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samedi 7 décembre 2024

Cycle Crocodiles-Alligators: Lake Placid de Steve Miner (1999)



Sur les conseils de deux amis qui me voient dépérir de jour en jour depuis que je me suis lancé dans cette vaste et funeste aventure menant sur la route des plus gros nanars animaliers, j'ai choisi aujourd'hui d'aborder Lake Placid, une œuvre signée Steve Miner. Pour ceux que le nom du cinéaste rappelle quelqu'un, disons simplement que le bonhomme a commis quelques films, et pas des moindres puisqu'il est l'auteur des second et troisième chapitres de l'immense saga Vendredi 13. Après avoir abandonné un temps le cinéma, il s'est fourvoyé pour la télévision. Miner aurait d'ailleurs dû y rester planquer car avec son Jour de Morts-Vivants, remake du bijou signé George Romero, il a réalisé l'une des bandes les plus nulles de l'histoire du cinéma. C'est peut-être ainsi la raison pour laquelle j'ai préféré retenir du personnage son excellent House qu'il a tourné en 1986. en gardant en mémoire que Steve Miner est capable du meilleur comme du pire, je me suis donc lancé dans ce Lake Placid situé en plein cœur du Maine, région où sévit un crocodile immense qui a traversé les continents pour venir s'installer dans les eaux calmes et opaques d'un lac (le Lake Placid en question).

Même si le film n'a absolument rien à voir avec le Jurassic Parc de Steven Spielberg, il y a comme une impression de déjà vu. Une paléontologue dépêchée d'urgence par son supérieur (et ancien compagnon), un garde forestier, un shérif, mais aussi un riche excentrique passionné de crocodiles. Bill Pullman, Bridget Fonda, Oliver Platt et Brendan Gleeson... Il y a pire comme casting. Le film a connu en salle un succès relativement modéré en ne remportant finalement que le double du budget qui lui était alloué.

Empruntant autant à la comédie qu'à l'horreur, ce dernier aspect n'est pas forcément mis en avant. L'humour décrédibilisant systématiquement toute tentative d'effroi, on assiste plus au cabotinage d'un shérif et d'un milliardaire se comportant comme deux enfants, face à un garde forestier et une paléontologue attirés l'un vers l'autre mais qui gardent leurs distances comme le feraient deu jeunes et timides adolescents. Tout ceci ne fait évidemment pas très sérieux mais on s'en contente tout de même.
La grosse surprise de Lake Placid vient surtout du fait de la présence au générique du génial maquilleur Stan Winston qui exécute un boulot incroyable sur le crocodile du film. Un monstre de plus de dix mètres rendu à la vie grâce à la magie des effets-numériques mais aussi et surtout du savoir-faire de Stan Winston, véritable génie de l'animatronic qui prouva déjà son immense talent dans des œuvres aussi diverses que le film de Spielberg cité plus haut, mais bien avant cela avec Predator de John McTiernan, Aliens, le Retour de James Cameron ou encore le film gore et morbide Détour Mortel de Rob Schmidt.

Dans l'immense œuvre que représentent les films basés sur des attaques animales, qu'elles soient crédibles ou totalement farfelues, Lake Placid conserve une place de choix. On regrettera peut-être cependant la trop grande place offerte à l'humour et qui désamorce l'aspect horrifique de certaines situations. Disons que le film de Steve Miner est plus un film d'horreur grand public qu'une œuvre purement horrifique réservée à un public averti. Bien interprété, bien mis en scène par un cinéaste capable de donner le meilleur de lui comme de pondre d'authentiques nanars, des effets-spéciaux parfaitement exécutés, que demander de plus ?


vendredi 14 juin 2024

Lost Highway de David Lynch (1997) - ★★★★★★★★★☆

 


 

C'est en repensant à un article consacré à Eraserhead qui dort dans les entrailles de mon PC, tellement navrant que je n'ai jamais osé le publier, que je me suis enfin décidé à consacrer un cycle à l'un de mes quatre ou cinq cinéastes préférés. Si l'on devait me poser la question et citer instantanément deux ou trois noms, Alejandro Jodorowsky, David Cronenberg et David Lynch seraient sans doute parmi les premiers à m'inspirer... L'ami Mike (il se reconnaîtra) et moi avons eu beau évoquer chacun nos préférences en la matière de ce génie qui n'a pas refait surface sur grand écran depuis son incroyable Inland Empire en 2006, je réalise en fait qu'il m'est presque impossible de réellement dresser mon top trois des œuvres que David Lynch a réalisé depuis ses débuts. Il m'est en effet plus simple de rejeter Sailor et Lula que de dire si Eraserhead trouve finalement davantage grâce à mes yeux que Lost Highway, Mulloland Drive ou encore Blue Velvet qui durant de très nombreuses années demeura mon préféré. Peut-être parce que je l'avais découvert à l'époque sur grand écran, contrairement aux autres. ''Dick Laurent is dead...''. C'est sur cette simple phrase que démarre véritablement Lost Highway. Une forme d'énigme comme le cinéaste aime à les cultiver. Régurgiter à travers des mots ce que l'on a pu ressentir durant ce qui s'avère de la part de son auteur une énième expérience cinématographique est rude (Il n'y a guère que le Jodorowsky de Santa Sangre, le Cronenberg de Faux-semblants ou le Noé de Enter the Void pour me faire autant vibrer). Terriblement rude. Surtout lorsque le réalisateur conserve auprès de lui la plupart des clés, laissant ainsi le spectateur se démerder avec sa propre manière d'envisager le récit. Autant dire qu'aller chercher chez d'autres les explications qui permettraient de coucher sur papier dématérialisé une analyse éclairée ne servirait à rien. Et quitte à se tromper sur la marchandise, quelle importance ? Qui d'autre que David Lynch lui-même peut véritablement se targuer de connaître le fin fond de l'affaire ? Réponse : personne... Comme je m'étais fait à l'époque la réflexion au sujet de Eraserhead, la plupart des longs-métrages signés du réalisateur américain ressemblent à des cours d'eau relativement tranquilles, du moins jusqu'à un certain point. Jusqu'à ce que la quiétude des eaux soit dérangée par de tempétueuses cascades brouillant des pistes qui jusque là s'avéraient étonnamment fluides. Ça n'est bien sûr pas toujours vrai (Inland Empire), mais Lost Highway fait figure d’œuvre bicéphale, où la schizophrénie vient frapper de plein fouet non seulement le récit mais les spectateurs eux-mêmes.


Le film apparaît comme un puzzle qui demande un minimum de réflexion pour que chaque pièce soit repositionnée au bon endroit. Puis vient le moment où un type un peu fou débarque dans votre chambre et vient tout foutre en l'air, chacune des pièces en question retombant côté pile et révélant un tout autre décor... Je n'en démords pas : tout ou presque découle de ce geste de ''réconfort'' offert à Fred (Bill Pullman) par la main bienveillante de son épouse Renée (Patricia Arquette) : Une petite tape dans le dos alors qu'il peine à lui faire l'amour. Une humiliation. Difficile d'insinuer autre chose, surtout lorsqu'on a l'art et la manière comme David Lynch de filmer cet acte théoriquement anodin... On devine la suite : suspicion, jalousie et au final, le corps de Renée allongée sur le lit du couple, baignant dans son propre sang. Fred ? Arrêté, accusé de meurtre, condamné à la peine capitale et, en attendant, enfermé dans une cellule du couloir de la mort. Rien que de très classique pour une histoire d'amour virant au cauchemar. C'est pourtant très précisément au moment où le générique de fin devrait logiquement dérouler son habituelle litanie sur fond noir que le récit semble réellement démarrer. Car un fait extraordinaire vient de se produire : Fred a disparu de sa cellule et à sa place s'y est retrouvé une jeune garagiste du nom de Pete (Balthazar Getty). Patatras ! On (ne) reprends (pas) les mêmes et on (ne) recommence (pas). Si vous choisissez de ne pas ôter les parenthèses, alors vous et moi sommes d'accord. Avec son récit à double tiroirs, sa cassure qui intervient après seulement trois-quart d'heures (le film dure près de cent-trente cinq minutes), la symbolique de la veuve noire, ces personnages qui se chevauchent, s'assimilent les uns aux autres, le renversement de certaines croyances typiquement européennes (la Blonde et la Brune, l'épouse et la maîtresse), sa figure démoniaque (l'homme mystère interprété par l'impressionnant Robert Blake), sa part de rêve et ses zones d'ombre, Lost Highway est typiquement ''Lynchéen''. Une œuvre labyrinthique qui à son tour renvoie à cette éternelle obsession du réalisateur pour les drapés rouges derrière lesquels s'activent des forces obscures. Retour dans le passé ou voyage dans le temps, transfiguration, passion charnelle (David Lynch transforme instantanément Patricia Arquette en icône sexuelle et sensuelle), le film est l'un des nombreux chefs-d’œuvre de l'artiste. À regarder encore et encore, sans la moindre réserve et sans modération, jusqu'à cet ultime instant où peut-être la lumière complète se fera sur ce projet totalement fou, barré, rare, complexe, noir mais surtout magnifique...

 

lundi 20 novembre 2023

The Grudge de Takashi Shimizu (2004) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis 2002 et The Ring de Gore Verbinski, la J-Horror s'est vue contaminée par la colonisation du genre par le pays ''souverain'' en la matière : les États-Unis. Et parmi les œuvres les plus touchées par le phénomène, les franchises Ringu et Ju-On respectivement conçues par Hideo Nakata et Takashi Shimizu. Concernant ce dernier, relever tout ce qui touche à la franchise née en 1998 peut s'avérer un parcours du combattant. Des courts-métrages 4444444444 et Katasumi réalisés à la fin du siècle dernier jusqu'à The Grudge 2 en 2006, le réalisateur japonais a plongé à maintes reprises dans l'univers de sa créature vengeresse. Si l'on ajoute les deux courte œuvres qui ont donné naissance à la franchise, Takashi Shimizu fut l'auteur de huit courts et longs-métrages ! Auxquels l'on ajouteras ceux réalisés par Toby Wilkins, Ryūta Miyake, Mari Asato et Masayuki Ochiai. Tout comme Gore Verbinski avant lui, donc, Takashi Shimizu aura œuvré à une autre échelle dès 2004 avec le remake de son propre film, Ju-On. Intitulé The Grudge, ce reboot est très majoritairement incarné par des interprètes d'origine américaine. Bien que le réalisateur ait ici étonnamment choisi de conserver le Japon comme terre d'accueil de ses obsessions pour le surnaturel, The Grudge adopte une narration qui tranche quelque peu avec celle de l'original qui à l'époque était découpée sous forme d'actes. Un concept qui pouvait déstabiliser puisque sous la forme d'un puzzle que le spectateur était contraint de reconstituer intellectuellement lui-même, le déroulement de l'intrigue pouvait apparaître décousu. Ce qui, très honnêtement, n'était pas le cas. Takashi Shimizu adapte donc son concept pour un public moins enclin à faire travailler ses neurones que dans son pays natal. Concernant le casting l'on retrouve les trois interprètes formant la famille Saeki, laquelle fut au centre d'un drame que les amateurs de la franchise connaissent désormais sur le bout des doigts. Takako Fuji, Yūya Ozeki et Takashi Matsuyama reprennent donc du service mais sont désormais opposés à un casting majoritairement incarné par des actrices et acteurs américains. Et parmi eux, Sarah Michelle Gellar, rendue mondialement célèbre entre 1997 et 2001 grâce à la série télévisée Buffy contre les vampires.


Bill Pullman, que l'on a pu notamment voir chez David Lynch dans le remarquable Lost Highway en 1997 ou l'année précédente en président des États-Unis dans l'ultra patriotique Independence Day de Roland Emmerich. Quant à Grace Zabriskie, elle interprète ici l'une des premières victimes de Kayako Saeki (l'actrice Takako Fuji) longtemps après avoir été faire un tour dans l'espace avec le nanardesque mais néanmoins génial Galaxy of Terror de Bruce D. Clark en 1981 ou après avoir elle aussi rencontré David Lynch à plusieurs reprises sur les tournages de Wild at Heart en 1990, Twin Peaks: Fire Walk with Me en 1992 ou deux ans après le remake de Ju-On sur celui de Inland Empire. Autour de ces trois là ainsi que de Jason Behr, KaDee Strickland ou William Mapother graviteront tout de même quelques nouveaux personnages d'origine japonaise comme l'inspecteur Nakagawa qu'interprète l'acteur Ryō Ishibashi qui avant cela tint la vedette dans Audition en 1999 et Suicide Club en 2001 respectivement réalisés par les électrons libres Takashi Miike et Sion Sono ! Bénéficiant d'un budget nettement plus confortable que pour l’œuvre originale qui fut financée à l'époque à hauteur d'une équivalence à quatre millions de dollars, les dix millions de The Grudge permettent à Takashi Shimizu de proposer des effets-spéciaux d'un niveau largement supérieur. L'une des principales différences scénaristiques entre l'original et le remake se situe dans cette obsession trouble de Kayako Saeki pour son ancien professeur Peter Kirk qu'incarne Bill Pullmank une thématique qui était absente de Ju-On. La découverte de son journal intime par l'époux de la jeune femme prénommé Takeo (l'acteur Takashi Matsuyama) mènera à l'événement primordial d'où découlera par la suite une succession d'événements aussi tragiques qu'épouvantables. Si Takashi Shimizu réussit le pari de transposer son univers en le faisant incarner par des interprètes américains, certains aspects relatifs à l'intensité émotionnelle ne sont ici plus tout à fait présents. Bien que les scènes chocs pullulent et que dans une très large majorité des cas elles demeurent efficaces, le drame originel est par contre désormais abordé de manière beaucoup moins troublante. À l'échelle mondiale, le film rapportera près de vingt fois la mise de départ et s'avérera donc un joli succès. Takashi Shimizu remettra une dernière fois le couvert en 2006 avec The Grudge 2 avant de laisser d'autres cinéastes prendre par la suite la relève...

 

mercredi 10 juin 2020

Independence Day de Roland Emmerich (1996) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les États-Unis, que dis-je... le monde entier peu lui dire merci. Il y a vingt-quatre ans, Roland Emmerich a sauvé le monde. Lui, l'analyste informaticien David Levinson, le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller, le pilote Russel Casse ainsi que le président des États-Unis d'Amérique Thomas J. Whitmore. Une brochette de super-héros à l'échelle humaine drapés d'un patriotisme qui sans doute, donna à l'époque au peuple américain, de sacrés frissons. Mais voici comment tout a commencé... Le 2 juillet 1996, deux jours avant le 4 juillet, date de commémoration de l'indépendance des États-Unis d'Amérique. C'est à cette date très précise que se profile autour de la Lune, une ombre menaçante. Celle d'un immense vaisseau-mère de cinq cent kilomètres de diamètre qui se déleste d'un nombre de vaisseaux plus petits, mais néanmoins fort imposants qui vont descendre sur Terre pour se poster à divers endroits stratégiques de la planète. Concernant les États-Unis, les endroits visés sont notamment l'Empire State Building à New York ainsi que le Capitol et La Maison Blanche situés tout deux à Washington. Si la présence d'un vaisseau au dessus du célèbre gratte-ciel créé par la compagnie d’architectes Shreve, Lamb and Harmon entre 1929 et 1931 s'avère... disons... crédible, celle de deux vaisseaux au dessus de Washington à 3,1 miles (soit, environ 5 kilomètres) de distance l'un de l'autre est par contre tout à fait incohérente.

Il ne faut pas être une bête en mathématiques pour comprendre que vue la taille des vaisseaux stationnant au dessus du Capitol et de La Maison Blanche, la chose s'avère tout à fait surprenante. Mais bon, supposons là qu'il ne s'agit que d'un détail sans importance... Alors que l'armée s'active et se prépare à une intervention (amicale ou non) des visiteurs, David Levinson capte un signal qu'il juge particulièrement inquiétant. En effet, ce signal semble être un compte à rebours qui pourrait signifier l'attaque très prochaine des envahisseurs. Quelle chance pour notre homme dont l'ex femme travaille pour le président des États-Unis d'Amérique !!! Un moyen de justifier la grande facilité avec laquelle l'analyste informaticien s'introduit entre les murs de La Maison Blanche afin de prévenir le président et ses collaborateurs du danger imminent. D'ailleurs, Independence Day ne sera qu'une succession d'heureux hasards émaillés d'un nombre affolant d’invraisemblances. Lesquelles ? Et bien, celle concernant par exemple l'analyste informaticien justement, qu'interprète le toujours génial Jeff Goldblum, et son incroyable capacité à décoder les informations issues de la technologie extraterrestre qui, je le précise, s'avère sans doute en avance sur celle des hommes de plusieurs siècles, voire, plusieurs millénaires.

Un David Levinson qui ne sera ''armé'' que d'un simple ordinateur portable capable de se connecter directement avec le système informatique des aliens !!! Et oui, car il n'en faudra (presque) pas davantage pour que l'humanité parvienne à prendre le dessus sur l'armement surpuissant et sur le système de protection de ces créatures malodorantes. Improbable ? Euh... vous croyez ? Et que dire de ses performances face au Docteur Brackish Okun et ses collaborateurs qui depuis quarante ans étudient vainement la technologie alien grâce à la présence dans la zone 51, d'une base souterraine cachant un vaisseau extraterrestre s'étant écrasé au sol le 4 juillet 1947 ? Mais tout ceci n'est que du cinéma, pas vrai ? Et puis, il y a le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller qu'interprète l'acteur Will Smith. Cabotin, même lorsque son meilleur ami vient de mourir... un type attachant, courageux, héroïque même diront certains. Et surtout, chose surprenante, capable de guider le vaisseau caché sous la zone 51, et qui jusque là, était en piteux état avant de se retrouver subitement fonctionnel lorsque le toujours ingénieux David Levinson parvient à raccorder ses données informatiques à celles de son ''fidèle'' ordinateur portable.

Ayant quitté son Allemagne natale pour les États-Unis six ans auparavant, le réalisateur Roland Emmerich semble éprouver la nécessité de remercier le pays qui l'héberge désormais en le désignant comme l'unique chance pour l'humanité de survivre à une attaque extraterrestre. Dégoulinant de patriotisme, Independence Day s'ouvre pratiquement sur la vision d'un drapeau américain ''flottant'' sur la surface de la Lune où, le réalisateur ne pouvant s'empêcher de noter l'anecdote, un certain Neil Armstrong a foulé le sol en premier. Et que dire du rôle qu'a offert le réalisateur allemand à l'acteur Bill Pullman, formidable Fred Madison dans le chef-d’œuvre de David Lynch Lost Highway l'année suivante mais insupportable dans le rôle de Thomas J. Whitmore. Un président lisse et surtout, très courageux puisque se portant volontaire pour aller affronter les vilaines bêtes qui tentent d’annihiler l'espèce humaine pour s'approprier la totalité des ressources terrestres. Bourré jusqu'à la gueule de ''bons mots'', de ''punchlines'', inadéquats pour ce type d'événements mais tout à fait appropriés lorsqu'il s'agit de ne produire qu'un long-métrage visant à faire un maximum de recettes au mépris de toute vraisemblance, Independence Day est un show permanent nanti, faut-il le préciser lorsque l'on apprend que le film a été financé à hauteur de presque cent millions de dollars, plutôt efficace en ce qui concerne ses effets-spéciaux.

Ne pouvant s'empêcher d'en faire toujours trop (ce qui demeure sa marque de fabrique), Roland Emmerich convoque les superviseurs en effets-spéciaux visuels Volker Engel et Douglas Smith, la productrice/superviseuse en effets-spéciaux digitaux Tricia Ashford, le superviseur et designer des créatures aliens Patrick Tatopoulos, le producteur en effets visuels Terry Clotiaux et les superviseurs en effets mécaniques et en pyrotechnie miniature Joseph Viskocil et Clay Pinney pour un spectacle visuel évidemment total. Au mépris, toujours, d'une certaine cohérence. Pas ou peu crédible pour un sou, Independence Day bénéficie cependant d'un remarquable montage signé David Brenner compte tenu des nombreuses ramifications (pas toujours justifiées) proposées par le script écrit par le réalisateur lui-même et par le scénariste Dean Devlin qui depuis Moon 44 en 1990 et jusqu'à Godzilla en 1998 est resté fidèle à Roland Emmerich. Amateurs de science-fiction sérieuse, merci de vous abstenir. Gavé de récompenses dont un Oscar des meilleurs effets-spéciaux et un second pour le meilleur son en 1997, l’œuvre de Roland Emmerich a connu une première suite intitulée Independence Day: Resurgence et sortie en 2016. Véritable engeance du septième art, cette séquelle permet de réévaluer l’œuvre d'origine tant la suite des aventures du président Thomas J. Whitmore et de David Levinson (toujours interprétés par les acteurs Bill Pullman et Jeff Goldblum) auxquelles ne participe heureusement plus pour lui Will Smith, est pitoyable. Avant de clore cet article, j'aimerais préciser également la présence de plusieurs formidables interprètes ayant participé à l'aventure Independence Day. Robert Loggia y incarne le Général William Grey et Brent Spiner (le Data de Star Trek : la Nouvelle Génération) le personnage du Docteur Brakish Okun. À noter également la présence (Merde ! Je l'ai loupée) de la française Charlotte Gainsbourg dans le rôle du docteur Catherine Marceaux...

lundi 16 décembre 2019

Sommersby de Jon Amiel (1993) - ★★★★★★★☆☆☆



Ça n'est pas du chauvinisme que d'affirmer que Sommersby, le remake américain du Retour de Martin Guerre lui est infiniment inférieur. Comme ça ne l'est pas davantage que de dire que Gérard Depardieu, Nathalie Baye ou Roger Planchon sont beaucoup plus convaincants dans leur interprétation respective que Richard Gere, Jodie Foster ou William Windom. Avoir changé de siècle, les noms des personnages et la plupart des situations ne font cependant pas du long-métrage de Jon Amiel un anachronisme repoussant, mais sa mise en scène est inversement aussi peu engageante que celle de Daniel Vigne peut se glorifier d'avoir su rendre l'atmosphère campagnarde et austère du seizième siècle. Si l'on pouvait craindre qu'à l'époque ou Richard Gere possédait suffisamment de charme pour prétendre pouvoir se montrer arrogant sur les plateaux de télévision qu'il ne transforme son personnage en séducteur hautain et manipulateur, force est de reconnaître qu'il sait ici se montrer professionnel et tenir son rôle avec justesse. En réadaptant le fameux cas de Martin Guerre, un authentique usurpateur d'identité ayant vécu au seizième siècle pour y mourir exécuté par pendaison, Jon Amiel change non seulement d'époque mais également de situation géographique puisque l'intrigue ne se déroule plus entre 1556 et 1560 dans le petit village ariégeois d'Artigat mais aux États-Unis alors que la Guerre de Sécession vient de prendre fin...

C'est à ce moment très précis que réapparaît un certain Jack Sommersby dans la petite ville de Vine Hill alors que tous les villageois pensaient qu'il avait péri lors du conflit opposant les États-Unis d'Amérique aux États confédérés d'Amérique. Alors qu'il retrouve ses amis, ses proches, mais aussi et surtout son épouse Laurel, très rapidement, certains petits détails laissent à penser que Jack ne serait peut-être pas celui que l'on pense. Cependant, la vie reprend normalement son cours, Jack proposant même aux habitants de Vine Hill de financer un projet visant à cultiver le tabac. Malheureusement pour lui et pour Laurel qui vient de lui donner un second enfant six ans après sa disparition, la justice le rattrape. En effet, accusé d'avoir tué un homme, il est emmené en ville par les autorités qui s'apprêtent alors à le juger pour meurtre. Jack Risque d'y perdre la vie, à moins que son avocat parvienne à prouver qu'il n'est pas celui qu'il prétend être...

Du charme austère et pittoresque de la France profonde des années 1550 l'on passe directement à celles de 1865, dans un petit village qui risque de très fortement décevoir les spectateurs qui furent subjugués par la splendeur de la reconstitution du décorateur Alain Nègre pour l’œuvre de Daniel Vigne. En comparaison, la petit ville de Vine Hill paraît bien vide et minimaliste. Le réalisateur américain choisit quant à lui d'organiser d'importantes modifications par rapport au scénario original ou même plus simplement par rapport au fait divers. Outre le lieu et le temps, le personnage incarné par la star américaine Richard Gere est très sensiblement différent de celui formidablement interprété par notre Gérard Depardieu national. D'un côté, nous avons Jack, qui plus que le simple usurpateur d'identité venu littéralement voler ceux qu'il a d'abord trompés qu'incarnait Gérard Depardieu s'avère être un individu à la recherche d'un toit, d'une vie de famille et d'un amour. En ce sens, le Jack Sommersby de Jon Amiel est plus ''fin'' et sensible que Martin Guerre de Daniel Vigne qui s'avère au final n'être qu'un escroc attiré par l’appât du gain. Concernant Jodie Foster, l'actrice américaine incarne une Laurel proche de Bertrande de Rois, l'épouse de Martin Guerre. Peut-être un peu moins sensible mais en tout cas, tout aussi ambiguë dans sa relation avec son ''époux''. Si Jon Amiel joue sur le questionnement qui entoure ce personnage dont on ne sait jamais vraiment avant la fin si elle sait en son fort intérieur que Jack n'est pas celui qu'elle épousa des années en arrière, il est dommage que le cinéaste n'ait pas choisi de laisser le spectateur sur cette interrogation.

D'autant plus qu'interviennent des événements qui changent radicalement la donne en comparaison de l’œuvre de Daniel Vigne. Chez Jon Amiel, le procès entourant l'affaire Jack Sommersby n'est plus simplement celle d'une usurpation d'identité mais met en péril l'existence même du personnage qui risque sa vie lors d'un procès l'accusant d'avoir commis un meurtre. Absent du film américain, l’incroyable twist dans lequel intervenait l'excellent acteur français Bernard-Pierre Donnadieu dans Le Retour de Martin Guerre laisse la place à un échange entre Jack, enfermé dans sa cellule et attendant son exécution, et Laurel. Au fond, Sommersby n'est pas un mauvais film. Il possède d'ailleurs certaines qualités qui le démarquent de l'original (la seconde partie, lors du procès) s'avère beaucoup plus intéressante que la première). Mais lorsque l'on connaît Le Retour de Martin Guerre, il devient délicat de passer à la version américaine sans penser que l’œuvre de Jon Amiel y a perdu beaucoup de sa puissance évocatrice. À découvrir si, et seulement si, vous ne connaissez par encore le chef-d’œuvre de Daniel Vigne...

mardi 3 septembre 2019

Independence Day: Resurgence de Roland Emmerich (2016) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Nous sommes en 2016, vingt ans après les premiers événements relatés dans le long-métrage de Roland Emmerich, Independence Day. Cela tombe d'ailleurs assez bien puisqu'il sorti dans les salles de cinéma en 1996, soit vingt ans pile avant la sortie de cette suite fort logiquement nommée Independence Day: Resurgence. Le premier volet était une sorte de film de propagande pro-américain dans lequel le premier homme du pays, le Président Thomas J. Levinson était érigé en véritable héros puisqu'en première ligne de combat face aux forces ennemies venues de l'espace.

Après trois quarts d'heure...
Vingt ans plus tard, l'homme a pris de la bouteille. Bill Pullman est méconnaissable en héros barbu et vieillissant. Le Capitaine Steven « Steve » Hiller n'étant plus de ce monde, c'est son fils qui prend la relève. Un héros en chassant un autre, ça n'est plus le célèbre Will Smith qui tient les rennes de cette aventure haute en couleur mais l'acteur Liam Hemsworth dans le rôle du jeune, beau, et impétueux Jake Morrison. L'humanité (ou du moins les États-Unis) a su profiter des technologies extraterrestres pour faire évoluer ses différents moyens de locomotion et surtout son niveau de défense contre un éventuel nouvel envahisseur. Une base de défense sur la Lune et d'autres installées plus loin encore dans notre système solaire. Le premier homme du pays est cette fois-ci une femme. Évolution logique, la Présidente des États-Unis se nomme Elizabeth Lanford et c'est l'actrice Sela Ward qui l'interprète. Au moins n'aura-t-on sans doute pas droit à cette vision stupide d'un président fonçant tout droit dans la gueule du loup quand on sait combien cela est surréaliste et hors de propos (propagande oblige).

Au bout d'un peu moins d'une heure, le résultat est mitigé. Le film prend son temps. Présentation des personnages (dont un David Levinson interprété par le toujours excellent Jeff Goldblum), bluette amoureuse dont tout amateur de science-fiction et d'effets-spéciaux en surabondance se ficheront très certainement, et présence étonnante de l'actrice française Charlotte Gainsbourg dans le rôle du Docteur Catherine Marceaux. Quant aux effets-spéciaux numériques tant attendus, ils sont bien au rendez-vous. Passage au dessus de la côte ouest des états-Unis provoquant un raz de marée qui emporte absolument tout sur son passage, du paquebot, aux grattes-ciel, en passant par des dizaines milliers de voitures, de camions et de divers objets. Tout ? Pas vraiment puisque malgré l'immense poussée de millions de tonnes de gravas, un bâtiment, un seul, tient encore debout. Et va même jusqu'à stopper net la route meurtrière de cette vague monstrueuse. Lequel? Je vous le donne en mille: la Maison Blanche !
Grosse perte en crédibilité, le film se laisse malgré tout regarder avec une certaine délectation... pour l'instant.

Après une heure et cinquante minutes...
Alors que le générique de fin égraine les noms de la totalités des individus ayant participé au projet (interprètes, équipe technique, etc...), le bilan n'est plus mitigé mais... catastrophique. Independence Day: Resurgence est définitivement un mauvais film. La science-fiction n'aura pas gagné ses lettres de noblesses en 2016 grâce au film de Emmerich mais bien grâce au sublime Midnight Special de Jeff Nichols. Toute la différence entre un cinéaste misant presque exclusivement son oeuvre sur les effets-spéciaux au détriment de l'intrigue d'un second, pour qui l'histoire est fondamentale. Roland Emmerich ne sera d'aucune manière parvenu à faire mieux vingt ans plus tard. Habitué aux budgets faramineux laissant un gout amer (Godzilla, 2012), il laisse une œuvre pétrie de bons sentiments patriotiques, et quitte à plonger Independence Day: Resurgence dans un conglomérat de scènes toutes plus grotesques et surréalistes les unes que les autres, il crée des situations qu'aucun cinéaste véritablement passionné de science-fiction n'oserait intégrer à son œuvre. Comme son ainé, cette suite n'est qu'un nanar à très gros budget très soporifique. Le fantasme d'un homme auquel des producteurs friqués ont confié leur argent pour qu'il puisse assouvir tous ses désirs de mégalomane...
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