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mardi 11 juin 2024

Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers de Joe Chappelle (1995) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

J'évoquais dans le précédent article consacré à Halloween 5 : La Vengeance de Michael Myers la grande médiocrité du cinquième opus de la franchise Halloween commis par le réalisateur suisse Dominique Othenin-Girard. C'était bien entendu sans avoir vu le sixième, intitulé Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers et réalisé par un certain Joe Chappelle, auteur l'année suivante du quatrième volet de la saga Hellraiser et qui en cette année 1995 allait signer cette improbable séquelle située une nouvelle fois à Haddonfield. Comment envisager ou deviner que ce réalisateur d'origine américaine allait pousser le curseur de la médiocrité dans ses derniers retranchements ? C'est donc désormais chose faite. Cependant, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers n'est pas tout à fait dénué de tout intérêt. Car si la mise en scène, le scénario et l'interprétation s'avèrent généralement piteux, il demeure quelques détails fort intéressants qu'il ne faudrait surtout pas passer sous silence. Car dans cette nouvelle aventure de Michael Myers, il est fondamental de prendre en considération certains choix faits par le réalisateur ainsi que par le scénariste Daniel Farrands. Comme celui de réintégrer l'un des personnages emblématiques de la franchise qui avait disparu depuis l’œuvre originale de 1978. Passons sur la ridicule introduction d'une secte de type religieuse pour nous concentrer sur ce personnage qui plus de dix ans auparavant était donc apparu très jeune à l'écran, au contact de Laurie Strode, l'héroïne du long-métrage réalisé alors par John Carpenter, laquelle était en charge de le garder tandis que le gamin s'était laissé persuadé par plusieurs de ses camarades qu'il était poursuivi par le célèbre croquemitaine. Apparaissant sous forme d'archives vidéos dans le second volet de la franchise, Tommy (alors incarné par l'acteur Brian Andrews) disparu des radars pour ne réapparaître finalement que dans ce sixième opus sous les traits de l'acteur Paul Rudd. Depuis devenu adulte, son obsession pour les événements survenus deux décennies auparavant et pour le tueur en particulier l'ont poussé à collectionner de manière compulsive tout document se référant à la tragédie et aux individus qui furent au centre de l'affaire. Dans ce sixième volet, la jeune héroïne Jamie Lloyd désormais interprétée par l'actrice J.C. Brandy ne fera pas long feu puisqu'elle sera rapidement assassinée par son oncle dans une grange. Sa mère étant prétendument décédée deux épisodes plus tôt dans un grave accident de voiture, il fallait bien donner du grain à moudre à Michael Myers en créant une fois encore un nouveau rejeton à la famille Strode en la personne de Steven, prénom donné par Tommy qui le découvrira planqué dans une armoire (!!!).


Désormais incarné par l'acteur A. Michael Lerner, le personnage du Boogeyman est au centre d'une polémique relativement brûlante et qui change selon le point de vue des producteurs et du réalisateur ainsi que celui de la version proposée. Pour bien comprendre la chose, il faut remonter au début de ce sixième chapitre lors duquel Jamie Lloyd met au monde un bébé. Considérée disparue au même titre que Michael Myers à la toute fin du précédent volet, la voici entre les mains de curieux individus encapuchonnés qui attendaient apparemment jusque là la naissance du fils de la jeune femme. Un culte druidique dont fait partie le mystérieux homme vêtu de noir qui à la toute fin de Halloween 5 : La Vengeance de Michael Myers avait aidé Michael Myers à s'échapper et avait enlevé Jamie. Le projet de cette folle et obscure organisation étant apparemment de sacrifier l'enfant de la jeune femme. Celle-ci parvenant à prendre la fuite pour se diriger vers Haddonfield, une question se pose alors : qui est le père de l'enfant ? C'est là que repose toute l’ambiguïté de cet épisode fort médiocre (et je reste poli). Car si officiellement celui-ci fut conçu in vitro à partir du sperme de Michael Myers (amusant si l'on considère dans quelles conditions sa semence a pu lui être prélevée), les producteurs envisagèrent une formule nettement plus... ''sale''. En clair, Michael aurait couché avec sa nièce qui de surcroît n'était âgée que de quinze ans !!! Imaginons un seul instant que le film soit sorti en 2024 avec l'idée très précise d'une adolescente violée par l'un des membres de sa propre famille... Hein ? Non, je l'avoue ça ne l'aurait pas vraiment fait... Quoique... Pour le reste, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers est dans cette version 'théâtrale'' de quatre-vingt huit minutes d'une indigence presque totale. Dans laquelle, le scénario, peu aidé par un montage anarchique, est totalement incohérent. En cause, la coupe nette et franche d'un certain nombre de séquences impactant directement le réalisateur qui la voulait ainsi. Laissant en outre un très désagréable arrière-goût dans la bouche lorsque l'on sait qu'il s'agissait là de l'antépénultième apparition de l'acteur Donald Pleasence sur grand écran, lequel allait nous quitter sept mois avant que le film ne sorte sur le territoire américain tandis que Joe Chappelle allait s'amuser à expurger le film d'un certain nombre de séquences mettant en scène le docteur Samuel Loomis... Disparition du joli minois de Danielle Harris qui incarnait Jamie dans les deux précédents épisodes et apparition du visage très concrètement disgracieux de ce pauvre Devin Gardner qui incarne le tout jeune Danny Strode. Il est presque fascinant de constater à quel point le film est perclus de protagonistes peu à même d'engendrer l'empathie. Bref, comme vous l'aurez compris, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers demeurera comme le pire segment de la franchise...



 

dimanche 28 avril 2024

Ghosbusters : Frozen Empire de Gil Kenan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ghostbusters, c'est au départ deux films cultes réalisés par Ivan Reitman en 1984 et 1989. Enfin, surtout le premier puisque le second demeure légèrement inférieur. Manque d'inspiration ou opportunisme oblige, il fallait bien qu'un jour quelqu'un s'empare de la franchise pour signer un reboot. Ce fut chose faite avec le 100% féministe Ghostbusters: Answer the Call en 2016. Signé par Paul Feig et principalement interprété par les actrices Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones, le long-métrage n'est pas aussi honteux que certains voudraient le laisser croire mais comparé à l'original, le film demeure pourtant bien faible. Son gros point noir : un humour qui ne fait jamais mouche et des protagonistes franchement peu attachants. Ghostbusters: Answer the Call aurait très bien pu signifier la mort de la franchise jusqu'à ce qu'en 2021 débarque sur les écrans Ghostbusters: Afterlife de Jason Reitman, le propre fils d'Ivan Reitman, lequel allait avec ce quatrième long-métrage réhabiliter une saga devenue un peu trop woke à mon goût. Le fan-service étant assuré par la présence à l'image de Bill Murray dans le rôle du Docteur Peter Venkman, de Dan Akroyd dans celui du Docteur Raymond Stantz ou celle d'Ernie Hudson dans la peau Winston Zeddemore, il était tout à fait envisageable de les retrouver dans une nouvelle aventure en 2024. Si lors des précédentes aventures de nos chasseurs de fantômes nos trois héros furent quelque peu éclipsés par la présence à l'écran des tout jeunes Mckenna Grace et Finn Wolfhard dans les rôles de Phoebe et Trevor Spengler ainsi que celles de Carrie Coon et Paul Rudd dans ceux de leurs parents Callie et Gary, Ghosbusters: Frozen Empire va remettre un peu d'ordre avec cette nouvelle mouture dans laquelle le réalisateur israélo-britannico-américain Gil Kenan offrira ne serait-ce qu'à Dan Akroyd un rôle un peu plus important. Pour les spectateurs, les nouvelles aventures de la famille Spengler dont les membres sont donc devenus des experts dans le domaine de la chasse aux fantômes commence il y a un certain temps lorsqu'est révélé un court teaser, suivi il y a quelques mois d'une bande-annonce franchement incitative. L'on y découvre un phénomène d'ampleur cataclysmique qui, étrangement, évoque tout d'abord davantage un hypothétique film catastrophe qu'une comédie fantastique. Quelques plans post-apocalyptiques à la Terminator 2 et sa célèbre scène d'aire de jeux (ici remplacée par une plage) sur fond de Cruel Summer du groupe de pop féminin Bananarama histoire de bien ancrer le récit dans les années quatre-vingt même si l'on sait pertinemment que le récit se déroulera en priorité dans le présent.


À dire vrai, à part quelques images d'archives prélevées au premier Ghostbusters, le seul retour en arrière s'effectuera bien avant la naissance de notre célèbre équipe de chasseurs de fantômes puisqu'en ouverture, le film remonte jusqu'en 1904, date à laquelle une brigade de pompiers new-yorkaise va être confrontée à un phénomène inexplicable lié à une étrange sphère sur laquelle sont inscrits des dizaines de glyphes et qui depuis est devenue la propriété d'un immigré d'origine pakistanaise du nom de Nadeem Razmaadi (l'acteur Kumail Nanjiani). On s'en doute, l'objet aura son importance une fois le récit prenant comme décors le New York de 2024. Habitué aux rôles d'antagonistes (les deux premiers volets de la franchise Die Hard), l'acteur William Atherton reprend le rôle du maire Walter Peck qui avait disparu des radars lors des autres volets de la saga et qui malgré les quarante années passées n'a fondamentalement pas changé. Ni de caractère, ni d'apparence puisque parmi les interprètes de la vieille garde, il demeure le mieux conservé physiquement ! Les deux jeunes acteurs, en pleine période de croissance, ont par contre changé de physionomie. Surtout Mckenna Grace dont le personnage de Phoebe Spengler a désormais seize ans. Reprenant le cycle des événements avec à la clé un hommage très appuyé aux héros de jadis, Ghosbusters: Frozen Empire n'est par contre pas aussi passionnant que pouvait le laisser croire la bande-annonce. Ôtés les chasseurs de fantômes, le film ne conserve de la franchise que quelques résidus que seuls les objets renvoyant à sa mythologie parviennent encore à raccrocher au wagon des premiers volets. Le film est surtout très bavard. Trop même. Des lignes de dialogues interminables durant lesquelles, bien évidemment, il ne se passe pas grand chose. Quelques sous-textes comme la jeunesse de Phoebe lui interdisant de participer à la chasse aux fantômes demeurent un peu cheap. Ou comme la présence de Melody (l'actrice Emily Alyn Lind) qu'elle rencontre alors qu'elle joue seule aux échecs.Une amitié naît alors entre les deux adolescentes et d'où découlera une séquence dont l'absurdité reléguera cet épisode à l'état d'intrigue encore plus fantasmagorique qu'elle ne l'était jusqu'à maintenant. À dix minutes près, le film aligne les deux heures de récit alors qu'il aurait sans doute mérité d'être un peu plus concentré et de faire appel à un peu moins de personnages et de séquences secondaires. Durant presque une heure et trente minutes, Ghosbusters: Frozen Empire ne propose que quelques sporadiques événements surnaturels avant que l'action ne s'accélère durant la dernière demi-heure. Ceux qui ne se seront alors endormis durant la projection pourront enfin profiter d'effets-spéciaux essentiellement basés sur le froid et la glaciation. Quelques passage, très courts, qui malheureusement ne suffiront pas à faire de Ghosbusters: Frozen Empire, le digne descendant de ses plus lointains ancêtres...

 

dimanche 10 novembre 2019

Mute de Duncan Jones (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆



L'intrigue de cette exclusivité Netflix se déroule à Berlin, en 2052, dans un univers proche de celui de Blade Runner de Ridley Scott. C'est dans un contexte oppressant que travail Léo Beiler (l'acteur suédois Alexander Skarsgård), un solide gaillard atteint de mutisme, barman de nuit dans une boite de l'Allemagne de l'Est se confrontant sans cesse à l'Allemagne de l'Ouest. Des hommes et des femmes cherchent à tout prix à quitter le pays. Mais pour cela, il leur faut des papiers et une autorisation. L'immigrée Naadirah (l'actrice Seyneb Saleh) est la petite amie de Léo. Elle aussi travaille de nuit dans le même bar que son compagnon. Serveuse, elle rencontre un soir des soucis avec deux clients un peu trop zélés. En se mêlant à l'affaire qui oppose Naadirah et ces deux clients, Léo perd son emploi après avoir agressé l'un d'eux... et la trace de sa petite amie qui disparaît subitement. Enquêtant de son côté, Léo croise bon nombre d'individus extrêmement louches dont le chirurgien américain Cactus Bill, lequel semble avoir un lien avec la disparition de Naadirah. Prenant des risques encensés en évoluant dans un monde particulièrement violent, Léo fera tout pour retrouver celle qu'il aime...

Dire que Mute est sombre est un euphémisme. Mélange de science-fiction dystopique et de néo-noir, ce long-métrage signé du réalisateur britannique Duncan Jones, notamment auteur de Moon en 2009 et de Source Code deux ans plus tard s'attarde une fois de plus vers le genre qu'il semble tout particulièrement apprécier. Dix ans après avoir ''envoyé'' le héros de Moon sur la Lune pour une mission en solitaire, Duncan Jones et le scénariste Michael Robert Johnson imaginent un univers au contraire, beaucoup plus vivant. Du moins, terriblement surchargé en terme de population et en terme d'architecture. Après avoir passé plus de quinze années à concevoir son récit, Duncan Jones livre un long-métrage qui n'est sans doute pas aussi ambitieux que l'aurait désiré son auteur, considérant alors Mute comme l’œuvre de toute une vie. Si à l'image, le visuel demeure tout à fait satisfaisant, le scénario, lui, paraît être fait de bric et de broc, le réalisateur dispersant l'intrigue entre divers personnages, oubliant même pendant un certain temps son héros pour se concentrer sur les quelques antagonistes parmi lesquels le gratiné Duck Teddington (incarné par l'acteur américain Justin Theroux), chirurgien lui aussi, mais surtout, pédophile invétéré, ce qui donnera d'ailleurs lieu à une scène vers la fin du film, d'une insoutenable perversité psychologique !

Outre Blade Runner, Mute évoque à certaines occasions des œuvres tel que le Total Recall de Paul Verhoeven et son univers bigarré, délirant et anxiogène. On pourrait en réalité citer tous les longs-métrages de science-fiction se penchant sur des univers dystopiques visuellement très sombres et allant à l'opposé d’œuvres démontrant l'évolution de sociétés se dirigeant vers davantage de rigueur en bannissant peu à peu toute forme d'empathie et d'émotion. Parfois touchant, comme lorsque Léo et Naadirah se retrouvent en début de métrage, fous d'amour l'un pour l'autre, tantôt dérangeant, tel le chirurgien s'intéressant d'un peu trop près à de jeunes enfants sans que cela n'ait l'air d'offusquer personne (ou presque, vous comprendrez pourquoi), tantôt sinistre (l'évocation d'un monde d'une noirceur absolue où la violence, le sexe et l'argent règnent en maîtres), Mute est un drôle de film, bien loin des ambitions avérées de son auteur. Plaisant à voir mais qui risque aussi de tomber très rapidement dans l'oubli...
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