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dimanche 28 avril 2024

Ghosbusters : Frozen Empire de Gil Kenan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ghostbusters, c'est au départ deux films cultes réalisés par Ivan Reitman en 1984 et 1989. Enfin, surtout le premier puisque le second demeure légèrement inférieur. Manque d'inspiration ou opportunisme oblige, il fallait bien qu'un jour quelqu'un s'empare de la franchise pour signer un reboot. Ce fut chose faite avec le 100% féministe Ghostbusters: Answer the Call en 2016. Signé par Paul Feig et principalement interprété par les actrices Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones, le long-métrage n'est pas aussi honteux que certains voudraient le laisser croire mais comparé à l'original, le film demeure pourtant bien faible. Son gros point noir : un humour qui ne fait jamais mouche et des protagonistes franchement peu attachants. Ghostbusters: Answer the Call aurait très bien pu signifier la mort de la franchise jusqu'à ce qu'en 2021 débarque sur les écrans Ghostbusters: Afterlife de Jason Reitman, le propre fils d'Ivan Reitman, lequel allait avec ce quatrième long-métrage réhabiliter une saga devenue un peu trop woke à mon goût. Le fan-service étant assuré par la présence à l'image de Bill Murray dans le rôle du Docteur Peter Venkman, de Dan Akroyd dans celui du Docteur Raymond Stantz ou celle d'Ernie Hudson dans la peau Winston Zeddemore, il était tout à fait envisageable de les retrouver dans une nouvelle aventure en 2024. Si lors des précédentes aventures de nos chasseurs de fantômes nos trois héros furent quelque peu éclipsés par la présence à l'écran des tout jeunes Mckenna Grace et Finn Wolfhard dans les rôles de Phoebe et Trevor Spengler ainsi que celles de Carrie Coon et Paul Rudd dans ceux de leurs parents Callie et Gary, Ghosbusters: Frozen Empire va remettre un peu d'ordre avec cette nouvelle mouture dans laquelle le réalisateur israélo-britannico-américain Gil Kenan offrira ne serait-ce qu'à Dan Akroyd un rôle un peu plus important. Pour les spectateurs, les nouvelles aventures de la famille Spengler dont les membres sont donc devenus des experts dans le domaine de la chasse aux fantômes commence il y a un certain temps lorsqu'est révélé un court teaser, suivi il y a quelques mois d'une bande-annonce franchement incitative. L'on y découvre un phénomène d'ampleur cataclysmique qui, étrangement, évoque tout d'abord davantage un hypothétique film catastrophe qu'une comédie fantastique. Quelques plans post-apocalyptiques à la Terminator 2 et sa célèbre scène d'aire de jeux (ici remplacée par une plage) sur fond de Cruel Summer du groupe de pop féminin Bananarama histoire de bien ancrer le récit dans les années quatre-vingt même si l'on sait pertinemment que le récit se déroulera en priorité dans le présent.


À dire vrai, à part quelques images d'archives prélevées au premier Ghostbusters, le seul retour en arrière s'effectuera bien avant la naissance de notre célèbre équipe de chasseurs de fantômes puisqu'en ouverture, le film remonte jusqu'en 1904, date à laquelle une brigade de pompiers new-yorkaise va être confrontée à un phénomène inexplicable lié à une étrange sphère sur laquelle sont inscrits des dizaines de glyphes et qui depuis est devenue la propriété d'un immigré d'origine pakistanaise du nom de Nadeem Razmaadi (l'acteur Kumail Nanjiani). On s'en doute, l'objet aura son importance une fois le récit prenant comme décors le New York de 2024. Habitué aux rôles d'antagonistes (les deux premiers volets de la franchise Die Hard), l'acteur William Atherton reprend le rôle du maire Walter Peck qui avait disparu des radars lors des autres volets de la saga et qui malgré les quarante années passées n'a fondamentalement pas changé. Ni de caractère, ni d'apparence puisque parmi les interprètes de la vieille garde, il demeure le mieux conservé physiquement ! Les deux jeunes acteurs, en pleine période de croissance, ont par contre changé de physionomie. Surtout Mckenna Grace dont le personnage de Phoebe Spengler a désormais seize ans. Reprenant le cycle des événements avec à la clé un hommage très appuyé aux héros de jadis, Ghosbusters: Frozen Empire n'est par contre pas aussi passionnant que pouvait le laisser croire la bande-annonce. Ôtés les chasseurs de fantômes, le film ne conserve de la franchise que quelques résidus que seuls les objets renvoyant à sa mythologie parviennent encore à raccrocher au wagon des premiers volets. Le film est surtout très bavard. Trop même. Des lignes de dialogues interminables durant lesquelles, bien évidemment, il ne se passe pas grand chose. Quelques sous-textes comme la jeunesse de Phoebe lui interdisant de participer à la chasse aux fantômes demeurent un peu cheap. Ou comme la présence de Melody (l'actrice Emily Alyn Lind) qu'elle rencontre alors qu'elle joue seule aux échecs.Une amitié naît alors entre les deux adolescentes et d'où découlera une séquence dont l'absurdité reléguera cet épisode à l'état d'intrigue encore plus fantasmagorique qu'elle ne l'était jusqu'à maintenant. À dix minutes près, le film aligne les deux heures de récit alors qu'il aurait sans doute mérité d'être un peu plus concentré et de faire appel à un peu moins de personnages et de séquences secondaires. Durant presque une heure et trente minutes, Ghosbusters: Frozen Empire ne propose que quelques sporadiques événements surnaturels avant que l'action ne s'accélère durant la dernière demi-heure. Ceux qui ne se seront alors endormis durant la projection pourront enfin profiter d'effets-spéciaux essentiellement basés sur le froid et la glaciation. Quelques passage, très courts, qui malheureusement ne suffiront pas à faire de Ghosbusters: Frozen Empire, le digne descendant de ses plus lointains ancêtres...

 

lundi 13 décembre 2021

SOS fantômes : l'héritage de Jason Reitman (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Sorti sur les écrans de cinéma français le 12 décembre 1984, le premier volet de la franchise Ghostbusters réalisé par Ivan Reitman est le cas typique du film que l'on n'échangerait contre un autre pour rien au monde. Et surtout pas contre le Reboot de 2016 commis par Paul Feig qui réinterprétait le concept à la sauce féministe par l'entremise d'un humour totalement inefficace. Mais l'aventure, la vraie, de ces chasseurs de fantômes, ne s'était cependant pas arrêté aux portes du premier volet mais avait su se distinguer ensuite avec la sortie d'une honorable séquelle, toujours réalisée par Ivan Reitman et diffusée dans les salles un peu plus de cinq ans jour pour jour après l’œuvre originale. Lorsqu'il y a quelques années est annoncée l'arrivée d'un quatrième long-métrage reposant sur cette même franchise, le doute et permis. Même avec la promesse qu'y apparaissent les principaux interprètes des deux premiers films mis à part Harold Ramis qui, malheureusement, nous quitta en 2014. Si Ivan Reitman n'est plus de la partie en tant que réalisateur, c'est son fils Jason qui prend alors la relève pour signer ce qui officiellement, est le troisième volet de la franchise. Bien qu'un jeu vidéo portant le nom de SOS fantômes, le jeu vidéo sorti en 2009 sur la console de salon Playstation ait été longtemps considéré comme la suite officielle des deux longs-métrages d'Ivan Reitman (Harold Ramis et Dan Akroyd ayant été les auteurs du script), SOS fantômes : l'héritage reprend certains éléments de l'histoire qui mettait à l'époque le joueur dans la peau d'un nouveau membre de l'équipe des Ghostbusters. Dans les nouvelles aventures de nos chasseurs de fantômes est ''bannie'' la ville de New York puisque l'action se déroule désormais dans la petite ville de Summerville où vivait encore jusqu'ici Egon Spengler (à l'époque interprété par Harold Ramis), l'un des personnages centraux de Ghostbusters et sa suite et auquel ce nouveau volet est déjà un hommage appuyé...


Comme nous l'ont très rapidement fait comprendre les différents teasers et bandes-annonces diffusés avant la sortie du long-métrage sur grand écran, ici, il n'est plus question de mettre en vedette la ville de New York, la densité de sa population ou ses immenses buildings. Désormais, l'intrigue se déroule dans une communauté aux prétentions moindres. Calme et chaleureuse... Calme ? Oui ! Et même parfois un peu trop. À titre d'exemple, on pourrait notamment évoquer cette première course-poursuite en ville entre la nouvelle (et très jeune) équipe de chasseurs de fantômes composée de Trevor (Finn Wolhard), de sa sœur Phoebe (McKenna Grace) ainsi que de leur nouvel ami Podcast (Logan Kim) et le Onionhead ghost (connu chez nous sous le nom de Bouffe-tout), vous savez, ce fantôme gluant et verdâtre du premier film qui depuis a quelque peu changé de couleur pour devenir un peu plus bleuté mais demeure par contre toujours aussi vorace. Lors de cette séquence les spectateurs auront l'occasion de découvrir une petite ville de Summerville déplaisamment vide. Pas ou peu d'habitants dans les rues, à part quelques consommateurs installés au restaurant, dehors, pas âme qui vive. D'où ce très désagréable sentiment que l’action se déroule dans des décors en ''toc'' et non dans une ville authentique bien que le tournage ait eu lieu au Canada dans les communautés de Calgary et Crossfield. Par contre, là où le plaisir demeurera sans doute intact se situera sans doute dans les nombreuses références à l’œuvre originale. Installés dans la demeure poussiéreuse et encombrée d'une myriade d'objets de leur grand-père, Trevor et Phoebe (sans oublier leur mère Callie qu'interprète l'actrice Carrie Coon), découvrent petit à petit l'univers dans lequel vivait Egon Spengler et mettent à jour les uns après les autres, les objets iconiques qui constituaient parmi les éléments fondateurs de la mythologie Ghostbusters. ''PKE Meter'', ''Ecto-Goggles'', ''Ghost Trap'' ainsi que la célèbre Cadillac sont donc à l'honneur dans ce quatrième troisième long-métrage de la franchise...


Comme le seront également les effets-spéciaux qui plutôt que de vouloir absolument faire table rase sur le concept de l'époque reprennent à peu de chose prêt la même recette. Le Onionhead ghost ne sera pas la seule créature à refaire surface puisque l'on aura droit au Bibendum du premier Ghostbusters réduit à l'état d'une multitude de petites figurines mues par une vie propre. Retour également de Gozer, l'incarnation du Mal, et de ses serviteurs. Si SOS fantômes : l'héritage a l'originalité de situer son action dans une petite ville et que le gros du récit s'intéresse avant tout à l'aspect ''découverte'', la dernière partie, elle, ressemble davantage à un hommage/reboot aux événements situés dans le dernier tiers du long-métrage de 1984. Chose promise, chose due : le retour tant promis des vedettes des premier et second films est respecté. En effet, si SOS fantômes : l'héritage laisse une très large place à ses nouveaux personnages, ceux-ci seront rejoint lors de courtes occasions par les docteurs Raymond Stantz et Peter Venkman (Dan Akroyd et Bill Murray), Winston Zeddemore (Ernie Hudson) ainsi que par Dana Barrett (Sigourney Weaver) et Janine Melnitz (Annie Potts). Ne manquent finalement à l'appel que Rick Moranis, lequel se désintéresse totalement de ce nouveau projet ainsi que Harold Ramis, décédé sept an plus tôt mais auquel le film de Jason Reitman rendra malgré tout un hommage appuyé. Si SOS fantômes : l'héritage est amusant (Paul Rudd dans le rôle du professeur Gary Grooberson au discours et aux méthodes parfois ambiguës), plutôt bien enlevé et doté d'effets-spéciaux qui feront le plaisir des fans de l’œuvre originale, le long-métrage ne peut malheureusement pas s'empêcher de plonger dans les travers du revival 80 amorcé il y a quelques années en arrière par la série Stranger Things. Un style visuel et une mise en scène qui créent une sorte d'anachronisme entre l'aspect général et l'époque actuelle dans laquelle se déroule l'intrigue. Gênant ? Pas vraiment. Reste que pour les anciens, Ghostbusters demeurera toujours et à jamais ce film culte qui un jour de décembre 1984 marqua profondément celles et ceux qui le découvrirent en salle...

 

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