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jeudi 1 octobre 2026

Insidious: The Red Door de Patrick Wilson (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Tandis que la famille Lambert a laissé la place aux Brenner dans Insidious : Chapitre 3 et aux Rainier dans Insidious : La Dernière Clé, le cinquième volet de la franchise créée par Leigh Whannell et tout d'abord réalisée par James Wan marquait en 2023 le retour à l'écran des principaux membres de la famille d'origine constituée de Josh (Patrick Wilson), de son ex épouse Renai (Rose Byrne) ou encore de Dalton (Ty Simpkins). Avant que l'intrigue ne se déroule neuf ans après les précédents événements au centre desquels furent plongés les Lambert, Insidious: The Red Door démarre par une séquence durant laquelle le père et le fils sont plongés sous hypnose afin qu'ils oublient tout de leur affrontement avec les démons. Afin de protéger Dalton, ses parents vont en outre lui faire croire que durant cette période celui-ci fut plongé dans le coma. Neuf années passent et l'adolescent part faire ses études dans une école d'art afin d'y perfectionner son talent de dessinateur. Accompagné par son père, lui et Josh ne se quittent pas en bons termes. Partageant pour le moment sa chambre d'étudiant avec l'étudiante Christina Winslow (Sinclair Danie), Dalton est pris de vertiges lorsque durant un cours administré par la prof Armagan (Hiam Abbass), le jeune homme dessine une porte. Sans le savoir puisqu'il n'a conservé aucun souvenir des événements ayant eu lieu près d'une décennie en arrière, Dalton vient involontairement d'ouvrir une brèche donnant directement sur le ''Lointain'' et sur les démons qui y vivent. De son côté, Josh commence à avoir des visions cauchemardesques. Perturbé par son absence de liens vis à vis de sa famille et incapable de mettre de l'ordre dans certains de ses souvenirs, il se lance dans une quête de vérité. Un concept que partage à l'université Dalton qui lui aussi est désormais harcelé par d'abominables visions... Ce cinquième et avant-dernier opus de la franchise Insidious dont le dernier volet est récemment sorti sur les écrans sous le titre Insidious : L'Invasion du Lointain fait donc fi des troisième et quatrième longs-métrages pour se recentrer sur la famille d'origine de la saga. Réalisé par Patrick Wilson qui endosse donc ici les rôles de réalisateur et d'interprète du père de famille, Insidious: The Red Door est scénarisé par Scott Teems...


C'est la première fois que ce dernier intervient dans la franchise, lui qui la même année concevra aux côtés de Peter Sattler et de David Gordon Green le script de L'Exorciste : Dévotion qui devait être le premier volet d'une nouvelle trilogie reposant sur le chef-d’œuvre éponyme de William Friedkin avant que le projet ne soit finalement abandonné. Dans cette quatrième itération, Patrick Wilson renoue donc avec la famille constituée par son propre personnage, l'ex épouse ici très peu visible à l'écran et surtout son fils Dalton avec lequel il entre régulièrement en conflit. Critiqué, malmené, incendié par la plupart des critiques et des spectateurs, Insidious: The Red Door demeure sans doute pour certains le plus incompris de toute la saga. En effet, Patrick Wilson et son scénariste semblent être davantage et en priorité motivés par l'idée d'évoquer la cellule familiale. Celle-là même qui a éclaté et que les horreurs auxquelles les différents protagonistes vont être bientôt confrontés pourraient peut-être permettre de recoller les morceaux. Alors oui, bien sûr, Patrick Wilson prend son temps. Oui, le film ne prend pas immédiatement d'assaut les personnages. Et quand bien même les spectateurs seraient uniquement venus assouvir leur soif inextinguible pour les démons, les jumpscares et autres joyeusetés horrifiques, Insidious: The Red Door rencontre le même soucis pour ces dernier que le dernier volet de la franchise Conjuring intitulé L'heure du jugement. Cette propension à plonger les spectateurs dans l'intimité des personnages qui semble donc pour eux incompatible avec le concept de film d'horreur. Et pourtant, bien avant que le film de Patrick Wilson ne joue comme les précédents avant lui la carte de la facilité, ce sont sans doute ces moments de pure communion avec les personnages de Josh et de Dalton qui offrent au long-métrage ses rares qualités. N'en déplaise à ceux qui affirment le contraire et qui voient en ces séquences la somme, le résultat, d'une œuvre à minina ennuyeuse et au pire, merdique au dernier degré. Sans dire que le film est un chef-d’œuvre puisqu'il n'est que le énième avatar de légions de films reposant sur le même concept, Insidious: The Red Door reste relativement agréable à regarder. Surtout durant les trente ou quarante premières minutes, avant que tout ne se mette à dégénérer...


vendredi 27 octobre 2023

Insidious : Chapter 3 de Leigh Whannell (2015) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

 

Dans le précédent article, je me posais la question de savoir quelle tournure allait prendre la franchise Insidious sachant que dès le second opus, le réalisateur James Wan semblait lui avoir déjà donné le caractère d'une œuvre testamentaire. Surchargé de visions et d'apparitions macabres, Insidious : chapitre 2 avait l'air d'avoir définitivement plié, tordu, déformé le concept jusqu'à ne plus être en mesure de laisser pour la suite des événements, matière à innover. Comment allait donc s'y prendre l'auteur de Saw, de Conjuring ou de Malignant pour parvenir à relancer la machine ? De la manière la plus simple qui soit : refiler son rejeton au scénariste des deux premiers volets. J'ai nommé Leigh Whannell qui dans le rôle du pigeon qui ne voit pas se refermer autour de lui le piège accepte de mettre lui-même en scène son tout premier long-métrage. Et comme l'on n'est rarement mieux servi que par soit-même, il se chargera également de l'écriture du scénario et reprendra le rôle de Specs, l'un des deux chasseurs de fantômes qui aux côtés de Tucker et Elise Rainier avaient déjà tenté d'aider la famille Lambert dans les deux premiers volets de la franchise. Le projet Insidious : Chapter 3 débute en 2013, soit deux ans avant de voir le jour sur grand écran. Patrick Wilson refuse alors de reprendre le rôle de Josh Lambert qu'il juge avoir tout donné dans les volets un et deux de la saga. Ce troisième opus se fera donc sans lui mais également sans la présence à l'image des interprètes qui formèrent à l'écran la famille Lambert. Alors, comment allait donc s'y prendre Leigh Whannell pour rendre possible l'existence de ce troisième épisode ? Tout simplement en évitant de créer une suite qui aurait sans doute perdu de son intérêt mais en remontant au contraire le fil du temps à travers ce que l'on officialise communément sous le nom de préquelle.


Un an après le début du projet, Leigh Whannell fait donc table rase des événements qui se sont produits lors des épisodes un et deux et choisit de remonter aux origines du phénomène et aux fondations de ce qui deviendra le trio de chasseurs de fantômes formé autour d'Elise, de Tucker et de Specs ! En soit, le concept est une idée plutôt éclairée bien que n'étant plus tellement originale vu que nombre de franchises s'y adonnent régulièrement. J'oubliais de le préciser dans l'article précédent mais depuis le succès du premier opus, le financement du second fut réévalué à hauteur de cinq millions de dollars. Soit un peu plus du triple de l'original. Pour Insidious : Chapter 3, la production passe carrément de cinq à dix millions. De quoi permettre un tournage confortable tout en n'assurant pas forcément des bénéfices à hauteur des engagements comme le démontreront les résultats au box-office. En effet, parmi les quatre premiers films de la franchise, celui-ci sera celui qui attirera le moins de spectateurs dans les salles en totalisant à l'échelle mondiale des bénéfices ne dépassant que de très peu les cent-dix millions de dollars. Soit légèrement plus que le premier volet qui n'avait pourtant coûté qu'un million et demi de dollars et cinquante de moins que le second qui revint quant à lui deux fois moins cher ! Le tournage débute le 09 juillet 2014 et s'achève le 18 août. Le long-métrage est tourné à Los Angeles et notamment aux Delfino Studios où furent construits l'appartement de la famille Brenner servant de décor principal. Si Insidious : Chapter 3 se penche sur le passé d'Elise et de ses deux collaborateur Tucker et Specs, le principe est toujours le même puisque l'on retrouve les passages obligés dans le monde astral où va cette fois-ci se laisser piéger une toute nouvelle héroïne du nom de Quinn Brenner qu'interprète la jeune actrice Stefanie Scott dont il s'agira là du troisième rôle sur grand écran après les comédies romantiques Un cœur à l'envers de Rob Reiner en 2010 et Sex Friends d'Ivan Reitman l'année suivante.


Dans le rôle du père l'on retrouve l'acteur Dermot Mulroney dont l'incroyable absence de charisme ne le range évidemment pas parmi les héros véritables de cette préquelle. L'acteur, et donc son personnage, agissent majoritairement en spectateurs. Sans sa présence, il n'est pas défendu de penser que le film aurait été le même. Notons que parmi les nouveaux personnages débarque une créature connue sous le nom de L'homme qui ne peut pas respirer et que ce dernier est incarné par Michael Reid MacKay. Un personnage aussi vite apparu, aussi vite éclipsé puisqu'il ne réapparaîtra plus dans aucun autre film de la franchise. Le compositeur Joseph Bishara est toujours aux commandes de la partition musicale et signe une fois encore une très efficace bande-son. Violons stridents, effets dissonants et grands BOUM ! lors des nombreux et efficaces Jump Scares sont donc encore au programme. Malheureusement, en dehors de quelques sursauts programmés, de visions sinistres, d'apparitions marquantes accentuées par d'astucieux cadrages, le film s'enlise en cours de route dans des situations proches du ridicule. Pourtant, d'une certaine manière, le réalisateur et scénariste Leigh Whannell est parvenu à repartir de zéro tout en demeurant dans la continuité. Et malgré le triste score du film à l'échelle nationale et internationale, cela n'empêchera pas un quatrième volet intitulé Insidious: The Last Key de voir le jour trois ans plus tard. Un opus qui cette fois-ci sera réalisé par un certain Adam Robitel, auteur l'année précédente d'un premier long-métrage intitulé L'étrange cas Deborah Logan et qui quelques années plus tard sera l'auteur des deux opus du diptyque Escape Game. Mais ça, c'est encore une autre histoire...


 

jeudi 26 octobre 2023

Insidious : Chapter 2 de James Wan (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il y a trois ans, je découvrais pour la première fois le premier volet de la franchise Insidious et malgré les qualités que je lui prêtais alors, je n'en ai gardé que de vagues souvenirs. Du producteur, réalisateur et scénariste australien James Wan j'avais alors davantage de prédispositions pour une autre de ses franchises. La série de films intitulés The Conjuring. Des longs-métrages narrativement beaucoup plus proches du concept que j'avais déjà pris le temps d'apprécier des décennies en arrière. Burnt Offerings de Dan Curtis en 1976, La sentinelle des maudits de Michael Winner en 1977, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg en 1979 ou encore The Changeling de Peter Medak l'année suivante pour ne citer que les meilleurs d'entre tous. C'est donc avec dix ans de retard que je découvrais ce qui semblait être devenu comme la nouvelle référence en matière de fantômes, poltergeist (ou, esprits frappeurs), spectres et autres ectoplasmes plus ou moins malfaisants. Ma belle-fille, je m'en souviens maintenant très clairement, m'avait vendu la chose comme une expérience authentiquement terrifiante. Ce que, malheureusement, Insidious ne fut jamais vraiment et je ressortais même de la projection plutôt amusé. Si je n'ai conservé que peu de souvenirs de ce premier volet, rien de grave car d'emblée, la suite sobrement intitulée Insidious : Chapter 2 fut là pour me rappeler les enjeux de cette franchise qui allait atteindre le symbolique chiffre 5 cette année 2023 avec un dernier volet que j'aurai peut-être le plaisir ou le dégoût de découvrir un jour. En attendant, la difficile tâche qui m'incombe aujourd'hui est de revenir sur ce second opus dans lequel nous retrouvons la majeure partie des interprète du premier épisode. On ne va pas tous les citer mais Elise Rainier, Steven Specs, Tucker et les membres de la famille Lambert constitués de Josh, de Renai, de Dalton, de Loraine, de Foster et de Kali respectivement interprétés par Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson, Patrick Wilson, Rose Byrne, Ty Simpkins, Barbara Hershey, Jocelin Donahue, Andrew Astor ainsi que les sœurs Bryn et Madison Bowie ont de nouveau répondu présent !


Du côté de la réalisation, James Wan est donc toujours au poste et Leigh Whannell fidèle à celui de scénariste. À la production, on retrouve évidemment Jason Blum mais aussi Oren Peli, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité vu que le bonhomme n'a dans sa vie réalisé que deux longs-métrages (Paranormal Activity et Zone 51) et que l'un comme l'autre sont, selon l'expression consacrée d'un certain Jacquouille la Fripouille, deux bonnes grosses ''Boules de merdasse'' !!! Bref, cette nouvelle aventure démarre de manière plutôt classique quoique un brin abrupte puisque l'on retrouve certains membres de la famille Lambert toujours aux prises avec la présence maléfique du précédent volet. Une séquence lors de laquelle Elise Rainier tente de leur venir en aide mais trouve la mort dans de mystérieuses circonstances. Très vite soupçonné mais rapidement innocenté, Josh, le père, se comporte de manière fort inquiétante. L'acteur livre ici une interprétation qui dénote avec celle, nettement plus empathique, qu'il incarne dans la franchise The Conjuring et dans laquelle, je le rappelle, il interprète le personnage d'Ed Warren, époux de Lorraine avec laquelle, ce protagoniste ayant réellement existé, il compose un couple connu comme le plus célèbre de chasseurs de fantômes. Avec Insidious : Chapter 2, James Wan et le scénariste se sont littéralement lâchés. À tel point que cette suite ressemble plus à un catalogue réunissant à peu près tout ce que le thème des fantômes peut réunir dans sa mythologie. Un choix qui se fera au détriment de cohérences scénaristiques et narratives. Entre visite d'une demeure abandonnée et d'un hôpital désaffecté en mode Urbex, chuchotements, objet jetés à terre, jouets se déclenchant comme par (dés)enchantement, silhouettes fantomatiques et j'en oublie des vertes et des pas mûres, Insidious : Chapter 2 propose de ce côté là, un challenge nettement plus important que la concurrence même si cela doit défier certaines règles de la logique. Et parce que cela ne suffit pas, le récit intègre pour la première fois le personnage de Peter Crane (l'acteur Tom Fitzpatrick) que l'on comparera (ou pas) au sinistre révérend Henry Kane qu'interpréta en 1985 l'acteur Julian Beck alors atteint d'un cancer de l'estomac dont il mourut quelques mois seulement après la fin du tournage de Poltergeist 2.


Peter Crane semblerait donc avoir un lien direct avec toute cette affaire. Ancien patient apparemment atteint d'un grave trouble œdipien, il tenta alors de se castrer avant de se retrouver dans le service des urgences où travaille justement Lorraine Lambert, la mère du gamin supposé avoir le don de voyager dans le monde astral et ainsi de côtoyer les morts. Ce qu'il y a de terrible avec ce genre de long-métrage est le sentiment de coup de vieux qui nous étreint lorsqu'au détour d'un commentaire laissé par un supposé journaliste spécialisé dans le cinéma d'épouvante, l'on découvre que le film est en priorité réservé à un public jeune. Autant dire que l'on se sent rapidement rejeté et que l'idée même que l'on puisse apprécier le film en question doit être, au mieux, dissimulé ! Et au pire, banni de toute conversation entre adultes. Mais que voulez-vous, malgré les références que l'on accumule et ce jugement souvent hâtif qui naît souvent de critiques aigris par la vieillesse et l'arrogance de ceux ''qui savent'', et bien... allez... je saute à pieds joints : j'ai bien aimé cette suite ! Ouais. Bien que le script soit réellement bordélique et que la peur ou du moins celle que sont censées représenter les différentes apparitions, soit artificiellement accompagnée d'innombrables Jump Scares, j'avoue ne m'être jamais ennuyé. Quasiment chaque plan est l'occasion d'une vision plus ou moins sinistre. Et même si l'on est un peu trop habitués à ce genre de pratique qui consiste à placer au bon endroit et au bon moment le cri strident d'un archet glissant sur les cordes d'un violon ou de grands boums, paf et autres bruits que l'on reproduira par onomatopées, cela fonctionne. Parfois, mais pas toujours. En ces termes, la première heure est franchement réussie tandis que la dernière partie semble aller tout droit dans le mur en multipliant des actes qui se voudraient de bravoure mais qui finalement relèvent de l'absurde. James Wan et Leigh Whannell y ont mis tellement de choses que l'on peut se demander de quelle manière ils auront réussi à aborder le troisième volet. Réponse dans un prochain article, peut-être...

 

samedi 23 mai 2020

Insidious de James Wan (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆



Jason Blum et Oren Peli à la production... Des noms qui sonnèrent sans doute déjà la mode en 2010 et qui ornèrent les affiches de ce premier volet de la saga Insidious. Lorsque l'on pense que le premier a manqué de flair en refusant de participer à la production de ce petit film qu'est Le Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, devenu culte depuis sa sortie, on se demande encore comment... Et que le second s'avère être coupable de l'une des plus grandes escroqueries de l'histoire du cinéma en ayant osé réaliser l'immense daube qu'est Paranormal Activity... Et pourtant, plutôt que de cacher leur participation en tant que producteurs (il faut croire que le public n'a pas de mémoire ou s'avère avoir mauvais goût en matière de films d'horreur) ? James Wan, auteur entre autres de Saw en 2004, ou des deux premiers volets de Conjuring en 2013 et 2016, les exhibe, comme d'incontournables références cinématographiques. En 2011, année de sortie de Insidious sur le plan international, James Wan avec ce premier volet, débute un nouveau concept. Enfin, de nouveau, comprenez par là qu'il l'est surtout pour ce tout jeune réalisateur qui réalisa son premier long-métrage à seulement vingt-trois ans avant de connaître le succès quatre ans plus tard avec Saw dont il confiera le soin de réaliser les séquelles à d'autres tout en demeurant à la production. Valeur sûre du cinéma d'épouvante, l'austro-sino-malaisien a jusqu'à maintenant consacré une très large partie de sa carrière de cinéaste à réaliser des films d'horreur dont Insidious, justement.

Une histoire de fantômes comme il s'avère plutôt commode de dire. Et d'ailleurs, ce premier volet navigue bien dans les eaux connues du film de maison hantée. Voyez par vous-même : des portes qui grincent et qui claquent. Des apparitions. Des bruits de pas, des rires et des chuchotements. Une famille qui vient d'emménager dans sa nouvelle demeure (un couple et leurs trois enfants) et très vite, des événements qui relèvent du surnaturel. Un mari absorbé par son travail, une épouse qui reste à la maison pour y écrire de nouvelles chansons au piano. Et surtout, un fils, le plus âgé, victime d'un mal étrange qui l'a plongé dans une sorte de coma le lendemain du jour où le soir-même, il fut victime d'un accident apparemment bénin survenu au grenier. Des médecins incapables de diagnostiquer sa maladie et un Dalton, c'est son prénom, alité dans sa chambre et entouré de tout un appareillage censé le maintenir en vie. Bref, l'environnement idéal pour que s'y développe une intrigue que le spectateur aura tôt fait de comparer à quelques grands classiques du genre, tels L'Exorciste de William Friedkin dans une toute petite mesure, ou Amityville, la Maison du Diable de Stuart Rosenberg dans une autre de toute autre envergure. Chacun ira de sa comparaison, allant parfois même jusqu'à évoquer un troisième classique indémodable : le Poltergeist co-réalisé par Tobe Hooper et Steven Spielberg...

Bon, autant le dire tout de suite, Insidious est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins effrayant que certains l'affirment... à moins d'être sensible au moindre excès de volume sonore, au moindre ''BOUM'', au moindre ''jump scare'', il y a tout de même de fortes chances pour que le film vous laisse au mieux, le souvenir d'un joli mais innocent spectacle, et au pire, vous laisse totalement indifférent. Et là, je m'adresse bien évidemment à ceux qui se sont exercés des décennies auparavant sur les terrifiantes pellicules que furent Burnt Offerings de Dan Curtis en 1976 ou The Changeling de Peter Medak quatre ans plus tard... Dans les rôles principaux, l'acteur Patrick Wilson que l'on reverra par la suite chez James Wan avec la saga Conjuring (dont il partagera la vedette avec l'actrice Vera Farmiga qu'il retrouvera ensuite dans The Passenger de Jaume Collet-Serra en 2018), l'australienne Rose Byrne qui incarne ici son épouse Renai Lambert, mais également l'américaine Lin Shaye, grande habituée des films d'épouvante depuis les quasi débuts de sa carrière puisqu'elle joua notamment dans Alone in the Dark de Jack Sholder en 1982, Amityville: A New Generation de John Murlowski en 1993 ou encore Freddy sort de la Nuit de Wes Craven l'année suivante. La mise en scène de James Wan est soignée et la musique du compositeur Joseph Bishara apporte un petit plus non négligeable. Malheureusement, après une première heure classique mais intéressante, Insidious tombe dans les travers de la grandiloquence et l'on passe de l'épouvante pseudo-réaliste au fantastique totalement débridé. Cependant, le dernier tiers offre tout de même un voyage sur un plan astral morbide esthétiquement réussi. Mais de là à dire que Insidious fait peur, il ne faut tout de même pas exagérer. Au final, l’œuvre de James Wan est un film d'épouvante grand public, ni plus ni moins... To be continued...
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