dimanche 13 août 2017

Les Mythes du Cinéma Fantastique: Le Mort-Vivant: White Zombie de Victor Halperin (1932)



Neil Parker et Madeleine Short s'apprêtent à se marier dans la luxueuse demeure de leur hôte Charles Beaumont aux Antilles. Ayant fait connaissance avec la jeune femme peu de temps auparavant, Beaumont est littéralement tombé sous son charme et cette invitation n'est en fait qu'un leurre afin de prendre possession de Madeleine avant qu'elle ne se marie avec son fiancé. C'est ainsi que Beaumont fait appel à un sorcier vaudou du nom de Legendre. Un maître puissant dans l'art de manier les sciences occultes et qui vit entouré d'une armée d'esclaves constituée de zombis. Les deux hommes mettent au point un stratagème visant à faire croire à Neil que Madeleine meurt afin de l'exhumer après l'enterrement.

Tout fonctionne parfaitement jusqu'au moment ou Neil, fou de douleur, se rend au cimetière pour constater que la tombe de sa promise a été profanée. Durant ce temps là, dans la demeure de Beaumont, rien ne se passe comme il l'avait prévu. La jeune femme ne possède plus cette étincelle de vie dans le regard qui plaisait à son hôte et son visage n'arbore plus le moindre sourire.

C'est ainsi qu'il demande à Legendre de trouver un moyen de faire machine arrière même si cela doit lui coûter la présence à ses côtés de Madeleine. Malheureusement, le sorcier vaudou a pour celle-ci ainsi que pour Beaumont, de bien funestes projets.

Pendant ce temps-là, Neil aidé du docteur Bruner, s'apprête à retourner dans la demeure de Beaumont afin de récupérer celle qu'il aime...

White Zombie de Victor Halperin est le tout premier film à aborder le thème des morts-vivants au cinéma. Nous sommes en 1932 et George Romero est encore loin d'avoir eu l'idée de rendre ces curieux individus anthropophages. Ici, il s'agit plutôt de mettre en scène des hommes victimes d'une magie noire directement inspirée du vaudou. C'est d'ailleurs ainsi que l'on se rend compte de la véracité d'un tel procédé qui n'a rien à voir avec le fantastique mais avec une alchimie provoquant une léthargie profonde de la part de ceux qui en sont victimes. Le sorcier responsable de cet état n'a alors plus qu'à venir exhumer sa victime afin d'en prendre possession et d'en faire son esclave.

Aujourd'hui le mort-vivant est un être au sang froid, décharné, déshumanisé et surtout anthropophage. Il dévore ses semblables vivants et ne meurt, selon les films, que d'une balle dans la tête (lorsqu'il n'est pas purement et simplement quasi-indestructible). Les morts-vivants de Victor Halperin n'ont comme signe distinctifs qu'une marche lente et laborieuse et pratiquement plus aucune conscience.


L'aspect fantastique de l’œuvre apparaît dans l'emprise que possède Legendre (Bela Lugosi) sur ses victimes qu'il hypnotise et contrôle ainsi à sa guise. La cruauté de certains des personnages s'exprime à différents degrés. Il y a d'abord Beaumont et son désir d'avoir en sa possession la jeune et jolie Madeleine. Agissant de façon suspecte pour son seul et unique intérêt, on le découvre braucoup plus humain à partir du moment où il désire faire machine arrière au prix de la perte de celle qu'il aime. Legendre, lui, personnifie le mal à l'état pur. Il n'a pas plus de conscience que l'armée de zombies qui le suivent dans ses pérégrinations nocturnes. C'est un démon qui asservie son prochain. Absolument antipathique, ce personnage possède également un charisme certain.

White Zombie est un excellent film, qui, il est vrai, à quelque peu vieilli. Mais c'est aussi et surtout un merveilleux témoignage. Celui des débuts des morts-vivants au cinéma. Car depuis, ces créatures se sont multipliées à une vitesse effarante, devenant ainsi dans le bestiaire fantastique, aussi nécessaires que les vampires ou les loups-garous.

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