte un semblant d'explication quant à la manière de fonctionner du jeune gardien. Un acte presque anodin, perpétré de nuit dans un cimetière où aura principalement lieu l'intrigue. Accompagné par la musique de Riccardo Biseo et Manuel De Sica (ce dernier collabora en outre avec son père, le réalisateur Vittorio De Sica, ainsi que Dino Rizi ou encore Joe D'Amato), Dellamorte Dellamore est l'objet d'un véritable culte. Et notamment en France puisque certains le considèrent comme une œuvre intouchable et aux indiscutables qualités visuelles... Le film remportera d'ailleurs dans notre pays le prix du jury lors de la seconde édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer en 1995 ainsi que d'autres récompenses dans plusieurs pays...


Co-produit par l'Italie, l'Allemagne et la France, le film accueille en son sein des interprètes d'origines diverses. Outre l'acteur britannique l'on retrouve donc l'actrice italienne Anna Falchi dans le rôle de Elle, une jeune et très jolie veuve fascinée par la mort qui entretiendra une idylle de courte durée avec Francesco avant de connaître un triste sort. L'acteur américain Mickey Knox incarne quant à lui le commissaire Straniero tandis que M/ichele Soavi s'offre un caméo en apparaissant à l'image lors d'une séquence située en ville. Reste donc François Hadji-Lazaro qui lui interprète le personnage de Gnaghi, l'assistant de Francesco légèrement débile qui de son côté va lui-même connaître l'amour avec la tête de la fille du maire récemment décédée dans un accident de voiture particulièrement gore ! Rendu fou de douleur après la seconde mort d'Elle qui comme de nombreux autres cadavres reviendra à la vie une fois enterrée dans le cimetière, Francesco perdra la tête et se rendra en ville afin de tuer quelques habitants. Constitué en outre de tableaux morbides de toute beauté (le cimetière et l'ossuaire demeurant visuellement remarquables), Dellamorte Dellamore repose d'abord et avant tout sur ses qualités esthétiques et moins sur son scénario largement prévisible et sur l'étrange tonalité de l'ensemble. Film d'horreur parfois très graphique bénéficiant d'effets-spéciaux appréciables, le long-métrage du réalisateur italien n'est pas toujours très sérieux et flirte même avec la comédie. Une histoire d'amour zombiesque d'une très grande beauté et où Rupert Everett cabotine un brin tandis que François Hadji-Lazaro demeure désespérément muet en dehors de quelques borborygmes, effectuant les tâches les plus ingrates (c'est lui qui en effet creuse les trous ou nettoie les allées du cimetière). Mélange de romance, de gothique, de comédie et de gore, Dellamorte Dellamore est une œuvre singulièrement drôle et tragique à la fois. Michele Soavi signait là l'un de ses meilleurs films et confirmait tout le bien que l'on pensait de lui...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...