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lundi 10 août 2020

Quoi de neuf, Bob ? de Frank Oz (1991) - ★★★★★★★☆☆☆



Richard Dreyfuss est : le docteur Leo Marvin, ce psychologue à l'origine d'un ouvrage qui devrait révolutionner la psychanalyse. Époux d'une femme charmante et père de deux enfants, l'un de ses collaborateurs lui propose de prendre en charge l'un de ses patients. Un certain Bob Wiley qu'interprète Bill Muray, multi-phobique, agoraphobe et angoissé par les maladies. Les deux hommes font connaissance dans le cabinet de Leo juste avant que celui-ci ne parte pour un mois de vacances en famille. Alors que la séance se déroule dans d'excellentes conditions, Bob apprend avec désarroi qu'il devra attendre jusqu'au retour du psychologue pour le consulter à nouveau. Chose qu'il réfute. Dès lors, le patient ne va avoir de cesse que de découvrir où Leo a choisi de passer ses vacances auprès de sa femme Fay, de sa fille Anna et de son fils Sigmund. Une fois l'adresse acquise, Bob se rend sur la propriété de vacances de Leo et s'incruste. Pire (ou mieux), il est très rapidement adopté par la famille du psychologue au point que ce dernier dont le calme légendaire ne lui a encore jamais fait défaut commence à perdre patience. D'autant plus que Leo angoisse à l'idée que très bientôt, l'animatrice d'une émission de télévision populaire et son équipe de tournage doivent venir frapper à sa porte pour l'interviewer au sujet de son ouvrage ''Bébé fait un pas''...

Rien que pour le duo Richard Dreyfuss/ Bill Muray, Quoi de neuf, Bob ? offre de bonnes raisons pour que l'on s'y intéresse les yeux fermés. Et au vu du pedigree des deux acteurs, il n'est pas difficile de comprendre qu'il s'agit là d'une comédie américaine pur jus comme les années quatre-vingt ont pu en compter en grand nombre. Que l'on se positionne du côté de l'un ou de l'autre., la réaction sera sensiblement différente. Que le spectateur soit tout acquis à la cause de Leo dont le seul désir est de pouvoir s'échapper de son quotidien de psychologue durant le prochain mois, et le harcèlement dont il sera victime pourra faire gentiment grincer des dents. Par contre, si l'on se positionne du côté de Bob qu'incarne en cabotinant le toujours excellent Bill Murray, là, c'est du pur régal. L'extase de voir l'un des acteurs américains les plus attachants qui soient en faire des tonnes. Ce malade un peu fou, mais surtout très gentil que la famille Wiley (sauf le père bien entendu) va adopter plus vite qu'il n'en faut pour le dire...

Du haut de son statut de comédie américaine, le public français devra bien évidemment s'attendre à ce que le comique ne repose presque exclusivement que sur l'attitude des personnages et non pas sur des dialogues qui ne font jamais dans cette finesse dont nous ont habitué certains dialoguistes français. Quoi de neuf, Bob ? repose sur un concept ultra simple qui consiste en la dépossession gentillette par un doux dingue, de la famille et de la contenance même de celui qui est depuis peu en charge de le soigner. Réalisé par Franc Oz en 1991, auteur légendaire de Dark Crystal en 1982, de La Petite Boutique des Horreurs en 1986 ou bien plus tard de The Score en 2001, Quoi de neuf, Bob ? est absolument jubilatoire et typique des comédies américaines très en vogue à l'époque de sa sortie. Le sous-texte permet d'étudier le comportement du psychologue qui dans le cas présent s'avère parfois totalement rigide face à un Bob qui réconciliera le public avec cette ''folie'' qui parfois fait peur. L'une des idées véritablement brillantes quoi qu'attendue est le revirement de situation concernant le rapport du spécialiste à son patient puisque la confrontation entre les deux hommes révélera toute l'humanité de Bob ainsi que les failles de Leo. Une très bonne surprise pour un duo qui fait des étincelles...

lundi 16 mars 2020

Piranha 3D d'Alexandre Aja (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆



Alexandre Aja, fils du réalisateur français Alexandre Arcady et auteur en 2003 d'un Haute Tension qui a semble-t-il laissé un excellent souvenir chez les amateurs de films d'horreur fait partie de ces artisans capable de redonner ses lettres de noblesse à un genre qui tourne souvent en rond. Pourtant, c'est rarement en faisant preuve d'imagination que le français exporté aux États-Unis a bâtit sa carrière et sa réputation puisqu'une partie de son œuvre s'inspire de longs-métrages ayant eux-même connu un certain succès à l'époque de leur sortie sur grand écran. La Colline a des Yeux (The Hills Have Eyes) sort en 2006 et n'est autre que le remake du film éponyme réalisé vingt-neuf ans auparavant par Wes Craven. Quand à Piranha 3D, il s'agit de celui du classique que Joe Dante réalisa en 1978, lequel n'était encore à l'époque qu'en deux dimensions. Alexandre Aja réalise un remake librement inspiré de l’œuvre originale mais propose par contre un long-métrage beaucoup plus démonstratif en matière d'horreur.

Se situant dans un contexte très particulier puisque se déroulant lors du fameux Spring Break qui se déroule chaque année aux États-Unis, le film peut avoir différentes conséquences sur le spectateur. Soit le film obtient son approbation, soit celui-ci l'accueille froidement. Il faut dire que cette période de vacances normalement consacrée aux révisions a depuis ses origines muté pour devenir un rassemblement durant lequel le sexe et l'alcool ont remplacé les livres scolaires. Autant dire que le choix d'Alexandre Aja de planter le décor dans un tel contexte aura de quoi énerver une certaine catégorie de spectateurs, de ceux qui acceptent mal que soient mis en avant des personnages sans une once de relief, adeptes de parties fines sous-marines, de bière ou d'alcools forts. En réalité, tout le ''génie'' du cinéaste et du scénario de Sage Ryan et Peter Goldfinger repose justement sur ce choix.

En convoquant des centaines de jeunes hommes et de jeunes femmes tous à peine vêtus, dansant sur une soupe infecte, éructant des dialogues insipides et baisant en mode ''poissons'', Alexandre Aja signe un défouloir qui convaincra les plus réfractaires d'assister au spectacle jusqu'au bout. Et ce, même si certaines séquences inutiles et trop bavardes viennent gripper la machinerie. Au menu de nos charmantes petites bêtes à dents très acérées, de très graphiques scènes gore, parfois confuses mais aussi à certaines occasions, particulièrement dégueulasses. Les Piranhas du titre dévorent en groupes nos étudiants inconscients pour le bonheur de spectateurs venus chercher leur comptant de viande fraîche. On appréciera plus ou moins l'humour potache délivré par des dialogues lourdingues pour se désaltérer des centaines de litres de sang qui apparaissent à l'écran. Parmi les interprètes, on reconnaîtra la toujours aussi charmante Elisabeth Shue (Karaté Kid de John G. Avildsen, Leaving Las Vegas de Mike Figgis), Jerry O'Connell (surtout connu chez nous pour son rôle de Quinn Mallory dans l'excellente série de science-fiction Sliders : les Mondes Parallèles) ou encore Christopher Lloyd (Vol au-dessus d'un nid de coucou de Miloš Forman, Retour vers le futur 1,2 et 3 de Robert Zemeckis). Alexandre Aja offre même le rôle de la première victime des Piranhas à l'acteur Richard Dreyfuss. Une forme d'hommage à l'un des principaux interprètes des Dents de la Mer de Steven Spielberg en 1975. Aussi débile que jouissif à certaines occasions, Piranha 3D se regarde sans déplaisir mais n'est absolument pas inoubliable...
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