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mercredi 10 juin 2020

Independence Day de Roland Emmerich (1996) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les États-Unis, que dis-je... le monde entier peu lui dire merci. Il y a vingt-quatre ans, Roland Emmerich a sauvé le monde. Lui, l'analyste informaticien David Levinson, le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller, le pilote Russel Casse ainsi que le président des États-Unis d'Amérique Thomas J. Whitmore. Une brochette de super-héros à l'échelle humaine drapés d'un patriotisme qui sans doute, donna à l'époque au peuple américain, de sacrés frissons. Mais voici comment tout a commencé... Le 2 juillet 1996, deux jours avant le 4 juillet, date de commémoration de l'indépendance des États-Unis d'Amérique. C'est à cette date très précise que se profile autour de la Lune, une ombre menaçante. Celle d'un immense vaisseau-mère de cinq cent kilomètres de diamètre qui se déleste d'un nombre de vaisseaux plus petits, mais néanmoins fort imposants qui vont descendre sur Terre pour se poster à divers endroits stratégiques de la planète. Concernant les États-Unis, les endroits visés sont notamment l'Empire State Building à New York ainsi que le Capitol et La Maison Blanche situés tout deux à Washington. Si la présence d'un vaisseau au dessus du célèbre gratte-ciel créé par la compagnie d’architectes Shreve, Lamb and Harmon entre 1929 et 1931 s'avère... disons... crédible, celle de deux vaisseaux au dessus de Washington à 3,1 miles (soit, environ 5 kilomètres) de distance l'un de l'autre est par contre tout à fait incohérente.

Il ne faut pas être une bête en mathématiques pour comprendre que vue la taille des vaisseaux stationnant au dessus du Capitol et de La Maison Blanche, la chose s'avère tout à fait surprenante. Mais bon, supposons là qu'il ne s'agit que d'un détail sans importance... Alors que l'armée s'active et se prépare à une intervention (amicale ou non) des visiteurs, David Levinson capte un signal qu'il juge particulièrement inquiétant. En effet, ce signal semble être un compte à rebours qui pourrait signifier l'attaque très prochaine des envahisseurs. Quelle chance pour notre homme dont l'ex femme travaille pour le président des États-Unis d'Amérique !!! Un moyen de justifier la grande facilité avec laquelle l'analyste informaticien s'introduit entre les murs de La Maison Blanche afin de prévenir le président et ses collaborateurs du danger imminent. D'ailleurs, Independence Day ne sera qu'une succession d'heureux hasards émaillés d'un nombre affolant d’invraisemblances. Lesquelles ? Et bien, celle concernant par exemple l'analyste informaticien justement, qu'interprète le toujours génial Jeff Goldblum, et son incroyable capacité à décoder les informations issues de la technologie extraterrestre qui, je le précise, s'avère sans doute en avance sur celle des hommes de plusieurs siècles, voire, plusieurs millénaires.

Un David Levinson qui ne sera ''armé'' que d'un simple ordinateur portable capable de se connecter directement avec le système informatique des aliens !!! Et oui, car il n'en faudra (presque) pas davantage pour que l'humanité parvienne à prendre le dessus sur l'armement surpuissant et sur le système de protection de ces créatures malodorantes. Improbable ? Euh... vous croyez ? Et que dire de ses performances face au Docteur Brackish Okun et ses collaborateurs qui depuis quarante ans étudient vainement la technologie alien grâce à la présence dans la zone 51, d'une base souterraine cachant un vaisseau extraterrestre s'étant écrasé au sol le 4 juillet 1947 ? Mais tout ceci n'est que du cinéma, pas vrai ? Et puis, il y a le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller qu'interprète l'acteur Will Smith. Cabotin, même lorsque son meilleur ami vient de mourir... un type attachant, courageux, héroïque même diront certains. Et surtout, chose surprenante, capable de guider le vaisseau caché sous la zone 51, et qui jusque là, était en piteux état avant de se retrouver subitement fonctionnel lorsque le toujours ingénieux David Levinson parvient à raccorder ses données informatiques à celles de son ''fidèle'' ordinateur portable.

Ayant quitté son Allemagne natale pour les États-Unis six ans auparavant, le réalisateur Roland Emmerich semble éprouver la nécessité de remercier le pays qui l'héberge désormais en le désignant comme l'unique chance pour l'humanité de survivre à une attaque extraterrestre. Dégoulinant de patriotisme, Independence Day s'ouvre pratiquement sur la vision d'un drapeau américain ''flottant'' sur la surface de la Lune où, le réalisateur ne pouvant s'empêcher de noter l'anecdote, un certain Neil Armstrong a foulé le sol en premier. Et que dire du rôle qu'a offert le réalisateur allemand à l'acteur Bill Pullman, formidable Fred Madison dans le chef-d’œuvre de David Lynch Lost Highway l'année suivante mais insupportable dans le rôle de Thomas J. Whitmore. Un président lisse et surtout, très courageux puisque se portant volontaire pour aller affronter les vilaines bêtes qui tentent d’annihiler l'espèce humaine pour s'approprier la totalité des ressources terrestres. Bourré jusqu'à la gueule de ''bons mots'', de ''punchlines'', inadéquats pour ce type d'événements mais tout à fait appropriés lorsqu'il s'agit de ne produire qu'un long-métrage visant à faire un maximum de recettes au mépris de toute vraisemblance, Independence Day est un show permanent nanti, faut-il le préciser lorsque l'on apprend que le film a été financé à hauteur de presque cent millions de dollars, plutôt efficace en ce qui concerne ses effets-spéciaux.

Ne pouvant s'empêcher d'en faire toujours trop (ce qui demeure sa marque de fabrique), Roland Emmerich convoque les superviseurs en effets-spéciaux visuels Volker Engel et Douglas Smith, la productrice/superviseuse en effets-spéciaux digitaux Tricia Ashford, le superviseur et designer des créatures aliens Patrick Tatopoulos, le producteur en effets visuels Terry Clotiaux et les superviseurs en effets mécaniques et en pyrotechnie miniature Joseph Viskocil et Clay Pinney pour un spectacle visuel évidemment total. Au mépris, toujours, d'une certaine cohérence. Pas ou peu crédible pour un sou, Independence Day bénéficie cependant d'un remarquable montage signé David Brenner compte tenu des nombreuses ramifications (pas toujours justifiées) proposées par le script écrit par le réalisateur lui-même et par le scénariste Dean Devlin qui depuis Moon 44 en 1990 et jusqu'à Godzilla en 1998 est resté fidèle à Roland Emmerich. Amateurs de science-fiction sérieuse, merci de vous abstenir. Gavé de récompenses dont un Oscar des meilleurs effets-spéciaux et un second pour le meilleur son en 1997, l’œuvre de Roland Emmerich a connu une première suite intitulée Independence Day: Resurgence et sortie en 2016. Véritable engeance du septième art, cette séquelle permet de réévaluer l’œuvre d'origine tant la suite des aventures du président Thomas J. Whitmore et de David Levinson (toujours interprétés par les acteurs Bill Pullman et Jeff Goldblum) auxquelles ne participe heureusement plus pour lui Will Smith, est pitoyable. Avant de clore cet article, j'aimerais préciser également la présence de plusieurs formidables interprètes ayant participé à l'aventure Independence Day. Robert Loggia y incarne le Général William Grey et Brent Spiner (le Data de Star Trek : la Nouvelle Génération) le personnage du Docteur Brakish Okun. À noter également la présence (Merde ! Je l'ai loupée) de la française Charlotte Gainsbourg dans le rôle du docteur Catherine Marceaux...

mardi 7 avril 2020

Uncut Gems de Joshua et Ben Safdie (2020) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec leur dernier long-métrage Uncut Gems, Joshua et Ben Safdie, notamment auteurs de Mad Love in New York en 2014 et Good Time en 2017 signent une œuvre pour le moins touffue, œuvre hybride confrontant l'absurdité de l'univers des frères Coen à la noirceur d'Abel Ferrara. On retrouve chez eux, l'esprit cartoonesque des premiers mêlé au nihilisme du second. C'est d'ailleurs sans doute l'auteur du traumatisant Bad Lieutenant et son flic pourri jusqu'à l'os que l'on rapprochera surtout du ''héros'' de Unct Gems. Et s'il ne porte pas sur lui d'insigne ou de flingue, il semble parfois difficile de dissocier le remarquable Harvey Keitel d'Adam Sandler, qui dans la peau du bijoutier Howard Ratner, pari sur des matchs de basket, accumule les dettes et prend le risque de recevoir une balle dans la tête. Marié à une épouse qui le méprise au point de ne plus supporter de le regarder en face ou de le toucher, amant d'une prostituée folle amoureuse de lui (Julia Fox, joli brin de fille qui débutait là sa carrière d'actrice au cinéma), poursuivi par son beau-frère Arno (l'acteur Eric Bogosian qui interpréta notamment le rôle du méchant face à Steven seagal en 1995 dans Under Siege 2: Dark Territory de Geoff Murphy) lequel lui met entre les pattes deux de ses hommes le bijoutier est en possession d'une gemme dont il compte bien tirer un million de dollars lors d'une vente aux enchères. Howard est le genre d'individu qu'il vaut mieux ne pas croiser sur sa route. Et encore moins fréquenter. Prototype même du type qui cherche les ''embrouilles'', il va non seulement mettre sa vie en danger mais également celle de ses proches. À moins qu'il ne parvienne finalement à remporter la mise d'un million et demi de dollars qu'il espère empocher à l'issue d'un match de basket auquel participera le grand basketteur Kevin Garnett.

S'il demeure un fait que l'on ne peut contredire, c'est le soin apporté à la mise en scène des frères Sadfie. Même pas quarante ans et ces deux là ont déjà tout compris en la matière. Uncut Gems est une furieuse plongée dans un New York bouillonnant. Et pourtant, le récit qu'ils nous livrent semble en total décalage avec l'univers qui entoure les personnages. Il n'y a qu'à voir à quel point le monde extérieur se passe d'eux pour vivre et dans quelle mesure Howard, Arno, Gooey (l'acteur Judd Hirsch) ne semblent jamais vraiment s'extraire de l'univers auquel leur interprète respectif est censé appartenir. Une diffraction. Un monde parallèle où la fiction rejoint la réalité sans pourtant jamais s'y frotter réellement. C'est peut-être en cela que l’œuvre de Joshua et Ben Safdie ressemble tant à celle des frères Coen. Où quand l'humour s'invite au cœur d'un polar sombre et désespéré au point que l'on ne sait plus s'il faut rire ou s'inquiéter du sort des protagonistes.

Howard est un type d'ailleurs pour lequel on s'inquiétera relativement peu puisque les frères Sadfie ont choisi l'option de n'en faire jamais quelqu'un de sympathique. Tout ceci n'est que subjectif mais, on se demande souvent si les rires qui nous échappent sont autorisés. Joshua et Ben Safdie composent avec Uncut Gems une sorte de vade-mecum du thriller. Et c'est sans doute la raison pour laquelle il arrive que l'on pouffe de rire alors que la gravité du sujet ne s'y prête pas forcément. En accumulant tous les poncifs inhérents au genre et en faisant porter à la charge du ''héros'' tous les malheurs du monde, le long-métrage finit par se parodier lui-même. Et pourtant, oui, le film fonctionne. Dès lors que l'on accepte ce mélange bâtard entre thriller et humour noir, Uncut Gems fonce à toute allure au point que l'on ressort de l'aventure totalement lessivé et sous le charme de la mise en scène et de l'interprétation (à noter la présence du basketteur Kevin Garnett et du chanteur The Weeknd qui interprètent chacun leur propre rôle). Beaucoup de séquences en intérieur (entre la garçonnière de Howard et la bijouterie), et un score très étrange signé par Daniel Lopalin qui n'est autre que le musicien qui se cache derrière le pseudonyme Oneohtrix Point Never. Avec son look passe-partout, ses oreilles percées de diamants et son infatigable gouaille, Adam Sandler porte littéralement le film sur ses épaules. À découvrir... sur Netflix.
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