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lundi 8 avril 2024

Bruce Lee - Le jeu de la mort de Robert Clouse (1972-1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Afin de conclure ce cycle consacré à l'acteur hongkongais Bruce Lee, nous allons évoquer le tout dernier long-métrage dans lequel il est apparu. Le jeu de la mort possède cette particularité d'être essentiellement interprété par l'acteur sud-coréen Kim Tai Chung et non pas par Bruce Lee qui décéda d'un œdème cérébral avant la reprise du tournage, une semaine avant que son précédent film Opération dragon ne voit le jour sur les écrans de cinéma. À l'origine, Bruce Lee devait réaliser Le jeu de la mort pour lequel il avait lui-même écrit un scénario se basant sur les péripéties d'un spécialiste des arts-martiaux qui sur la demande de la mafia coréenne devait combattre toute une série d'adversaires au sein d'une pagode avec à la clé, la découverte d'un trésor. Après la mort de l'acteur, le personnage de Hai Tien est remplacé par Billy Lo qu'incarne donc Kim Tai Chung tandis que la mafia coréenne est elle échangée contre le syndicat du crime de Hong Kong. Le personnage central n'est plus un ancien champion des arts-martiaux mais un acteur sur lequel le syndicat en question tente de mettre la main. Après avoir essuyé de multiples refus de la part de Billy, Steiner (Hugh O'Brian), le docteur Land (Dean Jagger), Carl Miller (Robert Wall) ainsi que des hommes à moto le mettent en danger ainsi que sa fiancée, l'actrice Ann Morris (Colleen Camp) et vont même jusqu'à prendre la décision de l'éliminer lors du tournage de son tout dernier film. Laissé pour mort, transporté à l’hôpital, Billy n'a plus qu'une idée en tête : se faire justice... Après deux mois de tournage en 1972, Bruce Lee se consacre à Opération dragon que réalise alors Robert Clouse. Lors de la reprise du Jeu de la mort, c'est ce dernier qui en reprend les rennes sur la base d'un script qui respecte au fond assez peu celui de Bruce Lee. Quant à l'acteur Kim Tai Chung, durant une bonne partie du récit il est visible sous des angles qui tentent vainement de le confondre avec la star du kung-fu ! Filmé de dos ou de trois-quart, dans une semi-obscurité ou doté de divers postiches et autres lunettes de soleil, l'illusion demeure très imparfaite.


Le film intègre dans un premier temps quelques plans fugaces de Bruce Lee (surtout des gros plans) mais ne lui consacre en réalité que quelques rares séquences comme lors du fameux duel qui l'oppose en fin de récit au joueur de basket new-yorkais Kareem Abdul-Jabbar. À vrai dire, Le jeu de la mort doit tout d'abord s'envisager non pas comme un pur film honorant de sa présence le mythique acteur hongkongais mais plutôt comme un hommage. En témoignent les générique de début et de fin qui reviennent sur quelques courts passages emblématiques situant leur action lors des précédents films dans lesquels il tenait la vedette. En réalisant à l'issue du tournage d'Opération dragon quelques séquences de combat dans la pagode prévues pour son prochain film, Bruce Lee a permis à ses fans de prolonger le plaisir dans un nouveau long-métrage même si Le jeu de la mort apparaît davantage comme une œuvre bâtarde que comme un authentique film estampillé ''Bruce Lee''. Ce concept, qui alors était tout à fait involontaire du fait que l'acteur était décédé sera à l'origine dans les années à venir de la ''création'' d'un sous-genre. La ''Bruceploitation'' dans laquelle des sosies de Bruce Lee seront les nouvelles vedettes de film de kung-fu tentant de reproduire ''à leur niveau de compétence'', les exploits cinématographiques de celui qui était déjà et allait demeurer LA plus grande légende du cinéma d'arts-martiaux. Même si le plaisir de retrouver Bruce Lee dans Le jeu de la mort est réel bien que très ponctuel, le fait même qu'on sache qu'il y apparaît tout en étant ''doublé'' par un autre que lui durant une très grande partie du récit rend inconfortable son déroulement. Car afin de capitaliser sur son image, certains ne semblent avoir eu aucun scrupule à placer ça et là de nombreux plans ne dépassant pas une seconde. Pire : il demeure même un plan où le visage de Bruce Lee est carrément plaqué sur celui de Kim Tai Chung et ce, pour un résultat absolument désastreux... voire même risible. Bref, en dehors de quelques antagonistes méchamment caractérisés et le combat final entre Bruce Lee et Kareem Abdul-Jabbar, Le jeu de la mort est en réalité moins l’œuvre posthume de la plus grande star du kung-fu ayant jamais existé qu'un film à l'opportunisme aveuglant... Bruce Lee : 27 novembre 1940 - 20 juillet 1973...

 

dimanche 7 avril 2024

Opération dragon de Robert Clouse (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Au risque de me faire pourrir, conspuer, insulter, cracher dessus, j'avoue ne pas vraiment comprendre la quasi unanimité qui entoure l'avant-dernier long-métrage interprété par l'acteur hongkongais Bruce Lee. Peut-être est-ce parce que contrairement à d'autres, qui sans doute s'y connaissent mieux que moi en matière de films d'action essentiellement dirigés du côté des arts-martiaux, je n'ai justement pas apprécié le film à la hauteur de ses engagements. Qu'il ait été produit non plus seulement par Hong Kong mais également par la société de production et de distribution américaine Warner Bros et qu'il ait été également mis en scène par un réalisateur, scénariste et producteur lui-même d'origine américaine fait que Opération dragon n'a pas tout à fait la même saveur que les trois précédents longs-métrages de la star hongkongaise. Et pourtant, je me souviens de ces temps anciens où, me semble-t-il, celui-ci était mon préféré. Car sans prétendre être ''clinquant'' et au beau milieu d'une filmographie percluse d’œuvres de ''petite composition'', Opération dragon est effectivement d'un niveau technique supérieur à Big Boss, La fureur de vaincre et La fureur du dragon. Tiens, d'ailleurs, concernant ce dernier, inutile d'y trouver un rapport quelconque avec cet avant-dernier film de Bruce Lee réalisé par Robert Clouse. Tourné à Hong Kong mais en partie interprété par des acteurs occidentaux, Opération dragon mérite pour une raison au moins son statut de film culte. Ne serait-ce que pour son indéniable apport au genre, qu'il s'agisse simplement d'évoquer une armada de longs-métrages reposant sur le même système ou par extension, ces œuvres vidéoludiques que représentent les franchises Mortal Kombat et Street Fighter, lesquelles, sans doute, lui doivent tout ou presque de leur concept. Si aujourd'hui le principe du tournoi réunissant des champions venus des quatre coins de la planète afin de s'affronter lors de combats peut paraître anodin, à l'époque, le film fait une telle sensation qu'il permettra à Bruce Lee d'avoir enfin la reconnaissance qu'il méritait sur le territoire américain. Le fait même qu'un studio d'outre-atlantique ait participé au projet et que le film ait été réalisé par un américain participant sans doute alors de l'engouement d'un public adepte de malbouffe jusqu'alors réfractaire aux péripéties de ce petit chinois sec et sans matière grasse. Le plus navrant demeurant dans le fait que Bruce Lee n'aura pas pu profiter du succès du film puisqu'il décédera un mois presque jour pour jour avant sa sortie aux États-Unis !


La particularité d'Opération dragon est son absence apparemment assumée d'humour. Plus étonnant encore, non seulement Robert Clouse signe le nouveau film d'action/arts-martiaux de Bruce Lee mais le scénario de Michael Allin intègre un genre qui n'était jusque là pas l’apanage de l'acteur hongkongais : l'espionnage. Car comme nous le découvrons rapidement, Lee (Bruce Lee) est engagé par les autorités chinoises afin de s'infiltrer dans le palais de Han (l'acteur et cascadeur chinois Shih Kien) lors d'un tournoi organisé par celui-ci afin de trouver des preuves de son implication dans un réseau de trafic d'opium dont il serait la tête pensante. De nuit, Lee se faufile tel un félin, s'introduit dans des locaux interdits alors que les sorties nocturnes sont prohibées. De jour, il participe au tournoi auquel vont notamment participer les acteurs américains John Saxon et Jim Kelly (interprète qui en général avait l'habitude de tourner dans des œuvres de Blaxploitation) ainsi que le célèbre acteur hongkongais Bolo Yeung et son impressionnante carrure. Acteur qui en général a l'habitude d'endosser le costume de l'antagoniste et que l'on aura notamment pu découvrir dans deux longs-métrages principalement interprétés par l'acteur belge Jean-Claude Van Damme, Bloodsport, tous les coups sont permis de Newt Arnold en 1988 et Double Impact de Sheldon Lettich trois ans plus tard. Si Opération dragon offre quelques sympathiques combats (comme celui qui opposera Lee à Oharra (l'acteur américain Bob Hall), garde du corps du propriétaire des lieux qui par le passé provoqua le suicide forcé de la jeune sœur de notre héros), le problème provient surtout du scénario qui semble terriblement léger. Qu'il s'agisse de l'espionnage ou de la compétition, le film se libère assez rapidement des contraintes imposées par le script pour ne plus se préoccuper que des seules séquences d'actions dont une, relativement mémorable, opposant Lee à Han. En étant tourné avec une énergie et une ambition bien différentes des petites productions hongkongaises, Opération dragon perd quelque peu le charme des précédents films de Bruce Lee. Ce qui ne l'empêche tout de même pas de mériter amplement son statut de film culte...

 

samedi 6 avril 2024

La fureur du dragon de Bruce Lee (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Troisième des cinq longs-métrages qui ont fait de lui une légende, La fureur du dragon est l'un des deux seuls films que Bruce Lee aura réalisé durant toute sa carrière. Les avis à son sujet sont assez partagés. Une partie des fans de l'acteur le considèrent comme l'un de ses meilleurs longs-métrages tandis que les autres le conçoivent comme une triste clownerie ! Et il est vrai qu'en ce sens La fureur du dragon dénote par rapport au précédent, La fureur de vaincre, dans lequel Bruce Lee incarnait tout de même un homme épris de vengeance qui se transformait quasiment en tueur en série. Accentuant ainsi l'aspect véritablement sombre d'une œuvre en totale opposition avec le long-métrage qu'il allait alors entreprendre de diriger lui-même peu de temps après celui qu'avait mis en scène Lo Wei. Écrit, produit, chorégraphié et donc principalement interprété par Bruce Lee, La fureur du dragon sera l'occasion de retrouver une nouvelle fois la jolie Nora Miao, laquelle avait accompagné l'acteur sur les tournages des deux précédents films dont il tint la vedette. Après avoir incarné les rôles d'une propriétaire de stand de boisson et la future épouse du plus doué des élèves d'un maître en arts martiaux, l'actrice interprète désormais celui d'une jeune femme dont l'oncle Wang (Huang Chung-Hsin) rencontre des problèmes en Italie avec un groupe de mafieux qui veulent s'emparer de son restaurant (à la tête duquel l'on retrouve l'acteur Jon T. Benn). Chen Ching-Hua accueille donc à l'aéroport de Rome Tang Lung (Bruce Lee) fraîchement débarqué, mais quelque peu déboussolé. Il n'y parle pas la langue et ne connaît rien des us et coutumes locaux. De plus, devant son attitude gauche, la charmante Chen Ching-Hua paraît avoir quelques réserves vis à vis de celui qui vient d'arriver afin de mettre de l'ordre dans les affaires de son oncle... Tout comme le spectateur qui peut voir en cette succession de séquences humoristiques, une alternative asiatique aux délires potaches de l'un des duos de comiques les plus célèbre de la planète : Bud Spencer et Terence Hill. Le mimétisme est à cela remarquable que l'on ne sait ni du duo ou de Bruce Lee lequel aura inspiré l'autre !


Mais il est fort à parier que Bud Spencer et Terence Hill aient librement emprunté à La fureur du dragon quelques éléments comme semble par exemple le confirmer la plupart des séquences de l'un de leurs films parmi les plus connus : Deux super-flics réalisé par E.B. Clucher cinq ans après la sortie de La fureur du dragon. Comment ne pas en effet mettre en corrélation le petit chef de bande teigneux auquel se frottèrent à diverses reprises les deux acteurs italiens au pleutre Ho qu'interprète l'acteur Wei Ping-ao ? L'on retrouve en outre la même prédisposition dans les deux métrages pour ces bruitages fort exagérés lors des bagarres entre protagonistes et voyous... Bruce Lee choisi donc l'angle de la comédie et multiplie les mimiques burlesque, certainement au grand dam de ceux qui auraient préféré plus de sérieux. Mais alors que La fureur du dragon semble avant tout prôner une grande légèreté, le film n'en est pas moins doté de quelques séquences de combats qui depuis sont véritablement entrées dans la légende. On pense bien entendu aux quelques passages se situant dans la cours arrière du restaurant mais aussi et surtout à la mythique scène finale lors de laquelle Tang Lung se confrontera à un karatéka dépêché sur place des États-Unis qu'incarnera un acteur alors quasiment inconnu à l'époque, le célèbre Chuck Norris. Dans la peau de Colt, l'interprète américain affronte lors d'un final d'anthologie un Bruce Lee qui pour une fois rencontre une certaine résistance ! Tout comme pour La fureur de vaincre qui sera édité en France sous l'appellation ''René Chateau Vidéos'', La fureur du dragon sera expurgé de quelques séquences qui heureusement retrouveront leur place lors de futures éditions. Le long-métrage de Bruce Lee fait un clin d’œil au cinéma italien et plus précisément au western spaghetti lors du duel final censé se dérouler au cœur du Colisée mais tourné en réalité dans les studios de la société de distribution et de production hongkongaise Golden Harvest. Lors de cette séquence l'on entend effectivement quelques notes d'ouverture de Come una sentenza du compositeur italien Ennio Morricone qui servit de bande-son au chef-d’œuvre de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand...

 

vendredi 5 avril 2024

La Fureur de vaincre de Lo Wei (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Big Boss était une mise en bouche. Surtout si on le compare à La Fureur de vaincre (Jing wu men) que réalisera à nouveau Lo Wei. Cette fois-ci, l'intrigue se déroule à Shanghai. Deux écoles d'arts-martiaux s'y affrontent. Celle du maître chinois Huo Yuanjia dont l'élève le moins discipliné revient d'un long séjour pour y épouser Yuan Le-erh (l'actrice hongkongaise Nora Miao qui dans lors de la précédente collaboration entre le réalisateur et Bruce Lee incarnait la propriétaire du stand de boissons fraîches). À son retour, Chen Zhen apprend que son maître vient de mourir. Assistant tardivement à l'enterrement de Huo Yuanjia dont la mort demeure inexplicable, le jeune homme a bien du mal à se plier aux règles édictées par le fondateur de l'école Jingwu. Surtout lorsque certains des représentants du rival japonais du dojo de Hiroshi Suzuki osent pénétrer l'antre chinois pour y humilier ses adeptes. Traités de lâches par Wu En, le traducteur et conseiller du Maître Suzuki, aucun membre de l'école Jingwu n'ose s'interposer... en dehors de Chen Zhen qui quelques temps plus tard s'introduit dans le dojo de Suzuki et met une véritable raclée à ses membres. Par vengeance, Wu En et plusieurs dizaines d'hommes retournent une nouvelle fois à l'école Jingwu afin de la mettre à sac et donner une leçon à ses élèves. Avant de repartir, Wu En donne trois jours à ceux-ci pour livrer Chen Zhen à l'école de Suzuki, à défaut de quoi, les représailles seront terribles. Ne pouvant se contraindre à livrer l'un des siens, le responsable de l'école Jingwu propose à Chen Zhen de quitter Shanghai en compagnie de sa future épouse au plus vite... Si Big Boss était un sympathique petit film, on atteint avec La Fureur de vaincre un niveau de qualité nettement supérieur. Tout ce que l'on pouvait attendre d'un film d'action et d'arts-martiaux y est ! Si lors de la première collaboration entre Lo Wei et Bruce Lee il fallait parfois attendre des dizaines de minutes avant que ne s'enclenchent les combats, dans le cas de La Fureur de vaincre, les amateurs n'auront pas à attendre bien longtemps. Le film est une succession de moments de bravoure lors desquels l'acteur hongkongais déploie des techniques de combat qui lui sont propres.


À grand renfort de cris, de grognements ou de miaulements, Bruce Lee combat aux pieds, aux mains, sautant au dessus de ses adversaires et use également du nunchaku. L'une des séquences emblématiques du long-métrage se situe lorsque le personnage de Chen Zhen s'introduit dans le dojo de l'école rivale et affronte plusieurs dizaine d'adversaires. Une séquence devenue culte qui sera reprise bien des années plus tard par le cinéaste américain Quentin Tarantino dans Kill Bill Volume 1 lors de l'affrontement entre la Mariée interprétée par l'actrice Uma Thurman et une flopée de Yakuzas agissant sous les ordres de Bill, dirigeant du Détachement International des Vipères Assassines ! À nouveau écrit par Lo Wei et Ni Kuang, La fureur de vaincre fait également figure de critique sociale où le chinois est dans sa globalité traité au même rang que les animaux de compagnie comme l'évoque notamment la séquence tournée devant l'entrée du Parc Huangpu, à Shanghai. L'annotation de panneau ayant été changée pour les biens du long-métrage, l'accès n'y était cependant pas spécifiquement interdite aux habitants du cru mais bien réservée aux étrangers ! Les tensions raciales sont ici l'un des angles sociaux sous lesquels le réalisateur et scénariste choisi de plonger les protagonistes. Notons également que La fureur de vaincre sera l'occasion pour la future star du cinéma d'action Hongkongaise Jackie Chan de croiser la route de Bruce Lee. Employé en tant que cascadeur, le futur interprète de la franchise Police Story y effectuera en effet à plusieurs reprises, certaines cascades. Jackie Chan et Bruce Lee auront d'ailleurs l'occasion de se retrouver un an plus tard sur le tournage d'Opération Dragon de Robert Clouse, avant-dernière apparition de la légende du karaté avant sa tragique disparition le 20 juillet 1973 à l'âge de 32 ans...

 

jeudi 4 avril 2024

Big Boss de Lo Wei (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour débuter le cycle consacré à l'acteur sino-américain Bruce Lee, nous allons évoquer son tout premier succès international. Après être apparu à l'âge de un an dans Les larmes de San Francisco d'Esther Eng, la future star des arts-martiaux enchaînera les rôles entre 1946 et 1969. Parmi elles, sa participation à la série américaine Le frelon vert entre 1966 et 1967. Le succès ne sera malheureusement pas au rendez-vous et les prochains longs-métrages qu'il tournera sur le territoire américain ne lui permettront pas encore de se faire un nom dans le cinéma. C'est pourquoi Bruce Lee retourne dans sa ville natale, à Hong Kong, pour y tourner en 1971 le film Big Boss (Tang shan da xiong) du réalisateur hongkongais Lo Wei, réalisateur aux soixante-cinq longs-métrages, acteur ayant joué dans cent-dix films et qui marqua d'une empreinte indélébile le cinéma d'action et d'arts-martiaux mondial en signant deux des plus célèbres films du genre aux côtés de Bruce Lee. Car après celui-ci, les deux hommes se retrouveront un an plus tard sur le tournage de La Fureur de vaincre (Jing wu men), second succès de la star hongkongaise... Concernant Big Boss, Bruce Lee s'amuse à faire s'impatienter le public qui est venu le voir combattre les antagonistes du film. Dans celui-ci, il incarne le rôle de Cheng Chao-an, un jeune chinois originaire de la ville-préfecture de Tangshan au nord-est de la république populaire de Chine. Il débarque en compagnie de son oncle à Pak Chong en Thaïlande où il y fait la connaissance de son cousin Hsiu Chien (l'acteur James Tien) et de plusieurs de ses amis qui tous sont employé dans la fabrique locale de blocs de glace. Fuyant sa mauvaise réputation de bagarreur, Cheng Chao-an promet à son oncle de bien se tenir et de travailler à son tour pour Hsiao Mi (le ''Big Boss'' du titre qu'interprète l'acteur chinois Han Ying-chieh). Porteur d'une amulette offerte par sa mère adoptive à laquelle il avait également fait la promesse d'éviter toute altercation, le jeune homme va cependant très vite en découdre avec certains habitants du coin. Dirigée d'une main de fer, l'entreprise de Hsiao Mi sert en effet de couverture à un trafic de drogue qui bientôt fera deux victimes parmi les employés. Deux hommes qui venaient de découvrir le pot aux roses et qui ont subitement disparu...


Alors que la carrière de Bruce Lee avait tendance à stagner du fait de l'annulation de la série Le frelon vert et d'un problème physique lié à l'usage intensif de l'haltérophilie, les projets auxquels il contribuait avaient tendance à tomber à l'eau l'un après l'autre. C'est sur les conseils de l'acteur américain James Coburn que Bruce Lee retourne alors tenter sa chance à Hong Kong. À court d'argent, le jeune spécialiste en arts-martiaux refuse cependant le contrat que leur propose de signer les frères de la société de production cinématographique Shaw Brothers mais accepte de signer un contrat pour deux films auprès de Raymond Chow, patron d'une autre société de production du nom de Golden Harvest. Le tournage débute en juillet 1971 à Pak Chong, au nord-est de Bangkok tandis que le dernier tour de manivelle sera effectué le 3 septembre de cette même année. À l'origine, le film contenait plus de trois heures d'images qui furent réduites en post-production à quatre-vingt seize minutes. Tourné en cantonais et en mandarin, le film sera traduit dans diverses langues dont l'anglais et le français et aura la particularité d'avoir été doublé à deux reprises dans notre langue. C'est ainsi que par exemple, Bruce Lee le fut d'abord une première fois par Philippe Ogouz et une seconde fois par Pierre Tessier... Dans Big Boss, il faudra patienter plus de trois quart-d'heure avant de voir Bruce Lee se servir véritablement de ses poings et de ses pieds. Jusque là, son personnage devra refréner ses pulsions. Parmi les interprètes nous retrouvons quelques jolies actrices féminines parmi lesquelles la hongkongaise Nora Miao qui sous le pseudonyme Mao Ke-hsiu interprète le rôle de la propriétaire d'un stand de boissons, Maria Yi dans celui de la cousine Chow Mei ou encore Marilyn Bautista dans celui de la prostituée Miss Sun Wuman. Bien que reposant sur un script écrit par Lo Wei en collaboration avec le romancier et scénariste américano-hongkongais Ni Kuang, l'histoire s'inspire en fait d'un fait authentique ayant eu lieu à la fin du dix-neuvième siècle. Revoir aujourd'hui Big Boss, c'est se rendre compte combien l'eau a depuis coulé sous les ponts. Et même si Bruce Lee demeure une légende du cinéma d'action et d'arts-martiaux, il faut reconnaître que les combats sont parfois ''pénibles'' à regarder. Notons que le film propose quelques étonnants plans de nus et plusieurs séquences sanglantes plus ou moins suggérées... Le petit Dragon entrait alors dans la légende...

 

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