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vendredi 23 avril 2021

L'invasion des piranhas d'Antonio Margheriti (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Antonio Margheriti, que les amateurs connaissent également sous le nom d'Anthony M. Dawson (pseudonyme sous lequel il réalisa notamment Apocalypse domani en 1980 ou Il mondo di Yor trois ans plus tard) fut l'auteur en 1978 de L'invasion des piranhas, traduction française d'un long-métrage en réalité intitulé Killer Fish dont on ne doutera pas un seul instant de l'opportunité d'un réalisateur qui surfe alors sur le succès du Piranhas de Joe Dante sorti quatre mois plus tôt seulement, lui-même très inspiré de l'un des grands classiques du cinéma d'épouvante signé de Steven Spielberg Les dents de la mer qui vit quant à lui le jours sur grand écran en 1975. Mais alors que certains le désignent comme la suite du long-métrage de Joe Dante (en Allemagne, le film est abusivement intitulé Piranhas II, die Rache der Killerfish) L'invasion des piranhas n'entretient aucun rapport direct avec celui-ci. D'ailleurs, une fausse suite officielle sera mise en chantier quelques années plus tard sous le titre Piranha Part Two: The Spawning (Piranha 2 : Les Tueurs volants), premier long-métrage du réalisateur américain James Cameron qui signait là, une purge authentique. Sous pseudo, le réalisateur italien Antonio Margheriti met les petits plats dans les grands puisqu'il convoque non pas une mais plusieurs vedettes du cinéma outre-atlantique. Au titre desquelles on retrouve en tête d'affiche l'acteur Lee Majors, surtout célèbre pour avoir interprété les rôles principaux des séries télévisées L'Homme qui valait trois milliards et L'Homme qui tombe à pic. À ses côtés, l'actrice américaine Karen Black à la carrière notable, parcourue de quelques chefs-d’œuvre, entre films d'épouvante, catastrophes, thrillers, science-fiction et comédies...


Quant à Margaux Hemingway, elle n'a débuté sa carrière que deux ans auparavant avec Viol et Chatîment de Lamont Johnson avant de rejoindre le casting de L'invasion des piranhas. Plus étonnante est la présence de l'américaine Marisa Berenson qui avant cela joua pour Luchino Visconti ou Stanley Kubrick. Acteur dont le visage est resté célèbre notamment après qu'il ait interprété le rôle principal de Brent dans Le Secret de la planète des singes, James Franciscus campe ici le personnage de Paul Diller, l'organisateur d'un hold-up auquel participent Lasky (Lee Majors), Kate (Karen Blackà, et les frères Llyod (Charles Guardino) et Warren (Franck Pesce). Une sous-intrigue qui bouffe déjà le tiers d'un long-métrage qui ne consacre pour l'instant pas une seule seconde de ses trente premières minutes aux poissons carnassiers du titre. L'un des aspects les plus inattendus du long-métrage se situe au niveau de la bande originale signée Guido et Maurizio De Angelis qui signent une partition parfois disco qui colle relativement mal à certaines séquences (dont une poursuite en pleine jungle). Le scénario de Michael Rogers reste constant dans sa médiocrité. Séquences ''humoristiques'' tournées autour d'une piscine, conflits entre les divers membres du groupe de cambrioleurs, jalousies féminines, personnages secondaires inutiles, le film tente parfois de composer avec le charme relatif de certains interprètes (Lee Majors/Margaux Hemingway), se veut d'un exotisme suranné et artificiel, le tout étant ponctué d'attaques ''ichtyennes'' d'un niveau bien inférieur à celles qu'offrait l’œuvre de Joe Dante.


À titre de comparaison, ceux qui en matière de scènes d'horreur espèrent du caviar d'esturgeon devront compter plutôt sur des œufs de poule ''Top Budget'' de chez Intermarché ! Par contre, et c'est sans doute là que L'invasion des piranhas prend de la hauteur, ce qui semble être davantage un film d'aventures exotiques qu'un film d'horreur ou d'épouvante offre une séquence d'une durée avoisinant les dix minutes lors de laquelle le long-métrage d'Antonio Margheriti se mue en un film catastrophe plutôt réussi. Si l'ouragan qui passe derrière un barrage est totalement foiré d'un point de vue visuel, ses conséquences sur l'environnement donnent par contre lieu à quelques passages remarquables. Barrage qui cède sous la pression des eaux, raz de marée, explosions au cœur d'une usine, cette poignée de minutes mérite à elle seule que l'on consacre du temps à L'invasion des piranha. Et ce, malgré ses dialogues indigents qui trouvent leur summum lors des séquences de shoots entre des mannequins et le photographe Ollie qu'interprète l'acteur américain Roy Brocksmith. Une fois le ciel redevenu plus clément, les piranhas du titre se mettent enfin en action. Mais alors que l'on aurait pu espérer quelques gros plans de mâchoires s'en prenant à la chair de leurs victimes, Antonio Margheriti choisit une option beaucoup plus économique puisque les victimes une fois jetées à l'eau, seule des flaques rouges faisant immédiatement référence à de la sauce tomate qui aurait été déversée figurent les morsures infligées. À part un squelette découvert sous la surface au beau milieu de l'intrigue, ne comptez pas voir le moindre poisson dévorer la moindre chair. Autant L'invasion des piranha réserve-t-il une excellente surprise lors du dernier tiers, autant les amateurs de purs films d'horreur risquent de rester sur leur faim...

 

jeudi 22 avril 2021

Trilogy of Terror de Dan Curtis (1975) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

S'il ne fallait qu'une seule preuve de la fascination de Dan Curtis pour l'actrice Karen Black, son anthologie Trilogy of Terror en serait sans doute la plus brillante démonstration. Un long-métrage pour trois sketchs, tous interprétés par l'une des divas du cinéma d'épouvante et du film catastrophe des années soixante-dix et quatre-vingt concentrant tout son talent dans les trois portraits que dresse l'auteur de Burnt Offerings sur la base de scripts originaux signés de l'écrivain Richard Matheson. Trois récits d'épouvante mettant en avant et de manière explicite trois héroïnes de caractères différents. De quoi mettre en avant les aptitudes de Karen Black à s'adapter à tous types d'interprétation. Curieusement traduit chez nous sous le titre La poupée de la terreur comme si cette étrange marionnette constituait le seul élément horrifique de ce long-métrage et plus encore, le lien entre chaque sketch, cette poupée vaudou originaire d'Afrique qui va mener la vie dure à l'héroïne du troisième segment est invisible des deux premiers qui concentrent leur intrigue sur des thèmes totalement différents. Pourtant, chacun d'entre eux conserve un lien étroit avec les deux autres puisque La poupée de la terreur constitue une trilogie sur l'emprise dont va être la victime Karen Black qui à chaque occasion incarne le personnage-titre de chaque segment. Julie, Millicent and Therese ainsi que Amelia constituent donc les trois chapitres de cette anthologie d'épouvante durant lesquels l'actrice éprouve ses aptitudes en usant d'attitudes diverses et variées. Lors du premier d'entre eux, elle incarne donc Julie Eldrich, un professeur d'anglais qui va être la victime de l'un de ses élèves totalement obnubilé à l'idée de découvrir ce que peuvent cacher les vêtements amples de la jeune femme. Dans le second, elle interprète le double rôle de Therese et Millicent, deux sœurs qui se détestent copieusement. Enfin, dans le troisième et dernier acte, Karen Black joue le rôle d'Amelia qui pour une fois décide de faire une entorse à ses habitudes et de réserver sa soirée à son fiancé plutôt qu'à sa mère : en effet, c'est aujourd'hui l'anniversaire d'Arthur, un anthropologue auquel elle a décidé d'offrir une bien curieuse statuette Zuni...


Tour à tour, Karen Black interprète un professeur victime de chantage de la part de l'un de ses élèves qui possède des photos d'elle particulièrement compromettantes, deux sœurs dont l'une est introvertie tandis que l'autre est extravertie et enfin une jeune femme amoureuse tiraillée entre sa mère et son désir de passer la soirée avec son compagnon. Si le thème de l'emprise est bien au centre de ces trois intrigues, Dan Curtis et Richard Matheson mettent les petits plats dans les grands. Et même si La poupée de la terreur n'est jamais d'une originalité folle, ces trois sketchs sont d'une qualité plus que satisfaisante et conservent le charme typique des anthologies que l'on pouvait découvrir alors dans les années soixante-dix. Produit par Dan Curtis Productions et ABC Circle Films, La poupée de la terreur est proche des anthologies fantastiques et horrifiques chères à la Hammer Films. Pourtant, ici, pas de vampires, de Loups-Garous, pas même de savants fous reconstituant des corps à partir de morceaux d'organismes humains, mais des femmes qui toutes vont être confrontées à des situations très particulières ne se résolvant que dans les tous derniers instants. Si Julie ne laisse pas vraiment entrevoir sa conclusion, Millicent and Therese peut en revanche très rapidement se voir comme une alternative moins aboutie de Sœurs de sang (Sisters) que Brian De Palma réalisa deux ans auparavant. Quant à Amelia, il reprend le principe de la poupée diabolique à la sauce africaine et donc, exotique. Sans être un chef-d’œuvre du genre, La poupée de la terreur est une excellent anthologie interprétée par une Karen Black sublime et qui porte seule sur ses épaules les trois segments. À noter, la présence à l'écran pour un très court instant de l'acteur Gregory Harrison dans l'un de ses tout premiers rôles avant qu'il ne devienne plus tard le célèbre Logan de la série télévisé de science-fiction L'âge de cristal...

 

mardi 12 juin 2018

Amazonia, la Jungle Blanche de Ruggero Deodato (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆



Cinq ans après la sortie de très controversé Cannibal Holocaust, le cinéaste italien Ruggero Deodato, auteur notamment de La Maison au Fond du Parc et des Barbarians, retournait en forêt amazonienne afin d'y tourner une fausse suite (les deux films n'ont en effet rien de commun si ce n'est le cadre) intitulée Inferno in Diretta, traduit chez nous sous le titre Amazonia, la Jungle Blanche, et aux États-Unis sous celui de Cut and Run. La véritable traduction étant en réalité 'enfer en direct', le récit tourne autour de la journaliste Fran Hudson et du caméraman Mark Ludman qui au coeur de la jungle sud américaine cherchent à en apprendre davantage sur les massacres perpétrés par une tribu de cannibales dirigée par un certain colonel Brian Horne, lequel aurait commandité le massacre en Guyane, des membres de la secte du 'Temple du Peuple' dont le fondateur était le pasteur Jim Jones. Conduite par Quecho, l'homme de main de Brian Horne, la tribu s'attaque aux cartels de la drogue installés dans la région en tuant tout ceux qui sont mêlés de près ou de loin au trafic de cocaïne. Dépêchés sur place, Fran et Mark vont tenter de retrouver la trace de Tommy Allo, disparu en pleine jungle et fils du directeur de la chaîne pour laquelle ils travaillent, Bob Allo...

Première chose rassurante, Ruggero Deodato paraît enfin avoir abandonné toute idée de maltraitance envers les animaux. Car comme cela était semble-t-il de coutume dans le paysage cinématographique italien, et notamment dans le cinéma d'horreur, tortues, iguanes, serpents et crocodiles finissaient généralement par réellement mourir devant la caméra de cinéastes peu scrupuleux en la matière. Désormais, à part quelques coups de bâtons prodigués à plusieurs sauriens que l'on assimilera à des 'stock-shots', Amazonia, la Jungle Blanche nous épargne des horreurs bien réelles. Une Amazonie blanche... comme la poudre, la cocaïne, qui est au centre d'une intrigue qui parfois se cherche. Entre trafic de drogue, recherche du fils disparu, prisonniers d'un camp de trafiquants, et actes de barbarie envers les populations d'indigènes, le film de Ruggero Deodato tient toutes ses promesses en matière de scènes d'horreur.

Moins glauques dans leur approches, ces dernières sont pourtant plus nombreuses et graphiquement plus explicites. Exit l'accouchement sanglant d'une indigène, l'empalement, ou l’émasculation. Cette fois-ci, Ruggero Deodato démembre, décapite, éviscère, viol, avec, parfois, une grande perversité. Totalement gratuits, les meurtres, lorsqu'ils ne sont pas perpétrés à l'aide d'une arme à feu sont exécutés à l'arme blanche. L'acteur américain Michael Berryman (La Colline a des Yeux de Wes Craven) se sert avec dextérité d'un sabre. Si le contact direct entre la lame et la chair n'est pas toujours visible, lorsque cela est le cas, on a droit à quelques effets gore du plus bel effet. Une jolie décapitation qui n'a rien à envier à celle de la mère de Jason Voorhees dans le premier Vendredi 13, et surtout, un écartèlement finissant par la déchirure d'un corps dans le sens de la longueur, assez gerbant.

Outre Michael Berryman, d'autres interprètes américains sont de la partie. A commencer par les deux principaux interprètes, ainsi que le toujours très impressionnant Richard Lynch et son visage brûlé. Plus étonnant encore (quoique), l'actrice Karen Black y fait plusieurs apparitions. Dans le rôle de Karin, l'actrice que l'on a pu notamment découvrir dans 747 en Péril, Trauma, Complot de Famille ou encore Capricorn One (pour ne citer qu'une très petite partie de sa filmographie) incarne la proche collaboratrice de Bob Allo, lui-même incarné par Richard Bright. Si le visage de celui qui interprète le personnage de Fargas vous rappelle quelqu'un, c'est sans doute parce qu'à une époque, vous suiviez la série américaine à succès, Urgences. Eriq La Salle, qui y incarnait le rôle du Docteur Peter Benton campe en effet dans le film de Ruggero Deodato, celui du petit truand au stetson... Le casting n'étant tout de même pas l’apanage d'interprètes exclusivement américains, plusieurs interprètes italiens font partie eux-mêmes du casting, telle la très belle Valentina Forte. Loin de mériter le terme de chef-d’œuvre, Amazonia, la Jungle Blanche demeure tout de même un film largement regardable...

samedi 16 décembre 2017

L'Invasion vient de Mars de Tobe Hooper (1986) - ★★★★★★☆☆☆☆



Lors d'une pluie de météores, le jeune David est témoin d'un étrange phénomène. Une lueur attire son regard, perchée au sommet d'une colline. Il y découvre alors une soucoupe volante. Lorsque lui vient l'idée de partager sa découverte avec ses parents, celle-ci a disparu. Rêve ou réalité ? C'est cette seconde hypothèse que retiendra le jeune garçon qui dès le lendemain matin au petit déjeuner remarque l'étrange comportement de son père. Ce dernier, blessé à la nuque fait en effet preuve d'un curieux comportement. Bientôt, c'est au tour de la mère du gamin d'agir de la sorte. Mais « l'épidémie » ne s'arrête pas là et bientôt s'étend jusqu'à l'école où étudie David. L'institutrice du jeune garçon, Mme McKeitch se montre particulièrement virulente envers lui. Elle aussi porte au cou une étrange marque qui deviendra bientôt le signe distinctif de ceux que les extraterrestres ont réussi à assimiler. Car ces derniers ont bien l'intention de prendre le contrôle de tous les habitants de la ville. Munis de foreuses, ils ont déjà bâti un certain nombre de galeries souterraines leur permettant de se déplacer sans être vus. David ne peut désormais plus que compter sur lui-même ainsi que sur l'infirmière Linda Magnusson qui après avoir douté des propos que lui a rapporté le jeune garçon doit désormais faire face à la réalité : l'invasion a commencé...

Petit à petit, l'auteur du cultissime Massacre à la Tronçonneuse s'est laissé glissé vers des espaces beaucoup moins concrets que les crapoteuses atmosphères de ses débuts (Le Crocodile de la Mort compris). Du slasher The Funhouse, il a fait un détour vers le fantastique avec Poltergeist (qu'il co-réalisa auprès de Steven Spielberg) avant de se laisser aller à deux incartades dans la science-fiction avec plus ou moins de bonheur. Tout d'abord en 1985 avec Lifeforce, puis l'année suivante avec L'Invasion vient de Mars. C'est de ce dernier dont il s'agit ici. Film assez peu recommandé par les spécialistes du genre, ce long-métrage d'un peu plus de quatre-vingt dix minutes n'est peut-être jamais demeuré comme l'un des grands classiques du genre, toujours est-il qu'il propose un spectacle suffisamment revigorant pour qu'on lui prête un certain intérêt. Massacre à la Tronçonneuse faisant définitivement partie du passé (ou presque puisqu'il signera la même année un Massacre à la Tronçonneuse 2 largement surestimé), le cinéaste américain se tourne cette année là vers le grand public.
On pourra lui reprocher son aspect instantanément kitsch dont les éclairages et les effets-spéciaux parfois désuets se sont rendus responsables, mais à part cela, rien de vraiment catastrophique. Bien entendu, s'il on attend perpétuellement et avec acharnement que Tobe Hooper signe à peu de chose près toujours le même film, aussi traumatisant soit-il, la déception risque d'être rude. Produit par ces monstrueux requins, ces vampires que sont les producteurs israéliens Yoram Globus & Menahem Golan, lesquels rachetèrent la Canon Films en 1979, L'Invasion vient de Mars est une honnête série B.

Il demeure aussi et surtout le remake d'une œuvre datant de 1953, réalisée par le cinéaste, décorateur, scénariste et producteur américain William Cameron Menzies sous le titre Les Envahisseurs de la Planète Rouge. Bien qu'il ne lui reconnaisse aucune parenté avec L'Invasion des Profanateurs de Philip Kaufman (lui-même remake de L'Invasion des Profanateurs de Sépultures de Don Siegel), on peut noter quelques ressemblances entre ce dernier et l’œuvre de Tobe Hooper. Bien moins paranoïaque et anxiogène que son prédécesseur, L'Invasion vient de Mars met pourtant lui aussi des individus qui du jour au lendemain changent littéralement de comportement. A la seule différence que ceux de Tobe Hooper demeurent toujours les habitants de la ville où se situe l'action tandis que ceux du long-métrage de Philip Kaufman se voyaient « remplacés » par des clones issus de cosses venues de l'espace. Même si le film a pris un coup de vieux, même si ses extraterrestres (sortes de grosses têtes stomacales sur pattes) font davantage rire qu'ils n'effraient, l’œuvre de Tobe Hooper mérite bien mieux que l'image que certains lui ont conféré. De plus, le film offre l'occasion de retrouver les actrices Karen Black (Burnt Offerings) et Louise Fletcher (Vol au Dessus d'un Nid de Coucou) A voir pour se convaincre que L'Invasion vient de Mars est une honnête production ...


vendredi 2 juin 2017

Airport 1975 (747 en Péril) de Jack Smight (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆



Il aura fallut attendre quatre années avant que ne sorte le second volet de la saga catastrophique Airport en 1974. quatre années au beau milieu desquelles sera projeté le Skyjacked du cinéaste John Guillermin. Une œuvre qui n'a rien à voir avec les autres films de catastrophe aérienne mais qui leur demeure pourtant supérieur en terme de qualité. L'une des particularités de 747 en Péril (Airport 1975) est d'avoir servi de source d'inspiration pour la parodie du trio formé par Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker, Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Le film met en scène un Boieng 747, remplaçant ainsi le modèle 707 ayant servi dans l'épisode précédent. Cette fois-ci, l'équipage et les voyageurs embarqués à bord de ce nouvel avion de ligne vont avoir à faire avec un accident de très grande ampleur qui décimera la totalité du personnel de commandes. Alors que le vol prévoit de débarquer ses passagers montés à l'aéroport de Washington, à Los Angeles, un imprévu oblige le commandant le Stacy de faire atterrir l'avion à Salt lake City. Entre-temps, un petit avion de tourisme à bord duquel le pilote vient de faire un arrêt cardiaque suit une route chaotique et semble se rapprocher dangereusement de l'avion piloté par Stacy.
A terre, les aiguilleurs du ciel tente de prévenir le commandant du boieng mais il est déjà trop tard. Le petit avion file droit vers le cockpit de l'engin de la Coulumbia Airlines et c'est la collision. Alors que l'avion de tourisme est pulvérisé, une grosse partie du cockpit du boieng est arraché. Les deux copilotes de Stacy sont tués sur le coup, quant au commandant, il est gravement blessé au visage. L'avion n'ayant plus de pilote, les passagers vont devoir compter sur l'aide de l’hôtesse en chef, Nancy Pryor qui va alors prendre les commandes de l'avion de ligne, aidée au sol par Alan Murdock, ancien pilote pour l'armée américaine et compagnon de la jeune femme, ainsi que par Joe Patroni, vice-président de la compagnie Colombia Airlines.

Parmi les passagers, on reconnaîtra la jeune actrice Linda Blair qui effraya le public du monde entier en revêtant le visage du Diable dans le classique de William Friedkin L'Exorciste en 1973. Ainsi que Helen Reddy, en bonne sœur, les deux actrices ayant été parodiées six ans plus tard par les ZAZ. Roy Thinnes (la série Les Envahisseurs) et Karen Black (Burnt Offerings, Le Jour du fléau) font également partie du voyage. 747 en Péril n'est, sans mauvais jeu de mots, pas une catastrophe, mais demeure dans le fond, parfois ennuyeux malgré des péripéties inédites. Beaucoup de bavardage inutile dont le seul intérêt semble être de combler les vides d'un scénario qui ne tient que sur la base d'une catastrophe dont l'issue semble improbable (la collision permettant au boieng de continuer sa route). Toutefois, quelques scènes parviennent à maintenir un certain suspens comme lors de la tentative de sauvetage par un pilote de l'armée américaine confirmé. Le sort qui lui est accordé demeure d'ailleurs prévisible si l'on tient compte du fait que Charlton Heston, plus grande star du casting se devait fort logiquement de prendre la place du héros afin de mener à bien lui-même le sauvetage de l'avion de ligne. Des quatre longs- »métrages de la saga Airport, le film du cinéaste américain Jack Smight demeure sans doute le plus apte à résister au temps qui passe. Pour ses quelques qualités qui défient le temps (actrices et acteurs incarnent parfaitement leur personnage respectif) et pour la mise en parallèle avec la parodie qu'ont réalisé plus tard Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker. En effet, il serait sans doute amusant de voir les deux œuvres successivement afin de noter toutes les références dont s'est inspiré le trio de producteurs-réalisateurs...


dimanche 19 février 2017

Cycle Larry Cohen - Island of the alive : It’s alive III (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Dernier article consacré au cinéaste américain Larry Cohen, La Vengeance des Monstres (Island of the alive : It’s alive III) est également le dernier volet de la trilogie consacrée aux bébés monstres. Treize ans après l'original et huit après sa suite, que reste-t-il d'une œuvre qui déjà à l'époque souffrait de défauts rédhibitoires ? En fait, pas grand chose si ce n'est un grand déballage de scènes qui n'ont souvent pas grand chose à voir les unes avec les autres. Larry Cohen n'est désormais plus que le producteur exécutif (la production étant assurée par Paul Kurta) d'une licence en fin de vie qui cherche à reprendre un peu de vigueur en établissant le domaine de ses créatures sur une île déserte. Un petit coin de paradis pour ces enfants malmenés par la presse et par les autorités mais qui retrouvent malgré tout un peu d'espoir grâce à quelques rares individus. C'est ainsi que l'on retrouve pour la troisième fois l'acteur Michael Moriarty dans une œuvre signée Larry Cohen. Avec davantage de cheveux sur le caillou, il interprète le rôle d'un père dont la femme a elle aussi enfanté un monstre. Toujours aussi hideuses, la créature imaginée par le maquilleur Rick Baker a gagné des gallons supplémentaires dans le domaine de la laideur.

Désormais, il ne s'agit plus de montrer des bébés monstrueux quelques jours après leur naissance mais des enfants à la croissance rapide et âgés de cinq ans. Autant d années à vivre reclus sur une île, et malgré leur bas âge, capables de procréer. Et c'est d'ailleurs ce qu'il ne se gêneront pas de faire. Aux côtés de Michael Moriarty, on découvre avec étonnement la présence de l'actrice américaine Karen Black qui fit vivre des jours heureux à un grand nombre de longs-métrages, tous genres confondus. Du film catastrophe (747 en Péril), au film de science-fiction politique (Capricorn One), en passant par l'épouvante pure (le chef-d’œuvre de Dan Curtis Burnt Offerings).

Avec La Vengeance des Monstres, l'aura de l'actrice dégringole dangereusement. On ne sait pas vraiment si elle y est simple serveur, entraîneuse, ou tapineuse. D'une blondeur qui la confine parfois au rôle de poule vulgaire, on se demande ce qu'est venue faire la star dans ce petit budget sans grand intérêt. Larry Cohen tourne à la dérision un sujet auquel avait pourtant tenté à l'origine de prendre le plus grand soin. Tout commence par un procès pas tout à fait digne de Perry Mason mais presque. Ou comment convaincre que tuer les vilaines créatures n'est peut-être pas la solution. Ensuite, c'est direction l'île en question. Un havre de paix pour les anciens bébés-tueurs devenus des adultes précoces mais par pour la majorité de ceux qui aimeraient y fouler le sol. Des chasseurs d'hommes. Pardon! D'enfants. Et un Michael Moriarty accompagné de plusieurs scientifiques et d'un flic qui cabotine exagérément, au désagrément d'une femme qu'il drague ouvertement.

On se surprend à sourire. Car si même l'acteur n'est pas des plus épatant, ses répliques de séducteurs raté sont parfois amusantes et créent une rupture avec une scène ayant précédé celle située sur un bateau. Un passage embarrassant d'ailleurs. Assez dérangeant lors duquel il est rejeté par une prostituée qui voit en cet homme dont l'épouse a donné naissance, un individu porteur d'une maladie. Sans faire preuve d'aucun tact, la jeune femme dégage notre sympathique héros de sa chambre. Assez troublant. Michael Moriarty ne se départissant jamais de son sourire, même dans les pires situations (on se demande d'ailleurs dans quelle mesure ce comportement est dû à son interprétation et non pas à son piètre jeu d'acteur), on oublie assez vite ce passage dénué d'humanité pour se concentrer sur une intrigue parfois confuse (passages entre des scènes situées sur un bateau et celles d'un bar). Des courses-poursuites dont le point de chute s'avère être une plage sur laquelle plusieurs individus vont tenter de violer Ellein (Karen Black). Larry Cohen se disperse un peu trop. Des scènes pas si inutiles que ça puisqu'elles permettent tout de même de maintenir le rythme. Jusqu'à un final qui aurait dû être émouvant mais qui, permettez-moi de le dire, confine au grotesque. Il était donc temps pour les bébés de Larry Cohen d'aller se coucher et moi, de mettre un terme au cycle lui étant consacré...

mercredi 9 mai 2012

Maisons hantées troisième partie: Burnt Offerings (1976)


En matière de fantastique, les scénaristes nous ont habitué à tout types d'intrusions imaginaires comptant ensuite sur notre propension à accepter ce que nos esprits voyageurs et gourmands en sensations fortes sont prêts à ingérer.Qu'ils cherchent du coté des faits divers en nous proposant moult productions horrifiques dans lesquelles tueurs en séries ou échappés de l'asile trucident à tours de bras de jeunes écervelés déversant d'ineptes conversations servies par autant d'improbables dialogues, ou qu'ils imaginent les corps se muer en des créatures tout droit sorties de bestiaires fantastiques comme par exemple les loups-garous ou les vampires, l'aspect graphique représenté dans chacune de ces productions ne joue en aucun car sur la subjectivité mais plutôt sur l'étalage direct et sans détours de meurtres toujours plus sanglants.

Le cas des maisons hantées est à ce titre assez exceptionnel puisqu'il joue sur une peur qui n'a finalement pas vraiment, du moins au point de vue cinématographique, de réalité propre puisque les seuls éléments qui poussent le spectateur à s'effrayer d'une situation donnée ne découlent que très rarement de l'apparition d'une entité faite de chair et de sang mais plutôt d'une sensation vécue à travers un son, un mouvement ou même simplement à travers une partition musicale.


Si le personnage principal de "The Changeling" réalisait le tangible de ce à quoi il était confronté à travers les visions cauchemardesques dont il était victime, ceux de "Burnt Offerings" tardent à se douter que les déchirures vécues au sein de leur couple sont liées à la manifestation d'événements effroyables dont ils sont sournoisement victimes.Le film de Dan Curtis joue dans un registre qui a vu tant de films défiler, allant du meilleur au pire, mais apporte à l'édifice une vision différente puisque dans cette maison où l'homme et sa femme vont passer deux mois entiers accompagnés de leur fils et de leur tante, ne vit ni le moindre esprit ni le moindre fantôme.

Attirés par l'alléchant loyer de neuf cents dollars pour ce séjour de deux mois en contrepartie duquel ils devront s'occuper de la mère des propriétaires qui ne quitte jamais la demeure, ils devront vivre avec ce qui semble être au premier abord une situation de crise au sein du couple mais qui en réalité dépassera le cadre sympathique d'un séjour prolongé dans un lieu de villégiature pour devenir leur pire cauchemar.


Ce qui impressionne évidemment dans ce film, c'est la simplicité du jeu des acteurs qui finissent par convaincre le spectateur que les événements qui se déroulent tout au long de leur séjour va au delà de ce que l'on rencontre habituellement dans la vie de tous les jours.On comprends assez vite que les changements d'humeur de chacun d'entre eux (et notamment celles du père et de la mère, l'enfant gardant lui, toute son innocence jusqu'à la fin) est une extrapolation de ce que vivent sûrement beaucoup de couples brisés mais que les protagonistes couvent en eux et qui à travers l'expérience qu'ils vont vivre va exploser.

La mère abandonne presque ses proches pour ne plus se consacrer qu'à la vieille femme qui vit recluse dans sa chambre à l'étage, refusant même que son mari ou bien sa tante fassent sa connaissance.Le père lui, devient violent envers son fils allant même jusqu'à tenter de le noyer dans la piscine fraîchement nettoyée.La tante elle semble perdre la tête et derrière tout ça reste le fils qui semble être la seule vraie victime du drame qui se noue...


Oliver Reed et Karen Black sont simplement magnifiques et prouvent que leur statut de stars n'est pas galvaudé.D'un simple regard ils partagent avec nous leurs tourments et évitent ainsi la nécessité d'effets visuels qui de toute manière n'auraient pas leur place dans ce véritable chef-d’œuvre du septième art qui par certains aspects rappelle le superbe roman de G.J. Arnaud, "Le Festin Séculaire".

Mais le véritable "héros" de cette histoire, le personnage emblématique sur lequel toute l'intrigue repose, c'est cette immense bâtisse qu semble cacher en son sein un bien étrange mystère.

Magnifique et troublant...
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