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lundi 2 février 2026

Good Boy de Ben Leonberg (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans la série rattrapage, on continue avec un petit film sans prétention mais Ô combien intéressant... Quel propriétaire de chien n'a jamais éprouvé cette étrange sensation d'une présence étrangère dans sa demeure lorsque son animal de compagnie se fige à l'entrée d'une pièce ? Le museau pointant vers un mur ou en direction du plafond ? Fixant sans geindre ni bouger un endroit très précis sans que nous ne puissions percevoir ce qui l'intrigue ? Les fantômes existent-ils ? Seul un chien est-il en mesure de répondre à cette question ? Good Boy tend à rendre visible ce qui ne l'est pas. À travers, justement le regard de ce chien, protagoniste principal d'une œuvre qui risque fort de faire avant tout des adeptes parmi ceux qui aiment ces animaux. Alors, Good Boy ? Film à réserver aux cynophiles ou bien même les ailurophiles y trouveront leur compte ? Réponse : le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur américain Ben Leonberg tend à démontrer qu'il est possible pour un camp comme pour l'autre d'éprouver les mêmes sentiments même si les seconds peuvent parfois éprouver de l'aversion pour ces bêtes hurlantes et très dépendantes que sont souvent les chiens. Si le scénario de Ben Leonberg et d'Alex Cannon semble original, qu'il le soit ou non dans son traitement du concept de maison hantée et de fantôme, l'intervention d'un chien n'est pas tout à fait unique dans l'histoire du cinéma d'horreur et d'épouvante. Évacuons tout de suite toute une série de longs-métrages où la race canine n'est pas tout à fait au premier plan du récit pour rappeler aux mémoires défaillantes trois exemples. À Commencer par Cujo de Lewis Teague en 1983, adaptation d'un roman de Stephen King. Du nom d'un Saint-Bernard mordu par une chauve-souris enragée et qui après avoir lui-même contracté la maladie s'attaquait à une mère et son fils. Puis Max, le meilleur ami de l'homme réalisé par John Lafia en 1993 et dans lequel un dogue du Tibet génétiquement modifié s'en prenait aux habitants d'une ville. Mais pensons tout d'abord à Baxter de Jérôme Boivin. Très grande réussite du cinéma fantastique hexagonal qui remporta en 1989 la Mention spéciale du jury au très regretté Festival international du film fantastique d'Avoriaz. Du point de vue de l'objectivité de l'animal, c'est bien de ce film là dont se rapproche le plus Good Boy. Mettant ainsi en scène un chien dans le rôle principal. Et comme dans Baxter, dans lequel un Bull Terrier capable de penser et de réfléchir étudiait les hommes, Good Boy est filmé à hauteur d'animal. Ce qui pourrait avoir l'air d'un exercice de torture pour les cervicales s'avère en fait un très bon moyen de hisser le spectateur lui-même à la hauteur d'un animal de compagnie...


Permettant ainsi de percevoir les mêmes choses que notre héros canin. Tandis que d'autres se sont essayés quelques années en arrière à un exercice d'une prétention sans nom au sujet des Fantômes et autres Maison Hantées, tel A Ghost Story de David Lowery ou plus récemment, Presence de Steven Soderbergh, Good Boy tend à attirer dans ses filets tout amateur d'animal de compagnie tout en réussissant le pari d'écrire et de mettre en scène un script qui vaut bien la plupart des classiques du genre. Quelques JumpScares dont un ou deux sont relativement efficaces, des apparitions plutôt Creepy, une ambiance lourde et mortifère ne serait-ce qu'à travers les éclairages, l'isolement du chien et de son maître ou plus simplement en raison de la très grave maladie dont est atteint ce dernier, et puis, bien évidemment, on pense d'abord et avant tout à deux choses. Au chien, un Retriever de la Nouvelle-Écosse tout à fait adorable prénommé Indy dans la vie comme dans le film et qui obéit au doigt et à l’œil. Ensuite, à la mise en scène et le choix des différents cadrages. En effet, en artiste complet, ajoutant à ses différentes casquettes celle de monteur et de directeur de la photographie, Ben Leonberg sait très précisément où placer sa caméra et cela se voit très clairement à l'image. Sublimant ainsi la plupart des plans, ajoutant une donnée très humaniste chez l'espèce canine qui sous son regard d'observatrice communique une émotion tout à fait palpable. Accroché à l'idée de faire d'Indy la seule et véritable vedette du long-métrage, le cinéaste s'emploie à mettre dans l'ombre au sens propre comme au figuré l'acteur Shane Jensen qui dans le rôle de Todd l'accompagne quasiment durant toute l'aventure. Au final, l'on tient là une œuvre qui ne se moque ni des amoureux des animaux, ni des amateurs de cinéma d'épouvante. Le résultat à l'écran est efficace et pour un premier long-métrage, Ben Leonberg parvient à atteindre ses principaux objectifs. Artistique, à travers la lumière, les décors et la photographie. Narratif, à travers l'intervention du chien comme élément principal. Et enfin, émotionnel, s'agissant des perceptions d'Indy et de sa relation avec son maître... Bref, un petit bijou...

 

mercredi 14 janvier 2026

The Painted de Sasha Sibley (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Second long-métrage de Sasha Sibley après The Box en 2021 (lequel n'entretient aucun rapport avec l'œuvre éponyme réalisée par Richard Kelly en 2009), The Painted traite d'un sujet qui a maintes fois été abordé sous différentes formes au cinéma et en littérature. L'un des sujets les plus remarquables à avoir été adapté sur grand écran demeure Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. En effet, un nombre incalculable de films et de téléfilms mirent en scène le personnage titre du roman, un très bel homme vivant dans le Londres aristocratique de la fin du dix-neuvième siècle et qui pour conserver toute sa beauté et après que le peintre Basil Hallward ait réalisé son portrait, pactisa avec le Diable afin que la peinture vieillisse à sa place. Si certains demeurèrent fidèle au récit, d'autres ne firent que s'en inspirer. À l'image de Brian De Palma et de son cultissme Phantom of the Paradise ou de l'écrivain écossais Graham Masterton qui avec son chef-d’œuvre Le portrait du mal signa en 1985 l'un de ses plus remarquables ouvrages littéraires ainsi qu'un monument de l'épouvante... Avec Velvet Buzzsaw, Dan Gilroy signa en 2019 un long-métrage qui mit en scène les œuvres d'un peintre décédé qui tuaient littéralement ceux qui tentaient d'en faire le commerce. Quant à The Witches du britannique Nicolas Roeg, il mettait en scène en 1990 une gamine enfermée dans un tableau. Notons enfin à titre d'exemple de production beaucoup plus familiale, le personnage de Vigo des Carpates, un sorcier tyrannique du seizième siècle enfermé dans une toile agissant comme une prison et comme un point de passage vers le monde réel... S'agissant de The Painted, le film entre également dans la catégorie des films de maisons hantées et des malédictions. L'action se déroule tout d'abord dans les années soixante, cinq mois avant que n'interviennent les membres d'une famille qui seront les héros de l'histoire. L'on assiste à une curieuse cérémonie consistant à transférer l'âme d'un défunt (ici, en l'occurrence, celle d'une jeune femme) dans une peinture afin que celle-ci survive au delà de la mort. Cependant, rien ne va se passer comme prévu puisque l'époux va faire apparaître la démoniaque Cassandra Dubray, épouse d'un lointain ancêtre de la famille dont la plus récente représentante est Evelyn (Aleksa Palladino), qui n'est autre que l'épouse d'Adam (Sean Bridgers) avec lequel elle a eut trois enfants : Nelson (Jadon Cal), Janice (Jessica Ruth Bell) et Lucy (Zara King). Lorsque cinq mois après les événements du début la mère de famille apprend que sa cousine Ana Franco (Jill Young) est décédée et lui a légué son immense propriété, elle, son mari et leurs enfants déménagent pour s'y installer. Cette nouvelle fortune tombe en outre assez bien puisque Adam a perdu beaucoup de ses clients et rencontre par conséquent de grandes difficultés financières...


Tandis qu'ils font l'inventaire des différents objets présents dans la demeure, Evelyn et Adam découvrent une peinture représentant une femme nue qu'ils décident de cacher dans les combles afin de ne pas froisser l'innocence de leur plus jeune fille Lucy. La demeure étant entièrement tapissée de toiles représentants divers personnages ayant réellement existé, certaines d'entre elle semblent prendre vie. Et notamment celle qui est accrochée au dessus du lit de Janice. Lorsque vient la nuit, l'adolescente est attaquée durant son sommeil par un individu qui lui coupe les cheveux. À son réveil, Janice est furieuse et s'en prend à sa petite sœur qu'elle croit coupable. Mais bientôt, une série d'événements va démontrer que la famille Elster n'est peut-être pas seule dans la maison... S'il y a assez peu de chance pour que les amateurs d'épouvante rompus au genre se laissent impressionner par la vague d'événements qui vont se dérouler dans cet imposant manoir de style victorien, d'autres pourraient bien être surpris et même sursauter à diverses occasions. À ce titre, The Painted se montre plutôt efficace. Et ce, même si certaines balises propres au genre sont ici employées. Comme ce personnage très secondaire et donc insuffisamment exploité qu'incarne l'actrice Patrice Johnson. Elle y interprète le rôle de Leonora Pettengill, une femme d'âge moyen spécialisée dans les rituels occultes liés à l'art. Elle entrepose ainsi dans sa cave, toute une série de peintures maudites, un peu à l'image de la collection privée d’objets maudits que rassemblèrent durant leur parcours de chasseurs de fantômes, les époux Ed et Lorraine Warren et que l'on découvre dans la franchise The Conjuring ! Tout comme la fuite des Elster rappelle peu ou pour celle de la famille Lutz dans le classique de l'épouvante, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg. Doté d'excellents effets-spéciaux numériques à l'image de ces peintures démoniaques composées en temps-réel, The Painted est une bonne surprise. Tout juste pourra-t-on reprocher au réalisateur et scénariste d'avoir créé un personnage de patriarche très caricatural et relativement agaçant (agressif et obsédé par le sexe même s'il saura se racheter vers la fin du récit) et d'avoir proposé une fin quelque peu théâtrale et ampoulée...

 

jeudi 16 octobre 2025

Conjuring : l’heure du jugement de Michael Chaves (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À moins d'un revirement qui serait probablement lié à l'appel du billet vert, Conjuring : l’heure du jugement restera donc très officiellement le quatrième et dernier long-métrage à mettre en scène le couple de chasseurs de fantômes américains Ed et Lorraine Warren. Chacun ayant d'ailleurs leur spécialité puisque lui s'était toujours prétendu être lui-même un démonologue tandis que son épouse affirmait être médium. Leurs ''aventures paranormales'' débutent lorsqu'ils fondent en 1952 la New England Society for Psychic Research et lorsqu'ils créent le Warren's Occult Museum où seront au fil des années entassés tous les objets maléfiques avec lesquels ils seront entrés en contact... Outre divers ouvrages qu'ils ont seuls ou en commun consacré aux phénomènes paranormaux, si de nos jours Ed et Lorraine Warren sont si célèbres de part le monde, c'est tout d'abord grâce au producteur Tony DeRosa-Grund qui se rend un jour dans les locaux de la New Line Cinema pour leur proposer de collaborer sur un projet d'adaptation cinématographie inspiré du couple de chasseurs de fantômes et d'esprits maléfiques. En 2012, le réalisateur James Wan met en scène ce qui deviendra Conjuring : Les Dossiers Warren. Le succès du film sera à l'origine de trois autres longs-métrages et de plusieurs spin-off ! Concernant la saga Conjuring, le second volet intitulé Le Cas Enfield sera toujours réalisé par James Wan en 2016. Quant au troisième, Sous l'emprise du Diable, il le sera par le réalisateur Michael Chaves cinq ans plus tard. Tandis que les différents volets des séries de films Annabelle et La nonne ainsi que l’œuvre indépendante La malédiction de la dame blanche (à nouveau réalisé par Michael Chaves) verront alternativement le jour entre 2014 et 2023, cette année est donc sorti sur les écrans du monde entier Conjuring : l’heure du jugement. Alors que la franchise a déjà traité de la plus célèbre maison hantée connue sous le nom d'Amityville, les quatrièmes aventures d'Ed et Lorraine toujours incarnés par Patrick Wilson et Vera Farmiga se penche désormais sur un cas qui prétendument les poussa à définitivement mettre un terme à leur carrière. Et l'on comprendra beaucoup plus tard pourquoi le couple prit cette décision...


Mais avant que ne survienne l'horreur la plus frontale et explicite, le spectateur va d'abord devoir accepter une approche du récit beaucoup plus sensible qu'à son habitude. S'agissant d'un film mettant lui-même un terme apparemment définitif à la saga, il fallait bien que les trois scénaristes chargés de l''écriture du script David Leslie Johnson-McGoldrick, Ian B. Goldberg et Richard Naing se penchent en grande partie sur les principaux protagonistes des différents récits qui depuis maintenant plus de dix ans apportent leur comptant de frissons aux amateurs de cinéma d'épouvante, d'horreur et de fantastique. Dépassant allégrement les deux heures, Conjuring : l’heure du jugement est contrairement à ce que peuvent prétendre certains critiques une expérience qui vaut son pesant d'or (ou de cacahuètes si vous êtes plutôt un adepte de l'arachide). Concentrant le combat final en une durée peu excessive lors d'un visuel passablement brouillon axant ses différentes séquences sur le combat des Warren face à un miroir hanté d'où surgissent ponctuellement trois esprits belliqueux, l'intérêt est en fait ailleurs. Alors que Michael Chaves revient de nouveau diriger les acteurs, le film s'intéresse principalement aux Warren ainsi qu'à leur fille Judy (Mia Tomlinson), laquelle semble posséder les mêmes capacités de clairvoyance que sa mère. Le scénario se penche non pas sur la genèse des fondateurs de la New England Society for Psychic Research mais revient sur la naissance de leur fille dans des conditions très particulières. Le récit évoluant rapidement pour projeter les personnages dans un présent se situant au beau milieu des années quatre-vingt. Alors que nous est également présenté le petit ami de Judy (Ben Hardy dans le rôle de Tony Spera), les différents passages mettant en scène le quatuor sont entrecoupées de séquences qui elles mettent en présence une ou plusieurs entités démoniaques au sein d'une famille constituée de huit membres...


Projetant ainsi le film, tout comme les précédents, dans le contexte réaliste du fait-divers. En effet, Conjuring : l’heure du jugement se penche sur le cas de la famille Smurl dont les membres subirent réellement et durant des années, d'étranges phénomènes jusqu'à ce que ces derniers s'aggravent au point que Janet Smurl (la mère de famille ici incarnée par Rebecca Calder) ne contacte les Warren afin de bénéficier de leur aide... Bien que d'aucun pourra juger d’expéditif et finalement assez peu original le combat final, Conjuring : l’heure du jugement est une brillante réussite qui vient clore de la plus belle manière une saga forte en émotion... Une émotion qui transperce également dans ce quatrième opus. Mais l'on ne songe pas ici seulement à ces quelques jump scare qui peuvent nous faire sursauter ou à ces séquences macabres qui peuvent donner le frisson mais bien à celle qui vous enserre parfois le cœur. Comme lorsque sont évoqués les problèmes cardiaques d'Ed Warren, ou lorsque Tony demande timidement au couple l'autorisation de demander sa main à Judy. Sans compter toutes ces preuves d'amour entre Ed et Lorraine... Un couple qui au regard d'une annonce qui prétend en théorie que nous n'aurons plus l'occasion de voir sur grand écran va sans doute laisser un grand vide. Au risque de me faire des ennemis, j'irais presque jusqu'à affirmer que Conjuring : l’heure du jugement est peut-être finalement le meilleur des quatre films. Car non seulement la mise en scène est superbe (les mouvements de caméras et autres travelling), l'intrigue juste ce qu'il faut de flippante et d'émouvante, les effets-spéciaux et les environnements très réussis, le sound design efficace et l'interprétation impeccable...

 

mercredi 4 juin 2025

Spirit Trap de David Smith (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dans l'immense fosse septique qui attire tous les amateurs de productions horrifiques bas de gamme que l'on trouve à un euro au format dvd à l'avant des caisses de supermarché, il suffit de tendre le bras, les yeux fermés, pour être certain de mettre la main sur une pépite chaque fois que l'on tente sa chance. Et devinez qui cette fois-ci a encore eu l'opportunité de gagner ? Et oui, votre humble serviteur a de nouveau servi de cobaye pour une expérience cinématographique qu'il crut d'abord n'être qu'un petit téléfilm sans consistance avant de découvrir que dans son pays d'origine, le Royaume-Unis, il eut l'incompréhensible honneur d'une sortie en salle le 12 août 2005. Chez nous, les distributeurs n'auront pas eu l'outrecuidance d'en faire autant puisque Spirit Trap connut une sortie directement en DVD le 9 avril 2009. Quatre ans plus tard... Pourquoi ? Sans doute le temps nécessaire pour faire oublier que de l'autre côté de la Manche le film ne rapporta que la ridicule somme de cent-quatre vingt-sept mille livres sterling environ pour un budget estimé à trois millions ! Bref, un véritable panier percé dont le Louis de Funès de La folie des grandeur aurait été désespéré de perdre le contenu lors de la célèbre séquence consécutive au prélèvement des impôts. De l'argent jeté par les fenêtres dont les seuls bénéficiaires ne furent donc pas de pauvres paysans en haillons mais des (télé)spectateurs qui durent éprouver moins de plaisir à assister au désastre artistique que le ramassage de quelques pièces d'or par des hommes et des femmes spoliés par le ministre du roi et collecteur des impôts Don Salluste de Bazan. Stoppons net cette déshonorante comparaison pour ne nous concentrer que sur le sujet principal de ce post. Après avoir découvert récemment les trois premiers volets de la franchise Wishmaster, un peu de repos, m'étais-je dis, me ferait le plus grand bien. Et comme la dernière fois que j'eus la chance de voir un film centré autour d'une famille installée dans une nouvelle demeure hantée date de 2023 avec le sympathique We Have a Ghost de Christopher Landon (dont le conseille vivement le dernier long-métrage intitulé Drop Game), je n'ai pas hésité un seul instant à me procurer Spirit Trap de........... David Smith. Ouais, avec un nom aussi peu original, j'aurais dû me douter qu'il y avait une entourloupe !


Mais trop tard. Amazon s'empressant d'encaisser mon paiement par carte-bleue (j'imagine l'employé qui le jour suivant s'occupa de ma commande et qui sûrement hurla à ses collègues : ''Hé! Les gars! Ça y est ! On a réussi à en vendre un exemplaire !''), je recevais quelques jours plus tard l'objet en question. Le prototype habituel de DVD qui tente vainement de vous en mettre plein la vue avec sa jaquette sur laquelle trône un crâne superbe surmontant les cinq protagonistes du récit ! Sur la base d'un script qui au tout départ tient plutôt la route (quatre étudiants acceptent une colocation dans une très vieille demeure située à Londres), on se demande ensuite ce qui a pu les pousser à finalement poser leurs valises dans cette bâtisse qui d'emblée fait penser à un authentique décor de film d'horreur. Bref, Jenny, Nick et le couple formé par Adèle et Tom s'installent chacun dans une chambre. Attiré par une étrange horloge apparemment en panne, Nick (interprété à l'écran par Sam Troughton) parvient à la réparer. Ce qui déclenche un étrange phénomène: en effet, les Portes de l'Enfer semblent désormais ouvertes et bla, bla, bla... Le truc classique. Nos héros vont devoir non seulement faire face à des phénomènes paranormaux mais aussi devoir combattre entre eux et contre leurs propres démons. Idée sympa mais sous sa forme, Spirit Trap est raté! Des effets-spéciaux à l'interprétation en passant par l'ambiance sonore ou visuelle, il n'y a guère que quelques éléments de décor pour retenir l'attention du spectateur qui a de fortes chances de s'endormir devant un déroulement qui n'a de jubilatoire que la libératrice amorce du générique de fin, signe que le calvaire va enfin cesser ! Ouais, David Smith signe en réalité un pauvre téléfilm sans âme et assez piètrement incarné (le casting est prolongé par les présences de Billie Piper, Luke Marbly, Emma Catherwood ainsi que celles de personnages secondaires, tels Tina (Alsu) ou Edmund Joseph (Chiké Okonkwo)). Surtout, Spirit Trap propose des effets-spéciaux d'une laideur aveuglante et parfaitement inconcevable dès lors que le vingt et unième siècle fut franchi. Bref, à part caler le pied d'une chaise ou jouer au frisbee avec le chien du voisin, je ne sais absolument pas ce que je vais pouvoir faire du DVD. Certainement pas le mettre à côté des quelques classiques qui trônent dans ma collection. Imaginez que le virus s'étende et que ceux-ci se transforment subitement en nanars ! Non, non, pas question...

 

jeudi 27 mars 2025

Presence de Steven Soderbergh (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a des films qui parfois ont tendance à réveiller de vieilles blessures. Celles qui eurent un effet dévastateur sur notre ego. Comme en 2007, avec Paranormal Activity d'Oren Peli. Cette escroquerie que je me refusais à aller voir sur grand écran en sachant que l'expérience allait être pénible avant de finalement me laisser convaincre par cette petite voix insistante qui dans ma tête m'ordonna de payer ma place ainsi que celle de ma compagne afin de le découvrir en salle. Ou comme dix ans plus tard, en 2017, cette fois-ci sans avoir a débourser le moindre centime, lorsque je posais mes fesses dans le canapé pour assister à la projection de A Ghost Story dont son auteur, David Lorewy, n'a sans doute toujours pas encore aujourd'hui terminé de se donner ce plaisir solitaire qu'évoque chez lui cette faconde sans intérêt ! En 2025, comme un cauchemar récurrent, voilà que Steven Soderbergh s'y met à son tour. Auréolé d'une réputation ''récupérée'' dès 1989 avec Sex, Lies, and Videotape et tout au long d'une carrière presque parfaitement accomplie, le voici qui s'attaque à l'un des grands mythes du cinéma fantastique alors même que le septième art semble en avoir déjà fait le tour depuis très longtemps. C'est pourtant avec un concept fort que le réalisateur et scénariste américain revient dans le média qui l'a rendu célèbre. Adoubé par la profession dont les éloges sont aussi nombreuses qu'incompréhensibles, Presence bénéficie d'un atout, un seul ! Celui de filmer son œuvre du point de vue de son fantôme. Un ectoplasme qui ne se manifestera jamais autrement qu'en vue subjective. En théorie, la caméra s'efface donc au profit d'une entité qui jette un regard persistant sur une famille dont les quatre membres ont connu des jours meilleurs. Entre Chris (Chris Sullivan) et Rebekah (Lucy Liu), rien ne va plus. Alors que le père de famille émet l'éventualité de se séparer de son épouse, cette dernière se désintéresse de sa fille Chloe (Callina Lang), adolescente dont la meilleure amie Nadia fut une ancienne toxicomane récemment décédée. Son frère Tyler (Eddy Maday) lui présente Ryan (West Mulholland), garçon pour lequel elle développe un certain intérêt et avec lequel elle débute une relation. Jeune homme pourtant prévenant, l'entité qui hante les lieux semble vouloir interagir avec la jeune femme en s'opposant à l'histoire qui se met en place entre les deux adolescents.


Filmé à travers divers plans-séquences, ce n'est qu'à partir de cette relation naissante entre Chloe et Ryan que Presence signifie véritablement l'existence du fantôme même si dès les premières secondes la caméra survole les différentes pièces de la nouvelle maison des Payne comme le ferait un ectoplasme invisible de tous. Comme un pressentiment, l'esprit qui demeure en ces lieux tente d'avertir des dangers qui rôdent autour du personnage de Ryan. Une perception pourtant difficile de prime abord à quantifier chez le spectateur. Seul moyen pour l'entité de se manifester : faire tomber une étagère au moment même où le couple s'apprête à avoir une relation sexuelle ou plus tard, faire cuter a sol un verre à l'attention de Chloe qui contient une drogue versée par les soins de son nouveau petit ami ! Déjà persuadée d'une présence invisible dans leur domicile, l'adolescente finit par se convaincre qu'il s'agit peut-être du fantôme de Nadia... L'on a droit à la sempiternelle intervention d'une médium incarnée à l'image par Natalie Woodlams-Torres et qui d'emblée ressent une présence. Le long-métrage de Steven Soderbergh partage avec son public de longues séquences de quotidiens. Celui de Chloe, évidemment, mais aussi ceux de ses parents ou de son frère Tyler qui s'agace très vite du comportement de sa sœur vis à vis de ses croyances. Échappant au principe des systèmes de caméras témoignant des exactions d'une entité invisible et faisant de son fantôme une ''créature'' bienveillante, Presence n'est absolument pas le film d'épouvante qu'il semblait prétendre être à l'origine. Nul frisson parcourant l'échine du spectateur. Aucun Jump Scare et pas la moindre vision horrifique ne viendra perturber les habitudes des amateurs d’œuvres à caractère surnaturel. Rien qu'une succession de séquences aux dialogues parfois insipides ne servant qu'à remplir le cahier des charges réglementaire de tout long-métrage devant tenir sur la longueur. Le film demeure malgré tout un cran au dessus des deux exemples cités ci-dessus même si en dehors du concept en vue subjective, le reste ne suffit pas à faire de Presence une œuvre remarquable. Et c'est là bien tout le problème. À n'avoir rien d'autre à proposer que le regard posé d'un fantôme sur un drame à venir et, il est vrai, à travers de jolis mouvements de caméra, Steven Soderbergh aurait sans doute mieux fait d'étoffer ses dialogues au lieu de ne nous servir qu'une succession de discours fades et stéréotypés...

 

dimanche 28 avril 2024

Ghosbusters : Frozen Empire de Gil Kenan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ghostbusters, c'est au départ deux films cultes réalisés par Ivan Reitman en 1984 et 1989. Enfin, surtout le premier puisque le second demeure légèrement inférieur. Manque d'inspiration ou opportunisme oblige, il fallait bien qu'un jour quelqu'un s'empare de la franchise pour signer un reboot. Ce fut chose faite avec le 100% féministe Ghostbusters: Answer the Call en 2016. Signé par Paul Feig et principalement interprété par les actrices Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones, le long-métrage n'est pas aussi honteux que certains voudraient le laisser croire mais comparé à l'original, le film demeure pourtant bien faible. Son gros point noir : un humour qui ne fait jamais mouche et des protagonistes franchement peu attachants. Ghostbusters: Answer the Call aurait très bien pu signifier la mort de la franchise jusqu'à ce qu'en 2021 débarque sur les écrans Ghostbusters: Afterlife de Jason Reitman, le propre fils d'Ivan Reitman, lequel allait avec ce quatrième long-métrage réhabiliter une saga devenue un peu trop woke à mon goût. Le fan-service étant assuré par la présence à l'image de Bill Murray dans le rôle du Docteur Peter Venkman, de Dan Akroyd dans celui du Docteur Raymond Stantz ou celle d'Ernie Hudson dans la peau Winston Zeddemore, il était tout à fait envisageable de les retrouver dans une nouvelle aventure en 2024. Si lors des précédentes aventures de nos chasseurs de fantômes nos trois héros furent quelque peu éclipsés par la présence à l'écran des tout jeunes Mckenna Grace et Finn Wolfhard dans les rôles de Phoebe et Trevor Spengler ainsi que celles de Carrie Coon et Paul Rudd dans ceux de leurs parents Callie et Gary, Ghosbusters: Frozen Empire va remettre un peu d'ordre avec cette nouvelle mouture dans laquelle le réalisateur israélo-britannico-américain Gil Kenan offrira ne serait-ce qu'à Dan Akroyd un rôle un peu plus important. Pour les spectateurs, les nouvelles aventures de la famille Spengler dont les membres sont donc devenus des experts dans le domaine de la chasse aux fantômes commence il y a un certain temps lorsqu'est révélé un court teaser, suivi il y a quelques mois d'une bande-annonce franchement incitative. L'on y découvre un phénomène d'ampleur cataclysmique qui, étrangement, évoque tout d'abord davantage un hypothétique film catastrophe qu'une comédie fantastique. Quelques plans post-apocalyptiques à la Terminator 2 et sa célèbre scène d'aire de jeux (ici remplacée par une plage) sur fond de Cruel Summer du groupe de pop féminin Bananarama histoire de bien ancrer le récit dans les années quatre-vingt même si l'on sait pertinemment que le récit se déroulera en priorité dans le présent.


À dire vrai, à part quelques images d'archives prélevées au premier Ghostbusters, le seul retour en arrière s'effectuera bien avant la naissance de notre célèbre équipe de chasseurs de fantômes puisqu'en ouverture, le film remonte jusqu'en 1904, date à laquelle une brigade de pompiers new-yorkaise va être confrontée à un phénomène inexplicable lié à une étrange sphère sur laquelle sont inscrits des dizaines de glyphes et qui depuis est devenue la propriété d'un immigré d'origine pakistanaise du nom de Nadeem Razmaadi (l'acteur Kumail Nanjiani). On s'en doute, l'objet aura son importance une fois le récit prenant comme décors le New York de 2024. Habitué aux rôles d'antagonistes (les deux premiers volets de la franchise Die Hard), l'acteur William Atherton reprend le rôle du maire Walter Peck qui avait disparu des radars lors des autres volets de la saga et qui malgré les quarante années passées n'a fondamentalement pas changé. Ni de caractère, ni d'apparence puisque parmi les interprètes de la vieille garde, il demeure le mieux conservé physiquement ! Les deux jeunes acteurs, en pleine période de croissance, ont par contre changé de physionomie. Surtout Mckenna Grace dont le personnage de Phoebe Spengler a désormais seize ans. Reprenant le cycle des événements avec à la clé un hommage très appuyé aux héros de jadis, Ghosbusters: Frozen Empire n'est par contre pas aussi passionnant que pouvait le laisser croire la bande-annonce. Ôtés les chasseurs de fantômes, le film ne conserve de la franchise que quelques résidus que seuls les objets renvoyant à sa mythologie parviennent encore à raccrocher au wagon des premiers volets. Le film est surtout très bavard. Trop même. Des lignes de dialogues interminables durant lesquelles, bien évidemment, il ne se passe pas grand chose. Quelques sous-textes comme la jeunesse de Phoebe lui interdisant de participer à la chasse aux fantômes demeurent un peu cheap. Ou comme la présence de Melody (l'actrice Emily Alyn Lind) qu'elle rencontre alors qu'elle joue seule aux échecs.Une amitié naît alors entre les deux adolescentes et d'où découlera une séquence dont l'absurdité reléguera cet épisode à l'état d'intrigue encore plus fantasmagorique qu'elle ne l'était jusqu'à maintenant. À dix minutes près, le film aligne les deux heures de récit alors qu'il aurait sans doute mérité d'être un peu plus concentré et de faire appel à un peu moins de personnages et de séquences secondaires. Durant presque une heure et trente minutes, Ghosbusters: Frozen Empire ne propose que quelques sporadiques événements surnaturels avant que l'action ne s'accélère durant la dernière demi-heure. Ceux qui ne se seront alors endormis durant la projection pourront enfin profiter d'effets-spéciaux essentiellement basés sur le froid et la glaciation. Quelques passage, très courts, qui malheureusement ne suffiront pas à faire de Ghosbusters: Frozen Empire, le digne descendant de ses plus lointains ancêtres...

 

samedi 6 janvier 2024

Ogsuyeog Gwisin de Yong-ki Jeong (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les histoires de fantômes coréens, c'est un peu comme ceux que l'on retrouve à vol d'oiseau au pays du Soleil Levant à plus de mille kilomètres de distance. Qu'on les nomme Yūrei ou Gwisin, cette fin d'année 2023 tente à prouver que nous ne sommes pas prêts d'arrêter de bouffer du fantôme asiatique. Et lorsque l'imagination n'est pas au rendez-vous, on fait comme certains : on pille ce qui a déjà été entrepris quitte à s'approprier jusque dans le moindre détail, certains codes. Pour son dernier long-métrage intitulé Ogsuyeog Gwisin, le réalisateur sud coréen Yong-ki Jeong n'y va pas par quatre chemins et emprunte sans vergogne au mythique Ringu de Hideo Nakata, son fameux puits mais remplace Sadako par une poignée d'enfants qui y furent enfermés. Oups ! Ne viens-je pas de délivrer la fameuse clé de l'énigme que tout bon film détient généralement jusqu'à la révélation finale ? Mais qui s'en soucie vraiment à ce jour où rien de neuf ne s'affiche au programme, où tout ce qui apparaît à l'image n'est que le résultat d'un récit dont le script d'origine fut insuffisamment réfléchi ? Ogsuyeog Gwisin tente à prouver s'il était besoin que le thème des fantômes asiatique reste à tout jamais associé au cinéma japonais. Les coréens, eux, produisirent malgré tout le miraculeux Janghwa, Hongryeon, long-métrage réalisé vingt ans plus tôt par le talentueux Kim Jee-woon et sorti sur notre territoire sous le titre Deux Soeurs. Une brillante mais exceptionnelle réussite pour un pays dont la spécialité se situe plus probablement dans les genres action et thriller que dans l'épouvante. Ce que confirme justement le dernier long-métrage de Yong-ki Jeong, lequel n'invente rien et s'octroie le droit de proposer même l'un des pires exemples en matière de fantômes asiatiques. C'est que l'on s'y fait cruellement chier dans cet univers dont les nombreuses possibilités demeureront malheureusement stériles. À commencer par le cadre. Celui d'une ancienne station désaffectée du métro sud coréen. Terrain de jeu fertile pour de nombreux films dont certains parvinrent très nettement à se dégager de la masse. On pense bien entendu au film culte que réalisa l'américain Gary Sherman en 1972, Death Line ou Le métro de la mort. Ou bien à Creep de Christopher Smith en 2004, sorte de remake qui ne veut pas dire son nom mais dont l'efficacité fut tout aussi redoutable !


Exploitant avec difficulté l'univers étouffant et souterrain du métro sud coréen, Yong-ki Jeong propose une œuvre lisse, molle, inintéressante, rabâchée, servie par des interprètes pourtant plutôt bons mais dirigés avec flemme par un réalisateur qui semble ne pas vraiment croire à son propre projet. Pour corser le tout et diluer l'idée selon laquelle le bonhomme propose ici sa propre vision du fantôme asiatique emprunté à l'un des grands classiques du genre, Yong-ki Jeong récupère le fameux puits mais dégage la jeune femme au longs cheveux bruns pour la remplacer par des ''clones'' de Toshio Saeki, le gamin-fantôme de l'autre grande œuvre du genre réalisée en 2000 par un autre japonais du nom de Takashi Shimizu, Ju-On. Ils seront donc une dizaine à venir hanter la station de métro, à vouloir ''importuner'' leurs prochaines victimes et à aller jusqu'à être au centre d'une malédiction dont les personnages prochainement tourmentés devront se débarrasser en refilant ''le bébé'' à quiconque prononcera une série de chiffres. Derrière ces phénomènes paranormaux et horrifiques agrémentés par des Jump Scares totalement puérils et donc tout aussi inefficaces se cache une enquête journalistique menée par Na-Young (l'actrice BO-Ra Kim) et son ami U-Won (Jae Hyun Kim), un employé de la fonction publique travaillant à la gare d'Oksu. Une investigation menée sous la contrainte d'une supérieure hiérarchique qui ne sait certainement pas jusqu'où est prête à se fourvoyer sa subalterne comme nous le découvrirons dans les derniers instants. Le problème avec Ogsuyeog Gwisin est que l'on a envie de croire qu'il reste encore quelque chose à dire en la matière même si l'on sait pertinemment que tout à déjà été écrit et raconté. Aucune fulgurance, pas même lorsque nos deux protagonistes s'enfoncent plus loin dans les entrailles de l'ancienne station de métro et donc, aucun réel sentiment d'effroi. Ce qui pour un film d'épouvante reste tout de même un comble ! Bref, ça n'est pas avec Ogsuyeog Gwisin que le genre va se forger de nouvelles lettres de noblesse et c'est donc aux fans purs et durs du genre que l'on confiera le soin d'analyser la chose tandis que le grand public, lui, préférera sans doute se faire une piqûre de rappel en regardant de nouveau les remakes US des grands classiques asiatiques du genre...

 

lundi 20 novembre 2023

The Grudge de Takashi Shimizu (2004) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis 2002 et The Ring de Gore Verbinski, la J-Horror s'est vue contaminée par la colonisation du genre par le pays ''souverain'' en la matière : les États-Unis. Et parmi les œuvres les plus touchées par le phénomène, les franchises Ringu et Ju-On respectivement conçues par Hideo Nakata et Takashi Shimizu. Concernant ce dernier, relever tout ce qui touche à la franchise née en 1998 peut s'avérer un parcours du combattant. Des courts-métrages 4444444444 et Katasumi réalisés à la fin du siècle dernier jusqu'à The Grudge 2 en 2006, le réalisateur japonais a plongé à maintes reprises dans l'univers de sa créature vengeresse. Si l'on ajoute les deux courte œuvres qui ont donné naissance à la franchise, Takashi Shimizu fut l'auteur de huit courts et longs-métrages ! Auxquels l'on ajouteras ceux réalisés par Toby Wilkins, Ryūta Miyake, Mari Asato et Masayuki Ochiai. Tout comme Gore Verbinski avant lui, donc, Takashi Shimizu aura œuvré à une autre échelle dès 2004 avec le remake de son propre film, Ju-On. Intitulé The Grudge, ce reboot est très majoritairement incarné par des interprètes d'origine américaine. Bien que le réalisateur ait ici étonnamment choisi de conserver le Japon comme terre d'accueil de ses obsessions pour le surnaturel, The Grudge adopte une narration qui tranche quelque peu avec celle de l'original qui à l'époque était découpée sous forme d'actes. Un concept qui pouvait déstabiliser puisque sous la forme d'un puzzle que le spectateur était contraint de reconstituer intellectuellement lui-même, le déroulement de l'intrigue pouvait apparaître décousu. Ce qui, très honnêtement, n'était pas le cas. Takashi Shimizu adapte donc son concept pour un public moins enclin à faire travailler ses neurones que dans son pays natal. Concernant le casting l'on retrouve les trois interprètes formant la famille Saeki, laquelle fut au centre d'un drame que les amateurs de la franchise connaissent désormais sur le bout des doigts. Takako Fuji, Yūya Ozeki et Takashi Matsuyama reprennent donc du service mais sont désormais opposés à un casting majoritairement incarné par des actrices et acteurs américains. Et parmi eux, Sarah Michelle Gellar, rendue mondialement célèbre entre 1997 et 2001 grâce à la série télévisée Buffy contre les vampires.


Bill Pullman, que l'on a pu notamment voir chez David Lynch dans le remarquable Lost Highway en 1997 ou l'année précédente en président des États-Unis dans l'ultra patriotique Independence Day de Roland Emmerich. Quant à Grace Zabriskie, elle interprète ici l'une des premières victimes de Kayako Saeki (l'actrice Takako Fuji) longtemps après avoir été faire un tour dans l'espace avec le nanardesque mais néanmoins génial Galaxy of Terror de Bruce D. Clark en 1981 ou après avoir elle aussi rencontré David Lynch à plusieurs reprises sur les tournages de Wild at Heart en 1990, Twin Peaks: Fire Walk with Me en 1992 ou deux ans après le remake de Ju-On sur celui de Inland Empire. Autour de ces trois là ainsi que de Jason Behr, KaDee Strickland ou William Mapother graviteront tout de même quelques nouveaux personnages d'origine japonaise comme l'inspecteur Nakagawa qu'interprète l'acteur Ryō Ishibashi qui avant cela tint la vedette dans Audition en 1999 et Suicide Club en 2001 respectivement réalisés par les électrons libres Takashi Miike et Sion Sono ! Bénéficiant d'un budget nettement plus confortable que pour l’œuvre originale qui fut financée à l'époque à hauteur d'une équivalence à quatre millions de dollars, les dix millions de The Grudge permettent à Takashi Shimizu de proposer des effets-spéciaux d'un niveau largement supérieur. L'une des principales différences scénaristiques entre l'original et le remake se situe dans cette obsession trouble de Kayako Saeki pour son ancien professeur Peter Kirk qu'incarne Bill Pullmank une thématique qui était absente de Ju-On. La découverte de son journal intime par l'époux de la jeune femme prénommé Takeo (l'acteur Takashi Matsuyama) mènera à l'événement primordial d'où découlera par la suite une succession d'événements aussi tragiques qu'épouvantables. Si Takashi Shimizu réussit le pari de transposer son univers en le faisant incarner par des interprètes américains, certains aspects relatifs à l'intensité émotionnelle ne sont ici plus tout à fait présents. Bien que les scènes chocs pullulent et que dans une très large majorité des cas elles demeurent efficaces, le drame originel est par contre désormais abordé de manière beaucoup moins troublante. À l'échelle mondiale, le film rapportera près de vingt fois la mise de départ et s'avérera donc un joli succès. Takashi Shimizu remettra une dernière fois le couvert en 2006 avec The Grudge 2 avant de laisser d'autres cinéastes prendre par la suite la relève...

 

dimanche 19 novembre 2023

Le mystère Enfield de Kristoffer Nyholm (2015) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Sont pas cons les mecs de chez Arte, cette excellente chaîne de télévision franco-allemande de service public. Je dis bien, de SERVICE PUBLIC ! Fut un temps, certaines concurrentes auraient mieux fait de prendre en compte qu'à une époque, la redevance servait à les engraisser et permettait aux usagers de pouvoir se nourrir directement à la source de Mère Fontaine à merde. Des légions de programmes bêtifiant, crétinisant, assommant les populaces, genre : ''prends ta dose de télé-réalité histoire de constater combien ta misérable vie vaut bien moins que celle de ces dégénérés qui ont bien compris que de faire les cons devant une caméra rapporte davantage que d'aller turbiner à l'usine !'' . Le virus est allé s'étendre au delà des chaînes hertziennes pour aller contaminer le câble et par extension, les réseaux sociaux. Aucun lieu où se protéger, ou si peu. Arte, c'est un peu le bunker de l'audiovisuel. Normal, pour une chaîne allemande. N'y voyez là, aucune passion pour l'uniforme nazi, pour son dictateur, ses apôtres Hermann Goering, Joseph Goebbels ou Heinrich Himmler mais plutôt une reconnaissance infinie pour cette chaîne pluridisciplinaire qui laisse encore envisager un espoir pour l'Homme. Une chaîne culturelle qui au fil des décennies a élargi son spectre et s'est même vue greffer une extension intitulée Arte : Séries et fictions et dont un certains nombre de programmes sont directement disponibles sur le site officiel de la chaîne ou sur Youtube ! Il y a deux décennies naissait la plate-forme de streaming Netflix. Consécutivement au succès remporté par cette entreprise créée en 1997 par Reed Hastings et Marc Randolph, d'autres tentèrent ensuite leur chance. Amazon Prime Video, Apple TV, Disney+ pour les plus connus mais pas forcément les plus remarquables (ceux qui abhorrent la cancel culture chère à la maison illustrée par la plus célèbre souris animée comprendront). Bon, bref. Pour en revenir à Arte, elle aussi est entrée dans la danse même si elle ne doit rien aux autres puisque son existence leur est largement antérieure. Souvenez-vous en effet qu'en 1986, soit cinq années avant que la société ne change de nom et ne passe d'une entreprise exclusivement hexagonale pour une collaboration entre La France et l'Allemagne, la chaîne s'appelait la S.E.P.T (pour Société d'Edition de Programmes de Télévision). Bon, nous n'allons pas revenir sur les qualités intrinsèques qui permettraient de démontrer combien Arte a toujours intellectuellement régné et continue de planer bien au dessus de la concurrence mais plutôt nous attarder sur une mini-série qui, JUSTEMENT, est notamment disponible depuis deux semaines sur Youtube, Le mystère Enfield.


Trois épisodes pour un total dépassant de peu les deux heures de métrage. Tiens, tiens... Enfield... Voilà un nom qui devrait logiquement parler à tous les passionnés d'histoires étranges tournant autour de phénomènes paranormaux. Vous croyez que Guss DX et les myriades de chasseurs de fantômes amateurs ont tout inventé en allant filmer dans de vieilles demeures l'hypothétique présence de fantômes, ectoplasmes, goules et autres créatures plus ou moins vaporeuses ? Que nenni ! Bien avant que ceux-ci ne viennent assiéger les réseaux sociaux armés de caméras thermiques, de détecteurs de champ magnétiques ou de Spirit Box, l'un des couples de chasseurs de fantômes parmi les plus célèbres formés par les époux Ed et Lorraine Warren s'était déjà penché sur plusieurs cas connus à l'échelle planétaire. Largement moins connu, l'enquêteur britannique Maurice Grosse de la Society for Psychical Research fondée en 1882 fut quant à lui chargé d'investiguer en 1977 dans la demeure d'une famille britannique du nom de Hodgson après que diverses manifestations inexpliquées aient eu lieu les jours précédant son arrivée. Principale victime : la jeune Janet, âgée de onze ans, cadette de Margaret et fille de Peggy Hodgson. Si le cas semble relativement moins connu que l'affaire Amityville entourant les drames consécutifs des familles DeFeo et Lutz, certains documents photographiques pris à l'époque sont en revanche entrés dans l'Histoire avec un grand H de l'Activité Paranormale à l'échelle mondiale. Le mystère Enfield de Kristoffer Nyholm revient précisément sur les faits qui se sont donc déroulés, Maurice Grosse et d'autres participants ayant alors récolté nombre de documents vidéos et sonores. Outre le fait que la mini-série revienne sur l'un des cas les plus mystérieux et les plus passionnants qui soient en matière de para-normalité, Le mystère Enfield bénéficie d'une reconstitution des années soixante-dix sinon fidèle, mais rappelant du moins quelques vieilles séries britanniques qui firent florès dans le courant des années soixante-dix. On pense alors notamment à Thriller de Brian Clemens ou Tales of the Unexpected de Roald Dahl qui sans explorer systématiquement des univers fantastiques nous reviennent en mémoire grâce, justement, à la mini-série de Kristoffer Nyholm. Visiblement nanti d'un budget serré, Le Mystère Enfield repose avant tout sur la touchante incarnation de ses divers interprètes, à commencer par Timothy Spall qui joue le rôle de Maurice Grosse et bien entendu, la jeune Eleanor Worthington Cox qui débutait sa carrière un an en arrière en apparaissant dans Maléfique de Robert Stromberg et qui dans la mini-série de Kristoffer Nyholm une Janet Hodgson convaincante...

 

lundi 13 novembre 2023

The Complex (Kuroyuri Danchi) de Hideo Nakata (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Hideo Nakata, l'un des grands maîtres de la J-Horror s'était tourné vers d'autres projets, toujours ancrés dans l'horreur et l'épouvante, mais s'éloignant drastiquement de son thème de prédilection : les fantômes. Celui qui signa quelques-uns des classiques du genre, tels Ringu, sa séquelle ainsi que la suite du remake (vous suivez?) et plus encore, le remarquable Honogurai mizu no soko kara sorti sur le territoire français sous le titre Dark Water (à ne pas confondre avec l'immonde remake américain de Walter Salles signé en 2005) revenait en 2013 à ses premières amours. Offrant ainsi l'espoir aux fans du genre en général et au cinéaste japonais en particulier, de frissonner à nouveau comme à la toute fin du siècle dernier ou au tout début des années 2000. Bref, de quoi se replonger dans des univers que l'on connaît bien et qui, forcément, s'avèrent parfaitement balisés. C'est donc d'ailleurs en partie le cas avec The Complex qui voit le jour en 2013. Il y a donc dix ans tout juste, Hideo Nakata nous contait l'histoire de la jeune Asuka, de son jeune frère et de ses parents, lesquels viennent de s'installer dans un nouvel appartement situé au cœur d'un complexe résidentiel au doux nom de ''Lys noir'' (celui du titre, justement). Un HLM dont l'architecture est typique de celles que l'on découvre en général chaque fois que le cinéma japonais nous décrit l'existence de personnages de classe moyenne. Bref, des cages à lapins ! Ce qui n'empêche pas notre petite famille d'être très heureuse. Asuka s'apprête notamment à découvrir ses nouveaux camarades de classes. Poussée par ses parents à venir se présenter à leurs nouveaux voisins, l'adolescente frappe à la porte de l'appartement qui fait face au leur. Mais alors que la porte du voisin s'entrebaille, elle se referme aussitôt sans qu'Asuka ait eu le temps de se présenter. Dépitée, la jeune fille part faire un tour dans le quartier et croise un jeune enfant qui joue dans un bac à sable. Fuyant la présence d'Asuka, celle-ci décide finalement de rentrer chez elle. Très vite, elle fera la connaissance d'un camarade de classe prénommé Sasahara qui deviendra rapidement son ami et confident. Le jeune garçon épaulera surtout Asuka lorsque d'étranges événements se manifesteront au sein du complexe résidentiel. Quatorze ans après le premier volet de la franchise Ringu, les esprits viennent une fois de plus frapper à la porte du cinéma cher à Hideo Nakata. Et une fois encore, le sujet est ici lié à un drame survenu dans un passé plus ou moins lointain. On se souvient tous de Sadako, jeune fille assassinée puis jetée dans un puits dans Ringu ou de la tragédie survenue dans Honogurai mizu no soko kara, bien avant que Yoshimi Matsubara et sa petite fille de 6 ans, Ikuko ne viennent s'installer dans un nouvel appartement.


À ce titre, The Complex semble plus proche de ce dernier que de Ringu. Si la vengeance de Sadako était éminemment plus justifiable du fait que la gamine avait été assassinée, les conséquences de faits ayant eu lieu dans des contextes accidentels reliant les personnages de Honogurai mizu no soko kara et The Complex sont déjà beaucoup plus délicates à admettre. Hideo Nakata ajoute à cela, le deuil, le remord et l'absence. Des sentiments que l'on retrouve en très grande majorité dans ce genre de long-métrage mais qui s'avère ici, sans doute, l'un des points culminants. Plutôt que se lancer dans une réitération strictement consensuelle basée sur des archétypes calqués avec une infinie rigueur, Hideo Nakata ajoute un élément qui différencie The Complex d'une partie de la concurrence. Et ce, même si le sujet n'est ici pas évoqué pour la toute première fois : celui de la communication avec les défunts. Comme le découvrira (un peu trop) rapidement le spectateur, l'existence d'Asuka est marquée par un drame personnel qui lui a ''permis'' de développer la capacité de parler avec les morts et ainsi lui révéler une cruelle vérité ! Récemment, j'évoquais l'approche nettement plus complaisante de Takashi Shimizu envers une certaine catégorie de spectateurs. Pas celle formant ces groupes homogènes d'amateurs de films d'horreur mais plutôt celles et ceux constituant cette denrée visiblement grandissante des amateurs de Dramas ! Pas de la soupe, non, mais déjà, une nette prédisposition à lisser l'un de ses thèmes de prédilection. Sans jamais vraiment rentrer dans cette catégorie, The Complex n'innove jamais tout à fait et se montre plus soporifique que réellement inquiétant. Ce qui, à la lecture du synopsis peut paraître étonnant vue que le film mêle trois intrigues en même temps. Celle qui est propre à l'héroïne incarnée par Atsuko Maeda (laquelle est accompagnée tout au long du récit par l'acteur Hiroki Narimiya), celle du petit enfant auquel Asuka va s'attacher, ainsi que celle de ce vieil homme dont la jeune adolescente découvrira rapidement chez lui, le cadavre. Hideo Nakata tente une nouvelle fois d'émouvoir son auditoire mais malheureusement, The Complex ne vaut pas le dixième de son chef-d’œuvre Honogurai mizu no soko kara. Trop lent, trop dispersé, le film s'avère au final très ennuyeux...

 

samedi 28 octobre 2023

Insidious : The Last Key d'Adam Robitel (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Voilà, nous arrivons presque au terme de la franchise Insidious puisque après ce quatrième volet, il n'en restera plus qu'un, sorti en cette année 2023. À moins que d'autres projets concernant la saga initiée par James Wan en 2010 ne viennent de nouveaux bouleverser l'ordre établi dans un avenir prochain. Pour ce quatrième volet, son auteur aura au moins fait l'effort d'apporter au nom de la célèbre franchise horrifique, un sous-titre nettement moins commun que les précédents volets. Dans Insidious : The Last Key, la famille Lambert réapparaît pour un court instant sous forme de caméo. Comme pour le précédent épisode qui se concentrait sur Elise Rainier et ses acolytes Specs et Tucker, cette nouvelle aventure est axée sur ces trois personnages et plutôt qu'un retour au présent, le récit prend directement suite après les événements de la préquelle sortie trois ans auparavant en 2015. Ignorer ce qu'une partie de la critique affirma au sujet de ce quatrième volet, c'est fermer les yeux sur ce que peut apporter de nouveau Insidious : The Last Key qui n'est pas qu'un éternel recommencement. Alors bien sûr, le concept étant ce qu'il est, personne ne s'étonnera d'y retrouver encore et encore ces séquences d'effroi, ces voyage dans le monde astral et ces créatures hideuses auxquelles a été apporté un certain soin dans cette séquelle du précédent épisode. Prenant à cœur sa profession, Elise Rainier exige de ses deux collaborateurs qu'ils s'habillent de manière beaucoup plus pertinente qu'ils n'en n'ont l'habitude. Surtout que pour la nouvelle enquête qui se profile, les enjeux vont être de taille. Leigh Whannell abandonne la mise en scène au profit d'un nouveau venu mais conserve toujours la responsabilité de l'écriture et le rôle de Steven Specs qui dans cet opus va littéralement tomber sous le charme d'un nouveau personnage. Mais nous reviendrons sur ce sujet un peu plus loin. Originaire du Massachusetts aux États-Unis, Adam Robitel réalisa avant Insidious : The Last Key, un making-of consacré au 2001 Maniacs de Tim Sullivan, un court intitulé Love Your Customers en 2007 et un premier long-métrage sorti sous le titre L'étrange cas Deborah Logan sept ans plus tard.


Le réalisateur écrivant jusque là lui-même ses propres scénarii, Leigh Whannell ne lâche ici pourtant pas son poste et c'est plutôt une bonne chose. Car quoi qu'en disent les ''spécialistes'' ou les fans de la première heure, ce quatrième volet bénéficie sans doute du script le plus riche. En remontant non plus seulement aux sources du Mal mais aux origines d'Elise Rainier elle-même, Leigh Whannell tape dans le mille et propose une œuvre qui n'est plus simplement horrifique (les occasions de sursauter seront d'ailleurs moins nombreuses) mais à certaines occasions, plutôt émouvante. Insidious : The Last Key permet ainsi au spectateur de découvrir le père particulièrement violent d'Elise alors évoquée lors de sa prime jeunesse ainsi que l'existence de son frère Christian qu'interprète Bruce Davison, acteur à l'imposante filmographie au sein de laquelle on le vit notamment incarner l'un des principaux rôle de Crimes of Passion de Ken Russell en 1984 ou Short Cuts de Robert Altman en 1993. Abandonné par sa sœur qui, n'en pouvant plus d'être battue par leur père chaque fois qu'elle manifestait sa peur lors des différentes apparitions de fantômes, s'était enfuie de chez eux, Christian eut deux filles qui à l'écran apparaissent toutes les deux sous les traits de Spencer Locke (qui interprète ainsi Mélissa Rainier) et Caitlin Gerard (qui incarne quant à elle sa sœur Imogen). Du côté des créatures, exit celles des précédents volets. Parker Crane qui apparaissait dans le second et le troisième chapitres est remplacé dans ce quatrième chapitre par une nouvelle entité maléfique du nom de Keyface. Une apparition incarnée à l'image par l'acteur espagnol Javier Botet, surtout connu pour avoir interprété le rôle de l'effrayante Niña Medeiros dans la franchise [●REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza. La particularité de cette dernière, outre sa silhouette émaciée, son visage monstrueux semblable à un crâne recouvert d'une fine couche de peau et ses longs cheveux, est de porter au bout des doigts, des clés. Celles du titre. Cette créature semble donc avoir pour utilité principale celle de pouvoir ouvrir les fameuses ''portes rouges'' régulièrement évoquées !


Insidious : The Last Key est une nouvelle fois l'occasion pour la franchise d'asséner au spectateur quelques Jump Scares parfois redoutablement efficaces. L'on pense notamment à cette séquence située dans une bouche d'aération encombrée de valises au contenu macabre. La caméra détourne alors avec intelligence l'attention du spectateur pour mieux le piéger et ainsi le faire sauter de son siège ! Le réalisateur et le scénariste s'amusent à entrecouper le film de quelques petites séquences amusantes mais parfaitement inutiles comme lorsque Specs tente de séduire l'une des nièces d'Elise. Une Elise qui d'ailleurs n'aura jamais été aussi émouvante que dans ce quatrième chapitre qui s'intéresse aux conflits qui l'opposaient à un père très violent et ''sinistrement'' interprété par Josh Stewart. Notons que le script crée une intéressante connexion entre le passé douloureux de l'héroïne et la mission première qu'elle et ses deux collaborateurs se sont engagés de mener à bien. Sans livrer la moindre clé s'agissant de l'enquête qu'ils mèneront tout d'abord au sein de la demeure d'enfance d'Elise, disons que ceux qui connaissent Don't Breathe que Fede Alvarez réalisa en 2016 comprendront. Certains effets de surprise passés, Insidious : The Last Key repose sur un scénario plus solide qu'à l'habitude. Leigh Whannell offre à Adam Robitel un script passionnant et même si l'horreur et l'épouvante y demeurent redondantes, ce qui peut facilement se comprendre au bout de quatre longs-métrages, cet opus est sans conteste le meilleur de tous. Cette ''Dernière Clé'' évoquée par le titre pouvait laisser entendre que la franchise allait prendre fin en cette année 2018, et pourtant... Avec un budget ne dépassant pas celui du précédent volet, le film rapporta à l'échelle internationale presque cent-soixante dix-millions de dollars. Soit cinquante-cinq millions de plus que Insidious : Chapter 3. Insidious : The Last Key affichera même un résultat supérieur au second qui jusque là obtint les meilleurs résultats. Les fans devront patienter cinq années supplémentaires pour que réapparaissent à l'image les membres de la famille Lambert dans un cinquième chapitre intitulé Insidious : The Red Door dans lequel, malheureusement, les personnage d'Elise, de Specs et de Tucker n’apparaîtront que sous forme de caméo...

 

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