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dimanche 28 avril 2024

Ghosbusters : Frozen Empire de Gil Kenan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ghostbusters, c'est au départ deux films cultes réalisés par Ivan Reitman en 1984 et 1989. Enfin, surtout le premier puisque le second demeure légèrement inférieur. Manque d'inspiration ou opportunisme oblige, il fallait bien qu'un jour quelqu'un s'empare de la franchise pour signer un reboot. Ce fut chose faite avec le 100% féministe Ghostbusters: Answer the Call en 2016. Signé par Paul Feig et principalement interprété par les actrices Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones, le long-métrage n'est pas aussi honteux que certains voudraient le laisser croire mais comparé à l'original, le film demeure pourtant bien faible. Son gros point noir : un humour qui ne fait jamais mouche et des protagonistes franchement peu attachants. Ghostbusters: Answer the Call aurait très bien pu signifier la mort de la franchise jusqu'à ce qu'en 2021 débarque sur les écrans Ghostbusters: Afterlife de Jason Reitman, le propre fils d'Ivan Reitman, lequel allait avec ce quatrième long-métrage réhabiliter une saga devenue un peu trop woke à mon goût. Le fan-service étant assuré par la présence à l'image de Bill Murray dans le rôle du Docteur Peter Venkman, de Dan Akroyd dans celui du Docteur Raymond Stantz ou celle d'Ernie Hudson dans la peau Winston Zeddemore, il était tout à fait envisageable de les retrouver dans une nouvelle aventure en 2024. Si lors des précédentes aventures de nos chasseurs de fantômes nos trois héros furent quelque peu éclipsés par la présence à l'écran des tout jeunes Mckenna Grace et Finn Wolfhard dans les rôles de Phoebe et Trevor Spengler ainsi que celles de Carrie Coon et Paul Rudd dans ceux de leurs parents Callie et Gary, Ghosbusters: Frozen Empire va remettre un peu d'ordre avec cette nouvelle mouture dans laquelle le réalisateur israélo-britannico-américain Gil Kenan offrira ne serait-ce qu'à Dan Akroyd un rôle un peu plus important. Pour les spectateurs, les nouvelles aventures de la famille Spengler dont les membres sont donc devenus des experts dans le domaine de la chasse aux fantômes commence il y a un certain temps lorsqu'est révélé un court teaser, suivi il y a quelques mois d'une bande-annonce franchement incitative. L'on y découvre un phénomène d'ampleur cataclysmique qui, étrangement, évoque tout d'abord davantage un hypothétique film catastrophe qu'une comédie fantastique. Quelques plans post-apocalyptiques à la Terminator 2 et sa célèbre scène d'aire de jeux (ici remplacée par une plage) sur fond de Cruel Summer du groupe de pop féminin Bananarama histoire de bien ancrer le récit dans les années quatre-vingt même si l'on sait pertinemment que le récit se déroulera en priorité dans le présent.


À dire vrai, à part quelques images d'archives prélevées au premier Ghostbusters, le seul retour en arrière s'effectuera bien avant la naissance de notre célèbre équipe de chasseurs de fantômes puisqu'en ouverture, le film remonte jusqu'en 1904, date à laquelle une brigade de pompiers new-yorkaise va être confrontée à un phénomène inexplicable lié à une étrange sphère sur laquelle sont inscrits des dizaines de glyphes et qui depuis est devenue la propriété d'un immigré d'origine pakistanaise du nom de Nadeem Razmaadi (l'acteur Kumail Nanjiani). On s'en doute, l'objet aura son importance une fois le récit prenant comme décors le New York de 2024. Habitué aux rôles d'antagonistes (les deux premiers volets de la franchise Die Hard), l'acteur William Atherton reprend le rôle du maire Walter Peck qui avait disparu des radars lors des autres volets de la saga et qui malgré les quarante années passées n'a fondamentalement pas changé. Ni de caractère, ni d'apparence puisque parmi les interprètes de la vieille garde, il demeure le mieux conservé physiquement ! Les deux jeunes acteurs, en pleine période de croissance, ont par contre changé de physionomie. Surtout Mckenna Grace dont le personnage de Phoebe Spengler a désormais seize ans. Reprenant le cycle des événements avec à la clé un hommage très appuyé aux héros de jadis, Ghosbusters: Frozen Empire n'est par contre pas aussi passionnant que pouvait le laisser croire la bande-annonce. Ôtés les chasseurs de fantômes, le film ne conserve de la franchise que quelques résidus que seuls les objets renvoyant à sa mythologie parviennent encore à raccrocher au wagon des premiers volets. Le film est surtout très bavard. Trop même. Des lignes de dialogues interminables durant lesquelles, bien évidemment, il ne se passe pas grand chose. Quelques sous-textes comme la jeunesse de Phoebe lui interdisant de participer à la chasse aux fantômes demeurent un peu cheap. Ou comme la présence de Melody (l'actrice Emily Alyn Lind) qu'elle rencontre alors qu'elle joue seule aux échecs.Une amitié naît alors entre les deux adolescentes et d'où découlera une séquence dont l'absurdité reléguera cet épisode à l'état d'intrigue encore plus fantasmagorique qu'elle ne l'était jusqu'à maintenant. À dix minutes près, le film aligne les deux heures de récit alors qu'il aurait sans doute mérité d'être un peu plus concentré et de faire appel à un peu moins de personnages et de séquences secondaires. Durant presque une heure et trente minutes, Ghosbusters: Frozen Empire ne propose que quelques sporadiques événements surnaturels avant que l'action ne s'accélère durant la dernière demi-heure. Ceux qui ne se seront alors endormis durant la projection pourront enfin profiter d'effets-spéciaux essentiellement basés sur le froid et la glaciation. Quelques passage, très courts, qui malheureusement ne suffiront pas à faire de Ghosbusters: Frozen Empire, le digne descendant de ses plus lointains ancêtres...

 

lundi 13 décembre 2021

SOS fantômes : l'héritage de Jason Reitman (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Sorti sur les écrans de cinéma français le 12 décembre 1984, le premier volet de la franchise Ghostbusters réalisé par Ivan Reitman est le cas typique du film que l'on n'échangerait contre un autre pour rien au monde. Et surtout pas contre le Reboot de 2016 commis par Paul Feig qui réinterprétait le concept à la sauce féministe par l'entremise d'un humour totalement inefficace. Mais l'aventure, la vraie, de ces chasseurs de fantômes, ne s'était cependant pas arrêté aux portes du premier volet mais avait su se distinguer ensuite avec la sortie d'une honorable séquelle, toujours réalisée par Ivan Reitman et diffusée dans les salles un peu plus de cinq ans jour pour jour après l’œuvre originale. Lorsqu'il y a quelques années est annoncée l'arrivée d'un quatrième long-métrage reposant sur cette même franchise, le doute et permis. Même avec la promesse qu'y apparaissent les principaux interprètes des deux premiers films mis à part Harold Ramis qui, malheureusement, nous quitta en 2014. Si Ivan Reitman n'est plus de la partie en tant que réalisateur, c'est son fils Jason qui prend alors la relève pour signer ce qui officiellement, est le troisième volet de la franchise. Bien qu'un jeu vidéo portant le nom de SOS fantômes, le jeu vidéo sorti en 2009 sur la console de salon Playstation ait été longtemps considéré comme la suite officielle des deux longs-métrages d'Ivan Reitman (Harold Ramis et Dan Akroyd ayant été les auteurs du script), SOS fantômes : l'héritage reprend certains éléments de l'histoire qui mettait à l'époque le joueur dans la peau d'un nouveau membre de l'équipe des Ghostbusters. Dans les nouvelles aventures de nos chasseurs de fantômes est ''bannie'' la ville de New York puisque l'action se déroule désormais dans la petite ville de Summerville où vivait encore jusqu'ici Egon Spengler (à l'époque interprété par Harold Ramis), l'un des personnages centraux de Ghostbusters et sa suite et auquel ce nouveau volet est déjà un hommage appuyé...


Comme nous l'ont très rapidement fait comprendre les différents teasers et bandes-annonces diffusés avant la sortie du long-métrage sur grand écran, ici, il n'est plus question de mettre en vedette la ville de New York, la densité de sa population ou ses immenses buildings. Désormais, l'intrigue se déroule dans une communauté aux prétentions moindres. Calme et chaleureuse... Calme ? Oui ! Et même parfois un peu trop. À titre d'exemple, on pourrait notamment évoquer cette première course-poursuite en ville entre la nouvelle (et très jeune) équipe de chasseurs de fantômes composée de Trevor (Finn Wolhard), de sa sœur Phoebe (McKenna Grace) ainsi que de leur nouvel ami Podcast (Logan Kim) et le Onionhead ghost (connu chez nous sous le nom de Bouffe-tout), vous savez, ce fantôme gluant et verdâtre du premier film qui depuis a quelque peu changé de couleur pour devenir un peu plus bleuté mais demeure par contre toujours aussi vorace. Lors de cette séquence les spectateurs auront l'occasion de découvrir une petite ville de Summerville déplaisamment vide. Pas ou peu d'habitants dans les rues, à part quelques consommateurs installés au restaurant, dehors, pas âme qui vive. D'où ce très désagréable sentiment que l’action se déroule dans des décors en ''toc'' et non dans une ville authentique bien que le tournage ait eu lieu au Canada dans les communautés de Calgary et Crossfield. Par contre, là où le plaisir demeurera sans doute intact se situera sans doute dans les nombreuses références à l’œuvre originale. Installés dans la demeure poussiéreuse et encombrée d'une myriade d'objets de leur grand-père, Trevor et Phoebe (sans oublier leur mère Callie qu'interprète l'actrice Carrie Coon), découvrent petit à petit l'univers dans lequel vivait Egon Spengler et mettent à jour les uns après les autres, les objets iconiques qui constituaient parmi les éléments fondateurs de la mythologie Ghostbusters. ''PKE Meter'', ''Ecto-Goggles'', ''Ghost Trap'' ainsi que la célèbre Cadillac sont donc à l'honneur dans ce quatrième troisième long-métrage de la franchise...


Comme le seront également les effets-spéciaux qui plutôt que de vouloir absolument faire table rase sur le concept de l'époque reprennent à peu de chose prêt la même recette. Le Onionhead ghost ne sera pas la seule créature à refaire surface puisque l'on aura droit au Bibendum du premier Ghostbusters réduit à l'état d'une multitude de petites figurines mues par une vie propre. Retour également de Gozer, l'incarnation du Mal, et de ses serviteurs. Si SOS fantômes : l'héritage a l'originalité de situer son action dans une petite ville et que le gros du récit s'intéresse avant tout à l'aspect ''découverte'', la dernière partie, elle, ressemble davantage à un hommage/reboot aux événements situés dans le dernier tiers du long-métrage de 1984. Chose promise, chose due : le retour tant promis des vedettes des premier et second films est respecté. En effet, si SOS fantômes : l'héritage laisse une très large place à ses nouveaux personnages, ceux-ci seront rejoint lors de courtes occasions par les docteurs Raymond Stantz et Peter Venkman (Dan Akroyd et Bill Murray), Winston Zeddemore (Ernie Hudson) ainsi que par Dana Barrett (Sigourney Weaver) et Janine Melnitz (Annie Potts). Ne manquent finalement à l'appel que Rick Moranis, lequel se désintéresse totalement de ce nouveau projet ainsi que Harold Ramis, décédé sept an plus tôt mais auquel le film de Jason Reitman rendra malgré tout un hommage appuyé. Si SOS fantômes : l'héritage est amusant (Paul Rudd dans le rôle du professeur Gary Grooberson au discours et aux méthodes parfois ambiguës), plutôt bien enlevé et doté d'effets-spéciaux qui feront le plaisir des fans de l’œuvre originale, le long-métrage ne peut malheureusement pas s'empêcher de plonger dans les travers du revival 80 amorcé il y a quelques années en arrière par la série Stranger Things. Un style visuel et une mise en scène qui créent une sorte d'anachronisme entre l'aspect général et l'époque actuelle dans laquelle se déroule l'intrigue. Gênant ? Pas vraiment. Reste que pour les anciens, Ghostbusters demeurera toujours et à jamais ce film culte qui un jour de décembre 1984 marqua profondément celles et ceux qui le découvrirent en salle...

 

lundi 10 août 2020

Quoi de neuf, Bob ? de Frank Oz (1991) - ★★★★★★★☆☆☆



Richard Dreyfuss est : le docteur Leo Marvin, ce psychologue à l'origine d'un ouvrage qui devrait révolutionner la psychanalyse. Époux d'une femme charmante et père de deux enfants, l'un de ses collaborateurs lui propose de prendre en charge l'un de ses patients. Un certain Bob Wiley qu'interprète Bill Muray, multi-phobique, agoraphobe et angoissé par les maladies. Les deux hommes font connaissance dans le cabinet de Leo juste avant que celui-ci ne parte pour un mois de vacances en famille. Alors que la séance se déroule dans d'excellentes conditions, Bob apprend avec désarroi qu'il devra attendre jusqu'au retour du psychologue pour le consulter à nouveau. Chose qu'il réfute. Dès lors, le patient ne va avoir de cesse que de découvrir où Leo a choisi de passer ses vacances auprès de sa femme Fay, de sa fille Anna et de son fils Sigmund. Une fois l'adresse acquise, Bob se rend sur la propriété de vacances de Leo et s'incruste. Pire (ou mieux), il est très rapidement adopté par la famille du psychologue au point que ce dernier dont le calme légendaire ne lui a encore jamais fait défaut commence à perdre patience. D'autant plus que Leo angoisse à l'idée que très bientôt, l'animatrice d'une émission de télévision populaire et son équipe de tournage doivent venir frapper à sa porte pour l'interviewer au sujet de son ouvrage ''Bébé fait un pas''...

Rien que pour le duo Richard Dreyfuss/ Bill Muray, Quoi de neuf, Bob ? offre de bonnes raisons pour que l'on s'y intéresse les yeux fermés. Et au vu du pedigree des deux acteurs, il n'est pas difficile de comprendre qu'il s'agit là d'une comédie américaine pur jus comme les années quatre-vingt ont pu en compter en grand nombre. Que l'on se positionne du côté de l'un ou de l'autre., la réaction sera sensiblement différente. Que le spectateur soit tout acquis à la cause de Leo dont le seul désir est de pouvoir s'échapper de son quotidien de psychologue durant le prochain mois, et le harcèlement dont il sera victime pourra faire gentiment grincer des dents. Par contre, si l'on se positionne du côté de Bob qu'incarne en cabotinant le toujours excellent Bill Murray, là, c'est du pur régal. L'extase de voir l'un des acteurs américains les plus attachants qui soient en faire des tonnes. Ce malade un peu fou, mais surtout très gentil que la famille Wiley (sauf le père bien entendu) va adopter plus vite qu'il n'en faut pour le dire...

Du haut de son statut de comédie américaine, le public français devra bien évidemment s'attendre à ce que le comique ne repose presque exclusivement que sur l'attitude des personnages et non pas sur des dialogues qui ne font jamais dans cette finesse dont nous ont habitué certains dialoguistes français. Quoi de neuf, Bob ? repose sur un concept ultra simple qui consiste en la dépossession gentillette par un doux dingue, de la famille et de la contenance même de celui qui est depuis peu en charge de le soigner. Réalisé par Franc Oz en 1991, auteur légendaire de Dark Crystal en 1982, de La Petite Boutique des Horreurs en 1986 ou bien plus tard de The Score en 2001, Quoi de neuf, Bob ? est absolument jubilatoire et typique des comédies américaines très en vogue à l'époque de sa sortie. Le sous-texte permet d'étudier le comportement du psychologue qui dans le cas présent s'avère parfois totalement rigide face à un Bob qui réconciliera le public avec cette ''folie'' qui parfois fait peur. L'une des idées véritablement brillantes quoi qu'attendue est le revirement de situation concernant le rapport du spécialiste à son patient puisque la confrontation entre les deux hommes révélera toute l'humanité de Bob ainsi que les failles de Leo. Une très bonne surprise pour un duo qui fait des étincelles...

lundi 2 septembre 2019

The Dead don't Die de Jim Jarmusch (2019) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Dernier long-métrage de Jim Jarmusch, The Dead don't Die a fait partie de la sélection du festival de Cannes 2019. Un film de zombies sur la Croisette ? C'est le monde à l'envers diront certains. D'autres penseront certainement que le Festival n'a sans doute pas eu assez de ''cartouches'' pour avoir à proposer un film de genre de ce type, mais en réalité, The Dead don't Die est tout sauf le film d'horreur auquel nous aurions pu nous attendre. Déjà auteur d'un Only Lovers Left Alive consacré au thème des vampire visuellement beau à mourir mais aussi et surtout absolument pénible en terme de rythme en 2014, le cinéaste américain aborde cette fois-ci celui des zombies dans une œuvre qui risque de déplaire à une partie du public dont fait partie votre serviteur... Non pas que l'approche, originale, fut pour beaucoup dans le sentiment de tromperie qui se dégagea de cette expérience proche de l'ennui abyssal, mais d'hommage aux films de zombies et autres morts-vivants (et fort heureusement, merci, pas à ces sprinters d'infectés qui pullulent au cinéma et dont la plupart ont gangrené le genre), The Dead don't Die n'en est pas vraiment pourvu.

Ou alors ceux qui affirment que celui-ci en est un brillant exemple ne connaissent de l’œuvre d'un certain George Romero que son nom car en dehors d'une certaine idée d'une invasion nocturne il est vrai, que l'on pourrait sensiblement rapprocher de celle du chef-d’œuvre The Night of the Living Dead, le long-métrage de Jim Jarmusch est surtout un exercice de style à la limite du contemplatif dans lequel le cinéaste tente d'imprimer une patine humoristique dont l'efficacité reste encore à vérifier. Attiré par un casting exceptionnel où se côtoient au hasard l'immense Bill Murray (arghhh, Un Jour sans Fin ou Mad Dog and Glory pour ne citer qu'eux !!!), Tilda Swinton (remarquable dans le remake de Suspiria), Rosie Perez (la bombe latine de Perdita Durango d'Alex de la Iglesia), le génial Danny L'Arme Fatale Glover, ou encore l'impayable Steve Buscemi (Barton Fink, The Big Lerbowski tous deux réalisés par les Frères Coen) et par l'annonce d'un hommage au cinéma de Romero, The Dead don't Die est en fait un long-métrage relativement ennuyeux. Peut-être pas autant que le chiantissime Only Lovers Left Alive mais quand même. À dire vrai, le dernier film de Jim Jarmusch a plutôt des allures d'un Walking Dead dont les scénaristes auraient écrit un script sous l'influence d'un puissant somnifère que des légendaires Dawn of the Dead ou Day of the Dead de l'immense George Romero.

Bien que le cadre choisi par le cinéaste ait ce petit quelque chose qui donne envie de s'y plonger (un trou perdu au cœur de l'Amérique rurale) et que le scénario lui-même pousse à la curiosité avec cette histoire de Terre sortant de son axe et ayant des répercutions plus qu'étonnantes sur l'environnement, The Dead don't Die est long, long, tellement loooooong ! Et je ne parle là même pas des dialogues qui sous une forme anémique attendent de se télescoper, les acteurs oubliant presque de se répondre en usant de la vigueur des opposants auxquels ils vont bientôt se frotter. L'approche n'est pas neuve mais se joue du rythme qui en pâtit terriblement. Bill Muray n'est que le fantôme de lui-même et tout ce que l'on aime chez lui est évacué en raison d'une direction d'acteur qui tend à ''indifférencier'' morts et vivants dans une ville où la vie tourne au ralenti. Vingt ans après son sublime Ghost Dog: la Voie du Samourai, Jim Jarmusch tend à produire une œuvre pépère, un furoncle qui n'arrive qu'à survoler un genre qui n'avait très certainement pas besoin de ça. À vrai dire, l'un des seuls atouts de The Dead don't Die demeure dans l'engouement qu'il pourra éventuellement susciter chez ceux qui ne connaissent pas encore les monuments que sont les trois premiers volets de la saga des morts-vivants de George Romero. Au final, un film pour retraités, léthargique, peu amusant (pour ne pas dire pas du tout), et des interprètes abandonnés à leur triste sort. Si vous voulez découvrir Bill Murray dans un film de zombies autrement plus réussi, je vous conseille Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleischer sorti il y a dix ans. Une œuvre autrement plus convaincante...

mardi 22 janvier 2019

Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleischer (2009) - ★★★★★★★☆☆☆



Encore un film de zombies. Encore ? Pas tout à fait. Car Bienvenue à Zombieland ressemble davantage à un road-movie « avec des zombies dedans » qu'à un véritable film du genre qui pullulent sur les écrans au point d'y générer plus de navets que de vrais bons films. Je ne sais pas si la faute revient au génial Manuel de Survie à l'apocalypse Zombie de Christopher Landon, mais celui de Ruben Fleischer, qui est sorti voilà maintenant dix ans tout rond m'est apparu parfois (mais pas toujours) comme assez fade. Plutôt bien fichu, bourré d'humour et de séquences gore réjouissantes, certes, mais au final, beaucoup moins revigorant que la merveille signée six ans plus tard par le fils de Michael « Charles Ingalls » Landon. Le cinéaste choisit le parti-pris de donner à la voix off de son principal personnage, une part très importante des dialogues. C'est un choix, que l'on peut apprécier ou non. Mais si Columbus, incarné par Jesse Eisenberg, est attachant, cette façon permanente qu'à son personnage, comme celui interprété par Woody Harrelson, de cabotiner peut à la fin, se révéler épuisante.
Le principe finissant pourtant par faire son petit bout de chemin dans la tête du spectateur (qui a comme solution de rechange de quitter la salle), Bienvenue à Zombieland est de ces petites bandes comico-horrifique très réussies, qui ne se prend visiblement pas la tête avec un quelconque scénario puisqu'à part la rencontre des deux hommes avec un duo féminin interprété par Emma Stone et Abigail Breslin, le principe est simple. Allez d'un point A, à un point B, tout en parcourant des terres hostiles peuplées de macchabées particulièrement vigoureux puisque capables d'être aussi vifs que leurs victimes.

Woody Harrelson est savoureux en redneck totalement « addict » de Twinkies, des génoises fourrée à la crème créées au États-Unis dans les années trente du siècle dernier. A la recherche de ces sucreries pour lesquelles il est prêt à prendre tous les risques, c'est au volant de sa voiture et accompagné du jeune Columbus que dans la peau de Tallahassee lui et son nouveau compagnon vont croiser la route de Wichita et Little Rock. Deux gamines plutôt malines qui a deux reprises vont leur voler le véhicule et leur arsenal de fusils, pistolets et mitraillettes jusqu'à ce qu'ils parviennent enfin à s'en faire des amies qu'ils accepteront d'emmener jusqu'au par d'attraction Pacific Playland où, paraît-il, on ne trouve nulle présence de zombies...

Ce que l'on ne trouve pas non plus dans Bienvenue à Zombieland, c'est également la moindre trace, ou presque, d'êtres humains encore vivants. Le seul que le quatuor découvre en chemin, c'est l'acteur Bill Murray qui dans son propre rôle « accueille » dans sa très luxueuse demeure, Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock. L’œuvre de Ruben Fleischer contient un certain nombre de références. Tout d'abord cinématographique puisque l'on découvre notamment dans l'une des rues d'un Los Angeles abandonnée, l'affiche du film 2012 de Roland Emmerich dans lequel jouait déjà la même année Woody Harrelson. Quant à ce même Woody Harrelson, on l'entend jouer un air bien connu des cinéphiles, Dueling Banjos qui n'est autre qu'un air déjà entendu dans l'excellent survival Délivrance que réalisa le cinéaste John Boorman trente-sept ans plus tôt. Le caméo du génial Bill Murray est également l'occasion pour Columbus de faire découvrir dans la salle de cinéma privée de la star, l'un des classiques de sa filmographie, Ghostbusters.
Sanglant (les effets gore sont généreux et convaincants), souvent drôle, mais aussi parfois ennuyeux (certaines séquences auraient mérité d'être raccourcies) Bienvenue à Zombieland n'est peut-être pas le long-métrage du siècle, ni même le film de zombie des années 2000 (Manuel de Survie à l'apocalypse Zombie lui est, je trouve, infiniment supérieur), mais il réussit le pari de mêler l'horreur à une forme de spectacle qui prend son essence dans les parcs d'attraction. Un train-fantômes à ciel ouvert...

lundi 11 février 2013

S.O.S Fantômes de Ivan Reitman (1984)


A new-York c'est le branle-bas de combat. Les fantômes ont envahit la ville. La bibliothèque nationale, Les plus grands hôtels et les rues elles-mêmes de la ville sont les témoins d'apparitions d'ectoplasmes particulièrement virulents. Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spenger sont renvoyés de l'université dans laquelle il effectuent des recherches sur la parapsychologie. Passionnés par tout ce qui touche aux fantômes, ils décident d'ouvrir une entreprise spécialisée dans la recherche, la capture et la conservation des ectoplasmes. Et autant dire qu'ils vont avoir du pain sur la planche.
Rejoints bientôt par leur nouveau coéquipier Winston Zeddemore, ils écument les rues de la ville jusqu'à ce qu'il reçoivent la visite de Dana Barrett, jeune violoniste témoin d'étranges évènements survenus dans la cuisine de son appartement. Vivant à proximité de son encombrant voisin Louis Tully, elle découvre en effet que la porte du réfrigérateur donne sur un monde parallèle dirigé par le dieu sumérien Gozer. La jeune femme arrive dans les locaux de S.O.S FANTOMES et fait la connaissance de Peter qui accepte de l'accompagner jusqu'à son appartement. Lorsque celui commence ses investigations dans la cuisine, il ne constate rien d'anormal. Il reçoit ensuite la visite de Walter Peck, membre de la commission de production de l'environnement au bureau de New-York, qui aimerait savoir qu'elles pourraient être les retombées d'un point de vue environnemental, concernant les activités du quatuor. Refusant de faire visiter à l'homme les locaux de S.O.S FANTOMES, celui-ci menace alors Peter de lui envoyer une commission rogatoire.

Dans la soirée, deux immenses gargouilles trônant sur la terrasse de l'immeuble où vit Dana donnent vie à deux féroces colosses qui se mettent alors en chasse afin de mettre la main sur Louis. Lors d'une réception donnée par celui-ci, il est poursuivi par l'une des créatures jusqu'à Central Park. Peter s'invite chez Dana, qui, lorsque s'ouvre la porte de son appartement, demande au professeur s'il est le Maître des Clés. Un maitre qui se trouve être Louis, le voisin de Dana...

Les esprits et le septième art vivent une véritable histoire d'amour depuis près d'un siècle. S'il est souvent arrivé aux fantômes d'être discrets, tout juste suggérés à travers une ombre ou bien même un bruit, c'est bien grâce aux progrès en matière d'effets-spéciaux que les scénaristes ont ensuite pu laisser libre cours à leur imagination. Le plus souvent introduits dans des œuvres macabres fleurtant avec l'épouvante (La Maison Du Diable, La Sentinelle Des Maudits, The Changeling), Il faudra attendre l'année 1982 et l'arrivée de Steven Spielberg et Tobe Hooper pour découvrir enfin des œuvres grand public. Bien que leur Poltergeist baigne parfois dans l'horreur pure, les moyens mis en œuvre sur ce projet démontrent une volonté de leur part d'ouvrir le thème à un plus large public. Ce que fera donc la même année Ivan Reitman avec son Ghostbuster, dans une véritable explosion d'effets-spéciaux où ectoplasmes, fantômes, et autres apparitions s'en donnent à cœur joie.

L'idée de confronter des fantômes à des exterminateur fut créée par Dan Aykroyd et John Belushi. Mais la mort de ce dernier changea les plans et il fut remplacé par l'excellent Bill Murray. L'histoire elle-même (Aykroyd étant alors épaulé par Harold Ramis qui rejoint le groupe) fut modifiée puisque au départ l'équipe de SOS Fantômes devait voyager à travers le temps et l'espace. Ivan Reitman situe donc ses personnages à notre époque et dans la ville de New-York. On y découvre des ectoplasmes étonnants, tout droit sortis d'un dessin animé imaginaire. L'humour prime sur l'effroi qui, il faut l'avouer, est absent du film. Ce qui ne diminue pas l'intérêt de l'œuvre tant le rythme, l'interprétation et l'humour emportent tout sur leur passage. On remarque également la présence de Sigourney Weaver dans le rôle de Dana. Elle qui eut la force de vaincre le belliqueux Alien de Ridley Scott, elle apporte au film une touche essentielle de féminité. Les effets-spéciaux sont pour l'époque, ce qui se fait de mieux.. Ils sont l'œuvre de la société Entertainment Effects Group, et tout particulièrement de Richard Edlund. Ghostbuster se veut tout d'abord un film grand public. Le film fut un tel succès qu'il inspira toute une série de jeux vidéos ainsi qu'une première suite sortie cinq ans plus tard en 1989, toujours réalisée par Ivan Reitman et sobrement intitulée Ghostbuster2. Depuis quelques temps maintenant est annoncé un projet intitulé Ghostbuster3, mais sans Bill Murray. Reitman est toujours aux commandes et Aykroyd, Ramis, Hudson, Moranis et la resplendissante Sigourney Weaver sont toujours présents, accompagnés cette fois-ci de nouveaux combattants.

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