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samedi 27 avril 2024

La Noche Del Terror Ciego de Amando De Ossorio (1971)


Virginia et Betty furent les meilleures amies du monde mais ne se sont plus revues depuis des années. Alors, lorsque elles se retrouvent nez à nez au bord d'une piscine, les deux jeunes femmes sont heureuses. Mais la joie est pour Victoria de courte durée car après avoir présenté Betty à Roger, son ami, elle voit d'un mauvais oeil l'engouement de celui-ci pour la nouvelle venue. Séduit par la plastique de Betty, Roger lui propose de les accompagner, Victoria et lui, à un pique-nique organisé le lendemain. Après avoir essuyé un refus, il parvient tout de même à la convaincre d'accepter malgré l'évidente réticence fr Virginia, et lui propose de les rejoindre sur le quai de la gare à 16h.
C'est avec presque une heure de retard que Betty arrive à la gare le lendemain. Les trois amis embarquent à bord de leur train lorsque celui-ci qui le quai. Durant le trajet, Roger tente ouvertement de séduire Betty sans même tenir compte du malaise qui nait chez Victoria. Celle-ci, d'ailleurs, quitte son siège et file prendre l'air à l'arrière du train, rejointe bientôt par son amie Betty qui lui remémore leur passé d'étudiantes à l'internat. Mais Victoria n'en pouvant plus de voir Roger faire du charme à Betty choisit de sauter du train en rase campagne. Ses amis ont beau lui dire de revenir, Victoria leur fait un signe d'adieu puis, marche au hasard jusqu'à tomber sur une curieuse cité médiévale en ruine. Après une courte visité des alentours, elle trouve refuge dans l'une des habitations, y allume un feu, se change, étend son duvet, puis s'allonge, un petit poste de radio à ses côtés et une cigarette entre les lèvres.
Est-ce la présence de Virginia en ces lieux ou bien le feu qu'elle a allumé dans la grande cheminée de cette demeure abandonnée où elle est venue s'abritée? Toujours est-il que dans le cimetière d'à côté, une étrange brûme se répand tout autour des pierres tombales qui s'affaissent et desquelles s'extraient les morts revenus à la vie...


La Révolte Des Morts-Vivants est le premier volet de la saga des Templiers de Amando De Ossorio qui en compte quatre. Si ce premier chapitre mérite amplement que tout amateur de films d'épouvante en général et de morts-vivants en particulier s'y attarde, ce n'est certainement pas grâce à l'interprétation de ses principaux acteurs ni en raison d'un certain nombres de scènes dont l'intérêt frise l'inconsistance. Comme celle qui voit les trois principaux protagonistes échanger quelques banalités autour d'une piscine ou bien la scène "hamiltonnienne" durant laquelle on apprend que Betty a fait l'éducation sexuelle de Virginia. Un prétexte sans doute pour augmenter virtuellement l'intérêt d'un public qui risque de s'ennuyer assez rapidement.


La force de l'œuvre de Ossorio réside en réalité parmi les scènes filmées dans le village médiéval de Berzano. Une cité en ruines dans laquelle Virginia se retrouve seule aux mains de Templiers décrépis, sans doute dans toute l'histoire des morts-vivants, les plus décharnés. Si contrairement aux zombis de George Romero dont l'appétit confine les repas à d'horribles orgies culinaires, celui des Templiers de Ossorio n'a pour seul but que de leur conférer le pouvoir de revenir sans cesse parmi les vivants. L'œuvre devient alors crépusculaire. Il faut voir le soin apporté aux éclairages et aux effets-spéciaux (et notamment le brouillard qui auréole le cimetière d'une ambiance fantastique particulièrement réussie), ainsi qu'aux maquillages des revenants. Le détail qui aurait pu enfoncer le film dans le ridicule (voir les morts-Vivants monter des chevaux) tient compte de la lenteur des Templiers et justifie leur capacité à toujours mettre la main sur leurs proies.
Basée sur une légende selon laquelle les Templiers sacrifièrent de jeunes vierges six siècles plus tôt afin de connaître la vie éternelle avant d'être "proprement" exécutés sur la place publique, le film de Ossorio s'accommode de faits historiques afin de justifier leur présence et surtout leur grande capacité à venir hanter la cité de Berzano la nuit venue. Les maquillages de José Gomez, pour lequel il s'agit du premier film sur lequel il travaille en tant que responsable des effets-spéciaux, sont remarquables. Si l'on n'aperçoit que très rarement le visage énucléé de ses Templiers, leur silhouette suffit à faire frémir. La bande-son participe d'ailleurs grandement à cette stupéfiante impression d'être plongés à une époque révolue. La musique est emprunte d'un mysticisme tétanisant. Malgré la lenteur du film, on rêve durant un temps que la scène qui confronte Virginia à ses poursuivants dure éternellement. La Révolte Des Morts-Vivants souffre sans doute d'un certain nombre de baisses de régime mais les œuvres hispano-portugaises du genre sont tellement rares que l'on choisit de s'en accommoder...

mercredi 19 juillet 2017

Hommage à Martin Landau: Terreur Extraterrestre de Greydon Clark (1980)



Il y a des films sur lesquels on n'a pas forcément envie de s'étendre. De petites productions horrifiques tout droit venues des États-Unis qui ne feront jamais d'ombre aux grands classiques. Et pourtant, c'est souvent lorsqu'en pleine nuit le sommeil est agité, et que l'on a des myriades de films à chroniquer qu'une idée pas forcément intelligente nous vient à l'esprit: Donner vie à une nouvelle section. Consacrée à ces petites productions que l'on partageait entre potes il y a de nombreuses années. Cette "terreur extraterrestre" ("Without Warning" dans la langue de Shakespeare) nous plonge en pleine campagne américaine. Là où les adolescents aiment se retrouver. Et comme dans toute bonne pellicule sanguinolente, on y croise un binôme immature que l'on ne regrettera pas voir servir de diner à la créature du film. Il y a aussi les deux héros du film. Deux autres jeunes personnes qui regrettent sûrement d'avoir mis les pieds dans cette bourgade habitées par des bouseux. Il faut dire que Sandy et Greg ne s'attendaient certainement pas à tomber sur un type de la trempe de Fred "Sarge" Dobbs (l'excellent Martin Landau) en pénétrant dans le seul bar de ce trou perdu. Un shérif tout droit sorti de l'asile et qui radote son passé militaire. Un vrai dingue paranoïaque avec lequel nos deux jeunes gens vont avoir maille à partir. 
 
Car le bonhomme semble être au courant d'un fait dont les habitants du coin se gaussent. Un alien a posé son vaisseau dans les environs pour s'adonner à sa passion: la chasse à l'homme. Beth et Tom, les deux amis de Sandy et Greg, en ont déjà fait les frais. Pendus dans ce qui semble être le garde-manger de l'hostile extraterrestre; leur corps se désagrègent à la vitesse de ceux qui les ont déjà précédés. Lorsque Sandy et Greg tombent sur les cadavres de leurs amis, ils prennent la fuite et tombent justement sur le bar dans lequel le shérif Dobbs partage une partie de billard. Et c'est ici que les véritables problèmes débutent pour les adolescents.


Si Greydon Clark reste chez nous un parfait inconnu, il suffit de se rendre sur son site officiel ou sur Wikipedia pour constater qu'il s'agit d'un cinéaste, producteur, scénariste et acteur plutôt prolifique. Sauf qu'ici, on a plutôt affaire avec un cinéma fast-food. Aussi vite vu, aussi vite oublié.  
Pourtant le réalisateur semble y croire. Ou sinon, pourquoi embaucher des acteurs de la trempe de Neville Brand (le tueur cinglé du morbide "Eaten Alive" de Tobe Hooper) , Cameron Mitchell (pour une toute petite apparition au début du film), Martin Landau (qui malgré la pauvreté du scénario parvient à camper le seul rôle véritablement intéressant), ainsi que Jack Palance (qui joua dans de nombreux films dont pas mal de westerns). On croise même David Caruso dans un rôle des plus insipide avant qu'il ne se fasse connaître grâce à Abel Ferrarra et son excellent "King Of New-York" et surtout son personnage d'Horacio Caine dans la série à succès "Les Experts: Miami".


Greydon Cark surfe sur le succès du film de Ridley Scott "Alien, Le Huitième Passager" réalisé un an auparavant. Ici, pas de vaisseau, pas de planète aux paysages austères, pas de créature à la séduisante silhouette mais un alien qui ressemble à ses ancêtres des années cinquante-soixante. Un crâne bien plein mais des intentions primaires. On ne le verra qu'à la toute fin du film, ce qui ne pose pas vraiment de problème puisque le principal intérêt du film se trouve finalement dans la terreur qu'inspire Martin Landau auprès des deux jeunes héros. Si l'aspect général de l'alien est relativement sobre, on remarquera les armes qu'il emploie pour attaquer l'homme: En effet, plutôt que d'user d'armes sophistiquées, il lance sur ses proies d'étranges petites créatures qui figent leurs horribles excroissances dans la chair de leurs victimes avant de leur pomper le sang.


"Terreur Extraterrestre" se révèle être une toute petite production horrifique. Et si dès le départ on ne s'attend pas à un florilège d'effets-spéciaux et que l'on n'est pas trop regardant sur le scénario, il se peut que l'on passe un moment agréable d'autant plus que le film parvient à distiller un certain malaise à une ou deux reprises.

vendredi 7 février 2014

After Hours de Martin Scorsese (1985) - ★★★★★★★★☆☆



Paul Hacket, jeune informaticien, se détend après le travail à la table d'un petit restaurant. Accosté par Marcy Franklin, passionnée par le roman que Paul est en train de lire, l'homme et la femme se rapprochent et démarrent une courte conversation. Invité à se rendre plus tard chez l'amie de Marcy, Kiki Bridges qui confectionne des presses-papiers moulés en plâtre, Paul prend un taxi mais y perd le seul billet de vingt dollars qu'il possède et se retrouve sans un sou. Abandonné par un chauffeur mécontent, il fait à pieds le reste de la route qui mène dans le quartier où vit Marcy. Arrivé jusqu'à l'appartement de Kiki, il constate que Marcy s'est absentée. Lorsque celle-ci revient, ils fument ensemble un peu d'herbe et alors que la jeune femme s'éloigne durant un court instant, Paul tombe sur un ouvrage consacré aux greffes des grands brûlés. Marcy revient en tenue légère et alors que les deux nouveaux amis conversent, Paul aperçoit sur l'une des cuisses de Marcy, une griffure. Il a également vu la jeune femme revenir plus tôt avec un petit sachet contenant une pommade pour peaux sèches.Paul prend la fuite et s'engouffre dans le métro afin de rentrer chez lui. 

Mais comme il n'a pas assez de monnaie sur lui, il est viré sans ménagement par un agent de sécurité. Se retrouvant sous la pluie, il file se mettre à l'abri du Terminus Bar dont le propriétaire lui apprend qu'un cambrioleur sévit dans le quartier...After Hours est le dixième film de Martin Scorseses qui dans sa carrière de cinéaste plutôt spécialisé dans le milieu mafieux et les policiers, fait ici une entorse. ET quelle entorse. L’œuvre est un petit bijou d'humour noir. Le cauchemar éveillé d'un homme qui découvre un univers nocturne qui lui est totalement étranger. Une succession de bévues qui le mènent droit en Enfer. Et tout ça parce qu'il s'est dégonflé devant des images terribles de grands brûlés et qu'il a pensé que Marcy en était garnie.Mais là où se situe le génie du film de Scorseses, c'est la multitude de ramifications qui font de cette nuit un cauchemar dont Paul n'arrive décidément pas à se dépêtrer. Il a beau se réfugier dans un bar, chez une serveuse ou encore dans une boite de nuit thématique particulièrement glauque, chaque fois il est confronté à des personnages totalement barges qui au premier abord paraissent pourtant tout à fait quelconque. Et puis, cet homme étranger au quartier, que personne avant Marcy n'avait jamais vu, devient le coupable idéal dans la série de cambriolages qui touchent la région. 

Mais cela ne semble rien en comparaison avec la mort de Marcy. Que Paul découvre lui-même allongée sur son lit, une boite de médicaments vides posée sur la table de nuit.Griffin Dunne campe un Paul dépassé par les événements. Au bord de la crise de nerfs et de la folie, il interprète un personnage confronté aux pires situations. Au départ peu téméraire, il fini par trouver un peu de courage même si celui-ci se fait très discret. Il lui arrive plus souvent qu'à sont tour de se réfugier sous les jupes de femmes un peu paumées. Les personnages semblent être liés par un même destin. Tous se connaissent et vivent au rythme de la nuit. Comédie, After Hours demeure parfois pourtant assez déroutant, voire dérangeant. Si l'aventure est au départ particulièrement molle, c'est pour mieux distiller au fil de l'intrigue un rythme soutenu, qui ne cesse de s’accélérer, jusqu'à une chute finale particulièrement ubuesque. Une merveille où ne font que passer des acteurs et actrices savoureux, Griffin Dunne et Rosanna Arquette en tête.

lundi 8 avril 2013

Phantasm de Don Coscarelli (1979)


Il se déroule de bien étranges événements à proximité du cimetière et du salon funéraire de Morning Side. Tommy, le frère aîné de Mike et Jody est retrouvé mort, tué à coups de couteaux par une jeune femme à laquelle il faisait l'amour sur une pierre tombale. Lors des obsèques auxquelles Mike échappe sur les conseils de Jody, le jeune garçon assiste à une scène étonnante. Le gardien du cimetière, un homme immense et inquiétant, se saisit seul du cercueil dans lequel est enfermé Tommy alors qu'il a fallut pas moins de quatre personnes pour le porter un peu plus tôt dans la matinée. Faisant disparaître le cercueil à l'intérieur d'un corbillard, l'homme aperçoit Mike qui prend alors la fuite aux commandes de sa moto. Mais le jeune garçon perd le contrôle de son véhicule et chute au sol au beau milieu des tombes du cimetière. Un peu plus tôt dans la matinée, Mike s'était déjà aperçu d'une présence qui l'épiait, cachée derrière une pierre tombale. Bien qu'il témoigne des faits auprès de Jody, ce dernier croit que son frère affabule et ne tient pas compte de ses dires.



Mike décide alors d'inspecter le salon funéraire la nuit suivante et tombe sur d'étranges personnages pas plus grands que des nains et encapuchonnés dans des tenues ecclésiastiques marrons. Il tombe également nez à nez avec le Tall Man l'immense bonhomme qui hante les lieux de sa glaciale présence. Le salon funéraire est gardé par de curieuses sphère métalliques volante qui tuent ceux qui croisent leur chemin. Une course-poursuite s'engage alors entre Mike et l'homme en noir. Engagé dans des coursives, Mike parvient à refermer derrière lui une lourde porte, coinçant ainsi l'une des mains de l'homme. Les doigts de celui-ci dépassant de l'encadrement, Mike se saisit de son couteau de poche, lui coupe les doigts, et récupère l'un d'eux avant de prendre la fuite et de retourner chez lui.



Plus tard, il révèle les événements de la veille à Jody qui continue à nier ce que lui dit son petit frère. Mais lorsque Mike apporte au sceptique une petite boite renfermant le doigt encore vivant du Tall Man, Jody est contraint de croire son frère. Plus tard, le doigt s'est miraculeusement transformé en un insecte géant que Mike et Jody vont combattre ensemble. Reggie, l'oncle de la famille est témoin de la scène. Les trois hommes vont alors se mettre en quête de la vérité entourant les étranges événements du cimetière de Morning Side.



Phantasm de Don Coscarelli fait partie des meilleures productions horrifiques de la fin des années soixante-dix et pourtant, ce film est bien moins connu que Dawn Of The Dead ou encore Alien, Le Huitième Passager, tout deux sortis en cette même année 1979. Le scénario est un imbroglio d'idées toutes plus farfelues les unes que les autres, mais mises bout à bout, elles ne se révèlent pas si incongrues que cela. Phantasm est un intéressant mélange de fantastique, d'épouvante, et d'une légère pointe d'horreur. Le trio d'acteur formé par Michael Baldwin, Bill Thronbury et Reggie Bannister est sympathique alors que la menaçante présence d'Angus Scrimm dans le rôle du Tall Man est quand à elle plutôt inquiétante.



Le montage apparaît parfois anarchique et décousu. Surtout durant la première partie du film qui enchaîne des situations sans relation apparente. Alors, le récit devient cohérent et le mélange des genres plutôt convainquant. Car il faut l'avouer, mettre dans un même film, un géant en costume sombre, des sphères métalliques gardiennes de salon funéraire, des nains reconstitués à partir de cadavres prélevés dans un cimetière, ainsi qu'une pièce renfermant une porte donnant sur un monde parallèle, il fallait oser.



Mais le pari est réussi d'autant plus que Phantasm offre une ambiance parfois flippante à laquelle la musique de Fred Myrow et Malcolm Seagrave ne sont pas étrangers. Un film culte donc qui n'a presque pas pris de rides. A savoir que trois séquelles ont été réalisées par la suite, et toujours sous la houlette de Don Coscarelli.

dimanche 24 mars 2013

Fantômas de André Hunebelle (1964)


Fantômas a encore frappé. A paris, une nouvelle bijouterie vient de se faire voler pour plus de cinq millions de nouveaux francs. Le commissaire Juve se veut rassurant et lors d'une intervention télévisée, il affirme être sur le point d'arrêter l'insaisissable criminel. De son coté, le journaliste Fandor ironise sur les capacités de la Police a stopper la vague de crimes dont se rend coupable Fantômas et décide de mener sa propre enquête. Il commence tout d'abord par inventer une fausse interview en compagnie de sa fiancée et photographe Hélène Gurn qui le prend en photo grimé en fantômas dans un cimetière. Dans cette interview, il égratigne la réputation du commissaire Juve qui rend visite au jeune journaliste pour lui donner son avis sur l'article qu'il a écrit. C'est dans le locaux du journal qu'une bombe explose, envoyée par le vrai Fantômas. Le commissaire Juve est alors persuadé que ce dernier et Fantômas ont un rapport et décide de remonter la piste du criminel en faisant suivre le journaliste.

Vêtu de haillons, le commissaire Juve opère dans le quartier où vit Fandor lorsqu'il est pris pour un soulard par deux agents de police qui l'emmènent au poste de police. Peu de temps après, Fandor est assommé chez lui et lorsqu'il se réveille, c'est pour constater qu'il a été transporté chez Fantômas...

Si c'est bien la série de films réalisés par André Hunebelle qui a popularisé le personnage de Fantômas, il ne s'agit pas d'une pure création cinématographique mais littéraire dont les auteurs furent Pierre Souvestre et Marcel Allain. Les deux hommes écrivirent à eux deux trente-deux romans inspirés des péripéties de Fantômas. Après le décès de Pierre Souvestre, Marcel Allain continua à écrire les aventures de leur héros et donna naissance à onze romans supplémentaires.

Au cinéma, Fantômas fit d'abord son apparition dans spet œuvres muettes et en noir et blanc entre 1913 et 1937. Puis trois autres, toujours en noir et blanc mais parlantes entre 1932 et 1949. Suibirent alors les trois volets de la trilogie d'André Hunebelle, Fantômas, Fantômas Se Déchaine et Fantômas Contre Scotland-Yard.

La trilogie faillit devenir une tétralogie devant l'énorme succès remporté par le premier volet Fantômas en URSS. Plus de 60 millions d'entrées, ce qui poussa les producteurs à envisager un épisode tourné en URSS et titré Fantômas A Moscou. Mais l'idée fut abandonnée et après les second et dernier volets de la trilogie, le personnage de Fantômas a disparu de la circulation au cinéma, jusqu'à ce projet de Christpohe Gans qui depuis 2003 est annoncé mais semble encore dans les cartons.
A la télévision, quatre épisode de Fantômas ont été réalisés en 1979 et s'inspirent de quatre des aventures écrites par Pierre Souvestre et Marcel Allain.

Dans le Fantômas de André Hunebelle, c'est Jean Marais lui-même qui exécute ses propres cascades. L'acteur qui interprète le journaliste Fandor se cache également derrière le visage de Fantômas lorsque celui-ci est grimé autrement qu'avec son angoissant masque bleu. Un masque qui ne laisse transparaitre aucune émotion. Plus que Fantômas ou Fandor, c'est bien évidemment la présence de Louis De Funès dans le rôle du commissaire Juve qui marque les esprits. On retrouve le jeu habituel de l'acteur comique. On s'amuse à le voir défier son pire ennemi, se ridiculisant plus souvent qu'à son tour, et sans jamais parvenir à mettre le grappin dessus.
Le rôle était au départ prévu pour un autre grand acteur français: Bourvil. Mais ce dernier refusa le rôle et c'est ainsi que De Funès se retrouva dans la peau du commissaire Juve. Le film est devenu l'un des films comiques français les plus populaires. A tel point qu'en 1995 une publicité utilisa le personnage de Fantômas, celui des films de Hunebelle, afin de faire la promotion d'une voiture.

lundi 18 mars 2013

Cuisine Et Dépendances de Philippe Muyl (1992)


Martine et Jacques invitent leur vieil ami Philippe à venir diner chez eux un samedi soir. Cet écrivain-journaliste à succès vit depuis dix ans avec Charlotte, également une amie de Martine et de Jacques, mais aussi de Georges qui vit depuis un certain chez ces derniers. C'est après avoir rencontré Philippe dans une galerie marchande d'un grand magasin que Martine a eut l'idée de l'inviter diner, eux qui ne se sont pas revus depuis dix ans. Fred, le frère de Martine est lui aussi convié, en compagnie de son amie Marylin.

Malheureusement, tout commence mal. Les invités arrivent avec deux heures de retard, arguant qu'un embouteillage les a empêché d'arriver à l'heure. Georges s'est gavé de pistaches en attendant l'apparition de Charlotte et Philippe, et reste imperturbablement ancré entre la cuisine et le balcon qui donne sur l'immeuble d'en face. Il fume cigarette sur cigarette pendant que Jacques tente désespérément de le convaincre de revenir dans le salon. Martine est surexcitée et ne sait plus où donner de la tête. Charlotte croise Georges dans la cuisine après que celui-ci l'ai copieusement ignorée à son arrivée. Fred est un joueur de poker invétéré qui joue des sommes d'argent folles mais qu'il n'a pas sur lui. Alors, pour rembourser ses dettes, il emprunte chaque fois à sa sœur et son beau-frère au point de leur devoir aujourd'hui 70 000 francs. Marylin est une jeune femme facile qu'il a croisé quatre jours plus tôt dans une boite de nuit. D'après Fred, ils sont devenus inséparables.

Martine et Jacques espèrent que la soirée sera parfaite. Georges s'en fiche et s'enfonce dans un pessimisme désespérant. Fred a le couteau sous la gorge et compte sur la générosité et la compréhension de Jacques pour se faire prêter à nouveau de l''argent. Charlotte, dévouée corps et âme à la carrière de Philippe suit patiemment la superficielle conversation de Martine, et assiste aux lamentations de Georges. Philippe ne décolle pas du salon et se laisse charmer par les formes séduisantes de Marylin...

Cuisine Et Dépendances est l'adaptation de la pièce éponyme écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, et mise en scène par Stephane Meldegg. Signé Philippe Muyl, le film s'articule autour d'une scène pratiquement unique puisque les dépendances du titre ne sont pratiquement pas exploitées. Ce qui n'empêche pas l'œuvre d'être une merveille d'un point de vue de l'interprétation et de l'écriture. La cuisine est donc le théâtre de conversations souvent houleuses entre conjoints et amis. Entre Georges (Jean-Pierre Bacri), écrivain raté qui envahit l'existence de sa sœur Martine (Zabou Breitman) qui, elle, rêve de le voir faire ses valises une bonne fois pour toute. Fred (Jean-Pierre Darroussin), frère immature qui perd son temps entre les de jeunes femmes inconsistantes et les parties de poker. Et Charlotte (Agnès Jaoui) qui sacrifie son existence au profit de celle, professionnelle, de Philippe avec lequel elle a choisi dix ans plus tôt de faire sa vie, laissant Georges sur le carreau. Quand à Jacques (Sam Karmann), il tente avec plus ou moins de bonheur de tempérer les humeurs de son épouse et les tracas de Fred. Une attitude qui cache peut-être davantage de lâcheté qu'un vrai désir d'aider son prochain. Bref, tout ce petit monde dévoile une facette monotone de son existence.
Sans même avoir jamais été mis en présence des personnages de Philippe et de Marylin, les seuls dialogues entre les autre protagonistes nous donnent une image assez précise de la personnalité de ces deux individues occultés visuellement dans le film. Pas à un seul moment nous n'aurons le plaisir (ou le malheur) de les rencontrer. Le personnage de Georges, outre le fait que l'idée de revoir un ancien ami devenu célèbre le révulse, montre très vite une propension au pessimisme. Quand au rejet qu'il cultive envers Philippe, il cache, bien au delà du dégout que lui inspire le succès de cet homme qu'il n'a pas revu depuis des années, une rancœur liée au choix de Charlotte de vivre avec ce dernier plutôt qu'avec Georges.

Sous le vernis des apparences, Martine et Jacques ont bien du mal à cacher la tristesse de leur quotidien. La première avide d'une vie sociale espère sans doute qu'au delà d'une simple soirée de retrouvailles percera l'espoir d'une existence nouvelle. Quand au second, le voilà amorphe devant les situations les plus délicates, au point de ne pas sembler parvenir à combattre ce qui certainement mettra en péril l'avenir de son couple.

Entre agacement (Zabou en maitresse de maison hystérique) et jubilation (Jean-Pierre Bacri en colocataire au tempérament noir et qui dénigre toute chance de parvenir au bonheur), Cuisine Et Dépendance est un catalogue rempli de scènes et de répliques savoureuses servies par des acteurs de talents mis en scène de manière sobre et aux mouvements de caméras savamment orchestrés.

lundi 11 mars 2013

Quattro Mosche di Velluto Grigio de Dario Argento (1971)



Le musicien Roberto Tobias en est convaincu: il est épié de près par un mystérieux homme et ce, depuis une semaine. Un soir, alors qu'il quitte le groupe de musique avec lequel il vient de répéter et se dirige vers sa voiture, il aperçoit ce même homme, vêtu de noir, raide comme un bois mort, fixant son attention sur le musicien. Excédé, Roberto décide d'en avoir le cœur net, se dirige vers l'inconnu, et le poursuit lorsque ce dernier prend la fuite. Retrouvant les traces de l'homme à l'intérieur d'un théâtre abandonné, Roberto demande des explications à ce dernier qui sort alors un couteau et menace de s'en servir contre le musicien si celui-ci ne recule pas. Les deux hommes en viennent aux mains et l'inconnu se retrouve avec sa propre arme plantée en plein ventre. A l'étage du théâtre, un homme affublé d'un grotesque masque a tout vu. Il a même photographié la scène. 
 
Les jours qui suivent, Roberto reçoit des lettres anonymes renfermant des messages. L'une d'elle est même accompagnée de la carte d'identité de la victime. Les documents que le musicien avait regroupé et qui prouvaient qu'il était suivi depuis une semaine ont disparu. Roberto découvre chez lui, et sous une pile de disques, des photographies témoignant de son implication dans la mort de Carlo Marosi, l'homme qu'il prétend avoir tué à sa femme, Nina. Depuis la mort de Marosi, Roberto fait un étrange rêve récurrent dans lequel il est exécuté en place publique. La bonne découvre ce qui se trame et contacte l'homme au masque afin de lui soutirer de l'argent. Mais son cadavre est retrouvé égorgé en plein cœur du parc dans lequel elle avait pris rendez-vous avec lui.

Carlo Marosi est en réalité bien vivant, mais Roberto, ça, ne le sait pas. En dehors du chantage dont il fait l'objet, aucune somme d'argent ne lui est demandée. Sur les conseils de son ami Diomede, Roberto engage alors le détective privé Gianni Arrosio afin de résoudre le mystère qui plane autour de cette affaire.

Quatre Mouches De Velour Gris est le dernier volet de sa fameuse trilogie animalière amorcée par L'Oiseau Au Plumage De Cristal et Le Chat A Neuf Queues. Ces deux premières œuvres ayant inspiré toute une série de gialli aux titres équivoques (La Queue Du Scorpion, La Tarentule Au Ventre Noir), c'est le père de Dario Argento lui-même qui pousse son fils a réaliser un dernier film au titre évocateur. Des mouches d'ailleurs, qui mettront un certain temps avant de faire leur apparition puisque elles viendront étoffer (malheureusement un peu tard) une histoire déjà passionnante mêlant chantage, meurtres et investigations. Séparé de sa femme tout récemment, il est presque impossible de faire l'impasse entre ce fait et la lente dégradation du couple Roberto-Nina (Michael Brandon-Mimsy Farmer) dont les rapports son vampirisés par le pseudo meurtre dont s'est rendu coupable le batteur. Les meurtres justement, qui sont la marque de fabrique du cinéaste qui choisit pour le moment de n'en montrer qu'un minimum (l'exécution du rêve demeurant le plus graphique). Peu de sang en effet, mais pas mal de meurtres finalement si l'on tient compte qu'un seul, monté de toutes pièces, est à l'origine d'une machination particulièrement bien pensée.
Dario Argento aime faire de ses victimes des artistes en tout genre. Celle de L'Oiseau Au Plumage De Cristal est écrivain et celle du Chat A Neuf Queue verbicruciste. Quand à Roberto, il est batteur dans un groupe de rock. Les meurtriers sont toujours vêtus de noir comme pour mieux éviter toute identification de la part du spectateur même si cela les rend potentiellement vulnérables aux yeux des protagonistes.

Considéré comme l'une des meilleures œuvres de Dario Argento, Quatre Mouches De Velour Gris offre cependant une conclusion qui laisse quelque peu le spectateur sur sa faim. Aucun élément ne vient confirmer le moindre soupçon quand à l'identité de l'assassin. On se retrouve tout bête à constater que les éventuels schémas que l'on s'est forgé durant le film tombent à l'eau. Alors que dans L'Oiseau Au Plumage De Cristal, l'identité du tueur était légitimé par la simple idée que notre œil peut parfois nous jouer des tours, ici, aucune scène durant la projection ne permet de mener le spectateur sur le chemin de la vérité. Malgré tout, Quatre Mouches De Velour Gris reste un somment dans la carrière du cinéaste et demeure une référence dans le genre Giallo.

lundi 4 mars 2013

Les Clefs De Bagnole de Laurent Baffie (2003)



Laurent Baffie est gonflé !!!

Il parcours les producteurs avec sous le bras l'un des pires scénarios. Il tente de vendre son histoire à Claude Berri, Alain Terzian, Dominique Farrugia, Charles Gassot et Alain Sarde, mais aucun n'accepte de lire son scénario à part le premier qui lui promet d'y jeter un œil dès que Laurent aura trouvé un acteur qui accepte d'interpréter le rôle principal.

Alors l'ambitieux personnage arpente les rues à la recherche de sa vedette.

Il se fait jeter par Guillaume Canet, Marc Lavoine, Jean-Claude Brialy (pour lequel il affirme avoir écrit le rôle), Yvan Attal, Guy Bedos (auquel il fait également croire que le rôle a été écrit pour lui), Gérard Darmon, Élie Semoun (qui envoie paitre Laurent avant de lui dire de demander à Dieudonné), Dieudonné (qui le jette avant de lui dire de demander à Élie Semoun). les Inconnus (avec par ordre d'apparition: Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Legitimus), Dominique Besnehard, Jean-Pierre Darroussin, Antoine De Caunes, Jacques Gamblin, Enrico Macias, Kad & Olivier, Édouard Baer, Florent Pagny, Bruno Solo, Thierry Frémont, Gérard Jugnot, Patrick Timsit (qui affirme: C'est pas que j'veux pas, c'est que j'peux pas), Vincent Lindon, Jean-Marc Barr, Vincent Perez, Patrick Braoudé, Rochdy Zem, Michel Muller, Smaïn, Eddy Mitchell, Laspalès, Michel Boujenah, Albert Dupontel, Eric Cantona, Jean Rochefort (qui assène une terrible réplique à Laurent Baffie: J'ai tourné avec les plus grands, c'est pas pour jouer avec les plus petits), Richard Berry, Samuel Le Bihan, les Robins Des Bois, Lorant Deutsch, Jean Dujardin, Mouss Diouf, Dave, Daniel Auteuil, Pierre Richard (qui est relancé par Laurent en plein match de Tennis à Roland Garros), Pierre Arditi (qui refuse de passer de Resnais à Baffie), Gad Elmaleh (que Laurent vient relancer jusque sur la scène où il interprète son one man show), Thierry Lhermitte (qui assure que son projet n'est ni fait, ni à faire), Jamel Debbouze (qui n'accepte, ironiquement, que si son rôle est celui d'un chien en pâte à modeler) et enfin, Gérard Lanvin.

Même Michael Youn et Bernard Menez refusent le rôle. C'est dire si le scénario n'inspire personne. A part peut-être un acteur. Le seul à accepter de tourner dans Les Clefs De Bagnole, c'est Daniel Russo, un ami proche de Laurent Baffie. Sophie Marceau donne le clap de début de tournage, et c'est parti.

Dès lors, c'est dans un univers absurde imaginé par Laurent Baffie que l'on pénètre. Jusqu'à maintenant, le jeune cinéaste a, en moins d'une dizaine de minutes, réussi l'exploit de faire apparaître dans son film pas moins d'une soixantaine de producteurs, chanteurs, acteurs et humoristes. Le slogan du film lors de sa sortie fut: N'Y Allez Pas, C'est Une Merde!
Et en effet, certains spectateur ont dû être écœurés devant tant d'improbabilité, tant d'idées jetées en pâture. Pourtant, c'est sans doute ce fourmillement qui fait de ces Clefs De Bagnole une petite merveille ubuesque. Laurent Baffie habite un appartement parisien dont une porte donne sur la mer. Les gogues quand à eux plongent l'invité en plein océan. Le bar dans lequel le réalisateur a ses habitudes est une cour des miracles qui rappelle le cinéma de Jodorowski.

Lorsque le film a réellement démarré, on croise une fois de plus tout un panel d'acteurs français, et non des moindres puisque Gérard Depardieu est enrôlé comme fromager, Jean-Marie Bigard comme banquier, François Rollin comme statisticien, et surtout Alain Chabat comme vendeur de chiens. Dani embauche Baffie et Russo comme déménageurs de pianos, jardiniers, carreleurs, menuisiers, plombiers, laveurs de vitres, couvreurs, et même vendangeurs dans le midi. Et tout cela en moins de trois minutes.

Avouons que Laurent Baffie n'est pas avare en terme de situations. L'interprétation n'est certes pas toujours convaincante mais le plaisir est là. Une heure vingt-six de délirantes situations qui se succèdent sur un train d'enfer, ponctuées d'interviews et d'apparitions amusantes comme celle du Monsieur Preskovic du Père Noël Est Une Ordure...

lundi 11 février 2013

S.O.S Fantômes de Ivan Reitman (1984)


A new-York c'est le branle-bas de combat. Les fantômes ont envahit la ville. La bibliothèque nationale, Les plus grands hôtels et les rues elles-mêmes de la ville sont les témoins d'apparitions d'ectoplasmes particulièrement virulents. Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spenger sont renvoyés de l'université dans laquelle il effectuent des recherches sur la parapsychologie. Passionnés par tout ce qui touche aux fantômes, ils décident d'ouvrir une entreprise spécialisée dans la recherche, la capture et la conservation des ectoplasmes. Et autant dire qu'ils vont avoir du pain sur la planche.
Rejoints bientôt par leur nouveau coéquipier Winston Zeddemore, ils écument les rues de la ville jusqu'à ce qu'il reçoivent la visite de Dana Barrett, jeune violoniste témoin d'étranges évènements survenus dans la cuisine de son appartement. Vivant à proximité de son encombrant voisin Louis Tully, elle découvre en effet que la porte du réfrigérateur donne sur un monde parallèle dirigé par le dieu sumérien Gozer. La jeune femme arrive dans les locaux de S.O.S FANTOMES et fait la connaissance de Peter qui accepte de l'accompagner jusqu'à son appartement. Lorsque celui commence ses investigations dans la cuisine, il ne constate rien d'anormal. Il reçoit ensuite la visite de Walter Peck, membre de la commission de production de l'environnement au bureau de New-York, qui aimerait savoir qu'elles pourraient être les retombées d'un point de vue environnemental, concernant les activités du quatuor. Refusant de faire visiter à l'homme les locaux de S.O.S FANTOMES, celui-ci menace alors Peter de lui envoyer une commission rogatoire.

Dans la soirée, deux immenses gargouilles trônant sur la terrasse de l'immeuble où vit Dana donnent vie à deux féroces colosses qui se mettent alors en chasse afin de mettre la main sur Louis. Lors d'une réception donnée par celui-ci, il est poursuivi par l'une des créatures jusqu'à Central Park. Peter s'invite chez Dana, qui, lorsque s'ouvre la porte de son appartement, demande au professeur s'il est le Maître des Clés. Un maitre qui se trouve être Louis, le voisin de Dana...

Les esprits et le septième art vivent une véritable histoire d'amour depuis près d'un siècle. S'il est souvent arrivé aux fantômes d'être discrets, tout juste suggérés à travers une ombre ou bien même un bruit, c'est bien grâce aux progrès en matière d'effets-spéciaux que les scénaristes ont ensuite pu laisser libre cours à leur imagination. Le plus souvent introduits dans des œuvres macabres fleurtant avec l'épouvante (La Maison Du Diable, La Sentinelle Des Maudits, The Changeling), Il faudra attendre l'année 1982 et l'arrivée de Steven Spielberg et Tobe Hooper pour découvrir enfin des œuvres grand public. Bien que leur Poltergeist baigne parfois dans l'horreur pure, les moyens mis en œuvre sur ce projet démontrent une volonté de leur part d'ouvrir le thème à un plus large public. Ce que fera donc la même année Ivan Reitman avec son Ghostbuster, dans une véritable explosion d'effets-spéciaux où ectoplasmes, fantômes, et autres apparitions s'en donnent à cœur joie.

L'idée de confronter des fantômes à des exterminateur fut créée par Dan Aykroyd et John Belushi. Mais la mort de ce dernier changea les plans et il fut remplacé par l'excellent Bill Murray. L'histoire elle-même (Aykroyd étant alors épaulé par Harold Ramis qui rejoint le groupe) fut modifiée puisque au départ l'équipe de SOS Fantômes devait voyager à travers le temps et l'espace. Ivan Reitman situe donc ses personnages à notre époque et dans la ville de New-York. On y découvre des ectoplasmes étonnants, tout droit sortis d'un dessin animé imaginaire. L'humour prime sur l'effroi qui, il faut l'avouer, est absent du film. Ce qui ne diminue pas l'intérêt de l'œuvre tant le rythme, l'interprétation et l'humour emportent tout sur leur passage. On remarque également la présence de Sigourney Weaver dans le rôle de Dana. Elle qui eut la force de vaincre le belliqueux Alien de Ridley Scott, elle apporte au film une touche essentielle de féminité. Les effets-spéciaux sont pour l'époque, ce qui se fait de mieux.. Ils sont l'œuvre de la société Entertainment Effects Group, et tout particulièrement de Richard Edlund. Ghostbuster se veut tout d'abord un film grand public. Le film fut un tel succès qu'il inspira toute une série de jeux vidéos ainsi qu'une première suite sortie cinq ans plus tard en 1989, toujours réalisée par Ivan Reitman et sobrement intitulée Ghostbuster2. Depuis quelques temps maintenant est annoncé un projet intitulé Ghostbuster3, mais sans Bill Murray. Reitman est toujours aux commandes et Aykroyd, Ramis, Hudson, Moranis et la resplendissante Sigourney Weaver sont toujours présents, accompagnés cette fois-ci de nouveaux combattants.

samedi 29 décembre 2012

Star Trek III: The Search for Spock de Leonard Nimoy (1984)


 Ce qui est utile à beaucoup l'emporte sur les désirs d'un seul. Spock

Spock est mort, sacrifiant son existence pour que survivent les membres du vaisseau Enterprise, A la suite du Salut Aux Morts, son corps est envoyé sur l'aride Ceti Alpha V, devenue depuis une planète flamboyante appelée Genesis du nom du projet visant à faire éclore la vie sur une planète totalement stérile. La torpille dans laquelle repose son corps émet un signal cependant un signal qui attire l'attention du lieutenant Saavik et du docteur David Marcus, le fils de l'amiral James T. Kirk. A l'approche de Genesis, le vaisseau USS Grissom se met en orbite autour de la planète tandis que Saavik et Marcus demandent l'autorisation au commandant J.T. Esteban d'aller vérifier l'origine du signal émis par la torpille à photons du capitaine Spock.

Lors de leur retour sur Terre, l'amiral Kirk et l'équipage de l'Enterprise apprennent avec surprise que les réparations dont à besoin leur vaisseau ne seront pas effectuées et qu'en raison de son âge il sera mis hors-service. Chaque membre est donc réaffecté sur un vaisseau différent.



Kirk reçoit ses plus fidèles compagnons dans ses quartiers. Alors qu'il s'attend à recevoir Scott, c'est Sarek, le père de Spock qui se présente devant lui. Le vulcain reproche à l'amiral d'avoir abandonné le corps de Spock sur Genesis, renonçant ainsi à tout espoir de donner suite à l'existence spirituelle de son fils. Sarek pénètre alors l'esprit de Kirk, pensant que Spock a uni le sien à celui de l'amiral mais n'y trouve aucune trace de son fils. C'est ainsi qu'il apprend de la bouche de Kirk que le Docteur McCoy est peut-être celui que le vulcain cherche.

L'amiral décide donc de partir à la recherche de son ami vulcain en compagnie de ses amis McCoy, Scott, Chekov et Sulu, s'opposant ainsi à l'interdiction d'utiliser à nouveau l'Enterprise. Subtilisant ce dernier, l'équipage reconstitué vole donc vers la planète Genesis.

L'amiral Kirk et son équipage endossent un temps le costume de rebelles afin de retrouver le plus humain des vulcains.


Mais entre temps, un oiseau de proie klingon s'approche de l'USS Grissom, détruisant ce dernier et tuant l'équipage tout entier. Saavik et David, qui se trouve toujours sur Genesis, ne se doute pas que trois klingons sont lancés à leur recherche. Lorsque l'Enterprise approche de Genesis, il ne trouve aucune trace du Grissom et l'amiral Kirk se demande les raisons du silence entretenu par l'équipage de celui-ci...

Star Trek III: A La Recherche De Spock est donc la troisième adaptation cinématographique adaptée de la fameuse série télévisée Star Trek. Réalisé par Leonard Nimoy lui-même (Spock), l'œuvre mêle les ambitions de klingons avides de pouvoir mettre la main sur Genesis et de dominer la planète du même nom, à l'espoir mis en œuvre par Kirk et son équipage pour retrouver Spock. On y retrouve les personnages de David Marcus, le fils de Kirk, ainsi que celui de Saavik (cette fois-ci interprété par Robin Curtis). Lorsque ces derniers tombent sur la capsule de Spock, la présence d'organismes vivants signifie une erreur grossière de scénario. Car en effet, ces créatures agglutinées contre la paroi métallique de la torpille rappellent celles enfermées dans l'aquarium du SS Botany Bay. Alors, si la planète a bien été analysée afin de s'assurer que nulle trace de vie y est présente, comment se fait-il que ces bestioles conservées par Khan n'aient pas été repérées?

Le scénario, partant à priori d'une idée plutôt plaisante, se révèle quelque peu décevant. Tout d'abord, si les décors ne sont tout de même pas comparables avec ceux en carton-pâte de la série originale, ils manquent parfois de réalisme. Quand à l'affrontement entre Kirk et le commandant klingon Kruge, il n'est pas de la trempe de celui qui opposait l'amiral à Khan. Déjà, l'intro s'éternise un peu trop sur les derniers plans du film précédent. Ensuite, l'histoire mêlant plusieurs intrigues avant de les faire se rejoindre manque d'enthousiasme. Les pérégrinations de Saavik et Marcus sont mollassonnes. La bataille entre Klingons et humains expédiée, et quand à la fameuse cérémonie du Fal-Tor-Pan qui doit clore la résurrection de Spock, elle est anecdotique. Peut-être l'un des épisodes cinématographiques les moins réussis. Dernier point. Mais qui donc se cache derrière le doublage catastrophique de Chekov, faisant du pauvre homme un castra à fort accent russe? Nicolas Brémont...

vendredi 21 décembre 2012

Semaine Fin Du Monde: Meteor Apocalypse de Micho Rutare (2010)



Cycle Fin Du Monde:

- Troisième guerre mondiale: Damnation Alley
- La femme, avenir de l'homme: Les Fils De L'Homme
- Prophéties Maya: 2012
- Paranoïa et peur liée à une attaque terroriste: Miracle Mile
- Sectarisme et survie en milieu hostile: The Omega Man
- Cannibalisme et survie en milieu hostile: The Road
- Comète, quarantaine et road-movie: Meteor Apocalypse
 

Une immense comète approche dangereusement de la Terre. Les États-Unis ainsi que les pays de l'Est envoient dans l'espace l'intégralité de leur stock de missile nucléaires afin de la détruire mais son explosion provoque la dispersion de milliers de gros résidus qui filent tout droit vers notre planète. Lorsque les premiers astéroïdes traversent le ciel avant de s'écraser au sol, l'eau potable devient impure à la consommation. Elle provoque la morts de dizaines de personnes et les autorités préviennent la population des dangers en faisant évacuer certaines des villes les plus touchées par la catastrophe.

Lorsque David Dematti retourne chez lui, c'est pour constater que l'armée évacue les habitants vers un centre de quarantaine. Il n'a pas le temps de rejoindre sa femme Kate et leur fille Alison que celles-ci disparaissent à l'arrière d'un fourgon militaire avant de quitter les lieux. Dès lors, le seul objectif de David est de retrouver les siens. Sur la route qui doit le mener jusqu'à Las Vegas, il croise la route de Lynn, jeune femme à qui il sauve la vie de justesse. Les deux compagnons font alors la route ensemble...

Incendies ravageant d'immenses métropoles. Énormes vagues déferlant sur des cités en proie au chaos. Voilà ce que promet l'affiche de ce Meteor Apocalypse réalisé par le cinéaste américain Micho Rutare. Effets-spéciaux numériques approximatifs et incohérences scénaristiques en abondance, voilà ce à quoi il faudra surtout s'attendre. Car en effet, à part d'assez nombreuses chutes d'astéroïdes, on ne verra pas grand chose d'autres des conséquences de l'explosion de la comète. Quand aux incohérences, elles apparaissent parfois si flagrante que l'on passe le plus souvent du temps à rire de bon cœur qu'à s'en offusquer. Imaginez nos deux héros assoiffés et venant d'assister à la destruction de Las Vegas du haut d'un plateau désertique, loin de tout. Endormis sous un soleil de plomb, il ignorent tout de ce qui va suivre : Une mère derrière une poussette et son enfant, passant par là tout à fait par hasard, et voilà que le gamin vient déposer aux pieds de Lynn et David deux petites bouteilles d'eau. Filmée dans un flou peu artistique, on supputera que l'apparition de ces curieux personnages a quelque chose de céleste. Quoique, pour une apparition divine la poussette ne fait pas vraiment classe. 
 
Mais le plus grand moment sans doute est cette scène durant laquelle Lynn souffre terriblement d'avoir bu de l'eau empoisonnée. Assise près d'un container, David lui propose de rester là le temps qu'il aille en chercher de la potable. On l'imagine alors parcourir une cité abandonnée. Aux vitrines de magasin brisées. Marcher durant un bon moment afin de mettre la main sur le précieux liquide. Que nenni, puisqu'il faut soulager Lynn le plus vite possible et que le film ne dure qu'une heure et vingt-quatre minutes, David n'aura qu'à, après avoir laissé Lynn allongée sur le sol pour trouver de l'eau, faire demi-tour, trois pas (je les ai compté) et ouvrir le haillon partiellement ouvert d'un camion chargé à bloc de... bouteilles d'eau (de la même marque que celles généreusement offertes par le gosse un peu plus tôt).

Joe Lando (David) semble convaincu par son personnage. Il y croit fort et montre un certain engouement à interpréter cet homme qui met tout en œuvre pour retrouver femme et enfant. Cooper Harris (Lynn) est par contre une bien curieuse interprète. Difficile de dire si c'est son rôle qui veut ça ou bien si cette actrice à quelques soucis neurologiques mais la voir exprimer sur le visage un sourire coquin alors qu'elle vient tout juste de vomir ses tripes, il y a de quoi se poser des questions. Pseudo Angelina Jolie léthargique, elle accompagne le héros dans ce road-movie apocalyptique de qualité moyenne, sauvé fort heureusement par un rythme plutôt soutenu.
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