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mercredi 8 avril 2020

Good Time de Joshua et Ben Safdie (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Constantine et Nick Nikas braquent une banque mais les choses tournent mal. Le contenu du sac contenant les billets contient une liasse piégée qui explose. Prenant la fuite, ils sont poursuivis par des agents de police qui finissent par arrêter Nick tandis que son frère parvient à leur échapper. Enfermé avec d'autres détenus, le premier est passé à tabac puis se retrouve à l’hôpital. D'abord convaincu de pouvoir réunir l'argent de la caution qu'exige un avocat véreux pour la libération de Nick, ''Connie'' comprend qu'il va devoir se débrouiller seul. Lorsqu'il apprend que son frère a été transféré aux urgence, il n'a plus qu'une obsession : le retrouver et l'aider à s'échapper. Mais son plan ne va pas se dérouler comme il l'avait prévu. En effet, convaincu d'avoir réussi à retrouvé Nick, il va très vite se rendre compte de son erreur. L'homme au visage bandé qu'il traîne inconscient derrière lui est un petit dealer qui a eu maille à partir avec les autorités. Pris sous l'aile d'une vielle femme et de sa petite-fille Crystal, Connie compte cependant profiter de l'opportunité que lui offre Ray qu'il a libéré à la place de son frère. L'homme lui raconte en effet qu'après avoir échappé à la police en compagnie de deux autres petite frappes, ceux-ci ont laissé derrière eux le fruit d'un vol dans un parc d'attraction. Connie propose alors à Ray de l'aider à récupérer l'argent et de le partager en deux. Une longue nuit s'ouvre alors aux deux hommes...

Deux ans avant Uncut Gems, les frères Joshua et Ben Safdie plongeaient déjà leurs protagonistes dans des situations ubuesques. Un cauchemar nocturne et nihiliste dans un New York anxiogène. Une course-poursuite infernale dont personne ou presque ne sortira indemne. Si Good Time prend dès le départ les allures d'un drame social qui expose un Nick déficient mental formidablement interprété par Ben Safdie, très vite, le contexte change pour muer en un thriller sombre et désespéré. Les feux de la rampe n'éclairent pas ici le modèle américain. Joshua et Ben Safdie semblent se complaire à décrire un univers où ne se côtoient que junkies, braqueurs de banque, avocat véreux et innocence ''perdue''. Comme plus tard avec leur dernier long-métrage Uncut Gems, les deux frangins poussent le curseur de la déliquescence à ce point que Good Time en devient pittoresque et même, presque amusant. Les deux cinéastes injectent en effet à leur thriller un ''shoot'' d'humour macabre qui désamorce si souvent la noirceur du propos que l'on fini par sourire devant l'étalage d'incompétences dont fait preuve le personnage de Connie interprété par l'acteur britannique Robert Pattinson qui ici, incarne la loose comme peu d'autres avant lui.

Toujours aussi caricaturaux, et comme soulignant la parenté de leur œuvre avec les polars les plus sombres et les plus emblématiques du septième art (on pense notamment parfois au cinéma d'Abel Ferrara, Sydney Lumet, Charles Laughton ou plus près de nous, A1lain Corneau ou Gaspar Noé), Joshua et Ben Safdie injectent là encore, des séquences visuellement cruelles témoignant d'une réalité sociale ''crasse''. Loin du buddy Movie ou deux caractères opposés s'affrontent, Good Time est un thriller réunissant un collège d'âmes en peine cherchant à s'en sortir par tous les moyens. Mais ceux que tentent d'utiliser les personnages ne sont pas dans le cas présent de ceux qui vous sortent de la merde mais vous y enfonce la tête. Il se dégage de leur avant dernier film, une poésie de la noirceur totalement jubilatoire qui ne souffre parfois que de vivre sur le fil du rasoir. Entre l'absurdité de certaines séquences outrageusement caricaturales (ce sort qui s'acharne avec constance sur les personnages), l'évocation éminemment touchante du lien qui unit les deux frères, la course-poursuite désespérée de ses anti-héros traquée en hauteur par d'agiles drones, la ''consternante'' habitude des frères Safdie à ne pas vouloir caresser le spectateur dans le sens du poil et l'ample score de Oneohtrix Point Never, Good Time est de ces cauchemars dont on n'a pas du tout envie de se réveiller...

mardi 7 avril 2020

Uncut Gems de Joshua et Ben Safdie (2020) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec leur dernier long-métrage Uncut Gems, Joshua et Ben Safdie, notamment auteurs de Mad Love in New York en 2014 et Good Time en 2017 signent une œuvre pour le moins touffue, œuvre hybride confrontant l'absurdité de l'univers des frères Coen à la noirceur d'Abel Ferrara. On retrouve chez eux, l'esprit cartoonesque des premiers mêlé au nihilisme du second. C'est d'ailleurs sans doute l'auteur du traumatisant Bad Lieutenant et son flic pourri jusqu'à l'os que l'on rapprochera surtout du ''héros'' de Unct Gems. Et s'il ne porte pas sur lui d'insigne ou de flingue, il semble parfois difficile de dissocier le remarquable Harvey Keitel d'Adam Sandler, qui dans la peau du bijoutier Howard Ratner, pari sur des matchs de basket, accumule les dettes et prend le risque de recevoir une balle dans la tête. Marié à une épouse qui le méprise au point de ne plus supporter de le regarder en face ou de le toucher, amant d'une prostituée folle amoureuse de lui (Julia Fox, joli brin de fille qui débutait là sa carrière d'actrice au cinéma), poursuivi par son beau-frère Arno (l'acteur Eric Bogosian qui interpréta notamment le rôle du méchant face à Steven seagal en 1995 dans Under Siege 2: Dark Territory de Geoff Murphy) lequel lui met entre les pattes deux de ses hommes le bijoutier est en possession d'une gemme dont il compte bien tirer un million de dollars lors d'une vente aux enchères. Howard est le genre d'individu qu'il vaut mieux ne pas croiser sur sa route. Et encore moins fréquenter. Prototype même du type qui cherche les ''embrouilles'', il va non seulement mettre sa vie en danger mais également celle de ses proches. À moins qu'il ne parvienne finalement à remporter la mise d'un million et demi de dollars qu'il espère empocher à l'issue d'un match de basket auquel participera le grand basketteur Kevin Garnett.

S'il demeure un fait que l'on ne peut contredire, c'est le soin apporté à la mise en scène des frères Sadfie. Même pas quarante ans et ces deux là ont déjà tout compris en la matière. Uncut Gems est une furieuse plongée dans un New York bouillonnant. Et pourtant, le récit qu'ils nous livrent semble en total décalage avec l'univers qui entoure les personnages. Il n'y a qu'à voir à quel point le monde extérieur se passe d'eux pour vivre et dans quelle mesure Howard, Arno, Gooey (l'acteur Judd Hirsch) ne semblent jamais vraiment s'extraire de l'univers auquel leur interprète respectif est censé appartenir. Une diffraction. Un monde parallèle où la fiction rejoint la réalité sans pourtant jamais s'y frotter réellement. C'est peut-être en cela que l’œuvre de Joshua et Ben Safdie ressemble tant à celle des frères Coen. Où quand l'humour s'invite au cœur d'un polar sombre et désespéré au point que l'on ne sait plus s'il faut rire ou s'inquiéter du sort des protagonistes.

Howard est un type d'ailleurs pour lequel on s'inquiétera relativement peu puisque les frères Sadfie ont choisi l'option de n'en faire jamais quelqu'un de sympathique. Tout ceci n'est que subjectif mais, on se demande souvent si les rires qui nous échappent sont autorisés. Joshua et Ben Safdie composent avec Uncut Gems une sorte de vade-mecum du thriller. Et c'est sans doute la raison pour laquelle il arrive que l'on pouffe de rire alors que la gravité du sujet ne s'y prête pas forcément. En accumulant tous les poncifs inhérents au genre et en faisant porter à la charge du ''héros'' tous les malheurs du monde, le long-métrage finit par se parodier lui-même. Et pourtant, oui, le film fonctionne. Dès lors que l'on accepte ce mélange bâtard entre thriller et humour noir, Uncut Gems fonce à toute allure au point que l'on ressort de l'aventure totalement lessivé et sous le charme de la mise en scène et de l'interprétation (à noter la présence du basketteur Kevin Garnett et du chanteur The Weeknd qui interprètent chacun leur propre rôle). Beaucoup de séquences en intérieur (entre la garçonnière de Howard et la bijouterie), et un score très étrange signé par Daniel Lopalin qui n'est autre que le musicien qui se cache derrière le pseudonyme Oneohtrix Point Never. Avec son look passe-partout, ses oreilles percées de diamants et son infatigable gouaille, Adam Sandler porte littéralement le film sur ses épaules. À découvrir... sur Netflix.
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