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mercredi 3 juin 2026

More Brains! A Return to the Living Dead de Bill Philputt (2011) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Lorsque l'on a grandit dans les années quatre-vingt et que l'on a toujours apprécié le cinéma quel que soit le genre abordé sur grand écran, comme pour n'importe quelle autre génération, il est des films qui nous marquent durablement. Je pourrais en citer des dizaines, des centaines même, mais parmi la pléthore de long-métrages à avoir vu le jour sur grand écran à cette époque, les premiers qui me viennent à l'esprit sont The Breakfast Club de John Hugues, Predator de John McTiernan, Terminator de James Cameron, Re-animator de Stuart Gordon, Ghostbusters d'Ivan Reitman, The Hidden de Jack Sholder, A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors ainsi que The Blob tous deux réalisés par Chuck Russel, Day of the Dead de George Romero, Class of Nuke 'Em High de Lloyd Kaufman et Richard W. Haines ou encore Retour vers le futur de Robert Zemeckis. Et c'est sans compter tous ceux qui m'échappèrent et que je ne découvris que sur le tard, en VHS ou en DVD ! Parmi les innombrables longs-métrages qui ont nourrit ma passion pour le septième art, beaucoup de films d'horreur, de science-fiction ou fantastiques. Et encore parmi eux, l'un des meilleurs films de zombies toutes époques confondues : The Return of the Living Dead sorti chez nous sous le titre Le retour des morts-vivants. Un classique, un film culte et, n'ayons pas peur des mots, un chef-d’œuvre du genre. Tandis que l'on ne sait plus trop à quelle date verra le jour la suite officielle et tardive du film de Dan O'Bannon désormais réalisée par Steve Wolsh et situant son action dix-huit mois après les événements du premier long-métrage d'une saga qui s'est étirée sur une période de vingt années environ, les vrais fans de l'original attendent certainement davantage cet obscure et étrange objet du désir qui se fait appeler Trash's Revenge: Return of The Living Dead Universe. Une œuvre censée avoir vu le jour sur grand écran et dans peu de salles aux États-Unis fin 2025 mais dont les infos tombent malheureusement au compte-goutte quant à une éventuelle sortie officielle dans son pays d'origine ainsi qu'à travers le monde...


C'est en tombant ces derniers jours tout à fait par hasard sur l'improbable série Z horrifico-sportive (!?!) Linnea Quigley's Horror Workout que l'envie d’enquêter sur l'existence éventuelle d'un documentaire consacré à The Return of the Living Dead m'a permis de mettre la main sur un véritable Graal. Une ''encyclopédie'' audiovisuelle entièrement consacrée à ce petit bijou mêlant avec tout le respect dû au genre, horreur et comédie. D'ailleurs, si le spectateur malavisé se refuse à toute compromission lorsqu'il s'agit d'évoquer ce mélange théoriquement improbable entre humour et épouvante, Dan O'Bannon, ses techniciens ainsi que ses interprètes eurent le bon goût de verser dans la comédie horrifique et non pas dans la simple parodie. Durant sa courte carrière de producteur, de réalisateur, d'acteur ou de scénariste, Bill Philputt n'a mis en scène que deux documentaires. Le premier, Stormtroopers of Death: Kill Yourself - The Movie se consacrait à la tournée américaine du groupe de métal Stormtroopers of Death. Après une absence de plus de dix ans, il réapparaissait en 2011 avec le documentaire More Brains! A Return to the Living Dead... Deux heures entièrement consacrées au film de Dan O'Bannon, aux différents artisans qui participèrent à sa conception ainsi qu'à ses interprètes bien évidemment... L'on entre ainsi dans les coulisses d'un tournage tourmenté, conduit par un cinéastes parfois inflexible mais auquel son équipe rend hommage (Dan O'Bannon étant effectivement décédé le 17 décembre 2009, soit deux ans avant la réalisation du documentaire !). Bourré d'anecdotes relatées par les concepteurs des effets-spéciaux de maquillages (dont William Stout), les producteurs, le scénariste original John A. Russo, le directeur de la photographie Paul Sammon et bien évidemment la quasi totalité des interprètes du long-métrage, l'absence de Dan O'Bannon n'est pourtant pas la seule à se faire ressentir. L'on apprend ainsi que l'acteur Mark Venturini est mort très jeune d'une leucémie...


Beau jeune homme de près de deux mètres, il incarnait dans le film le punk Suicide. Si Linnea Quigley (Trash), Thom Mathews (Freddy), Beverly Randolph (Tina), John Philbin (Chuck), Clu Galager (Burt Wilson), Don Calfa (Ernie Kaltenbrunner), James Karen (Frank) et les autres ont forcément pris plus ou moins de la bouteille, c'est avec la même vigueur et dans un même élan qu'ils retracent avec nous leur expérience sur le tournage. Notons que Miguel A. Núñez Jr. vécu durant un temps dans la rue. L'interprète de Spider (aux doux airs d'un Jeff Goldblum version black) avait la même année participé au tournage de Friday the 13th: A New Beginning (Vendredi 13, chapitre V : Une nouvelle terreur) de Danny Steinmann en incarnant le rôle de Demon..... More Brains! A Return to the Living Dead nous en apprend beaucoup sur les différentes étapes, entre la pré et la post production. Écriture du script, choix des acteurs, conception des effets-spéciaux, tournage, anecdotes (l'on apprend notamment que le choix du nom d'Ernie Kaltenbrunner pour le rôle du médecin légiste incarné par Don Calfa est directement liée au nazi autrichien de triste mémoire, Ernst Kaltenbrunner) et surtout, retour sur la totalité des scènes du film expliquées par les techniciens et les acteurs. Bref, un incunable...

 

mercredi 17 juin 2020

Jagged Edge de Richard Marquand (1985) - ★★★★★★★★☆☆



Avec Jagged Edge, avant dernier long-métrage du réalisateur Richard Marquand qui avant cela réalisa notamment Psychose Phase 3 en 1979, Le Retour du Jedi en 1983 et French Lover l'année suivante, les spectateurs furent victimes en 1985 de l'une des manipulations les plus remarquable à laquelle ait donné naissance le septième art. Scénariste, journaliste et romancier, le hongrois Joe Eszterhas a en effet écrit un scénario dont la perversité n'a d'égal que son incroyable dénouement. Pourtant, Jagged Edge qui chez nous est sorti sous le titre À Double Tranchant, a tout du long-métrage classique mettant en scène le procès d'un homme accusé du double meurtre de son épouse et de leur gouvernante. Mais là où l’œuvre de Richard Marquand se démarque du tout commun, c'est dans l'évolution de l'intrigue et donc, du dit procès, où chaque intervention, chaque témoin vient remettre en cause les acquis. Pour accentuer le réalisme et faire de l'héroïne remarquablement interprétée par l'actrice Glenn Close, la ''victime'' elle aussi des apparences, scénariste et réalisateur lui font porter le poids de la mort d'un homme qu'elle n'a pas su faire acquitter quatre ans plus tôt alors qu'elle le savait innocent. Un condamné qui d'ailleurs vient justement de se suicider dans sa cellule, quelques jours seulement avant le procès de Jack Forrester, l'homme accusé d'avoir tué sa femme et la gouvernante. De quoi fragiliser l'avocate Teddy Barnes...

Comme le veut ce type de long-métrage, une bonne partie est consacrée au procès à proprement parler. Aux côtés d'un Jeff Bridges séducteur incarnant Jack Forrester et face à un Peter Coyote capable de faire disparaître des éléments de l'enquête n'allant pas dans le sens qu'il voudrait voir prendre au procès, Glenn Close campe une avocate en tailleur couleur crème, brune ou bleue, rayé ou non pour laquelle chaque détail compte (n'impose-t-elle pas à son client de porter un costume de couleur bleu foncé ?). Au détour de plusieurs séquences, le spectateur aura tout loisir de retrouver des seconds rôles intéressants. À l'image de Lance Henriksen, de Marshall Colt (lequel est essentiellement connu chez nous pour avoir été l'un des deux personnages centraux de la série télévisée Loterie diffusée en 1983), de James Karen (que l'on a pu notamment découvrir dans certaines œuvres fantastiques telles Poltergeist de Tobe Hopper en 1982, Le Retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon en 1985 ou L'Invasion vient de Mars l'année suivante). Mais l'on retiendra certainement surtout celle de Robert Loggia qui dans la peau de l'investigateur Sam Ranson est fidèle à lui-même, c'est à dire totalement crédible...

Ici, le spectateur ne doit surtout pas s'attendre à de quelconques scènes d'action ou de cascades. Pas de fusillades entre police en gangsters. Non, juste le récit diabolique d'une affaire judiciaire que seuls les plus malins ou les plus aguerris à ce genre de mécanique parviendront à dénouer avant les toutes dernières minutes. Glenn Close et Jeff Bridges brillent dans ce duo dont la relation s'avère parfois ambiguë plus que de mesure. Peter Coyote en avocat impitoyable capable d’annihiler tout sens moral au profit du résultat est lui aussi remarquable. En fait, ce qui généralise les personnages de cette incroyable machination demeure cette forme d’ambiguïté qui parasite un certain nombre d'entre eux. Jagged Edge est une très grande réussite. Richard Marquand et ses interprètes font honneur au scénario de Joe Eszterhas. Imparable !!!

mardi 10 septembre 2019

Piranha (TV) de Scott P. Levy (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆



Quelle drôle d'idée que de réaliser un remake de Piranha, le petit classique de l'horreur et de l'épouvante que signa le cinéaste américain Joe Dante à la toute fin des années soixante-dix. En même temps, quand on est à court... d'idée, justement, il n'est rien de plus facile que de se reposer sur un scénario déjà écrit et mis à l'épreuve sur grand écran seize ans auparavant. Réalisé par Scott P. Levy, notamment auteur de House of the Damned en 1996 (rien à voir avec l'homonyme tourné en 1963 par le cinéaste Maury Dexter), Piranha (TV) version 1995 est rien moins qu'un remake qui applique poliment la recette du scénario qu'écrivit John Sayles en 1978 avant de l'adapter aux côtés de Richard Robinson. Respectueux du scénario original, l'adaptation du scénariste Alex Simon reprends les grandes scènes du long-métrage de Joe Dante, Scott P. Levy proposant une alternative télévisuelle qui étonnera sans doute par l'accumulation de scènes horrifiques même si celles-ci ne sont pas outrancièrement gore !

En effet, le principe (économique) étant toujours le même, il s'agit plus de faire travailler l'imaginaire du spectateur que de le provoquer à travers de fulgurants et très coûteux effets gore. La technique ici éprouvée consiste donc à agiter sous l'eau des marionnettes à l'effigie des poissons incriminés, c'est à dire des piranhas ayant muté après de sordides expériences militaires menées par l'armée américaine afin de combattre un éventuel ennemi. D'une taille raisonnable de cinquante centimètres, l’œil glauque et les dents acérées, nos piranhas, qui ne volent pas encore, ont par contre la faculté de se mouvoir dans des eaux aussi bien douces que salées. Ce qui, lorsque l'on y pense, s'avère dramatique comme le supposeront nos héros, Paul Grogan et Maggie McNamara qui tout deux vont enquêter puis tenter d'empêcher les poissons de progresser vers un camp de vacances, puis un site touristique, et même avant qu'il ne parviennent à prendre le large et mettre en danger, pourquoi pas, l'humanité toute entière...

Paul Grogan est incarné à l'écran par l'acteur William Katt qui, non content d'avoir tourné dans une ribambelle de téléfilms et séries télévisées (dont Perry Mason), a joué dans le cultissime House que Steve Miner réalisa en 1986 et surtout, oui, surtout, l'extraordinaire The Man from Earth de Richard Schenkman, chef-d’œuvre absolu de science-fiction et magistrale réflexion philosophique. À ses côtés, l'actrice Alexandra Paul qui elle tournera pour John Carpenter en 1983 dans l'immense Christine, ou dans Agent Zéro Zéro de Rick Friedberg sorti en 1996. Comme dans tout bon film d'agression animale, Piranha (TV) est nanti de quelques antagonistes d'envergure, à commencer par l'acteur Monte Markham qui dans le rôle du promoteur J.R. Randolph ignore volontairement l'alerte donnée par Paul et Maggie, se rendant ainsi responsable de nombreuses morts, ou la très jolie (mais très garce aussi) Kehli O'Byrne qui dans le rôle de la monitrice Gina Green en fera baver à la fille du héros ne sachant pas nager avant de se faire croquer lors d'un bain de minuit sanguinolent. Bien qu'inférieur au long-métrage de Joe Dante, la version télévisée de 1995 n'est pas du tout désagréable à regarder. Par contre, les amateurs de scènes gore risquent d'être quelque peu déçus car à part de gros bouillons de sang et quelques bouts de chair dérivant dans des eaux devenues dangereuses, les scènes d'horreur sont peu impressionnantes. Ce qui n'est pas le cas des attaques massives et répétitives. Scott P. Levy réalise ici un honnête remake...

lundi 15 avril 2019

Le Syndrome Chinois de James Bridges (1979) - ★★★★★★★★☆☆



Avant de devenir le formidable long-métrage de James Bridges, Le Syndrome Chinois tourne tout d'abord autour d'une hypothèse selon laquelle les protections qui entourent les éléments combustibles en fusion d'un cœur de réacteur nucléaire pourraient être percées, causant ainsi leur pénétration par le sol. Le terme ''syndrome chinois'' voulant que le matériel en fusion d'un réacteur situé en Amérique du nord puisse traverser la croûte terrestre jusqu'en Chine. Bien entendu, il ne s'agit pas dans le cas présent d'évoquer un tel scénario relevant de la science-fiction même si le pouvoir qu'exerce le script de Mike Gray, T. S. Cook et James Bridges n'a pas à rougir de la comparaison. Vieux de quarante ans, Le Syndrome Chinois de James Bridges a sans doute quelque peu vieilli (Michael Douglas et son look de Bee Gees). Pourtant, le sujet qu'il aborde n'a jamais été autant d'actualité que depuis quelques années. Une œuvre qui fait forcément écho aux tragédies nucléaires qui eurent lieu à Tchernobyl dans la centrale Lenine le 26 avril 1986 et le 11 mars 2011 dans la centrale nucléaire de Fukushima au Japon.

Alors que la journaliste de la chaîne KXLA Kimberley Wells (superbe Jane Fonda) et le cameraman Richard Adams (l'acteur Michael Douglas, également producteur du film) tournent un documentaire dans la centrale nucléaire de Ventana dans la banlieue de Los Angeles (un lieu fictif), un incident apparemment anodin se produit à la suite d'un séisme d'ampleur mineure. Le responsable de l'unité constate une légère vibration consécutive au tremblement de terre. En analysant les données calculées en temps réel par les différentes jauges du terminal, Jack Godell (formidable Jack Lemmon) remarque en effet le niveau élevé du système hydraulique censé refroidir les barres d'uranium. Ce n'est que plus tard, après avoir tenté de renverser la vapeur que ses hommes et lui constatent leur erreur. La jauge, tombée en panne, indiquait de fausses informations. Désormais, le niveau de l'eau est bien trop bas et risque de mettre en péril la centrale ainsi que la vie de nombreuses personnes. Après plusieurs tentatives, le réacteur retrouve son fonctionnement normal. Malheureusement pour la centrale et ses responsables, Richard Adams a filmé toute la scène et révèle son intention d'utiliser les bandes malgré les conseils des supérieurs de la chaîne. En outre, suspectant un dysfonctionnement de certaines parties de la centrale, Jack Godell décide de mener une enquête interne. Et ce qu'il va découvrir dépasse l'entendement : une série de clichés radiographiques effectuées six ans en arrière sur les soudures du réacteur révèlent des défauts. Alors que Jack Godell en parle à ses supérieurs, ces derniers lui demande de laisser tomber, car de nouvelles radiographies des soudures coûteraient bien trop chères...

Même si la théorie qui sert de titre au long-métrage de James Bridges paraît tout à fait farfelue, le film, lui, se révèle par contre aussi terrifiant qu'édifiant. Le cinéaste, auteur de huit long-métrages et d'un certain nombre de scénarii aborde Le Syndrome Chinois sous l'angle du thriller catastrophique, avec son lot de gentils journalistes (pour une fois qu'ils n'ont pas le mauvais rôle, il est bon de le noter) et de méchants responsables (l'immonde Evan McCormack incarné à l'écran par l'excellent Richard Herd). L’œuvre de James Bridges oppose un Jack Lemmon formidablement humain face à des dirigeants à la moralité douteuse prêts à mettre en péril la vie même de leurs concitoyens, au péril même de la faune et la flore. Jane Fonda et Michael Douglas campent un duo de personnages qui excelle dans l'art d'improviser même dans les cas d'extrême urgence. L'aspect catastrophique prend un visage bien différent de ceux auxquels le septième art nous avait habitué depuis les années soixante et même jusqu'à aujourd'hui car James Bridges, et ce, malgré le sujet abordé, préfère d'abord le traiter sous l'angle du thriller. Il crée ainsi un climat d'angoisse permanent dès lors que sont entrepris tous les stratagèmes afin de faire taire tous ceux qui voudraient témoigner de l'affaire.
Traité sous un angle particulièrement sérieux, Le Syndrome Chinois pourrait passer pour un film de propagande aux yeux de certains spectateurs. Ce qu'il ne demeure fort heureusement pas même si bien entendu, le sujet abordé éveille des questions relatives à l’hypothétique danger lié à l'utilisation de l'énergie nucléaire. Une pointe d'humour, un peu d'émotion, mais surtout, un scénario diaboliquement construit autour d'une myriades d'interprètes (Wilford Brimley, Peter Donat, James Karen, et bien d'autres encore) tous formidables... Un Classique...

samedi 27 janvier 2018

Le Retour des Morts-Vivants 2 de Ken Wiederhorn (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Voici donc pour clore le sujet, l'objet du délit. Comprendre, la première séquelle du petit classique de Dan O'Bannon, Le Retour des Morts-Vivants. Sobrement intitulé puisque portant le même titre orné d'un 2 avouant sa paternité avec l'original. Une suite qui, forcément, en a appelé une autre, puis une autre, puis une autre. Cinq longs-métrages en tout et pour tout pour une saga qui n'a fait que s'enliser dans la médiocrité. Pourtant, Le Retour des Morts-Vivants 2 n'est pas le plus mauvais d'entre eux. Mieux, ou moins pire, que les quatrième et cinquième volets, il pèche surtout par un excès d'humour franchement lourdingue et donc, fortement indigeste. Ken Wiederhorn, qui auparavant signa un triste (mais quant même célèbre parmi les amateurs de nanars) Commando des Morts-Vivants en 1977 s'est amélioré en l'espace de onze années même si ses divers passages par le petit écran (dont plusieurs épisodes de 21 Jump Street n'augurant pas forcément que du bon) ne l'auront finalement vu réaliser qu'une poignée de longs-métrages. Dont fait donc partie cette suite presque directe, ou du moins, la plus proche de l'original sorti en 1985 soit trois ans auparavant.
Les fans du Retour des Morts-Vivants premier du nom reconnaîtront au générique deux des interprètes ayant participer à l'aventure proposée trois ans auparavant par Dan O' Bannon, James Karen (qui jouait le rôle de Frank et interprète désormais celui de Ed) et Thom Matthews (qui abandonne celui de Freddy pour incarné Joey).

Alors que le premier volet tournait autour de trois employés d'une entreprise de fournitures médicales (dont le propriétaire), d'une bande de punks et d'un embaumeur, Le Retour des Morts-Vivants 2 met en scène un gamin, sa sœur, un employé du câble, et deux détrousseurs de cadavres dans un quartier « presque » tranquille (deux adolescents s'amusent à emmerder Jesse Wilson, le gamin en question) où vont s'échouer plusieurs barils de trioxine 245, le fameux gaz réveillant les morts. Très vite, les cadavres commencent à sortir de leur tombe. Le coin est très vite envahi et tous les héros de l'histoire finissent par se retrouver et rejoindre un certain docteur Mandel, lequel possède un véhicule qui leur permettra de prendre la fuite. Si Le Retour des Morts-Vivants 2 n'est pas aussi mauvais que les séquelles suivantes, les pitreries de ses différents interprètes (la palme d'or revenant à l'acteur James Karen) cassent l'ambiance. Si Dan O' Bannon avait su mâtiner son œuvre d'une touche d'humour bienvenue, Ken Wiederhorn fait de ses personnages des bouffons à peine amusants ou du moins, en total décalage avec le récit. Tout l'aspect épouvante du film est désamorcé et l'on assiste plus qu'à une succession de pitreries qui ne feront rire que les spectateurs « bon public » !

Si durant trois bons quart-d'heures, le film propose un récit qui se démarque de l’œuvre originale (le cinéaste ayant lui-même écrit le scénario), le long-métrage se rapproche ensuite de son ancêtre. Les personnages vont effectivement être concentrés dans les locaux du docteur Mandel où, le spécialiste lui-même constatera que deux d'entre eux développent des symptômes de mort. On atteint ensuite le summum du ridicule lorsque le cinéaste tente de rendre hommage au clip Thriller de Michael Jackson. A vrai dire, il n'y aura guère que les plus courageux pour aller jusqu'au bout. Les autres passeront leur temps à regarder l'heure, voire le plafond, en espérant que le supplice arrive à terme. Chacun choisira son camp entre cette suite indigeste et ridicule (rien que le jeu de mots foireux de l'affiche laisse augurer du pire) et toutes celles qui auront suivi sans jamais parvenir à faire oublier l’œuvre de Dan O'Bannon. A vrai dire, le seul l'unique qu'il faut avoir obligatoirement vu.

Et comme je ne sais absolument pas comment mettre un terme à ce pauvre article écrit sans la moindre motivation (ce qui se ressentira d'ailleurs très certainement à la lecture), petite anecdote qui ne concerne absolument pas ce film mais davantage son auteur, Ken Wiederhorn, car, qui l'aurait cru, le bonhomme faillit réaliser Body Double en lieu et place de Brian de Palma. Heureusement, la sociétés de production cinématographique américaine Columbia Pictures eut la judicieuse idée de refuser le projet à Ken Wiederhorn pour le confier à Brian de Palma. Imaginez-donc à quoi aurait ressemblé ce très grand film s'il avait été réalisé par l'auteur du Retour des Morts-Vivants 2. Personnellement, j'en frémis d'avance. Brrrrrr !!!

samedi 16 décembre 2017

L'Invasion vient de Mars de Tobe Hooper (1986) - ★★★★★★☆☆☆☆



Lors d'une pluie de météores, le jeune David est témoin d'un étrange phénomène. Une lueur attire son regard, perchée au sommet d'une colline. Il y découvre alors une soucoupe volante. Lorsque lui vient l'idée de partager sa découverte avec ses parents, celle-ci a disparu. Rêve ou réalité ? C'est cette seconde hypothèse que retiendra le jeune garçon qui dès le lendemain matin au petit déjeuner remarque l'étrange comportement de son père. Ce dernier, blessé à la nuque fait en effet preuve d'un curieux comportement. Bientôt, c'est au tour de la mère du gamin d'agir de la sorte. Mais « l'épidémie » ne s'arrête pas là et bientôt s'étend jusqu'à l'école où étudie David. L'institutrice du jeune garçon, Mme McKeitch se montre particulièrement virulente envers lui. Elle aussi porte au cou une étrange marque qui deviendra bientôt le signe distinctif de ceux que les extraterrestres ont réussi à assimiler. Car ces derniers ont bien l'intention de prendre le contrôle de tous les habitants de la ville. Munis de foreuses, ils ont déjà bâti un certain nombre de galeries souterraines leur permettant de se déplacer sans être vus. David ne peut désormais plus que compter sur lui-même ainsi que sur l'infirmière Linda Magnusson qui après avoir douté des propos que lui a rapporté le jeune garçon doit désormais faire face à la réalité : l'invasion a commencé...

Petit à petit, l'auteur du cultissime Massacre à la Tronçonneuse s'est laissé glissé vers des espaces beaucoup moins concrets que les crapoteuses atmosphères de ses débuts (Le Crocodile de la Mort compris). Du slasher The Funhouse, il a fait un détour vers le fantastique avec Poltergeist (qu'il co-réalisa auprès de Steven Spielberg) avant de se laisser aller à deux incartades dans la science-fiction avec plus ou moins de bonheur. Tout d'abord en 1985 avec Lifeforce, puis l'année suivante avec L'Invasion vient de Mars. C'est de ce dernier dont il s'agit ici. Film assez peu recommandé par les spécialistes du genre, ce long-métrage d'un peu plus de quatre-vingt dix minutes n'est peut-être jamais demeuré comme l'un des grands classiques du genre, toujours est-il qu'il propose un spectacle suffisamment revigorant pour qu'on lui prête un certain intérêt. Massacre à la Tronçonneuse faisant définitivement partie du passé (ou presque puisqu'il signera la même année un Massacre à la Tronçonneuse 2 largement surestimé), le cinéaste américain se tourne cette année là vers le grand public.
On pourra lui reprocher son aspect instantanément kitsch dont les éclairages et les effets-spéciaux parfois désuets se sont rendus responsables, mais à part cela, rien de vraiment catastrophique. Bien entendu, s'il on attend perpétuellement et avec acharnement que Tobe Hooper signe à peu de chose près toujours le même film, aussi traumatisant soit-il, la déception risque d'être rude. Produit par ces monstrueux requins, ces vampires que sont les producteurs israéliens Yoram Globus & Menahem Golan, lesquels rachetèrent la Canon Films en 1979, L'Invasion vient de Mars est une honnête série B.

Il demeure aussi et surtout le remake d'une œuvre datant de 1953, réalisée par le cinéaste, décorateur, scénariste et producteur américain William Cameron Menzies sous le titre Les Envahisseurs de la Planète Rouge. Bien qu'il ne lui reconnaisse aucune parenté avec L'Invasion des Profanateurs de Philip Kaufman (lui-même remake de L'Invasion des Profanateurs de Sépultures de Don Siegel), on peut noter quelques ressemblances entre ce dernier et l’œuvre de Tobe Hooper. Bien moins paranoïaque et anxiogène que son prédécesseur, L'Invasion vient de Mars met pourtant lui aussi des individus qui du jour au lendemain changent littéralement de comportement. A la seule différence que ceux de Tobe Hooper demeurent toujours les habitants de la ville où se situe l'action tandis que ceux du long-métrage de Philip Kaufman se voyaient « remplacés » par des clones issus de cosses venues de l'espace. Même si le film a pris un coup de vieux, même si ses extraterrestres (sortes de grosses têtes stomacales sur pattes) font davantage rire qu'ils n'effraient, l’œuvre de Tobe Hooper mérite bien mieux que l'image que certains lui ont conféré. De plus, le film offre l'occasion de retrouver les actrices Karen Black (Burnt Offerings) et Louise Fletcher (Vol au Dessus d'un Nid de Coucou) A voir pour se convaincre que L'Invasion vient de Mars est une honnête production ...


lundi 16 juin 2014

Poltergeist: Une Trilogie Maudite (1982-1988)


 
Poltergeist 
de Tobe Hooper (1982)



Le terme poltergeist nous vient d'Allemagne où polter (faire du bruit) et geist (esprit), deux termes qui nous donnent une idée assez précise de ce phénomène que l'on nomme chez nous esprit frappeur. Comme il est dit dans le premier volet de la trilogie initiée par Tobe Hooper, la présence s'apparente plutôt à ce genre d'entité qui se veut moins importante que l'apparition d'un revenant, dont il est déjà beaucoup plus difficile de se débarrasser.


Le premier volet, réalisé par Tobe Hooper donc, et produit par Steven Spielberg, sort en 1982. Le drame vécu par Steven Freeling, son épouse Diane et leurs trois enfants Dana, Robbie et la petite dernière, Carol Anne.devient le plus gros succès du box_office américain cette année là. Tout commence un soir. Alors que Carol Anne est devant la télé, elle semble attirée par des voix sorties tout droit du petit poste de télévision. Un événement qui va se répéter tous les soirs, jusqu'à ce que ses parents deviennent eux aussi les témoins d'étranges événements.
Des chaises qui se déplacent toutes seules dans la cuisine et le chien de la famille qui aboie en direction du plafond de la chambre de Steven et Diane. D'abord amusés, les parents de la gamine s'affolent lorsqu'un soir, leur fils Robbie est littéralement enlevé par un vieil arbre planté devant la maison. Alors que ses parents font tout pour arracher leur fils des griffes de l'arbre, Carol Anne est victime d'une entité puissante qui attire tous les objets de sa chambre vers le placard, ainsi qu'elle même qui disparaît définitivement. Steven et Diane ont beau fouiller toute la maison, leur petite fille a disparu. C'est Robbie qui la retrouve plus tard. Du moins, l'entend-il appeler sa mère derrière l'écran de télévision...

Voilà donc ainsi les premiers instants de ce qui va être pour la famille Freeling, un véritable cauchemar. Pour agrémenter son œuvre des meilleurs effets-spéciaux possibles, Tobe Hooper fait appel à Industrial Light and Magic, la boite la plus réputée à l'époque en matière d'FX. Et en effet, on en prend plein la vue. Des myriades d'objets volent dans les airs. On a droit à l’apparition de fantômes vaporeux, et même de quelques effets saisissants comme la cote de porc qui bouge seule et l'un des spécialistes en phénomène paranormaux qui s'arrache le visage devant une glace éclairée par une ampoule un peu trop... puissante. On apprend par contre en 2002 que les morts baignant dans la piscine boueuse vers la fin du film auraient été de véritables squelettes humains, l'un des spécialistes en effets-spéciaux, Craig Reardon, affirmant à l'époque qu'il revenait moins cher de se procurer de vrais squelettes plutôt qu'en plastique.

Avouons que le film est plutôt une réussite pour celui qui recherche le divertissement mais qui se fiche de ressentir le moindre frisson. Poltergeist est un blockbuster à destination des familles qui joue dans une cour bien différente de celle où se plaisent à naviguer des œuvres aussi importantes que Burnt Offerings de Dans Curtis ou The Changeling de Peter Medak. Si la dernière demi-heure s'avère plutôt efficace en matière de sensations fortes, tout ce qui la précède demeure aujourd'hui assez ennuyeux.

Dominique Dunne

23/11/1959 – 04/11/1982

Le film sort le 04 Juin 1982. La jeune actrice Dominique Dunne meure le 04 novembre de la même année. Soit cinq mois tout rond après la première diffusion du film au cinéma. L'actrice est victime de son fiancé d'alors qui n'a pas supporté la rupture de leur union et la étranglée. Dominique Dunne meure à l'age de vingt-trois ans quelques jours après son agression.
Cet événement peut paraître un détail au regard de l’œuvre, mais il va être le premier maillon d'une chaîne qui va pousser certains à croire que le film (et bientôt la trilogie) est entouré d'une malédiction qui va causer la mort de plusieurs personnes ayant participé aux différents tournages.

Tobe Hooper VS Steven Spielberg

Si au générique, le nom de Tobe Hooper seul apparaît comme crédité à la réalisation, il semblerait que Steven Spielberg, outre ses fonctions de producteur, ait activement participé au tournage. Visiblement, Hooper n'étant pas le genre de cinéaste à gérer un certain nombre de situations, c'est Spielberg qui aurait pris ces dernières en charge. Le papa de E.T décidait, celui de Massacre à la Tronçonneuse opinait du chef. Une méthode que semblent avoir choisi les deux hommes durant le reste du tournage.

S'il est un fait avéré, c'est l'implication beaucoup plu importante de Spielberg que de Hooper dans ce projet. C'est lui qui a imaginé l'histoire. Basée sur son expérience personnelle et livrée par sa très florissante imagination. Son implication va jusqu'au placement des caméras. Des rumeurs naissantes firent donc de Spielberg, le principal concepteur, reléguant le pauvre Tobe Hooper en simple faire-valoir. Des déclarations qui forcèrent Spielberg à faire ses excuses dans un courrier publié dans le magazine Variety. Spielberg a bien tenté d'amoindrir sa participation en affirmant que seul Hooper était à la réalisation. Mais le mal était fait et aujourd'hui encore, il semble nécessaire pour certains de clarifier cette situation. Peut-être suffit-il alors de regarder le film et d'y noter ce qui peut avoir été pondu par l'esprit fertile de l'un ou l'autre des cinéastes. Entre la mise en scène très académique de Steven Spielberg et les visions parfois horrifiques de Tobe Hooper, ne reste plus au public que de faire son choix, le principal étant le résultat à l'écran...

 
Poltergeist 2
de Brian Gibson (1986)


La famille Freeling pensait en avoir terminé avec les esprits frappeurs mais c'était sans compter sur l'un des plus virulents d'entre eux. Un poltergeist qui a toujours autant l'intention de mettre la main sur la petite Carol Anne. Steve, son épouse, Robbie et Carol Anne ont déménagé chez la mère de Diane. La vieille femme constate avec effarement que la plus jeune des Freeling possède le don de voir avec ses mains. Une aptitude qu'elle-même possède, ainsi que sa fille Diane même si cette dernière n'en n'est pas encore consciente. 

La vieille dame meurt dans son lit alors que Carol Anne a déposé la veille au soir, un baiser sur le front de sa grand-mère. Des événements troublants viennent émailler l'existence faussement paisible de la petite famille. Carol Anne fait la connaissance d'un étrange vieillard en ville. Ce même homme vêtu de noir et qui se fait passer pour un prédicateur retrouve les freeling devant l'entrée de la maison où il vivent et tente de convaincre Steve de le laisser entrer.

Entre temps, un compagnon inattendu a rejoint la petite famille. Un indien prénommé Taylor qui sur les conseils de la voyante Tangina Barrows, celle-là même qui aida les Freeling la première fois, est venu s'installer chez eux pour assurer la sécurité de Carol Anne...

Quatre ans après le colossal succès de Poltergeist sur les écrans de cinéma, une suite est donc mise en chantier et confiée à un jeune cinéaste (d'une quarantaine d'années tout de même) dont c'est ici la seconde réalisation. Autant dire que le bonhomme à le droit d'être anxieux puisqu'il s'agit pour lui de faire au moins aussi bien que Tobe Hooper. Pour donner à cette suite une véritable légitimité, le cinéaste commence tout d'abord par expliquer ce qui fut écarté durant le premier épisode : soit, les raisons de ces manifestations. Ensuite, pour conserver une certaine homogénéité, il reprend les mêmes acteurs avec toutefois, un « détail » qui a son importance. La mort ayant emporté la jeune Dominique Dunne, son personnage est purement et simplement éliminé du casting. Voilà donc la famille Freeling réduite à quatre. Outre la présence de Zelda Tubintein (Tangina Barrows), le rôle de l'indien Taylor est confié à Will Sampson que l'on a pu voir dans le très émouvant Vol Au Dessus D'Un Nid De Coucou de Milo Forman. Celui du très effrayant Révérend Henry Kane est quand à lui confié à Julian Beck, alors atteint d'un cancer à l'estomac, ce qui explique son inquiétante silhouette dans le film.

Poltergeist 2, tout comme son aîné, demeure un honnête film fantastique qui pourtant ne transcende pas le genre. Nanti d'effet-spéciaux dernier cri pour l'époque, la surenchère en la matière rend risible parfois le sujet. Heureusement, l'humour omniprésent fait que l'on s'y attarde malgré tout. L'histoire, basique, fait peine à voir à coté d'une première mouture déjà légère et le combat final qui oppose le malin à la famille dans une dimension parallèle est d'une incommensurable platitude. Heureusement, oui, heureusement, Julian Beck baigne de sa présence maléfique cette œuvre presque soporifique. Son visage émacié et son sourire jaunâtre filent véritablement les chocottes, notamment durant la scène qui l'oppose à Craig T. Nelson. Une suite qui n'offre donc que peu d'intérêt...

Julian Beck

31/05/1925 – 14/09/1985

Julian Beck meurt d'un cancer de l'estomac alors que le film n'est pas encore sorti dans les salles de cinéma américaines. D'abord peintre, c'est son épouse Judith Malina qui le pousse vers le théatre. Il fondent ensemble Living Theatre qu'il dirigent tous les deux avant que la mort n'emporte l'acteur. Il n'interpréta que six rôle dans autant de film mais c'est certainement celui du révérend Henry Kane dont tout amateur de cinéma se souviendra toujours.

Will Sampson

27/09/1933 – 03/06/1987
Will Simpson dont on retiendra surtout la performance aux coté de Jacvk Nicholson dans Vol Au Dessus D'Un Nid De Coucou s'envole pour un monde meilleur un peu plus d'un an après la sortie de Poltergeist 2. Il aura eu le temps de jouer dans trois autres films après cette suite avant de mourir d'une insuffisance rénale consécutive à une double greffe -coeur-poumon.



Ces deux décès viennent nourrir la légende selon laquelle les films de la franchise Poltergeist seraient maudis...

 
Poltergeist3
de Gary Sherman (1988)




Troisième et dernier volet de la trilogie, Poltergeist 3 change de décor. Finies les pelouse entourant de magnifiques petites maisons familiales. Daans cet opus, la jeune Carol Anne est envoyée par ses parents chez ses oncle et tante Bruce et Patricia Gardner. Parents d'une adolescente prénommée Donna, Patricia et femme au foyer et Bruce directeur du building où vit sa famille. Un grand ensemble d'appartements moderne, spacieux, possédant cinquante ascenseurs, une immense piscine, un grand parking souterrain, une très belle salle de réception, et surtout, un nombre vertigineux de glaces. Carol Anne est envoyée dans une école pour élèves doués où elle est la risée de ses camarades qui sont au courant des événements qu'elle a vécu plusieurs années auparavant. Outre ses cours, elle est suivie par un médecin-psychiatre, le docteur Seaton. Un homme pas très fin qui se moque des affirmations de la gamine et persuade qui veut l'entendre qu'elle joue la comédie. Alors même qu'il est témoin d'étranges événements, il continue à clamer que l'enfant manipule son entourage.
Bientôt, Carol Anne est rattrapée par ses mauvais démons, personnifiés par l'horrible révérend Henry Kane. Cette fois-ci, c'est aux cotés de ses oncle et tante et à nouveau avec l'aide de la voyante Tangina Barrons que la jeune fille va tenter de se débarrasser définitivement d'Henry Kane...


Dernier volet de la trilogie donc, Poltergeist 3 ne connaîtra pas de nouvel épisode. Il aurait été difficile en effet de remplacer la jeune Heather O'Rourke qui malheureusement décéda durant le tournage de ce troisième épisode.


Curieusement, même si Poltergeist 3 a toutes les allure d'un téléfilm du dimanche après-midi, il se révèle beaucoup moins ennuyeux à regarder que l'épisode précédent. Peut-être est-ce dû au cadre qui diffère de celui qui rapprochait un peu trop les deux précédents opus. Peut-être aussi est-dû au rythme, beaucoup plus prononcé qu'auparavant et qui ne laisse place à l'ennui qu'en de très rares occasions. Le film aurait pu porter un autre nom que cela n'aurait rien changé. Seule Heather O'Rourke fait encore partie du casting (si l'on ne compte pas les brèves apparitions de Zelda Rubinstein), Tom Skerritt et Nancy Allen remplaçant Craig T. Nelson et Jobhet Williams.


Le film réalisé par Gary Sherman abuse des effet-spéciaux, rendant plus que jamais improbable ce que l'on voit à l'écran (certaines portions de l'immeuble totalement gelées, la pluie diluvienne dans le parking souterrain). Par contre, les jeux de miroirs, bien qu'un peu lassant à la longue, sont assez bien fichus. Poltergeist 3 demeure donc un épisode assez faible en comparaison du premier mais offre un divertissement qu'il ne faudra pas juger comme trop médiocre, étant basé sur une idée qui, forcément, devait finir par s'essouffler...

Heather O'Rourke

27/12/1975 – 01/02/1988

La jeune actrice, dont les trois épisodes de la saga Poltergeist furent les seules apparitions au cinéma, meure le premier jour de Février 1988 à l'âge de douze ans. Donc plusieurs moi avant la sortie du film et surtout, avant la fin du tournage. Les derniers plans qui voient son personnage filmé de dos ont donc été tournés sans elle, victime d'un malaise, les médecins diagnostiquent une sténose intestinale qui lui est fatale. Outre sa participation aux trois films, on a pu voir Heather dans plusieurs séries telles que L 'Ile Fantastique, Happy Days, Chips ou encore Matt Houston pour les plus connues dans nos contrées. Cette dernière disparition vient confirmer ce que certains pensent alors : que la saga est bien maudite et les différentes morts qui sont survenues après et pendant les tournages ne sont pas le fruit du hasard. Tout ceci demeurera un mystère inéluctable...
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