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mardi 27 octobre 2026

Street Fighter de Kitao Sakurai (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Faut-il être victime de hyperpyrexie pour s'enfermer dans une salle obscure tout en sachant que ce que l'on va avoir à toutes les chances de n'être rien de plus qu'un énorme nanar ? Faut-il être pris de démence pour en plus y aller tout en n'étant pas spécialement fan du jeu vidéo original si mythique soit-il ? Soyons clair, les vrais nanars n'existent plus ! Cette sincérité touchante, ce premier degré assumé que l'on ne retrouve guère dans le cinéma dit ''nanardesque'' actuel sont certaines des marques propres au genre. Sharknado, un nanar ? Non, définitivement non. Plutôt une imitation. Une contrefaçon, bien que très plaisante à regarder, elle et ses succédanés... Après le retour de Mortal Kombat, voici donc venu le temps de retrouver les personnages du célèbre jeu vidéo développé par les équipes de la société japonaise de développement et d'édition japonaise Capcom dès 1987. On connait tous même sans jamais avoir forcément posé la main sur une manette de jeu le célèbre Street Fighter 2 sorti sur borne d'arcade, sur console Nintendo et sur de nombreux autres supports domestiques. Vous rêvez d'assister aux nouvelles aventures de Ken, de Ryu, de Chun-Li, de Zangief, de Blanka et d'une bonne partie de la clique de combattants de la franchise vidéoludique sans avoir à taper comme un sourd sur les boutons d'une manette de jeu ? Rendez-vous dans les bonnes et mauvaises crêperies qui proposent la projection de Street Fighter version 2026 signée de l'acteur, réalisateur et directeur de la photographie américano-japonais Kitao Sakurai. Américain ? Japonais ? Barrez la mention inutile. Si à l'époque, en 1994, l'on allait voir non seulement la première adaptation du jeu intitulé Street Fighter - L'ultime combat de Steven E. de Souza pour ses origines vidéoludiques, ce fut sans doute également pour une partie de son casting. Jean-Claude Van Damme bien entendu, mais aussi la très sexy Kylie Minogue qui incarnait alors Cammy White ! Mais aujourd'hui, hein ? Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang ou Cody Rhodes.... Mais putain, c'est qui ces mecs (et cette nana, bravo la parité hommes/femmes) ? Je suis vraiment pas à la page et n'en connaît aucun à part... Jason Momoa dont je ne connais de sa filmographie, aucune œuvre. Ouais, jamais vu à l'écran. Tout juste entendu son nom de la part de potes qui bouffent du cinéma blockbusterisé comme ils dévorent autant de hamburgers maxis giant dans les Mac'Do !


Lors de ces nouvelles aventures cinématographiques tournées en mode live (avec d'authentiques interprètes) mais bénéficiant également de séquences de flashback en animation, difficile de faire la part des choses entre ce qui tient de l'historique réel des personnages et de ce qui provient de l'esprit même de Kitao Sakurai et du scénariste Dalan Musson. Surtout pour le néophyte. Toujours est-il que l'on apprend que l'ignoble Bison (David Dastmalchian) projette de faire enlever Ryu (Andrew Koji) afin d'aspirer l'entièreté de son ''Psycho Power'' et ainsi d'être en possession d'une force illimitée. Mais depuis que le Maître Gouken a perdu la vie, assassiné par son propre frère Akuma (Roman Reigns), Ryu vit seul, vend d'infectes ramens dans la rue et s'est écarté de tout combat. Lorsque le journaliste Don Sauvage (Eric André) annonce à l'antenne et sous la pression du Baron qu'un nouveau tournoi va être organisé afin de remettre en jeu le titre de champion du monde de Ryu, Ken (Noah Centineo) profite de l'occasion pour tenter de redorer son blason. D'abord très populaire, celui-ci est depuis la risée du public. Accompagné par son fidèle coach Dan Hibiki (Andrew Schulz), il va remonter sur le ring et affronter divers concurrents dont Vega (Orville Peck) et Zangief (Olivier Richters) tout en maintenant l'espoir que Ryu sortira enfin de sa cachette. Mais dans l'ombre, Bison attend que Ryu réapparaisse afin d'exécuter son plan maléfique... Voilà, pour le scénario, c'est tout. Et franchement, cela suffit amplement. Car à moins de s'attendre à une œuvre philosophique sur la vie, ses avantages et ses inconvénients, portée par des interprètes de l'Actors Studio, vous pourrez ranger vos neurones dans les vestiaires pour ne les récupérer qu'à la sortie de la projection. Car oui, Street Fighter version 2026 est bourrin, dénué de finesse et très sommaire du côté des dialogues même si Kitao Sakurai paraît vouloir parfois injecter un semblant de profondeur chez certains personnages comme chez le plus inattendu d'entre eux en la personne de Blanka (Jason Momoa) que Bison arracha à sa mère... Pour le reste, le film n'est qu'une succession de punchlines il est vrai parfois très amusantes. Comme le sont nombre de situations. Comme lorsque Ken peine à donner un coup à Ryu lors de leur premier affrontement dans la chambre d'hôtel. Notons d'ailleurs qu'en général, les combats sont plutôt bien exécutés et chorégraphiés. Pas trop de cuts et une clarté visuelle qui donc est plutôt bienvenue. Bref, Street Fighter est une bonne surprise, un peu bruyante il est vrai, mais doté d'effets-spéciaux plutôt sympathiques qui retranscrivent notamment bien les techniques de combat de la plupart des héros du jeu original. Il n'est donc pas interdit aux non amateurs de ce dernier d'aller se défouler au cinéma devant ce vrai bon divertissement et aux autres de prendre leur pied devant ce long-métrage à la fin ouverte.... Peut-être une suite ?


 

mardi 3 août 2021

Derailed de Bob Misiorowski (2002) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 


J'avais entendu dire que la filmographie de l'acteur belge Jean Claude Van Damme avait tendance à péricliter depuis un certain nombre d'années mais je ne m'attendais tout de même pas à tomber sur un long-métrage aussi significatif en terme de chute qualitative. Derailed (ou Point d'impact) que l'on ne confondra ni avec le film éponyme de Mikael Håfström ni avec celui de Seong-Tae Lee, est de ces ratés qui confinent au nanar et pas simplement au navet. Soit-dit en passant, il est fort probable que les fans assidus de la star belge du light-contact ne lui pardonnent pas un tel échec, lui qui su comme d'autres interprètes avant lui, faire honneur sur grand écran au cinéma d'action et de karaté. Concernant Derailed, c'est (ka)raté... Ouais, bon, je m'excuse... Le réalisateur Bob Misiorowski, qui contrairement à son patronyme est américain et ne provient pas d'un pays d'origine slave signait ici son septième long-métrage, téléfilms compris. Une purge qui n'est sans doute pas à la hauteur de l'infâme Le dernier mercenaire récemment réalisé par le tâcheron David Charhon et proposé sur la plate-forme Netflix dans lequel se commettaient toute une série d'interprètes dont Jean-Claude Van Damme. Pourtant, voir Derailed dans son entièreté, c'est prendre le risque de finir le cerveau en bouillie, les yeux emplis de sang et le cœur arraché (cette dernière éventualité étant d'abord réservées aux fans de JCVD).


Les films d'action, thrillers ou policiers se déroulant dans un train ne sont pas rares. Du meilleur parmi lesquels on trouve notamment Le crime de l'Orient Express de Sidney Lumet en 1974 et Runaway Train d'Andrey Konchalovsky en 1985 en passant par de plus modestes tel Unstoppable de Tony Scott en 2010, jusqu'au pire avec Piège à grande vitesse de Geoff Murphy sorti dix ans plus tard. Et devinez quoi : Derailed est plus proche de ce dernier principalement interprété par Steven Seagal que des premiers cités. L’œuvre de Bob Misiorowski aurait même plutôt tendance à permettre de réévaluer celle de Geoff Murphy qui du coup et en comparaison, ne s'avère plus si désastreuse que cela. Car il faut dire que Derailed est vraiment, mais alors, vraiment pitoyable. Rien que durant le premier quart-d'heure, le spectateur aura une idée assez précise de l'approche technique du long-métrage. Il n'est presque pas étonnant que le film ait été monté non pas par un seul responsable, mais deux. À l'image, on a la nette impression que Marc Jakubowicz et Fernando Villena se sont lancés dans un duel pour fournir une copie ultracut ! Un peu comme le français Olivier Megaton et son Taken 3 dont le montage, au mieux, donnait la nausée et au pire, laissait le sentiment d'avoir été découpé par une paire (là aussi) de monteurs psychopathes. Le principe de Derailed reposant comme très souvent chez Jean-Claude Van Damme essentiellement sur les combats, le flux ininterrompu de plans ne durant que deux ou trois dixièmes de secondes empêche une lecture lisible des chorégraphies. Le rendu est tout simplement insupportable. Une manière superficielle et puérile d'augmenter le potentiel énergétique d'un film d'action plus lénifiant que véritablement revigorant...


L'histoire est simple : l'agent des forces spéciales Jacques Kristoff doit protéger une voleuse (l'actrice Laura Elena Harring dans le rôle de Galina Konstantin) à bord d'un train qui va de Bratislava, la capitale de la Slovaquie, jusqu'en Allemagne, à Munich. Malheureusement pour Galina et son protecteur, des criminels s'emparent du train à la recherche de la jeune femme qui détient une boite renfermant une arme biochimique basée sur le virus de la variole. Mais tout commence bien avant l'entrée dans ce train où se jouera un combat acharné entre Jacques Kristoff en la personne de Jean-Claude Van Damme et les hommes d'un certain Mason Cole (l'acteur Tomas Arana). Dans un théâtre où Jean-Claude Van Damme tentera d'échapper à l'armée dépêchée sur place afin de faire prisonnière Galina. Un spectacle son et lumière absolument infâme, au montage épileptique qui donne mal au crâne et empêche d'aborder la séquence avec sérénité. Des effets visuels qu'un amateur travaillant sur Cyberlink PowerDirector n'oserait même pas utiliser pour monter ses vidéos personnelles. S'ensuit une aventure dans un train de voyageurs couplant vaguement les concepts de Piège de cristal de John McTiernan (1988), du Pont de Cassandra de George Pan Cosmatos (1976) et plus ouvertement de Piège à grande vitesse. C'est moche, mal filmé et mal interprété. La bande-son du compositeur américain Serge Colbert est laide et ne colle même pas à l'action tandis que les seconds rôles interprétant les hommes de main de Mason Cole ont autant de charisme que Wayne Szalinski ou Louis Tully, deux des personnages emblématiques interprétés par l'acteur Rick Moranis dans GhostBusters d'Ivan Reitman et Chérie, j'ai rétréci les gosses de Joe Johnston et j'exagère à peine). Derailed est l'un des pires films auxquels Jean-Claude Van Damme ait participé. Bourré d'incohérences et de séquences proprement ridicules (on pense notamment à celle située dans une gare bourrée de militaires auxquels le garde du corps et la voleuse tentent d'échapper, ces derniers prônant alors une attitude plus que douteuse sans jamais être inquiétés. Et cette perruque blonde, mon dieu!!!). Bref, à moins d'avoir prévu quelques bières à boire en compagnie de plusieurs amis ou d'être un indécrottable fan de JCVD, Derailed est à déconseiller...

 

jeudi 11 mars 2021

Blaxploitation : Devil's Express de Barry Rosen (1976) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


Drôle de film que ce Devil's Express que l'on rangera immédiatement dans la catégorie des films de Blaxploitation fantastiques. Une poignée d'années en arrière, un certain Bruce Lee faisait fureur dans son pays d'origine, la Chine, avec un petit nombre de films de kung-fu dont The Big Boss, La Fureur du Dragon ou Le Jeu de la Mort. La communauté afro-américaine n'étant pas la dernière à se réapproprier à l'époque certains thèmes abordés par le septième art, plusieurs réalisateurs de ce courant prendront les choses en main et mettront en scène quelques alternatives plus ou moins réussies des grands thèmes de l'épouvante dont furent à l'origine Mary Shelley ou Bram Stoker. L'occasion de pouvoir découvrir durant la première moitié des années soixante-dix les étonnants Blacula de William Crain en 1972, Scream Blacula Scream de Bob Kelljan en 1973 ainsi que Blackenstein de William A. Levey la même année. D'autres imagineront des récit carrément farfelus mais pas moins originaux comme les authentiques films cultes que sont Change of Mind de Robert Stevens (1969) ou le drôlatique The Thing with Two Heads que Lee Frost réalisa en 1972. Une époque bénie pour le cinéma de Blaxploitation horrifique et fantastique dans lequel s'engouffre donc en 1976 le réalisateur Barry Rosen qui la même année réalisera son second et dernier long-métrage, la comédie dramatique The Yum Yum Girls. Devil's Express demeure l'un des films de Blaxploitation les plus bigarrés,et par conséquent, l'un des plus fous en terme de mélange des genres. Souvent incongru, ce mixage entre film d'arts martiaux, policier, épouvante et fantastique n'est cependant pas, il faut le reconnaître, une grande réussite...


On peut même dire que Barry Rosen réalisait là, l'un des films de Blaxploitation les moins convaincants. Pour commencer, revenons tout d'abord sur le contexte. Luke, l'un des grands spécialistes du Kung-fu de New-York part faire un voyage jusqu'en Chine en compagnie de son ''frère'' Rodan afin de participer à un combat opposant l'un des grands maîtres chinois de la discipline à des adversaires venus du monde entier. Là bas, Rodan tombe sur plusieurs sépultures dont il vole certains biens précieux dont une amulette. Ce qui provoque dès le retour des deux hommes dans leur pays, les foudres d'un démon qui cherche à mettre la main sur l'amulette afin de la détruire et de pouvoir enfin dominer le monde. Pendant ce temps là, la police enquête sur une série de meurtres touchant les communautés chinoises et afro-américaines. Des combats opposent ces deux communautés qui ne se doutent pas qu'en réalité, les morts que compte chaque camp sont l’œuvre d'une créature diabolique vivant dans le métro new-yorkais, laquelle est de plus capable de prendre la forme d'un proche ou d'un ennemi. Voilà pour l'ambitieux scénario. Ambitieux mais sacrément bordélique. Si peu à peu la lumière est faite sur les véritables enjeux, l'intrigue est dans sa première partie relativement brumeuse. Une accumulation de séquences qui ne semblent tout d'abord avoir aucun lien entre elles. Situé dans le quartier du Bronx dont le réalisateur fait le théâtre d'affrontements entre gangs rivaux, Devil's Express n'est dans l'esprit qu'une petite production estampillée Z qui ne génère au fond que poilades et railleries tant la mise en scène et surtout l'interprétation sont en dessous de tout.


Enfin, presque tout puisque le plus grand défaut de Devil's Express, ce sont en réalité ses combats. L'acteur Warhawk Tanzania (second et dernier film pour lui après Black Force de Michael Fink l'année précédente) se prend pour le basketteur Kareem Abdul-Jabbar qui s'opposait à Bruce Lee dans Le Jeu de la Mort en 1972. Sauf qu'ici, les combat que mène tout d'abord Luke face au gang chinois puis contre la créature diabolique dans ses derniers instants ont de quoi faire rire. Les coups ne sont jamais portés et cela se voit. Les acteurs ne s’effleurent même pas, ce qui donne lieu à des combats invraisemblables. Bref, on n'y croit pas un seul instant. D'autant plus que les chorégraphies se résument à pas grand chose. Filmées n'importe comment, leur mise en scène est plate et l'on n'en ressort jamais en se disant que l'on a assisté au combat du siècle, de la décennie ou même de l'année. Les meurtres sont quant à eux le plus souvent filmés hors champ de la caméra. En fait, Devil's Express sent le film fauché. Seul ''point positif'' du long-métrage de Barry Rosen, cette curieuse créature qui avant de se transformer en pizza sur pattes réfugiée dans le métro new-yorkais (elle ne supporte en effet pas la lumière du jour), déambule dans les rues de Harlem lors de plans interminables. Exhibant une paire d'yeux blancs incroyablement globuleux, la chose possède un petit quelque chose de vraiment dérangeant. Un détail qui ne suffit malheureusement pas à réévaluer de façon positive ce très mauvais film de Blaxploitation au scénario, de surcroît, relativement succinct...

 

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