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samedi 31 janvier 2026

I Am Not A Serial Killer de Billy O’Brien (2016)



John Wayne Cleaver est un adolescent presque comme tous les autres. PRESQUE car il vit dans une demeure dont l'une des pièce sert à sa mère de salle d'autopsie. PRESQUE parce qu'il consulte un psychiatre en raison de troubles comportementaux particulièrement inquiétants. En effet, John est un sociopathe qui n'a comme seul ami qu'un camarade de classe. Une amitié fabriquée de toute pièce et qui lui donne l'impression d'être comme tous ceux de son âge. La petite ville du Midwest dans laquelle il vit est le théâtre d'une série de meurtres particulièrement horribles.
Alors que John prend sur lui pour que ses pulsions ne prennent jamais le dessus, il s'intéresse de très près à l'un de ses voisins : Bill, un vieil homme âgé de soixante-dix neuf ans qu'il surprend un jour en train de commettre un meurtre. Mais plutôt que d'alerter la police, l'adolescent traque jour et nuit le vieil homme, allant jusqu'à laisser sur le pare-brise de son véhicule un mot dans lequel il lui écrit savoir qui il est...

Avec sa très belle affiche digne des meilleures œuvres indépendantes du festival de Sundance, I Am Not A Serial Killer a de quoi attiser la curiosité. Tout comme son titre d'ailleurs qui contrairement à la majorité des cas, laisse entendre que le héros central du film n'est pas l'un de ces tueurs en série qui encombrent le septième art. En réalité, tout tient dans le titre de ce film signé du réalisateur irlandais Billy O’Brien qui signait déjà deux ans plus tôt Scintilla, une œuvre de science-fiction. Si I Am Not A Serial Killer emprunte en partie au genre, il s'agit avant tout d'un thriller au cœur duquel un adolescent mène une enquête personnelle sur un homme dont il soupçonne d'être le tueur en série qui sévit en ville. L'originalité du scénario provient du fait que le héros est lui-même détenteur de pulsions meurtrières qu'il parvient à réprimer. Le personnage qu'interprète le jeune acteur Max Record est tiraillé entre le désir de stopper les agissements du tueur et la fascination qu'exerce ce dernier sur lui.

Face à lui, on retrouve l'acteur Christopher Lloyd (l'un des patients de Vol au Dessus d'un Nid de Coucou et le Dr Emmett Lathrop Brown de la trilogie Retour Vers le Futur). Il s'agit ici du seul cas (à moins que je ne me trompe) de tueur en série approchant les quatre-vingt ans. Alors que John Wayne Cleaver sent chez lui le potentiel de devenir un tueur en série prendre de plus en plus de place dans sa vie, il est attiré par le tueur qui sévit. Par ce dernier, mais également par ses victimes dont la proximité est facilitée par le métier d’embaumeuse de sa mère, lui permettant ainsi d'approcher les cadavres une fois découverts par la police et transportés chez eux afin d'être examinés. I Am Not A Serial Killer n'est pas exempt d'un certain humour, à ,commencer par le nom du jeune héros qui fait directement référence à celui de l'un des plus grands tueurs en série qu'aient connu les États-Unis d'Amérique, le célèbre John Wayne Gacy. Le personnage campé par l'acteur Max Record génère beaucoup plus d'empathie que le Graham Young, adepte des poisons dans l'excellente comédie noire Le Manuel d'un jeune empoisonneur, et retrouver l'acteur Christopher Lloyd dans ce rôle atypique fait plaisir à voir. I Am Not A Serial Killer n'a sans doute rien de commun avec tout ce que vous aurez vu jusqu'à maintenant. Une très belle réussite...

lundi 8 mars 2021

Schizoid de David Paulsen (1980) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Schizoid ou le genre de titre qui fleure bon la petite production horrifique glauque et paranoïaque à la manière d'un Maniac de William Lustig, d'un Pyromaniac (Don't Go in the House) réalisé par Joseph Ellison ou d'un Cauchemars à Daytona Beach signé de Romano Scavolini. Pourtant, le seul véritable rapport entre ces quatre longs-métrages demeure dans le fait qu'ils soient tous sortis à peu de chose près à la même période (une sortie un peu plus tardive pour le quatrième cependant). Question émotion, le film de David Paulsen ne bousculera pas trop les habitudes de ceux qui se sont nourris à des sources horrifiques beaucoup plus prudentes. De ces serial killers totalement barrés que l'on croisait au détour d'une série télévisée policière telle que Starsky et Hutch, laquelle, reconnaissons-le, nous offrit quelques jolis frissons en la matière. À titre d'exemple, quel cinquantenaire a pu oublier le tueur de chauffeurs de taxi interprété par l'effrayant Richard Lynch dans l'épisode Quadrature ou le ''suceur de sang'' incarné par le glaçant John Saxon dans l'épisode Vampirisme ? En fait, peu je suppose. Par contre, moins nombreux seront peut-être ceux en mesure de se souvenir du Klaus Kinski de Schizoid qu'il est un peu trop facile (et donc malhonnête) d'imaginer en tueur en série dans ce qui demeure un petit film d'épouvante somme toute insignifiant...


En multipliant les caractérisations ambiguës de personnages souvent creux, David Paulsen noie le poisson et pousse forcément le spectateur dans la mauvaise direction. Une manière d'aborder la chose de façon tout à fait superficielle puisque manquant cruellement d'imagination. Et si l'on se tient à cette imagination qui fait défaut, sachez qu'elle s'étend au delà du scénario pour nous proposer des meurtres insipides ne faisant preuve d'aucune originalité. Ritualisant l'acte à l'aide d'une paire de ciseau, le tueur de Schizoid ne risque pas de faire de l'ombre mais plutôt du tort à la vague de gialli qui sévissaient déjà depuis un certain nombre d'années en Italie. Car oui, le tueur, ici, arbore une silhouette telle qu'on en rencontrait à l 'époque de la trilogie animale de Dario Argento, l'un des grands maîtres de ce sous-genre typiquement transalpin que le réalisateur originaire des Pays-Bas tente vainement d'imiter. Schizoid, ennuyeux ? Oui, très certainement. Relativement mal interprété également. Klaus Kinski a beau être d'un charisme presque outrancier, on le préfère nettement plus dans les prestigieux costumes de Don Lope de Aguirre ou de Brian Sweeney Fitzgerald, héros de deux chefs-d’œuvre réalisés de main de maître par son congénère allemand Werner Herzog, que dans celui du psychiatre Pieter Fales. Et dont la fille Alison (Donna Wilkes) détournera l'attention du spectateur moins pour sa plastique somme toute quelconque mais toutefois irréprochable que pour son obsession maladive liée au décès de sa chère maman.


Au générique de Schizoid on retrouve dans le rôle féminin principal l'actrice Donna Wilkes, victime non consentante d'un tueur en série qui reçoit en outre des lettres anonymes. La même qui sept ans auparavant insistait lourdement pour que ''l'étranger'' de l'immense classique du western réalisé par Clint Eastwood (L'Homme des Hautes Plaines) la ''viole'' dans une grange. Dans le rôle de Doug, l'époux de l'héroïne, on retrouve l'acteur Craig Wasson qui, si dans le film de David Paulsen ne brille pas par son interprétation, a cependant été retenu par Brian De Palma pour incarner le rôle de Jake dans son formidable Body Double en 1984. Outre ces deux là, les spectateurs reconnaîtront sans doute l'acteur Richard Herd qui interpréta notamment le rôle de Owen Paris dans la série de science-fiction Star Trek – Voyager, Joe Regalbuto, visage bien connu des amateurs de séries qui joua dans la série Tonnerre Mécanique ou dans NCIS et Esprits Criminels mais aussi parfois sur grand écran (Le Contrat de John Irvin en 1986), ou encore Christopher Lloyd, qui deviendra bientôt célèbre dans le monde entier pour son rôle du Dr. Emmett Brown dans la trilogie de Robert Zemeckis Retour vers le Futur, bien qu'il fut avant cela l'un des formidables interprètes de Vol au Dessus d'un Nid de Coucou de Milos Forman. Malgré un casting quelque peu alléchant, cette production Cannon qu'est Schizoid ne bousculera pas les habitudes des amateurs de slashers, gialli et autres petites productions horrifiques. Un film qui s'oublie aussi rapidement qu'il a été vu...

lundi 16 mars 2020

Piranha 3D d'Alexandre Aja (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆



Alexandre Aja, fils du réalisateur français Alexandre Arcady et auteur en 2003 d'un Haute Tension qui a semble-t-il laissé un excellent souvenir chez les amateurs de films d'horreur fait partie de ces artisans capable de redonner ses lettres de noblesse à un genre qui tourne souvent en rond. Pourtant, c'est rarement en faisant preuve d'imagination que le français exporté aux États-Unis a bâtit sa carrière et sa réputation puisqu'une partie de son œuvre s'inspire de longs-métrages ayant eux-même connu un certain succès à l'époque de leur sortie sur grand écran. La Colline a des Yeux (The Hills Have Eyes) sort en 2006 et n'est autre que le remake du film éponyme réalisé vingt-neuf ans auparavant par Wes Craven. Quand à Piranha 3D, il s'agit de celui du classique que Joe Dante réalisa en 1978, lequel n'était encore à l'époque qu'en deux dimensions. Alexandre Aja réalise un remake librement inspiré de l’œuvre originale mais propose par contre un long-métrage beaucoup plus démonstratif en matière d'horreur.

Se situant dans un contexte très particulier puisque se déroulant lors du fameux Spring Break qui se déroule chaque année aux États-Unis, le film peut avoir différentes conséquences sur le spectateur. Soit le film obtient son approbation, soit celui-ci l'accueille froidement. Il faut dire que cette période de vacances normalement consacrée aux révisions a depuis ses origines muté pour devenir un rassemblement durant lequel le sexe et l'alcool ont remplacé les livres scolaires. Autant dire que le choix d'Alexandre Aja de planter le décor dans un tel contexte aura de quoi énerver une certaine catégorie de spectateurs, de ceux qui acceptent mal que soient mis en avant des personnages sans une once de relief, adeptes de parties fines sous-marines, de bière ou d'alcools forts. En réalité, tout le ''génie'' du cinéaste et du scénario de Sage Ryan et Peter Goldfinger repose justement sur ce choix.

En convoquant des centaines de jeunes hommes et de jeunes femmes tous à peine vêtus, dansant sur une soupe infecte, éructant des dialogues insipides et baisant en mode ''poissons'', Alexandre Aja signe un défouloir qui convaincra les plus réfractaires d'assister au spectacle jusqu'au bout. Et ce, même si certaines séquences inutiles et trop bavardes viennent gripper la machinerie. Au menu de nos charmantes petites bêtes à dents très acérées, de très graphiques scènes gore, parfois confuses mais aussi à certaines occasions, particulièrement dégueulasses. Les Piranhas du titre dévorent en groupes nos étudiants inconscients pour le bonheur de spectateurs venus chercher leur comptant de viande fraîche. On appréciera plus ou moins l'humour potache délivré par des dialogues lourdingues pour se désaltérer des centaines de litres de sang qui apparaissent à l'écran. Parmi les interprètes, on reconnaîtra la toujours aussi charmante Elisabeth Shue (Karaté Kid de John G. Avildsen, Leaving Las Vegas de Mike Figgis), Jerry O'Connell (surtout connu chez nous pour son rôle de Quinn Mallory dans l'excellente série de science-fiction Sliders : les Mondes Parallèles) ou encore Christopher Lloyd (Vol au-dessus d'un nid de coucou de Miloš Forman, Retour vers le futur 1,2 et 3 de Robert Zemeckis). Alexandre Aja offre même le rôle de la première victime des Piranhas à l'acteur Richard Dreyfuss. Une forme d'hommage à l'un des principaux interprètes des Dents de la Mer de Steven Spielberg en 1975. Aussi débile que jouissif à certaines occasions, Piranha 3D se regarde sans déplaisir mais n'est absolument pas inoubliable...

mardi 8 octobre 2019

Cold Moon de Griff Furst (2015) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Cold Moon (rien à voir avec l'excellent Lune Froide de et avec Patrick Bouchitey) est l'antépénultième long-métrage de Griff Furst, un cinéaste habitué du petit écran puisqu'il a réalisé davantage de téléfilms que de longs-métrages pour le grand écran. C'est d'ailleurs à se demander si ce film à la drôle d'allure, entre un Twin Peaks sans la force de caractérisation de ses personnages, un quelconque thriller noyé dans la masse des productions du même genre, et de surcroît mâtiné d'une aura fantastique dont le spectateur pourra s'interroger sur son utilité tout au long de la projection, est une franche réussite ou une œuvre oscillant entre tel ou tel genre, le cul entre deux chaise et au final pas si convaincant qu'espéré. Tout comme la Laura Palmer de David Lynch, la jeune Margaret Larkin disparaît après avoir été assassinée par un homme entièrement vêtu de noir et le visage camouflé sous un masque de même couleur. Alors que la famille de l'adolescente de seize ans est dépitée par sa disparition avant d'être totalement anéantie à l'annonce de la découverte de son corps dans une rivière passant sous un petit pont de bois, le shérif Ted Hale mène l'enquête... à son rythme... comme cela semble le cas dans toutes ces petites villes de l'Amérique profonde où il ne se passe rien, ou en tout cas pas grand chose...

Le héros de cette histoire, ce ne sera pourtant pas l'homme de loi incarné par l'acteur Frank Whaley. Ni Jerry Larkin, le frère de la victime, ou leur grand-mère qui connaîtront d'ailleurs tous les deux un sort similaire. Non, le héros de Cold Moon, c'est le tueur lui-même qu'interprète l'acteur Josh Stewart. Et ça n'est pas trahir le suspens omniprésent de l'intrigue que de révéler l'identité du tueur en la personne de Nathan Redfield puisque le réalisateur ne la garde secrète que durant un court moment. Non, en fait, l'une des bonnes surprises de ce long-métrage pas vraiment policier, pas vraiment fantastique non plus mais quand même un peu saupoudré des deux genres (!!!) tient dans la personnalité de l'assassin de la jeune Margaret Larkin. Un individu peu scrupuleux, à la morale douteuse si tant est qu'il en soit quelque peu pourvu. L'intérêt du long-métrage de Griff Furst réside sans doute encore davantage dans cette chasse au coupable surnaturelle, laquelle possède autant de qualités que de défauts.

Si jusqu'à un certain point, les apparitions ''post-mortem'' de la jeune victime, puis plus tard du frangin et de la grand-mère peuvent s'avérer intéressantes (les effets-spéciaux sont plus ou moins convaincants), elles ne s'offrent que la partie congrue d'un récit dont le principal atout est la lente dégradation psychologique dont va être victime Nathan Refield alors victime d'hallucinations visuelles. À ce titre, le voir plonger dans les excès de l'alcool et perdre la tête à mesure que le récit avance permet à Cold Moon de se tirer d'affaire et surtout de s'extraire de la masse de longs-métrages plongeant leur thématique autour des fantômes, esprits et autres revenants. On s'amusera plus ou moins de la très courte apparition de l'acteur-réalisateur Tommy Wiseau (auteur du nanar culte The Room) et surtout de celle du toujours excellent Christopher Lloyd dans le rôle du père de l'assassin. Quant à la mise en scène, certains choix ou directions prises demeurent en suspend. Comment en effet expliquer la séquence durant laquelle Nathan Redfield s'installe derrière une machine à écrire afin d'y taper la fausse lettre de suicide de son père, cette scène demeurant en l'état sans que le réalisateur ne poursuive son récit dans cette voie ? Un choix étrange qui ne sera pas isolé et donne au final à Cold Moon une curieuse allure. Dégagé de son aspect pseudo-fantastique (élément qu'il reste à réévaluer), l’œuvre de Griff Furst aurait pu devenir un formidable long-métrage autour de la paranoïa de son personnage principal (d'autant plus que Josh Stewart y est franchement convaincant). Mais il ne demeure finalement qu'un petit thriller. Sympathique, certes, mais pas inoubliable...

jeudi 3 janvier 2019

Retour vers le Futur 2 de Robert Zemeckis (1989) - ★★★★★★★★☆☆




Après le phénoménal succès rencontré par Retour vers le Futur de Robert Zemeckis en 1985 aux Etats-Unis et dans le monde entier, on aurait pu croire qu'une suite allait être directement mise en chantier. Mais Robert Zemeckis étant retenu sur le tournage de Qui veut la Peau de Roger Rabbit, le film ne verra le jour que quatre ans plus tard en 1989. Le scénario couvrait à l'origine les deux épisodes succédant au premier. Mais comme nous le constaterons à la fin du second volet, la partie se déroulant à l'époque du Far West sera finalement réduite à une partie congrue et ne sera finalement développée que dans le troisième et dernier épisode de la trilogie. Pour l'instant, Robert Zemeckis et Bob Gale développent tout d'abord un second chapitre s'étendant très largement au delà des limites qu'ils s'imposèrent dans le premier. Plus encore qu'un voyage entre les années 1985 et 1955, les scénaristes imaginent faire évoluer Marty McFly et le Doc dans ces mêmes périodes, mais également dans le futur, en 2015. Un futur excentrique qui ouvre les nouvelles aventures de nos très attachants personnages comme le laissait présager la fin du premier volet. Un avenir ni utopique, ni dystopique, mais visionnaire. Avec ses voitures et ses skate-board volant. On y découvre cette fois-ci la progéniture de Marty. C'est d'ailleurs pour permettre à la fille et le fils qu'il aura avec sa petite amie actuelle, Jennifer Parker (désormais interprétée par Elisabeth Shue) que le Doc le presse de l'accompagner jusqu'en 2015. C'est à cette époque très précise qu'un élément perturbateur (un almanach regroupant tous les résultats sportifs de 1950 à l'an 2000) va enrailler la machine et créer un présent, celui de 1985, alternatif.

A ce propos, Robert Zemeckis et Bob Gale imaginent cette fois-ci, une année 1985 dystopique troublante puisqu'à l'opposé d'un futur hyper-bariolé et d'années cinquante chaleureuses et idéalisées. Retour vers le Futur 2 se décompose en quatre actes. Et l'on ne peut pas dire que le premier soit vraiment à la hauteur. Car en caricaturant à outrance ses personnages, le film ne semble plus viser les familles mais le jeune public avant tout. Le cinéaste choisit de reprendre les bonnes idées du premier et de les réutiliser tout en en modifiant certains aspects. On prend les mêmes et on recommence. Mais également, on recommence tout en caricaturant l'ensemble paraît nous expliquer Robert Zemeckis qui dans le premier acte semble prendre un (pas très) malin plaisir à trop caricaturer des personnages qui désormais semblent sortir d'une mauvaise comédie. Mais c'était sans compter sur son génie et celui de Bob Gale qui renverseront par la suite la vapeur en nous plongeant tout d'abord dans une année 1985 alternative et dystopique au climat particulièrement lugubre.

Après cette courte virée dans un présent alternatif dont le Doc nous explique les origines dans une excellente séquence éducative, nos deux héros se retrouvent à nouveau en 1955 au moment très précis où George et Lorraine s'apprêtent à échanger leur premier baiser. LE coup de génie de cette suite. En effet, Robert Zemeckis demande à son équipe technique de retourner à l'identique plusieurs séquences emblématiques se situant lors du bal de fin d'année afin que nos deux héros puissent récupérer l'almanach que Biff a volé dans le futur pour le remettre à son double de 1955, permettant ainsi à ce dernier de faire fortune en pariant sur des matchs dont il possède désormais les résultats à l'avance. Une action dont les dégâts se projetteront dans le présent alternatif présenté dans l'acte suivant. Si Retour vers le Futur 2 est à la hauteur de son prédécesseur, c'est bien évidemment grâce à ce troisième acte qui en terme de mise en scène se révèle en tout point exemplaire. Le spectateur y revit certains des moments-clé du premier volet, mais filmés cette fois-ci sous des angles différents puisqu'un élément qui était absent de l’œuvre originale vient changer l'approche du récit : la présence de Marty en double exemplaire. Celui de ces secondes aventures, mais également celui qui quatre ans plus tôt remonta déjà le temps pour assurer la survie de sa sœur, de son frère, ainsi que de la sienne... Le spectacle est total, avec des dizaines de clins d’œil à Retour vers le Futur premier du nom.

La qualité des effets-spéciaux n'a pas changée et même si on a vu mieux depuis, ils demeurent honnêtes. Crispin Glover ayant refusé de reprendre le rôle de George McFly, c'est l'acteur Jeffrey Weissman qui l'interprète désormais dans cette séquelle. A ce sujet, et afin que le spectateur ne soit pas troublé par ce changement d'acteur, Jeffrey Weissman porte un maquillage à l'effigie de l'ancien interprète lors de la séquence se déroulant en 1955. Tout comme la séquence durant laquelle le personnage de George se déplace à l'envers en 2015 s'explique afin de tromper le public qui ne peut par conséquent identifier l'acteur. Lea Thompson est toujours présente, grimée en une Lorraine plus que jamais alcoolique et nantie d'une très forte poitrine, fruit d'une chirurgie esthétique imposée par son époux... Biff Tanen (toujours incarné par l'excellent Thomas F. Wilson)... !!! Michael J. Fox et Christopher Lloyd sont bien entendu toujours au rendez-vous. Devant l'ampleur du projet initial et du succès rencontré de part le monde, il était inévitable de voir débarquer l'année suivante un troisième volet sobrement intitulé Retour vers le Futur 3 et reprenant l'exposition finale du second se situant en 1885...

mercredi 2 janvier 2019

Retour vers le Futur de Robert Zemeckis (1985) - (Anna et Lolo : ★★★★★★★★☆☆)




Que partagent E.T. L'Extraterrestre, Le Secret de la Pyramide, L'Aventure Intérieure ou encore Sur la Route de Madison et la saga Jurassic Park ? Ces longs-métrages et beaucoup d'autres furent produits par Amblin Entertainment, la société de production américaine qui a été créée par Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Frank Marshall en 1981 et qui est également à l'origine de la saga Retour vers le Futur de Robert Zemeckis. Sixième long-métrage de la société et premier volet de la trilogie initiée par le cinéaste ainsi que par le réalisateur, scénariste et producteur Bob Gale, Retour vers le Futur est véritablement emblématique de la société tirant son nom d'un court-métrage de Steven Spielberg, une entreprise située au Mexique. Dès ses débuts en 1981, les créateurs de Amblin produisent des œuvres à l'attention des familles, qu'il s'agisse d'aventure, de science-fiction, de fantastique ou d'adaptation d’œuvres littéraires historiques (L'Empire du Soleil).

Alors que sans l'appui de Steven Spielberg Retour vers le Futur aurait pu ne jamais voir le jour, le quatrième long-métrage de Robert Zemeckis faillit avoir une allure bien différente. En effet, le personnage de Marty McFly, qui fut pourtant le choix initial du cinéaste, faillit ne pas faire partie de l'aventure, le jeune acteur étant déjà occupé sur le tournage de la série télévisée sacrée Famille. Deux choix s'imposèrent alors à la production, dont un Eric Stoltz ayant impressionné les producteurs pour son interprétation dans le très émouvant Mask de Peter Bogdanovich dans lequel le jeune acteur incarnait Rocky, un gamin atteint de dysplasie craniométaphysaire, une maladie génétique rare. Instable sur le tournage de Retour vers le Futur, Eric Stoltz est remercié et en janvier 1985, Michael J. Fox réapparaît finalement dans le planning. Celle qui devait à l'origine camper sa petite amie sera également remplacée. Aux côtés de Michael J. Fox, le spectateur retrouve l'acteur Christopher Lloyd qui fit forte impression lors de son interprétation dans le chef-d’œuvre de Milos Forman en 1975, Vol au Dessus d'un Nid de Coucou. A redécouvrir Retour vers le Futur aujourd'hui, on se demande d'ailleurs qui aurait pu, mieux que lui, incarner le génial Doc 'Emmett' Brown, cet inventeur de génie à l'origine de la machine à voyager dans le temps qui, initialement, devait être un réfrigérateur et non pas la superbe DeLorean DMC-12 qui sert de modèle au bolide du film qui, arrivé à la vitesse de 88 miles, permet de voyager dans le passé, ainsi que dans le futur comme nous le verrons beaucoup plus tard.

Outre Lea Thompson qui interprète le personnage de Lorraine Baines, la mère de Marty dans les années cinquante (et fruit de nombreuses occasions de sourire lorsque le spectateur la compare avec la Lorraine McFly puritaine des année quatre-vingt), celui qui marque également les esprits, c'est l'acteur Crispin Glover qui dans la peau de George McFly, le père de Marty, est un cas typique de lâcheté. Incapable de se défendre face à un Biff tannen (Thomas F. Wilson) et sa bande de voyous bêtes et méchants, le passage de Marty dans les années cinquante crée un paradoxe temporel qui mettra en péril sa propre existence ainsi que celles de son frère Dave et sa sœur Linda.

Car l'histoire du Retour vers le Futur, c'est celle d'un gamin des années quatre-vingt plongé trente ans plus tôt, à l'époque où ses parents, adolescents s'apprêtent à échanger leur premier baiser. Mais l'arrivée de Marty va bouleverser la donne et mettre en jeu son avenir. L’œuvre de Robert Zemeckis est un délicieux et tendre bout de caramel que l'on ne cesse de prendre du plaisir à voir et revoir. Nous replongeant tout d'abord dans les années FM, puis plus loin encore à l'époque où l'existence du rock'n roll n'avait pas encore été officialisée. Le film est l'occasion d'une multitude d'actes de bravoure (la course-poursuite en skate board dans une ville de Hill Valley fictive retranscrivant parfaitement l'atmosphère idéaliste des années cinquante) et de séquences cultes (on pourrait citer tous les passages opposant Marty McFly au Doc). Les références sont nombreuses (à la série originale Star Trek notamment) et le spectacle permanent. Impossible de s'ennuyer devant un scénario écrit à quatre mains par Robert Zemeckis et Bob Gale qui se penche aussi bien sur le paradoxe temporel créé par la présence de leur jeune héros dans la vie de ses futurs parents que sur la problématique liée à son retour dans les années quatre-vingt. Œuvre familiale par excellence, toutes les réticences évoquées à l'époque par certains qui voyaient d'un mauvais œil l'étonnante relation entre Marty et sa future mère Lorraine sont ainsi balayées. Mêlant comédie est science-fiction, Retour vers le Futur est tout simplement culte. Une œuvre générationnelle comme le furent et le sont d'ailleurs toujours Breakfast Club de John Hugues, Gremlins de Joe Dante, et bien d'autres encore... A noter que la partition musicale est l’œuvre du compositeur Alan Sivestri (dont l'une des créations semble l'avoir inspiré pour le Predator de John McTiernan qu'il mit lui-même en musique deux ans plus tard). Quant à Huey Lewis (et son groupe Huey Lewis and the News), il est à l'origine de deux titres dont le fameux The Power of Love qui ouvre le film est demeure un standard des ondes FM...

vendredi 22 juin 2018

Vol au-Dessus d'un Nid de Coucou de Miloš Forman (1975) - ★★★★★★★★★★



Après avoir réalisé ses trois premiers longs-métrages dans son propre pays, le réalisateur américain d'origine tchécoslovaque Miloš Forman débute une nouvelle carrière aux États-Unis en 1971 avec son premier long-métrage américain, Taking Off que l'on a cru longtemps perdu, et qui n'est sorti sous nos latitudes que trente-neuf ans après sa sortie dans son pays. Entre ce premier essai sur le territoire américain et son deuxième en 1975, quatre années ont passé. Projet datant du milieu des années soixante et initié par Kirk Douglas (repris par la suite par son propre fils Michael), c'est pourtant sur les conseils du producteur Saul Zaentz que Michael Douglas propose à Miloš Forman de lire le roman dont s'inspire le film éponyme One Flew Over the Cuckoo's Nest avant d'en accepter l'adaptation cinématographique. Très enthousiaste, le cinéaste accepte volontiers de réaliser ce qui deviendra chez nous Vol au-Dessus d'un Nid de Coucou, peut-être le plus grand film de son auteur. Une œuvre d'une puissance émotionnelle rare, interprétée par un casting en béton mené par un Jack Nicholson au sommet de son art.
Épaulé par des stars en devenir, l'acteur est entouré d'un Brad Dourif prodigieux dans le rôle du jeune Billy, de Will Sampson dans celui du 'chef' Bromden, de Danny DeVito incarnant Martini, de Christopher Lloyd (futur Dr Emmett « Doc » Brown de la saga Retour vers le Futur) dans la peau de Taber, ou encore de Louise Fletcher dans celui de la froide et intransigeante infirmière Mildred Ratched. Les plus attentifs reconnaîtront également l'acteur noir Scatman Crothers qui cinq ans plus tard donnera une nouvelle fois la réplique à Jack Nicholson dans l'excellent Shining de Stanley Kubrick ou bien Michael Berryman, fameux acteur victime à la naissance du Syndrome de Christ-Siemens-Touraine, connu pour avoir incarné Pluto dans le film culte de Wes Craven, La Colline a des Yeux en 1977.

Décrire Vol au-Dessus d'un Nid de Coucou en quelques mots est un projet ambitieux bien que difficilement soutenable. L’œuvre de Miloš Forman véhicule de nombreuses thématiques dont l’enfermement, l'amitié et le traitement infligé aux malades mentaux ne sont pas des moindres. Le cas qui nous est présenté ici est celui de Randall Patrick McMurphy, qui pour éviter certaines contraintes liées à son incarcération pour viol, accepte d'être le sujet d'une étude visant à déceler chez lui un hypothétique dysfonctionnement cérébral. Loin d'imaginer ce qui l'attend, l'homme va non seulement être confronté à un univers plus rude que prévu, mais surtout à une infirmière en chef particulièrement inflexible. Ici, les contraintes sont différentes. Les journées se ressemblent toutes et sont ponctuées par la musique, la prise de médicaments, la thérapie et des horaires stricts. Guidé par le même instinct que celui du prisonnier qu'il était tout récemment, McMurphy va tenter d'imposer sa vue d'esprit et les habitudes carcérales dont il usait mais qui malheureusement n'ont pas cours dans le service psychiatrique. Entre le nouveau venu et l'infirmière, le courant a bien du mal à passer. Alors que McMurphy bouillonne, Miss ratched, elle, demeure invariablement froide.
Un certain malaise s'instaure. Surtout lorsque sont évoquées ces séances de thérapie dont l'obscénité est révélée à travers les questions indiscrètes d'une Miss Ratched s'acharnant sur des patients dont la situation dans le cadre de leur internement se révélera fort stupéfiante.

Nommées thérapies, ces séances de torture mentale paraissent conforter les malades dans leurs névroses plutôt qu'elles ne les en libère. L'un des cas les plus intéressant demeure dans le portrait de Billy, incarné par l'excellent Brad Dourif, lequel semble avoir un immense soucis d’œdipe avec sa génitrice. Miss Ratched jouant sur la corde sensible du jeune homme, les questions que l'infirmière lui pose tourmentent Billy plus qu'elles ne l'apaisent. Aidées par des chiens de garde parfois si violents dans leurs propos qu'on les croirait en rupture avec toute forme d'empathie pour les patients, Miss Ratched reflète à elle seule cette institution où certains ont volontairement choisi d'être enfermés. Une rigueur maladive, faignant de soigner des patients tout en projetant sur eux ses propres démons, le cinéaste choisi de n'explorer que l'histoire de ses patients et non pas celle de la femme dont le métier et de les libérer de leurs démons.

Le personnage incarné par Jack Nicholson fait le tour de ses co-détenus un peu étranges. S'offusquant pour de menus détails, et vouant peu à peu pour ce personnage du milieu psychiatrique sensiblement atypique, une véritable fascination. Finalement, celui qui pourrait les libérer de l'emprise de la folie dont ils se sont persuadés être prisonniers. Chose que ne peut bien évidemment pas accepter l'infirmière Ratched. En détaillant chacun des patients de l'étage, du moins ceux dont la présence se révèle concrète (les autres demeurant remisés au fond de la salle et n'étant que subrepticement filmés), Miloš Forman fait le tour de la question de la folie. Du moins, de la manière la plus subjective possible car le film ne s'intéresse pas aux cas les plus critiques de la psychiatrie (la schizophrénie n'est par exemple, pas abordée) mais préfère se pencher sur les rapports humains entre individus ici, supposés de même condition. Vol au-Dessus d'un Nid de Coucou est une œuvre bouleversante, émaillées de scènes tour à tour drôles, rageantes ou émouvantes. Après l'avoir vu, qui pourrait oublier cet éternel fatigué qu'est Bancini (Josip Elic), ce jeune et touchant bègue interprété par Brad Dourif, ce grand chef indien, sourd, muet, et fort comme un roc, cette infirmière en chef insupportable, ou tout simplement McMurphy, ce criminel, au fond, beaucoup plus humain que l'institution chargée de ses soins... ? Un chef-d’œuvre incontournable qui remporta cinq Oscars en 1976 dont ceux du meilleur réalisateur pour Miloš Forman, du meilleur acteur pour Jack Nicholson (un prix qui aurait pu être également décerné à Brad Dourif, Danny De Vito, etc...), et de la meilleure actrice, évidemment décerné à l'incroyable Louise Fletcher. Un monument du septième art à redécouvrir de toute urgence...
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