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mercredi 17 juin 2026

The Furious (Huo Zhe Yan) de Kenji Tanigaki (2026) - ★★★★★★★★☆☆




The Furious de Kenji Tanigaki..... Vous l'aurez compris, comme je l'imagine, qu'avec un titre pareil, faut pas s'attendre à assister à la réunion d'un club du troisième âge dont les membres seraient passionnés de macramé ou de mots fléchés ! Ici, ça cogne dur. Mais pas comme dans une cours d'école où durant l'interclasse deux élèves ou deux clans opposés se frotteraient l'un à l'autre à coups de pieds désordonnés dans les jambes et de coups de poings dans le visage. Pas raisonnable pour un sou et se fichant totalement du manque de vraisemblance des chorégraphies dont il s'est probablement chargé lui-même lors des combats, le réalisateur japonais signe en 2026 avec ce qui à Hong-Kong est sorti sous le titre originale Huo Zhe Yan, l'un de ces thrillers d'action et d'arts-martiaux asiatiques très attendus cette année. Il faut dire que la bande annonce avait de quoi nous réjouir tout en étant la promesse d'une nouvelle référence en la matière après les excellents Taken de Pierre Morel en 2008, The Raid de Gareth Evans en 2012 ou encore le récent et extraordinaire City of Darkness signé du réalisateur hongkongais Soi Cheang en 2024... S'agissant du second, les spectateurs auront tout loisir de découvrir que l'acteur indonésien qui à l'époque campait le rôle de Mad Dog est de retour cette année dans le rôle de l'un des personnages antagonistes. Un individu prénommé Tak, grand amateur d'arc, lequel est son arme favorite, traînant toujours à l'écran son démoniaque faciès rendu encore plus sinistre désormais lorsqu'il se met à sourire ! Pas très bavard mais déjà beaucoup plus que l'un des deux héros de cette histoire somme toute banale écrite à quatre mains par Mak Tin-shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin et Frank Hui et qui se trouve être muet. Un scénario entretenant d'ailleurs un rapport ténu avec Taken puisque ce même personnage prénommé Wang et incarné par Xie Miao se lance à la recherche de sa fille Rainy (Yang Enyou) qui a été enlevée devant ses yeux. D'emblée, et avant que le drame ne vienne bousculer l'existence du père et de sa fille, Kenji Tanigaki parvient à instaurer une complicité entre les personnages qui se ressent énormément à l'écran, rendant ainsi le duo très attachant. Mais le drame n'étant jamais très loin de succéder au bonheur, Wang se lance dans une course effrénée et va à cette occasion croiser la route de Navin, homme dont l'épouse journaliste enquêtait sur des disparitions d'enfants avant de s'évaporer elle-même dans la nature. Enquêtant à son tour sur un réseau supposé de kidnapping et de vente de jeunes enfants, Navin s'est infiltré voilà deux mois mais l'arrivée de Wang va tout foutre en l'air. Lorsque l'un et l'autre comprennent qu'ils ont un intérêt commun, ils décident de s'allier et de démanteler l'organisation criminelle...


C'est sans la moindre hésitation que mon choix s'est porté sur The Furious plutôt que sur Disclosure Day de Steven Spielberg que j'ai décidé de reporter d'un ou deux jours. Parce qu'entre l'hypothèse de vivre une expérience humaine probablement très profonde, avec ses questionnements sur les différentes formes de croyances qu'il s'agisse de Dieu ou de l'existence même des extraterrestres et vivre une aventure toute aussi intense faisant davantage appel à la bête sommeille en tout homme afin d'atteindre un but ici évidemment légitime, mon choix s'est donc porté sur celle-ci... The Furious est le digne descendant de ses prédécesseurs et confirme une nouvelle fois qu'en matière de cinéma d'action et d'arts-martiaux l'Asie n'a pas de compte à rendre à quiconque et reste seule maîtresse d'un art qu'elle maîtrise de bout en bout. Doté d'un budget estimé à environ vingt millions de dollars, le long-métrage de Kenji Tanigaki réunit différentes nations : Japon, Chine, Indonésie et Thaïlande où sera d'ailleurs tourné le film. Et plus précisément à Bangkok, dès le mois d'avril 2024 et ce, durant une période de trois mois. Ville tentaculaire et donc anxiogène, théâtre de nombreux enlèvements d'enfants dont ne semble d'ailleurs pas trop se préoccuper le chef du commissariat. Corrompu ? Pleutre ? Nous le découvrirons beaucoup plus tard lors du récit. On ne s'étonnera pas d'apprendre que Kenji Tanigaki a participé voilà deux ans en arrière à l'élaboration des cascades de City of Darkness du hongonkongais Soi Cheang tant les chorégraphies de son tout dernier long-métrage semblent produites dans le même esprit en terme d'inventivité et de création. Des combats opposants les acteurs Miao Xie (Wang Wei) et Joe Taslim (Navin) à des antagonistes très résistants incarnés par Brian Le (Ho), Yayan Ruhian (Tak), Sahajak Boonthanakit (Mr. Song) ou encore Joey Iwanaga (Paklung, l'un des richissimes pontes de l'organisation criminelle). N'oublions pas la jeune Enyou Yang qui interprète la fille de Wang, très investie dans le récit puisque kidnappée et motivée ensuite à s'échapper et à faire libérer tous les enfants qui comme elle sont enfermés dans un établissement du nom de Snake Pit...


Mais bien évidemment, ce que l'on vient chercher ici en priorité, ce sont les combats. Et à ce titre, on en prend plein les yeux. Un show quasi permanent, des affrontements souvent dantesques, périlleux (on se demande comment certains acteurs n'ont pas fini à l’hôpital) et millimétrés. Quelques séquences émouvantes entre le père et sa fille, un duo de choc entre Wang et Navin, mais aussi, quelques séquences absurdes et sans doute moins pertinentes que d'autres. L'on pense notamment à la libération des enfants durant laquelle l'on découvre encore une fois l'étrange attitude du commissaire de police qui refuse à ses subalternes d'intervenir. Longue séquence qui oppose nos deux héros à une armada de criminels dans un couloir. Une séquence étonnamment tournée, brouillonne, répétitive et surtout, dénuée de toute maestria chorégraphique. Étrange... Kenji Tanigaki manquerait-il alors d'imagination ? Son inspiration se serait-elle envolée en fumée ? Pas vraiment puisque le final confirme ensuite qu'il en avait encore sous le pied et que la scène de la libération des enfants était sans doute traitée sous forme ''d'entracte'' afin de rendre encore plus intense ce qui allait suivre. Notons ensuite que le film verse parfois dans le grand-guignol avec des scènes extrêmement gore agrémentées de bruitages qui accentuent l'horreur de la situation. Kenji Tanigaki se lâchant alors durant une séquence ma foi totalement invraisemblable durant laquelle Paklung libère toute la folie qu'il contenait jusque là au point de commettre un acte irréparable... Ce passage est sans doute celui de trop. Une surenchère qui fait plus rire qu'elle n'engendre l'épouvante. Heureusement, le final, grandiose, viendra remettre un peu d'ordre dans toute cette histoire. Un combat à quatre opposant Wang et Navin à Tak et Paklung avant qu'un cinquième élément en la personne de Ho ne vienne s'ajouter au combat. Bref, The Furious, c'est du très grand spectacle visuel à défaut de nous proposer un défi intellectuel. Un scénario basique mais une réalisation, une interprétation et des chorégraphies magistrales...


dimanche 24 mai 2026

Mortal Kombat 2 de Simon McQuoid (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinq ans après la troisième adaptation de la franchise de jeux vidéos Mortal Kombat démarrée sur grand écran en 1995 avec Mortal Kombat de Paul W. S. Anderson, poursuivie deux ans plus tard avec Mortal Kombat : Destruction finale de John R. Leonetti et complétée en 2021 avec le reboot Mortal Kombat de Simon McQuoid, ce dernier réinterprète pour la seconde fois l'univers vidéoludique créé à l'origine par la société de développement et d'édition de jeux vidéos américaine Midway (reprise ensuite par NetherRealm Studios) pour offrir aux fans de la saga une œuvre aspirant à recréer le monde du principal concurrent de la franchise Street Fighter de la société de développement japonaise Capcom. Attendu par des amateurs qui après la sortie du reboot furent ''désemparés'' par un premier opus qui manquait foncièrement de combats et s'avérait au fond assez peu fidèle au jeu d'origine, Simon McQuoid rectifie en partie le tir en plongeant ses protagonistes dans une série de combats se déroulant dans l'outre-monde gouverné par Shao Kahn (incarné à l'écran par l'acteur Martyn Ford). Mortal Kombat 2 débute alors que le tyran assassine le roi d'Edenia au cours d'un combat. Ressortant vainqueur, Shao Kahn prend pour épouse Sindel (Ana Thu Nguyen), la veuve du roi et devient le père de substitution de Kitana (Adeline Rudolph) qui vingt ans après avoir perdu son père biologique semble s'être désormais rangée du côté du nouvel empereur de l'outre-monde. Cette séquelle prend pour cadre le combat entre divers combattants à la solde de Shao Kahn et des adversaires réunis autour de Raiden (Tadanobu Asano) pour la survie de l'espèce humaine et du Royaume Terrestre. Constitué autour de Sonya Blade (Jessica McNamee), de Jackson Briggs plus connu sous le diminutif de Jax (Mehcad Brooks) ou de Liu Kang (Ludi Lin), le clan du Bien pourra compter sur le soutien tout d'abord contraint de Johnny Cage (Karl Urban), personnage emblématique de la série de jeux depuis ses origines et présent dans les adaptations cinématographiques de 1995 et 1997 tandis qu'il était absent du reboot de 2021. Dans le cas de Mortal Kombat 2, s'il est bien connu des amateurs de la franchise vidéoludique que Johnny Cage est doté de plusieurs pouvoirs, sa présence ici est celle d'un homme dénué de toute faculté physique exceptionnelle en dehors de ses qualités de karatéka ou de kickboxer qu'il mis à contribution dans des films d'action auxquels tente d'ailleurs bien maladroitement de rendre hommage Simon McQuoid lors d'un faux extrait de film mettant en scène Johnny !


Si concevoir d'offrir à un personnage vieillissant, totalement ignoré lors de certaines conventions annuelles comme le décrit une séquence vers le début du récit et n'ayant apparemment pas pratiqué le moindre art martial depuis des années, le rôle principal du sauveur du Royaume Terrestre peut paraître inopportun, sa présence semble avoir pour principale destinée d'apporter la touche d'humour nécessaire à un univers des plus sombre. Car à vrai dire, voir l'acteur Karl Urban se dépatouiller lors de certains combats qui illustrent à quel point les arts-martiaux ne sont pas l'une des ses principales qualités confirment qu'il y a ici erreur de casting. Ou alors ne faut-il voir en ce personnage que ce bouffon qui derrière des lunettes de soleil qu'il ajuste à l'aide de son majeur balance des références cinématographique dénuées d'inspiration en terme d'écriture. Évoquer indirectement ou non et sous forme de punchlines des œuvres ou des personnages tels que Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin de John Carpenter, Dumbeldore de la saga Harry Potter, Transformers ou encore Le seigneur des anneaux ne font pas forcément de ces répliques d'intenses moments de rigolade et l'on espère presque qu'après sa rapide défaite face à Kitana le personnage disparaîtra des radars. D'autant plus que du côté des forces du Bien, l'on peu notamment compter sur Liu Kang ou Jax dont le charisme est à mille lieu du pitre Johnny ''super beau gosse'' Cage ! Coté décors, le budget estimé à soixante-dix millions de dollars permet aux personnages d'évoluer dans des environnements majoritairement créés par ordinateur. Et malgré l'importante somme d'argent allouée à leur conception, on est loin ici de certaines prouesses techniques visibles dans certaines grandes productions américaines. Ce qui n'empêche pas certain décors d'être très attractifs. Du côté des combats, là encore l'on peut distinguer des affrontements parfaitement exécutés quand d'autres s'avèrent techniquement à la ramasse. Il y a donc du bon et du moins bon. Parmi les combats notables, celui entre Liu Kang et son frère Kung Lao (Max Huang) fait partie des quelques pépites qui en terme de chorégraphies sont relativement appréciables. Ici, le spectateur n'étant pas amené à réfléchir, Mortal Kombat 2 est un pur divertissement dénué de toute réflexion ou presque. Des effets-spéciaux, du combat au corps à corps, à mains nues ou à l'arme blanche. Bref, du bourrin plutôt jouissif et finalement très divertissant...

 

vendredi 8 mai 2026

They Will Kill You de Kirill Sokolov (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

They Will Kill You. Un concept, pas de scénario, mais du fun à tous les étages avec pourtant, ce persistant message qui depuis maintenant pas mal d'années renverse les valeurs du Bien et du Mal sur grand écran en faisant systématiquement de l'homme blanc le nouveau stéréotype du méchant antagoniste quand dans le courant du vingtième siècle, la représentation du noir à l'écran passa par le ségrégationnisme, le racisme et plus tard l'emploi de la communauté dite afro-américaine dans des rôles de sauvages, de domestiques ou de criminels. Fort heureusement, la culture de l'africanité et sa reconnaissance ainsi que le courant culturel américain des années soixante-dix connu sous le nom de Blaxploitation eurent tendance à renverser la vapeur. Après la quasi disparition de ce courant, quelques cinéastes l'ont fait sporadiquement revivre et ça n'est que depuis quelques années, à travers des œuvres telles que Shaft de John Singleton, Black Dynamite de Scott Sanders ou le moins connu They Cloned Tyrone de Juel Taylor, que la Blaxploitation et la mise en avant de nouveau balbutiante de la communauté afro-américaine permet à certains de rediriger le discours vers un message politique encore plus engagé. Pour avoir essoré en long et en large un bon nombre de longs-métrages du genre datant des années soixante-dix, il est clair que l'une des différences fondamentales est désormais de glorifier l'homme de couleur en lui faisant endosser aussi souvent que cela lui est permis, le rôle du bon samaritain. Et si dans la Blaxploitation d'antan, le blanc était souvent remisé au second plan, considéré déjà de ''mauvais garnement'', parfois même parodié et donc souvent moqué, aujourd'hui, le temps des ''réparations'' semble être arrivé à son apogée et après des décennies d'incurie, les rôles se sont donc ''définitivement'' inversés... Tout commence (ou presque) lorsque Asia Reaves (Zazie Beetz) est séparée de sa jeune sœur Maria (Myha'la) après qu'elle ait tiré sur leur père d'une balle de pistolet. Un père (fouettard, et donc blanc, bien évidemment) qui contre toute attente demeure en vie. Ce qui n'empêche pas la fugitive d'être arrêtée puis enfermée pour les cinq années à venir...


Au sortir de la prison où elle a eu tout le temps de s'affranchir de ses codétenues en s'adonnant à la bagarre, Asia part à la recherche de sa sœur et apprend que depuis un certain temps, celle-ci travaille dans le très chic hôtel ''Le Majestic''. Tenu par une famille blanche aisée dont la directrice est l'épouse d'un certain Ray (Paterson Joseph), l'établissement est entretenu par une batterie de domestiques afro-américaines toutes dévouées à leur tâche. Changeant de nom, Asia se fait embaucher afin de retrouver Maria et de l'emmener loin avec elle... Mais les choses ne vont bien évidemment pas se dérouler telles que la jeune femme l'avait prévu... On le voit, le script de d'Alex Litvak et Kirill Sokolov est relativement succinct. Mais ce qui l'est plus ou moins selon le genre de films que l'on a l'habitude de regarder, c'est le ton outrancier avec lequel le réalisateur, scénariste et monteur russe Kirill Sokolov va traiter son sujet. Humour, gore et action s'entremêlant dans un tourbillon parfois vertigineux et plutôt distrayant. Mais là encore, selon que l'on soit un véritable cinévore ou un spectateur irrégulier, les références pourtant multiples ne sauteront pas forcément aux yeux de tous. Pourtant, il y a dans They Will Kill You, un peu du Kill Bill de Quentin Tarantino. Lui-même étant visiblement inspiré par le cinéma asiatique, l'on retrouve de nombreux combats à l'arme blanche et même parfois au fusil. Jouant avec les décors, entre chambres, couloirs et vides sanitaires, le long-métrage de Kirill Sokolov laisse une grande place à l'action, à travers des combats plutôt bien orchestrés même si l'on est très loin des prouesses techniques d'un The Raid réalisé par Gareth Evans en 2011 ou d'un City of Darkness signé de Soi Cheang en 2024. Concernant le gore, c'est encore du côté de l'Asie qu'il faudra pencher le regard puisque en dehors de quelques menues tripailles, l'hémoglobine gicle davantage à la manière de geysers comme dans Tokyo Gore Police de Yoshihiro Nishimura, Machine Girl Noboru Iguchi ou encore Meatball Machine de Yūdai Yamaguchi et Junichi Yamamoto. Bref, rien de très fin mais le film possède malgré tout quelques plans virtuoses, une direction artistique pas dégueu et une pêche d'enfer...

 

mardi 28 avril 2026

Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng (City of Darkness) de Soi Cheang (2024) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Trois ans après la sortie de l'extraordinaire Limbo du réalisateur hongkongais Soi Cheang, l'auteur de l'un des plus grands thrillers de l'histoire du genre revenait en 2024 avec Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng (City of Darkness). En changeant presque radicalement de sujet tout en développant un univers étonnamment similaire à son antépénultième long-métrage, le cinéaste confie à nouveau l'écriture du script à la scénariste hongkongaise Au Kin-yee ainsi qu'à Tai-Lee Chan et Chun Lai. Une œuvre qui apparaîtra là encore d'une ampleur tellement forte que l'expérience ne peut que laisser des traces indélébiles dans l'esprit du spectateur une fois la projection arrivée à son terme. Il faut tout d'abord savoir que le scénario du film est basé à l'origine sur le Manhua (l'équivalent chinois de la bande-dessinée japonaise connue elle sous le nom de Manga) éponyme d'Andy Seto dont la majorité des œuvres est emprunte d'un goût prononcé pour les arts-martiaux. C'est d'ailleurs en partie à travers cet aspect très spécifique du long-métrage que celui-ci se démarque de Limbo dont l'intérêt principal tournait notamment autour d'une enquête policière visant la reconnaissance, la traque et l'arrestation d'un tueur en série s'en prenant exclusivement à des femmes dont il coupait la main gauche. Ici, rien à voir puisque si dans dans ce dernier l'intrigue se déroulait dans un immense dépotoir auquel l'on pourrait malgré tout comparer l'incroyable complexe immobilier où se déroule celle de Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng, le récit s'intéresse tout d'abord à Chan Lok-Kwun (Raymond Lam), jeune réfugié clandestin qui pour gagner suffisamment d'argent et ainsi s'acheter de faux papiers participe à des combats clandestins. À la suite d'une victoire, le chef d'une triade (Sammo Hung dans le rôle de Mr Big) lui propose de lui procurer une fausse carte d'identité dans les deux semaines à venir. Sentant le vent de l'arnaque souffler, Chan décide de prendre la fuite tout en dérobant un sac de drogue appartenant à Mr Big. Poursuivi par son bras droit King (Philip Ng) et plusieurs membres de la triade, le clandestin se réfugie in-extremis dans la cité fortifiée de Kowloon que gère Dik Chau (Richie Jen) et dont Cyclone (Louis Koo) est chargé de la sécurité.


Prenant Chan sous son aile, le jeune homme s'intègre rapidement et se fait plusieurs amis parmi les membres de cette autre triade qu'évitent scrupuleusement d'approcher les membres de Mr Big. Tandis que l'objectif de Chan était jusque là de se procurer des papiers et de quitter le pays, au contact de ses nouveaux compagnons, celui-ci décide de demeurer sur place, avec l'accord de Cyclone... Bon, on ne va dérouler tout le fil d'un récit qui peut apparaître relativement commun mais qui pourtant développe toute une série de sous-intrigues qui pourraient de prime abord apparaître difficiles à démêler. Mais c'est bien là que la prouesse légendaire de Soi Cheang entre une nouvelle fois en action. Entre thriller, film de gangs, art-martiaux et vengeance, le hongkongais parvient à déjouer, à contourner la complexité d'un script qui s'autorise divers couloirs scénaristiques pour obtenir au final une œuvre d'une totale cohésion. Ce qui marque en partie les esprits, au delà des remarquables chorégraphies lors des combats auxquelles l'on peut notamment raccorder le long-métrage à des œuvres telles que The Raid de Gareth Evans (et sans doute d'autres films dont je n'ai pas connaissance puisque je ne suis habituellement pas féru du genre) ou des décors dantesques que l'on doit au chef décorateur Kwok-Keung Mak, c'est bien cette histoire d'amitié et de loyauté que l'on rencontre dans cet univers désargenté où survivre passe essentiellement par un engagement vis à vis d'une personne ou comme ici, un groupe d'individus que nous n'étions pourtant pas forcément prêts au départ à découvrir sous un jour bienveillant...


L'une des forces du long-métrage se situe effectivement autour de Chang, de Cyclone, son protecteur, mais aussi de cette ''bande des quatre'' que le réfugié forme en compagnie d'un trio de personnages plutôt attachants : Shin (Terrance Lau), Douzième Maître (Tony Wu) ainsi que AV (V.H.S dans la version française) qu'incarne German Cheung... Face aux ''gentils'' du film, le script leur oppose le bedonnant Mr Big, pourtant capable de se battre au corps à corps avec force, talent et détermination. Mais le véritable antagoniste du récit reste bien son bras droit, King. Un psychopathe au rire de sadique dont les capacités physiques dépassent de très loin ce que l'on peut imaginer dans le monde réel mais qui dans une œuvre de fiction en outre adaptée d'une bande-dessinée asiatique n'a absolument rien d'étonnant. Comme l'on ne s'étonnera pas de l'invraisemblance qui englobe la majorité des combats qui pourtant sont un véritable régal pour les yeux. Maîtrisant le cadre et l'espace avec tout le talent d'un ingénieur en nanotechnologies travaillant à l'échelle des atomes, Soi Cheang a tourné son film à Hong-Kong, dans des studios où fut reconstituée en grandes partie et à échelle humaine la Citadelle Fortifiée de Kowloon, authentique enclave chinoise construite au temps de la dynastie Song (960-1279) et finalement détruite bien des siècles plus tard, en 1993. L'intrigue se déroule d'ailleurs dans les années 80 même si cela n'est pas forcément visible à l'image. Un détail au regard de l'incroyable environnement, fait de rapiéçages, de murs et de plafonds éventrés, de débris innombrables, de canalisations reliées entre elles (on pense bien évidemment au Brazil de Terry Gilliam auquel ce détail semble se référer), bref, un visuel au moins aussi saisissant que le noir et blanc de Limbo même si le choix de la couleur et le travail pourtant remarquable du directeur de la photographie Siu-Keung Cheng (déjà présent sur le tournage de Limbo de Ming'an) est très légèrement moins ''impactant''. Au final, Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng est bien tel qu'on l'espérait : un grand film d'action, d'arts-martiaux, doté d'une ribambelle d'acteurs charismatiques et de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres qualités... !

 

vendredi 28 novembre 2025

Back in Action ou Retour en force de Steve DiMarco et Paul Ziller (1994) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Back in Action ou Retour en force de Steve DiMarco et Paul Ziller est un petit film d'action mâtiné de nombreuses fusillades et de scène d'action au corps à corps qui pour certaines n'ont pas à rougir face à la concurrence de l'époque. Six ans après avoir incarné le rôle de John Nada dans l'excellent film de science-fiction de John Carpenter They Lives (Invasion Los Angeles) en 1988, l'acteur Roddy Pipper abandonne le rôle du marginal cherchant à sa gagner sa croûte avant de se rendre compte qu'une partie de la population a été remplacée par une race extraterrestre pour celui de l'inspecteur Frank Rossi. L'homme est sur le point de piéger le trafiquant de drogue Kasajian (Nigel Bennett), prononcé dans la version française ''Kasakchian''. Petite précision qui a son importance car effectivement, c'est vrai que ''Le Kazakh, c'est chiant''... (Grand prix de la ''Méga Vanne'' au festival de l'humour d'Astana en 2025). Tandis que lui et plusieurs autres flics ont prit rendez-vous dans un cimetière avec le principal homme de main du criminel nommé Chakka (Matt Birman) pour simuler un échange entre une valise pleine d'argent et une grande quantité de cocaïne, un homme est venu profiter de la situation pour faire évacuer sa propre sœur Tara (Kai Soremekun), folle amoureuse de l'un des hommes de Kasajian (Damon D'Oliveira dans le rôle de Gantry) dont elle refuse cependant de se séparer. Mais les choses se passent mal et après que plusieurs hommes de Kasajian aient perdu la vie et après que le plus proche collègue de Frank Rossi ait été assassiné devant ses yeux par Chakka, ce dernier et quelques survivants parviennent à prendre la fuite à bord d'un véhicule, emportant avec eux la drogue qu'ils étaient venus échanger ainsi la mallette refermant l'argent... Le seul à avoir finalement réussi à partir sans encombre ou presque est Billy (Billy Blanks), le frère de Tara qu'il ramène chez lui avant de la sermonner. Pourtant, rien à faire. Après seulement quelques minutes, la jeune femme prend la fuite pour retrouver son amant. Back in Black met donc principalement en scène Roddy Piper et Billy Blanks dans une sorte de Buddy Movie très musclé incarné par deux anciens sportifs réunis à l'écran, un peu comme au temps du long-métrage de John Carpenter dans lequel le cinéaste américain avait réuni le premier, ancien catcheur professionnel, et l'acteur Keith David dans un duo hors norme mais convaincu d'opérer ensemble afin de montrer au monde ce que tramait une race extraterrestre menant une invasion discrète mais néanmoins effrayante...


L'afro-américain Billy Banks incarne un homme, un frère inquiet pour sa sœur et dont l'arme principale sont ses bras et ses jambes. Comme on peut le constater, l'acteur et sportif spécialisé dans les arts-martiaux a su pleinement exploiter ses talents pour livrer à l'écran quelques sympathiques combats qui parfois n'ont pas à rougir face à la concurrence. Et certainement pas celle d'un certain Jean-Claude Vandamme auquel Steve DiMarco et Paul Ziller semblent soit vouloir rendre hommage, soit veulent tout simplement reprendre quelques moments de bravoure. L'on reconnaît notamment au détour d'une séquence le Full Contact que réalisa Sheldon Lettich quatre ans auparavant. Les deux réalisateurs ne se contentent d'ailleurs pas de reprendre ça et là les séquences-clés de quelques-uns des plus fameux métrages interprétés par l'acteur belge puisque les deux hommes osent même s'attaquer au cultissime Terminator de James Cameron en reprenant à leur manière la fameuse scène de course-poursuite entre les deux héros et l'antagoniste du récit située dans un parking souterrain. Et là, on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit d'un pompage en règle de cette iconique séquence du film ! En dehors de ces plagiats au fond plutôt drôles et divertissants, Back in Black n'en est pas moins riche de nombreuses scènes d'action qui permettent au spectateur de passer un très agréable moment sans qu'aucun temps-mort ne vienne gripper la mécanique. Et si le film est d'un point de vue scénaristique ce que l'on peut trouver de plus sommaire, les acteurs (auxquels l'on ajoutera la participation de Bobbie Philips dans le rôle de la journaliste Helen Lewinsky) s'en donnent à cœur-joie, surtout Billy Blanks et Roddy Piper, lesquels multiplient sans cesse les scènes de bagarre et de fusillades. Bref, on passe un excellent moment de cinéma régressif mais ô combien jouissif. Merci Otto...

 

lundi 3 mars 2025

Opération Las Vegas de N.G.Moutier (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'acteur américain Richard Harrison accepte de tourner dans le nouveau long-métrage du réalisateur, scénariste, acteur, romancier et... libraire (Mdr) français Norbert Georges Vincent Moutier, sans doute est-il loin d'imaginer que sa promesse allait le contraindre de participer à l'un des plus gros film Z de l'histoire du cinéma ! Une œuvre fauchée comme un champ de blé en jachère, qui voit le jour au tout début des années quatre-vingt dix tout en ayant l'air d'avoir été tourné vingt ans plus tôt. Un film d'espionnage, d'arts-martiaux où sont au menu trahison, séduction, attaque au sabre et aux armes à feu par des ninjas et des militaires... Tout ça pour une mallette contenant apparemment les plans d'un réacteur nucléaire. Surtout ''connu'' pour avoir mis en scène l'ultra Z Mad Mutilator, Norbert Moutier a également marqué les esprits des amateurs de lectures sanguinolentes en écrivant les sympathiques Neige d'enfer et L'équarrisseur de Soho pour la collection Gore des éditions Fleuve Noir en 1988 et 1990. En huit long-métrages réalisés en quinze ans et sous divers pseudonymes, l'ancien rédacteur du fanzine Fantastyka n'hésite pas à mouiller la chemise en signant avec Opération Las Vegas l'un de ces objets filmiques les plus invraisemblables qui soient. Démontrant ainsi la remarquable absence de talent d'un auteur malgré tout très optimiste quant au résultat obtenu une fois déclenché le clap de fin ! Prompt à faire habituellement chier les réalisateurs bis italiens, sachons balayer devant notre porte en évoquant cette fois-ci l'un des plus remarquables pourvoyeurs de nanars hexagonaux. Le fond de l'œuvre signée de Norbert Moutier lui-même ayant moins d'importance que la forme, c'est sur cette dernière que reposera tout l'intérêt d'une telle projection. Ceux qui survécurent à l'expérience Mad Mutilator savent déjà à quoi s'attendre. On peut d'ors et déjà leur assurer que l'expérience sera bien moins pénible. Et ce, malgré un montage et un mélange bordélique des genres qui n'aident absolument pas au confort du spectacle étalé devant nos yeux. Si le réalisateur et scénariste semble prendre les choses très au sérieux, le spectateur, lui, risque de pouffer de rire assez régulièrement. Vêtu d'un costard trois pièces, dans le rôle de Jefferson, Richard Harrison est quand même le seul type au monde à draguer les filles à bord d'une voiture familiale ! Et pourtant, cela semble fonctionner.


La preuve étant qu'il attire dans ses filets une certaine Britta (interprétée par l'actrice française Brigitte Borghese). Blonde et bien tanquée, avec ce petit air de P#%@ qui lui sied à ravir... Comment ça une Pute ? Ça n'est absolument pas ce que j'avais en tête. Pas du tout. Je pensais plutôt à une Poupée,certes gonflable, mais certainement pas une Pute !!! Trêve de plaisanterie. Comme si les nombreuses fusillades filmées avec l'engouement d'un neurasthénique ne suffisaient pas, on a droit à une bande-musicale absolument indigeste signée par Garabello (un rapport avec Jean-Louis Garabello ?). Lorsque l'on parle de soupe, ici, on évoque évidemment davantage des pommes de terre à l'eau qu'un délicieux velouté à base de crème fraîche. Côté doublage, c'est le pompon. En dehors de la blonde Brigitte Borghese l'on a l'impression que la totalité des interprètes masculins l'on été par le même doubleur. Expressions et timbre de voix sont tellement caricaturaux qu'on a souvent l'impression que tous les personnages furent doublés par Mozinor ! Bon, après, on reconnaîtra Opération Las Vegas comme ayant pu être éventuellement une authentique source d'inspiration pour les frères Coen. N'y at-il pas en effet chez les américains de The Big Lebowski une petite touche de cette pépite qu'est la série Z signée Norbert Moutier sous le pseudonyme de N. G. Moutier ? La seule ''preuve'' étant de mettre côte à côte l'acteur hollandais John Van Dreelen et l'américain John Goodman. Même tendance (ou presque) à prendre de la bedaine mais surtout, même tenue vestimentaire. Pour être tout à fait franc, le film est quand même assez chiant à suivre malgré sa courte durée qui n'excède que de quelques secondes les soixante-sept minutes. Heureusement, le spectateur trouve régulièrement l'occasion de rire. Comme lors de cette séquence à l'improbable montage durant laquelle un type se rend compte qu'on lui a remis une mallette piégée. La jetant loin de lui, celle-ci explose. Lors du plan suivant, le gars s'abrite derrière sa voiture..... Après l'explosion !!! Pas avant, non, APRES !!! Bref, le film de Norbert Moutier est un authentique cas d'école qui ferait bondir n'importe quel prof spécialité dans le cinéma. Mais alors, parfois, quelle tranche de rigolade...

 

lundi 8 avril 2024

Bruce Lee - Le jeu de la mort de Robert Clouse (1972-1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Afin de conclure ce cycle consacré à l'acteur hongkongais Bruce Lee, nous allons évoquer le tout dernier long-métrage dans lequel il est apparu. Le jeu de la mort possède cette particularité d'être essentiellement interprété par l'acteur sud-coréen Kim Tai Chung et non pas par Bruce Lee qui décéda d'un œdème cérébral avant la reprise du tournage, une semaine avant que son précédent film Opération dragon ne voit le jour sur les écrans de cinéma. À l'origine, Bruce Lee devait réaliser Le jeu de la mort pour lequel il avait lui-même écrit un scénario se basant sur les péripéties d'un spécialiste des arts-martiaux qui sur la demande de la mafia coréenne devait combattre toute une série d'adversaires au sein d'une pagode avec à la clé, la découverte d'un trésor. Après la mort de l'acteur, le personnage de Hai Tien est remplacé par Billy Lo qu'incarne donc Kim Tai Chung tandis que la mafia coréenne est elle échangée contre le syndicat du crime de Hong Kong. Le personnage central n'est plus un ancien champion des arts-martiaux mais un acteur sur lequel le syndicat en question tente de mettre la main. Après avoir essuyé de multiples refus de la part de Billy, Steiner (Hugh O'Brian), le docteur Land (Dean Jagger), Carl Miller (Robert Wall) ainsi que des hommes à moto le mettent en danger ainsi que sa fiancée, l'actrice Ann Morris (Colleen Camp) et vont même jusqu'à prendre la décision de l'éliminer lors du tournage de son tout dernier film. Laissé pour mort, transporté à l’hôpital, Billy n'a plus qu'une idée en tête : se faire justice... Après deux mois de tournage en 1972, Bruce Lee se consacre à Opération dragon que réalise alors Robert Clouse. Lors de la reprise du Jeu de la mort, c'est ce dernier qui en reprend les rennes sur la base d'un script qui respecte au fond assez peu celui de Bruce Lee. Quant à l'acteur Kim Tai Chung, durant une bonne partie du récit il est visible sous des angles qui tentent vainement de le confondre avec la star du kung-fu ! Filmé de dos ou de trois-quart, dans une semi-obscurité ou doté de divers postiches et autres lunettes de soleil, l'illusion demeure très imparfaite.


Le film intègre dans un premier temps quelques plans fugaces de Bruce Lee (surtout des gros plans) mais ne lui consacre en réalité que quelques rares séquences comme lors du fameux duel qui l'oppose en fin de récit au joueur de basket new-yorkais Kareem Abdul-Jabbar. À vrai dire, Le jeu de la mort doit tout d'abord s'envisager non pas comme un pur film honorant de sa présence le mythique acteur hongkongais mais plutôt comme un hommage. En témoignent les générique de début et de fin qui reviennent sur quelques courts passages emblématiques situant leur action lors des précédents films dans lesquels il tenait la vedette. En réalisant à l'issue du tournage d'Opération dragon quelques séquences de combat dans la pagode prévues pour son prochain film, Bruce Lee a permis à ses fans de prolonger le plaisir dans un nouveau long-métrage même si Le jeu de la mort apparaît davantage comme une œuvre bâtarde que comme un authentique film estampillé ''Bruce Lee''. Ce concept, qui alors était tout à fait involontaire du fait que l'acteur était décédé sera à l'origine dans les années à venir de la ''création'' d'un sous-genre. La ''Bruceploitation'' dans laquelle des sosies de Bruce Lee seront les nouvelles vedettes de film de kung-fu tentant de reproduire ''à leur niveau de compétence'', les exploits cinématographiques de celui qui était déjà et allait demeurer LA plus grande légende du cinéma d'arts-martiaux. Même si le plaisir de retrouver Bruce Lee dans Le jeu de la mort est réel bien que très ponctuel, le fait même qu'on sache qu'il y apparaît tout en étant ''doublé'' par un autre que lui durant une très grande partie du récit rend inconfortable son déroulement. Car afin de capitaliser sur son image, certains ne semblent avoir eu aucun scrupule à placer ça et là de nombreux plans ne dépassant pas une seconde. Pire : il demeure même un plan où le visage de Bruce Lee est carrément plaqué sur celui de Kim Tai Chung et ce, pour un résultat absolument désastreux... voire même risible. Bref, en dehors de quelques antagonistes méchamment caractérisés et le combat final entre Bruce Lee et Kareem Abdul-Jabbar, Le jeu de la mort est en réalité moins l’œuvre posthume de la plus grande star du kung-fu ayant jamais existé qu'un film à l'opportunisme aveuglant... Bruce Lee : 27 novembre 1940 - 20 juillet 1973...

 

dimanche 7 avril 2024

Opération dragon de Robert Clouse (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Au risque de me faire pourrir, conspuer, insulter, cracher dessus, j'avoue ne pas vraiment comprendre la quasi unanimité qui entoure l'avant-dernier long-métrage interprété par l'acteur hongkongais Bruce Lee. Peut-être est-ce parce que contrairement à d'autres, qui sans doute s'y connaissent mieux que moi en matière de films d'action essentiellement dirigés du côté des arts-martiaux, je n'ai justement pas apprécié le film à la hauteur de ses engagements. Qu'il ait été produit non plus seulement par Hong Kong mais également par la société de production et de distribution américaine Warner Bros et qu'il ait été également mis en scène par un réalisateur, scénariste et producteur lui-même d'origine américaine fait que Opération dragon n'a pas tout à fait la même saveur que les trois précédents longs-métrages de la star hongkongaise. Et pourtant, je me souviens de ces temps anciens où, me semble-t-il, celui-ci était mon préféré. Car sans prétendre être ''clinquant'' et au beau milieu d'une filmographie percluse d’œuvres de ''petite composition'', Opération dragon est effectivement d'un niveau technique supérieur à Big Boss, La fureur de vaincre et La fureur du dragon. Tiens, d'ailleurs, concernant ce dernier, inutile d'y trouver un rapport quelconque avec cet avant-dernier film de Bruce Lee réalisé par Robert Clouse. Tourné à Hong Kong mais en partie interprété par des acteurs occidentaux, Opération dragon mérite pour une raison au moins son statut de film culte. Ne serait-ce que pour son indéniable apport au genre, qu'il s'agisse simplement d'évoquer une armada de longs-métrages reposant sur le même système ou par extension, ces œuvres vidéoludiques que représentent les franchises Mortal Kombat et Street Fighter, lesquelles, sans doute, lui doivent tout ou presque de leur concept. Si aujourd'hui le principe du tournoi réunissant des champions venus des quatre coins de la planète afin de s'affronter lors de combats peut paraître anodin, à l'époque, le film fait une telle sensation qu'il permettra à Bruce Lee d'avoir enfin la reconnaissance qu'il méritait sur le territoire américain. Le fait même qu'un studio d'outre-atlantique ait participé au projet et que le film ait été réalisé par un américain participant sans doute alors de l'engouement d'un public adepte de malbouffe jusqu'alors réfractaire aux péripéties de ce petit chinois sec et sans matière grasse. Le plus navrant demeurant dans le fait que Bruce Lee n'aura pas pu profiter du succès du film puisqu'il décédera un mois presque jour pour jour avant sa sortie aux États-Unis !


La particularité d'Opération dragon est son absence apparemment assumée d'humour. Plus étonnant encore, non seulement Robert Clouse signe le nouveau film d'action/arts-martiaux de Bruce Lee mais le scénario de Michael Allin intègre un genre qui n'était jusque là pas l’apanage de l'acteur hongkongais : l'espionnage. Car comme nous le découvrons rapidement, Lee (Bruce Lee) est engagé par les autorités chinoises afin de s'infiltrer dans le palais de Han (l'acteur et cascadeur chinois Shih Kien) lors d'un tournoi organisé par celui-ci afin de trouver des preuves de son implication dans un réseau de trafic d'opium dont il serait la tête pensante. De nuit, Lee se faufile tel un félin, s'introduit dans des locaux interdits alors que les sorties nocturnes sont prohibées. De jour, il participe au tournoi auquel vont notamment participer les acteurs américains John Saxon et Jim Kelly (interprète qui en général avait l'habitude de tourner dans des œuvres de Blaxploitation) ainsi que le célèbre acteur hongkongais Bolo Yeung et son impressionnante carrure. Acteur qui en général a l'habitude d'endosser le costume de l'antagoniste et que l'on aura notamment pu découvrir dans deux longs-métrages principalement interprétés par l'acteur belge Jean-Claude Van Damme, Bloodsport, tous les coups sont permis de Newt Arnold en 1988 et Double Impact de Sheldon Lettich trois ans plus tard. Si Opération dragon offre quelques sympathiques combats (comme celui qui opposera Lee à Oharra (l'acteur américain Bob Hall), garde du corps du propriétaire des lieux qui par le passé provoqua le suicide forcé de la jeune sœur de notre héros), le problème provient surtout du scénario qui semble terriblement léger. Qu'il s'agisse de l'espionnage ou de la compétition, le film se libère assez rapidement des contraintes imposées par le script pour ne plus se préoccuper que des seules séquences d'actions dont une, relativement mémorable, opposant Lee à Han. En étant tourné avec une énergie et une ambition bien différentes des petites productions hongkongaises, Opération dragon perd quelque peu le charme des précédents films de Bruce Lee. Ce qui ne l'empêche tout de même pas de mériter amplement son statut de film culte...

 

samedi 6 avril 2024

La fureur du dragon de Bruce Lee (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Troisième des cinq longs-métrages qui ont fait de lui une légende, La fureur du dragon est l'un des deux seuls films que Bruce Lee aura réalisé durant toute sa carrière. Les avis à son sujet sont assez partagés. Une partie des fans de l'acteur le considèrent comme l'un de ses meilleurs longs-métrages tandis que les autres le conçoivent comme une triste clownerie ! Et il est vrai qu'en ce sens La fureur du dragon dénote par rapport au précédent, La fureur de vaincre, dans lequel Bruce Lee incarnait tout de même un homme épris de vengeance qui se transformait quasiment en tueur en série. Accentuant ainsi l'aspect véritablement sombre d'une œuvre en totale opposition avec le long-métrage qu'il allait alors entreprendre de diriger lui-même peu de temps après celui qu'avait mis en scène Lo Wei. Écrit, produit, chorégraphié et donc principalement interprété par Bruce Lee, La fureur du dragon sera l'occasion de retrouver une nouvelle fois la jolie Nora Miao, laquelle avait accompagné l'acteur sur les tournages des deux précédents films dont il tint la vedette. Après avoir incarné les rôles d'une propriétaire de stand de boisson et la future épouse du plus doué des élèves d'un maître en arts martiaux, l'actrice interprète désormais celui d'une jeune femme dont l'oncle Wang (Huang Chung-Hsin) rencontre des problèmes en Italie avec un groupe de mafieux qui veulent s'emparer de son restaurant (à la tête duquel l'on retrouve l'acteur Jon T. Benn). Chen Ching-Hua accueille donc à l'aéroport de Rome Tang Lung (Bruce Lee) fraîchement débarqué, mais quelque peu déboussolé. Il n'y parle pas la langue et ne connaît rien des us et coutumes locaux. De plus, devant son attitude gauche, la charmante Chen Ching-Hua paraît avoir quelques réserves vis à vis de celui qui vient d'arriver afin de mettre de l'ordre dans les affaires de son oncle... Tout comme le spectateur qui peut voir en cette succession de séquences humoristiques, une alternative asiatique aux délires potaches de l'un des duos de comiques les plus célèbre de la planète : Bud Spencer et Terence Hill. Le mimétisme est à cela remarquable que l'on ne sait ni du duo ou de Bruce Lee lequel aura inspiré l'autre !


Mais il est fort à parier que Bud Spencer et Terence Hill aient librement emprunté à La fureur du dragon quelques éléments comme semble par exemple le confirmer la plupart des séquences de l'un de leurs films parmi les plus connus : Deux super-flics réalisé par E.B. Clucher cinq ans après la sortie de La fureur du dragon. Comment ne pas en effet mettre en corrélation le petit chef de bande teigneux auquel se frottèrent à diverses reprises les deux acteurs italiens au pleutre Ho qu'interprète l'acteur Wei Ping-ao ? L'on retrouve en outre la même prédisposition dans les deux métrages pour ces bruitages fort exagérés lors des bagarres entre protagonistes et voyous... Bruce Lee choisi donc l'angle de la comédie et multiplie les mimiques burlesque, certainement au grand dam de ceux qui auraient préféré plus de sérieux. Mais alors que La fureur du dragon semble avant tout prôner une grande légèreté, le film n'en est pas moins doté de quelques séquences de combats qui depuis sont véritablement entrées dans la légende. On pense bien entendu aux quelques passages se situant dans la cours arrière du restaurant mais aussi et surtout à la mythique scène finale lors de laquelle Tang Lung se confrontera à un karatéka dépêché sur place des États-Unis qu'incarnera un acteur alors quasiment inconnu à l'époque, le célèbre Chuck Norris. Dans la peau de Colt, l'interprète américain affronte lors d'un final d'anthologie un Bruce Lee qui pour une fois rencontre une certaine résistance ! Tout comme pour La fureur de vaincre qui sera édité en France sous l'appellation ''René Chateau Vidéos'', La fureur du dragon sera expurgé de quelques séquences qui heureusement retrouveront leur place lors de futures éditions. Le long-métrage de Bruce Lee fait un clin d’œil au cinéma italien et plus précisément au western spaghetti lors du duel final censé se dérouler au cœur du Colisée mais tourné en réalité dans les studios de la société de distribution et de production hongkongaise Golden Harvest. Lors de cette séquence l'on entend effectivement quelques notes d'ouverture de Come una sentenza du compositeur italien Ennio Morricone qui servit de bande-son au chef-d’œuvre de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand...

 

vendredi 5 avril 2024

La Fureur de vaincre de Lo Wei (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Big Boss était une mise en bouche. Surtout si on le compare à La Fureur de vaincre (Jing wu men) que réalisera à nouveau Lo Wei. Cette fois-ci, l'intrigue se déroule à Shanghai. Deux écoles d'arts-martiaux s'y affrontent. Celle du maître chinois Huo Yuanjia dont l'élève le moins discipliné revient d'un long séjour pour y épouser Yuan Le-erh (l'actrice hongkongaise Nora Miao qui dans lors de la précédente collaboration entre le réalisateur et Bruce Lee incarnait la propriétaire du stand de boissons fraîches). À son retour, Chen Zhen apprend que son maître vient de mourir. Assistant tardivement à l'enterrement de Huo Yuanjia dont la mort demeure inexplicable, le jeune homme a bien du mal à se plier aux règles édictées par le fondateur de l'école Jingwu. Surtout lorsque certains des représentants du rival japonais du dojo de Hiroshi Suzuki osent pénétrer l'antre chinois pour y humilier ses adeptes. Traités de lâches par Wu En, le traducteur et conseiller du Maître Suzuki, aucun membre de l'école Jingwu n'ose s'interposer... en dehors de Chen Zhen qui quelques temps plus tard s'introduit dans le dojo de Suzuki et met une véritable raclée à ses membres. Par vengeance, Wu En et plusieurs dizaines d'hommes retournent une nouvelle fois à l'école Jingwu afin de la mettre à sac et donner une leçon à ses élèves. Avant de repartir, Wu En donne trois jours à ceux-ci pour livrer Chen Zhen à l'école de Suzuki, à défaut de quoi, les représailles seront terribles. Ne pouvant se contraindre à livrer l'un des siens, le responsable de l'école Jingwu propose à Chen Zhen de quitter Shanghai en compagnie de sa future épouse au plus vite... Si Big Boss était un sympathique petit film, on atteint avec La Fureur de vaincre un niveau de qualité nettement supérieur. Tout ce que l'on pouvait attendre d'un film d'action et d'arts-martiaux y est ! Si lors de la première collaboration entre Lo Wei et Bruce Lee il fallait parfois attendre des dizaines de minutes avant que ne s'enclenchent les combats, dans le cas de La Fureur de vaincre, les amateurs n'auront pas à attendre bien longtemps. Le film est une succession de moments de bravoure lors desquels l'acteur hongkongais déploie des techniques de combat qui lui sont propres.


À grand renfort de cris, de grognements ou de miaulements, Bruce Lee combat aux pieds, aux mains, sautant au dessus de ses adversaires et use également du nunchaku. L'une des séquences emblématiques du long-métrage se situe lorsque le personnage de Chen Zhen s'introduit dans le dojo de l'école rivale et affronte plusieurs dizaine d'adversaires. Une séquence devenue culte qui sera reprise bien des années plus tard par le cinéaste américain Quentin Tarantino dans Kill Bill Volume 1 lors de l'affrontement entre la Mariée interprétée par l'actrice Uma Thurman et une flopée de Yakuzas agissant sous les ordres de Bill, dirigeant du Détachement International des Vipères Assassines ! À nouveau écrit par Lo Wei et Ni Kuang, La fureur de vaincre fait également figure de critique sociale où le chinois est dans sa globalité traité au même rang que les animaux de compagnie comme l'évoque notamment la séquence tournée devant l'entrée du Parc Huangpu, à Shanghai. L'annotation de panneau ayant été changée pour les biens du long-métrage, l'accès n'y était cependant pas spécifiquement interdite aux habitants du cru mais bien réservée aux étrangers ! Les tensions raciales sont ici l'un des angles sociaux sous lesquels le réalisateur et scénariste choisi de plonger les protagonistes. Notons également que La fureur de vaincre sera l'occasion pour la future star du cinéma d'action Hongkongaise Jackie Chan de croiser la route de Bruce Lee. Employé en tant que cascadeur, le futur interprète de la franchise Police Story y effectuera en effet à plusieurs reprises, certaines cascades. Jackie Chan et Bruce Lee auront d'ailleurs l'occasion de se retrouver un an plus tard sur le tournage d'Opération Dragon de Robert Clouse, avant-dernière apparition de la légende du karaté avant sa tragique disparition le 20 juillet 1973 à l'âge de 32 ans...

 

jeudi 4 avril 2024

Big Boss de Lo Wei (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour débuter le cycle consacré à l'acteur sino-américain Bruce Lee, nous allons évoquer son tout premier succès international. Après être apparu à l'âge de un an dans Les larmes de San Francisco d'Esther Eng, la future star des arts-martiaux enchaînera les rôles entre 1946 et 1969. Parmi elles, sa participation à la série américaine Le frelon vert entre 1966 et 1967. Le succès ne sera malheureusement pas au rendez-vous et les prochains longs-métrages qu'il tournera sur le territoire américain ne lui permettront pas encore de se faire un nom dans le cinéma. C'est pourquoi Bruce Lee retourne dans sa ville natale, à Hong Kong, pour y tourner en 1971 le film Big Boss (Tang shan da xiong) du réalisateur hongkongais Lo Wei, réalisateur aux soixante-cinq longs-métrages, acteur ayant joué dans cent-dix films et qui marqua d'une empreinte indélébile le cinéma d'action et d'arts-martiaux mondial en signant deux des plus célèbres films du genre aux côtés de Bruce Lee. Car après celui-ci, les deux hommes se retrouveront un an plus tard sur le tournage de La Fureur de vaincre (Jing wu men), second succès de la star hongkongaise... Concernant Big Boss, Bruce Lee s'amuse à faire s'impatienter le public qui est venu le voir combattre les antagonistes du film. Dans celui-ci, il incarne le rôle de Cheng Chao-an, un jeune chinois originaire de la ville-préfecture de Tangshan au nord-est de la république populaire de Chine. Il débarque en compagnie de son oncle à Pak Chong en Thaïlande où il y fait la connaissance de son cousin Hsiu Chien (l'acteur James Tien) et de plusieurs de ses amis qui tous sont employé dans la fabrique locale de blocs de glace. Fuyant sa mauvaise réputation de bagarreur, Cheng Chao-an promet à son oncle de bien se tenir et de travailler à son tour pour Hsiao Mi (le ''Big Boss'' du titre qu'interprète l'acteur chinois Han Ying-chieh). Porteur d'une amulette offerte par sa mère adoptive à laquelle il avait également fait la promesse d'éviter toute altercation, le jeune homme va cependant très vite en découdre avec certains habitants du coin. Dirigée d'une main de fer, l'entreprise de Hsiao Mi sert en effet de couverture à un trafic de drogue qui bientôt fera deux victimes parmi les employés. Deux hommes qui venaient de découvrir le pot aux roses et qui ont subitement disparu...


Alors que la carrière de Bruce Lee avait tendance à stagner du fait de l'annulation de la série Le frelon vert et d'un problème physique lié à l'usage intensif de l'haltérophilie, les projets auxquels il contribuait avaient tendance à tomber à l'eau l'un après l'autre. C'est sur les conseils de l'acteur américain James Coburn que Bruce Lee retourne alors tenter sa chance à Hong Kong. À court d'argent, le jeune spécialiste en arts-martiaux refuse cependant le contrat que leur propose de signer les frères de la société de production cinématographique Shaw Brothers mais accepte de signer un contrat pour deux films auprès de Raymond Chow, patron d'une autre société de production du nom de Golden Harvest. Le tournage débute en juillet 1971 à Pak Chong, au nord-est de Bangkok tandis que le dernier tour de manivelle sera effectué le 3 septembre de cette même année. À l'origine, le film contenait plus de trois heures d'images qui furent réduites en post-production à quatre-vingt seize minutes. Tourné en cantonais et en mandarin, le film sera traduit dans diverses langues dont l'anglais et le français et aura la particularité d'avoir été doublé à deux reprises dans notre langue. C'est ainsi que par exemple, Bruce Lee le fut d'abord une première fois par Philippe Ogouz et une seconde fois par Pierre Tessier... Dans Big Boss, il faudra patienter plus de trois quart-d'heure avant de voir Bruce Lee se servir véritablement de ses poings et de ses pieds. Jusque là, son personnage devra refréner ses pulsions. Parmi les interprètes nous retrouvons quelques jolies actrices féminines parmi lesquelles la hongkongaise Nora Miao qui sous le pseudonyme Mao Ke-hsiu interprète le rôle de la propriétaire d'un stand de boissons, Maria Yi dans celui de la cousine Chow Mei ou encore Marilyn Bautista dans celui de la prostituée Miss Sun Wuman. Bien que reposant sur un script écrit par Lo Wei en collaboration avec le romancier et scénariste américano-hongkongais Ni Kuang, l'histoire s'inspire en fait d'un fait authentique ayant eu lieu à la fin du dix-neuvième siècle. Revoir aujourd'hui Big Boss, c'est se rendre compte combien l'eau a depuis coulé sous les ponts. Et même si Bruce Lee demeure une légende du cinéma d'action et d'arts-martiaux, il faut reconnaître que les combats sont parfois ''pénibles'' à regarder. Notons que le film propose quelques étonnants plans de nus et plusieurs séquences sanglantes plus ou moins suggérées... Le petit Dragon entrait alors dans la légende...

 

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