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dimanche 20 octobre 2024

White Mile (ou Les rapides de la mort) de Robert Butler (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Réalisé par Robert Butler, le téléfilm White Mile ou Les rapides de la mort mêle différents genres pour un résultat plus que satisfaisant. L'un de ses principaux atouts est son casting. Et même si certains interprètes n'y feront pas long feu comme l'excellent Robert Loggia, Alan Alda, Peter Gallagher et plus tard Fionnula Flanagan portent sur leurs épaules cette œuvre hybride qui se décompose en deux parties. La première s'inscrit dans un mélange entre survival et film d'aventures. La seconde, qui est aussi la plus courte, met face à ses responsabilités lors de son procès, le cadre d'une grande entreprise qui a su convaincre dix de ses employés de participer à une séance de rafting. Alan Alda interprète le rôle de Dan Cutler, PDG d'une entreprise de publicité située à Los Angeles qui convainc Jack Robbins, Nick Karas, David Koening, Andy Thornell, Tom Horton et cinq autres employés de le suivre lors d'une escapade en pleine nature aux abords d'une rivière des Rocheuses canadiennes dont ils devront traverser plusieurs rapide de catégorie 5. Il est clair qu'au vu de certains comportements que la plupart d'entre eux n'ont aucune envie de participer à cette sortie. S'agissant de déterminer le courage et les motivations de ces hommes de différents âges, personne ne viendra évidemment remettre en question le peu de sécurité qui sera engagée lors de la traversée. Car après avoir été succinctement mis au courant de certaines règles à respecter par un moniteur expérimenté, voilà que Dan et ses employés se lancent à bord d'un raft gonflable pourtant jugé insuffisant pour dix personnes. Si tous s'amusent tout d'abord de la traversée, la tragédie survient lorsque leur embarcation percute un rocher et qu'ils se retrouvent tous à l'eau. Si Jack parvient à remonter à bord et à aider Andy à en faire de même, d'autres n'auront pas cette chance. Trois autres parviendront à remonter vers la berge tandis que cinq de leurs compagnons trouveront la mort... Pour commencer, White Mile est dans sa première partie relativement saisissant. Si la bande originale de Dan Wool accentue le malaise ressenti par une majorité des participants à l'aventure, les séquences de rafting sont véritablement impressionnantes...


Robert Butler nous plonge effectivement au cœur de l'aventure, dans des eaux glacées et démontées laissant présager le pire. De ce point de vue là, le téléfilm est une réussite. Cinq hommes y perdront donc la vie. Comme le personnage de Nick Karas qu'interprète Robbert Loggia qui avant cela joua notamment dans Scarface de Brian De Palma, The Believers de John Schlesinger ou Innocent Blood de John Landis ou celui de Tom Horton qui quant à lui est incarné par Robert Picardo que les fans de l'univers Star Trek connaissent sûrement pour avoir interprété le rôle de l'hologramme médical d'urgence (HMU) dans la série Star Trek: Voyager. Une fois le drame passé, les survivants, toujours hantés par ce qu'il s'est passé ce jour là retournent à leurs activités habituelles. Comme Jack Robbins, qui est le personnage central du récit ou le PDG de l'entreprise Dan Cutler dont l'absence d'empathie en fait un individu véritablement abjecte et n'assumant pas totalement sa responsabilité. Basé sur un scénario écrit par le frère du réalisateur Michael Butler, White Mile délivre tout d'abord un message relativement fort sur la dépendance de subalternes vis à vis de leur patron et ce, même si les risques encourus sont réels. La seconde partie du téléfilm met en avant l'actrice Fionnula Flanagan qui dans le rôle de l'épouse de l'une des victimes, Gena karas, ira jusqu'au procès après avoir porté plainte contre la société de Dan Cutler. S'ensuit donc un jugement qui fait tout d'abord la part belle au positionnement des uns et des autres (mais surtout celui de Jack Robbins, les autres personnages étant généralement relégués au dernier plan) avant de mettre devant le fait accompli un Dan Cutler se dédouanant de la manière la plus abjecte qui soit (Alan Alda est à ce titre parfaitement remarquable dans son rôle). Cette seconde moitié du récit est assez pauvre en comparaison de la première. Assez rapidement évacué, le procès n'est qu'un brouillon de jugement qui aurait sans doute mérité un déploiement et une attention beaucoup plus importants. Reste que White Mile est un sympathique téléfilm, jamais ennuyeux et interprété par d'excellents acteurs...

 

vendredi 14 juin 2024

Lost Highway de David Lynch (1997) - ★★★★★★★★★☆

 


 

C'est en repensant à un article consacré à Eraserhead qui dort dans les entrailles de mon PC, tellement navrant que je n'ai jamais osé le publier, que je me suis enfin décidé à consacrer un cycle à l'un de mes quatre ou cinq cinéastes préférés. Si l'on devait me poser la question et citer instantanément deux ou trois noms, Alejandro Jodorowsky, David Cronenberg et David Lynch seraient sans doute parmi les premiers à m'inspirer... L'ami Mike (il se reconnaîtra) et moi avons eu beau évoquer chacun nos préférences en la matière de ce génie qui n'a pas refait surface sur grand écran depuis son incroyable Inland Empire en 2006, je réalise en fait qu'il m'est presque impossible de réellement dresser mon top trois des œuvres que David Lynch a réalisé depuis ses débuts. Il m'est en effet plus simple de rejeter Sailor et Lula que de dire si Eraserhead trouve finalement davantage grâce à mes yeux que Lost Highway, Mulloland Drive ou encore Blue Velvet qui durant de très nombreuses années demeura mon préféré. Peut-être parce que je l'avais découvert à l'époque sur grand écran, contrairement aux autres. ''Dick Laurent is dead...''. C'est sur cette simple phrase que démarre véritablement Lost Highway. Une forme d'énigme comme le cinéaste aime à les cultiver. Régurgiter à travers des mots ce que l'on a pu ressentir durant ce qui s'avère de la part de son auteur une énième expérience cinématographique est rude (Il n'y a guère que le Jodorowsky de Santa Sangre, le Cronenberg de Faux-semblants ou le Noé de Enter the Void pour me faire autant vibrer). Terriblement rude. Surtout lorsque le réalisateur conserve auprès de lui la plupart des clés, laissant ainsi le spectateur se démerder avec sa propre manière d'envisager le récit. Autant dire qu'aller chercher chez d'autres les explications qui permettraient de coucher sur papier dématérialisé une analyse éclairée ne servirait à rien. Et quitte à se tromper sur la marchandise, quelle importance ? Qui d'autre que David Lynch lui-même peut véritablement se targuer de connaître le fin fond de l'affaire ? Réponse : personne... Comme je m'étais fait à l'époque la réflexion au sujet de Eraserhead, la plupart des longs-métrages signés du réalisateur américain ressemblent à des cours d'eau relativement tranquilles, du moins jusqu'à un certain point. Jusqu'à ce que la quiétude des eaux soit dérangée par de tempétueuses cascades brouillant des pistes qui jusque là s'avéraient étonnamment fluides. Ça n'est bien sûr pas toujours vrai (Inland Empire), mais Lost Highway fait figure d’œuvre bicéphale, où la schizophrénie vient frapper de plein fouet non seulement le récit mais les spectateurs eux-mêmes.


Le film apparaît comme un puzzle qui demande un minimum de réflexion pour que chaque pièce soit repositionnée au bon endroit. Puis vient le moment où un type un peu fou débarque dans votre chambre et vient tout foutre en l'air, chacune des pièces en question retombant côté pile et révélant un tout autre décor... Je n'en démords pas : tout ou presque découle de ce geste de ''réconfort'' offert à Fred (Bill Pullman) par la main bienveillante de son épouse Renée (Patricia Arquette) : Une petite tape dans le dos alors qu'il peine à lui faire l'amour. Une humiliation. Difficile d'insinuer autre chose, surtout lorsqu'on a l'art et la manière comme David Lynch de filmer cet acte théoriquement anodin... On devine la suite : suspicion, jalousie et au final, le corps de Renée allongée sur le lit du couple, baignant dans son propre sang. Fred ? Arrêté, accusé de meurtre, condamné à la peine capitale et, en attendant, enfermé dans une cellule du couloir de la mort. Rien que de très classique pour une histoire d'amour virant au cauchemar. C'est pourtant très précisément au moment où le générique de fin devrait logiquement dérouler son habituelle litanie sur fond noir que le récit semble réellement démarrer. Car un fait extraordinaire vient de se produire : Fred a disparu de sa cellule et à sa place s'y est retrouvé une jeune garagiste du nom de Pete (Balthazar Getty). Patatras ! On (ne) reprends (pas) les mêmes et on (ne) recommence (pas). Si vous choisissez de ne pas ôter les parenthèses, alors vous et moi sommes d'accord. Avec son récit à double tiroirs, sa cassure qui intervient après seulement trois-quart d'heures (le film dure près de cent-trente cinq minutes), la symbolique de la veuve noire, ces personnages qui se chevauchent, s'assimilent les uns aux autres, le renversement de certaines croyances typiquement européennes (la Blonde et la Brune, l'épouse et la maîtresse), sa figure démoniaque (l'homme mystère interprété par l'impressionnant Robert Blake), sa part de rêve et ses zones d'ombre, Lost Highway est typiquement ''Lynchéen''. Une œuvre labyrinthique qui à son tour renvoie à cette éternelle obsession du réalisateur pour les drapés rouges derrière lesquels s'activent des forces obscures. Retour dans le passé ou voyage dans le temps, transfiguration, passion charnelle (David Lynch transforme instantanément Patricia Arquette en icône sexuelle et sensuelle), le film est l'un des nombreux chefs-d’œuvre de l'artiste. À regarder encore et encore, sans la moindre réserve et sans modération, jusqu'à cet ultime instant où peut-être la lumière complète se fera sur ce projet totalement fou, barré, rare, complexe, noir mais surtout magnifique...

 

mercredi 1 juin 2022

La neuvième configuration de William Peter Blatty (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La seule évocation de William Peter Blatty réveille de vieux souvenirs. De ces cauchemars qui sur pellicule ont empêché de dormir des générations de cinéphiles. Car derrière ce nom se cache l'auteur de L'exorciste, roman qui eut les honneurs d'une adaptation sur grand écran en 1973. Et pas par n'importe quel cinéaste puisque William Friedkin réalisa lui-même ce qui demeure toujours comme l'une des expériences les plus traumatisantes ayant vu le jour dans les salles de cinéma. Si la légende aura d'abord retenu le nom du réalisateur, William Peter Blatty n'en est pas moins rattaché à l’œuvre pour l'éternité. De son côté, ce dernier aura réalisé en tout et pour tout, deux films. Pas un de plus. En 1990, il réalisera The Exorcist III: Legion, le troisième volet d'une franchise qui aurait peut-être dû s'arrêter à l'issue du chef-d’œuvre de William Friedkin. Une bouture bien fade au regard de l'original même si elle possède des qualités qui lui sont propres. Il est par contre relativement intéressant de revenir dix ans en arrière, soit en 1980. Cette année là, William Peter Blatty se lance lui-même dans la réalisation avec La Neuvième Configuration. Une œuvre logiquement écrite par ses soins mais qui n'a plus rien à voir avec le Diable tel qu'il le décrivait presque dix ans plus tôt en 1971 dans son plus célèbre roman. Ce premier longs-métrage que l'on aurait tôt fait de ranger dans la catégorie des O.F.N.I.s est effectivement une œuvre très particulière. Le genre de film qui peut incommoder de diverses manières ou réjouir les amateurs de bizarreries...


Une certitude rejoindra cependant ces différents cas de figures : La Neuvième Configuration ne laissera personne indifférent. On pourrait en parler durant des heures. Discuter de ces quatre-vingt premières minutes lors desquelles la folie des personnages rejoint celle du script et à la suite desquelles, le spectateur finira par cesser de rire. La farce se mue en une tragédie et l'on se demande alors pour quelles raisons William Peter Blatty a attendu si longtemps pour nous servir ce drame que l'on aurait aimé voir gagner du terrain sur les trop longues divagations qui l'ont précédé. Après avoir lâché ses interprètes durant plus des deux tiers du récit, à les laisser jouer comme des enfants indisciplinés entre les murs d'un stupéfiant château à l'architecture gothique situé au sommet d'une montagne, le réalisateur durcit le ton. Son équipe technique et ses deux principaux interprètes (les formidables Stacy Keach et Scott Wilson) sont transportés dans un bar sordide tenu par une bande de bikers particulièrement violents à la tête desquels trônent l'acteur Steve Sandor et son ''lieutenant'' Richard Lynch. Jusque là, La Neuvième Configuration nous promena dans un drôle d'établissement consacré au traitement psychiatrique d'anciens soldats supposément atteints de folie. Le Colonel Vincent Kane (Stacy Keach) intègre donc l'endroit en tant que psychiatre afin d'y étudier les patients et de voir qui parmi eux est vraiment malade et qui simule...


Et là, le spectateur a droit à une galerie de personnages hauts en couleurs. À commencer par le duo formé autour des lieutenants Frankie Reno et Spinell (le second empruntant le nom authentique de celui qui l'interprète, soit l'acteur Joe Spinell, formidable monstre humain dans le traumatisant Maniac de William Lustig sorti la même année), le premier faisant passer des castings à des chiens dans le but de monter une pièce de théâtre inspirée de William Shakespeare. En passant par un schizophrène dont l'une des personnalités n'hésite pas à revêtir une robe chasuble de nonne ! Mais surtout, ce sera pour le colonel Vincent Kane, l'occasion de faire la connaissance du capitaine Billy Cutshaw (l'acteur Scott Wilson). Un ancien astronaute qui lors du lancement d'une fusée à destination de la Lune fut pris de panique et interrompit le décollage. Quatre-vingt minutes d'un grand n'importe quoi, lors desquelles les dialogues perdent complètement le spectateur dans le même esprit que ces improvisations dont seuls ceux qui en sont les acteurs savent de quoi ils parlent. Notons que la présence à l'image de Stacy Keach tempère quelque peu le climat de folie qui baigne littéralement et qu'il sera lui-même l'objet central d'un très intéressant Twist. Ensuite, c'est le choc. Dix ou quinze minutes lors desquelles William Peter Blatty plonge la tête du spectateur dans une bassine remplie d'eau et le contraint à vivre une double humiliation sous apnée ! Une longue séquence rendue plus difficile encore par l'aspect humoristique (et plus ou moins drôle) de tout ce qui a précédé cette séquence pénible à supporter. Dans le genre ''changement de ton'', le réalisateur a réussi l'exploit de plomber l'ambiance sans espoir pour le spectateur de retrouver le sourire. D'une manière générale, soit on adhère au concept de départ, soit l'on abandonne au bout d'une demi-heure. Ce qui serait au fond, une grave erreur puisque la patience des spectateurs étant mise à rude épreuve, la récompense n'en sera que plus grande. Un film unique en son genre et une vraie curiosité servie par une jolie brochette d'interprètes...

 

mercredi 17 juin 2020

Jagged Edge de Richard Marquand (1985) - ★★★★★★★★☆☆



Avec Jagged Edge, avant dernier long-métrage du réalisateur Richard Marquand qui avant cela réalisa notamment Psychose Phase 3 en 1979, Le Retour du Jedi en 1983 et French Lover l'année suivante, les spectateurs furent victimes en 1985 de l'une des manipulations les plus remarquable à laquelle ait donné naissance le septième art. Scénariste, journaliste et romancier, le hongrois Joe Eszterhas a en effet écrit un scénario dont la perversité n'a d'égal que son incroyable dénouement. Pourtant, Jagged Edge qui chez nous est sorti sous le titre À Double Tranchant, a tout du long-métrage classique mettant en scène le procès d'un homme accusé du double meurtre de son épouse et de leur gouvernante. Mais là où l’œuvre de Richard Marquand se démarque du tout commun, c'est dans l'évolution de l'intrigue et donc, du dit procès, où chaque intervention, chaque témoin vient remettre en cause les acquis. Pour accentuer le réalisme et faire de l'héroïne remarquablement interprétée par l'actrice Glenn Close, la ''victime'' elle aussi des apparences, scénariste et réalisateur lui font porter le poids de la mort d'un homme qu'elle n'a pas su faire acquitter quatre ans plus tôt alors qu'elle le savait innocent. Un condamné qui d'ailleurs vient justement de se suicider dans sa cellule, quelques jours seulement avant le procès de Jack Forrester, l'homme accusé d'avoir tué sa femme et la gouvernante. De quoi fragiliser l'avocate Teddy Barnes...

Comme le veut ce type de long-métrage, une bonne partie est consacrée au procès à proprement parler. Aux côtés d'un Jeff Bridges séducteur incarnant Jack Forrester et face à un Peter Coyote capable de faire disparaître des éléments de l'enquête n'allant pas dans le sens qu'il voudrait voir prendre au procès, Glenn Close campe une avocate en tailleur couleur crème, brune ou bleue, rayé ou non pour laquelle chaque détail compte (n'impose-t-elle pas à son client de porter un costume de couleur bleu foncé ?). Au détour de plusieurs séquences, le spectateur aura tout loisir de retrouver des seconds rôles intéressants. À l'image de Lance Henriksen, de Marshall Colt (lequel est essentiellement connu chez nous pour avoir été l'un des deux personnages centraux de la série télévisée Loterie diffusée en 1983), de James Karen (que l'on a pu notamment découvrir dans certaines œuvres fantastiques telles Poltergeist de Tobe Hopper en 1982, Le Retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon en 1985 ou L'Invasion vient de Mars l'année suivante). Mais l'on retiendra certainement surtout celle de Robert Loggia qui dans la peau de l'investigateur Sam Ranson est fidèle à lui-même, c'est à dire totalement crédible...

Ici, le spectateur ne doit surtout pas s'attendre à de quelconques scènes d'action ou de cascades. Pas de fusillades entre police en gangsters. Non, juste le récit diabolique d'une affaire judiciaire que seuls les plus malins ou les plus aguerris à ce genre de mécanique parviendront à dénouer avant les toutes dernières minutes. Glenn Close et Jeff Bridges brillent dans ce duo dont la relation s'avère parfois ambiguë plus que de mesure. Peter Coyote en avocat impitoyable capable d’annihiler tout sens moral au profit du résultat est lui aussi remarquable. En fait, ce qui généralise les personnages de cette incroyable machination demeure cette forme d’ambiguïté qui parasite un certain nombre d'entre eux. Jagged Edge est une très grande réussite. Richard Marquand et ses interprètes font honneur au scénario de Joe Eszterhas. Imparable !!!

mercredi 10 juin 2020

Independence Day de Roland Emmerich (1996) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les États-Unis, que dis-je... le monde entier peu lui dire merci. Il y a vingt-quatre ans, Roland Emmerich a sauvé le monde. Lui, l'analyste informaticien David Levinson, le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller, le pilote Russel Casse ainsi que le président des États-Unis d'Amérique Thomas J. Whitmore. Une brochette de super-héros à l'échelle humaine drapés d'un patriotisme qui sans doute, donna à l'époque au peuple américain, de sacrés frissons. Mais voici comment tout a commencé... Le 2 juillet 1996, deux jours avant le 4 juillet, date de commémoration de l'indépendance des États-Unis d'Amérique. C'est à cette date très précise que se profile autour de la Lune, une ombre menaçante. Celle d'un immense vaisseau-mère de cinq cent kilomètres de diamètre qui se déleste d'un nombre de vaisseaux plus petits, mais néanmoins fort imposants qui vont descendre sur Terre pour se poster à divers endroits stratégiques de la planète. Concernant les États-Unis, les endroits visés sont notamment l'Empire State Building à New York ainsi que le Capitol et La Maison Blanche situés tout deux à Washington. Si la présence d'un vaisseau au dessus du célèbre gratte-ciel créé par la compagnie d’architectes Shreve, Lamb and Harmon entre 1929 et 1931 s'avère... disons... crédible, celle de deux vaisseaux au dessus de Washington à 3,1 miles (soit, environ 5 kilomètres) de distance l'un de l'autre est par contre tout à fait incohérente.

Il ne faut pas être une bête en mathématiques pour comprendre que vue la taille des vaisseaux stationnant au dessus du Capitol et de La Maison Blanche, la chose s'avère tout à fait surprenante. Mais bon, supposons là qu'il ne s'agit que d'un détail sans importance... Alors que l'armée s'active et se prépare à une intervention (amicale ou non) des visiteurs, David Levinson capte un signal qu'il juge particulièrement inquiétant. En effet, ce signal semble être un compte à rebours qui pourrait signifier l'attaque très prochaine des envahisseurs. Quelle chance pour notre homme dont l'ex femme travaille pour le président des États-Unis d'Amérique !!! Un moyen de justifier la grande facilité avec laquelle l'analyste informaticien s'introduit entre les murs de La Maison Blanche afin de prévenir le président et ses collaborateurs du danger imminent. D'ailleurs, Independence Day ne sera qu'une succession d'heureux hasards émaillés d'un nombre affolant d’invraisemblances. Lesquelles ? Et bien, celle concernant par exemple l'analyste informaticien justement, qu'interprète le toujours génial Jeff Goldblum, et son incroyable capacité à décoder les informations issues de la technologie extraterrestre qui, je le précise, s'avère sans doute en avance sur celle des hommes de plusieurs siècles, voire, plusieurs millénaires.

Un David Levinson qui ne sera ''armé'' que d'un simple ordinateur portable capable de se connecter directement avec le système informatique des aliens !!! Et oui, car il n'en faudra (presque) pas davantage pour que l'humanité parvienne à prendre le dessus sur l'armement surpuissant et sur le système de protection de ces créatures malodorantes. Improbable ? Euh... vous croyez ? Et que dire de ses performances face au Docteur Brackish Okun et ses collaborateurs qui depuis quarante ans étudient vainement la technologie alien grâce à la présence dans la zone 51, d'une base souterraine cachant un vaisseau extraterrestre s'étant écrasé au sol le 4 juillet 1947 ? Mais tout ceci n'est que du cinéma, pas vrai ? Et puis, il y a le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller qu'interprète l'acteur Will Smith. Cabotin, même lorsque son meilleur ami vient de mourir... un type attachant, courageux, héroïque même diront certains. Et surtout, chose surprenante, capable de guider le vaisseau caché sous la zone 51, et qui jusque là, était en piteux état avant de se retrouver subitement fonctionnel lorsque le toujours ingénieux David Levinson parvient à raccorder ses données informatiques à celles de son ''fidèle'' ordinateur portable.

Ayant quitté son Allemagne natale pour les États-Unis six ans auparavant, le réalisateur Roland Emmerich semble éprouver la nécessité de remercier le pays qui l'héberge désormais en le désignant comme l'unique chance pour l'humanité de survivre à une attaque extraterrestre. Dégoulinant de patriotisme, Independence Day s'ouvre pratiquement sur la vision d'un drapeau américain ''flottant'' sur la surface de la Lune où, le réalisateur ne pouvant s'empêcher de noter l'anecdote, un certain Neil Armstrong a foulé le sol en premier. Et que dire du rôle qu'a offert le réalisateur allemand à l'acteur Bill Pullman, formidable Fred Madison dans le chef-d’œuvre de David Lynch Lost Highway l'année suivante mais insupportable dans le rôle de Thomas J. Whitmore. Un président lisse et surtout, très courageux puisque se portant volontaire pour aller affronter les vilaines bêtes qui tentent d’annihiler l'espèce humaine pour s'approprier la totalité des ressources terrestres. Bourré jusqu'à la gueule de ''bons mots'', de ''punchlines'', inadéquats pour ce type d'événements mais tout à fait appropriés lorsqu'il s'agit de ne produire qu'un long-métrage visant à faire un maximum de recettes au mépris de toute vraisemblance, Independence Day est un show permanent nanti, faut-il le préciser lorsque l'on apprend que le film a été financé à hauteur de presque cent millions de dollars, plutôt efficace en ce qui concerne ses effets-spéciaux.

Ne pouvant s'empêcher d'en faire toujours trop (ce qui demeure sa marque de fabrique), Roland Emmerich convoque les superviseurs en effets-spéciaux visuels Volker Engel et Douglas Smith, la productrice/superviseuse en effets-spéciaux digitaux Tricia Ashford, le superviseur et designer des créatures aliens Patrick Tatopoulos, le producteur en effets visuels Terry Clotiaux et les superviseurs en effets mécaniques et en pyrotechnie miniature Joseph Viskocil et Clay Pinney pour un spectacle visuel évidemment total. Au mépris, toujours, d'une certaine cohérence. Pas ou peu crédible pour un sou, Independence Day bénéficie cependant d'un remarquable montage signé David Brenner compte tenu des nombreuses ramifications (pas toujours justifiées) proposées par le script écrit par le réalisateur lui-même et par le scénariste Dean Devlin qui depuis Moon 44 en 1990 et jusqu'à Godzilla en 1998 est resté fidèle à Roland Emmerich. Amateurs de science-fiction sérieuse, merci de vous abstenir. Gavé de récompenses dont un Oscar des meilleurs effets-spéciaux et un second pour le meilleur son en 1997, l’œuvre de Roland Emmerich a connu une première suite intitulée Independence Day: Resurgence et sortie en 2016. Véritable engeance du septième art, cette séquelle permet de réévaluer l’œuvre d'origine tant la suite des aventures du président Thomas J. Whitmore et de David Levinson (toujours interprétés par les acteurs Bill Pullman et Jeff Goldblum) auxquelles ne participe heureusement plus pour lui Will Smith, est pitoyable. Avant de clore cet article, j'aimerais préciser également la présence de plusieurs formidables interprètes ayant participé à l'aventure Independence Day. Robert Loggia y incarne le Général William Grey et Brent Spiner (le Data de Star Trek : la Nouvelle Génération) le personnage du Docteur Brakish Okun. À noter également la présence (Merde ! Je l'ai loupée) de la française Charlotte Gainsbourg dans le rôle du docteur Catherine Marceaux...

samedi 14 mai 2016

Psychose 2 de Richard Franklin (1983)



Après avoir passé plus de vingt ans derrière les murs d'un hôpital psychiatrique, Norman Bates est désormais libre d'aller où il veut. Suivi médicalement par le Docteur Raymond, le quadragénaire retourne donc logiquement chez lui, près du motel dont il est le propriétaire et dont la gérance a été confiée à un certain Warren Toomey qui en a fait un bordel lucratif. Renvoyé par Norman le jour de son arrivée, le gérant promet de revenir bientôt. Employé désormais dans les cuisines d'un snack routier, Norman fait la connaissance de Mary Samuels, une jolie jeune femme qui vient malheureusement d'être quittée par son petit ami. Ne sachant pas vraiment où dormir, Norman lui propose de lui louer l'une des chambres du motel. Mais alors qu'il trouve des sachets de drogue dans l'une d'entre elle, il propose à Mary de venir finalement s'installer dans l'une des chambres de l'immense demeure familiale trônant au sommet d'une colline.

Considéré comme guéri, Norman semble pourtant être le seul à se rendre compte que d'étranges événements se produisent chez lui, et même à la cafétéria puisqu'il y trouve suspendu auprès des commandes des clients, un mot écrit de la main de sa mère. Il reçoit régulièrement des appels téléphoniques de sa mère et une étrange silhouette rode dans sa maison. Alors qu'une fois de plus Warren Toomey a décidé de venir causer des ennuis à Norman, l'ancien gérant est tué à coups de couteau par un individu dont la silhouette ressemble étrangement à celle qui tua vingt-deux ans plus tôt Marion Crane. Mary tente de rassurer Norman mais celui-ci semble sombrer peu à peu dans la folie...

Norman Bates est-il toujours le fou dangereux d'il y a plus de vingt ans ? Est-il la victime d'une machination ? Ou bien sa chère et tendre maman est-elle revenue d'entre les morts ? Ces questions et bien d'autres sont celles que les spectateurs se posent logiquement à la vision de cette suite parfaitement inutile mais qui se laisse malgré tout agréablement regarder. On y retrouve un Anthony Perkins un tout petit peu vieillissant, au regard beaucoup plus inquiétant que par le passé, et surtout une histoire beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord. Reconnaissons-le, le premier Psychose possédait un scénario simpliste, ce qui, n'enlève bien entendu rien à son statut de chef-d’œuvre. Après Alfred Hitchcock, c'est le cinéaste Richard Franklin (Link) qui se charge de cette suite qui ne parvient pourtant jamais à se hisser à la hauteur de son illustre prédécesseur.

Anthony Perkins n'est pas le seul à reprendre du service puisque l'actrice américaine Vera Miles elle-même reprend le rôle de Lila Crane qu'elle interpréta dans Psychose premier du nom. Un nouveau personnage apparaît en la personne de Mary Loomis, interprétée par Meg Tilly alors qu'au départ le rôle était écrit pour Jamie Lee Curtis qui s'avère elle-même être la fille de Janet Leigh qui joua le celui de Marion Crane dans le premier film. Psychose 2 fait référence à plusieurs reprises au film d'Alfred Hitchcock. D'abord en débutant par la fameuse scène de la douche, puis en donnant le même pseudo utilisé par la fille de Lila Loomis que celui dont s'était servie sa propre sœur au moment de signer le registre du motel la nuit de son arrivée. Un détail très intéressant rapproche également Psychose 2 d'un autre long-métrage cette fois-ci réalisé par John Carpenter : Halloween, la Nuit des Masques dans lequel le médecin traquant le frère de l'héroïne (Jamie Lee Curtis), porte le même nom que l'amant de Marion dans Psychose. Presque une histoire de famille en fait.

Même si cette suite n'a pas autant de classe que le film de 1960 (le noir et blanc a tout de même plus de « gueule » que la couleur), Psychose 2 est une très honnête série B. En tout cas, le public américain à l'époque ne s'y est pas trompé puisqu'il fit du film de Richard Franklin, le second meilleur score au box office l'année de sa sortie. A noter la présence de seconds rôles sympathiques tels que Robert Loggia, Dennis Franz et Hugh Gillin...
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