Faut-il être victime de hyperpyrexie pour s'enfermer dans une salle
obscure tout en sachant que ce que l'on va avoir à toutes les
chances de n'être rien de plus qu'un énorme nanar ? Faut-il
être pris de démence pour en plus y aller tout en n'étant pas
spécialement fan du jeu vidéo original si mythique soit-il ?
Soyons clair, les vrais nanars n'existent plus ! Cette sincérité
touchante, ce premier degré assumé que l'on ne retrouve guère dans
le cinéma dit ''nanardesque'' actuel sont certaines des marques
propres au genre. Sharknado,
un nanar ? Non, définitivement non. Plutôt une imitation. Une
contrefaçon, bien que très plaisante à regarder, elle et ses succédanés... Après le retour de Mortal
Kombat,
voici donc venu le temps de retrouver les personnages du célèbre
jeu vidéo développé par les équipes de la société japonaise de
développement et d'édition japonaise Capcom
dès 1987. On connait tous même sans jamais avoir forcément posé
la main sur une manette de jeu le célèbre Street
Fighter 2
sorti sur borne d'arcade, sur console Nintendo et sur de nombreux
autres supports domestiques. Vous rêvez d'assister aux nouvelles
aventures de Ken, de Ryu, de Chun-Li, de Zangief, de Blanka et d'une
bonne partie de la clique de combattants de la franchise vidéoludique
sans avoir à taper comme un sourd sur les boutons d'une manette de
jeu ? Rendez-vous dans les bonnes et mauvaises crêperies qui
proposent la projection de Street Fighter
version 2026 signée de l'acteur, réalisateur et directeur de la
photographie américano-japonais Kitao
Sakurai. Américain ? Japonais ? Barrez la mention inutile.
Si à l'époque, en 1994, l'on allait voir non seulement la première
adaptation du jeu intitulé Street
Fighter - L'ultime combat
de Steven E. de Souza pour ses origines vidéoludiques, ce fut sans
doute également pour une partie de son casting. Jean-Claude Van
Damme bien entendu, mais aussi la très sexy Kylie Minogue qui
incarnait alors Cammy White ! Mais aujourd'hui, hein ? Noah
Centineo, Andrew Koji, Callina Liang ou Cody Rhodes.... Mais putain,
c'est qui ces mecs (et cette nana, bravo la parité hommes/femmes) ?
Je suis vraiment pas à la page et n'en connaît aucun à part...
Jason Momoa dont je ne connais de sa filmographie, aucune œuvre.
Ouais, jamais vu à l'écran. Tout juste entendu son nom de la part
de potes qui bouffent du cinéma blockbusterisé comme ils dévorent
autant de hamburgers maxis giant dans les Mac'Do !
Lors
de ces nouvelles aventures cinématographiques tournées en mode live
(avec d'authentiques interprètes) mais bénéficiant également de
séquences de flashback en animation, difficile de faire la part des
choses entre ce qui tient de l'historique réel des personnages et de
ce qui provient de l'esprit même de Kitao Sakurai et du scénariste
Dalan Musson. Surtout pour le néophyte. Toujours est-il que l'on
apprend que l'ignoble Bison (David Dastmalchian) projette de faire
enlever Ryu (Andrew Koji) afin d'aspirer l'entièreté de son
''Psycho Power'' et ainsi d'être en possession d'une force
illimitée. Mais depuis que le Maître Gouken a perdu la vie,
assassiné par son propre frère Akuma (Roman Reigns), Ryu vit seul,
vend d'infectes ramens dans la rue et s'est écarté de tout combat.
Lorsque le journaliste Don Sauvage (Eric André) annonce à l'antenne
et sous la pression du Baron qu'un nouveau tournoi va être organisé
afin de remettre en jeu le titre de champion du monde de Ryu, Ken
(Noah Centineo) profite de l'occasion pour tenter de redorer son
blason. D'abord très populaire, celui-ci est depuis la risée du
public. Accompagné par son fidèle coach Dan Hibiki (Andrew Schulz),
il va remonter sur le ring et affronter divers concurrents dont Vega
(Orville Peck) et Zangief (Olivier Richters) tout en maintenant
l'espoir que Ryu sortira enfin de sa cachette. Mais dans l'ombre,
Bison attend que Ryu réapparaisse afin d'exécuter son plan
maléfique... Voilà, pour le scénario, c'est tout. Et franchement,
cela suffit amplement. Car à moins de s'attendre à une œuvre
philosophique sur la vie, ses avantages et ses inconvénients, portée
par des interprètes de l'Actors Studio, vous pourrez ranger vos
neurones dans les vestiaires pour ne les récupérer qu'à la sortie
de la projection. Car oui, Street
Fighter
version 2026 est bourrin, dénué de finesse et très sommaire du
côté des dialogues même si Kitao Sakurai paraît vouloir parfois
injecter un semblant de profondeur chez certains personnages comme
chez le plus inattendu d'entre eux en la personne de Blanka (Jason
Momoa) que Bison arracha à sa mère... Pour le reste, le film n'est
qu'une succession de punchlines il est vrai parfois très amusantes.
Comme le sont nombre de situations. Comme lorsque Ken peine à donner
un coup à Ryu lors de leur premier affrontement dans la chambre
d'hôtel. Notons d'ailleurs qu'en général, les combats sont plutôt
bien exécutés et chorégraphiés. Pas trop de cuts et une clarté
visuelle qui donc est plutôt bienvenue. Bref, Street
Fighter
est une bonne surprise, un peu bruyante il est vrai, mais doté
d'effets-spéciaux plutôt sympathiques qui retranscrivent notamment
bien les techniques de combat de la plupart des héros du jeu
original. Il n'est donc pas interdit aux non amateurs de ce dernier
d'aller se défouler au cinéma devant ce vrai bon divertissement et
aux autres de prendre leur pied devant ce long-métrage à la fin
ouverte.... Peut-être une suite ?

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