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samedi 10 janvier 2026

Conjuring 2 : Le Cas Enfield de James Wan (2016)



Alors que la légitimité des travaux effectués par le couple formé par Ed et Lorraine Warren est remise en question par certains de leurs détracteurs, dont certains affirment que le cas « Amityville n'est qu'un canular monté de toutes pièces par la famille Lutz, propriétaire des lieux. Malgré l'expérience traumatisante vécue dans la demeure par Lorraine, la médium et son mari acceptent de se rendre dans une maison de la banlieue de Londres où vivent Peggy et ses quatre enfants, Janet, Margaret, Johnny- et Billy que la mère de famille élève seule. Relégués par les médias, les événements qui s'y produisent depuis quelques jours intéressent l’église qui se charge alors d'informer les Warren.

Imaginez... vous vous réveillez, allongé dans ce qui semble être un lit. Il fait encore nuit, la Lune ne brille d'aucun reflet, et il règne dans la pièce un silence régulièrement dérangé par les grincements d'un parquet. Vous n'y voyez rien et commencez à vous affoler. Votre respiration s'accélère et ce n'est qu'au bout de quelques minutes que vous vous rappelez et comprenez que vous êtes loin de chez vous, de votre lit et que vous venez de vous réveiller dans celui d'une agréable maison de campagne. Demain, tout ira pour le mieux. Il fera jour, et les oiseaux chanteront dès que le soleil transpercera les minuscules fentes des volets de votre chambre. Vous reprenez votre souffle et vous rendormez tranquillement jusqu'au petit matin.
L'espace d'un instant, c'est un peu le sentiment que l'on ressent devant ce deuxième volets des Dossiers Warren, Conjuring 2 : Le Cas Enfield. Sauf qu'ici, l'angoisse ne dure pas les quelques minutes qui vous sont nécessaires pour remettre un peu d'ordre dans votre esprit mais plus de deux heures. Le temps que dure cette suite en tous points remarquable.

D'abord parce qu'elle s'inscrit dans la grande tradition des œuvres horrifiques inspirées de faits authentiques. Le film de James Wan fait en effet référence au cas Enfield, l'une des affaires de hantise les plus célèbres et documentée de l'histoire du paranormal. Le réalisateur reprend les véritables prénoms des protagonistes de cet incroyable événement dont les premiers signent se manifestèrent le 31 Aout 1977 et s'achevèrent plus d'un an après.

Cette fois-ci, le couple Warren (Vera Farmiga et Patrick Wilson) file tout droit pour une petite banlieue de Londres au coeur des années soixante-dix. Renouant avec les classiques du genre (Amityville, la Maison du Diable de Stuart Rosenberg), le cinéaste parvient à le renouveler, lui donner un second souffle que l'armada de productions récentes du même genre n'ont pas réussi à atteindre. Pas même le remake de Rosenberg qui malgré les progrès en matière d'effets-spéciaux n'arrive pas à la cheville de son ainé. Conjuring 2 : Le Cas Enfield tient sa promesse lorsqu'il s'agit de faire monter l'angoisse à mesure que le récit se développe. Entre une première partie qui nous présente Peggy et sa petite famille, entrecoupées de passages mettant en scène le couple Warren, la tension monte miraculeusement lors de climax nocturnes vraiment réellement effrayants. James Wan a le don pour placer ses caméras là où il est certain d'obtenir le meilleur effet. Tout comme il sait produire la peur à travers d'innombrables jeux d'ombres dont l'efficacité est à toute épreuve.

Mais ce que l'on retiendra certainement longtemps de cette suite, c'est l'admirable interprétation de la jeune actrice Madison Wolfe qui dans le rôle de Janet rappelle quelque part la belle performance de Linda Blair dans L'Exorciste de William Friedkin. Malgré la durée du film (qui dure plus de deux heures), on ne s'ennuie pas un seul instant. Non seulement James Wan a réussi le pari de faire mieux que le premier volet, mais son film est également l'un des meilleurs représentants du genre. Un futur classique que les amateurs du genre n'oublieront pas de ranger aux côtés des sublimes The Changeling et La Sentinelle des Maudits...

jeudi 26 octobre 2023

Insidious : Chapter 2 de James Wan (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il y a trois ans, je découvrais pour la première fois le premier volet de la franchise Insidious et malgré les qualités que je lui prêtais alors, je n'en ai gardé que de vagues souvenirs. Du producteur, réalisateur et scénariste australien James Wan j'avais alors davantage de prédispositions pour une autre de ses franchises. La série de films intitulés The Conjuring. Des longs-métrages narrativement beaucoup plus proches du concept que j'avais déjà pris le temps d'apprécier des décennies en arrière. Burnt Offerings de Dan Curtis en 1976, La sentinelle des maudits de Michael Winner en 1977, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg en 1979 ou encore The Changeling de Peter Medak l'année suivante pour ne citer que les meilleurs d'entre tous. C'est donc avec dix ans de retard que je découvrais ce qui semblait être devenu comme la nouvelle référence en matière de fantômes, poltergeist (ou, esprits frappeurs), spectres et autres ectoplasmes plus ou moins malfaisants. Ma belle-fille, je m'en souviens maintenant très clairement, m'avait vendu la chose comme une expérience authentiquement terrifiante. Ce que, malheureusement, Insidious ne fut jamais vraiment et je ressortais même de la projection plutôt amusé. Si je n'ai conservé que peu de souvenirs de ce premier volet, rien de grave car d'emblée, la suite sobrement intitulée Insidious : Chapter 2 fut là pour me rappeler les enjeux de cette franchise qui allait atteindre le symbolique chiffre 5 cette année 2023 avec un dernier volet que j'aurai peut-être le plaisir ou le dégoût de découvrir un jour. En attendant, la difficile tâche qui m'incombe aujourd'hui est de revenir sur ce second opus dans lequel nous retrouvons la majeure partie des interprète du premier épisode. On ne va pas tous les citer mais Elise Rainier, Steven Specs, Tucker et les membres de la famille Lambert constitués de Josh, de Renai, de Dalton, de Loraine, de Foster et de Kali respectivement interprétés par Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson, Patrick Wilson, Rose Byrne, Ty Simpkins, Barbara Hershey, Jocelin Donahue, Andrew Astor ainsi que les sœurs Bryn et Madison Bowie ont de nouveau répondu présent !


Du côté de la réalisation, James Wan est donc toujours au poste et Leigh Whannell fidèle à celui de scénariste. À la production, on retrouve évidemment Jason Blum mais aussi Oren Peli, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité vu que le bonhomme n'a dans sa vie réalisé que deux longs-métrages (Paranormal Activity et Zone 51) et que l'un comme l'autre sont, selon l'expression consacrée d'un certain Jacquouille la Fripouille, deux bonnes grosses ''Boules de merdasse'' !!! Bref, cette nouvelle aventure démarre de manière plutôt classique quoique un brin abrupte puisque l'on retrouve certains membres de la famille Lambert toujours aux prises avec la présence maléfique du précédent volet. Une séquence lors de laquelle Elise Rainier tente de leur venir en aide mais trouve la mort dans de mystérieuses circonstances. Très vite soupçonné mais rapidement innocenté, Josh, le père, se comporte de manière fort inquiétante. L'acteur livre ici une interprétation qui dénote avec celle, nettement plus empathique, qu'il incarne dans la franchise The Conjuring et dans laquelle, je le rappelle, il interprète le personnage d'Ed Warren, époux de Lorraine avec laquelle, ce protagoniste ayant réellement existé, il compose un couple connu comme le plus célèbre de chasseurs de fantômes. Avec Insidious : Chapter 2, James Wan et le scénariste se sont littéralement lâchés. À tel point que cette suite ressemble plus à un catalogue réunissant à peu près tout ce que le thème des fantômes peut réunir dans sa mythologie. Un choix qui se fera au détriment de cohérences scénaristiques et narratives. Entre visite d'une demeure abandonnée et d'un hôpital désaffecté en mode Urbex, chuchotements, objet jetés à terre, jouets se déclenchant comme par (dés)enchantement, silhouettes fantomatiques et j'en oublie des vertes et des pas mûres, Insidious : Chapter 2 propose de ce côté là, un challenge nettement plus important que la concurrence même si cela doit défier certaines règles de la logique. Et parce que cela ne suffit pas, le récit intègre pour la première fois le personnage de Peter Crane (l'acteur Tom Fitzpatrick) que l'on comparera (ou pas) au sinistre révérend Henry Kane qu'interpréta en 1985 l'acteur Julian Beck alors atteint d'un cancer de l'estomac dont il mourut quelques mois seulement après la fin du tournage de Poltergeist 2.


Peter Crane semblerait donc avoir un lien direct avec toute cette affaire. Ancien patient apparemment atteint d'un grave trouble œdipien, il tenta alors de se castrer avant de se retrouver dans le service des urgences où travaille justement Lorraine Lambert, la mère du gamin supposé avoir le don de voyager dans le monde astral et ainsi de côtoyer les morts. Ce qu'il y a de terrible avec ce genre de long-métrage est le sentiment de coup de vieux qui nous étreint lorsqu'au détour d'un commentaire laissé par un supposé journaliste spécialisé dans le cinéma d'épouvante, l'on découvre que le film est en priorité réservé à un public jeune. Autant dire que l'on se sent rapidement rejeté et que l'idée même que l'on puisse apprécier le film en question doit être, au mieux, dissimulé ! Et au pire, banni de toute conversation entre adultes. Mais que voulez-vous, malgré les références que l'on accumule et ce jugement souvent hâtif qui naît souvent de critiques aigris par la vieillesse et l'arrogance de ceux ''qui savent'', et bien... allez... je saute à pieds joints : j'ai bien aimé cette suite ! Ouais. Bien que le script soit réellement bordélique et que la peur ou du moins celle que sont censées représenter les différentes apparitions, soit artificiellement accompagnée d'innombrables Jump Scares, j'avoue ne m'être jamais ennuyé. Quasiment chaque plan est l'occasion d'une vision plus ou moins sinistre. Et même si l'on est un peu trop habitués à ce genre de pratique qui consiste à placer au bon endroit et au bon moment le cri strident d'un archet glissant sur les cordes d'un violon ou de grands boums, paf et autres bruits que l'on reproduira par onomatopées, cela fonctionne. Parfois, mais pas toujours. En ces termes, la première heure est franchement réussie tandis que la dernière partie semble aller tout droit dans le mur en multipliant des actes qui se voudraient de bravoure mais qui finalement relèvent de l'absurde. James Wan et Leigh Whannell y ont mis tellement de choses que l'on peut se demander de quelle manière ils auront réussi à aborder le troisième volet. Réponse dans un prochain article, peut-être...

 

vendredi 1 octobre 2021

Malignant de James Wan (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Quand tu cherches la lumière et que pendant plus d'une heure tu as droit à d'épais nuages... qu'une éclaircie s'affiche pour laisser passer quelques rayons vingt ou trente minutes durant... et qu'à l'issue d'une longue attente la chaleur du soleil caresse enfin ton visage... voilà en quelques mots à quoi ressemble Malignant, le dernier rejeton d'une lignée de longs-métrages d'épouvante signés de James Wan, l'homme derrière lequel se cachent Saw, The Conjuring ou encore Insidious. Les hostilités démarrent sous la forme d'un pré-générique digne d'une série Z. Puis lorsque le dit générique déroule ses informations, on a droit là à ces éternelles redites constituées d'images d'archives glauques et détail cradingues. En l'espace de quelques dizaines de secondes, le réalisateur sème des indices dont on ne connaîtra l'ampleur qu'une toute petite demi-heure avant la fin. James Wan y concentre une grande partie de l'univers qu'il a façonné en un peu plus d'une quinzaine d'années pour la régurgiter de manière parfois maladroite. Comme si le réalisateur, scénariste et producteur avait sciemment choisi de saborder sa carrière. Du moins est-ce l'impression qui plane durant une bonne partie de la projection. Entre chasse au fantôme, possession diabolique, body horror à la David Cronenberg, hypnothérapie, enquête policière, W.IP (Women in Prison, pour les ignorants!!!) et, il fallait oser, Moonwalk sur fond de carnage gore, l'amateur de sensations fortes peut y faire son marché...


Perdant ses spectateurs durant une bonne moitié du long-métrage, révélateur des enjeux durant les vingt minutes suivantes et relâchant totalement la pression lors d'une séquence hautement jouissive se déroulant dans une cellule à l'intérieur de laquelle vient d'être enfermée notre héroïne Madison Mitchell (l'actrice britannique Annabelle Wallis) et lors de laquelle elle aura fort à faire avec des rebuts féminins de notre société, Malignant laisse un goût étrange d'inachevé. Comme un sympathique concept salopé au moment de le mettre en forme. Déjà, je ne sais pas ce qu'en penseront les autres, mais Annabelle Wallis me semble inapte à rendre crédible son personnage. Ses hurlements répétés tapent sur le système et sonnent faux. Entre sons typiquement eighties et metal industriel, le compositeur américain Joseph Bishara se prend parfois pour le Trent Reznor de Nine Inch nails. Malignant est une compilation de tout ce qui a déjà été fait et refait au cinéma en matière de cinéma d'épouvante et plus précisément en terme de Jump Scares, d'esprits frappeurs, d'ecostoplasmes, de goule courant au plafond et marchant sur les murs et tout autres manifestations paranormales belliqueuses. Sauf que le film est plus malin que l'on ne croit car si tout semble être déjà écrit dès les premières minutes, James Wan a de la ressource. Une imagination qui ne s'arrête fort heureusement pas aux portes de l'imaginaire qu'il développa notamment avec la franchise The Conjuring.


[attention spoiler !!!] : Car ici, il est en fait question de cancer, de tératome (je vous conseille de faire quelques recherches sur ce sujet aussi passionnant qu'étonnant mais il est vrai, peu ragoutant !) et plus dingue encore, de jumeaux parasites ! Bref, de rendre concret et ''réaliste'' ce qui jusqu'à maintenant provenait d'un imaginaire farfelu [FIN DU spoiler !!!]. si celles et ceux qui aiment rester dans leur zone de confort risquent de demeurer circonspects devant la tournure que vont prendre les événements, les fans de mangas live prendront quant à eux leur pied. James Wan, c'est en fin de programme la rencontre entre le japonais Noboru Igushi de Dead Sushi, Robo-Geisha ou Mutant Girl Squad avec le Robert Rodriguez d'Une nuit en enfer. On regretterait presque que le réalisateur de Malignant n'ait pas directement tourné son sujet vers cette approche à l'origine typiquement asiatique et que le monde du cinéma s'arrache désormais depuis quelques années. Pour finir, inutile de préciser (mais faisons le tout de même) que la formidable chorégraphie effectuée lors des vingt dernières minutes par l'héroïne ne sont pas l’œuvre d'Annabelle Wallis mais de la contorsionniste ukrainienne Marina Mazepa, rare exploit d'un long-métrage qui bénéficie tout de même d'une excellente photographie (mais parfois trop sombre) et de cadrages dont seul James Wan semble avoir le secret...

 

samedi 23 mai 2020

Insidious de James Wan (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆



Jason Blum et Oren Peli à la production... Des noms qui sonnèrent sans doute déjà la mode en 2010 et qui ornèrent les affiches de ce premier volet de la saga Insidious. Lorsque l'on pense que le premier a manqué de flair en refusant de participer à la production de ce petit film qu'est Le Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, devenu culte depuis sa sortie, on se demande encore comment... Et que le second s'avère être coupable de l'une des plus grandes escroqueries de l'histoire du cinéma en ayant osé réaliser l'immense daube qu'est Paranormal Activity... Et pourtant, plutôt que de cacher leur participation en tant que producteurs (il faut croire que le public n'a pas de mémoire ou s'avère avoir mauvais goût en matière de films d'horreur) ? James Wan, auteur entre autres de Saw en 2004, ou des deux premiers volets de Conjuring en 2013 et 2016, les exhibe, comme d'incontournables références cinématographiques. En 2011, année de sortie de Insidious sur le plan international, James Wan avec ce premier volet, débute un nouveau concept. Enfin, de nouveau, comprenez par là qu'il l'est surtout pour ce tout jeune réalisateur qui réalisa son premier long-métrage à seulement vingt-trois ans avant de connaître le succès quatre ans plus tard avec Saw dont il confiera le soin de réaliser les séquelles à d'autres tout en demeurant à la production. Valeur sûre du cinéma d'épouvante, l'austro-sino-malaisien a jusqu'à maintenant consacré une très large partie de sa carrière de cinéaste à réaliser des films d'horreur dont Insidious, justement.

Une histoire de fantômes comme il s'avère plutôt commode de dire. Et d'ailleurs, ce premier volet navigue bien dans les eaux connues du film de maison hantée. Voyez par vous-même : des portes qui grincent et qui claquent. Des apparitions. Des bruits de pas, des rires et des chuchotements. Une famille qui vient d'emménager dans sa nouvelle demeure (un couple et leurs trois enfants) et très vite, des événements qui relèvent du surnaturel. Un mari absorbé par son travail, une épouse qui reste à la maison pour y écrire de nouvelles chansons au piano. Et surtout, un fils, le plus âgé, victime d'un mal étrange qui l'a plongé dans une sorte de coma le lendemain du jour où le soir-même, il fut victime d'un accident apparemment bénin survenu au grenier. Des médecins incapables de diagnostiquer sa maladie et un Dalton, c'est son prénom, alité dans sa chambre et entouré de tout un appareillage censé le maintenir en vie. Bref, l'environnement idéal pour que s'y développe une intrigue que le spectateur aura tôt fait de comparer à quelques grands classiques du genre, tels L'Exorciste de William Friedkin dans une toute petite mesure, ou Amityville, la Maison du Diable de Stuart Rosenberg dans une autre de toute autre envergure. Chacun ira de sa comparaison, allant parfois même jusqu'à évoquer un troisième classique indémodable : le Poltergeist co-réalisé par Tobe Hooper et Steven Spielberg...

Bon, autant le dire tout de suite, Insidious est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins effrayant que certains l'affirment... à moins d'être sensible au moindre excès de volume sonore, au moindre ''BOUM'', au moindre ''jump scare'', il y a tout de même de fortes chances pour que le film vous laisse au mieux, le souvenir d'un joli mais innocent spectacle, et au pire, vous laisse totalement indifférent. Et là, je m'adresse bien évidemment à ceux qui se sont exercés des décennies auparavant sur les terrifiantes pellicules que furent Burnt Offerings de Dan Curtis en 1976 ou The Changeling de Peter Medak quatre ans plus tard... Dans les rôles principaux, l'acteur Patrick Wilson que l'on reverra par la suite chez James Wan avec la saga Conjuring (dont il partagera la vedette avec l'actrice Vera Farmiga qu'il retrouvera ensuite dans The Passenger de Jaume Collet-Serra en 2018), l'australienne Rose Byrne qui incarne ici son épouse Renai Lambert, mais également l'américaine Lin Shaye, grande habituée des films d'épouvante depuis les quasi débuts de sa carrière puisqu'elle joua notamment dans Alone in the Dark de Jack Sholder en 1982, Amityville: A New Generation de John Murlowski en 1993 ou encore Freddy sort de la Nuit de Wes Craven l'année suivante. La mise en scène de James Wan est soignée et la musique du compositeur Joseph Bishara apporte un petit plus non négligeable. Malheureusement, après une première heure classique mais intéressante, Insidious tombe dans les travers de la grandiloquence et l'on passe de l'épouvante pseudo-réaliste au fantastique totalement débridé. Cependant, le dernier tiers offre tout de même un voyage sur un plan astral morbide esthétiquement réussi. Mais de là à dire que Insidious fait peur, il ne faut tout de même pas exagérer. Au final, l’œuvre de James Wan est un film d'épouvante grand public, ni plus ni moins... To be continued...

lundi 4 septembre 2017

Saw de James Wan (2004) - ★★★★★★★☆☆☆







Si le nom de James Wan vous est totalement inconnu, soit vous venez de sortir d'un très long coma, soit vous êtes totalement hermétique au genre horrifique. Ce qui peut se comprendre au vu des innombrables productions de mauvaise qualité ayant émergé depuis le début des années 2000. Le producteur, scénariste et réalisateur d'origine sino-malaisienne a en partie redéfini certains critères en matière de films d'horreur. Il est l'auteur de plusieurs longs-métrages réputés pour leur efficacité, tels que Insidious, Conjuring : Les dossiers Warren, et Dead Silence, mais c'est avec son tout premier long-métrage qu'il s'est véritablement rendu célèbre en 2004. Saw. Un mot de trois lettres, premier film d'une longue saga qui n'a pas fini de faire parler d'elle puisque la sortie du huitième volet est prévue aux États-Unis pour le 27 octobre 2017 et chez nous (ainsi qu'en Belgique) pour le 1er Novembre prochain. Saw n'est pas qu'un pur produit horrifique à l'attention des plus jeunes. Bien que l'univers décrit par son auteur soit particulièrement glauque, accompagné de décors et d'une ambiance assez malsains, l’œuvre de James Wan est avant tout un thriller plutôt bien construit autour de deux hommes se retrouvant tous les deux enchaînés dans une même pièce au milieu de laquelle trône le cadavre d'un homme qui s'est suicidé d'une balle en pleine tête.
Des murs suintant de rouille et d'humidité. Au sol, une large marre de sang dont la couleur laisse entendre que l'homme étendu par terre n'est pas mort depuis très longtemps. Des chiottes gorgées d'excréments dont on sentirait presque l'épouvantable odeur à travers l'écran. Une baignoire remplie d'une eau trouble stagnante. Des néons clignotant, une porte massive impossible à ouvrir de l'intérieur et des carreaux qui ont perdus depuis longtemps leur blancheur et recouvrant la totalité des murs. Une Morgue ? Un tombeau ? Qui sait.

James Wan y enferme le jeune Adam Stanheight et le Docteur Lawrence Gordon (respectivement Leigh Whannell et Caru Elwes), attachés à des d'énormes chaînes, chacun à l'une des extrémités de la pièce. Le cadavre au milieu, lui, porte dans l'une de ses mains un petit lecteur de cassettes audio et dans l'autre, une arme à feu. Ces détails sont les premiers exemples d'une foule d'objets qui participeront à l'intrigue. Car Saw, non content de distiller un véritable sentiment d'angoisse (que ne ressentiront pourtant sans doute pas les plus aguerris) peut se voir comme un jeu de piste auquel sont rattachés divers éléments. Des deux cités plus haut. Comme le seront les deux scies ou les cas, les lettres ou les cassettes découvertes par les deux hommes. De ce fait, le film renouvelle sans cesse l'intérêt du public pour son intrigue. Et plutôt que de son contenter exclusivement des rapports qu'entretiennent ces deux hommes, lesquels cherchent un moyen d'échapper à leur sort, James Wan qui un temps le huis-clos lors de flash-back fort passionnants dont certains renvoient au Seven de David Fincher. C'est là qu'intervient l'acteur Danny Glover (La saga L'Arme Fatale) que l'on ne s'attendait certainement pas voir dans un tel film.

Saw marque les esprits par son étonnante simplicité. Sorte de Cluedo horrifique grandeur nature, il pousse les spectateurs, au même titre que ses deux principaux personnages à se demander qui peut bien être autour de l'horrible manège orchestré contre eux. Le final lors duquel est enfin révélée l'identité de celui qui est l'auteur de leur emprisonnement et des événements qui nous sont relatés autour du personnage du détective David Tapp demeure tout à fait stupéfiant. Impossible de deviner son identité réelle, même pour ceux qui aiment se creuser la tête. Saw est donc une très belle réussite. Dès l'année suivante, en 2005, une séquelle sera mise en chantier, réalisée cette fois-ci par Darren Lynn Bousman, lequel signera également les troisième et quatrième volets...
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